Qui est C. Alloncle, le député qui rêve de tuer le service public ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 33 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:32OuverteÉludée
Comment vous êtes-vous familiarisé avec l'audiovisuel public ?
- 6:46RelanceÉludée
Vos intentions cachent-elles une privatisation de l'audiovisuel public ?
- 8:01OuverteRéponse directe
Pourquoi attaquer les humoristes de gauche et pas ceux de droite ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21InvitéFait
« Des informations, attaques contre des journalistes et des humoristes, volonté de réduire le divertissement. »
- 0:30PrésentateurFait
« Il souhaite sa privatisation. »
- 3:50InvitéFait
« Charles Aloncle a été administrateur d'un groupe Facebook raciste. »
- 5:10PrésentateurFait
« Ce que Charles Aloncle propose, c'est couper drastiquement dans les finances de France Télévisions. »
- 5:21PrésentateurChiffre
« Le conseil d'administration de France Télévisions a adopté en décembre 2025 un budget qui acte un retour à l'équilibre date 2026 au prix d'un plan d'économie de 140 millions d'euros. »
- 7:13InvitéFait
« Oui, je souhaite la privatisation de l'audiovisuel public. »
Temps de parole
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- Invité 34 %
- Invité 44 %
- Invité 53 %
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Parmi les 138 députés d'extrême droite, il n'était personne, indiscret parmi d'autres. Mais depuis le 25 novembre 2025, Charles-Henri Aloncle, de son vrai nom, attire toute l'attention sur lui en transformant l'Assemblée Nationale en un véritable one-man show. Le voici propulsé au rang de rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public.
Des informations, attaques contre des journalistes et des humoristes, volonté de réduire le divertissement.
Charles-Henri Aloncle est le petit protégé d'Éric Ciotti et un prof de Jordan Bardella. C'est aussi celui qui prétend vouloir redresser l'audiovisuel public, mais qui participe en réalité à sa perte. Le message caché est plutôt clair. Il souhaite sa privatisation.
Celui que ses détracteurs de l'héros où il est député surnomment le Furoncle est rapidement devenu le chouchou des médias de Bolloré. Pascal Praud et Cyril Hanouna s'en donnent à cœur joie pour encenser son travail. Ah bah ça, c'est sûr. Charles-Henri Aloncle est un homme courageux. Audiovisuel public est le terrain de jeu des bien-pensants. Il connaît ses dossiers. Il pose les questions qui fâchent. Et il est seul. Seul contre tous. Il a tout le monde contre lui. Tout le monde, sauf l'opinion publique.
Charles-Henri Aloncle souhaite marquer les esprits. Et cela quitte à employer les pires méthodes, comme l'humanité le rapporte depuis plusieurs mois. Entre chasse aux gauchistes, aux wokistes, ou tout ce qui se termine en hist, le trentenaire traque sans relâche celles et ceux qui construisent ou qui régulent les différentes entités de la télévision et de la radio publiques. L'héritage du macartisme, dans toute sa splendeur.
Et donc sur Slash, j'ai vu notamment qu'il y avait eu un signalement qui avait identifié 500 contenus problématiques. Il y
a
eu un appel au don pour le comité justice pour Adama Traoré. Il y a eu des énonciations récurrentes sur nombre de postes, je cite, du privilège blanc. Et il y a même eu une publication intitulée, je cite, top 3 des érections qui existent. Et est-ce que vous comptez fermer définitivement cette plateforme, que beaucoup qualifient d'ailleurs de wok ? Charles Laloncle n'a de cesse de matraquer ses interlocuteurs, si bien que la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivé, l'a rappelé à l'ordre à l'antenne de France Inter. L'enquête peut être dévoyée ou utilisée à des fins politiques, il faut faire attention.
J'appelle en tout cas chacun, le président et le rapporteur, à essayer de garder le maximum de dignité à cette commission d'enquête. Il en va de la crédibilité des travaux du Parlement.
Que elle, elle intervienne, il faut le faire. Et aussi, le président qui dirige les débats de la commission d'enquête, à savoir Jérémy Patry et Lettus du groupe Horizon, a suspendu toutes les convocations, le temps des vacances d'hiver, pour tenter un retour au calme.
Cette pause a
dû
lui paraître bien longue, lui qui adore cracher sa haine contre la radio et la télévision publique. Il attaque comme un véritable pitbull. D'où lui viennent toutes ces idées nauséabondes ? Où trouve-t-il toute cette
énergie
? En fait, c'est qui Charles Laloncle ? Eh bien, c'est le fils d'une enseignante et d'un préfet, passé par les cabinets de Renaud Dutreuil, ancien ministre de Jacques Chirac et actuel conseiller de Marine Le Pen, et aussi par les cabinets de Jean-François Copé et de Brice Hortefeux.
Autant dire que le petit Charles-Henri a grandi avec une
certaine image de la politique. Ah bah ça, c'est peu dire. À 13 ans, lors de l'élection présidentielle de 2007, le garçon s'intéresse de près au programme de Nicolas Sarkozy. Si bien qu'en 2015, il devient le président de l'UMP de Sciences Po Paris. Et un an plus tard, l'équipe de l'ancien président de la République le catapulte à la tête des jeunes avec Sarkozy.
Mais
du coup, comment il a vécu la défaite de Sarkozy ? Mal. Et autant te dire que sa déculottée à la présidence des jeunes républicains en 2018 n'a vraiment rien arrangé.
En plus, j'ai lu dans Le Monde que c'est à partir de là qu'il a décidé de quitter les républicains et de se rapprocher des courants de la droite catho-traditionnelle, notamment des anciens de la Manifourtus. Puis, en 2023, je crois qu'il se rapproche de Jordan Bardella. Exactement, c'est ça. Le président du RN va même lui proposer, un an plus tard, de se présenter aux élections législatives, tu sais, après la dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron. Aloncle va se présenter dans une circonscription attribuée au parti d'Éric Ciotti, la 9e circonscription de l'Hérault. Et cette alliance d'extrême droite lui permet de devenir députée, avec 51,9%. Puis, en juin 2025,
le
média Les Jours révèle que Charles Aloncle a été administrateur d'un groupe Facebook raciste. Et oui, et on y retrouve bon nombre d'injures. Bande de cafards, race de merde, les singes de banlieue, une bonne rafale dans cette vermine.
En tant qu'administrateur de ce groupe officiel de 84 000 membres, intitulé Jordan Bardella, l'une de ses missions était quand même de modérer et signaler les messages de haine. Lui et les autres députés RN, mais aussi UDR, qui géraient ce groupe, n'ont rien fait. Suite à cette affaire, Charles Aloncle a été visé par une plainte par la Maison des Potes pour incitation à la haine et à la violence en raison de l'origine. Bon, cette
histoire ne semble pas tant l'affecter. Il poursuit sa vie politique tranquillement comme si de rien n'était et se hisse en haut de la fameuse
commission
d'enquête. Il y a quelques semaines, nous nous sommes entretenus par téléphone avec Charles Aloncle. Lorsque nous lui avons demandé comment il s'était familiarisé avec l'audiovisuel public, il nous a semblé vraiment très évasif. S'il doit son éveil politique et son goût du débat à l'audiovisuel public, il nous assure ne pas avoir d'expertise particulière. Il assume simplement ce rôle de rapporteur comme celui d'un simple français qui a pris beaucoup de plaisir à consommer des programmes de l'audiovisuel public.
Concernant ce service public, Charles Aloncle s'interroge. Ne faudrait-il pas simplement mettre le paquet sur une ou deux très belles fictions ou séries annuelles pour les vendre à l'international à l'image de la BBC ? Sauf que ce qu'il faut bien comprendre, c'est que c'est France Télévisions, le plus gros commanditaire. Il produit cinq soirées de fiction pure par semaine. Réduire ainsi les grilles de programme serait donc dévastateur.
En d'autres termes, ce que Charles Aloncle propose, c'est couper drastiquement dans les finances de France Télévisions. Cela revient à supprimer plus d'une soirée de fiction par semaine et à la casse de centaines de milliers d'emplois. Pour rappel, le conseil d'administration de France Télévisions a adopté en décembre 2025 un budget qui acte un retour à l'équilibre date 2026 au prix d'un plan d'économie de 140 millions d'euros. C'est énorme. Dans un communiqué, la CGT du groupe précise que ce niveau d'économie n'a encore jamais été atteint sur une seule année. Faut-il donc dire adieu au divertissement et à la culture ?
Le rapporteur assure que les moyens alloués ou non à France Télévisions ne sont pas le cœur du problème. Au téléphone, il nous dit « Nous pouvons toujours nous dire qu'avec plus de moyens, il est possible de mieux faire. » Mais il faut avant tout se demander quel est l'ADN de l'audiovisuel public, quelle est sa raison d'être et ses missions fondamentales par rapport aux chaînes privées commerciales. Il
nous cite l'exemple de TF1 qui ne proposerait qu'un seul jeu télévisé en soirée contrairement à France Télévisions qui en diffuse beaucoup plus. Ce contenu est pourtant ce que le public plutôt âgé recherche. Charles Aloncle pointe aussi le manque de contenu éducatif pour les plus jeunes. Il nous dit ceci « Je vous mets au défi de trouver un programme similaire de l'émission
«
C'est pas sorcier » sur l'audiovisuel public.
» Preuve qu'il ne sait encore une fois pas de quoi il parle. L'émission existe, mais juste sous une autre forme. Elle s'appelle « C'est toujours pas sorcier » et est diffusée sur la plateforme au cou. Et est-ce qu'il connaît la plateforme Lumni qui permet de consolider les programmes scolaires de la maternelle à la terminale ? Apprendre son alphabet et devenir incollable sur le traité de Maastricht n'aura jamais été aussi facile.
Critiquer l'audiovisuel public est nécessaire. Mais lorsque le rapporteur de la commission se trompe sur des données facilement vérifiables et semble tout faire pour le rendre moins performant, ses véritables intentions posent question.
Et au Palais Bourbon, des députés de gauche dénoncent son objectif caché qui serait la privatisation de France Télévisions et de Radio France. Interrogé par nos soins, Charles Aloncle ne valide pas ces suppositions. Mais il ne dément pas pour autant.
Je
le cite « Je ne me suis jamais exprimée sur ce sujet-là. Je ne veux pas d'ailleurs rédiger la moindre conclusion tant qu'on n'est pas allé au bout de ces
auditions. » Pourtant, Éric Ciotti, chef de file de son propre parti et ses amis du Rassemblement National sont plutôt pour la privatisation. Et ils ne s'en cachent même pas.
Oui, je souhaite la privatisation de l'audiovisuel public. Cette télévision ne nous ressemble pas. Je vais vous dire la solution. Il faut privatiser tout ça. Nous pensons que dans une grande démocratie, l'État ne peut pas avoir la mainmise sur une partie très importante des médias.
Et pour ne rien arranger, Charles Aloncle mène des auditions orientées comme la marionnette des médias d'extrême droite de Vincent Bolloré. À l'Humanité, nous avons contacté plusieurs députés.
Parmi eux, Sophie Taillé-Pollian, députée Génération du Val-de-Marne, et présidente de la commission spéciale sur le financement de l'audiovisuel public. Elle nous a expliqué au téléphone que Charles Aloncle discrédite et affaiblit celles et ceux qui construisent le service public par le règne de l'anecdote. Elle ajoute qu'une phrase prononcée à l'antenne ne peut résumer l'entièreté de l'audiovisuel public. Selon elle, Charles Aloncle détourne la commission de son objet. Et d'ailleurs, il prend un malin plaisir à s'attaquer aux humoristes, mais bizarrement uniquement lorsqu'ils sont de gauche. Je voudrais vous citer un fait
qui
m'a particulièrement étonné. C'était le 23 juin 2024. Nous étions en pleine campagne officielle. Vous avez pas moins de 10 chroniqueurs de France Inter. Qu'ils se sont mis à chanter sur vos antennes. Je cite la chanson des Gauchos.
Alors,
je vais pas revenir sur les fausses notes, je vais pas revenir sur l'humour qui reste à désirer. Mais comment vous expliquer qu'une dizaine de chroniqueurs de France Inter se commettent dans un tel plaidoyer anti-RN ?
Personne n'est obligé de rire aux mêmes blagues. Il s'agit là du droit à la provocation et de la liberté d'expression que l'extrême droite explique vouloir protéger. Supprimer la satire ou l'abrimer, c'est amputer l'audiovisuel public et le débat démocratique.
Et
ouais.
A
bientôt pour un nouveau portrait !