Elisabeth Borne : "Il y a beaucoup de Français qui trouvent que les billets (de TGV) sont trop chers"
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Questions et réponses
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Vous nous direz dans un instant quelles sont vos premières pistes.
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Pourquoi les routiers ne sont pas concernés par la limitation des travailleurs détachés ?
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Est-ce qu'aujourd'hui, ce sont les villes qui donnent l'exemple plutôt que les États ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Il y a 40% des Français qui n'ont pas d'autre choix que la voiture. Vous leur dites quoi ?
- 4:00RelanceRéponse directe
Sauf à mettre des bus et des lignes de train dans toute la France, c'est impossible à tenir comme engagement.
- 4:39OuverteRéponse directe
La prime à la casse pour les voitures et la suppression de la prime à l'achat des vélos électriques.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24Invité politiqueFait
« À la demande de la France notamment, leur mission sera désormais limitée dans le temps, 12 ou 18 mois. »
- 2:20Invité politiqueFait
« 12 grandes métropoles parmi lesquelles Paris, Londres, Los Angeles, Mexico ou Seattle ont pris l'engagement de réduire à zéro leurs émissions polluantes d'ici 2030. »
- 2:52PrésentateurPromesse
« Nicolas Hulot a annoncé qu'on voulait sortir des moteurs thermiques en 2040. »
- 3:08PrésentateurChiffre
« On accompagne tous les automobilistes pour qu'ils puissent abandonner des voitures polluantes au profit de voitures moins polluantes. C'est avec une prime notamment de 2000 euros. »
- 6:20PrésentateurFait
« Il y a beaucoup de Français qui trouvent que les billets sont trop chers. »
- 6:26PrésentateurChiffre
« 70% des desserts TGV qui sont déficitaires. »
- 7:37PrésentateurFait
« Il faut simplement que ce soit dans une approche cohérente dans laquelle on ne demande pas en même temps au TGV de payer très cher pour circuler sur les lignes à grande vitesse. »
- 9:05PrésentateurChiffre
« Le budget d'investissement de mon ministère a augmenté de 10% l'an prochain. »
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France Inter, le 7-9, Marc Fauvel.
Bonjour Elisabeth Borne, ministre des Transports. Vous avez lancé le mois dernier les assises de la mobilité pour redessiner la carte des transports de demain des TGV au TER, en passant par les aéroports ou les autoroutes. Vous nous direz dans un instant quelles sont vos premières pistes. Mais d'abord, cet accord européen cette nuit à Luxembourg, accord sur les travailleurs détachés. A la demande de la France notamment, leur mission sera désormais limitée dans le temps, 12 ou 18 mois. Mais il y a une exception de taille à cet accord, ce sont les transports, les routiers ne sont pas concernés. Pourquoi ?
Je voudrais d'abord dire que le Président de la République et le gouvernement défendent une Europe qui protège. Et l'accord qui a été trouvé, c'est vraiment l'illustration de cette Europe qui protège, avec plus de droits pour les travailleurs détachés et donc moins de concurrence faussée pour les salariés français. Si l'accord a été aussi difficile à trouver, c'est bien parce que la France a refusé qu'on exclue le transport routier. Le transport routier est bien concerné par les règles du travail détaché. La directive de 1996 continue à s'appliquer et surtout la loi très protectrice qui existe en France continuera à s'appliquer. Par contre, il y a des règles spécifiques.
On voit bien que les travailleurs dans le domaine du transport routier n'ont pas les mêmes rythmes, ne sont pas sédentaires par définition. Et donc la discussion va se poursuivre dans le cadre du Conseil des ministres de transport pour définir les règles particulières, les conditions particulières d'application de cette directive au transport routier. Mais dans l'immédiat, je le redis, on a réaffirmé que le transport routier est bien concerné par les règles du travail détaché et que la loi continue à s'appliquer.
On ne peut pas lutter, disait tout à l'heure un syndicaliste routier dans le journal de 8 heures, contre des chauffeurs payés 200 euros par mois.
Ça n'est pas légal et ça doit faire l'objet de contrôles. Ça n'est pas légal de travailler en étant payé 200 euros en France. Dans le transport routier, la loi française prévoit que ces principes à travail égal au même endroit, le même salaire, s'appliquent totalement dans le secteur du transport routier. Et ça a été vraiment une des lignes rouges pour la France que le secteur du transport routier soit bien concerné par la directive travailleur détaché.
Elisabeth Borne, hier, 12 grandes métropoles parmi lesquelles Paris, Londres, Los Angeles, Mexico ou Seattle ont pris l'engagement de réduire à zéro leurs émissions polluantes d'ici 2030. Est-ce qu'aujourd'hui, ce sont les villes qui donnent l'exemple plutôt que les Etats ?
Alors je pense que c'est très bien que les villes s'engagent parce qu'elles sont très concernées par les enjeux de circulation automobile. Mais les Etats agissent aussi. Avec Nicolas Hulot, on est très mobilisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports. Nicolas Hulot a annoncé qu'on voulait sortir des moteurs thermiques en 2040. Et puis, dès à présent, on accompagne tous les automobilistes pour qu'ils puissent abandonner des voitures polluantes au profit de voitures moins polluantes. C'est avec une prime notamment de 2000 euros pour permettre cette conversion vers des motorisations plus propres. on développe aussi des alternatives à la voiture.
Et c'est vraiment tout le sens de la politique que je porte de permettre à chaque Français d'avoir une alternative à l'utilisation de la voiture particulière.
Il y a aujourd'hui 40% des Français qui n'ont pas d'autre choix que la voiture quand ils partent travailler, qui nous écoutent peut-être au volant ce matin. Vous leur dites quoi ? Il va falloir déménager ?
Non, je leur dis qu'il faut qu'on trouve des solutions. Moi, c'est vraiment la priorité. Et tout l'enjeu des Assises nationales de la mobilité que j'ai lancées le mois dernier, c'est de mieux répondre aux besoins de mobilité des Français, notamment leurs besoins de transport, de la vie quotidienne, et de faire qu'à la fin du quinquennat, il n'y ait plus un Français qui refuse un emploi ou une formation parce qu'il ne sait pas comment s'y rendre. Aujourd'hui, c'est un Français sur quatre.
Sauf à mettre des bus et des lignes de train dans toute la France, Elisabeth Borne, c'est impossible à tenir comme engagement.
Écoutez, non, justement. Je pense que chacun peut voir que notre secteur est en pleine révolution. Il y a des réponses qui n'existaient pas il y a quelques années, comme le covoiturage, l'autopartage. Il faut absolument, et c'est tout l'enjeu de la loi que je présenterai au début de l'an prochain, encourager ces nouvelles mobilités. Évidemment, les transports tels qu'on les connaît aujourd'hui, les transports ferrés, les transports publics sont importants, mais il faut aussi permettre, favoriser toutes ces initiatives, ces nouvelles mobilités pour répondre aux besoins de tous les Français dans tous les territoires.
Vous parliez, Elisabeth Borne, de la prime à la casse pour les voitures. Il y a un signal récent qui a été assez peu apprécié par les écologistes, c'est la suppression de la prime à l'achat des vélos électriques supprimés, peu remplacés par un dispositif dont on n'a absolument rien compris. Pouvez-vous nous dire ce qui va se passer l'an prochain ?
Moi, je souhaite vraiment encourager l'utilisation du vélo, tout ce qu'on appelle les mobilités actives. Donc, cette prime telle qu'elle existait jusqu'à présent, elle a accompagné le lancement du marché des vélos. Il y a beaucoup de collectivités qui ont mis en place aussi des primes. On est en train de réfléchir, dans le cadre des assises de la mobilité, à la bonne façon de soutenir le développement du vélo. Ça peut être d'accompagner l'achat des vélos, ça peut être aussi l'indemnité kilométrique vélo. Je sais qu'il y a beaucoup de Français qui souhaitent qu'on élargisse le dispositif. C'est aussi d'accompagner les villes pour qu'elles aménagent des itinéraires protégés pour les vélos.
Et donc, toutes ces mobilités actives sont au cœur aussi des assises de la mobilité.
Une nouvelle prime, ce serait exclu. Ce n'est plus le mode que vous avez choisi.
On va travailler sur le bon dispositif pour encourager aussi l'utilisation du vélo.
La priorité, Elisabeth Borne, affirmée lors du lancement de ces assises de la mobilité, ce sont les transports du quotidien, c'est-à-dire notamment les TER plutôt que les TGV. Pour parler clairement, est-ce que ça veut dire qu'il faut s'attendre dans les années qui viennent à des fermetures de lignes TGV ? Attention, sujet ultra sensible, évidemment.
Je n'ai absolument pas annoncé qu'on allait fermer des lignes ou des gares TGV. Ce n'est pas ma question, je vous le demande là. Non, non, je pense qu'il n'y a pas des fermetures de lignes TGV. Aujourd'hui, le TGV doit être absolument un transport pour tous. Il y a beaucoup de Français qui trouvent que les billets sont trop chers. En même temps, on a beaucoup de desserts, 70% des desserts TGV qui sont déficitaires. Et donc, il faut qu'on fasse des choix qui soient cohérents. On ne peut pas vouloir à la fois des TGV qui vont partout, des billets qui sont moins chers. Et aujourd'hui, demander au TGV de payer très cher pour circuler sur les lignes à grande vitesse.
Donc, on a besoin d'avoir une stratégie cohérente dans le domaine ferroviaire. L'État doit avoir une stratégie cohérente, pas faire des choix sans en assumer les conséquences. Et c'est tout le sens de la mission qui est confiée à Jean-Cyril Spinetta pour réfléchir, avoir cette approche globale sur qu'est-ce qu'on veut faire du transport ferroviaire demain, à quels besoins il doit prioritairement répondre. Moi, je pense que le transport ferroviaire peut faire beaucoup dans notre pays. Notamment, vous le disiez, les besoins sur les TER sont très importants. On a su faire des RER en région parisienne. Pourquoi on n'aurait pas aussi des RER dans les grandes villes en France ?
Je reviens d'un mot à ce que vous dites. Le TGV coûte très cher aujourd'hui pour de nombreuses familles.
Est-ce qu'il faut fermer des gares à défaut de fermer des lignes ? Je pense qu'il ne faut pas fermer des gares. En tout cas, moi, je n'ai pas fait d'annonce dans ce sens parce que je pense que les Français sont très attachés au modèle d'un TGV qui non seulement circule sur les lignes à grande vitesse mais qui dessert aussi non seulement les grandes métropoles mais aussi des petites villes et des villes moyennes. Et donc, ce modèle, on y est attaché. Il faut simplement que ce soit dans une approche cohérente dans laquelle on ne demande pas en même temps au TGV de payer très cher pour circuler sur les lignes à grande vitesse.
Alors, vous n'annoncerez pas de fermeture de lignes ou de gares ce matin au micro de France Inter. A contrario, est-ce que Toulouse, qui attend son TGV depuis 25 ans maintenant, l'aura un jour ?
On est en train de travailler pour choisir les bons investissements qui répondent aux besoins de tous les Français et de tous les territoires.
Alors, ça, ça fait 25 ans que les Toulousains entendent cette phrase.
Oui, mais vous voyez, moi, je pense qu'on doit sortir d'une France à deux vitesses dans laquelle on construit beaucoup de lignes à grande vitesse. On va en inaugurer trois cette année. Et dans le même temps, 5300 kilomètres du réseau dit classique, qui est le réseau aussi des transports de la vie quotidienne, fait l'objet de ralentissement en faute d'entretien. Donc, on a souhaité réfléchir à notre politique d'investissement. Il y a beaucoup de choses qui ont été promises et qui n'étaient pas financées. Donc, on a marqué une pause et on va réfléchir aux meilleurs investissements.
Je me mets dans la tête d'un auditeur toulousain, Elisabeth Borne. Ça, ça veut dire le TGV, je ne l'aurai jamais.
Non, ça veut dire qu'il faut qu'on arrive à définir des priorités, aussi qu'on réfléchisse à la façon peut-être de trouver des phasages pour les projets, qu'on travaille aussi sur des nouveaux modes de financement. Et toute cette réflexion, elle est en cours. Elle débouchera à la fin de l'année sur une loi de programmation dans laquelle on dira les projets qu'on va faire. Et il ne s'agit pas d'investir moins, je le dis. Il s'agit au contraire d'investir mieux. Le budget d'investissement de mon ministère a augmenté de 10% l'an prochain. Mais donc, il faut hiérarchiser, faire des choix.
Une pause, la revue de presse de Claude Askolovic et toutes vos questions à la ministre des Transports. 01, 45, 24, 7000. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Élisabeth Borne