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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 décembre 2022 17 min

Emmanuel Macron au Qatar, victoire du Maroc et réforme des retraites... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Laurent Jacobelli

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Qualification de l'équipe de France de football pour les demi-finales de la Coupe du Monde contre l'Angleterre hier de Buzyn, le Maroc attend les Bleus en demi-finales mercredi prochain et Emmanuel Macron se rendra au Qatar puisqu'il s'y était engagé. Si les Bleus rallient le dernier carré, il ira au Qatar. Est-ce qu'il a raison d'aller supporter les Bleus au Qatar ?

0:21
Laurent Jacobelli

Écoutez, ce n'est pas à moi de commenter les déplacements d'Emmanuel Macron mais je pense qu'effectivement un président de la République qui va soutenir son équipe, pour le coup, il n'y a rien de choquant. C'est vrai que ça pose beaucoup de questions. La question de la relation de la France avec le Qatar, la question du fait que cette Coupe du Monde ait été organisée dans ce pays dont on le sait bien, les droits de l'homme ne sont pas respectés. Un pays qui fait aussi la une de l'actualité pour essayer, comment dirais-je, d'attirer les faveurs d'un certain nombre de décideurs politiques dans le monde et notamment en Europe.

C'est un pays effectivement un petit peu sulfureux et toute la question de l'organisation de la Coupe du Monde dans ce pays est posée maintenant qu'elle a été organisée là-bas. Je pense que c'est un fait. On ne peut plus revenir en arrière que le président de la République et y soutenir l'équipe de France. Finalement, on n'est pas si extraordinaire que ça.

1:07
Locuteur non identifié

C'est le rôle du président de la République, dites-vous. Est-ce que des élus du Rassemblement National, de votre parti, prévoient eux aussi d'aller soutenir les Bleus au Qatar s'ils allaient jusqu'en finale ?

1:16
Laurent Jacobelli

Écoutez, je ne le sais pas, je ne connais pas l'emploi du temps de tous nos cadres, de tous nos élus.

1:20
Locuteur non identifié

Vous ne boycotez pas le Qatar.

1:21
Laurent Jacobelli

Mais, écoutez, je ne vois pas en tout cas dans quelle fonction nous sommes aujourd'hui élus qui pourrait justifier un départ au Qatar. Ce n'est pas un pays non plus anodin. C'est un pays où les droits des femmes sont bafoués, je le dis comme tel, où le droit des homosexuels est bafoué. Pire, l'homosexualité y est un crime. C'est un pays dont on le sait très bien, qui n'est pas une démocratie.

1:40
Locuteur non identifié

Mais Marine Le Pen, présidente, y serait allé parce que c'est le rôle d'un président de la République ?

1:43
Laurent Jacobelli

Il faut lui poser la question. Je crois que Marine Le Pen, présidente, en tout cas, fait en sorte de ne pas pratiquer le mélange des genres. Aujourd'hui, nous sommes tellement dépendants pour les énergies, on le voit bien, aujourd'hui, d'un certain nombre de pays. Nous sommes tellement dépendants financièrement d'un certain nombre de pays qu'on est prêt à accepter de certains états des comportements que nous ne tolérons pas chez d'autres. Je pense qu'elle aurait une politique beaucoup plus claire en matière de politique étrangère, notamment par rapport au Qatar.

2:07
Locuteur non identifié

Le président doit demander des comptes, par exemple, au Qatar. Vous évoquiez tout à l'heure l'actualité, c'est notamment ses soupçons de corruption au Parlement européen. Vous attendez d'Emmanuel Macron qu'il demande des comptes à l'Émirat, mercredi ?

2:18
Laurent Jacobelli

Oui, et pas seulement à l'Émirat. D'ailleurs, vous savez, nous, d'une manière générale, nous sommes pour une forme de transparence. Pour la transparence, d'ailleurs, pas une forme. Et c'est pour ça qu'on a demandé à l'Assemblée nationale une commission d'enquête sur les liens entre les partis politiques et un certain nombre de puissances étrangères. Parce qu'on entend beaucoup de choses. Certaines sont de l'ordre du fantasme lorsqu'elles qualifient le Rassemblement national.

Nous, nous aimerions être sûrs que la Chine, le Qatar, n'aient pas des liens trop puissants avec des partis politiques qui pourraient susciter une inclination, on va dire, à plus de favoritisme, plus de tendresse vis-à-vis d'un pays ou de l'autre.

2:51
Locuteur non identifié

Parce qu'on évoque tout ça, donc c'est l'affaire du week-end évoquée par la presse belge des perquisitions à Bruxelles, des arrestations dont celle de l'une des vice-présidentes du Parlement européen, soupçonnée d'avoir été corrompue par un état du Golfe. Le procureur belge ne cite pas le Qatar, c'est la presse qui cite le Qatar et le Qatar se défend d'avoir tenté de corrompre des élus européens. Comme ça, il y a un niveau d'information pour nos auditeurs.

3:12
Présentateur

Laurent Jacobelli, c'est donc le Maroc que la France affrontera en demi-finale mercredi. 20 000 supporters marocains ont fêté sur les Champs-Elysées, par exemple hier, la fantastique épopée qui se poursuit de ce pays. C'est une première pour ce pays et pour un pays africain en demi-finale. Le poète, l'écrivain Tahar Benjeloun, invité de France Info ce matin, se disait qu'il s'attendait à un très grand moment de fraternité entre ces deux peuples mardi. C'est aussi comme ça que vous anticipez, que vous envisagez la rencontre ? Ah bah écoutez, moi je vois le sport

3:38
Laurent Jacobelli

comme une opposition, effectivement, mais une opposition fraternelle dans le cadre de règles. Vous disiez que 20 000 Marocains avaient défilé hier sur les Champs-Elysées. Vous êtes sûr qu'ils seront marocains ? Franco-marocains, binationaux... Mais c'est bien la question. C'est pour ça que je vous la pose. Vous faites bien de le préciser, bien sûr. Il y a aujourd'hui sur le territoire national des gens qui ont la carte nationale d'identité française et qui pour autant ne vibrent pas pour la France, qui vibrent pour un autre pays. Et certains ont vibré après pour la France. On les deux, bien sûr. J'ai terminé mon propos.

On peut le comprendre, mais on le comprend moins lorsqu'il y a des exactions. Vous aviez dit, vous avez parlé hier de l'aspect fait. On pourrait parler...

4:10
Présentateur

73 interpellations.

4:11
Laurent Jacobelli

On pourrait parler aussi de l'aspect casse. Il y a hier des soi-disant supporters qui s'en sont pris aux forces de l'ordre. Et là, on n'est plus dans le football. On est dans la revendication communautaire. On est parmi un groupe de gens qui ne se considèrent pas comme français, mais comme profitants des droits de la France avec une fidélité qui est à un pays étranger.

4:30
Présentateur

Pire encore... On sait qu'ils se considèrent vraiment comme ça parce qu'eux disent aussi qu'ils supportent la France, qu'ils souhaitaient que la France rejoigne le Maroc en demi-finale, etc.

4:36
Laurent Jacobelli

Ceux dont on parle et qui agressent. Notamment, agresser des policiers, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ce soir, l'équipe du Maroc a gagné. Eh bien, nous, on va s'en prendre au symbole de l'autorité française. Il y a là un symbole de ce qui est devenu notre pays, d'agglomération de communautés différentes, alors que le modèle de l'assimilation française que nous, nous défendons, c'est de faire en sorte que quand quelqu'un arrive en France, il vive en français, il parle français, il aime la culture française, il se comporte avec les valeurs jusqu'à l'habillement, la langue de la France.

5:05
Locuteur non identifié

Vous étiez choqué de voir des drapeaux étrangers sur les Champs-Elysées ?

5:07
Laurent Jacobelli

Oui, on va être clair. Moi, je suis choqué quand je vois certains mariages où il y a le drapeau algérien aux voitures. Je suis choqué lorsqu'il y a effectivement des voitures qui se baladent, en dépit de toutes les règles d'ailleurs, violent toutes les lois du code de la route, qu'on laisse faire avec des drapeaux étrangers.

5:24
Locuteur non identifié

Voir des drapeaux marocains, ça vous a dérangé hier ?

5:26
Laurent Jacobelli

Ça m'a dérangé par le phénomène que je viens de vous dire. C'est-à-dire que ce ne sont pas des gens qui manifestent un amour de leur pays d'origine. Il y a au-delà, il y a ça aussi bien sûr, mais il y a au-delà des exactions et une espèce de défi à la France et à l'autorité de la France. Je pense que ce n'est pas supportable. Et on l'a vu à chaque fois que l'Algérie et le Maroc, disons-le, jouent au football. Il y a en France des débordements. Non mais au football en général, on l'a vu en 2019 par exemple, ce n'est plus tolérable.

Il n'y a pas un système à deux vitesses en France où les Français doivent respecter les règles et puis certains Français d'origine étrangère, eux, n'ont pas à les respecter lorsqu'ils gagnent un match de foot. Tout cela n'est plus tolérable. Il y a derrière de l'agressivité envers la France qu'on ne peut pas nous-mêmes nourrir.

6:08
Présentateur

Ce n'est pas un peu contradictoire de vouloir rappeler tout ça, d'insister là-dessus ? Alors vous dites juste avant, ça va être un grand moment de fraternité, c'est du sport. Le Maroc, indépendant depuis 1956, il n'y a pas eu de guerre entre la France et le Maroc. Il y a ce qu'il devrait être,

6:20
Laurent Jacobelli

c'est-à-dire qu'il y a des Français d'origine marocaine, italienne, algérienne, tout ce que vous voulez, qui vivent en France. Mais le modèle que nous, nous défendons, c'est qu'ils doivent vivre avec nos coutumes, avec nos règles. Ils doivent être fiers d'être Français.

6:34
Présentateur

Demain, quelle équipe ils vont soutenir ?

6:39
Laurent Jacobelli

L'équipe du Maroc ou l'équipe de la France ? L'équipe du pays dans lequel ils travaillent, dans lequel ils payent des impôts, qui leur payent leur santé, comme à tous les citoyens français d'ailleurs, qui leur préparent leur retraite, ou le pays dont ils sont originaires. Est-ce que la France n'est simplement qu'un lieu où on travaille, où on se fait soigner, ou est-ce que la France, c'est une patrie de cœur ? C'est un vrai débat fondamental, et c'est toute la question de l'immigration qui est posée.

6:59
Locuteur non identifié

À Fréjus, un quartier s'est vu privé de subvention, après des incidents survenus, non pas hier soir, mais mardi soir. Ça veut dire que les débordements de quelques-uns justifient la punition de tous.

7:12
Laurent Jacobelli

Ça veut dire simplement...

7:13
Locuteur non identifié

C'est ici que le maire de Fréjus est issu de vos rangs, du Rassemblement national.

7:15
Laurent Jacobelli

Tout à fait, mais je pense qu'il faut maintenant envoyer un signal très clair. L'impunité, c'est fini. Tabasser des policiers sous prétexte qu'on a gagné un match de foot, ou d'ailleurs sous tout prétexte, parce que maintenant c'est pratiquement quotidien, ça suffit. Mais c'est des subventions pour une micro-crèche,

7:28
Locuteur non identifié

pour du soutien aux femmes,

7:29
Laurent Jacobelli

pour des cours de français. Le fait que des quartiers entiers se soulèvent contre la France, alors que nous sommes en territoire français, c'est fini. Qu'il y ait des zones de non-droit ou de non-France en France, c'est fini. En tout cas, ce sera fini avec le Rassemblement national. Notre pays doit être uni. Il faut arrêter d'accepter ce flux migratoire qui arrive en France, et qui met en danger, qui sape nos valeurs. La France n'est pas une juxtaposition de communautés. La France, c'est une nation. Il faut le réaffirmer. Et bien, tous ceux qui ne veulent pas le jeu, tous ceux qui sont hors jeu doivent en tirer les conséquences. Et je dis bravo au maire de Fréjus, David Racheline.

8:01
Présentateur

Laurent Jacobelli, député de Moselle, porte-parole du Rassemblement national, et l'invité de France Info ce matin. On se retrouve juste après le Fil Info, 8h41, William Delesseux.

8:09
Invité

C'est fait, l'équipe de France est dans le dernier carré de la Coupe du Monde de football. Victoire 2 buts à 1 face à l'Angleterre en quart de finale. Début signé Aurélien Chouameni et Olivier Giroud côté français. Le capitaine anglais Harry Kane inscrit un pénalty avant de rater le deuxième. Une rencontre dominée par les Britanniques. Mais finalement, emportée par les Bleus. Victoire des Marocains contre le Portugal aussi. 1 à 0. Les Lyons de l'Atlas, première équipe africaine de l'histoire à atteindre ce dernier carré. L'affiche de la demi-finale, c'est donc Maroc-France à 20h ce mercredi. Plus que deux étapes salue le président Emmanuel Macron.

Donc après cette victoire des Bleus, il sera bien dans les tribunes à Doha pour assister au match, confirme sur France Info. La ministre des Sports, Amélie Oudea Castera. C'est une première hors de Paris. Le RER arrive à Strasbourg et les trains commencent à circuler aujourd'hui. Concrètement, ce réseau express métropolitain européen consiste à augmenter l'offre de transport avec 800 trains supplémentaires par semaine.

9:08
Locuteur non identifié

France Info Laurent Jacobelli, député RN de Moselle.

9:18
Présentateur

Nous allons parler de la réforme des retraites. A venir maintenant, la première ministre Elisabeth Borne va en dévoiler les grandes lignes jeudi prochain. Avant cela, elle va rencontrer les groupes parlementaires. Que va lui dire Marine Le Pen ?

9:29
Laurent Jacobelli

Écoutez, je pense que nous lui rappellerons la réforme des retraites que nous nous proposons. Si quelqu'un a commencé à travailler avant 20 ans, c'est 60 ans, 40 annuités. Et puis après, c'est progressivement jusqu'à 62 ans, 42 annuités. Mais honnêtement, quel curieux agenda au moment où les Français souffrent d'une baisse de pouvoir d'achat, au moment où on manque de tout. Ça va du Doliprane à l'énergie, au moment où on leur demande de se serrer la ceinture, de baisser le chauffage, au moment où la vie quotidienne est devenue finalement un sport de combat. On leur dit, en plus, on va vous en rajouter une couche, on va décaler l'âge de la retraite. Mais pourquoi faire ?

Pourquoi fait Mme Borne ? Parce qu'honnêtement, aucun indicateur économique ne le justifie. Le problème, c'est la réforme en tant que tel ou le moment où elle est faite ? Les deux. Les Français peuvent comprendre qu'on est des périodes difficiles à traverser. Mais je pense qu'ils ne comprendront pas une réforme inutile qui arrive au moment où ils souffrent le plus.

10:21
Locuteur non identifié

Cette retraite à 65 ans, elle n'a aucun sens. C'est non de décaler l'âge, quel que soit l'âge proposé par Emmanuel Macron. Puisqu'il y a toujours cette idée, est-ce que c'est 65 ans, 64, voire 63, avec plus de cotisations comme le proposent les Républicains ? Quel que soit l'âge, vous dites non.

10:34
Laurent Jacobelli

Aujourd'hui, le pire scénario possible, ce serait pendant une dizaine ou une quinzaine d'années, un déficit de 10 milliards par an des caisses de retraite.

10:42
Locuteur non identifié

Pour vous, c'est 63, 64 ou 65 ?

10:45
Laurent Jacobelli

Je suis clair, c'est non. C'est non parce qu'il s'agit d'un modèle social, pas d'un modèle économique, notre modèle des retraites. Un modèle social, où on dit en France que nos anciens ont le droit de vivre en bonne santé et tranquille après une vie de labeur. Notamment un certain nombre d'entre eux qui ont travaillé dur, qui arrivent à l'âge de la retraite de plus en plus fracassés pour certains, psychologiquement ou physiquement. Alors cette retraite, quel sens elle a ? Aucun. Je le répète, nos caisses sont cette année excédentaire, elles le seront l'année prochaine. Au pire, un déficit de 10 milliards par an, c'est le coût de la solidarité nationale et ce coût, nous l'acceptons.

Il faut un modèle social. Madame Borne a décidé d'engager cette réforme. Il faut dire à vos auditeurs, à vos téléspectateurs, pourquoi ? C'est en échange du plan de relance de 40 milliards que nous accorde l'Union Européenne. En échange... C'est pas ce que dit le gouvernement. C'est ce que dit Olivier Duss, en tout cas il l'a admis devant le Sénat. Parmi les actes de contrition qu'a fait la France pour aller supplier d'avoir 40 milliards à l'Union Européenne, il y a la réforme des retraites que veut absolument l'Union Européenne. Mais le modèle que veut nous imposer Bruxelles n'est pas le modèle français.

Nous avons une histoire différente, nous avons un système par répartition assez différent de ce qui se passe dans les autres pays. Ce modèle social, nous devons l'assumer. Au contraire... Mais ce n'est pas que Bruxelles,

11:57
Locuteur non identifié

la majorité, Maude Bréjon, hier, votre homologue chez le groupe Renaissance, porte-parole du groupe de la majorité, disait que les Français ont donné mandat. Cette réforme des retraites, elle a été portée à la présidentielle et elle a été portée ensuite par les députés aux législatives. Elle n'est pas imposée par Bruxelles, elle a été tranchée dans les urnes.

12:14
Laurent Jacobelli

Par quel Emmanuel Macron, celui qui disait en 2017 qu'il ne toucherait jamais au système des retraites ? Par quel député ? Ceux qui n'ont pas réussi à ramener... Par l'Emmanuel Macron de 2022. Ceux qui n'ont pas réussi à ramener une majorité pour le président de la République à l'Assemblée nationale ? Non, honnêtement, tout cela ne tient pas la tête. Je pense que... Ne tient pas la route, pardon. Je pense que si on interviewait aujourd'hui les Français sur leur système des retraites, je pense qu'ils nous diraient qu'ils y sont attachés. Mais une fois encore, il n'y a pas derrière de réelle urgence économique à établir cette réforme.

Vous savez, Mme Borne se comporte en petit robot téléguidé par Bruxelles. Elle applique ce qu'on lui demande d'appliquer, souvent sans cœur, avec beaucoup de froideur.

12:52
Présentateur

Je pense qu'elle ferait mieux de réfléchir au sort des Français. Une dernière question, quand même, sur la réforme des retraites. Et peut-être pour clarifier, parce que ça va concerner directement et concrètement la vie des Français, sans réforme, de toutes les façons. Et c'est le Conseil d'orientation des retraites qui le dit. L'âge de départ à terme, en 2040 notamment, sera de toutes les façons à 64 ans, puisqu'il y a notamment la réforme touraine précédente. Vous, vous dites, 62 ans, c'est important. Alors concrètement, est-ce que ça veut dire qu'on ne change rien, on laisse les choses comme ça, naturellement, les choses vont se faire ?

Ou alors, il serait même de bon ton de sacraliser cet âge de départ à 62 ans ? Oui, nous, on veut le sacraliser, 62 ans,

13:25
Laurent Jacobelli

avec 42 annuités. On peut revenir même sur les efforts précédents. Avec 42 annuités. Mais je vais vous dire, il faut bien sûr renflouer les caisses retraites. Mais pour ça, plutôt que de s'en prendre... Une fois encore, aux Français qui subissent les décisions du gouvernement, il faut créer de l'emploi. Il y a plus de 5 millions de chômeurs en France aujourd'hui. Ça veut dire des gens qui ne cotisent pas, parce que vous savez très bien que les cotisations retraites sont liées à l'activité. Et donc, il faut ramener du travail en France. Ça veut dire contrôler la mondialisation. Ça veut dire du patriotisme économique. Il faut relancer aussi la natalité.

Il faut une politique nataliste pour aider les familles, notamment avec des prêts à théo-zéro, comme le propose Marine Le Pen, lorsque l'on a des enfants, prêts non remboursables à partir du troisième enfant. Et avec des travailleurs venus de l'étranger aussi, ça fait rentrer des cotisations. Non, quand on a 5 millions de chômeurs, on n'a pas besoin de travailleurs qui viennent de l'étranger. Vous savez, les métiers en tension pour aujourd'hui trouver des Français qui veulent bien les occuper, il faut augmenter les salaires. Nous, on propose qu'au-delà de 10% d'augmentation, ces 10% d'augmentation de salaire sont exonérés de charges patronales.

14:20
Locuteur non identifié

Laurent Jacobelli, dans cette réforme des retraites, il y a la question de l'âge de départ.

14:23
Laurent Jacobelli

Il n'y a pas que ça.

14:24
Locuteur non identifié

Il y a la pension minimale. Il y a une meilleure prise en compte de la pénibilité, le cumul emploi retraite, la meilleure prise en compte du congé parental. Tout ça, pour vous, ça ne suffit pas à effacer votre opposition au recul de l'âge de départ.

14:36
Laurent Jacobelli

Mais bien sûr que non, parce que c'est un jeu de dupe. Vous ne voterez pas ces amendements-là, ces mesures-là. C'est un jeu de dupe lorsqu'on dit que le minimum retraite sera à 1 200 euros par mois. Mais c'est faux, c'est faux, parce que ça, ça veut dire pour tous ceux qui auront comptisé pleinement, or, on le sait bien aujourd'hui, avec des parcours professionnels souvent chaotiques, eh bien, il est très rare d'arriver avec un taux plein. Vous savez, aujourd'hui, un Français sur deux arrive à la retraite en étant soit chômeur,

15:00
Locuteur non identifié

vous le cumule encore retraite vantée par Emmanuel Macron pour dire, voilà, ça permettra de...

15:04
Laurent Jacobelli

Elle va peut-être alléger les caisses retraites, et encore, j'en suis pas sûr, mais elle va aggraver la caisse chômage. Je vous le dis, ça n'a pas de sens ni historique par rapport à ce que nous portons comme système de retraite, ni économique.

15:15
Locuteur non identifié

Question rapide, Laurent Jacobelli, les organisations de gauche sont en train de fixer une date, sans doute le 21 janvier. En général, le Rassemblement national ne participe pas aux manifestations dans la rue. Vous ferez exception pour les retraites ?

15:25
Laurent Jacobelli

Je ne crois pas. Nous faisons notre travail de parlementaire. Vous voyez, il y a un parlement aujourd'hui en France. Alors, je sais que le gouvernement semble l'éviter au maximum. Apparemment, la gauche, elle, a renoncé à y travailler. Elle veut travailler dans la rue. Je pense que c'est au parlement que doit se faire le débat. Une fois encore, allez, on va parier. Il nous sera volé par un 49.3 par Mme Borne. Mais je pense que le manque d'esprit démocratique du gouvernement ne doit pas aboutir à une politique de la rue. La politique, elle se fait à l'Assemblée nationale.

15:53
Présentateur

On vient de parler des fins de carrière avec la réforme des retraites. Il y a aussi ce sujet très important également sur la fin de vie. Convention citoyenne sur la fin de vie en ce moment. Ça y est, les 150 citoyens tirés au sort travaillent sur ces sujets-là. Il y a un groupe de travail parlementaire. Également, comment doivent se passer les choses, d'après vous ? Le Parlement reprend ses propositions telles qu'elles ou en tout cas avec beaucoup d'attention ? Moi, je suis vraiment étonné par ce contournement

16:16
Laurent Jacobelli

systématique du Parlement. Soit... Mais pas des citoyens. Soit contournement frontal par le 49.3, soit le contournement par des comités. Je n'ai rien contre les 150 citoyens tirés au sort. Mais est-ce que vous croyez vraiment qu'on va diriger ce pays et notamment prendre des décisions de sociétés fondamentales comme sur la fin de vie par 150 personnes tirées au sort ? On a un système en France qui s'appelle la démocratie où tous les électeurs adultes vont voter. Ils élisent des députés qui décident de la loi. Ce débat doit avoir lieu de manière publique au cœur de l'Assemblée nationale.

16:48
Présentateur

Et clause de conscience pour les députés sur ces sujets très personnels, très importants et concrets dans

16:52
Laurent Jacobelli

Groupe RN. Oui, bien sûr. Là, on n'est pas dans l'idéologie. Là, on n'est pas dans un programme économique, social ou même national, politique. On est dans l'intime. On est dans ce que l'on ressent. C'est la perception des choses sur la fin de vie. Donc là, effectivement, on est dans une décision presque plus individuelle que collective pour chaque député.

17:11
Présentateur

Merci à vous, Laurent Jacobelli, député RN de Moselle, porte-parole du Rassemblement national. Merci à vous,