Jordan Bardella est-il plus qu'un plan B ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
– Allez, place à notre débat à 7 jours du verdict. Quel destin pour Marine Le Pen ? – Sous-titrage Société Radio Le 7 juillet, Marine Le Pen sera fixée sur son sort judiciaire et son avenir politique.
Et l'ERN connaîtra donc son candidat à la présidentielle. Une inégibilité de Marine Le Pen serait-elle un atout ou un handicap ? Pour son parti, Jordan Merdella est-il désormais plus qu'un plan B ?
On va regarder les résultats de notre baromètre Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale. Elle est commentée avec vous Nathalie Moret. Bonjour, merci d'être là, journaliste politique pour les journaux du groupe EBRAS.
Erwann Destrohan, merci beaucoup d'être avec nous. Erwann, directeur conseil à l'Institut de sondage Odoxa et Nicolas Bastruc, on est ravis de vous accueillir, vous êtes journaliste au point chef du service justice et vous avez suivi le procès de Marine Le Pen. On va en parler d'abord avant de dévoiler les résultats du sondage.
Une petite question Nathalie, est-ce que le 7 juillet, jour où on connaîtra le verdict dans le procès du RN, ce sera le vrai coup d'envoi de la campagne ? Absolument. Vous avez tout dit.
Voilà. Évidemment, tout ce qui s'est passé cette année pré-présidentielle là s'est passé à l zone de cette date du 7 juillet. C'est-à-dire que quand on voit toutes les formations politiques, toutes nous disent mais ça va commencer le 7 et la campagne sera différente selon qu'elle soit menée pour le RN par Marine Le Pen ou par Jordan Bardella.
Donc oui, même si la campagne, la pré-campagne a commencé, on voit que les candidats sont déjà en campagne ici ou là. Vraiment le vrai coup d'envoi c'est le 7 quand on saura qui mènera la campagne du parti qui aujourd'hui est considéré comme le favori. Erwan, pour les Français ce 7 juillet ça va marquer une vraie date politique.
Le vrai coup d'envoi de la campagne, ils attendent aussi cette date ? C'est une formalisation de l'offre politique, en réalité on connaîtra l'identité du candidat qui mènera la liste dont on est sûr si l'élection avait lieu dimanche prochain qu'elle arriverait largement devant les autres. Donc il y a quand même une vraie inconnue sur ce candidat encore.
Une fois qu'il y aura une clarification et que l'offre politique sera connue et que ou Jordan Bardella ou Marine Le Pen seront érigés en candidats de référence du Rassemblement national, la campagne va vraiment démarrer. Et puis ça arrive deux jours après le grand meeting d'édouard philippe du 5 juillet donc il va y avoir quand même un effet de souffle assez important dans une dizaine de jours oui nicolas bastruc on a une campagne présidentielle qui est suspendue à un sort judiciaire Oui c'est vrai en général c'est le justiciable qui attend de savoir à quelle sauce la justice va le manger et c'est vrai que Marine Le Pen joue sa carrière politique mais toute la classe politique attend cette décision, le Rassemblement national évidemment, Jordan Bardella qui doit secrètement espérer que Marine Le Pen ne puisse pas se présenter pour prendre sa place et puis aussi les autres formations qui attendent un peu de – On va rentrer dans le détail de ce baromètre mensuel. Erwann avec vous puisque vous avez interrogé les Français, c'était la semaine dernière, on le précise sur leurs attentes, leur vision et les conséquences de cette décision judiciaire.
On va commencer avec cette question, est-ce que Marine Le Pen est traitée comme une justiciable comme les autres ou est-ce qu'elle est traitée plus durement pour des questions politiques ? Pour 59 % des Français, elle est une justiciable comme les autres. Oui et c'est ça qui est très intéressant à mesurer parce que c'est quelque chose qu'on fait souvent en sondage, on l'avait fait pour l'affaire Fillon, on l'a fait pour certaines affaires de Nicolas Sarkozy mais en fait à contre-courant de ce que disent les personnalités politiques mises en cause en général, les français ont le sentiment très majoritaire que ces personnalités politiques sont traitées comme n'importe quel judiciable et pas plus durement pour des raisons politiques donc c'est c'est aussi un point important pour la postérité, pour la continuité pour le rassemblement national il va peut-être falloir sortir de cette image affairiste mettre fin au feuilleton judiciaire en cas de condamnation ou non toujours pas le Le verdict, ceci dit.
Donc ça c'est le premier point. Point important, 6 personnes sur 10 considèrent que Marine Le Pen est traité comme n'importe quelle justiciable, donc elle doit se soumettre à la justice. Et c'est plus 6, pardon.
Et bah voilà. Ah bah je vous mets de parler C'était le deuxième point. Ils sont 59 % des Français à nous dire ça aujourd'hui.
Ils étaient 6 points de moins au premier énoncé du verdict l'an passé. Ce que ça raconte, c'est que le temps a légitimer le jugement et la pertinence de l'action judiciaire. Donc ça montre quand même que le temps a plutôt joué contre elle que pour elle, et qu'aujourd'hui les Français considéreraient qu'une condamnation serait pertinente ou relèverait d'une certaine logique, si c'est ce qui est estimé valide par les juges en question.
Mais en tout cas, le temps a légitimé le fait qu'elle puisse être inéligible. Ça veut dire, Nathalie, que le procès que fait le RN d'une justice politique, ça ne prend pas dans l'opinion ? Oui, et puis ça veut dire aussi que, rappelez-vous, je crois que c'était le 6 avril l'an dernier, quelques jours, une semaine après l'énoncé du verdict de la première instance, il y avait eu cette grande manifestation organisée à Paris, Place Vauban, où Jordan Bardella notamment avait eu des mots très très durs envers les juges, et finalement ça ne s'était pas si bien passé que ça dans l'opinion.
Parce qu'en fait ce qui fait ciment d'une société, ce qui fait ciment d'une société c'est de croire en la justice. Alors effectivement la justice peut parfois se tromper, c'est pour ça qu'il y a des procès en appel, mais quand même collectivement, même si juste individuellement on peut avoir peur de la justice, en se projetant, en disant mon dieu j'espère que je n'aurai pas affaire à la justice moi-même. Collectivement si on n'a pas confiance en la justice il y a quand même quelque chose qui est fendu dans la société et le fait que des responsables politiques sur une scène attaquent aussi frontalement la justice je pense qu'il y a eu quelque chose qui a été mal vécu.
Et vous voyez que depuis un an tous les responsables politiques du RN ont modulé leurs propos par rapport à la justice. Donc ça je trouve que c'est quelque chose d'assez notable. – Nicolas, effectivement il y a un changement de ton du côté du RN sur cette question. – Ah oui tout à fait, ce qui est notable c'est de voir que Marine Le Pen comme Nicolas Sarkozy ont commis finalement la même erreur après leur condamnation.
En premier instant j'ai repris un petit peu le verbatim, Nicolas Sarkozy lorsque la foudre s'est abattue sur lui avec cette peine de prison et ce mandat de Dépôt différé, a dit ce qu'il s'est passé devant le tribunal et d'une gravité extrême pour l'état de droit. Et Marine Le Pen, j'y étais quand elle a été condamnée la première fois, elle n'a pas attendu la fin de la lecture du jugement, elle est sortie, elle a claqué, elle a tourné les Elle a claqué la porte et elle a déclaré une décision politique. Voilà ce que c'est un état de droit totalement violé par la décision.
Or là, il y a une erreur manifeste d'analyse. L'état de droit, c'est justement la loi qui est la même pour tous et qui s'applique également à ceux qui la font, c'est-à-dire les députés et à ceux qui l'appliquent, l'exécutif. Et critiquer ses juges n'est jamais une bonne stratégie, surtout quand on en a encore besoin en l l'occurrence en appel et c'était le cas pour Nicolas Sarkozy et pour Marine Le Pen.
Et je peux vous dire que les deux ont changé de ton devant la cour d'appel. Elles se sont montrées beaucoup plus coopératifs et beaucoup plus finalement polissés devant leur second juge. Et Nicolas, petite précision qui a son importance puisqu'on parle des conséquences politiques de ce verdict.
Si elle est déclarée innocente, elle sera candidate mais elle peut être déclarée coupable, elle peut être condamnée et pouvoir être candidate quand même à quelles conditions alors je me risque jamais au verdi aux pronostics judiciaires ce que je peux vous dire c'est qu'elle sera pas déclarée innocente elle sera condamnée je pense parce que les faits sont assez imparables et assez graves de surcroît. Il y a trois scénarios où la cour d'appel confirme grosso modo le premier jugement avec une peine d'inéligibilité de 5 ans, une peine d'emprisonnement et là donc c'est plié, elle ne peut pas être candidate. Deuxième scénario, la peine d'inéligibilité est ramenée à deux ans sachant qu'elle peut être en partie assortie du sursis et à ce moment-là juridiquement, constitutionnellement Marine Le Pen est en mesure de se présenter et ce qui va peut-être changer la donne c'est la peine d'emprisonnement qui sera prononcée.
Si c'est une peine d'emprisonnement ferme comme l'a réclamé le parquet 4 ans dont un enferme aménageable sous bracelet électronique, la question se posera de savoir si Marine Le Pen fera campagne avec un bracelet à la cheville. Elle avait dit qu'il n'en était pas question. Il il semblerait qu'aujourd'hui, elle soit un petit peu plus nuancée.
Parce que si elle est condamnée à un an de prison ferme avec un bracelet électronique, elle pourra rapidement demander...
Pas un aménagement, puisque l'aménagement est déjà acquis, mais une libération conditionnelle, etc. Et donc ça nous amènera à la fin de l'année, ce qui lui permettrait de faire campagne à peu près normalement début 2027. C'est important de préciser parce qu'une condamnation ne ne vaut pas forcément empêchement d'être candidate.
Effectivement, il fallait bien qu'on précise les conditions. – Il y a deux éléments dans la peine, l'emprisonnement et la peine complémentaire, comme on dit, d'inéligibilité. – Il y a une autre question que vous avez est posé et qui va dans la lignée de ce qu'on est en train de se dire.
Erwann, c'est le regard porté sur une éventuelle inéligibilité de Marine Le Pen. Là, les avis sont un peu divisés. 24 % pour qui ce serait handicap, 32 un atout et 42 % ni l'un ni l'autre.
Oui, mais ce qui est intéressant, c'est de voir que les 24 % des Français qui nous disent « Ce serait un handicap pour le RN parce que ça prive le parti de sa candidate naturelle pour 2027 Ils étaient 9 points de plus il y a un an et ils ne sont que 26 % au RN, ils étaient 5 points de plus il y a un an. Donc finalement le sentiment que ce serait un handicap que Marine Le Pen ne soit pas candidate, non seulement c'est minoritaire mais Mais en plus, c'est un sentiment en baisse. Ce qui domine, c'est le sentiment que ce serait un atout parce que ça permettrait à Jordan Bardella et au parti de sortir du nom Le Pen et de présenter Jordan Bardella.
C'est ce que pensent 32 % des français en hausse de huit points en un an et 37 % des rn sont aussi de cet avis des sympathisants rn en hausse de 12 points par rapport à il ya un an alors on a le reste des gens qui disent ce serait ni un atout ni handicap parce qu'ils sont autant appréciés l 'un que l'autre mais globalement ça ça fait quand même trois quarts des Français et trois quarts des sympathisants Eren qui nous disent que ça ne serait pas un handicap que Marine Le Pen ne soit pas candidate, parce que dans l'esprit de beaucoup de sympathisants Eren et même de beaucoup d'observateurs extérieurs, le nom Le Pen ça reste un des derniers stigmates du Front National infréquentable à l'ancienne. Il y a beaucoup de gens pour qui un candidat qui s'appelle Le Pen, ça reste quand même l'incarnation du plafond de verre qui empêche de rassembler largement et qui est peut-être le dernier point à enlever pour réussir une dédiabolisation totale du Front national. Donc il y a cet enjeu, ça ne veut pas dire que Marine Le Pen reviendra pas dans le jeu, mais ça veut dire que si elle revient, il y a en tout cas des plaques qui ont bougé en faveur de Jordan Bardella pendant cette année de valse-hésitation.
Ça veut dire qu'on peut élire une volonté de tourner la page Le Pen, Nathalie ? Et finalement, Jordan Bardella, c'est bien plus qu'un plan B Moi, je pense qu'aujourd'hui, dans la tête de la majorité des électeurs, Jordan Bardella sera candidat la semaine prochaine. Encore une fois, on ne sait pas ce que va décider la Cour d'appel.
Mais même lui, objectivement, quand on On voit la façon dont il s'est comporté depuis un an. On voit que petit à petit, il a endossé le costume du candidat. Alors aujourd'hui, il dit toujours qu'il est candidat au poste de Premier les ministres.
Mais objectivement, on l'a vu physiquement même changer, se présidentialiser. Il a effectué plusieurs déplacements en Europe, ce qui est dans la grammaire obligée d'un candidat à la présidentielle. Donc on voit bien qu'il se projette dans ce rôle là est-ce que quand même c'est ça va lui porter préjudice politiquement si marine le pen est condamnée est-ce qu'il va porter le fardeau de cette condamnation ou est-ce que ce sera une autre candidature un autre candidat et les électeurs auront tourné la page à nicolas alors oui et non non parce que comme on dit en droit pénal nul n'est responsable que de son propre fait or il a il est passé entre les gouttes il a failli être dans le wagon, disons-le.
Mais il est passé entre les gouttes. Donc non, oui, quand même, parce qu'il sera un peu le candidat, qu'on le veuille ou non, de substitution. Ça n'était pas le candidat naturel du Rassemblement national.
Et même s'il va tout faire, si c'est lui qui devait y aller pour ne pas passer pour le plan B ou le candidat de rattrapage, ça sera quand même un petit peu ça. Moi je suis pas journaliste politique, mais j'ai pas tout à fait la même analyse que mes confrères connaissent mieux la politique. Je crois que Marine Le Pen inquiète beaucoup plus ses rivaux que Jordan Bardella, parce qu'effectivement elle a déjà essuyé plusieurs échecs, mais on peut aussi le lire différemment et y voir de l'expérience.
Jordan Bardella n'a pas d'expérience, n'a pas de diplôme, n'a jamais travaillé et il a commis quelques erreurs je crois récemment en s'affichant au Grand Prix de Monaco avec une jeune femme un peu nobilière si j'ai bien compris le jour de la marche blanche en déclarant oui il y a des marches blanches tous les jours je crois que c'était une grosse faute politique et ça ne correspond pas forcément à l'électorat populaire du rassemblement national vous avez raison Nicolas mais il y a deux choses il y a le fait que lui s'est présidentialisé clairement il se voit il se projette comme étant le candidat du rassemblement national et l'autre chose qui effectivement, elle a plus d'expérience elle est plus capée et elle serait sans doute meilleure sur le temps long de la campagne en faisant moins d'erreurs dont celle que vous venez de signaler mais effectivement il y a deux considérées comme plus dangereuses par les sympathisants de renaissance par les sympathisants du parti socialiste jordan bardella c'est un candidat qui est peut-être plus efficace aujourd'hui pour le rassemblement national pour rassembler au delà du socle traditionnel du rassemblement national marine le pen elle marche quasiment mieux que jordan bardella dans la ruralité chez les employés et les ouvriers chez les membres de foyers à bas revenus tout cet électorat socle du rassemblement national qui s'est consolidé année après année jordan bardella il marche un peu mieux auprès des cadres auprès des personnes âgées et finalement ils réussissent à être assez complémentaires l'un et l'autre et lui à élargir la base des soutiens mais sur ce sujet de du poids de la condamnation de marine le pen il ya aussi la dangerosité qu'elle soulève dans une partie de l'opinion qui peut motiver du vote de barrage de front républicain dans la perspective d'un second tour ce qui qui ressortirait, ce qui motiverait à un moindre niveau si Jordan Bardella était le candidat. Alors ça reste ténu, mais en tout cas c'est vrai que lui suscite moins de votes de barrage et ça peut être un point intéressant pour le Rassemblement national, pour lequel le sujet du premier tour est moins stratégique que celui du rassemblement au second tour. Et on le vend, je prolonge ce que vous dites Erwan, puisque effectivement vous avez testé l'image détaillée de Marine Le Pen, de Jordan Bardella.
C'est une image qui est plutôt...
Alors il y a des points positifs pour les deux, je vais le dire comme ça. Ils sont en phase avec les jeunes générations, défendent bien les catégories populaires. Et après ça descend un peu en dessous de la moyenne pour proches des gens compétents, démocrates.
Mais dans le même Et on va le voir aussi, il y a une majorité de gens qui pensent toujours que ce sont des candidats d'extrême droite racistes et dangereux. 45 % pour Jordan Mardella, 49 % pour Marine Le Pen. On est toujours sur une image contrastée finalement à la dédiabolisation.
Elle n'est pas complètement réussie, Nathalie ? Le Rassemblement national est un parti d'extrême droite. C'est le Conseil d'État qui le classe ainsi.
Et c'est factuel. Donc effectivement, la préférence nationale est toujours inscrite dans le programme du Rassemblement national. Tout ça fait...
C'est des choses qui seront...
Contre lesquelles il va falloir qu'ils luttent. Là pour l'instant, je trouve qu'il y a une certaine ambiguïté dans l électorat. Peut-être qu'Erwan pourra nous en parler parce que à la fois, dans le palmarès de l'adhésion, Jordan Bardella est au top du top.
Jamais on a eu une telle adhésion pour une personnalité politique. Il est à 40 % d'adhésion, ce qui est quand même, on a l'impression qu'il pourrait marcher sur l'eau. Et dans le même temps, il y a effectivement cette image d'extrême droite qui colle à la peau de ce parti.
Donc ça, c'est tout ce qui va se passer durant la campagne électorale parce que là, on est à 10 mois pour Pour l'instant, il est encore, j'allais dire, d'abord, il n'est pas candidat. Et ensuite, j'allais dire que si jamais le 7 septembre, le 7 juillet, pardon, pour Marine Le Pen, c'est la fin des problèmes, si jamais elle est candidate. Et pour Jordan Bardella, c'est le début des problèmes.
Je crois que ça résume bien ce qui va se passer et ce qui va se jouer cette date-là pour le Rassemblement national. Est-ce que si elle est condamnée, ça ternit l'image du RN ou pas, Erwan ? Alors pas nécessairement parce que ça va se jouer en deux temps.
C'est-à-dire que dans le premier temps de la condamnation de Marine Le Pen, si c'est le cas, on peut imaginer que ça aurait plutôt tendance à consolider les rangs chez les sympathisants du RN. Parce qu'aujourd'hui, à contrario des Français, les sympathisants du RN, ils sont 82 % à nous dire qu'elle est traitée plus durement pour des raisons politiques. Et c'est ce qu'on observait sur les sympathisants LR sur l'affaire Fillon, le sentiment que c'était un procès à charge pour des raisons politiques.
Donc une condamnation de Marine Le Pen, ça aurait plutôt tendance à mobiliser les soutiens chez les sympathisants du Rassemblement national mais dans un deuxième temps pour rassembler largement, casser l'image d'un parti affairiste voire malhonnête il faut mettre fin au feuilleton judiciaire. Et c'est tout l'enjeu aussi du lendemain du 7 juillet c'est est-ce qu'on assume une condamnation ? Est-ce qu'on continue le discours sur un procès politique ?
En tout cas il faut mettre fin au feuilleton judiciaire pour pas que ça reste le sparadrap du RN jusqu'à la fin de la campagne présidentielle. Nicolas ? Oui ça soldera les français souhaitent que la justice passe et qu'elle sanctionne s'il y a lieu de sanctionner.
Donc je pense qu'effectivement ça tournera une page pour le RN qui sera, je pense, débarrassé de ce Mais les Français ont souhaité que la justice passe et n'ont pas adhéré à juste titre à ce discours un peu dingo d'une atteinte à l'état de droit, alors que justement c'est l'état de droit qui s'est exprimé avec un procès de première instance, une possibilité de recours et même un pourvoi en cassation éventuellement si le droit avait été mal appliqué. Et on va parler de ce palmarès de l'adhésion, c'est la suite de ce qu'on est en train de se dire parce que Nathalie le disait, Jordan Bardella en tête, 40 % d'adhésion, plus 3 Marine Le Pen seconde, plus 6 à 39 % et après il y a un écart avec le troisième Edouard Philippe. Il n'y a encore pas si longtemps que ça, on était en train de se dire qu'Edouard Philippe était intouchable à cette première place.
Aujourd'hui il est 10 points derrière Jordan Bardella. Il y a une vraie bascule dans l'opinion ? Alors il y a une bascule dans l'opinion.
C'est vrai qu'il y a un an, Edouard Philippe était encore en tête du palmarès des personnalités politiques. Au sortir de l'élection municipale de mars 2026, il gagne 6 points et il retutoie la première place juste derrière Jordan Bardella. Là, on On voit qu'on est au sortir d'un mois où Marine Le Pen gagne 6 points, Jordan Bardella en gagne 3.
Ils sont quasiment 10 points devant Edouard Philippe et Gabriel Attal. Mais ce mois-ci, on a aussi Eric Ciotti qui gagne 3 points, Sarah Knaffo qui gagne 4 points, Eric Éric Zemmour qui gagne 3 points parce qu'on est au sortir d'un mois qui a été particulièrement délétère en matière d'inquiétude sur la sécurité et la protection des Français. On a eu les violences post-victoire du PSG. en Ligue des champions, où les Français ont très majoritairement le sentiment que le gouvernement n'était pas à la hauteur pour assurer leur sécurité.
On a eu l'affaire Liana, qui a été extrêmement préoccupée et inquiéter les Français sur la pertinence du système de police, mais surtout sur l'institution judiciaire qui appelle à un big bang, un renversement de la table. Et puis on a eu la canicule aussi, avec peut-être une difficulté des politique à rentrer directement sur la prise de conscience du dérèglement climatique, qui a tourné au débat sur la climatisation. Et sur tous ces sujets-là, le discours d'autorité, de simplicité avec un plan climatisation.
Il est du côté des forces politiques d'extrême droite et finalement, ça ne vient que cautionner leur discours. Donc c'est eux qui mobilisent à plein ce mois-ci. Il n'y a même pas de prime dans le baromètre.
Les Des personnalités écologistes, par exemple, ne gagnent pas de points au sortir quand même d'un dérèglement climatique sans précédent. Elle en perd même, Marie-Tondelier ? Moins deux.
Oui, c'est ça, elle perd des points. Elle est à moins de 50 % de code d'adhésion chez les sympathisants écologistes. Donc, le mouvement, on le voit bien, il suit la demande d'autorité d'une partie de la population et c'est ces candidats-là qui sont crédités sur le site.
Nicolas, vous suivez particulièrement les affaires judiciaires, c'est l'affaire Liana, c'est le fait que les questions de de justice, de moyens de la justice et été mis sur le devant de la scène et choqué les Français qui fait que selon vous dans Le Palmarès sur les dix premiers il y a une personnalité de gauche c'est François Hollande à la neuvième place. le fonctionnement de l'appareil judiciaire, au-delà de la problématique du manque de moyens qui, de mon point de vue, n'est pas la question dans l'affaire Liana, sera un des thèmes majeur de la campagne des présidentielles. Je voulais juste dire un petit mot sur M.
Bardella. Effectivement, je souscris à ce que vient de dire Nathalie, le plus dur ne fera que commencer s'il devait être le candidat du RN. D'abord parce que c'est un homme qui est sous contrôle total, qui est briefé en permanence, qui se bride, qui ne prend aucun risque et d'ailleurs quand il est pris, un peu au dépourvu, souvent il gaffe.
Et puis on attend aussi le programme parce qu'il y a vraiment là deux lignes qui s'affrontent au sein du Rassemblement national. Lui semble avoir pris un virage assez libéral. Vous avez vu la controverse sur la question des retraites, et effectivement ça serait intéressant de se revoir dans trois mois pour voir si les sondages lui sont toujours aussi favorables s'il devait être le candidat.
Il y a un chiffre qui résume bien ça, c'est François Fillon. François Fillon, de 2007 à 2012 à Matignon, il ne descend jamais sous 41 % de bonnes opinions avec un score très plat. Un gros soutien des sympathisants UMP indéfectibles.
Et dès lors qu'il rentre en campagne présidentielle avec déjà le projet sur les déremboursements de la sécurité sociale où ils avaient parlé d'une petite grippe ou de choses comme ça, ça avait déjà à choper. Bon après il y a eu l'affaire Fillon mais c'est vrai qu'on rentre quand on est candidat à l'élection présidentielle sur sur quelque chose de fondamentalement différent. On est étudié sous toutes les coutures et les choses sont beaucoup moins faciles d'un coup. – Alors, 41%, c'est un score qu'en virait Sébastien Lecornu.
Alors, on va regarder la popularité de l'exécutif pour terminer. pour Sébastien Lecornu, mais il est à plus un point. Et je le disais, ce sondage, Erwan, vous l'avez fait en pleine canicule.
Ça veut dire quoi ? Que les Français ne lui tiennent pas rigueur ? Que le procès que font les oppositions sur l'impréparation et le manque d l'anticipation, ça prend pas auprès de l'opinion ?
Il y a deux choses. Un, effectivement, je pense que tout le monde a conscience et les Français ont conscience que le réchauffement climatique, c'est pas de la faute du gouvernement, mais c'est de la faute de... comment dire ?
C'est pas franco-français. Oui, c'est pas franco-français, mais surtout l'impréparation de l'État, je vais le dire comme ça, n'est pas la faute de ce gouvernement, mais de tous les gouvernements depuis 30 ans, première chose. Et ensuite...
Et Sébastien Lecornu, là où il s'en sort à peu près, c'est que je pense qu'il a très bien mis en scène tout ce qui est gestion de risque. C'est-à-dire qu'il a multiplié les cellules interministérielles de crise. Il a beaucoup et très bien communiqué sur la mise en place d'Orsan 1, Orsan 2, Orsan 3.
Donc il est apparu comme le chef de crise. Et à partir du moment où on est dans un un moment d'extrême angoisse, parce que cette canicule a été très angoissante, subite, etc. D'avoir quelqu'un qui mettait en scène le fait que l'État était tenu, je pense que c'est quelque chose qui est mis à son crédit.
Emmanuel Macron, lui pour terminer, il prend deux points 25 % d'opinion est ce que là aussi ça veut dire que l'affaire liana la canicule c'est les français n'en tiennent pas rigueur au chef de l'état alors à la différence de sébastien le cornu oui emmanuel macro est quand même en retrait de la scène nationale était lui plutôt dans une séquence internationale avec le g7 la réception de donald trump à versailles donc en ça il gagne plus tôt des points mais à 25 % il n'est jamais que 5 points au dessus de son score plancher à l 'Elysée, donc ça reste quand même très limité et surtout il ne retrouve pas de bienveillance à moins d'un an de son départ de l'Elysée alors qu'il n'est que sur de l'international. Le sujet c'est que, à mon avis dans l'esprit de beaucoup de Français, Emmanuel Macron n'est pas sur le départ. Soit parce qu'il va jouer un rôle dans la campagne, soit parce qu'il va vouloir revenir en 2032.
Et il y a encore cette clarification-là qui a attendu par les Français pour regagner de la bienveillance à un moment où ils ont plus grand-chose à reprocher au chef de l État. Merci beaucoup. Merci Erwan, Nathalie et Nicolas d'avoir été avec nous.
Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain. Excellente journée.
Sous-titrage Société Radio Sous-titrage Société Radio
Jordan Bardella