Nathalie Arthaud : L'interview face cachée (Présidentielle 2022)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:30OuverteRéponse directe
Êtes-vous candidate à l'élection présidentielle pour la gagner ?
- 1:43RelanceRéponse directe
Aujourd'hui, cinq ans plus tard, est-ce que vous dites toujours la même chose ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Comment est-ce que vous souhaitez sortir du coup du capitalisme de votre côté ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Être communiste aujourd'hui, en 2022, qu'est-ce que ça veut dire pour vous ?
- 5:07OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on met en place concrètement pour lutter contre les inégalités ?
- 5:58RelanceRéponse partielle
Comment ça pourrait se mettre en place à l'échelle de la France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:08Invité politiqueFait
« Je suis communiste, je suis révolutionnaire. »
- 2:51Invité politiqueFait
« Je suis convaincue que ça se fera par une explosion sociale, par des millions de femmes et d'hommes qui se révoltent. »
- 5:25Invité politiquePromesse
« Il faut renverser la propriété privée capitaliste et il faut exproprier la grande bourgeoisie des entreprises. »
- 8:01Invité politiquePromesse
« Il faut qu'il y ait zéro chômeur. »
- 8:26Invité politiqueFait
« Oui, il faut répartir le travail entre tous. »
- 13:49Invité politiqueFait
« Les États-Unis socialistes d'Europe et du monde. »
- 17:15Invité politiquePromesse
« Moi, au primaire, j'augmenterai surtout le nombre d'enseignants et je travaillerai par petits groupes. »
- 19:23Invité politiqueChiffre
« On démarre à 1 700 euros, 1 800, enfin bon, c'est complètement dingue. »
- 28:51Invité politiqueChiffre
« Elon Musk, sa fortune, elle a dépassé les 300 milliards. »
- 34:10Invité politiquePromesse
« Sera la répartition du travail entre tous pour baisser considérablement le temps de travail de tous pour travailler moins, pour travailler trois heures par jour. »
Temps de parole
- Nathalie Arthaud59 %
- Présentateur40 %
≈ 4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Salut c'est Hugo, on se retrouve pour une nouvelle interview face cachée des candidats et des candidates à l'élection présidentielle et aujourd'hui je reçois Nathalie Arthaud, la candidate du parti Lutte Ouvrière, un parti classé à l'extrême gauche. Alors Nathalie Arthaud a 52 ans, elle est enseignante mais aussi donc engagée en politique depuis ses 18 ans dans son parti actuel Lutte Ouvrière. C'est la troisième candidature de Nathalie Arthaud à l'élection présidentielle après 2012 où elle avait obtenu 0,56% des voix et 2017 où elle avait obtenu 0,64% des voix. Et j'en parlais dans la vidéo de décryptage de son programme, elle porte une revendication majeure, c'est la sortie du capitalisme.
Alors dans l'interview face cachée, je vous le rappelle, Nathalie Arthaud fait face à un écran géant sur lequel il défile des émojis. A plusieurs reprises pendant l'interview, elle va appuyer sur le buzzer pour que la roue s'arrête sur un émoji dont la face cachée va révéler différents éléments qui seront à chaque fois le point de départ de questions de fond sur son programme et sur sa vision de la France. Alors n'hésitez pas à vous abonner à cette chaîne YouTube pour ne pas rater les interviews suivantes et je vous laisse avec la vidéo. Bonjour Nathalie Arthaud. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Avec plaisir.
Est-ce que les règles sont claires dans les grandes lignes sur ce...
Oui.
On va voir...
On va voir à l'usage.
On va voir à l'usage et on peut commencer du coup si vous voulez directement. Je vous invite du coup à appuyer sur le buzzer. Et on va voir sur quoi ça s'arrête pour cette première question. C'est un émoji vidéo. On va regarder ensemble une vidéo qui va être diffusée sur cet écran géant. Et on en parle du coup juste après pour parler ça. Êtes-vous candidate à l'élection présidentielle pour la gagner ?
Je ne suis pas candidate pour être présidente de la République, ça c'est sûr.
Alors on a choisi, c'est un court extrait, courte vidéo, un passage qui date de 2017 au micro de RFI. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, est-ce que vous dites toujours la même chose ? Et si oui, pourquoi du coup cette candidature à l'élection présidentielle ?
Oui, je dis toujours la même chose. J'explique en fait que j'aspire à bien plus que m'asseoir dans le fauteuil du président de la République. Parce que je pense qu'il faut changer toute cette société, qu'il faut la renverser. Je pense qu'il faut la changer de fond en comble. Je suis communiste, je suis révolutionnaire. Et j'appelle dans cette élection à le dire. Parce que je pense que dans une élection, on doit pouvoir s'exprimer.
C'est l'occasion de porter un message, de porter une vision.
Et puis de se rassembler. De se rassembler, de montrer que ceux qui n'acceptent pas ces inégalités, cette société qui marche sur la tête avec de l'argent incroyable mais vrai à un pôle, et puis la misère la plus extrême à l'autre, ne sont pas seuls, ne sont pas isolés. Ils peuvent se raccrocher, se rallier à un parti qui existe, qui a cette perspective-là.
Et vous venez de le dire, vous vous définissez comme communiste révolutionnaire. Par ailleurs, vous dites que vous n'allez pas à cette élection forcément pour la gagner. Comment est-ce que vous souhaitez sortir du coup du capitalisme de votre côté ?
Je suis convaincue que ça se fera par une explosion sociale, par des millions de femmes et d'hommes qui se révoltent, qui se révoltent et qui se politisent, et qui décident de prendre leur soeur en main, qui décident de réinventer justement la société par en bas, qui décident de prendre eux-mêmes les décisions, de ne plus se laisser commander. Donc il y a eu des exemples d'insurrections, de révolutions dans l'histoire. Bon, à Paris, on a connu la commune de Paris, mais pour nous c'est des moments très très importants où les révoltés décident de se gouverner eux-mêmes en fait.
Et le schéma capitaliste, on le connaît parce qu'on l'apprend souvent en cours, c'est des choses qui sont connues. La question du communisme, on l'apprend aussi notamment par le biais de l'histoire. Être communiste aujourd'hui, en 2022, qu'est-ce que ça veut dire pour vous ?
Alors il y a une chose qu'on n'apprend pas tellement dans les programmes d'histoire, c'est que ce qui s'est passé en Union soviétique et la transformation de la révolution en dictature stalinienne a été combattue par un courant qui a été le courant trotskiste, qui a tout fait pour que cette révolution continue, qu'elle s'étende, parce que dans un seul pays, il pensait que ça ne pouvait qu'être étouffer et puis finalement donner lieu à cette caricature qu'a été ensuite le stalinisme. Donc c'est le courant trotskiste qui a combattu et qui pour nous a relevé ce drapeau de l'idéal communiste et nous, nous en revendiquons. C'est ce qui fait que nous sommes trotskistes et pas... Stalinistes.
Voilà. Et pour nous, ce qui s'est passé en Union soviétique, c'était une caricature de ce que pourrait être une véritable société communiste qui pour nous doit forcément être basée sur la démocratie.
On va passer du coup à la question suivante. Je relance la roue et je vous laisse l'arrêter quand vous le souhaitez. On va voir sur quoi on s'arrête. C'est l'émoji graphique. Ce qu'on va voir, c'est un graphique, une stat ou autre. On va la découvrir ensemble et ensuite, on va pouvoir en discuter. C'est en l'occurrence une statistique issue d'un rapport d'Oxfam, l'ONG Oxfam en 2020, qui explique que les 26 milliardaires les plus riches ont autant d'argent que la moitié de l'humanité la plus pauvre. Alors, les méthodes de calcul d'Oxfam sont souvent débattues et remises en cause, mais on ne va pas rentrer dans les détails des méthodes de calcul d'Oxfam parce que ce n'est pas le sujet ici.
Le sujet, c'est la question des inégalités qui existent aujourd'hui dans le monde. Question assez simple pour commencer. Qu'est-ce qu'on met en place concrètement ? Qu'est-ce qu'on pourrait mettre en place concrètement pour lutter contre ?
Moi, je pense que c'est le système lui-même qui les crée, qui les fabrique. Le système capitaliste qui fabrique ces inégalités. Il les fabrique au travers de l'exploitation. Donc, si on veut fermer le robinet, il faut supprimer l'exploitation de l'homme par l'homme. Voilà. Donc, il faut renverser la propriété privée capitaliste et il faut exproprier la grande bourgeoisie des entreprises. Considérer que ces multinationales, les grandes entreprises, nous appartiennent à tous collectivement.
Qu'elles sont le fruit du travail de génération de salariés, de nous-mêmes d'ailleurs, et qu'elles devraient être des propriétés collectives et que ces dividendes devraient au contraire servir, revenir à l'ensemble de la population.
Et comment est-ce que ça peut se mettre en place, du coup, très concrètement, à l'échelle ? Parce que, typiquement, vous parliez tout à l'heure de révolution de centaines de millions de personnes. Mais à l'échelle de la France, par exemple, comment ça pourrait se mettre en place ? Quelles seraient les mesures à mettre en place pour parvenir à cela ?
Alors, si la question, c'est comment on peut se déclencher une explosion sociale ? Ça, moi, je n'ai pas la recette. Parce que si je l'avais, je l'aurais utilisé depuis fort longtemps. Mais je pense que la société, elle est tellement dure et elle génère tellement de frustrations, tellement d'injustices et d'oppression que, forcément, il y aura des révoltes. On l'a vu avec les Gilets jaunes. On voit, même avec aujourd'hui, cette contestation, le convoi de la liberté. Voilà, il y a une contestation sociale. Moi, je suis convaincue que, tôt ou tard, elle va s'exprimer et elle va entraîner dans son sillage des millions de femmes et d'hommes.
Et moi, ce que je pense, c'est qu'il faut qu'ils aient une politique, c'est-à-dire qu'ils sachent où aller. Et où aller, c'est qu'il faut aller contester la propriété privée et des grands groupes. Il faut s'inviter dans les entreprises.
Et donc, si je comprends bien, quand on vous pose la question, vous répondez souvent par cette réponse de « ça va passer par une révolte et une reprise en main de l'État par les travailleurs, etc. »
Pas seulement de l'État, les grandes entreprises aussi.
Les grandes entreprises aussi. Et concrètement, ça veut dire que vous n'envisagez pas de mesures. Typiquement, on a d'autres candidats à gauche, par exemple, qui parlent de certaines mesures de redistribution des richesses ou quoi, qui se voient appliquées en tant que président de la République ou présidente de la République. De votre côté, est-ce que ce sont des mesures que vous avez en tête de votre côté, que vous aimeriez mettre en place ?
Moi, je suis convaincue qu'il y a cette nécessité-là de renverser la société capitaliste et de la transformer, de fond en comble, de la transformer en société collective, le communisme. Mais en attendant cette explosion sociale majeure, il y a des combats à mener, des combats petits et grands. Et il y a des combats qui sont à notre portée. Par exemple ? Et moi, dans les objectifs concrets à court terme que je mets en avant, c'est des objectifs d'augmentation de salaire. Pour moi, le SMIC, il doit être à 2 000 euros. Ça doit être un des objectifs de nos combats. 2 000 euros nets. Et puis, je pense aussi qu'on doit avoir cette préoccupation de dire qu'il faut qu'il y ait zéro chômeur.
Il faut qu'il y ait zéro chômeur. Parce que le chômage, c'est un drame pour tous ceux qui sont condamnés à l'inactivité. C'est un drame, bien sûr, matériel, mais aussi moral. Donc, on devrait tous pouvoir gagner ça.
Et comment on fait pour avoir un objectif de zéro chômeur ? C'est une question qui revient souvent dans la campagne. Il y a la question de la réduction du temps de travail, par exemple. Est-ce que c'est quelque chose dont vous êtes favorable de réduire le temps de travail pour avoir cet objectif de meilleure répartition au sein de la société ?
Oui, il faut répartir le travail entre tous. Et ça, en fait, c'est ce qu'on fait dans une famille. Dans une famille, quand il y a du travail à faire. Un déménagement ou alors un grand repas, une grande fête. On se répartit le travail. Toi, tu t'occupes de ça. Toi, tu t'occupes de ça, etc. Et chacun prend sa part. Il faudrait raisonner comme ça à l'échelle de la société. Donc, on répartit le travail existant entre tous les bras disponibles. Donc, ça veut dire qu'il faut créer des emplois partout où ils sont nécessaires dans les hôpitaux, dans les EHPAD, dans l'éducation, mais dans beaucoup d'entreprises aussi.
Est-ce que répondent certains à cela ? Parce qu'on le voit qu'il y en a qui sont pour la réduction du temps de travail, surtout à gauche. D'autres sont pour l'allongement de la durée du temps de travail à droite, surtout. Eux, ce qu'ils répondent, c'est qu'il y a une notion de compétitivité entre les pays, que si on réduit le temps de travail, on va être moins compétitif par rapport à d'autres États, que donc les entreprises vont délocaliser dans d'autres pays. C'est une critique qui revient très souvent quand on parle de réduction du temps de travail. Qu'est-ce que vous répondez à cette critique ?
C'est vrai, c'est vrai, et c'est une réalité que le système capitaliste fonctionne avec des lois. La loi du profit, la loi de la concurrence, la loi de l'offre et de la demande. Y compris entre des gens qui n'ont pas les mêmes règles. De la compétitivité, effectivement, en effet. Donc, c'est la raison pour laquelle, moi, je dis que les objectifs de répartir le travail entre tous pour qu'ils aient zéro chômeur ou d'augmenter les salaires jusqu'à un SMIC à 2 000 euros, on va pouvoir véritablement conduire ces combats et même être victorieux, que si on a cette conscience qu'il faudra peut-être, oui, renverser ces lois et aller jusqu'à peut-être changer complètement l'ordre social.
Parce que sinon, on subit toujours cette pression « Mais oui, mais ça ne fonctionne pas dans le cadre du capitalisme ». Écoutez, si cette société capitaliste ne permet pas à ceux qui la portent, qui la font vivre, qui la font fonctionner, d'avoir un salaire décent à chaque être humain, d'avoir un… pour gagner sa vie, eh bien, il faut la changer, voilà. Mais qu'on parte de nos besoins, qu'on parte de nos intérêts et puis, effectivement, qu'on avance sur nos revendications, sur nos besoins et qu'on change la société si nécessaire.
On parle, du coup, ici, d'inégalité. Par ailleurs, vous avez parlé tout à l'heure de « grand bourgeois », c'est un autre terme que vous avez utilisé. Une question qu'on peut se poser, c'est c'est quoi être riche, selon vous, Nathalie Arthaud, selon une étude qui a été publiée par l'Observatoire des inégalités, est considérée comme riche toute personne dont le revenu mensuel après impôt est supérieur à 3470 euros. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ou pas ?
Alors, d'abord, moi, je ne me pose pas la question en termes de « riche » parce que je pense que la richesse, elle est très relative. Ça me fait penser à une discussion que j'ai eue dans la rue avec un jeune, justement, qui avait toujours galéré au RSA. Et pour lui, avoir un SMIC, toucher un SMIC, pour la première fois de sa vie, c'était devenir riche.
Par rapport au RSA, qui était le plus faible.
Et je le voyais parce qu'il avait les yeux qui brillaient. Donc la richesse, c'est quelque chose de très relatif. Et moi, ce que je pointe, ce n'est pas tant la richesse que le pouvoir que confèrent les capitaux d'exploiter les autres et donc de profiter du travail des autres et même de vivre du travail des autres. Moi, quand je parle de grande bourgeoisie, je parle de ceux qui ne font rien de leur dix doigts, mais qui s'enrichissent du simple fait que leurs capitaux sont placés ici, sont placés là et font des petits. Voilà, donc c'est ça que je conteste, moi. Et ce que je conteste, ce n'est pas tellement leur richesse, d'ailleurs, entre parenthèses, c'est le pouvoir qu'ils ont.
Le pouvoir qu'ils ont sur la société, le pouvoir qu'ils ont sur l'ensemble des travailleurs et le pouvoir qu'ils ont de décider de qu'est-ce qui sera produit, où, comment, qu'est-ce qu'on fait avec la planète, etc. Ils prennent des décisions qui nous engagent tous, qui engagent l'humanité et la planète. Et ça, moi, je ne comprends pas comment on accepte qu'une poignée, parce qu'ils ont des milliards de milliards, puissent comme ça confisquer la véritable démocratie.
Pour vous, la richesse, ce n'est pas qu'une question d'argent dans un compte en banque, c'est aussi un pouvoir que ça octroie et des inégalités que ça entraîne aussi. On va passer à la question suivante. On va du coup relancer la roue. Je vous laisse l'arrêter quand vous le souhaitez. Et on va s'arrêter sur un chronomètre. C'est en l'occurrence un exercice assez particulier. Je vais vous poser une suite des questions en une minute. L'idée est tendre de répondre par oui ou par non à chacune de ces questions. Pourquoi ça ? L'idée, c'est de mieux comprendre votre programme et votre vision de la France sur certains sujets assez précis. Ça va être dur. On va essayer de le faire le mieux possible.
Et on va commencer avec la première question. C'est parti. Faut-il accueillir sans condition tous les réfugiés en France ? Oui. L'union de la gauche, est-ce que vous y croyez ? Non. Faut-il sortir du nucléaire ?
Oui, dis non.
Très bien. Faut-il rembourser tous les soins sans exception ? Oui. Philippe Poutou pourrait-il être votre Premier ministre ?
Du pouvoir des travailleurs, oui.
Le revenu universel, est-ce une bonne idée ? Non. Faut-il supprimer le loto ? Oui. La Coupe du Monde de football au Qatar, faut-il la boycotter ? Oui. Est-ce que vous pourriez être amie avec quelqu'un de droite ? Non. Faut-il légaliser le cannabis ? Oui. La France doit-elle rester dans l'Union européenne ?
Les États-Unis socialistes d'Europe et du monde.
Faut le changer en tout cas, pas l'Union européenne telle qu'on la connaît. Dernière petite question, faut-il abaisser le droit de vote à 16 ans ? Oui. Très bien, on a pu en faire un certain nombre. Je suis conscient que ça...
Quand même, quand même.
Il y en a quand même quelques-unes. Je suis conscient que c'est frustrant parfois de répondre rapidement à certaines. Mais on a pu voir comme ça certains aspects de votre vision de la France plus précisément. Sur l'Union européenne, juste là-dessus, c'est intéressant. Vous avez hésité, puis parler d'États-Unis socialistes. Non, d'États...
D'États-Unis, d'Europe socialiste.
Socialiste. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Ça veut dire un modèle... Comment est-ce que vous imaginez ce...
Ça veut dire que d'abord, aujourd'hui, je suis consciente que l'Union européenne, c'est une construction qui va bien, justement, pour le business. Et c'est d'ailleurs comme ça que l'Union européenne a été construite. Et ce n'est pas du tout pour répondre aux besoins et aux intérêts des peuples et des populations. Donc, ce n'est pas mon Europe. Mais par contre, je pense qu'il faudrait... Moi, ma conviction profonde, j'ai dit que j'étais communiste, c'est qu'il faudrait que l'ensemble du monde du travail, des travailleurs, l'écrasante... Enfin, la population prenne le pouvoir elle-même. Et que ça, ce serait un pouvoir socialiste.
Donc, ce pouvoir socialiste, il faudrait qu'il soit international. Il doit être internationaliste. Moi, je vois bien qu'il n'y a pas de solution à l'échelle d'un seul pays, aujourd'hui. Et vous êtes d'ailleurs favorable... La pandémie, la crise écologique, la crise économique, il n'y a pas de solution à l'échelle nationale. Donc, il faut être internationaliste.
Il me semble d'ailleurs que vous êtes favorable à un élargissement potentiel de l'Union européenne, dans l'idée... Est-ce que c'est cette même idée d'aller justement avoir un... Pas l'Union européenne telle qu'on la connaît aujourd'hui, mais une Union européenne avec une union autour de valeurs communes ?
Moi, ma première chose, on doit sortir du capitalisme. On doit fonder une société collective avec les travailleurs au pouvoir. Et là, oui, bien sûr qu'il faudra abattre les frontières. Il faudra abattre les frontières. Moi, je me dis que dans, je ne sais pas, un millénaire, par exemple, quand les chercheurs et les historiens se pencheront sur les années 2000-2020, ils se diront, mais qu'est-ce que c'était que ces traits-là qui courent et qui correspondent à rien, ni à une montagne, ni à une rivière, ni où il fallait qu'il y ait des obstacles pour la circulation ? Mais pour moi, les frontières, c'est un héritage, mais empoisonné, qu'il faut supprimer.
On va passer à la question suivante. On relance du coup la roue. Je vous laisse appuyer quand vous le souhaitez sur le buzzer. Et on est sur l'émovis, citation, une bulle de discussion. En fait, derrière cette bulle, on va découvrir une proposition d'un ou d'une candidate à l'élection présidentielle. Je vous laisse la lire. Est-ce que vous arrivez à savoir déjà qui a proposé une telle chose ?
Au primaire, j'augmenterai de deux heures par semaine l'enseignement du français et d'une heure celui des mathématiques pour arriver à 50% du temps de classe consacré au français et 25% aux mathématiques. Ça ressemble aussi à... ça pourrait être du Blanquer, ça pourrait être donc du Macron, ça pourrait être de la droite.
C'est en l'occurrence une candidate à l'élection présidentielle.
Donc c'est Valérie Pécresse, c'est ça ?
C'est effectivement Valérie Pécresse, donc candidate de droite.
Bon, comme Macron, quoi, en fait.
Candidate du parti Les Républicains. Vous qui êtes enseignante, qu'est-ce que vous pensez de cette mesure d'augmenter l'ordre français et de maths ? Sachant que là, on parle de l'école primaire.
Non, mais moi, au primaire, j'augmenterai surtout le nombre d'enseignants et je travaillerai par petits groupes. Voilà, ça c'est la priorité et après, à partir de là, eh bien oui, on peut imaginer faire plein de choses. Et au primaire, j'apprendrai aussi les langues étrangères parce que le cerveau des enfants peut emmagasiner énormément de choses. Mais il faut se donner les moyens et ça passe par des moyens humains, en fait. Et ce qui me révolte, ce qui me révolte, c'est ce gâchis, c'est-à-dire on demande à tous les enfants de progresser au même rythme. C'est marche ou crève, en fait. C'est marche ou crève.
On ne regarde pas les différences, on ne regarde pas les problèmes individuels, d'où ils arrivent, quels sont leurs obstacles. On leur demande de franchir les mêmes obstacles en même temps. Moi, je trouve ça pas... ça me révolte, je suis enseignante et je pense que c'est un gâchis immense. Et on devrait commencer au primaire, effectivement, vraiment en travaillant en petits groupes. Et là, on pourrait s'intéresser à chaque enfant et on pourrait lui donner envie, envie, envie d'apprendre.
Et c'est quelque chose qu'en l'occurrence, c'était qu'Emmanuel Macron a essayé de mettre en place durant son quinquennat, notamment dans des zones, des quartiers défavorisés, en permettant d'avoir moins d'élèves par classe. Pour vous, du coup, c'est pas suffisant ce qui a été mis en place aujourd'hui ?
Non, parce qu'ils l'ont fait, y compris en prenant sur des enseignants qui s'occupaient d'un réseau d'aide aux enfants en difficulté. Et puis, il faut le généraliser et à tous les niveaux. Et à tous les niveaux, pas seulement en CP, pas seulement en CE1, il faut aller sur tous les niveaux. Et encore une fois, il y a des classes, des quartiers où il faut peut-être encore plus de moyens, mais il faut les mettre. L'avenir, l'avenir, c'est... elle est incarnée par cette jeunesse. Donc oui, un gouvernement qui aurait à cœur de représenter les intérêts de la population, il mettrait le paquet là-dessus.
Vous pensez que le métier d'enseignant est encore attractif aujourd'hui ? Comment est-ce que vous le voyez en tant qu'enseignante, mais même plus généralement ? Le métier d'enseignant, est-ce qu'il vous semble attractif encore aujourd'hui pour des jeunes ?
C'est évident que vu les salaires et les niveaux d'études demandés, c'est évident qu'on peut partir dans le privé, avoir un salaire le double. Enfin, je pense, par exemple, pour professeurs de mathématiques, c'est pas un hasard qu'il en manque cruellement, des profs de mathématiques, parce qu'effectivement, on démarre à 1 700 euros, 1 800, enfin bon, c'est complètement dingue. Et puis, c'est vrai que les conditions dans lesquelles on travaille ne font pas envie, voilà. Vous savez, moi, je crois qu'il y a un parallèle à faire entre ce qui se passe dans l'enseignement, dans l'éducation, et les hôpitaux, et les hôpitaux publics.
Et moi, des fois, je me dis que ce que ressentent le personnel des hôpitaux, des EHPAD, par exemple, dont certains disent qu'ils font de la maltraitance, c'est parfois le sentiment que j'ai vis-à-vis d'un certain nombre de jeunes et d'élèves, de faire de la maltraitance. Pourquoi ? Parce que j'ai pas le temps. J'ai pas le temps de m'intéresser à où ils en sont, comment ça va, comment ça va pas, surtout, comment ça va pas, et puis de les accompagner.
C'est une question de moyens, pas forcément d'heures de cours, mais surtout de moyens.
Ça passe par le contact humain. Et puis, je crois quand même qu'avec le confinement et l'école à la maison, je crois que tout le monde l'a bien senti. Ça passe par un échange humain.
Ça n'a pas aidé, effectivement. On va passer à la question suivante. Je vous laisse appuyer sur le buzzer. C'est une carte, l'émoji carte. Et donc, derrière ça, face cachée, on va découvrir une carte ensemble. On va pouvoir la découvrir. Alors, est-ce que vous avez une idée ? C'est pas facile dit comme ça, honnêtement. Enfin, vu comme ça, c'est même assez difficile de ce que représente, de ce que pourrait représenter cette carte. On va pouvoir en discuter. C'est un lien avec la France.
Oui, oui. Apparemment, il y a un lien très net avec la France. Là, on voit le Sahel.
Qu'est-ce que ça pourrait être, selon vous ? Vous êtes sur la bonne voie.
On voit la Finlande. Je peux vous donner le... C'est le nucléaire, je ne sais pas. C'est l'uranium. C'est un lien avec l'intervention française.
C'est, là, en l'occurrence, les lieux et les zones, on affichera la légende au montage dans laquelle les forces françaises sont déployées. Les bases. Et donc, vous voyez qu'il y en a beaucoup. Pourquoi est-ce qu'on voit cette carte ? Eh bien parce que, Nathalie Arthaud, si vous êtes élue, il n'y aurait a priori plus ces zones de couleurs sur la carte. Pourquoi ?
Alors, si les travailleurs étaient au pouvoir, parce que c'est ça ma perspective, c'est effectivement un gouvernement du monde du travail, des travailleurs, de la population elle-même. Donc, il faut imaginer que ça n'aurait... Pas forcément vous, présidente. Non, pas forcément moi, présidente, et pas forcément avec des ministres, d'ailleurs. Ça sera toute autre chose. Mais évidemment, si les travailleurs étaient au pouvoir, eh bien ils n'auraient plus ces intérêts en Afrique qui correspondent en fait au business des Bolloré, des Bouygues, des Orano, voilà. Ils n'auraient plus ces intérêts, ils n'auraient plus... Voilà.
Ils ne ressentiraient pas ce besoin d'être présents, y compris militairement, pour assurer la sécurité de l'exploitation et du pillage des richesses.
Mais est-ce que c'est vraiment toujours le cas et dans toutes les situations ? C'est vrai que vous aviez dit, il me semble que c'est dans votre programme, que les guerres menées à l'étranger sont menées pour le profit et jamais pour l'intérêt des peuples. Est-ce que c'est vraiment toujours le cas ? Si on prend le cas de l'opération Barkhane, du coup en Afrique, au Sahel, où la France est engagée, qu'il y ait des intérêts économiques, c'est assez évident.
Mais il y a d'autres intérêts qui sont aussi mis en avant et qui sont vus comme des arguments principaux, notamment l'objectif affiché de lutter contre les djihadistes présents dans la région, qui posent des vraies questions de sécurité dans la région. Est-ce que c'est vraiment une question uniquement économique dans ces situations-là ?
C'est une question, oui, uniquement économique.
Même dans le cas de l'opération Barkhane, par exemple ?
Absolument. Et c'est vrai que le terrorisme, c'est devenu un nouveau prétexte, en fait. Un nouveau prétexte pour conserver sa zone d'influence. Mais regardez ce qui se passe au Mali aujourd'hui. Comment la population elle-même, elle le vit ? Est-ce que cette intervention française les a aidées à affronter ces bandes-là qui raquettent, qui prennent en otage, qui détruisent des villages ? Non, non seulement ça ne les a pas aidées, est-ce que ça les a aidées aussi à mieux vivre ? Parce que ces bandes terroristes, elles sont aussi le produit du dénuement le plus complet.
Est-ce que la France, quand elle est intervenue là, est-ce qu'elle a aidé au déploiement d'infrastructures, au mieux vivre de la population ? Non. Vous savez, ce n'est pas nouveau ces interventions françaises en Afrique. Elle a même colonisé. Et même la colonisation, elle était menée au nom de la civilisation. Et non, en fait, la France a été une grande puissance qui a effectivement pillé les richesses et qui continue à le faire.
Et donc, même si on est élargi au-delà de la question de l'opération Barkhane, et même d'ailleurs au-delà de la question de la France, puisqu'on comprend bien que vous, c'est un sujet plus global et philosophique, ce n'est pas le bon terme, mais de vision sur ce genre de choses. Si on a un pays en difficulté face à des forces djihadistes, par exemple, en Afrique ou dans un autre pays, est-ce que ça veut dire que concrètement, les autres États n'ont pas à aller intervenir et aider, y compris si le gouvernement le demande, ces pays-là ?
Moi, je pense que les puissances impérialistes, comme la France, elles sont en grande partie la cause du problème. Et donc, ce n'est sûrement pas elles qui sont à même d'apporter la solution. Voilà, encore une fois, si ces États sont aussi délités, si cette misère est encore là, c'est le fruit de la politique, en fait, des puissances impériales. Ils sont responsables, elles sont responsables. Et donc, non, la première des choses, c'est qu'on arrête justement avec ce pillage, avec cette confiscation, parce que vous savez, c'est aussi des zones qui sont riches, qui sont riches en matière première, notamment, l'uranium dans le cas de certains... Mais jamais, jamais, la population n'en profite.
Jamais la population n'en profite, donc il faudrait commencer par là.
On va passer à la question suivante. Je vous laisse appuyer sur le buzzer. Cette fois-ci, on est sur un cadeau, et pas n'importe lequel, en l'occurrence, derrière ce cadeau, s'affichait en fait une vidéo, mais c'est une vidéo d'un autre candidat à l'élection présidentielle qui vous a posé une question. On vous laisse du coup découvrir le candidat, écoutez du coup sa question, et après je vous laisserai évidemment y répondre. Cher Nathalie Arthaud, bonjour. D'abord, j'ai parrainé à deux reprises Arlette Laguillet.
Je vous ai vu lors de la dernière campagne, nous n'avons pas beaucoup parlé, mais je sais combien vous êtes passionné par votre métier, et vous avez tenu à aller jusqu'au dernier jour d'enseignement avec vos élèves. J'imagine votre émotion au moment de l'équité, et je voulais savoir ce que vous avez ressenti au fond de vous-même. Qu'est-ce que vous voulez lui répondre ?
Donc là, je suis en congé électoral, parce que je fais la campagne tous les jours.
C'est quoi un congé électoral au passage ? Parce que vous êtes enseignante, mais en même temps en campagne présidentielle, ça veut dire que vous avez des congés, qui sont autorisés du fait de la participation à une campagne présidentielle ?
Voilà, c'est ça. Ça c'est vrai pour les différentes campagnes, pour toutes les élections, quand on est candidat, on peut avoir, selon l'élection, un certain nombre de jours de congés. De congés. Voilà. Donc, eh bien, je... Oui, je leur ai expliqué d'abord, quand je leur ai dit au revoir, j'ai une classe de seconde et une classe de première cette année. Donc, je leur ai expliqué ce que j'allais faire, parce que je ne me voyais pas partir en leur disant, voilà, comme une malpropre. Donc, je leur ai expliqué ce que j'allais faire, et puis je leur ai dit au 11 avril, parce que, oui, il y a des fortes chances que je ne sois pas élue, et je retournerai les voir. Donc, voilà, j'ai...
Oui, avec un peu d'émotion, c'est vrai, il a raison, avec un peu d'émotion, je les ai... Mais je leur ai dit au revoir en même temps.
Enfin, du coup, ils vous retrouveront... Je sais que je vais les retrouver. Sauf en cas d'élection qui s'est, mais sinon, ils vous retrouveront en avril, dans quelques semaines. C'est ça, c'est ça. On va passer à la question suivante. Même chose, je vous laisse appuyer sur le buzzer. Et c'est un dé. On va jouer un jeu, mais pas un jeu de plateau, ni rien concrètement. On va reprendre une mécanique de jeu que certains jeunes connaissent peut-être, c'est le tu préfères. Alors, on va dire vous préférez, plutôt, ce sera mieux. Concrètement, ça consiste à devoir faire un choix entre deux propositions, volontairement parfois un peu particulières.
Mais l'idée, c'est de répondre après à le plus possible entre deux de ces options. Vous allez voir. Je vais vous montrer le premier. Il y en a deux comme ça. Le premier, c'est est-ce que vous préférez un dîner avec Joe Biden, donc le président américain, ou un dîner avec Elon Musk, entrepreneur d'Air SpaceX ou autre ? Qu'est-ce qui serait le plus intéressant, selon vous ? Dîner avec l'un ou l'autre pour discuter.
Vous êtes dur ! Vous êtes dur !
C'est volontaire. Ah, c'est volontaire. Et qu'est-ce que vous souhaiteriez discuter à l'occasion d'un dîner ou autre chose, d'ailleurs ?
Avec Elon Musk, peut-être.
Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il vous semble ?
Eh bien, il vaut mieux discuter avec Dieu qu'avec ses apôtres.
Pour vous, Elon Musk est Dieu dans un système comme aujourd'hui ?
Très clairement. Oui, vous savez qu'Elon Musk, sa fortune, elle a dépassé les 300 milliards.
C'est l'un des hommes les plus riches au monde, juste derrière Jeff Bezos d'Amazon.
Et voilà, Jeff Bezos lui court derrière, avec 200 millions, 200 milliards. Attention, on compte en milliards, là. Donc voilà, oui, je préfère dîner avec Dieu qu'avec ses...
Parce que ce que ça veut dire concrètement, pour bien comprendre quand vous dites ça, c'est que quelqu'un comme Elon Musk, c'est l'une des personnes les plus riches au monde, qui a un pouvoir considérable. C'est ça ce que vous dites ? C'est que cette masse d'argent dont on parlait d'ailleurs tout à l'heure amène un pouvoir qui, parfois, selon vous, dépasse le pouvoir des politiques, c'est ça ?
C'est sûr, j'en suis convaincue, voilà. C'est sûr, parce qu'en fait, lui, avec Tesla, et puis avec tous ses investissements, et puis sa domination financière sur un grand nombre, en fait, d'autres multinationales, parce que ce sont des intérêts, des capitaux qui se croisent, qui s'entrelacent.
En réalité, il a des représentants, sans doute, dans un grand nombre de conseils d'administration qui programment, qui programment, là, leur prochain plan, c'est-à-dire, vous voyez, dans une élection à la présidentielle, on a des programmes politiques, on est censé se déterminer en fonction des programmes politiques, mais il y a d'autres programmes qui sont en préparation, qui nous échappent complètement, qui, justement, vont diriger, qui vont s'appliquer dans les grandes multinationales. Et là, on n'a pas de prise. Et c'est ça, le problème de notre société capitaliste, de ne pas avoir de prise sur notre système productif, alors même que, sans nous, il ne pourrait pas fonctionner.
Et très rapidement, si on me pose la même question dans le cas de la France, par exemple, est-ce que ça veut dire que vous considérez qu'une personnalité comme Bernard Arnault, donc à la tête d'un groupe comme LVMH, a plus de pouvoir que le président de la République, par exemple ?
Oui, oui, oui, tout à fait. Bernard Arnault, Drahi, ça peut être Bolloré, ça peut être Bouygues, ça peut être Peugeot, bien sûr, ArcelorMittal. Moi, je me souviens, par exemple, vous savez, quand Hollande a essayé de mener un bras de fer avec Mittal pour que Florenges ne ferme pas, je me souviens que Mittal, le propriétaire, il est indien et peut-être, il a plusieurs nationalités. Il est allé directement à l'Élysée pour dire, écoutez, en France, il y a 20 000 salariés qui dépendent de moi, vous n'allez pas me gêner, vous n'allez rien faire qui me gêne, donc vous vous calmez sur tout ça et puis finalement, c'est Montebourg qui est parti.
Ça montre le poids, selon vous, de ces industriels et de ces groupes par rapport aux politiques ?
Le poids que Nicolas Hulot a dénoncé quand il a démissionné de son poste de ministre de l'Économie. Voilà, parce qu'en fait, il n'a pas utilisé les mêmes mots que moi, mais il parle de système malgré tout.
Ministre de l'écologie, effectivement.
Moi, je mets un nom, c'est le système capitaliste. Lui parle de lobby. Moi, je parle de grande bourgeoisie, je parle de classe capitaliste parce qu'il faut nommer les choses pour comprendre un petit peu la situation et pour pouvoir trouver des solutions.
On va passer à une deuxième question, sur le même principe. Là, c'est facile. Alors voilà, la marseillaise ou l'international, qu'est-ce que vous préférez ? Bon, la marseillaise, tout le monde la connaît. L'international, peut-être un peu moins, je me voulais l'expliquer rapidement. Qu'est-ce que c'est l'international ?
Alors l'international, c'est effectivement l'hymne des travailleurs en lutte. Et pour nous, c'est notre drapeau. C'est notre drapeau. L'international, en plus, c'est vraiment l'idée que tous les travailleurs de tous les pays constitueront un seul et même camp qui changera, qui transformera la société, qui prendra le pouvoir.
C'est plus important, selon vous, que la marseillaise.
Ah, mais c'est véritablement... En fait, c'est un programme. C'est le programme, c'est le perspective pour tous ceux qui sont révoltés. Lisez les paroles de l'international. Lisez les paroles. Fantastique.
On va passer à la dernière question. Je vous laisse appuyer. Ce sera la dernière. C'est un émoji, c'est le drapeau français. C'est pas le drapeau rouge, on le commence, c'est le drapeau français pour cette fois. Vous allez découvrir, en fait, des phrases qu'il va falloir compléter. L'idée étant de reprendre une formule de François Hollande qu'il avait prononcée en 2012 face à Nicolas Sarkozy, le « moi-président ». Alors, j'ai cru comprendre au fil de la discussion que de votre côté, ce ne sera peut-être pas un « moi-président » ou un « nous-président » ou un « nous-à-la-tête » de la France ou même pas de la France plus largement.
Mais je vous laisse compléter, du coup, lire et compléter ces phrases-là en une phrase à chaque fois pour mieux comprendre votre vision de la société et vos objectifs en soi. Et on va voir tout de suite avec un premier exemple. « Nous au pouvoir, les jeunes ». Comment est-ce que vous pourriez compléter cette phrase en une phrase ?
Les jeunes pourront investir toutes leurs passions à fond.
Au suivant,
« Nos pouvoirs, les riches » Les riches seront mis hors d'état de nuire.
« Nos pouvoirs, notre ennemi sera »
Sera les préjugés et les comportements barbares hérités de la vieille société capitaliste.
La finance, du coup, l'économie financiarisée aussi.
Et les préjugés, l'intolérance, la misogynie, le racisme, etc.
« Nos pouvoirs, notre première mesure sera »
Sera la répartition du travail entre tous pour baisser considérablement le temps de travail de tous pour travailler moins, pour travailler trois heures par jour. et bien sûr faire en sorte que ce travail donne l'accès à tous aux mêmes richesses.
Deux, trois heures par jour, vous avez dit ?
Deux, trois heures par jour, tout à fait.
Donc ça fait par semaine 15 heures. Oui,
c'est ça. C'est ça.
Est-ce que vous envisagez en termes de réduction du temps de travail ? C'est beaucoup moins qu'à gauche que certains proposent quand ils parlent de 32 heures au lieu des 35 heures actuelles. Oui, vous imaginez...
Mais parce que vous savez, après 68, il y avait eu toute une discussion et il y avait eu des statisticiens qui s'étaient penchés sur le problème et qui avaient fait le calcul comment, à quel niveau d'horaire on devrait travailler si on travaillait tous, s'il y avait zéro chômeur, si on enlevait les doublons, si on planifiait la société pour qu'il n'y ait pas tout ce, cette gabegie, ces gaspillages, ces croisements, enfin voilà, tout ce qu'il y a aujourd'hui avec ce marché concurrentiel, la loi de l'offre et de la demande. Et ils étaient arrivés au résultat de travailler deux heures par jour. Ils en ont fait un bouquin d'ailleurs. Travailler deux heures par jour.
C'est accessible chez les bouquinistes. Donc si c'était possible dans les années 70, aujourd'hui, vous voyez,
je suis même... Aujourd'hui. Et il en reste un, il me semble, nous au pouvoir, la France sera...
Une région du monde parce que tout le monde aura à cœur de dire que... À cœur de dire mon pays, c'est la Terre.
Nathalie Arthaud, merci beaucoup d'avoir accepté cette interview. Je précise au passage que, comme pour tous les autres candidats à l'élection présidentielle, cette vidéo est doublée aussi d'une vidéo de décryptage de votre programme. Il est temps de mieux connaître là aussi votre vision de la France au-delà de cette interview. Merci encore pour votre temps. Et du coup, c'est la fin de cette vidéo. J'espère qu'elle vous aura plu. Évidemment, n'hésitez pas à vous abonner à cette chaîne YouTube si ça vous a intéressé pour ne pas rater du coup les vidéos qui arrivent, les autres interviews de candidats ou décryptage de programmes en description comme à chaque fois.
Je vous mets des liens pour en savoir plus. Point de sain de vous et on se dit du coup à très vite. Encore merci Nathalie Arthaud.
Merci. Merci.
Nathalie Arthaud