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interviewBFMTV· 15 juillet 2026 24 min

Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, réagit à l'adoption de la loi sur l'aide à mourir

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

C'est un événement parlementaire et un texte sociétal important qui vient d'être adopté à l'instant. La loi sur la fin de vie définitivement adoptée par le Parlement. Le ministre des Relations au Parlement prend la parole, Laurent Panifous. Le Premier ministre est absent de cette séance pour cause d'un engagement à l'étranger. Vous avez entendu il y a quelques minutes Yael Brown-Pivet qui a résumé le vote. 291 voix pour, 241 voix contre. C'était le dernier débat. Qui se sont perdus en cours de chemin depuis la première fois que le texte était passé à l'Assemblée ? Il faudra qu'on re-regarde le détail. La majorité me semble tout de même assez confortable.

Il y avait quelques craintes ces derniers jours, ces dernières semaines, parce qu'il y a eu une campagne assez fervente de la part des opposants au texte ces dernières semaines qui ont exprimé leurs craintes. Des craintes qui ont été prises en compte par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Vous savez que le Premier ministre a annoncé qu'il saisirait le Conseil constitutionnel sur certains points de cette loi, notamment pour assurer, disait-il, les sujets de dignité de la personne humaine et les sujets de liberté de conscience des soignants. C'est donc la fin d'un parcours parlementaire long et sinueux, mais qui vient donc de se solder par une victoire pour les défenseurs de ce texte.

Cette loi sur la fin de vie qui a été définitivement adoptée. Il y aura donc des recours au Conseil constitutionnel, ça on le sait, puisque le Premier ministre, je le disais à l'instant, l'a sollicité, ce Conseil constitutionnel, tout comme d'ailleurs le président du Sénat, Gérard Larcher, le Sénat avait rejeté le texte en dernière lecture du côté du Sénat il y a quelques jours. 291 voix pour, 241 voix contre cette loi qui est donc définitivement adoptée. Bonsoir Bruno Retailleau. Bonsoir Marc Pauvel. Merci de nous rejoindre à présent, président des Républicains, candidat à l'élection présidentielle.

On va d'abord évoquer cette loi, si vous voulez bien que vous combattez, que vous avez combattu ces derniers mois. Elle a beaucoup changé, pas assez sans doute à votre goût. Est-ce que vous considérez malgré tout que cette loi, qui est souhaitée par une majorité de Français, est une loi de progrès ?

2:01
Bruno Retailleau

Ah non, ce n'est pas une loi de fraternité, c'est plutôt une loi d'abandon, pour plusieurs raisons. Ma crainte, vous voyez, c'est qu'on fasse peser sur les souffrants, ceux qui sont au crépuscule de leur vie, cette question qui est insupportable, inhumaine, qu'ils devront se poser. Suis-je devenu un poids pour mes proches et pour la société ? Est-ce qu'il ne faut pas en finir plus vite ? Ce qui est terrible, vous voyez, c'est qu'en France, on a un énorme déficit. Le vrai scandale, il est où aujourd'hui ? Le vrai scandale, c'est qu'il y a à peu près 500 personnes par jour qui meurent, sans pouvoir bénéficier de soins palliatifs, donc de soulagement.

2:39
Présentateur

Qui ont fait l'objet d'un autre volet.

2:40
Bruno Retailleau

Oui, mais ce que je veux dire, c'est que vous avez, on nous a présenté cette loi comme une loi de liberté, mais regardez le système de santé, ça craque de partout. Entre une injection ou une capsule qui ne coûte rien, et des soins palliatifs qui coûtent très cher, qu'est-ce qui va se passer ? On va avoir dans notre société une pression financière, économique. C'est ça qui est difficile.

3:01
Présentateur

Est-ce que les personnes vont décider de mettre fin à leur jour, de demander qu'on les aide à mourir ?

3:07
Bruno Retailleau

Je pense que c'est les plus vulnérables. Je pense que quand on est riche, on peut se payer une infirmière, une aide-soignante, pour pouvoir pallier le manque de soins palliatifs. Et ma crainte, justement, elle est là. Et quand je dis que ça n'est pas une loi de fraternité, mais d'abandon, c'est cette crainte qui pousse finalement chacun d'entre nous, au crépuscule de sa vie, de se poser la question, est-ce qu'il ne faut pas que je débarrasse le plancher parce que je suis devenu un poids financier ? On sait bien d'ailleurs que, vis-à-vis de la sécurité sociale, le coût en réalité des derniers mois, la dernière année de sa vie, est le plus important.

Et malheureusement, c'est une des lois, vous le savez, les plus permissives. Et quand on voit le Canada, quand on voit les Pays-Bas, quand on voit la Belgique, il y a au départ des gardes fous. Mais progressivement, ils sautent les uns après les autres. Hier, c'était les majeurs. Aujourd'hui, il y a des mineurs. Hier, il fallait avoir toute sa tête, comme on dit. Maintenant, il peut y avoir des gens qui sont en difficulté de discernement, qui sont éligibles.

4:07
Présentateur

Est-ce que ça signifie, Bruno Rotaillot, que si vous arrivez au pouvoir, vous abrogerez, vous reviendrez sur cette loi ?

4:13
Bruno Retailleau

Alors, je vais répondre à votre question, mais il me semble que tout n'est pas terminé. Vous allez un peu vite en besogne, vous avez dit tout à l'heure que... Il y a le Conseil constitutionnel, qui est saisi par Gérard Larcher,

4:23
Présentateur

président du Sénat, qui est à vos côtés dans ce combat, qui a été saisi aussi, de manière un peu plus surprenante, par Sébastien Lecornu, le Premier ministre. Est-ce que vous considérez, Bruno Rotaillot, que ça veut dire qu'il a des doutes, lui aussi, et que finalement, il est de votre côté ?

4:37
Bruno Retailleau

C'est dû en même temps. Mais c'est typiquement dû en même temps. C'est-à-dire qu'il est Premier ministre. Il a des pouvoirs. Il aurait pu prolonger la navette pour essayer de trouver une forme de consensus. Il aurait pu ne pas réunir la commission mixte paritaire. Donc, il recourt pour donner, il recourt au Conseil constitutionnel, sur un point qui est très, très politique et moins juridique, pour se défausser, en réalité. Ce que je veux dire aujourd'hui, ce que je dis solennellement, ce soir sur votre antenne, puisque le Conseil constitutionnel va devoir en délibérer.

Il va être saisi par le président du Sénat, vous l'avez dit, par le Premier ministre, mais aussi par les parlementaires, les sénateurs, par exemple, dont je fais partie. Je demande à ceux qui sont au Conseil constitutionnel, à certains juges, qui, par le passé, ont déposé des propositions de loi pour justement favoriser la démourir. Je pense à, par exemple, Jacques Mézard, je pense à Laurence Wicheski, qui avait aussi participé aux travaux qui ont été le préalable de la loi de Falorni. Je leur demande de se déporter.

5:42
Présentateur

Donc qu'ils ne prennent pas part à cette délibération

5:44
Bruno Retailleau

et qu'on laisse les autres. Exact. On ne peut pas être jugé parti. Je pense que ça, c'est une règle de l'État de droit qui est importante. Je voudrais simplement vous rappeler que lorsque François Fillon avait introduit une QPC pour savoir si c'était très technique, si le juge était compétent pour connaître de ces difficultés-là, il y avait eu trois juges constitutionnels qui s'étaient déportés. Ils s'étaient déportés parce qu'ils l'avaient dit. Ils avaient pris, fait et cause. Ils avaient soutenu, à l'époque, François Fillon. Moi, je pense, je demande la même chose. Donc vous demandez que deux des membres du Conseil constitutionnel,

6:20
Présentateur

en l'occurrence, ne prennent pas part à la délibération ?

6:22
Bruno Retailleau

En tout cas, celles et ceux qui, dans leur passé, ont pris, fait et cause sur la fin de vie, et notamment pour l'euthanasie et le suicide assisté, se déportent. Si le Conseil constitutionnel valide la loi, que ferez-vous si vous arrivez au pouvoir ? Je ferai un bilan au bout d'un an. Je ferai un bilan au bout d'un an. Et en fonction, je verrai si je ne demande pas aux Français de trancher par eux-mêmes.

6:44
Présentateur

Par référendum ?

6:45
Bruno Retailleau

Par référendum.

6:46
Présentateur

Par référendum. Donc on laisse la loi s'appliquer. Elle pourrait entrer en vigueur avant la fin du cabinet.

6:51
Bruno Retailleau

Vous l'avez dit de vous-même, la loi va s'appliquer vraisemblablement.

6:54
Présentateur

Et au bout d'un an, on fait du bilan et éventuellement un référendum là-dessus ?

6:58
Bruno Retailleau

Absolument.

6:58
Présentateur

Je voudrais vous entendre, Bruno Retailleau, sur la suite, les suites de l'affaire Liana. On se souvient que Gérald Darmanin, le garde des Sceaux, avait demandé à ce que toutes les plaintes déposées par des mineurs soient réexaminées avant le 14 juillet. Le bilan a été donné aujourd'hui. Il y avait 70 000 plaintes à examiner. On apprend aujourd'hui qu'un millier de dossiers prioritaires ont été identifiés, mais surtout que 675 personnes ont été incarcérées depuis l'annonce de ce réexamen. Est-ce que vous êtes surpris par ces chiffres ? Est-ce que ça veut dire finalement qu'il y a eu une forme de coup de pression sur la justice ?

7:33
Bruno Retailleau

Écoutez, je ne suis pas surpris. Je voudrais simplement vous dire que dans un journal parisien, pour ne pas le nommer, j'avais demandé à l'époque, aussitôt qu'il y ait cette mesure-là, et qu'avant l'été, on puisse réexaminer l'ensemble des dossiers pour voir s'ils étaient passés à travers les mailles du filet un certain nombre d'affaires qui étaient des affaires où des individus pouvaient soit récidiver ou commettre justement.

7:56
Présentateur

Ce qui veut dire que sans Liana, sans Rosa, cette petite fille qui avait porté plainte contre le meurtrier présumé de Liana et dont la plainte n'a pas été traitée comme il le fallait, ces 675 personnes seraient sans doute encore chez elles, alors qu'elles sont ce soir en prison.

8:11
Bruno Retailleau

Marc Fauvel, c'est ce qui est terrible. Il y a une forme de tiers-mondisation de la France, y compris de nos services publics, les services des urgences qui ne tiennent que grâce au dévouement des personnels soignants, l'école qui est mal en point, on vient de citer la justice, il y a une mesure qu'il faut prendre. Moi, je l'ai vu même au ministère de l'Intérieur. L'État est à l'âge de pierre du numérique. Il faut interconnecter les différents fichiers, police, gendarmerie, cassiopée, la justice, il y a l'intelligence artificielle.

Si on faisait ce que l'on fait, par exemple, sur le fichier pour les personnes radicalisées, notamment sur les islamistes, c'est-à-dire que dès le moment où le même nom apparaît deux fois dans deux affaires différentes, on recoupe immédiatement, mais on recoupe technologiquement, instantanément. Donc on ne perd pas même une minute, même pas un dixième de seconde, et on a une alerte. Et là, on règle les problèmes.

9:06
Présentateur

Mais est-ce qu'on peut encore dire, et est-ce qu'on peut dire que c'est une affaire de moyens quand, finalement, il suffit que le ministre tape du point sur la table pour qu'on découvre que 675 personnes sont sans doute davantage à leur place en prison qu'à la maison ?

9:19
Bruno Retailleau

Tout le monde sait qu'il y a un problème de clochardisation. Ce n'est pas moi qui l'ai employé. C'est un ancien garde des Sceaux de gauche qui avait utilisé cette formule de la justice, qu'il n'y a pas suffisamment de place de privant. Donc il y a cet effort à produire. Mais pardon, on se défausse trop sur le manque de moyens. Il faut d'abord que la justice soit beaucoup plus ferme, qu'elle soit plus rapide. Sans doute faut-il des moyens. Mais il faut aussi qu'on ait un certain nombre, comment dirais-je, de modus operandi. Un, le numérique qu'il faut développer. Et deux, une justice beaucoup plus ferme.

Si, par exemple, pour la justice des mineurs, ou pour d'autres, on puisse condamner des individus à des vraies peines de prison, aujourd'hui, vous avez un énorme écart qui écœure les Français entre les peines encourues dans le code pénal, les peines prononcées par le tribunal et les peines exécutées. Et en plus, on a un juge d'application des peines qui vient derrière le juge pour détricoter ce que le premier juge au tribunal a donné comme... Vous faites quoi ? Vous enlevez le juge d'application ? Je propose, je propose, ça fait plusieurs années que je le propose, d'enlever justement, de supprimer le juge d'application des peines.

Il y a un juge, il est au tribunal, lui seul connaît bien l'affaire, il a donné sa sentence, et bien, à ce moment-là, elle doit s'appliquer. On est les seuls, je crois, en Europe, et notamment sur l'Union Européenne, avec l'Italie, à avoir un juge d'application des peines.

10:39
Présentateur

Je voudrais entendre l'ancien ministre de l'Intérieur et le candidat à l'Élysée sur la polémique qui monte ces derniers jours entre la France insoumise et Gabriel Attal au sujet des incendies. C'est Raphaël Grabli qui va nous rejoindre à présent. Des incendies et des canadaires dont dispose la France puisque Jean-Luc Mélenchon, bonsoir Raphaël, Jean-Luc Mélenchon, accuse Gabriel Attal lorsqu'il était Premier ministre d'avoir annulé des commandes de canadaires et le ton monte un peu entre les deux hommes. Exactement, c'était hier le 14 juillet à Pimpon, en Bretagne.

Jean-Luc Mélenchon qui s'attaque donc à l'ancien Premier ministre, Gabriel Attal, qui lui a répondu dans la foulée au micro de BFM TV. Écoutez. Il y a aussi M. Attal. Alors lui, il a encore fait mieux. Comme il ne savait pas où économiser, il a dit les canadaires, tout le monde s'en fout. En tout cas, lui, il s'en fout. Quitte. Il a coupé.

11:30
Invité

On voit que Jean-Luc Mélenchon ne sait plus quoi faire pour faire parler de lui et donc il fait du trumpisme et il raconte absolument n'importe quoi et on le voit depuis plusieurs jours. Citez-moi, le gouvernement qui depuis 20 ans a commandé des nouveaux canadaires pour la France. Il y en a eu un, c'est le gouvernement que j'ai eu l'honneur de diriger.

11:49
Présentateur

Bon, les deux hommes ne sont pas d'accord. Qui dit vrai ? Est-ce qu'il y a eu ou non des commandes annulées ? Alors, je vais vous faire une réponse de Normand. Un peu des deux, en fait. Pour comprendre, il faut remonter dans le temps. Était notamment l'été 2022 avec les incendies en Gironde, notamment à la Teste de Busch. Dans la foulée, Emmanuel Macron fait une promesse. Acheter 16 nouveaux canadaires d'ici 2027 pour remplacer les 12 vieux canadaires qu'on a depuis des années et des années. Et qu'on a encore aujourd'hui. Et qu'on a encore aujourd'hui. Alors, les négociations avec le constructeur canadien, elles débutent aussitôt.

Elles se poursuivent en 2023, donc avant l'arrivée de Gabriel Attal à Matignon. Mais l'ambition, elle est quand même revue à la baisse avec une commande, finalement, de quatre appareils pour une livraison prévue en 2028. Sachant, et c'est important de le préciser, parmi ces quatre appareils, il y en a deux qui sont financés en fonds propres par la France et il y en a deux qui sont largement financés par l'Union européenne. juillet 2024, Gabriel Attal arrive à Matignon. Dans la foulée, il annonce un grand plan d'économie de 10 milliards d'euros. Résultat, 50 millions d'euros en moins pour la sécurité civile qui ne peut plus se payer les deux canadaires qui sont financés par la France.

En revanche, la commande des deux canadaires financés par l'Union européenne, c'est un peu plus facile. Elle, elle est bien confirmée en août 2024 avec une date de livraison, donc je le rappelle, en 2028. Donc en 2028, on aura 14 canadaires et une dernière précision, le gouvernement, c'était le 4 juin dernier, vire d'annoncer il y a un mois une commande supplémentaire de deux autres canadaires qui seront livrées en 2032, voire 2033. Bruno Otaïa, est-ce que vous croyez Gabriel Attal quand il dit je n'ai rien annulé, mais c'est simplement que de toute façon, ce sont des commandes fantômes parce que l'usine ne pouvait pas les produire ?

13:32
Bruno Retailleau

Il y avait un problème de production, il y a un problème de production de canadaires puisque l'usine, qui n'est malheureusement pas une usine française, c'est là aussi le problème, alors que nous, on a une industrie aéronautique et quand j'étais ministre de l'Intérieur, je lui ai demandé à ce qu'on étudie des solutions souveraines où on pourrait fabriquer des bombardiers d'eau, justement, sur le territoire français.

13:51
Présentateur

Qu'est-ce qu'on vous avait répondu ?

13:52
Bruno Retailleau

C'est très compliqué, c'est compliqué parce que

13:53
Présentateur

c'est une technologie... Tout le monde dit qu'il faut construire des canadaires en France. Vous avez entendu

13:57
Bruno Retailleau

Gabriel Attal et Edouard-Philippe. Tant mieux, tant mieux, parce que comme il est à l'Intérieur, j'avais aussi étudié ce dossier-là. Mais le problème des canadaires aujourd'hui, c'est un problème, c'était un problème, vous l'avez dit il y a quelques instants, budgétaire, mais c'est aussi un problème de souveraineté de la production et d'usines qui ne produisaient plus de canadaires. On le voit bien qu'il nous faut des canadaires. Je veux rebondir, il y a aussi des hélicoptères bombardiers d'eau que nous avions aussi commandés. Qu'on loue actuellement. Pardon ? Qu'on loue actuellement. Et qu'on loue. Mais ça, louer, acheter, parfois il faut se poser la question, comme un chef d'entreprise.

Parfois, quand ça sert simplement deux mois ou trois mois, il faut parfois mieux louer qu'acheter à la condition d'être sûr de la disponibilité de l'appareil. Simplement, on parlait du numérique là. J'ai été mise intérieure et donc en charge de la sécurité civile j'avais demandé à ce qu'on accélère l'intelligence artificielle notamment pour la détection des feux. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, souvent vous avez des guetteurs, des sapeurs-pompiers avec des jumelles qui guettent un départ de feu. Demain, vous mettrez des caméras qui savent parfaitement distinguer et faire la différence entre une poussière ou entre une fumée.

Et l'important pour les feux, c'est qu'on les détecte immédiatement et qu'on puisse les attaquer dans les 5 à 10 premières minutes. C'est là qu'on a justement le maximum de chance. Et vous voyez qu'avec l'intelligence artificielle qui permettra de détecter, mais qui fera beaucoup plus parce que certains modèles de détection permettront de dire aux sapeurs-pompiers en fonction de l'hydrométrie, de la température, du vent et aussi broussailles ou telle ou telle végétation, voilà la modélisation du feu. Et ça, pour moi, c'est l'avenir.

Quelques départements, 3 ou 4 départements se sont équipés très partiellement, mais je pense qu'il faudrait un plan d'équipement et on voit bien qu'il n'y a plus qu'il n'y a pas les départements du Sud qui sont concernés aujourd'hui. Puisque regardez Fontainebleau. Effectivement, et on a vu

15:53
Présentateur

que le combat des pompiers en ce moment à Fontainebleau, c'est d'aller éteindre chacune des petites fumeroles qui redémarrent ces dernières heures. Je voudrais qu'on parle, Bruno Rotaillot, de vos adversaires à l'élection présidentielle. Lesquels ? Il y en a beaucoup. Il y en a plusieurs. Vous avez changé d'adversaire au RN. L'hypothèse, Jordan Bardella, c'est fini. C'est Marine Le Pen qui va y aller finalement malgré sa condamnation et grâce à son pourvoi en cassation, au risque pour elle de devoir porter un bracelet électronique pendant la fin de sa campagne. Est-ce qu'elle sera plus difficile à battre que Jordan Bardella ?

16:24
Bruno Retailleau

Écoutez, en tout cas, un, elle a été condamnée. Elle a été condamnée. Bon. La cassation, ce n'est pas l'effacement des faits. C'est de savoir si la procédure de droit, etc., a été respectée. Même si techniquement, elle est à nouveau présumée innocente. Pas exactement. Pas exactement en matière de droit et d'instance, justement, qui est la cassation. On ne va pas faire du droit ce soir. Ça n'intéresse pas du tout les téléspectateurs. Moi, je vais vous dire, mais jamais Marine Le Pen ne redressera la France. Marine Le Pen, elle est la continuatrice de tout ce qui a enfoncé la France. Elle se présente comme une candidate anti-système, mais elle est le système même.

17:02
Présentateur

Marine Le Pen, c'est l'héritage d'Emmanuel Macron ?

17:04
Bruno Retailleau

Non. Ce que je veux dire par là, qu'est-ce qui a coulé la France ? C'est la systana. Et elle veut prolonger la systana. La preuve, elle n'a pas voté la réforme des retraites, la réforme de l'assurance maladie et les 15 heures de contrepartie du RSA. Elle veut la systana. C'est ce qui a coulé la France. Ceux qui nous regardent, je leur pose la question d'ailleurs, qu'est-ce qu'on veut demain ? Taxer toujours plus ceux qui bossent, ceux qui travaillent et subventionner ceux qui abusent ? Non, moi je veux que le travail paye demain. On ne se relèvera pas sans le travail et je veux aussi taper l'assistanat parce que c'est la source justement de nos problèmes économiques.

Donc la France, je pense, s'enfoncerait avec elle et moi je dénoncerai ce que j'appelle son gauchisme d'atmosphère. Vous voyez ? C'est en ça que c'est plutôt

17:48
Présentateur

une bonne nouvelle pour vous. Jordan Bardella, il avait une ligne, il a une ligne un peu plus libérale qui empiète peut-être un peu plus sur l'électorat de droite alors que Marine Le Pen c'est ni droite ni gauche. Vous allez pouvoir pendant toute la campagne dire en quelque sorte qu'elle a un programme socialiste. Pardon, je donne peut-être vos éléments de langage de la campagne mais ça vous offre un petit espace politique supplémentaire ? Le fait que ce ne soit pas Jordan Bardella ?

18:11
Bruno Retailleau

Je ne le crois pas vraiment. Je pense en tout cas vous parlez de Jordan Bardella ou d'elle. Ce qui caractérise le Rassemblement National c'est d'avoir changé de pied sur quasiment tous les sujets. Regardez, là ils se disputent sur le port du voile. Faut-il interdire dans l'espace public le port du voile ? Ils sont changés d'avis comme sur le Frexit, sur l'euro, sur l'Europe, comme sur l'immigration puisque c'était l'immigration zéro. Donc il n'y a pas vraiment de ligne. Comme ils sont si j'ose dire démagogues on va dans le sens du vent. Alors si le sens du vent vous commande d'aller comme la girouette dans une direction ils y vont et puis le lendemain ils peuvent inverser.

et ce n'est pas bon pour la France. Je pense justement le en même temps d'Emmanuel Macron a fait beaucoup de mal à la France. Et je pense que demain si on veut remettre la France à l'endroit c'est ce que je souhaite il va falloir une ligne qu'on s'y tienne de la constance de la cohérence. Je ne sais pas si vous avez vu

19:03
Présentateur

l'un des derniers messages du jour d'Elon Musk le patron d'X et de Tesla qui aujourd'hui apporte officiellement son soutien à Marine Le Pen. Elle est, dit-il le dernier espoir de la France. Est-ce que pour vous c'est de l'ingérence ?

19:17
Bruno Retailleau

M. Musk peut faire ce qu'il souhaite. Simplement ce que j'observe je me souviens très bien que quand M. Trump pour la première fois avait été élu Mme Le Pen s'était précipitée sur la Trump Tower pour essayer d'avoir un rendez-vous. Je crois qu'elle ne l'avait pas obtenue. Elle était assez proche de M. Poutine. Moi je suis patriote vous voyez et je ne vais pas chercher mes consignes ici ou là. Je suis profondément français. Voilà. Et je souhaite qu'aucun étranger puisse dire Bruno Retailleau c'est le meilleur candidat.

19:47
Présentateur

Mais vous considérez que ça en est de l'ingérence ça ?

19:50
Bruno Retailleau

Non, peu importe. Ce n'est pas une ingérence particulière. Moi je suis pour la liberté d'expression. Je suis pour moi-même pour être libre dans mon expression. Et donc je la reconnais à chacun qu'il soit français ou qu'il ne le soit pas. Mais ça veut bien dire que Mme Le Pen est soutenue par l'étranger.

20:07
Présentateur

Il y a un homme aujourd'hui Bruno Retailleau qui vous tend les bras. Un homme que vous connaissez bien. C'est votre prédécesseur à la tête des Républicains. Il s'appelle Éric Ciotti. Il est aujourd'hui allié à Marine Le Pen. Voici ce qu'il a dit dimanche dernier sur BFM TV.

20:21
Invité

Je dis à Bruno Retailleau qu'il va être contraint de se retirer. Je connais et je sais par avance les pressions qu'il va subir de M. Larcher et de Mme Pécresse. Et donc avant de subir cette humiliation il ne peut pas gagner. Il ne peut pas gagner. C'est impossible aujourd'hui. Et donc je l'appelle à rejoindre cette grande alliance des droites. C'est le seul moyen d'enrayer le déclin aujourd'hui. Je lui dis en conscience

20:49
Présentateur

Il ne peut pas gagner. Je lui dis rejoignez-moi. Rejoignez-moi.

20:54
Bruno Retailleau

Rejoignez l'alliance des droites. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Je vais lui répondre d'abord que Mme Le Pen ne se dit pas de droite. Elle se dit ni de droite ni de gauche. Un peu comme le en même temps d'Emmanuel Macron. Je lui dis aussi que je viens de vous le dire et je le confirme c'est que jamais Marine Le Pen pourra relever la France la remettre à l'endroit parce qu'on ne peut pas relever un pays redresser un pays en le ruinant. Ce sera ça Mme Le Pen. Moi je me présente devant les Français et je suis persuadé absolument persuadé que le choix que je vais leur offrir le choix que je leur offre ce n'est pas le choix justement du chaos parce que un second tour Marine Le Pen M.

Mélenchon ça pourrait risquer de se terminer dans la rue et la chienlit les Français n'en veulent pas. Je ne suis pas sûr qu'ils veulent aussi d'une troisième saison du macronisme à travers les deux anciens premiers ministres. Vous avez été son ministre ? Ah pas du tout J'étais un ministre de cohabitation. Oui mais vous avez été le ministre. J'ai choisi d'entrer le gouvernement avec Michel Barnier et sur l'Algérie sur la Corse sur l'immigration c'était de notoriété publique que nous avions des oppositions avec Emmanuel Macron. Donc j'ai été le premier ministre évidemment de Michel Barnier de M. Bayrou mais pas de M. Emmanuel Macron nous étions en temps de cohabitation. Quand vous avez lu

22:15
Présentateur

la déclaration de Laurent Wauquiez Bruno Retailleau qui a dit je crois qu'Edouard Philippe peut incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France il l'a dit dans les colonnes du Parisien. Très honnêtement quelle a été votre première réaction ?

22:28
Bruno Retailleau

J'ai souri. J'ai même rigolé. J'ai rigolé parce que j'avais en tête ce qu'il avait dit quelques mots auparavant qui correspondait exactement à l'inverse. Donc quand vous avez un tête à queue pareil alors j'aurais pas dû rire parce que je pense que ça fait mal à la politique. Je pense que si tant de Françaises et tant de Français se sont détournés c'est à cause de ce retournement justement de veste. Qu'est-ce que vous dites

22:54
Présentateur

à ceux qui en particulier Jordan Bardella mais pas seulement disent à la fin Bruno Retailleau rejoindra Edouard Philippe. Est-ce que vous prenez l'engagement que ce ne sera jamais le cas ?

23:06
Bruno Retailleau

L'engagement que je prends c'est de gagner. L'engagement que je prends c'est d'aller jusqu'au bout. Vous me connaissez mal je suis un combattant. J'aime mon pays je veux le redresser je veux remettre la France à l'endroit et comme je viens de vous l'expliquer je vais proposer un choix aux Français. Ce ne sera ni le choc justement des ailes radicales Mélenchon Le Pen et ce ne sera pas non plus la continuité du macronisme. Il faut bien comprendre une chose c'est que l'élection de 2027 ce sera l'élection de la dernière chance ou ce sera le sursaut ou ce sera la chute. J'en suis absolument persuadé et on ne peut plus continuer comme on continue aujourd'hui.

Les solutions démagogiques entraîneront la France dans le mur. C'est une évidence vous vous rendez compte que chaque mois on emprunte quasiment 30 milliards c'est plus de deux fois on parlait de la justice deux fois le budget de la justice. Vous croyez que soit Mme Le Pen ou M. Mélenchon seraient crédibles et je pense qu'il faut autre chose que la continuité du macronisme par procuration avec d'autres visages. Merci Bruno. C'est moi qui vous remercie. C'est le président des Républicains candidat à l'Élysée.