Nicolas Dupont-Aignan sur France 3 Ile-de-France
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
On va s'intéresser à vos ambitions pour ces européennes.
- 3:17OuverteRéponse directe
Est-ce que ce schéma des collectivités qui prendraient la place de l'État, ça peut être une solution pour sortir de la crise ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Vous parliez de la crise des gilets jaunes.
- 6:41RelanceÉludée
Est-ce que ça ne va pas dans le sens des riverains ?
- 8:35OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une bonne chose ?
- 10:13OuverteRéponse directe
Est-ce que ces revendications seront entendues ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:54Invité politiqueFait
« Un échec. Un échec total. Les Chinois, c'est M. Macron, ministre de l'Économie, qui avait privatisé. »
- 4:30Invité politiqueFait
« Parce qu'à l'aéroport de Paris, l'État le vend. Ça rapporte tous les ans beaucoup d'argent, des dividendes, des bénéfices. »
- 4:44PrésentateurChiffre
« 173 millions de dividendes versés par ADP. »
- 5:47Invité politiqueFait
« C'est M. Macron qui avait privatisé l'aéroport de Toulouse au Chinois. Ils sont partis avec la caisse. »
- 8:47Invité politiqueFait
« C'est une bonne nouvelle. »
- 8:56Invité politiqueFait
« Je suis l'un des rares élus d'Île-de-France, députés, à être hostiles à ce projet. »
- 12:32Invité politiqueFait
« Ce grand débat, il a été fait pour étouffer le mouvement des Gilets jaunes, pour faire qu'il s'épuise. »
- 20:23Invité politiqueFait
« TF1, pendant la présidentielle parce que c'était injuste de n'inviter que 5 candidats et les autres, ils n'existaient pas. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan51 %
- Présentateur25 %
- ?6 %
- Locuteur 105 %
- Locuteur 82 %
- Locuteur 12 %
≈ 42,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il s'est lancé dans les européennes avec l'espoir notamment de faire au niveau européen ce qu'il n'a pas réussi à réaliser en France l'Union des droites. Il sort également un livre intitulé Résistance et aux éditions du Rocher. Notre invité ce dimanche est le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan et député de l'Essonne également. Bonjour. Bonjour monsieur. Et j'ajoute que vous êtes donc tête de liste Debout la France pour les européennes en partenariat avec le centre national des indépendants et paysans et puis peut-être le parti chrétien démocrate en en reparlera tout à l'heure. Alors on va s'intéresser à vos ambitions pour ces européennes.
Nous nous arrêterons également sur ce livre que vous avez écrit mais avant l'actualité régionale. Et on va évoquer plusieurs dossiers à commencer par celui de la privatisation d'aéroports de Paris. Le Sénat a dit non mais le projet de privatisation est confirmé du côté de l'Assemblée nationale dans le cadre de la deuxième lecture de la loi Pacte. On fait le point sur ce dossier avec Fernando Malverde.
Dès
son annonce, la privatisation des aéroports parisiens est devenue un dossier empoisonné pour le gouvernement. L'Etat qui souhaite renflouer ses caisses envisage de vendre les parts qu'il détient d'un aéroport de Paris. 50,6% des actions qui pourraient rapporter 8 à 10 milliards d'euros.
Si
certains estiment que c'est le rôle de l'Etat de gérer des boutiques, des commerces et des hôtels de luxe, tant mieux. Je rappelle que ces activités commerciales représentent 74% du résultat d'aéroports de Paris. Et c'est cela que nous voulons privatiser. En revanche, toutes les activités stratégiques resteront dans les mains de l'Etat.
Quatre
ans après la privatisation de l'aéroport de Toulouse, aujourd'hui considérée comme un échec, l'opposition à la vente d'ADP est frontale. Dans une tribune récente, 250 élus socialistes dont la maire de Paris viennent de s'y opposer. Et au Sénat, droite et gauche confondus ont également fait bloc pour la refuser.
«
Idéologiquement, moi je ne
suis
plutôt pas défavorable aux privatisations. Sauf que je ne veux pas, et toute la droite a suivi là-dessus, on ne veut pas de privatisation d'éléments stratégiques pour le pays. Aéroports de Paris, c'est un des éléments stratégiques clés. C'est la porte d'accès à la République, à la France.
»
ADP, ce sont les implantations d'Orly, de Roissy, du Bourget et d'une dizaine d'autres sites, ce qui en fait le premier propriétaire foncier d'Île-de-France avec 8600 hectares. Un enjeu stratégique pour l'aménagement du territoire.
« Est-ce que dans la stratégie des groupes privés, est-ce qu'ils consulteraient les collectivités locales pour le devenir de ces terrains ? Pour faire quoi ? Pour faire du commerce, pour faire de l'activité économique, créatrice d'emplois ou non ? Pour le vendre à je ne sais quel autre investisseur privé ? Donc c'est des questions qui nous intéressent, nous les élus locaux, au service de nos territoires et de leurs habitants.
» Si
la vente d'ADP a lieu, 7 départements franciliens sont même prêts à mettre la main à la poche avec un fonds d'investissement. Avec l'achat de 29,9% des parts pour 6 milliards d'euros, ils pourraient imposer une minorité de blocage avec une petite participation de l'État. Un plan B, loin d'être acquis, mais qui sort des seules logiques de la rentabilité.
Donc
voilà, des départements qui proposent de rentrer au capital d'ADP. Si l'État se désengage, la région, la personne Valérie Pécresse, elle, demande un siège de censeur au conseil d'administration. Est-ce que ce schéma des collectivités qui prendraient la place de l'État, ça peut être une solution pour, entre guillemets, sortir de la crise
?
Mais je ne comprends pas.
On a l'expérience des autoroutes.
En
2006, j'étais l'un des rares à protester contre la privatisation des autoroutes,
qui
s'est avérée, rapport de la Cour des comptes, même du Financial Times, comme une quasi-escroquerie
au
service d'intérêts privés qui raquette les Français. Après,
il
y
a
eu la privatisation de
l
'aéroport de Toulouse. Un échec. Un échec total. Les Chinois, c'est M. Macron, ministre de l'Économie, qui avait privatisé. On avait hurlé.
Il
nous avait dit qu'on était complotistes, que c'était une fake news.
Et
en vérité, les Chinois sont partis avec la trésorerie.
Et
aujourd'hui, ils vendent l'aéroport.
On va recommencer une troisième fois
?
Oui, mais
à
contraire, l'exemple
de Lyon et de Nice,
apparemment,
ça se passe bien. D'accord. Mais quand dans la vie, on fait une bêtise deux fois, est-ce qu'on la recommence une troisième ?
Je
vous dis une chose. Solennellement, cela deviendra dans quelques années un scandale d'État. Et je vais vous dire pourquoi. Parce qu'à l'aéroport de Paris, l'État le vend.
Ça
rapporte tous les ans beaucoup d'argent, des dividendes, des bénéfices. Oui, il
y
a des boutiques, oui, des parkings.
C
'est stratégique et commercial. Mais ça rapporte beaucoup à l'État.
C'est l'argent des Français. 173 millions de
dividendes versés par ADP. Ça rapporte
beaucoup.
L
'État va vendre cet actif.
Il
va le vendre à des intérêts privés. Et ensuite, il nous dit quoi ? M. le maire nous dit, je vais prendre l'argent de la vente et je vais les placer dans un fonds, en banque, quoi.
Ça
va rapporter beaucoup moins.
Alors,
moi, est-ce que vous connaissez un francilien qui vendrait là, en Essonne
?
Moi, je suis de l'Essonne, en Ile-de-France. Un appartement qui lui rapporte pas mal d'argent tous les mois pour le placer dans une banque qui ne lui rapporte rien. C'est une escroquerie d'État. C'est un scandale.
Ce que dit
Bruno
Le Maire, c'est qu'on n'est pas assuré des
dividendes sur les prochaines décennies.
Alors qu'Aéroport de Paris est le premier propriétaire foncier
d
'Ile-de-France. Alors qu'on fait le Grand Paris Express qui va avoir une gare à Orly.
Non
mais attendez, qui se moque-t-il ? Et moi, ce qui me choque,
c
'est qu'en plus, l'État a choisi la Bank of America, la Bank of America,
pour
vendre l'actif des Français. C'est scandaleux. C'est l'affairisme permanent de ce pouvoir. C'est M. Macron qui avait privatisé l'aéroport de Toulouse au Chinois. Ils sont partis avec la caisse. C'est M. Macron qui a privatisé Alstom, qui a vendu Alstom. Pardonnez-moi parce que c'était déjà privé. Mais il y avait une part publique qui a vendu Alstom à Général Électrique. C'est une aberration. Et pour les riverains, ça va être désastreux parce que ça sera beaucoup plus difficile
de
contrôler les nuisances.
Voilà, c'est ça. Les riverains sont inquiets. Mais
vous étiez
vous-même à
une manifestation
à Orly en février. Oui, il y
a
eu une plainte parce que vous aviez... Oui,
je
n
'ai
jamais reçu la plainte, entre parenthèses, mais bon, c'est une autre affaire.
Vous aviez dit, sous le ton de l'humour, c'est ce que vous dites, du boutade, ne laissez pas les
R
.E
.M. Ne les laissez pas partir vivants. En parlant des députés L.E.M. C'était une
boutade.
Alors justement, il y avait un député L.E.M. à cette manifestation, député L.E.M. du Val-de-Marne, Laurent Saint-Martin. Pour lui, la privatisation, ce n
'est
pas forcément contraire aux intérêts des riverains. On l'écoute et vous réagissez juste après.
En privatisant ADP, l'État ne démissionne pas de son rôle de régulateur. Au contraire, il pourra être davantage régulateur de façon plus protectionniste pour les riverains
sans être actionnaire.
Un État régulateur au détriment d'un État actionnaire qui serait juge et parti.
Est
-ce que ça ne va pas dans le sens des réguliers ?
Mais comment peut-on dire des trucs pareils
?
Tout le monde peut comprendre que ce sera plus compliqué pour l'État d'intervenir dans la gouvernance d'une structure privée
qu'à
ses actionnaires que quand c'était public. C'est déjà difficile quand c'est public. Alors quand ça sera privé, c'est comme les autoroutes. Une fois qu'on a privatisé, c'est fini. Et on voit bien d'ailleurs que sur les autoroutes, l'État n'y arrive plus à contrôler les tarifs. Je vais vous donner un exemple très précis pour les nuisances aériennes. Quand l'aéroport de Paris privé décidera, parce que c'est plus rentable, de mettre des gros porteurs
qui
polluent beaucoup plus et qui font beaucoup plus de bruit sur
certains créneaux...
Qui sont déjà
dénoncés
par les riverains. Oui, mais ça a augmenté déjà. Ça va exploser demain. C'est les communes de l'Essonne et du Val-de-Marne qui vont vivre un enfer. Est-ce que vous croyez que le gouvernement pourra dire à l'opérateur privé « Ah, je ne
suis
pas d'accord, ce n
'est
pas bien
».
Ça sera des procès, les avocats vont gagner beaucoup d'argent. Et à la fin, qui va payer ? C'est le riverain. Donc moi j'en ai assez de ce pillage des biens publics. Je suis pour l'initiative privée, moi je ne
suis
pas contre les privatisations. Mais on privatise quand il y a concurrence. C'est-à
-dire qu'il y a
concurrence, oui, mais là il
y
a un autre aéroport dans le coin. On va prendre l'avion où
?
Non mais c'est... Peut
-être à
Lyon justement. À
Lyon,
oui.
Vous allez prendre... Enfin, il
faut
arrêter. Je veux dire,
c
'est
indéfendable
ce dossier.
Autre sujet auquel vous faites d'ailleurs référence dans votre livre. Le projet d'Europa City à Gonesse. Le tribunal administratif de Sergi Pontoise a annulé le plan local d'urbanisme qui prévoit l'urbanisation de 280 hectares de champs, dont 80 pour le complexe commercial. Est-ce que c'est une bonne chose ?
Ça
a
été
annulé au titre d'une information trop faible auprès des riverains. Incompatibilité avec les plans d'exposition bruit des aéroports. Et puis, les terres sont fertiles et les retombées attendues sur ce projet sont pour le tribunal pas certaines.
C'est une bonne nouvelle. Moi, je suis l'un des rares élus. J'y ai été il n
'y a
pas longtemps. Je suis l'un des rares élus d'Ile-de-France, députés, à être hostiles à ce projet. Est-ce qu'on a besoin d'un centre commercial de plus, alors qu'on manque de produits bio pour les cantines des écoles, alors que ce sont les meilleures terres ? Alors on va dépenser sur des terres publiques en plus. C'est ça qui est incroyable. La région Île-de-France, c'est un établissement du Grand Paris qui est propriétaire pour toujours faire du business. Faire quoi ? Un centre commercial de plus ? Il y
a
des centres commerciales qui vident, qui sont fermés. Il y a des petits commerces dans les villes qui ferment. Et même à Gonesse, figurez-vous qu'à Gonesse, il y
a
des subventions de l'État
pour
réhabiliter le cœur de ville. Et on subventionne d'un côté les commerces de Gonesse, et ils en ont bien besoin. Et de l'autre côté,
on
va créer une concurrence, et on va investir des centaines de millions à une gare du Grand Paris pour uniquement des intérêts privés. Vous savez ce qui se passe dans notre pays ? Moi, je suis désolé de vous le dire. Ce qui se passe dans notre pays qui me rend profondément triste, c'est le pillage des biens publics.
Vous
savez, la crise des gilets jaunes, ce n
'est
pas la droite, la gauche. C'est qu'avec Emmanuel Macron, on a de plus en plus cette espèce de pillage du bien public au service d'intérêts privés. L'intérêt général, l'intérêt national, l'intérêt de la région, ce n
'est
pas obligatoirement les copains et les coquins.
Vous parliez de la crise des gilets jaunes. Un grand débat national a été lancé. Alors on va se repencher sur ce grand débat avec cette illustration d'un débat justement tourné au début du mois de février à Aubonne.
C
'est dans le Val-loise. Amélie Lepage.
Toute
une série de revendications.
20h30 à Aubonne, ils sont une cinquantaine d'habitants à avoir fait le déplacement. Dans la salle des fêtes, tables, stylos et paperboards sont prêts à accueillir le débat. Et dès les premières minutes, les idées fusent.
Pour que les gens puissent avoir accès au service public. Chaque année, ça change. On ne peut pas être au courant de tout ce qui change tout le temps. Il faut qu'il
y ait
un espèce de maillage territorial avec ses points relais et ses concentrations de services de l'Etat.
Autour des tables, beaucoup de retraités, mais pas seulement. Ancien chirurgien, Jean-Luc, 70 ans, est entouré de Marion et Antoine, 23 et 18 ans.
Moi, je suis très heureux d'être à une table avec des plus jeunes parce qu'on est en train de faire l'avenir aussi pour eux. Nous, on peut avoir des idées, mais c'est très important de fonctionner avec une vision d'avenir.
On s'est arrêté sur une chose qu'on a trouvée centrale,
c
'était l'importance de remettre de l'humain.
Pour Marion, étudiante en sciences de l'éducation, il faut d'abord lutter contre l'isolement.
On
est en train de voir pour créer des points relais à l
'Etat.
Ça existe dans certains endroits, mais ça n'existe pas partout. Avoir une personne physique en face de soi, c'est toujours plus simple quand on a une problématique particulière que d'aller chercher sur Internet, savoir comment on fait, savoir à qui s'adresser.
Je
voudrais remercier quelque part le mouvement des Gilets jaunes qui nous donne aujourd'hui l'occasion de pouvoir nous exprimer.
Après deux heures de débat, les habitants sont unanimes. Cette réunion était utile. Mais c'est la suite qui les inquiète. Leurs revendications seront-elles entendues ou au moins seront-elles écoutées
? Est
-ce qu'elles seront entendues, ces revendications ? Et qu'est-ce qui peut ressortir de ce grand débat
?
Vous savez, c'est toujours bon de débattre. Mais moi,
dans ma commune, hier, quand j'étais maire, on débattait tout le temps, des conseils de quartier, etc. Mais surtout, à la fin, je prenais des décisions qui tiennent compte
des
propositions. Ça ne sera pas le cas, selon vous ? Je ne veux pas faire de procès d'intention. Je le souhaite. Mais malheureusement, on parlait d'aéroport de Paris. Ça, ça n
'a
pas été mis dans le grand débat. Tiens, c'est curieux. Et ça a été voté à la déboté, voilà. Donc, il faut arrêter de se moquer des gens. Ce grand débat, il a été fait pour étouffer le mouvement des Gilets jaunes, pour faire qu'il s'épuise... Technique gaulliste,
d'ailleurs,
employée après mai 68. Non, après mai 68, il y a eu le Grenelle social.
Six
semaines après, avec des mesures de pouvoir d'achat extraordinaires pour les retraités et pour les travailleurs. Donc, le vrai problème, c'est est-ce qu'Emmanuel Macron change de politique économique ? Vous savez, il y a le grand débat et puis on privatisait l'aéroport de Paris. Voilà. Il faut arrêter. Et c'est ça qui est insupportable pour les Français. Et pourquoi les Français se détournent de toute la politique ? Parce qu'ils se disent, voilà, on dit des choses et puis c'est jamais pris en compte.
Quand Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales, et co-animateur du grand débat national, relève l'apparition de thèmes dans ce débat qui n'était pas forcément prévu au départ, comme une question d'immigration étendue au sens de l'intégration.
Est
-ce que, voilà, comment est-ce que vous accueillez cette nouvelle ?
Mais moi,
le
grand débat est libre.
Ce
qui m'a quand même, au début, choqué, je l'ai dit, c'est qu'il fallait deux ministres pour cadrer le débat.
Il
y avait des thèmes interdits. Heureusement, les Français se sont emparés de ça et ont montré qu'on n'allait pas les contrôler comme ça. Maintenant, la question, est-ce qu'on réindexe les pensions de retraite ? Je le demande. Est-ce qu
'il
va le faire ? Est-ce qu'on contrôle l'immigration ? Est-ce qu'on arrête de donner des avantages sociaux considérables à des gens qui viennent d'arriver alors que nos retraités n'ont plus rien pour vivre ? Voilà les questions. Est-ce que le gouvernement va changer là-dessus ? Ou est-ce qu
'il
va continuer
?
C'est ça la question. Et je doute un peu. Moi, j'ai fait des propositions avec Debout la France, 12 mesures, et on est les seuls à avoir prévu des économies de fonctionnement.
Et
que vous détaillez pas
mal d
'économies à réaliser dans cet ouvrage. On va en parler d'ailleurs de cet ouvrage qui se nomme Résistance. Un ouvrage qui est entamé par ces quelques mots, le peuple du... le printemps, pardon, je suis arrivé, du peuple français a commencé un jour d'automne. Vous faites, voilà, une comparaison avec le printemps arabe.
Est
-ce que la comparaison est pas un peu exagérée ? On se retrouve pas quand même dans la même situation ?
Ce
que j'ai voulu dire, c'est que ça fait tellement d'années que les Français sont résignés, souvent.
Et
qu'en même temps, ils sont en colère.
J
'ai trouvé positif qu'il y ait le courage
de
dire ça suffit.
Voilà,
j'ai trouvé ça positif.
Et
pour avoir été à la rencontre, et pour être aussi, je suis plus maire, mais je suis très présent dans ma commune, que j'aime, pour avoir été sur les ronds-points, j'ai dit tout de suite à l'Assemblée nationale, est-ce que vous croyez qu'une femme
de
79 ans
est
en plein hiver, sous la pluie et la neige, à un rond-point par hasard
?
Est-ce qu'on peut mépriser ça comme l'a fait le gouvernement, aller dire que c'était des fascistes, des casseurs, etc. ? Des artisans, des gens qui travaillent et qui n'arrivent plus à vivre de leur travail. Et la responsabilité politique, et c'est pourquoi j'ai écrit ce livre à Noël,
c
'est de donner une traduction
concrète
à des revendications souvent diversifiées. Et j'ai écrit ce livre, pas seulement pour dire bravo, vous résistez, pour dire comment on va redresser le pays, vers quoi on va aller, et quelles sont les mesures essentielles
qui
permettraient de réconcilier les Français et de réussir pour nos enfants. Un livre
programmatique qui vous permet de préparer les Européennes ou plutôt la prochaine présidentielle ?
Oh, je ne
vais
pas dire, c'est tellement loin, qu'est-ce qu'on sera dans... Tellement compliqué, la vie politique.
Vous
êtes bien placé pour le savoir. Alors
justement,
vous y revenez sur ces passages douloureux de l'après-présidentiel, de cet après-premier tour et de l'après-élection, qui vous avait amené à soutenir Marine Le Pen dans le cadre du second tour. On va voir cette photo du Parisien daté du 5 mai. Alors ça, c'est Marine Le Pen. Par contre, on va voir une photo du Parisien qui est datée du 5 mai. On y voit ailleurs votre commune. Valérie Pécresse, François du Revray, Georges Tron, ou encore Stéphane Baudet, des élus que vous avez côtoyés depuis longtemps, des LR. L'article est titré « LR, ronde son pacte de non-agression avec Dupont-Aignan ». On est en pleine législative. Il présente un candidat contre vous, Irvine Bida.
C'est finalement vous qui remporterez l'élection. Mais ça, ça vous a particulièrement attristé. Vous en parlez notamment de François du Revray, le président du Conseil
départemental de l'Essonne. C
'était des affaires douloureuses parce que c'était un de mes meilleurs amis. Je l'ai aidé à être élu. J'ai tout fait.
Et
puis, on vous plante un couteau dans le dos. Voilà. C'est
des méthodes affreuses, humainement terribles.
Mais
c'est la vie politique. Et je vais vous dire, ce qui m'a réconforté,
c
'est que j'ai été sali
par
des gens que j'avais aidés toute ma vie.
Qu
'importe. Mais à la fin, leurs candidats, ils se sont tous mis, les troncs du Revray, Pécresse, tous là en meute. Ils chassaient en meute. Leur candidat a fait, je ne
sais
plus, 5%, 10%, je ne
sais
plus. Et j'ai fait trois fois. Et j'ai été élu, malgré le torrent, le torrent de méchanceté. Tout ça parce que simplement,
au
second tour de l'élection présidentielle, j'avais simplement dit, comme tous les Français, j'ai le droit de choisir.
Et
j'avais refusé le choix qu'on nous imposait, Macron ou Macron.
En
fait, il n'y
avait
pas de choix. C'était Macron ou Macron.
Et
tous ces gens qui avaient combattu Macron se ralliaient à lui sans réfléchir. Et c'était leur droit, mais c'était aussi mon droit. Et on en était quand même 11 millions. Et on n'a pas le droit de traiter... Je ne
sais
pas, j'ai trouvé qu
'on n'avait pas le droit de me traiter comme ça. Il
y a de
la colère
quand même. On ressent un
peu
de colère et de rancœur. Non,
pas
de rancœur,
aucune.
Parce que les
électeurs m'ont réélu alors que tout le monde pensait que je serais battu. Et parce que surtout, les Français ont compris
que
je n'étais pas devenu Front National,
que
je restais totalement indépendant, debout la France. La preuve, c'est qu'aux Européennes, on est concurrents. Parce qu'il y
a
un premier tour,
il
y
a
une diversité d'opinions, puis un second tour, on fait un choix. Je savais
qu
'Emmanuel Macron était dangereux pour le pays. Et je savais que Marine Le Pen n'était pas celle qu'on disait. Voilà. Pour autant, je ne suis pas pour Marine Le Pen en soi. Vous le dites, ce n'est pas
une personne
d'extrême droite. Vous en avez l'intime conviction. Je n'ai pas l'intime, je l'ai vu. Et je voudrais que dans notre vie politique, on puisse être soi-même, faire des choix. Quand François Fillon a soutenu Emmanuel Macron, on ne l'a pas traité comme j'ai été traité. Et aujourd'hui, il y a plusieurs partis politiques. Debout la France a beaucoup progressé depuis, malgré tout ce qu'on a pu dire. Beaucoup de gens, même du Front National, nous ont rejoints, des Républicains. Et
nous sommes en train... On vous accuse de
reprendre justement les, voilà,
les,
entre guillemets, les déchets du Front National.
Oui, mais c'est indigne pour les gens qui m'ont rejoint, qui sont des gens courageux et de qualité.
Et il y a un problème avec la liberté.
Je peux me permettre un truc. Il y a un problème en France avec la liberté de penser, la liberté d'agir. On est en démocratie.
Et c'est le peuple qui est vu. Alors, vous remerciez dans votre ouvrage ceux qui vous ont soutenu, qui ont salué votre constance sur les idées. Vous êtes plutôt constance. C
'est
même vous qui avez fait bouger Marine Le Pen sur les lignes. Mais sur la forme, est-ce que vous l'êtes toujours ? Si je vous pose la question, c'est qu
'il
y
a
eu plusieurs buzz médiatiques ces derniers temps. Le plateau,
c
'est à vous. Vous avez accusé Patrick Cohen d'être un vassal du pouvoir. Vous attaquez régulièrement les médias. Vous faites le distinguo quand même. Et dernièrement, vous avez dit qu'il y avait plus de liberté médiatique dans la Hongrie de Victor Orban qu'en France. Est-ce qu'il
n'y a
pas une tentation quand même sur la forme d'aller vers un peu de populisme, Nicolas
Dupont-Inert ? Non, je
vais vous dire, moi,
j
'ai fait que deux coups d'éclat dans les médias. Deux, dans ma vie. TF1, pendant la présidentielle parce que c'était injuste de n'inviter que 5 candidats et les autres, ils n'existaient pas. Or, il n
'y a
pas une démocratie qui fonctionne comme ça. Et j'ai fait un coup d'éclat face à M. Cohen parce que dans cette émission, la partialité est telle
qu
'à un moment, j'ai dit basta, ça suffit. Et je vais vous dire, les Français ne sont pas idiots. Il voit bien que tous les hommes politiques ne sont pas pareils
et
que tous les journalistes ne
sont
pas pareils. Mais en revanche, on a quand même une sacrée propagande pro-Macron à la télévision, pas partout, mais quand même. Tant de paroles... Pas chez nous. Peut-être pas chez vous. Mais tant de paroles de M. Macron sur des chaînes d'info où je regardais, il y avait Macron sur une chaîne, Macron sur l'autre, Macron sur la troisième, Macron sur la quatrième. Est-ce qu'il
n'y a
pas besoin d'air ?
D'ailleurs, est-ce qu'il va gagner
tant ? D'ailleurs, il y a autant d'impopularité. Il a les deux tiers des Français contre lui. Est-ce qu'on ne peut pas respecter l'autre ? Voilà. Et je pense que les Français ont besoin d'air. Sinon, ils n'iraient pas sur Internet. Sinon, ils n'auraient pas été aussi nombreux.
Mais vous n'avez pas
changé quand
on entend
le secrétaire départemental du VAR
de DLF, Joël Houvet
? Voilà, vous
l'avez viré.
On commence à en avoir un peu marre de ses coups de coms permanents. Je ne le reconnais plus. Je l'adorais. Moi, ce mec, ce n'est plus le même homme. Oui, mais ça, M. Houvet, il est charmant.
Mais il a été viré parce qu'il dirigeait mal sa fédération. Et après, il a dit ça pour se retrouver une posture.
Je m'en fiche complètement. Vous ne surfez pas un peu sur l'actualité. Non, je me dis ce que je pense. Peut-être, voilà.
Dans votre ouvrage, souvent, vous laissez penser qu'on nous cache les choses. Alors peut-être volontairement
ou pas, c'est peut-être la question. Qui cache
les choses ? Oui,
mais
là, par exemple, je vous dis,
qui évoque
les 15 milliards d'euros versés chaque année au pays qui souhaite rejoindre l'Union européenne ?
On
parle des fonds de préadhésion. Vous dites 15 milliards par an. Non,
pas
par an.
C'est global. C'est global. C'est sur la période de 2014.
Donc
vous reconnaissez une erreur. C'est vraiment... C'est écrit par année. 15 milliards par... Oui, il
y a
une erreur.
C'est 15 milliards. Vous
la reconnaissez.
Parce
que je le
sais.
Et 9
milliards de 5 milliards.
Mais regardez, les Français n'ont plus rien dans le porte-monnaie. Encore une fois, samedi matin, au marché de hier, une dame, une retraitée me dit, vous voyez, je prends un café, je ne me prends même pas un croissant. Je n'ai plus rien dans le porte-monnaie. Et je vois
qu
'on dilapide des milliards d'euros de l'argent du contribuable, de gens qui travaillent ou qui ont travaillé durement
et
sans aucun contrôle. Et que quand on le dit, on nous accuse de tous les maux. Alors oui, il
y a
un moment, il y
a
une sorte de colère parce que je vois la souffrance de nos concitoyens. Je la ressens.
Et
je vois que le monde politique est indifférent.
eh
bien, on ne peut pas avoir un pays qui marche si les retraités qui ont travaillé dur sont spoliés, si le bien public est vendu à des intérêts privés, si ceux qui travaillent de leur main ne gagnent rien. Ça ne peut pas durer. Et ce qui est scandaleux, et là, c'est vrai que je suis un indigné là-dessus, un indigné, et je dis qu'on peut faire autrement. Je ne fais pas que critiquer, je propose, j'écris, mais on regarde toujours le coup d'éclat, mais jamais la proposition. Donc, reconnaissez, je suis un des seuls à écrire moi-même mes livres. J'ai sué sur ce livre pendant tout le mois de janvier. Donc, parce que je veux dire aux Français qu'il y
a une
autre politique possible. Voilà. Alors, il nous reste 3 minutes pour parler d'Europe. Vous présentez votre liste la semaine prochaine. Elle sera avec le Centre national des indépendants et paysans, peut-être avec le Parti chrétien-démocrate, en revanche, pas avec le Front national, encore moins avec LR.
Eh bien, c'est dommage. Cette union des droites
que vous n'avez pas réussi à faire en
France, est-ce
que vous essayez de la réaliser à l'échelle européenne ? Deux choses. Avec des partis comme Droits et Justice en Pologne ?
Deux choses. D'abord, je suis convaincu que c'est les divisions des partis patriotes, pas seulement de droite d'ailleurs, de ceux qui aiment la République, le patriotisme, c'est leur division qui fait qu'on a quelqu'un comme Macron qui est au pouvoir. Et j'explique dans mon livre
l
'histoire de la présidentielle. Et je dis à Laurent Wauquiez, à Marine Le Pen, vous ne gagnerez jamais seul. Pourquoi continuer toujours à vouloir gagner seul ? Moi, je suis convaincu qu'il faut un grand rassemblement, une grande coalition. C'est ce qui a marché en Italie, c'est ce qui a marché en Pologne,
c
'est ce qui a marché dans d'autres pays. On n'a pas réussi là, c'est un scrutin à un tour. En Italie, ce n
'est
pas la même, ce n
'est
pas celle que vous prenez. Si, une coalition de patriotes. Il faut défendre la France, l'intérêt national.
Je
n
'ai
pas pu là, mais ma
liste
représentera, il y aura des gens, des anciens du Front National, des anciens des Républicains, il y aura des, Madame Gibault, lanceuse d'alerte sur les affaires de lutte contre l'évasion fiscale, des gens bien courageux. Et on s'est alliés au niveau européen avec 24 pays qui peuvent changer les choses. 24 parties,
pardon.
24
parties.
Est-ce que
vous êtes prêt à siéger dans le même parti européen que Victor Orban ? Oui, bien sûr.
Là, il
sera peut-être expulsé du PPE.
Très bien.
Mais
vous
savez, le PPE où siègent les Républicains, c'est quoi ? C'est un parti
qui
est responsable avec les sociodémocrates de l'Europe telle qu'elle fonctionne. Dumping social, pauvreté de masse, des millions de chômeurs, des millions de migrants non intégrés. Est-ce que cette Europe a marché ?
Moi,
je veux revenir à une Europe des nations
comme
le général de Gaulle l'imaginait et des projets concrets comme Airbus.
En passant par le
Parlement européen ? Oui, en faisant pression au Parlement européen. Si on est le premier groupe du Parlement européen, en tout cas, en votant pour moi, ils sauront ce que je veux faire. Je veux qu'on renvoie vers les nations, les démocraties, le contrôle des frontières, du budget, des lois. Et je veux qu'en revanche, on concentre l'Europe sur des projets scientifiques, industriels.
Et
vous démissionneriez si vous êtes élu de votre
mandat
de député français.
Je
suis obligé. Je suis engagé à démissionner. Je suis
obligé au Parlement européen. Merci beaucoup.
Nicolas Dupont-Aignan d'être venu sur notre plateau pour parler notamment de ces européennes et de votre ouvrage. On va vous suivre. Merci beaucoup de nous avoir suivis. L'essentiel de
l
'information régionale tout de suite. Sous-titrage Société
Radio-Canada
et
de l'information régionale
Nicolas Dupont-Aignan