Face à Face : Mathilde Panot - 30/01
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Apolline Matin Face à face
Apolline de Malherbe Il est 8h33 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Mathilde Panot Bonjour Merci d'être dans ce studio, répondre à mes questions C'est une journée très importante pour la réforme des retraites Puisque le grand débat et la bataille politique s'engagent à l'Assemblée Nationale En commission dès aujourd'hui dans l'hémicycle à partir de demain Et c'est vous justement qui êtes à la tête des députés de la France Insoumise Est-ce que vous êtes gauchiste de cette gauche paresse et bobo ?
Alors déjà on voit le niveau des arguments qu'a le ministre Quand il ne reste que ça comme argument
C'est Gérald Darmanin qui dit ça de vous, de la France Insoumise Que c'est des gauchistes de cette gauche paresse et bobo Qui veulent bordéliser le pays On va y revenir mot par mot Justement
Alors quand il ne reste que l'insulte pour les Français et les Françaises Qui sont 80% à être opposés à la réforme des retraites 9 actifs sur 10 L'ensemble de l'intersyndicale Ce qu'on n'avait jamais vu depuis 12 ans Et puis l'ensemble de la NUPES qui est contre ce texte Il ne leur reste donc que l'insulte Je vais vous dire, ce gouvernement Plus il parle, plus il convainc les Français Que cette réforme n'est ni juste ni équilibrée Bref, tous les éléments de langage qu'ils utilisent à tout va Et donc, ce sont en quelque sorte les meilleurs avocats de la réforme Pour faire en sorte qu'il y ait beaucoup, beaucoup de monde dans la rue Ce 31 janvier Parce que, vous l'avez vu vous-même dans les sondages Qui sont commentés sur BFM notamment Deux semaines de pédagogie du gouvernement Ça a donné plus, 13 points de Français qui sont contre cette réforme des retraites On va y revenir
Mais en effet, les Français sont de plus en plus anti-réforme des retraites Est-ce qu'ils mettent de l'huile sur le feu quand ils disent ça ? Gérald Darmanin, c'était hier à Marseille
Il y a chez la NUPES et singulièrement à la France Insoumise Des gens qui n'aiment pas le travail Qui n'aiment pas la valeur travail Qui veulent une société sans effort Qui mentent finalement aux Français S'il s'agit d'améliorer un texte Évidemment, je crois que le gouvernement sera à l'écoute S'il s'agit de dire que par nature le travail est mauvais On a une différence très importante Je crois que la stratégie de M. Mélenchon C'est de bordéliser le pays Et il faut évidemment tout faire pour éviter que cela ne soit au rendez-vous Et on sera tous, je crois, attentifs À ce grand moment de démocratie à l'Assemblée et au Sénat
Est-ce que vous avez le sentiment, comme le dit Fabien Roussel Que c'est de la provocation ?
Oui, c'est de la provocation Parce que d'abord, il y a deux points dans ce que dit M.
Darmanin La première, c'est que la bordélisation, c'est eux Imaginez, ils sont en train de faire une réforme des retraites Dont le Conseil d'orientation des retraites dit lui-même Que ce n'est pas nécessaire au vu des finances des retraites Alors qu'il y a 10 millions de personnes pauvres dans notre pays La moitié des personnes pauvres qui ont moins de 30 ans 42 000 enfants qui sont à la rue ou dans des hébergements précaires Et alors que les prix sont en train d'exploser de partout Notamment ceux de l'énergie Donc la bordélisation, ce sont eux qui veulent mettre le pays à feu et à sang Et puis la deuxième chose, c'est que nous avons une différence fondamentale Avec effectivement les macronistes Ils répètent à l'envie la valeur travail Mais la question de la réforme des retraites Est une question des conditions de travail aujourd'hui Et nous, nous voulons parler des conditions de travail De la suppression des CHSCT De la suppression des 4 critères de pénibilité
Mathilde Pano, ne mettez pas tout sur la table d'un coup On a du temps, vous allez pouvoir exprimer Y compris votre contre-réforme Puisque vous la présenterez cet après-midi à l'Assemblée Et que vous allez nous en donner un avant-goût Mais d'abord quand même, vous dites Au fond, c'est eux qui bordélisent le pays Pour faire référence au mot de Gérald Darmanin C'est quand même une chose C'est que quand on regarde votre bataille Notamment du côté des amendements Vous voulez en déposer plusieurs milliers Est-ce que ce n'est pas au minimum Vous pouvez l'assumer, une manière de bordéliser le débat à l'Assemblée ?
Non, c'est que leur texte c'est extrêmement mauvais C'est que ce texte est repoussé par une majorité sociale des Français Et que donc nos amendements, nous avons déposé le nombre d'amendements nécessaires
Ça ne vous paraît pas trop, il y en a des milliers Honnêtement, vous êtes le groupe qui a déposé le plus d'amendements 3 345 amendements
Oui, mais vous vous rendez compte que c'est une réforme Qui va changer la vie de millions de Français aujourd'hui Et celle des générations futures La dernière fois, en 2019-2020, nous avions fait et nous avions assumé une grève de zèle C'est comme ça que nous l'avions appelé Avec 17 000 amendements qui avaient été déposés C'était une manière de donner du temps au mouvement social de s'organiser Là, nous sommes dans une configuration différente Il faut que tout le monde comprenne, dans celles et ceux qui nous écoutent Que là, ils ont choisi, c'est un choix du gouvernement De restreindre le débat parlementaire Nous aurons 3 jours en commission Et ensuite, 11 jours en séance seulement Et que le texte soit voté ou non Que nous soyons arrivés à la fin du texte ou non Alors il y aura une date coup près A laquelle le texte passera forcément au Sénat Et à la fin des 50 jours, passera par ordonnance Jamais on n'avait utilisé un tel texte Qui est, à mon avis, un détournement de la Constitution Pour passer une réforme de fonds
Ils espèrent quand même Que ça passe sans avoir recours ni au 49.3 Ni aux ordonnances Ils espèrent en l'occurrence sur le texte de la réforme des retraites Avoir une majorité avec la droite Vous savez, vos confrères ont regardé
Qui était pour ou contre la réforme Vous avez vu vous-même que c'était très très juste en termes de vote Et que de nombreuses voix Dans la Macronie elle-même Et dans la droite, vous avez raison S'élèvent contre cette réforme qui est injuste Donc vous ne croyez pas une seule seconde que ça va passer en Grotte ? Je ne crois pas que ça sera voté Et je pense que c'est le but du gouvernement D'essayer de faire passer sur une obstruction de la France insoumise Le fait qu'ils utiliseraient un véhicule législatif qui est profondément antidémocratique
Je veux comprendre ça En gros, vous dites Ils vont faire de nous des boucs émissaires Ils vont nous faire porter le chapeau De leur propre incapacité à faire passer le texte Oui Ils vont vous rendre responsables Mais bien sûr
Regardez les 3300 amendements que nous avons déposés Regardez-les un par un si vous le souhaitez Et je mets n'importe qui au défi de les regarder Il n'y a aucun amendement qui change une virgule Il n'y a aucun amendement qui change un mot pour un autre mot Ce ne sont que des amendements Ce ne sont pas des amendements de suppression Parce que nous considérons que les articles qui sont proposés Et sont absolument injustes Et donc nous les supprimons Soit des ajouts qui sont notre contre-projet Parce que nous voulons aussi, lors de ce débat Réaffirmer qu'il est possible de revenir à la retraite à 60 ans pour toutes et tous
Vous avez parlé d'insultes dans les propos de Gérald Darmanin Est-ce qu'il cherche à politiser davantage le débat ? Et dans ce cas, au fond, c'est peut-être aussi votre avantage Vous en faites aussi une bataille politique ?
Bien sûr, mais je crois qu'il y a des arguments de chiffres dans les retraites Et c'est important en termes d'éducation populaire Que chacun et chacune s'approprient les arguments sur la question des retraites Mais dans la question des retraites Il y a une question sur les visions du monde qui s'opposent Et nous, nous portons la vision du monde qui est celle qui a donné lieu Notamment lors du XXe siècle aux héritiers que nous sommes De celles et ceux qui se sont battus pour la civilisation du temps libéré Pour la diminution du temps de travail Alors que vous avez de l'autre côté un gouvernement qui considère Qu'en quelque sorte les gens sont pressurisés le plus possible au travail Jusqu'à la fin ne plus être dans un bon état de santé Vous le savez, l'espérance de vie en bonne santé Des femmes c'est 65 ans, des hommes c'est 64 ans Ce n'est pas notre vision du monde Et quand vous voyez que 33% des maires sont des retraités Que 27% des bénévoles associatifs sont des retraités Et qu'il y a 23 millions d'heures dans notre pays De grands-parents qui gardent leurs petits-enfants Ce que vous voulez dire c'est qu'on a besoin des retraités en bonne santé
Mais Mathilde Panot
Oui et puis on en a besoin comme facteur de société et de solidarité Est-ce que vous diriez que le travail est une valeur ? Non, en fait la question n'est pas celle de... Évidemment que travailler, le travail est un facteur d'émancipation très fort pour beaucoup de gens Parce que quand vous voyez qu'il y a 6 millions de personnes privées d'emploi dans notre pays Et 14 000 personnes qui meurent chaque année C'est un problème réel dans notre pays Mais vous ne diriez pas que le travail est une valeur ? Mais non mais pourquoi ? Vous ne parliez pas, comme le fait Gérald Darmanin, de la valeur travail ? Mais non mais pourquoi ?
Déjà parce que pour nous, la vie ne se résume pas à travailler Ça c'est la première des choses Faire société, c'est aussi tout ce qui se fait Vous savez, être retraité ce n'est pas l'oisiveté C'est justement s'occuper de soi, s'occuper des siens S'occuper d'associations, de collectifs S'occuper de jardiner
Donc vous n'iriez pas non plus jusqu'à dire qu'il faut un droit à la paresse ? Non, non mais... Ça c'est Sandrine Rousseau Donc vous seriez au milieu entre la valeur travail et le droit à la paresse ?
En fait, nous sommes pour qu'on libère du temps dans la journée C'était la bataille sur la journée de 8h Puis dans la semaine avec les 35h Nous voulons revenir aux 35h pour ensuite aller vers les 32h Nous sommes pour la diminution du temps de travail dans l'année C'est la sixième semaine de congé payé Et dans la vie avec la retraite à 60 ans Mais ce que je veux dire, là où ils sont hypocrites sur la valeur travail Non seulement ils laissent un chômage de masse perdurer Mais ensuite, ils sont complètement déconnectés de ce que vivent les gens Rendez-vous compte Par exemple, en commission, une députée macroniste a dit Les AESH, les accompagnantes d'élèves en situation de handicap Choisissent ce travail pour avoir leur mercredi et leurs vacances scolaires
Les AESH, dans ce pays, sont payés 760 euros Je voudrais préciser les choses Il s'agit de la députée suppléante de Gabrielle Attal Qui est donc députée macroniste Qui a dit ça en commission Qui, après le tollé, s'est excusée
Donc les AESH ont payé 760 euros par mois en moyenne Elles ont généralement deux, voire trois emplois Pour pouvoir arriver juste au seuil de pauvreté ou au SMIC Donc on a déjà atteint en une journée de commission pour avis des finances Un summum de mépris Il faut suivre ce qui va se passer après Quand vous avez des macronistes qui vous parlent de pénibilité Qui n'existent plus parce qu'il y a des exosquelettes De genouilleurs pour les carreleurs Ce que je veux dire, c'est qu'ils sont profondément déconnectés De ce que vivent les gens dans ce pays Quelle serait votre contre-réforme ?
Alors nous, nous proposons une réforme Qui permet de remettre l'âge légal à 60 ans Avec 40 annuités C'est ce sur quoi tous les élus de la NUPES ont été élus C'est dans notre programme de gouvernement Qui compte 460 mesures Alors il y a beaucoup de manières de financer cela On peut faire contribuer notamment des revenus Qui aujourd'hui ne contribuent pas Au financement des retraites Notamment, vous avez vu que chaque année On bat des records de dividendes Si vous faisiez contribuer les dividendes comme le travail Vous pouvez récupérer jusqu'à 48 milliards Donc vous considéreriez que les dividendes sont comme un salaire ? Si on fait sur quoi ?
Oui, on pourrait réfléchir à justement élargir l'assiette Une cotisation retraite sur l'argent des dividendes ? Oui, on pourrait très bien y réfléchir Si on fait l'égalité salariale femme-homme C'est 6 milliards pendant 40 ans chaque année 6 milliards Si on fait une sort de cotisation sur les hauts salaires Bref, vous pouvez multiplier les sources de finances
Mais c'est la fin de la retraite par répartition C'est la fin quand même de la solidarité intergénérationnelle C'est une autre manière d'aller chercher l'argent Nous nous sommes très attachés à la... Si vous allez chercher les dividendes, ce n'est pas vraiment une question de génération
Parce qu'en fait, vous avez quand même un glissement Quand vous regardez, vous avez un glissement de la richesse qui est produite Qui avant allait vers les salaires Et qui de plus en plus va vers le capital Vous savez que si vous prenez le XXe siècle Au début du XXe siècle, vous aviez 3000 heures de travail A la fin du XXe siècle, vous avez 1500 heures Donc une diminution par 2 du temps de travail Pourtant, la richesse produite a été multipliée par 40 Donc la question c'est à quoi sert l'augmentation de la productivité du travail dans ce pays ?
Est-ce qu'elle sert à diminuer le temps de travail A laisser plus de temps libre aux gens Qui permet ensuite à chacun en autonomie De pouvoir s'engager dans ce qu'il veut Ou est-ce qu'elle sert à engraisser les actionnaires Comme le fait actuellement le gouvernement A aller chercher les cotisations Et d'ailleurs, dans le projet de loi de finances de 2023 C'est écrit noir sur blanc Que cette réforme des retraites ne se fait Que pour compenser la baisse des impôts de production Qui a été faite par ce gouvernement Et les cadeaux aux plus riches
Mathilde Panot, cette deuxième journée de mobilisation demain Comment vous la voyez ? Vous imaginez qu'il y ait davantage de manifestants dans les rues ? Davantage de grèves ?
Alors déjà, c'est la motion de rejet populaire Que nous allons avoir dans le pays Et oui, j'invite toutes celles et ceux qui le peuvent A venir ce mardi 31 A la fois défiler Et puis je veux quand même saluer celles et ceux qui font grève Parce que perdre une journée de salaire Dans la période qu'on est en train de vivre C'est extrêmement difficile Personne ne fait grève par plaisir On a des indicateurs Notamment j'ai vu le syndicat solidaire Qui a commencé à regarder le nombre de mobilisations Et qui a indiqué qu'ils avaient recensé 255 Manifestations et rassemblements Ce qui est d'ores et déjà plus que ce qu'il y avait Le 19 Donc on a des indicateurs qui prouvent Qu'on est sur des niveaux de mobilisation La dernière fois, on était à 2 millions de personnes Qui ont défilé Des niveaux de mobilisation qui pourraient être plus élevés
1 million 2 selon
En tout cas c'est énorme Et donc je le dis Nous avons un rapport de force populaire comme jamais Et je crois que c'est la première fois Que nous commençons une bataille sur les retraites Avec autant de monde qui à la fois a compris Que le gouvernement veut leur imposer deux enfermes Et qui a compris que cette réforme n'était pas nécessaire
Il y a eu parfois plus de monde Et pour autant la réforme est passée Je pense à 2010 par exemple
C'est vrai, en 2010 il y avait beaucoup de mobilisation Mais vous savez, on peut redire Et moi j'espère qu'on parlera de l'année 2023 Comme on a parlé de 1995 Ou d'ailleurs de 2020 Parce qu'on ne l'a pas assez fait Pour dire que c'est l'année où le peuple aura fait échouer La réforme des retraites
Mais vous voulez dire qu'en 2020 Ce n'est pas le Covid qui a fait échouer la retraite
C'est le peuple ?
Écoutez, rappelez-vous Il y avait eu un 49-3 S'il n'y avait pas eu une mobilisation aussi forte A la fois de salariés Qui parfois pour certains avaient fait grève pendant deux mois Avec des mobilisations qui étaient montées Jusqu'à un pic de 2 millions de personnes Qui étaient descendues dans les rues Et une bataille extrêmement forte à l'Assemblée Oui, la réforme de retraite à point serait passée Et juste, Madame de Malherbe Juste vous attirez l'attention sur un point Cette retraite, elle faisait dépendre le point Donc qui devait calculer votre pension De la situation économique du pays Imaginez le nombre de retraités pauvres Qu'on aurait dans ce pays Si cette réforme des retraites était passée Donc oui, nous avons gagné Et nous allons regagner de nouveau en 2020 Est-ce que vous soutenez les actions illégales ?
Je pense que ces actions sont Comme le disent souvent les syndicats Illégales, mais elles sont morales Je soutiens le fait que par exemple Les énergéticiens remettent l'électricité Chez des personnes qui ont été coupées Il y a 300 000 personnes à qui on coupe l'électricité Chaque année dans notre pays Je les soutiens lorsqu'ils aident les boulangers A les mettre, notamment ce qui s'est passé à Marseille En heure creuse Pour pouvoir les aider juste à garder la tête
Mais est-ce que vous les soutenez Quand ils vont jusqu'à couper l'électricité Quand ils menacent de couper l'électricité
Chez vos adversaires politiques ? Alors ça s'est passé une fois Enfin, parce qu'on va repartir des faits Ça s'est passé une fois dans une permanence parlementaire
Ma question c'est Est-ce que cette démarche de menacer De dire, voilà, ceux qui ne sont pas d'accord Nous savons où ils sont Et nous irons jusqu'à leur couper le courant Est-ce que cette démarche-là, vous la soutenez ?
Déjà, c'est dans des permanences parlementaires Je veux le dire, c'est pas dans la maison d'un élu Donc déjà, je remets Ça, pour le coup, vous condamneriez ? Ah bah oui, je pense que c'est Oui, je pense pas qu'on irait jusqu'à là Mais c'est dans des permanences parlementaires Mais ça, c'est la première chose Mais ensuite, la deuxième chose, c'est La question qu'il faut se poser, c'est Pourquoi est-ce qu'on en arrive à ce type d'action ? Qui sont des actions coup de poing Pourquoi ? Mais en l'occurrence, ce sont vos élus Parce que vous avez un gouvernement qui n'écoute personne Ce sont vos élus ? Oui Ils ont été élus par le peuple ? Oui, ils ont été Vous n'êtes pas du côté du peuple ?
Si, si, je suis du côté du peuple Donc quand je n'ai pas d'accord avec vous, hop, on coupe le courant Bah si, justement, le peuple est d'accord avec nous Le peuple est d'accord avec les énergéticiens
En l'occurrence, vous ne pouvez pas être d'accord Mais enfin, s'ils ont été élus, j'imagine que c'est démocratiquement
Écoutez, Emmanuel Macron, lorsqu'il a été réélu président de la République Face à l'extrême droite, je le rappelle Avait dit cette phrase Il avait dit Je sais que beaucoup de Français ont voté pour moi Pas pour mon programme Et ce vote m'oblige Ça serait bien que de temps en temps, il s'en rappelle un peu Et je vais vous dire quel est le problème fondamental Que pose cette action Et pourquoi cette action est faite Le problème fondamental, c'est le non-respect de la démocratie Par la Macronie Rendez-vous compte Non seulement ils font passer cette réforme de force à l'Assemblée Par un véhicule législatif jamais utilisé avant Vous êtes un peu gonflé Non mais attendez-vous, vous vous rendez compte
Vous ne pouvez pas dire que c'est une réponse au non-respect de la démocratie C'est-à-dire couper le courant à un élu, c'est antidémocratique
Vous vous rendez compte que, par exemple, quand vous avez l'ensemble des syndicats Que ce gouvernement fait une négociation, comme ils ont fait sur l'assurance chômage Ou l'ensemble des syndicats Ça c'est la bataille politique Mais couper le courant de quelqu'un qui a été élu Et donc vous ne partagez pas les idées Vous ne pouvez pas dire que c'est un acte démocratique Donc vous trouvez ça grave que, dans une permanence parlementaire Pendant une heure, il n'y ait pas le courant Vous trouvez ça ? Je trouve que, par principe, oui En effet, je trouve que, par principe, il faut mettre des liens
Et bien nous, les limites sont sur la violence physique envers les personnes C'est ça, les limites que nous nous opposons On repousse, voilà Tant qu'on ne tape pas le parlementaire, on peut lui couper l'électricité
Mais, dans une permanence parlementaire Mais, enfin, quand même, il faut se... Enfin, je vous le dis, madame de Malherbe
Rendez-vous compte de la permanence parlementaire, ça veut dire que c'est une permanence d'un élu de la République ? Oui ? D'un élu qui a été élu par le peuple ? Oui, mais je veux... Donc quand ils ne seront pas d'accord, vous allez leur couper le courant ? Pardon, mais c'est quand même un acte...
Je prends acte, simplement, en tout cas, je prends acte du soutien que vous apportez à ces démarches Je soutiens les démarches qui sont faites pour rétablir le courant Je les soutiens et je ne les... Non, non, vous avez dit pour rétablir le courant, mais vous avez également dit, quand je vous ai posé la question Non, mais écoutez, comment voulez-vous que les gens se fassent entendre dans ce pays ? Enfin, c'est comme une question... En votant ? Oui, en votant, mais est-ce que la démocratie, c'est que voter une seule fois tous les 5 ans... En votant, en manifestant, en faisant grève ? Mais oui, mais en manifestant...
Enfin, vous vous rendez compte que vous avez des ministres qui vous expliquent qu'on soit 700 000 ou 2 millions, ça ne change rien Vous avez Mme Borne qui dit que la retraite à 64 ans n'est pas négociable
Aujourd'hui, vous parlez des parlementaires, de leur permanence, pourquoi pas demain les ministères ? C'est-à-dire que si vous n'êtes pas d'accord avec un ministère, pourquoi pas couper pendant une heure le courant dans un ministère ? Où est la limite, en fait ? Où est-ce que vous allez vous arrêter ?
La limite, pour nous, c'est de dire, pour nous, la mobilisation, elle doit être une mobilisation grand nombre Donc nous voulons, comme ça s'est passé le 19 janvier, que les gens puissent venir en manifestation avec des poussettes, en famille Et donc, à partir de là, nous sommes contre la violence en politique, d'accord ? Ce n'est pas une violence, ça Écoutez, c'est une action symbolique
Mathilde Panot, je voudrais qu'on parle aussi de l'international Parce qu'il y a deux questions qui sont sur la table D'abord, sur l'Ukraine, est-ce qu'il faut, pour vous, oui ou non, envoyer des chars lourds ? La question reste en suspens pour la France
J'ai écouté ce que disait le ministre Lecornu sur cette question Qui disait de lui-même qu'il y avait une question d'efficacité sur l'envoi des chars Alors, évidemment, il faut défendre les Ukrainiens et les aider à se défendre La France le fait Et je pense qu'il serait intéressant d'avoir, bientôt, puisque cette question se pose de manière assez récurrente Un débat sur cette question à l'Assemblée nationale D'ailleurs, demain, il y aura à l'Assemblée nationale le président du Parlement ukrainien Qui sera dans notre Assemblée Vous auriez aimé, en tout cas, être consulté sur cette question-là Si cette question se pose, vous voulez avoir votre droit à dire ?
Oui, je pense que c'est une question démocratique qui mérite un débat Ensuite, il y a un deuxième point qui, pour nous, est très important C'est que c'est une erreur de croire que la solution sera uniquement militaire Nous, nous croyons fortement à la solution diplomatique Nous demandons depuis des mois maintenant qu'il y ait une conférence à l'OSCE Qui nous permette de négocier pour aller le plus rapidement possible pour la paix Avec un prérequis évident qui est le retrait des troupes russes de l'entièreté du territoire de l'Ukraine Est-ce que vous appelez Israéliens et Palestiniens au calme ?
Moi, en fait, je suis très inquiète de ce qui est en train de se passer en Israël et en Palestine Déjà, au vu du nombre de morts qu'il y a Vous avez vu peut-être ce rapport de l'Organisation des Nations Unies Qui indique que l'année 2022 a été la plus meurtrière pour les Palestiniens Avec 127 personnes qui ont été tuées Dont votre confrère, notamment journaliste palestinienne et états-unienne Qui a été exactement tuée Donc, on est sur une explosion de la violence Mais là, je vous parle des derniers jours
Les derniers jours où il y a eu une dizaine de morts des deux côtés Exactement Et est-ce que vous appelez les deux l'Israël ?
Moi, je pense que la France a un rôle à jouer dessus Qui est le fait de toujours prôner la solution à deux États C'est ce que préconisent notamment les résolutions des Nations Unies Je crois qu'il faut tenir bon sur cette question-là Et surtout, redire qu'il y a un préalable là aussi à la paix Qui est très important C'est l'arrêt de la colonisation et de l'expropriation des terres Vous avez notamment une tribune qui a été sortie récemment Signée par Annie Ernaud, prix Nobel de littérature Et je pense que c'est un préalable très important Pour la paix entre Israël et Palestinaux
Mathilde Panot, merci d'être venue répondre à mes questions Ce matin, vous êtes présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale Députée du Val-de-Marne
Mathilde Panot