L'Arménie inaugure une liaison ferroviaire vers la Turquie et l'Unio européenne
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- 0:30Sébastien GobertFait
« L'Arménie obtient la possibilité de commercer presque directement avec la Turquie, ce qui est inédit depuis la fermeture de la frontière en 1993. »
- 0:45Sébastien GobertFait
« L'ouverture de cette liaison ferroviaire s'inscrit pleinement dans son choix géopolitique d'intégration euroatlantique. »
- 4:30Sébastien GobertFait
« Il y a un itinéraire ferroviaire direct vers la Chine à travers la Russie et le Kazakhstan. »
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Ce dimanche 24 mai, le premier ministre arménien Nicole Pachignan a annoncé l'ouverture d'une liaison ferroviaire entre son pays, la Geéorgie et la Turquie. Ça peut paraître anodin, c'est un petit tronçon de voie ferrée à l'échelle du Caucase. Mais c'est un effort majeur de désenclavement de l'Arménie et de son économie.
L'Arménie obtient la possibilité de commercer presque directement avec la Turquie, ce qui est inédit depuis la fermeture de la frontière en 1993. Mais elle consolide aussi son accès au marché européen à travers le réseau ferroviaire turc. À quelques jours des élections législatives où Nicole Pachignan va jouer sa survie politique he le 7 juin, et bien il signe ainsi un coup politique qui pourrait lui permettre de gagner des points puisque l'ouverture de cette liaison ferroviaire s'inscrit pleinement dans son choix géopolitique d'intégration euroatlantique et de dissociation des intérêts et des réseaux russes.
Alors, c'est intéressant en soi, mais évidemment, il y a des défis qui sont attenants à cette décision et il y a aussi des obstacles. Alors, parlons-en. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette petite vidéo donc pour parler de l'ouverture de cette liaison ferroviaire.
Je ne vais pas commenter ici l'attaque russe contre Kief dans la nuit de samedi à dimanche. Je pense que ça a été beaucoup commenté par ailleurs. Fondamentalement, il n'y a pas vraiment grand-chose qui a changé hein, sauf en amplitude, sauf vraiment en volume de drones et de missiles qui ont été envoyés contre Kief.
Mais ça, j'en avais déjà parlé dans mes précédentes vidéos. On est de manière crchendo que ce soit les attaques russes contre l'Ukraine ou les attaques ukrainiennes contre la Russie. Il y a eu évidemment l'utilisation pour la troisème fois d'un missilechnik qui a visé une cible sur Bilatzer qui est à 100 km au sud de Kiev.
Mais on fait beaucoup beaucoup de bruit autour de ce missile hypersonique, autour de ce missile de portée intermédiaire qui effectivement vole très vite et qui effectivement peut porter des oggives nucléaires. Mais c'est la troisième fois que les Russes l'utilisent et c'est la troisième fois qu'on ne comprend pas vraiment pourquoi ils l'utilisent. étant donné que sans charge explosive et bien ce missile est loin de faire autant de dégâts que les centaines de charred et les dizaines de missiles qui ont été lancés sur Kief.
Et là, je pense que vous avez tous vu les images. Donc cela étant dit, je reviens sur le Caucase. C'était ce dimanche 24 mai.
Nicole Pachignan a annoncé l'ouverture de cette liaison ferroviaire. La liaison ferroviaire vers la geéorgie, elle était déjà ouverte. Elle date de l'époque soviétique, mais c'est le tronçon entre la ville georgienne de Ahalkalaki et la ville turque de Cars qui a été ouvert et qui est disponible pour les exportations depuis l'Arménie et les importations vers l'Arménie.
Nicole Pachignan dans son annonce en a fait un symbole de l'ouverture géopolitique de l'Arménie et du désenclavement du pays. Puisque en plus de cette nouvelle route vers la Turquie et l'Union européenne, il a rappelé que il y a un itinéraire ferroviaire direct vers la Chine à travers la Russie et le Kazakhstan et que dans le futur, une liaison ferroviaire doit être ouverte entre l'Azerbaïdjan, l'Arménie et la Turquie à travers ce que l'on connaît comme ce corridore de paix et de prospérité Trump qui date donc de la signature de cet accord de paix. en août 2025, j'en avais fait une vidéo sur le sujet et donc évidemment Nicole Pachignan se réjouit euh de cette ouverture et se réjouit de ce désenclappement, sachant que son économie en a grandement besoin.
Ce développement dans le secteur ferroviaire, c'est une des conséquences plus ou moins directes de la signature de cet accord de paix donc à Washington en août 2025 puisque dès novembre 2025, un chargement de denrée alimentaire russe était arrivé en Arménie en transitant par le territoire azerbaïdjanais après que Baku avait levé toutes les restrictions au transit ferroviaire vers l'Arménie. Et comme on l'a compris évidemment, les relations entre l'Arménie et la Turquie, évidemment, elles ont leur logique propre, mais Ankara est tout à fait dépendante de Baku dans son positionnement par rapport à Yvan. Ça, je vais y revenir très vite.
Alors, donc l'ouverture de cette liaison ferroviaire et d'une manière générale les développements dans le secteur ferroviaire et bien c'est une excellente nouvelle pour l'économie arménienne, évidemment aussi pour Nicole Pachian qui comme j'ai dit joue sa survie politique lors des prochaines élections. Mais il y a donc des défis et certains obstacles. D'abord évidemment l'écartement des voix.
Comme vous le voyez sur cette carte, l'Arménie comme tout le reste du Caucas du Sud et bien elle a un système qui est hérité euh de l'époque russe et de l'époque soviétique, c'est-à-dire un écartement à 1520 mm. Et donc ça implique à un moment du trajet soit un transbordement des marchandises d'un train vers un autre, soit tout un travail pour changer l'écartement des roues. Comme vous le voyez sur cette carte, ce travail et bien il se fait dans la ville georgienne de Haralkalaki.
Donc venant d'Arménie, c'est la fin de la voie à 1520 mm d'écartement et c'est le début de la voie à 1435 mm d'écartement qui est le standard européen et qui donc fait que un train qui partirait de cette ville georgienne et bien il peut se déplacer plus ou moins librement dans tout le reste de l'Europe. Mais donc voilà quelque chose qui rajoute encore au temps et au coût de transport. Deuxème défi, c'est que c'est très bien de libéraliser les échanges avec la Turquie et avec l'Union européenne, mais est-ce que l'économie arménienne est prête ?
On sait d'ors et déjà que les produits turcs trouvent leur voie vers les marchés arméniens et notamment les produits agricoles et textiles sont ultra compétitifs et donc si jamais on réduit les coûts de transport et le temps de transport et bien ces produits seront encore plus compétitifs et ils pourraient nuire à l'agriculture et à l'industrie locale. À l'inverse, on ne voit pas vraiment ce que les marchés arméniens peuvent avoir de compétitif par rapport au marché turc ou au marché européens. Et donc ouvrir son économie, libéraliser les échanges et désenclaver le pays, c'est très bien en soi.
Mais il y a quand même une grande question de savoir si les marchés arméniens sont prêts à faire face à une concurrence internationale exacerbée. Il y a aussi un autre élément que moi j'identifie tout de suite dans cette histoire, c'est que si l'on se réjouit de l'ouverture d'une liaison ferroviaire entre l'Arménie, la Geéorgie et la Turquie, et bien ça veut dire qu'on est encore très loin de la perspective d'une ouverture de la frontière entre la Turquie et l'Arménie et la reprise d'échange direct puisque comme vous le voyez sur les cartes et bien là il s'agit de faire quand même un sacré détour alors que entre Guillumer et Cars et bien il serait beaucoup plus rentable d'avoir une liaison ferroviaire directe. Ça, cette question de l'ouverture de la frontière évidemment comme on sait elle est dépendante de la question du processus de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
À un point tel que récemment, on a entendu l'ambassadeur d'Azerbaïdjan à Ankara affirmer que cette frontière ne serait pas ouverte avant les élections législatives à Yvan et avant des amendements constitutionnels parce que la Constitution arménienne actuelle fait encore mention et c'est quand même très révélateur que l'ambassadeur d'un pays tiers vienne dicter à Ancara sa politique notamment sa gestion de sa propre frontière et puis ensuite il y a encore un autre obstacle qui est que le réseau ferroviaire arménien est opéré à 100 % par RZD qui est la compagnie nationale ferroviaire russe et cela en vertu d'une concession qui a démarré en 2008 et qui doit s'étaler sur 30 ans donc jusqu'en 2038 et donc ça veut dire que même si ces liaisons ferroviaires sont ouvertes et bien Yerevan et le gouvernement de Nicole Pachignan a quand même une marge de manœuvre assez limitée et si à un moment donné les Russes veulent lui mettre les bâtons dans les roues. Et bien c'est tout à fait possible. Et ça c'est vrai pour cette liaison entre l'Arménie, la Geéorgie et la Turquie.
Mais ça sera vrai aussi quand on discutera des détails logistiques sur le corridor de la paix et de la sécurité Trump, donc au sud de l'Arménie, le long de la frontière avec l'Iran. Si jamais il y a une liaison ferroviaire qui est imaginée sur ce corridor en plus de la liaison routière, et bien les Russes auront leur mots à dire. Et les Russes pour l'instant sont particulièrement vent debout contre Nicole Pachignan.
On l'a vu dans une récente rencontre entre Nicole Pachignan et Vladimir Poutine. On le voit dans les déclarations de différents propagandistes et puis pour ne pas le nommer, on le voit dans une récente déclaration de Dimitri Melvedf qui a pour le coup mais clairement l'Arménie en garde de ne pas prendre la Russie pour des imbéciles pour rester poli et en la menaçant de représaille si elle cherchait à se dissocier de trop de la Russie. Et donc on voit qu'il y a quand même énormément de questions et énormément de défis qui sont soulevés par cette grande entreprise géopolitique de Nicole Pachignan de vouloir et bien désenclaver son pays, de vouloir se dissocier des réseaux et des intérêts russes et de vouloir accélérer son orientation euro-atlantique.
On aura l'occasion de revenir sur tout ça. Évidemment, je vais suivre les élections du 7 juin donc en Arménie. Pour l'heure, merci beaucoup d'avoir suivi cette vidéo jusqu'au bout.