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interviewBLAST (sur YouTube)· 17 mai 2023 20 min

DE COURSON, L'HOMME QUI PEUT FAIRE TOMBER LA RÉFORME DES RETRAITES

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

bonjour à tous vous pensiez en avoir fini avec la réforme des retraites et le gouvernement aimerait bien que ce soit le cas mais c'est raté la bataille a encore loin d'être terminée aujourd'hui à l'Assemblée nous allons interroger un homme qui inquiète plus la macronie que toute l'opposition et les syndicats réunis il s'agit de Charles de Courson député depuis 30 ans de la Marne avec son groupe liotte il a déposé le 28 avril dernier une proposition de loi visant labrogation de la réforme et ainsi repasser l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans alors ce projet de loi a-t-il une chance d'aboutir et quand bien même est-ce que le gouvernement n'a pas un énième Joker constitutionnel dans sa manche pour tout faire capoter c'est les questions que nous sommes allés lui poser [Musique] vous avez décidé d'utiliser la niche parlementaire de groupe de votre groupe le groupe liote pour présenter dans l'hémicycle une proposition de loi visant à abroger le report de las Vega de départ à la retraite à 64 ans qu'est-ce que c'est l'idée est-ce que c'est de fournir enfin au Parlement le vote dont le 49.3 privé l'idée de cette proposition de loi qui est donc dans notre créneau de tir comme on l'appelle le 8 juin c'est de sortir de la crise politique et de la crise sociale existante comment en annulant l'article central qui a fait polémique c'est-à-dire le passage de 62 64 ans de l'âge légal et c'est l'article 2 de prévoir la réunion d'une conférence sociale avec tous les partenaires sociaux représentants des salariés représentant des employeurs avec le gouvernement pour trouver une solution avec une vraie négociation et nous participer puisque nous avons toute une série d'idées là-dessus donc si vous voulez c'est un texte sortie de crise et que enfin l'Assemblée nationale qui est la seule représentant du peuple français se prononce puisque paradoxe cette situation c'est qu'on a examiné l'article premier du texte on a examiné l'article 2 qu'on a repoussé d'ailleurs et après et ben on est passé au 49.3 et donc jamais l'Assemblée nationale de ces prononcé sur le texte alors je passe après sur ce qui s'est passé au Sénat puis en commission mix paritaire auquel je participais et après au Conseil constitutionnel qui a vidé si vous voulez le le le texte d'une partie de ce que une partie des républicains le volet social avait oui enfin un certain nombre le contrat senior est le plus connu mais il y avait d'autres dispositifs alors la majorité elle pourrait vous répondre que la motion de sang sur votre motion de censure rejeté a fait office de vote en fait sur ce texte pas du tout puisque la motion de censure elle s'adressait au gouvernement c'était est-ce que vous voulez renverser le gouvernement ou pas et à neuf ou après le gouvernement n'a pas été renversé mais ça ne veut pas dire pour autant que ceux qui ont voté pour la naturement vous la renverser le gouvernement mais dans ce qui n'ont pas voulu voter pour c'est le cas des républicains il y en avait une partie qui était contre cette loi donc jamais l'Assemblée nationale seul représentante du peuple français d'invoquer sur le texte le président la martelé encore lundi est-ce que vous écouter le président la réforme des retraites qu'est-ce que c'est ça ne fait plaisir à personne de travailler plus longtemps c'est très impopulaire oui je fais ce que j'ai dit écoutez ils se trompe complètement là-dessus il dit j'ai été élu sur un programme à 65 ans on passe 62 65 ans c'est pas du tout exact je rappelle que il a à peu près doublé ses voies entre le premier tour et le deuxième tour et tous ceux dont je suis qui ont voté pour lui au second tour absolument pas d'accord sur son programme et un mois plus tard c'était les initiatives je rappelle que ceux qui ont défendu la position du nouveau du président réélu ils ont fait 25% des 47% qui sont venus voter c'est-à-dire 13% du corps électoral on peut pas dire que cette augmentation de l'âge légal à 65 ans ramener à 64 ans était approuvé par le suffrage universel et ils n'ont eu que 250 députés je rappelle que la majorité est à 289 unique pour tous les français pour nous dire bah maintenant faut passer de soi-disant à 65 ans alors moi il ne va pas cité dans ses propos sont absolument pas visés parce que moi je suis pour la réforme des j'ai toujours été mais vous n'êtes pas contre une augmentation de temps de travail mais pas du tout j'ai simplement nous l'avons expliqué dans tous les débats nous nous sommes pour mettre en place une politique seniors sur l'emploi des seniors pour encourager les entreprises à garder leurs salariés âgés et inciter nos concitoyens à travailler plus longtemps au-delà de l'âge légal actuel de 62 ans mais pas par voie autoritaire et nous avions proposé cinq mesures à la première ministre aucune d'entre elles n'a été retenue alors la motion de censure celle du 20 mars vous avez manqué 9 fois pour faire tomber le gouvernement c'est très peu il y avait 19 républicains qui avaient voté cette notions de censure qu'est-ce qui me fait penser que cette fois ça va passer ce que vous des garanties du côté des républicains il y a deux grandes différences la première sur le mode de scrutin quand on vote sur un projet de loi il y a ceux qui votent pour il y a ceux qui votent contre et il y a ceux qui s'absciennent donc c'est la majorité relative qu'il en porte alors que dans une motion de censure seul ceux qui votent pour la motion de censure Vienne voter et il faut une majorité absolue c'est à dire 289 voix première différence deuxième différence c'est que il y a de l'eau qui a coulé sous les ponts de la scène depuis et vous avez peut-être vu la position du présidentioti qui a donné la liberté de vote aux 61 membres de son groupe parlementaire et donc ces deux éléments si vous voulez tout à fait nouveau fait que si nous réussissons à faire voter puisqu'on voit bien que la minorité présidentielle puisque je ne sais pas pourquoi vous parlez de majorité présidentielle ils sont tout à fait minoritaires ils ont 250 voire 251 parlementaires en supposant d'ailleurs que tous ceux de la majorité parlementaire votre contre le texte ils sont 251 la majorité est à 289 et je sais que certains d'entre eux parce qu'ils n'ont parlé sont tentés par l'abstention la non participation et deux d'entre eux même plutôt pour voter pour la proposition donc si vous voulez les jeux sont plus couverts et on voit bien leur grand crainte comme lorsqu'ils ont déclenché le 49-3 ils ont plongé le 49 3 parce que notre groupe avait déposé une notion de rejet la notion de rejet elle passait d'ailleurs il le savait qu'elle passait et et c'est pour ça que il y a eu un grand débat entre eux leurs trois présidents de groupe de la minorité présidentielle ont plaidé contre le recours au grand TOP 3 en disant il faut mieux être battu on sera battu il y a des choses plus graves que cela et puis on aurait pu reprendre à ce moment-là peut-être dans une conférence etc de voir comment on peut avoir un financement intelligent un moyen long terme des retraites de base française et ils ont plaidé pour cela ils sont que la première ministre c'était hésitante et c'est le président qui a tranché et d'ailleurs j'ai présenté Alain des trois présidents toutes mes condoléances quand j'ai vu dans quel état ils sont rentrés de l'Elysée ils étaient tous Voilà et ils avaient tous la même analyse que la plupart des membres de l'opposition que le recours au 49-3 allait déclencher une crise tout à la fois politique et une crise sociale ce qui s'est passé là on voit bien qu'il y a des sueurs froides du côté de l'exécutif face à votre niche qui arrive le 8 juin mais on sent qu'ils ont peut-être encore des jokers dans leurs manches donc là c'est un article encore qui sort c'est l'article 40 qui essaie de faire en sorte que votre loi soit jugée ircecevable pour ceux qui connaissent pas article 40 c'est qu'en fait on ne peut pas engager des dépenses qui ne sont pas une loi ne peut pas prévoir des dépenses qui ne sont pas compensés financés est-ce que vous vous êtes et député depuis 30 ans j'imagine vous avez un petit peu anticipé ça et bien tout à fait ils ont perdu puisque il y a deux niveaux de contrôle recevaient été financière l'une par le Bureau de l'Assemblée nationale qui en a tranché qu'il a validé et qu'il l'avait l'aider et il y en a une deuxième qui est le président de la commission des finances qui peut soulever par un député ou un membre du gouvernement qui disent cette proposition doit être recevable peut en trancher de nous avons longuement discuté en bureau de la commission des finances la semaine dernière puisque le rapporteur général de budget est venu expliquer qu'il avait lui aussi le droit de refuser une proposition de loi alors ça a été à hurlement de tous ces groupes de l'opposition y compris d'ailleurs les républicains tout le monde qui indique mais qu'est-ce que c'est que cet interprétation et on a sorti le quatrième alinéa de l'article 89 du règlement intérieur qui dit que c'est le président de la commission des finances qui a qui contrôle la recevabilité financière ou leur rapporteur général ou un membre du bureau désigné à cet effet désigné par qui va bien entendu par le président de l'Assemblée nationale c'est évident sinon la phrase ne veut rien dire vous voyez et la jurisprudence d'ailleurs est constante d'ailleurs on a sorti la jurisprudence elle est constante faut bien voir que si le le gouvernement ou la minorité présidentielle parce que c'est pas le gouvernement qui en décide c'est les députés à travers leurs instances décidaient de le recevabilité d'une proposition financière parce que elle crée une dépense il y a plus aucune proposition de loi qui peut passer et donc on vide le Parlement de cette possibilité de déposer des provisions de loi la loi est dans les nains de votre camarade Eric Coquerel président de la commission des finales puisqu'il a d'ores et déjà dit devant la commission des finances c'est que s'il recevabilité financière était soulevée et bien il dirait qu'il n'y a pas de problème de recevabilité financière se confortant d'ailleurs à la position de Madame leur apporte la présidente de l'Assemblée nationale qui comme chacun sa fait l'objet de pression et samedi et tout à l'heure en bureau et dans lequel elle a dit toute façon c'est pas de ma compétence c'est la compétence du bureau ce n'est pas un pouvoir propre de la présidence ce qu'on voulait lui faire dire à l'Élysée et si le 8 juin votre loi passe faudra qu'elle aille au Sénat et là Monsieur retaillot monsieur l'archet et leurs amis on sait qu'ils vont voter contre mais je vous rappelle que dans la Constitution française le Sénat représente les collectivités territoriales et c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot puisque nous sommes représentants du peuple français première observation deuxième observation notre but il est que si la notre proposition doit évoquer d'ouvrir non pas une crise politique mais d'ouvrir une porte pour permettre au gouvernement de sortir de cette crise tout à la fois sociale et politique et de dire j'ai enfin compris et écouter et entendu ce que disent les représentants de la nation et on va faire une conférence pour voir comment on peut sortir de cette situation et de voir si un minimum de consensus peut être dégagé normalement notamment avec des organisations réformistes voilà c'est ça le but c'est une en veulent pas enfin même Aurore berger aujourd'hui donc la présidente du groupe Renaissance elle dit que toute façon il n'y aurait pas de commission mixte paritaire convoquée il faut ensuite que le texte aille au Sénat Sena où il n'y a pas de majorité puisque le Sénat à voter lui et à plusieurs reprises pour notre projet sur les retraites on peut avoir 10 20 30 50 60 000 lectures mais si parce qu'il n'y aura pas de commission d'expéritaire convoquée et parce que quand il n'y a pas de commission mixte paritaire convoquée ça veut dire qu'il n'y a pas juste de lecture trois lectures et lecture définitives ça veut dire que c'est infini donc ça veut dire que celles et ceux qui viennent devant vous mentent aux Français en leur faisant croire qu'un vote qui pourrait intervenir le 8 juin suffirait à abroger la réforme des retraites nous nous disons la vérité aux Français Aurore berger ne devrait pas dire cela elle devrait rappeler que la condition française la commission mix paritaire ne peut être réunie qu'à l'initiative du gouvernement voilà et que ce n'est pas les parlementaires qui peuvent or la connaissance et n'est pas encore membre du gouvernement et n'est pas encore première ministre voilà et donc la Constitution française est ainsi faite mais politiquement que les représentants du peuple et annulés et voté l'annulation en première lecture créera si vous voulez les le cadre juridique pour sortir de cette crise ils sont leurs berger ne cherchent qu'une chose c'est enfoncer encore un peu plus dans la crise puisque quand on est très minoritaire comme l'air son groupe et voire même certains membres de son groupe on se comporte pas comme elle se comporte constamment à l'Assemblée nationale en rajoutant en rajoutant toujours et elle se fait battre régulièrement y compris sa petite proposition de loi qu'on lui a dégagé tellement elle est insupportable dans son comportement qu'est-ce qui vous gêne à ce point dans la dans la façon de faire du pouvoir macroniste parce que si vous n'êtes pas idéologiquement contre l'augmentation du temps de travail on a compris une question de méthode mais dans la façon dont ils ont de mener leur barque dans cette affaire mais c'est la conception totalement verticale de l'exercice du pouvoir qui est un problème central vous voyez je dis toujours au fond notre président actuel il est égal c'est à dire qui croit que l'État et l'incarnation de la raison dans l'histoire comme disait et qui croit qu'il suffit d'être à la tête d'un état pour voir imposer sa volonté et bien non une démocratie équilibrée il y a des contre-pouvoirs le Parlement en fait partie puisque c'est pas lui qui a le pouvoir législatif c'est quand il se dégage une majorité à l'Assemblée nationale je rappelle qu'ils sont minoritaires donc c'est pour ça que je les appelle toujours la minorité présidentielle et que quand on est un homme sage ou une femme sage et bien on tient compte de ce que dit le pays est-ce que dit les représentants de la nation voilà et vouloir imposer par la force cela finit toujours très mal par des blocages partout et on perd beaucoup de temps on perd beaucoup d'argent et donc c'est pas ça une démocratie équilibrée et c'est vrai qu'Emmanuel Macron a passé ses 6 premières années à vouloir affaiblir tous les corps intermédiaires c'est à dire des organisations syndicales qu'elles soient d'ailleurs salariés ou patronales les organismes consulaires voilà les collectivités territoriales monter des usines à Grasse pour les tenir etc c'est à dire l'inverse une démocratie équilibrée on entend ce que vous dites d'ailleurs vous êtes pas le seul à le dire il y a l'opposition il y a les syndicats mais on a aussi des associations on a l'Union européenne en maintenant l'ONU qui s'inquiète de l'état de la démocratie en France ils ont raison ils ont raison de penser ça bien sûr puisque il suffit de voir la par croissance de nos concitoyens qui veulent même plus venir voter qu'est-ce qu'ils disent nos concitoyens mais à quoi servent nos députés on a élu nos députés et alors qu'ils sont majoritairement contre ce texte le monde pour ce texte et qu'est-ce que c'est que cette démocratie donc ça sert à rien d'aller voter au fond les députés n'ont pas le pouvoir et bien moi je rappellerai parce que je suis profondément démocrate que ceux qui décide ce sont les représentants du peuple c'est-à-dire l'Assemblée nationale et personne d'autre après démocrate c'est accepter d'être battu vous avez pas toujours vous gagnez pas toujours dans les assemblées locales ou nationales d'être bonjour et d'être respectueux de la démocratie les mauvais joueurs Emmanuel Macron il l'a montré puisqu'il a imposé le recours au 49-3 à une première ministre qui était semble-t-il d'après ce qu'on racontait certains membres de la majorité à l'époque présidentielle était un peu flagada et les trois présidents de groupe y compris Aurore robergé appelé décontrent 49-3 on pourrait lui rappeler à Madame berger au lieu de dire et de continuer à jouer les incendiaires nous nous sommes pour la pacification et qu'on sorte de cette crise si Aurore berger veut continuer ce qu'elle a toujours fait si on a toujours rajouter de l'huile sur le feu très bien c'est pas elle qui contribuera à sortir de la crise certainement pas certains parlent d'autoritarisme ou en tout cas libéralisme pour qualifier la politique d'Emmanuel Macron puisque c'est un terme que vous pourriez faire votre non moi je parle des gallianis ou de verticalistes c'est toujours opposé les tocs qui sont les deux grandes familles politiques ceux des tankiliens qui pensent qu'il faut construire la société par la base avoir des contre-pouvoirs s'appuyer sur les associations les collectivités territoriales les regroupements syndicats enfin toutes ces formes si vous voulez et de partager le pouvoir et ceux qui croient que le pouvoir c'est top bottom comme disent les Anglo-Saxons c'est-à-dire sa part du sommet et ça s'impose et à la base on a le droit de se taire et à exécuter et bien ça voilà c'est toute une conception de la société et qui nous différencie profondément de l'attitude de l'actuel président de la République merci Charles de Courson [Musique]