Handicap outre-mer : présentation du rapport
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mesdames, messieurs, la délégation sénatorielle aux outresemes a adopté ce matin les conclusions du rapport sur la politique du handicap dans les outresemères présenté par nos collègues Audre Bellim qui s'excuse, elle est frappée par un deuil familial et nous lui réitérons nos sincères condoléances à Nick Petrus et à Climeloui. Pourquoi ce rapport ? 20 ans après la loi fondatrice du 11 février 2005, il nous est apparu absolument nécessaire de compléter les travaux du groupe d'étude handicap du Sénat présidé par Marie-Pierre Rich, sénatrice du cher et appartenant au LR et le bilan de la commission des affaires sociales du Sénat avec un éclairage spécifiquement ultramarin.
La rareté des études sur sa mise en œuvre dans les outresem a d'emblé paru révélatrice d'une d'une prise de conscience tardive et de problèmes de mise en œuvre. J'ai annoncé le 21 novembre 2024 à l'occasion du duodé au Sénat par le président l'archer le lancement de ce rapport par notre délégation et je suis particulièrement satisfaite du travail qui a été accompli par nos excellents rapporteurs. En effet, la délégation s'est interrogée à la fois sur le regard porté sur le handicap dans les outresemes et sur toutes les modalités de prise en charge des personnes en situation de handicap, éducation, formation, offre médico-sociale, accès accès au sport.
Pendant 6 mois, les rapporteurs ont auditionné près de 150 personnes qui nous ont permis de prendre la mesure des difficultés des lacunes mais aussi des avancées. La mission a donné lieu à 38 auditions et plus de 46 heures de réunion. La mission s'est aussi rendue dans trois territoires en Guadeloupe et particulièrement à Terre de Bas au Saint à Saint-Martin et Saint-Bartelémie.
J'ai tenu à accompagner ces déplacements de terrain qui sont toujours très riches d'enseignement et je conserve un souvenir très présent de toutes les personnes admirables et résilientes que nous avons rencontré. Pour les autres territoires où nous n'avons pas pu nous rendre, des questionnaires ont été envoyés, de nombreuses visoconférences ont été organisées qui peuvent être consultées sur le site internet du Sénat. Donc toutes ces auditions ont fait l'objet de compte-rendu écrit qui seront annexées au rapport.
Donc je si vous le permettez, je vais euh remplacer notre collègue Audre Bellim pour euh pour son volet. Donc c'est un c'est un panorama des populations en situation handicap dans nos territoires et des premières recommandations qui nous permettent de de mieux faire reconnaître le handicap. Donc le premier constat, les données comme souvent dans les autres Mes sur d'autres sujets souffrent d'imprécision et leur fiabilité est questionnée.
Cette imprécision donnée complique sérieusement l'élaboration d'une planification et participe à une forme d'invisibilisation des besoins spécifiques de ces populations. Malgré ces lacunes, le constat général est incontestable. La proportion de personnes aux situations de handicap est plus élevée dans les dromes qu'en France hexagonale.
Dans les dromes, 8 % des jeunes âgés de 25 de euh pardon de 15 à 24 ans et 12 % des adultes de 25 à 64 ans sont concernés. En comparaison en Hexagone, ces chiffres sont plus faibles. 5 % chez les jeunes et 10 % chez chez les adultes.
Un autre point important à souligner, c'est la situation des enfants. Les enfants en situation de handicap sont proportionnellement plus nombreux dans les départements et régions d'outre mer. Un autre point qui étant, les limitations sévères, qu'elles soient physiques ou cognitives, sont plus fréquentes que dans l'hexagone.
Et Mayotte se distingue par des taux particulièrement élevés. 18 % des enfants amayotes souffriraient de limitation cognitive sévère contre 3 % en hexagone. Ce chiffre effrayant doit interpeller qu'il soit exact ou erroné et mérite à lui seul d'engager un travail précis et urgent de vérification.
Alors, comment expliquer ces taux globalement plus élevés ? Il y a les syndromes liés à l'alcoolisation fétale qui sont un premier facteur. À la Réunion, par exemple, le taux de de syndrome d'alcoolisation fetale est cinq fois supérieur à la moyenne nationale.
L'exposition à des polmons est un second facteur en particulier en Guyan avec l'exposition au mercure et à d'autres métaux lourds liés à leur paillage illégal. Des études sont aussi en cours en Guadeloupe, en Martinique pour vérifier un peu le lien de la chlore déconne sur le passage de la mer au fétus. Donc, ce sont autant de facteurs qui peuvent expliquer ces ces taux de handicap important.
Il y a d'autres facteurs aggravants qui pèsent la pauvreté, le mal logement, mais aussi une part importante de famille monoparentale puisque la délégation a eu l'opportunité de de travailler sur la famille en collaboration avec la délégation au doigts des femmes qui avait révélé cette particularité dans les territoires ultramarins de la famille souvent monoparentale. Et pour une mère seule, gérer déjà une fraterie de plusieurs enfants, c'est compliqué. Imaginez-vous des enfants en situation de handicap.
Et un dernier point majeur, c'est la faiblesse de la détection précoce. Donc je terminerai aussi mon propos par le tabou culturel, religieux ou traditionnel que représente parfois le handicap dans certaines dans certains territoires ultramarins et même si les choses progressent petit à petit comme dans les Antilles à la Réunion ou dans le Pacifique. Face à ce tableau inquiétant voire alarmant, nous avons formulé plusieurs recommandations qui sont au nombre de 16 je laisserai mes collègues vous vous les présenter.
Une première, c'est de désigner des représentants des autres maires au sein du Conseil national consultatif des personnes handicapées. Les enjeux propres aux outresemères ne sont pas assez visibles au niveau national. Une deuxième un deuxième facteur est d'achever euh d'ici fin 2026 le déploiement du système d'information commun ultramarine.
Une troisème recommandation priorise le aller vert puisque nous avons des communes parfois très isolées. Il y a des problèmes de mobilité dans les territoires et particulièrement en Guyane, vous avez uniquement l'avion pour se rendre dans certaines communes qui aussi dans les populations sont les les plus confrontés à ces problèmes de euh d'intoxication au plan au mercure. Donc c'est très compliqué.
Et notre collègue Marie Lor Finira orthophoniste de de formation nous l'a confirmé ce matin les difficultés. pendant très longtemps, elle était la seule orthophoniste pour tout le territoire de de la Guyane. Donc, il est important de prioriser le aller vert.
Et en une 4e recommandation, c'est dans les territoires et populations hallophones, pensez aussi à la politique du handicap au regard de cette réalité. Et bon, ma collègue Anick Petrus pourra mieux en parler que moi ou à Saint-Martin. Nous avons constaté que c'est un aspect majeur pour la définition des réponses à apporter afin d'accompagner les personnes en situation de handicap, les enfants mais aussi les familles qui sont parfois confrontées à des démarches administratives qu'elles n'arrivent pas trop à surmonter.
Et enfin, une dernière une 5è recommandation qui va prioriser la mise en œuvre du nouveau service de repérage, de diagnostic et d'intervention précoce. C'est un service qui se met en place au niveau national. Il faut aller plus vite et tout de suite dans les outresem.
Je vais laisser la parole à mon collègue Aclimoui qui va continuer à présenter ce rapport. Merci madame la présidente, mesdames, messieurs, chers collègues. Euh donc après cette présentation de la situation du handicap, je vais m'attacher à vous présenter l'état d'avancement des outremères dans la mise en œuvre de la loi 2005.
Dans quelles mesures les objectifs et principes posés par cette loi fondatrice ont-ils été atteints ? Alors, je vais pas faire durer le suspense en affirmant tout de suite que nous sommes encore très loin des objectifs. Après un faux départ, un rattrapage est amorcé mais il faut accélérer et tenir l'effort au-delà des effets d'annonce.
C'est ce que nous appelons une course de fond. Premier échec, l'accessibilité. Mais je pense, je devais pas développer mais je sais qu'on va y revenir.
Donc c'est je vais vous les énumérer. L'insuffisance de l'œuvre de transport en commun dans les outresem, ça c'est une réalité. Autre échec le logement.
Euh la double ou triple insularité ou l'isolement de nombreuses régions dans les communes de l'intérieur en Guyan se surrajoute aux contraintes précité. Deuxème échec, l'offre médico-sociale est largement insuffisante et très en retard dans rumeur par rapport à l'hexagone en particulier pour les jeunes adultes, les adultes et l'insertion professionnelle. En Guyane, le déficit est particulièrement marqué mais je pense que vous nous y vendons dans vos questions.
S'agissant de l'école, une vraie mobilisation des rectorats a été salué même si on peut encore déplorer que beaucoup d'enfants comme à la Réunion 2000 nit pas de solution de rentrée. Je souhaite aussi évoquer la situation des étudiants ultramarins handicapés qui veulent poursuivre leurs études dans l'hexagone. Là encore, c'est le parcour c'est le parcours d'obstacle.
Combien d'étudiants ultramarins renoncent aux études de leur choix face à ces obstacles ? est difficile à quantifier mais c'est une réalité qui existe. S'agissant de la professionnelle, là encore les résultats sont en de ça de la moyenne nationale.
Enfin quelques mots sur le handisport et le sport adapté parce que les personnes en situation de de handicap ont besoin aussi d'une vie sociale. C'est aussi des temps de répis pour les accompagnants et leurs parents. Nous avons rencontré beaucoup d'acteurs de terrain, des sportifs, des responsables de club de lors de notre déplacement.
L'accessibilité reste le point noir. Comme je l'ai dit au début de mon propos, accéder aux installations est un véritable défi. Par ailleurs, le manque d'éducateur sportif formé est un vrai problème avec en plus des formations qui ne sont pas dispensées sur les territoires alors qu'elles ont les outils.
Voici le bilan. Pour se rapprocher des objectifs de la loi de 2005, nous avançons plusieurs recommandations. S'agissant de l'accessibilité à défaut de révolutionner l'offre de transport en commun dans les outresem, ce qui dépasse très largement le cadre de notre mission, nous recommandons le déploiement dans chaque territoire d'un service public de transport à la demande au profit des personnes en situation de handicap.
Cette compensation doit permettre de palier l'absence d'accessibilité des transports en commun dans l'attente de leur réalisation. En matière de logement, il faut prioriser dans les actions de relogement les familles touchées par le handicap afinement de les sortir de cette de cette situation d'habitat informel. Une gestion décentralisée de la LBU par les départements pourrait accélérer l'adaptation de du parc de logement.
Pour combler le retard de l'offre médico-sociale, le plan 50000 solutions ne suffira pas. Il lui faudra un second plan dédié aux autres mèes à horizon de 10 ans qui viendrait en complément du plan 50000 solutions. Mayotte, la Guuyette et les îles du Nord doivent en être prioritaires.
C'est là que les retards sont les plus forts. Autre écueil à combler et qui doit aller de pair, la planification. Pour les étudiants ultramarins handicapés, nous proposons de confier à la DOME une mission d'accompagnement global à la mobilité à tous les niveaux. l'implantation territoriale unique de la DOM en Outre mer et dans l'hexagone ainsi que son rôle de premier contact pour la mobilité en fond l'acteur tout désigné pour cette fonction.
Et enfin, en tant qu'élu métropolitain, j'ai pu découvrir, je j'étais déjà sensible à la réalité mais ce que j'ai découvert dépasse l'entendement. Je voudrais aussi saluer toutes les personnes que nous avons rencontré pour leur volonté de de construire leur résilience qui permet effectivement de d'accompagner les fem que effectivement la double triple insularité est aussi un un problème dans l'accessibilité et notamment aussi en matière de coût et la vie chère n'arrange rien. Donc je voudrais ici conclure en disant il ne faut pas confondre unité et uniformité.
Et l'enseignement que nous avons des outresem c'est que l'unité est essentielle parce que beaucoup de gens se détournent parce qu'ils ils n'ont plus confiance dans les politiques publiques. C'est la confiance qu'on doit reconstruire et que l'uniformité ne peut pas être l'alpha et l'oméga de nos politiques publiques. Notamment en matière de financement.
On ne peut pas financer la même chose quand les coûts de transport coûtent 125 € un aller-retour en avion pour traverser la Guyane que quand il coûte 3 € parce que nous avons des lignes et une accessibilité plus disponible. Donc il faut qu'on sorte de cette uniformité pour faire du surmesure. Et cette cet enseignement que nous pouvons tirer des territoires ultramarins, on peut aussi l'appliquer sur sur nos territoires métropolitain.
Il faut l'unité mais pas l'uniformité. Je passe la parole à mes collègues Annique Petrus. Merci.
Mesdames et messieurs, il me revient de clore la présentation faite par mes collègues en évoquant les acteurs de la politique du handicap dans nos territoires ultramarins. Comme dans l'Hexagone, les MDPH sont en première ligne et sont clairement identifiés comme le guichet unique. Toutefois, dans leur fonctionnement quotidien, elle demeure encore en phase de structuration face à l'évolution des dispositifs et à la hausse des demandes.
La durée maximale de traitement d'un dossier ne devrait pas excéder 4 mois. Dans l'hexagone, le délai moyen atteint 4,8 mois avec d'importantes disparités régionales. Dans les territoires ultramarins, la situation est comparable, voire plus préoccupante pour certains d'entre eux où les délais dépassent largement les seuils réglementaires.
Les cas les plus extrêmes sont sans doute la Martinique et Saint-Martin où il faut attendre aujourd'hui en moyenne plus de 9 mois. Autre point noir, la disponibilité de certains professionnels médicaux-sociaux, notamment les orthophonistes, psychologues, psych psychomotricien cela retarde les évaluations et les diagnostics notamment avant la saisine de la CDAPH. Trop nombreuses ces professions connaissent aussi un turnover fort dans certains territoires comme Saint-Martin, Saint-Bartelmi, Saint-Pierre et Miclon ou la Guyane.
Il est difficile de construire des équipes stables à Saint-Bartelmi. Le niveau stratosphérique des loyers est rédhibitoire. Aucune faiblesse déjà évoqué des autre faiblesse déjà évoqué des MDPH, leur système d'information.
Notre acteur prééminent est le département. Comme dans l'hexagone, le coût de la PCH prestation complémentaire euh de l'handicapé augmente vite et le reste à charge des départements ne cesse de croître. Dans l'ensemble, le reste à charge pour les départements ultramarins est plus élevé que la moyenne nationale.
Le taux de bénéficiaire de la PCH pour 1000 habitants y est aussi élevé. Enfin, les opérateurs locaux en capacité de répondre aux appels à projet ou à manifestation d'intérêt sont peu nombreux et parfois fragile. C'est souvent la contrainte des petits territoires.
Ces constats nous ont amené à proposer plusieurs recommandations. Tout d'abord, la consolidation des MDPH est impérative. Cela passe notamment par le maintien et le renforcement des missions d'appui opérationnel de la CNSA.
Par ailleurs, les MDPH ultramarines sont aussi des laboratoires, notamment pour rapprocher les politiques du handicap ou de l'autonomie. Ces expériences peuvent être fructueuses et précurseurs au moment où se met en place la réforme nationale du service public départemental de l'autonomie. À Saint-Pierre et Miclon, les maisons territoriales de l'autonomie, l'MTA connaît à la fois des personnes handicapées et des personnes dépendantes.
Elle gère aussi le paiement des prestations. Cette structure a suscité l'intérêt d'autres collectivités comme Saint-Martin et la Nouvelle-Calédonie. Ces expériences prometteuses doivent faire l'objet d'un soutien renforcé.
Elles peuvent aussi être source d'inspiration pour d'autres territoires ultramarins, voire pour les départements hexagonaux. C'est notre recommandation numéro 14. De manière plus générale, il faut apprendre à valoriser les dispositifs innovants de nos territoire.
Les contraintes font que les acteurs innovent et développent de nouveaux services, notamment en matière de téléconsultation comme à la réunion. Autre enjeu fort pour les outremères, adapter certains dispositifs aux singularités ultramarines. La première réponse concerne les petits territoires insulaires ou isolés. les distances.
Le public restreint parfois un ou une ou deux personnes seulement selon l'âge et leur handicap et la disponibilité limitée des professionnels spécialisés se prête mal à la multiplication des établissements médicaux-soux classiques. Le fonctionnement en silo très segmenté et compartimenté de l'offre médico-sociale traditionnelle n'est pas adaptée. Sur le terrain, des solutions innovantes se mettent déjà en place.
À Saint-Martin, une masse hors les murs est expérimenté. En Guyanne, les projets se déploient selon un nouveau modèle de SMS éclaté. Ces expériences montrent leur chemin vers une nouvelle organisation moins institutionnelle en dur s'appuyant sur des plateformes de service et pouvant se moduler rapidement en fonction des besoins.
L'offre s'adapte aux besoins et pour éviter que des demandeurs restent à la porte parce qu'il ne rentrent pas dans la bonne case, il faut définir un cadre pour ce nouveau modèle d'établissement médico-social. Une telle réforme serait là encore précurseur et en ligne avec la nouvelle stratégie nationale. Enfin, j'évoquerai rapidement la question du financement, même si l'époque se prête plutôt aux économies.
Le rattrapage indispensable de la politique du handicap outremè ne peut faire l'impasse sur la question budgétaire. Outre le plan de rattrapage engagé, il faut revoir le financement au long cours de la politique du handicap en tenant compte de la vie chère outreemè. Les méthodes de calcul du concours de la CNSA au financement de la PCH ne sont pas assez adaptés à ces territoires.
Il faut les revoir et je crois que la CNSA est ouverte à cette discussion. Voici nos principales recommandations et orientations. Nous sommes à l'écoute de vos observations et questions.
Est-ce qu'il y a des questions dans la salle ? Passe aux questions en visio libération. Vous présentez ?
Merci. Bonjour, je suis Adelle Petrek pour Libération. J'avais juste une question de chiffre.
Euh vous avez parlé de 18 % de d'enfants à Mayotte qui étaient touchés par une situation de handicap. Nous sur le sur la synthèse, on a 21 %. Euh c'est quoi le le bon chiffre ? 18% en fait c'est les 21 % euh englobent des classes différentes et les 18 % concernent vraiment les plus jeunes enfants.
D'accord. Merci. Non mais Julien Sartre, France Guyan euh est-ce qu'il y a un focus particulier ou des des recommandations particulières à la Guyane ?
Vous en avez parlé ? C'est c'est un territoire qui est si si particulier que ça nécessiterait un un effort particulier. Voilà. en Guy en fait ce sont les acteurs du territoire qui sont les mieux placés pour nous apporter des demandes.
Donc nous avons fait le constat, nous allons poursuivre le le travail et comme le disait notre collègue, il y a eu des il y a des aménagements, il y a des des idées précurseurs qui sont en train de de poindre. Donc euh c'est de les de les expérimenter d'une part, de permettre ces expérimentations puisque la loi les permet ne les permet pas forcément et après au fur et à mesure ajuster en fonction des territoires. Juste par exemple sur la sur la question de on a parlé de l'accessibilité de la mobilité, on voit bien que quand on paye 125 € pour passer un avion de d'un point un autre du territoire de la Guyane, il va falloir revoir ces ces ces ces financements notamment pour permettre le déplacement des familles.
Il faut aussi repenser la les les moyens de transport. Alors plus généralement pour l'ensemble de la population mais plus particulièrement pour les personnes à mobilité réduite. Quand vous avez des gens qui doivent faire 2 heures de transport avec trois changements que bibliothé c'est très c'est très ça devient très complexe pour eux et ça devient le parcours du combattant.
Donc c'est pour ça que dans une de mes propositions, on parle justement de cette accessibilité et de cette mobilité et notamment des coûts pour les déplacements qui sont euh qui sont aberrents et on on pourrait le dire aussi pour la Guadeloupe qui est double insulaire notamment par rapport aux îles pour passer pour partir avec le bateau, attendre le bateau. Si on le rate, on est obligé de passer la nuit. Vous voyez, il y a un certain nombre de de choses qu'il faut et ce qu'a dit la présidente, qu'on fasse du surmesure et on attend de retravailler ça avec les territoires, mais on a bien conscience que cette question de la mobilité, de l'accessibilité est essentielle pour nos territoires.
Juste un complément d'information sur ce qui est de la Guyane. Vous savez qu'en Guyane, vous avez des territoires euh enfin des espaces, des endroits sur en Guyan qui sont pas accessibles. C'est-à-dire qu'il faut prendre la pirogue et cetera.
Et ça veut pas dire que sur dans ces coins-là, dans ces endroits-là, que nous n'avons pas de de personnes porteurs de handicap. Donc euh ils ont favoriser le aller vert. C'est-à-dire que ce sont les professionnels lorsqu' qui lorsqu'ils existent qui vont vers ces ces coins ou ces personnes qui se trouvent dans ces coins reculés de la Guyan.
Pour l'instant, nous n'avons pas de questions en ligne. Est-ce qu'il y a d'autres questions dans la salle ? Oui, je micro.
Aline Druel, Radio Caraïbe International. Vous parliez du précédentium de 2023 qui avait débloqué des crédits mais qui avait eu enfin il y a eu des freins ce que ce qui est écrit. Le prochain sium a lieu normalement la semaine prochaine.
Est-ce que c'est un sujet que vous allez pouvoir aborder à nouveau ? Alors pour être tout à fait honnête avec vous, nous ne les parlementaires ne sont pas conviés au Sium. Donc je ne nous ferons remonter, nous remettrons, nous avons prévu remettre le rapport à au ministre des outresères et à la ministre du handicap et nous espérons de tout cœur qu'ils en feront bon usage.
Oui. Et donc c'est effectivement quand vous parlez de du sium et des des des failles, c'est notamment aussi cette question du du coût. C'estàd qu'on on donne la même chose partout.
Et quand on dit on met 125 millions par exemple aux autres mèes, c'est pas la même chose que quand vous mettez 125 millions en Île-de-France. Quand vous avez 125 € d'aller-retour d'avion, vous l'avez pas en Île-de-France. Voyez ?
Donc c'est c'est ça qu'on veut effectivement revoir les modes de calcul pour justement être plus juste, plus équitable. Merci. Et justement, au-delà de remettre ce rapport au gouvernement, est-ce que vous comptez euh l'intégrer dans des proposition de loi ou ce genre de choses ?
Comment est-ce que vous comptez le traduire dans les faits concrètement ? Merci. Bon, cela pourra faire l'objet de discussion lors du prochain PLF sur tout ce qui concerne les allocations.
Cela pourra aussi faire l'objet de d'amendement et d'intégration dans la proposition de loi d'actualisation du droit des outresemères qui a été déposée et qui euh sera inscrite euh au mois d'octobre. Donc euh nous avons plusieurs véhicules législatifs. Nous avons aussi un projet de loi Vichè qui va bientôt arriver, qui arrive le le 30 septembre.
Donc euh nous nous choisirons les véhicules législatifs les mieux adaptés pour faire passer euh euh des nos propositions. Plus de questions ? Pas de questions en ligne non plus.
Il y a plus de questions. Alors, j'aimerais insister sur une une solution aussi, une recommandation euh qui me semble très importante, c'est l'inclusion euh des orthophonistes, des paramédicaux au sein des établissements scolaires. Qu tenu euh de la difficulté euh du peu de personnel paramédical, les orthophonistes et autres, euh il aurait quasiment impossible de voir tous les enfants concernés hors scolaire. et nous souhaitons intégrer euh au sein des établissements scolaires tous ces personnels de manière à à faire bénéficier le maximum d'enfants de leur de leur expertise.
Attendez et après une question en ligne euh j'aurais une petite question euh sur vous parliez de la difficulté de diagnostiquer tôt les enfants. Euh est-ce que vous pouvez un petit peu développer ça ? Qu'est-ce qui fait qu'on a du mal à diagnostiquer si tout euh en notre mère particulièrement ?
Alors je je vais je vais essayer de répondre pour ce qui est de mon territoire déjà premier premièrement. Alors, on a parlé tout à l'heure de public. Il faut savoir qu'à Saint-Martin, la langue maternelle, c'est l'anglais.
Donc, vous avez par exemple un enfant qui est porteur de handicap, c'est un enfant qui déjà n'est pas scolarisé dans les mêmes conditions que les autres qui sont dit normaux. Donc donc qui ira à l'école plus tard et qui ira à l'école dans des proportions moindres, peut-être une journée par semaine, une demi-journée, 2 jours. Voilà.
Donc l'acquisition de la langue de l'enseignement ne se fera pas au même rythme par exemple que euh l'enfant dit normal. Donc ce qui fait que euh c'est un handicap est rajouté à l'handicap initial et euh et et ça rend les choses effectivement beaucoup plus difficiles. Donc là aussi, il y aura des adaptations à porter.
Il faudra se penser se pencher pardon sur cette difficultélà euh que ce soit d'un point de vue financier, que ce soit d'un point de vue euh de de du personnel d'enseignement et et du personnel encadrant notamment les E a SH. Voilà, juste pour euh compléter euh ma collègue, les propos de ma collègue plusus, le problème de la de détection précoce, c'est permettre justement aux enfants d'avoir un parcours, d'avoir une planification sur leur parcours quand quand et il y a aussi le tabou et la question culturelle qui fait queon veut pas reconnaître que son enfant est en difficulté et donc il y a il faut accompagner les parents pour qu'ils puissent justement œuvrer là-dessus parce que plus il est pris jeune, plus on a des chances de le faire à évoluer. Et on le voit bien quand des enfants sont pris tardivement ou quand ils sont mal orientés et bien il c'est une grande défaillance et donc ils ont ils prennent beaucoup de retard qu'ils ne peuvent pas rattraper.
Et donc c'est la précité c'est de mettre en place des outils. Il y a aujourd'hui je crois en Guadeloupe une association qui le fait. on commence à travailler pour que justement on puisse accompagner le les parents pour justement très de façon précoce euh avoir un un bon diagnostic pour apporter les bonnes réponses et pour mettre en place le bon parcours d'accompagnement pour euh pour le le le et le du développement pour l'enfant.
Et et pour compléter pour avoir été enseignante et directrice d'école pendant 16 ans, donc c'est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Il est vrai que souvent c'est à l'école qu'on diagnostique certaines difficultés d'apprentissage. Il y a tout un travail pédagogique à faire auprès de la famille pour arriver à faire entendre.
Parfois, il y a un déni au sein de la famille. Donc il y a un travail d'accompagnement des des familles et après il y a une deuxième étape. Lorsque vous êtes sur un territoire isolé euh toute la partie de test psychométrique et autres ne peut pas se faire sur le territoire parce que parfois vous n'avez pas les professionnels qui sont en mesure de le faire.
Donc, il faut souvent prendre l'avion, aller en Guadeloupe, aller en Martinique. Euh les professionnels euh on peu nombreux sont débordés, donc ils ne peuvent pas vous donner euh de rendez-vous tout de suite. Et nous avions rencontré une maman à Saint-Martin assez déboussolée puisque depuis l'âge de 2 ans, son enfant a été en quelque sorte, elle a été alertée par un souci au sein de de du développement de son fils. et l'enfant a 7 ans et elle n'a toujours pas pu obtenir de bilan faute bon faute d'avoir de professionnel mais aussi faute parfois faute de moyens parce que prendre l'avion séjourné plusieurs jours à l'extérieur c'est aussi un coût pour ses pour ces familles.
Alors moi je voudrais ajouter, c'est un vœu, hein, pouvoir garantir à chaque territoire euh au moins un professionnel dans la chaîne de prise en charge et essayer d'améliorer aussi la durée, le temps de prise en charge parce que enfin sur mon territoire aujourd'hui, une prise en charge CAMS euh c'est 23 voire 40 et quelques mois et ça c'est juste pas possible. Si on est dans les vœux, puisqu'on est dans les vœux, moi je voudrais faire formuler un vœu. C'est vrai que dans notre dans notre travail qu'on a effectué, on s'est rendu compte qu'il y avait très peu de données, notamment la question des étudiants ultramarins en situation de handicap.
Et ça c'est que des gens renoncent à leurs études ou au choix des études parce qu'ils font le choix de la proximité. On ne peut pas l'accepter dans une quand on parle d'égalité au niveau de de notre République. Donc ça c'est un élément qui me tient à cœur et qui nous tient à cœur parce que ils ont aussi le droit comme tout le monde d'avoir des rêves et de pouvoir aussi essayer de les réaliser.
C'est un premier élément. L'autre élément, c'est de dire ce qu'on a vu aussi, on en a on a vu les associations, on a discuté avec eux, c'est que une une personne en situation de handicap a aussi besoin d'une vie sociale. Elle a besoin d'accéder à la culture et d'accéder au loisirs et au sport.
Et c'est aussi le sport, le loisir et la culture sont aussi des leviers qui permettent des éveils. Et donc c'est pas seulement de leur rassurer giter le couvert et les soins, c'est aussi de leur permettre d'avoir une vie sociale. Et nous avons fait d'ailleurs des recommandes dans ce sens là dès l'école pour que justement on puisse intégrer ça dans le parcours et dans le parcours de vie d'un enfant qu'il soit en situation handicap d'ailleurs ou non.
Alors avant de clore cette conférence de presse, j'aimerais vraiment remercier et saluer le travail de des trois des trois rapporteurs qui se sont vraiment impliqués, qui sont allés au fond des choses et qui n'ont pas hésité à avoir des journées très très longues lors de nos déplacements qui a été vraiment très très dense pour dénouer tout et comprendre tous les freins qui pouvaient pouvait exister au au à l'aide à ses à ses familles. Parfois, c'est aussi compliqué de voir nous sommes des êtres humains aussi des parents qui sont complètement démunis, qui se sentent abandonnés. Donc vraiment, je les remercie infiniment pour l'empathie aussi dont ils ont fait preuve dans ce dans ce dossier qui est vraiment qui qui touche beaucoup.
Merci à vous.
Akli Mellouli