Nicolas Dupont-Aignan sur France 24 et Radio France internationale 08/02/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 67 %Attaque 23 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:07OuverteRéponse directe
Est-ce que la suppression du pass sanitaire est une priorité absolue ?
- 9:14OuverteRéponse directe
Votre programme propose de faire rester les personnes âgées chez elles. Comment comptez-vous financer cela ?
- 14:39RelanceRéponse partielle
Comment financeriez-vous une hausse de 8% des salaires jusqu'à trois fois le SMIC ?
- 19:09OuverteRéponse directe
Vous proposez un bagne aux Kerguelen pour les terroristes. Pourquoi ?
- 22:07OuverteRéponse directe
Vous demandez le retour de l'autorité des professeurs. Comment comptez-vous la rétablir concrètement ?
- 27:01OuverteRéponse directe
Donnez-nous un aphorisme sur la souveraineté.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:28Invité politiqueChiffre
« 73 études. »
- 15:16Invité politiqueChiffre
« J'ai pris le chiffre de 20 milliards qui est le plus faible parce que ça va jusqu'à 50. »
- 16:42Invité politiqueChiffre
« 23%. »
- 17:00Invité politiqueFait
« Je baisse les charges prélevées par l'État entre le brut versé par l'entreprise. »
- 18:35Invité politiqueFait
« Il faut une perpétuité réelle. »
- 22:11Invité politiqueFait
« Il a toujours maintenu les sanctions contre la Russie qui sont en dépit du bon sens. »
- 28:40Invité politiqueFait
« On ne peut pas réduire un arbre à ses racines. »
- 28:59Invité politiqueFait
« Soit du génie, soit de la folie. »
- 29:18Invité politiqueFait
« Celui qui gagne, c'est celui qui a lutté un quart d'heure de plus que l'autre. »
- 30:15Invité politiqueFait
« C'est pas français. »
- 30:23Invité politiqueFait
« Les noms propres ne s'accordent pas. »
- 31:07Invité politiqueFait
« En maternelle, il y avait un autre Nicolas Dupont. »
- 31:20Invité politiqueFait
« On a mis le nom de ma mère à côté pour différencier deux élèves qui avaient le même. »
- 31:32Invité politiqueFait
« Elle m'a apporté la curiosité des choses, l'amour. »
- 31:44Invité politiqueFait
« Elle était artiste, peintre. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan60 %
- Présentateur14 %
- Présentateur 212 %
- ?9 %
- Locuteur non identifié5 %
≈ 51,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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C'est
l'heure de Mardi Politique sur France 24 RFI. Bonsoir Frédéric Rivière. Bonsoir Roselyne, bonsoir à tous. Et ensemble nous recevons Nicolas Dupont-Aignan. Bonsoir. Bonsoir à vous. Président de Debout la France et candidat à la présidentielle. Merci d'avoir accepté notre invitation. Alors nous vous interrogerons sur l'actualité française et internationale qui est chargée avec la visite d'Emmanuel Macron à Moscou et à Kiev. Ce sera le monde en face. Et puis avec Frédéric Rivière, le moment aphorisme.
Oui
l'aphorisme c'est une, vous le savez Nicolas Dupont-Aignan, une formule, une pensée synthétisée en quelques mots. Je vous demanderai donc de vous prêter à cet exercice sur un certain nombre de sujets que je vous proposerai.
Et
puis tout n'est pas politique pour vous connaître un peu plus. Et enfin la chronique Parfum de campagne avec Lucille Gimbert. Mais tout de suite le portrait. Nicolas Dupont-Aignan, on vous appelle le kamikaze. Vous foncez quoi qu'il arrive. Obstiné, hyperactif, rebelle.
Quand
vous claquez la porte d'un plateau télé en hurlant émission de merde. Claquez les portes. Je n
'ai
jamais dit ça. Claquez les portes, vous adorez. Vous claquez celle de l'UMP il y a 15 ans pour monter votre propre boutique, Debout la République, rebaptisée Debout la France. Obstiné, oui, car vous préférez un petit chez vous qu'un grand chez les autres. Obstiné, car c'est votre troisième candidature à l'élection présidentielle. Et pas besoin d'être Madame Soleil pour savoir que vous risquez bien de ne pas être là au premier tour et plus encore peut-être passer la barre des 5%. Mais on verra. Pour vous faire rembourser vos frais de campagne. D'ailleurs, vous êtes lucide. L'humour est parfois une force. Enfin, espérons que c'est de
l
'humour, puisque lorsque vous déclarez,
je
vous cite.
En
fait, quand j'y réfléchis, je suis un meilleur candidat de second tour que de premier tour. Le problème, c'est qu'il faut accéder à ce second tour. C'est tout mon drame.
En
politique, vous tentez des ralliements qui font pchit, comme l'un des personnages dans les bronzés fonds du ski. Vous espérez conclure sur un malentendu. Mais ça ne marche jamais. Est-ce que c'est parce que vous êtes trop libre ou c'est parce que vous êtes trop compliqué ?
Ah,
peut-être un peu des deux.
C
'est parce que
j
'ai commencé ma carrière politique
avec
Philippe Séguin,
que
j'aimais profondément, qui était un homme d'État, qui n
'était
pas commode,
mais
qui aurait pu être un très grand président de la République et qui n'a jamais osé
couper
le cordon. Oser couper le cordon avec Jacques Chirac, oser couper le cordon avec les autres. Et j'ai vécu de l'intérieur cet immense gâchis pour la France.
C
'était hier les 30 ans de Maastricht. Si vous relisez le discours pour la France à l'Assemblée nationale de Philippe Séguin, tout ce qui s'est produit depuis 30 ans de décrépitude de notre pays était écrit et prévu. Et donc, c'est peut-être ce qui explique le côté un peu, non pas kamikaze, mais entier.
Et
vous savez, être membre d'un gouvernement qui mène une politique contraire aux intérêts du pays, ça ne m'excite pas.
Et
donc, je préfère être moi-même, dire ce que je crois pour l'avenir de mon pays. Et puis après, c'est aux Français de juger. Mais je trouve honnêtement que je n
'ai
pas le sentiment qu'il y
ait
tant d'hommes politiques qui disent ce qu'ils pensent.
Je pense qu'on sait que je parlais de liberté. Donc, la liberté, je
la revendique. Et puis, je pense que les Français aussi, s'ils veulent croire en la démocratie,
il
faut qu'il
y ait
quand même des hommes politiques qui disent réellement ce qu'ils pensent bon pour le pays. Enfin, je pense que la situation est tellement grave
qu
'il ne faut pas préjuger la suite.
Et je ne crois pas trop les sondages. Heureusement, d'ailleurs. Malheureusement, c'est vrai que les sondages, depuis la candidature d'Éric Zemmour, vous avez perdu un certain nombre de points dans les intentions de vote. Alors, précisément, est-ce qu'à un moment, vous pourriez vous tourner vers lui ? Dans son livre, La France n'a pas dit son dernier mot, on vous prête l'intention, éventuellement, vous lui auriez dit en 2017 que s'il était devant vous, qu'il était mieux placé, qu'il se lançait, vous pourriez le rejoindre ?
Écoutez, ma ligne est très claire. Je suis candidat gaulliste. Je partage avec certains le goût de l'indépendance du pays. Mais le gaullisme, pour moi, c'est aussi le rassemblement des Français. J'ai un projet solide.
Mais Éric
Zemmour ne
rassemble pas, pour
vous.
Il a une autre façon de faire de la politique, il a une autre vision. J'estime qu'il
y a
deux tours de scrutin. Les sondages, je vois à sondage 1, les derniers sont à 3, 4, ça dépend des jours. Je m'en fiche complètement parce que je crois qu'on va voir qui est sur la ligne de départ, on va voir le projet, et c'est quand même aux Français de déciser. Souvenez-vous d'Éric Ciotti dans les sondages de la primaire, il était à 0,5 et puis il est arrivé à 40%.
Ce
que je veux dire par là, c'est que l'état du pays est tel, l'inquiétude des Français est telle, leur volonté de tourner la page, que
mon
devoir, c'est de leur offrir un choix. J'offre un projet, un projet chiffré, une vision de l'indépendance du pays, du rassemblement des Français, et
c'est à eux de choisir. C'est tout. Et
puis on verra le
résultat.
– Quelle
est la différence que vous faites entre Éric Zemmour et Marine Le Pen ou entre le rassemblement national et le parti ex
nihilo
de Éric
Zemmour ?
– Je ne
suis
pas là pour commenter Éric Zemmour, Marine Le Pen.
– Si, expliquez-nous, à un moment où vous avez été
un
peu avec Marine Le
Pen. – J'ai été au second tour. Quand vous invitez Valérie Pécresse,
qui
a rallié Emmanuel Macron dès un quart d'heure après le premier tour,
comme
François Fillon, on ne lui dénie pas le droit d'être candidate. Et pourtant, elle est candidate. Et je ne
lui
dénie pas. Et c'est respectable. Et elle est différente d'Emmanuel Macron. Je suis différente de Marine Le Pen, bien évidemment, d'Éric Zemmour aussi. Je n
'ai
pas le même parcours.
J
'ai été maire 22 ans. J'ai redressé une ville en faillite. J'aime le terrain. Je pense écouter les Français. Et je veux les réconcilier.
Et
je ne crois pas qu'Éric Zemmour les réconcilie, même s'il dit des choses juste souvent. Voilà. Et au premier tour, il est normal que les Français aient le choix. Encore une fois, méfiez-vous des cases. Méfiez-vous des cases. Je n'appartiens pas à la droite nationale d'une certaine époque. Je suis gaulliste différent. J'ai fait un choix au second tour que j'assume.
– Non mais
pour l'échiquier,
vous mettez où quand même ? – Je suis gaulliste. Je ne me situe pas du tout. –
D
'ailleurs, mes
électeurs ne sont pas… –
Aux jeunes,
notamment. – Oh oui, c
'est la personnalité préférée des Français parce qu'il était profondément intègre. Il respectait
le peuple. – Je crois que c'était Yannick Noël. – Oui, moi
aussi. – Et il est parti… – Il a baissière longtemps aussi. – Oui, enfin, attendez. Il est parti sur un référendum perdu et respectait les Français. Je ne dis pas qu'il faut imiter le général de Gaulle. Il faut tirer les leçons.
– Non, il faudrait déjà avoir l'histoire pour l'imiter. –
Oui, mais l'histoire, attendez, l'histoire, elle est
grande.
C
'est l'histoire de l'indépendance de la France. C'est l'histoire du rassemblement des Français. C'est l'histoire de la démocratie.
– Si vous voulez qu'on ait le temps de parler de ce programme. – Et c'est la liberté. – Oui, mais il me pose une question. – Bien sûr, mais
il faut… –
Mesurer, réduire les
réponses. – Mais d'un mot, très vite d'abord, sans s'attarder. Où en êtes-vous par rapport aux 500 signatures ? Parce qu'un certain nombre de candidats disent que cette fois,
c
'est beaucoup plus dur que… – Très difficile.
–
Oui.
–
Et j'appelle les maires
vraiment. – Vous n'êtes pas sûr aujourd'hui de les avoir ? – Non, personne n'est. – Mais vraiment, ce n'est
pas pour dramatiser ? – Non, il m'en manque une bonne trentaine. Et je demande aux maires, je les supplie, de parrainer justement un candidat libre.
– Alors, votre programme contient 100 décisions, comme vous dites, 100 décisions pour la France. Et la première, la numéro 1, c'est la suppression de l'état d'urgence sanitaire et des mesures liberticides comme le pass, je vous cite, le pass sanitaire ou vaccinal. Est-ce que ça vous semble vraiment être la priorité des priorités ? – La priorité,
c'est
d'abord de rendre aux Français leur liberté de circulation, de mouvement, de ne pas leur injecter de force un produit expérimental. – C'est sur
ce plan-là que
vous placez le débat, c'est sur le plan des
libertés. – Des libertés, oui. – Pas sur le plan sanitaire. – Non, des libertés.
Parce
qu'on a vécu une période de folie. Une période de folie. Et enfin, d'ailleurs, c'est intéressant, parce que parfois on a tort d'avoir raison trop tôt. Et aujourd'hui, je vois des médecins sur les plateaux dire exactement ce que je disais il
y a
un an, mais quand je le disais, on me traitait de tous les noms. C'est-à-dire qu'il y a la santé publique, j'ai fait des propositions très prudentes
sur
le masque, sur les tests, sur les lits d'hôpitaux, sur les contrôles venant de Chine. Donc j'ai été plutôt quelqu'un de prudent. Mais en revanche, pour moi, la liberté est au-dessus.
Et
ce qui s'est passé dans notre pays est indigne de la France.
Et
en plus, c
'est
inefficace. Et donc, on va s'apercevoir qu'on aurait mieux fait de soigner les gens, qu'on aurait mieux fait de rouvrir des lits.
Et dans mon programme, il y a l'ouverture d'un hôpital par département. ce
que contestent
nombreux médecins. – Oui, mais il y
a
heureusement beaucoup de médecins qui l'appliquent. Et moi-même, j'ai été soigné, et j'en suis ravi par l'Ivermectine, qui est appliqué dans des dizaines de pays. 73 études. J'avais un... Tiens, on est sur RFI. Quelqu
'un du Cameroun,
qui est France 24, qui me racontait qu'au Cameroun, eh bien, tout le monde se soignait avec le protocole Raoult.
Et
qu'il y a... Voilà, on a raconté n'importe quoi en France pour nous fourguer X doses de vaccins. Je n'ai jamais dit qu'il était inutile.
–
Mais quel serait l'intérêt de nous refourguer ? Est-ce que c'est parce que... Une histoire de profit ? –
Oui, une
histoire de... – Une histoire de profit, –
Une
histoire de pensée unique ? –
Non,
pas toujours. Et attention,
je
veux la liberté, mais après, je n
'ai
jamais été contre le vaccin pour des personnes âgées, fragiles. J'ai toujours été mesuré. J'ai simplement été contre la vaccination des jeunes.
Et
on s'aperçoit aujourd'hui, le docteur Blachier vient de montrer les statistiques de l'adresse, en dessous de 60 ans, il n
'y a
pas de surmortalité. – Avec le
variant
Omicron. – Oui, et absolument pas pour les non-vaccinés. Et donc, encore une fois, gardons raison, je n
'ai
jamais dit tout vaccin ou tout anti-vaccin, j'ai toujours dit que dans ce domaine, je voulais
un
peu de débat de liberté, qu'on ne mette pas en cause la liberté publique, qu'on ne complique pas la vie de la nation, qu'on ne la ruine pas, entre parenthèses, on l
'a ruiné, la France. – Oui, mais est-ce
qu'on en serait là aujourd'hui, Nicolas Dupont-Aignan, si personne n'était allé se faire... –
Mais je n'ai jamais
dit ça. – S'il
n'y
avait
pas eu ce pass
vaccinal. – Mais bien sûr qu'il y a quantité de pays qui ne l'ont pas eu et qui n
'ont
eu aucun problème.
Et
regardez la Suède, la Suède qui est un modèle pour moi, de sang-froid. Attention, je n
'ai
jamais nié l'épidémie, contrairement à certains. J'ai toujours dit prudence. Les télévisions m
'ont
moqué parce que j'étais le premier à mettre un masque dans l'hémicycle.
Et
on disait que j'affolais. Mais en revanche,
j
'ai toujours dit qu'il fallait une palette de solutions et qu
'il
ne fallait pas le tout vaccinal et surtout qu'il ne fallait pas handicaper nos libertés de circulation.
Parce
que vous savez, c'est aujourd'hui là-dessus, demain ça peut se faire autre chose. et je n'accepterai jamais qu'on conditionne la liberté de circulation à une injection temporaire.
Les révélations sur les mauvais traitements dans les EHPAD, alors vous,
ça
figure dans votre programme. Donc
j'imagine
avant même que le scandale n'éclate. Mais on sait que les vieux sont quand même mal traités dans ces EHPAD, dans ces établissements. Et alors vous, vous souhaitez que les personnes âgées puissent rester chez elles grâce à des travaux d'adaptation de leur logement. C'est sans doute une bonne idée, mais vous faites comment
?
Alors,
depuis
toujours, je suis très soucieux
à
la fois des personnes en situation de handicap, nous avions le meilleur programme en 2017, là-dessus, et des personnes en situation de dépendance. J'ai toujours dit deux choses.
Il
faut créer une branche dépendance qui a été faite par le gouvernement, amorcée, et il faut lui confier la CRDS au lieu de la mettre pour la crise Covid, c'est-à-dire qu'il y
ait
une vraie ressource pérenne pour investir dans la dépendance parce que le nombre de personnes âgées dépendantes va doubler dans les 30 ans qui viennent. Premier point. Deuxième point,
parce
qu'on est très mauvais en France sur les soins à domicile et sur l'adaptation des logements,
on
bascule souvent de force
des
personnes contre leur gré dans des maisons de retraite qui coûtent beaucoup plus cher et qui sont beaucoup plus inhumaines. Et donc, j'ai toujours pensé que...
En plus, vous créez de l'emploi, là aussi, puisque
vous...
La priorité absolue, et je l'ai vécu pour mes vieux parents, donc je connais bien cette affaire depuis 2016, quand ils étaient en vie, j'ai trouvé complètement incroyable que dans notre pays, on ne puisse pas avoir un système d'infirmières à domicile, de soins à domicile, qui coûte trois fois moins cher et qui coûte dix fois moins cher qu'une hospitalisation pendant un mois de personnes âgées dans des hôpitaux.
Est-ce que vous êtes d'accord avec la gauche quand elle dit qu'on ne peut pas confier à des entreprises à but lucratif qui ont des actionnaires le soin de s'occuper de personnes âgées dépendantes ?
Alors, je n'irai pas jusque-là
parce
que je pense qu'il y a privé et privé. Je m'explique.
Là, les affaires dont on parle se
produisent parfois dans des établissements privés haut de gamme, à 6 000 euros par mois. Ce que
vous avez dit, le bon mot, actionnaire.
C
'est-à-dire que j'estime que la santé ne peut pas être en bourse.
En
revanche, vous avez des maisons de retraite privées, j'en ai une dans ma ville, avec un actionnaire unique
qui
aime les personnes âgées, qui sait sa vie, c'est quasiment du coopératif.
Ce
n
'est
pas public, ça fonctionne très bien. Donc, attention à ne pas jeter l'opprobre
sur
toutes les maisons privées. Il y a des cas de maltraitance parfois du public. Il en faudra. Simplement, le problème de fond, ce sont les contrôles. Et je veux dissoudre les ARS, agences régionales de santé, qui ont montré leur bureaucratie pendant la crise Covid. Et je veux renouer et recréer les DAS, direction départementale, parce que c'était un échelon plus petit. Ils contrôlaient, j'étais maire, la DAS connaissait chaque clinique, chaque hôpital, chaque maison de retraite. Et je peux vous dire qu'il y
avait
des contrôles. Quand on a cassé tout ça, c'est monté sur des grandes agences régionales, très éloignées, plus de contrôle. Et je ne crois pas à l'autocontrôle,
justement, quand il y a des affaires de fric.
Les
régions sont trop
grandes. Trop grandes. Comment voulez-vous qu'à Strasbourg, on contrôle la maison de retraite qui est dans la Marne ? Comment voulez-vous qu'au fin fond de l'Essonne, on contrôle la maison de retraite qui est par Paris ?
La proposition 17 de votre programme, c'est une hausse des salaires de 8% pour tous les salariés jusqu'à trois fois le SMIC, financé, dites-vous, par la lutte contre les gaspillages et les fraudes, les fraudes sociales, donc les fraudes à la carte vitale. Mais comment pouvez-vous dire que vous allez financer cela de cette manière-là ? Puisqu'au fond, personne n'est d'accord sur ce que pourrait rapporter véritablement cette lutte contre la fraude sociale. Alors,
vous avez raison sur un point
et
c'est pourquoi j'ai pris le chiffre le plus bas dans un de mes ouvrages que j'ai rédigé au mois d'octobre, que j'ai publié. Ça s'appelait « Rendez le pognon », c'est ça
?
Où va le pognon ? Où va le
pognon.
Et j'ai pris le chiffre de 20 milliards qui est le plus faible parce que ça va jusqu'à 50 et je trouve que c'est déraisonnable.
Et
j'ai dit « Cet argent,
on
peut créer un pacte avec les Français en leur disant
si
on est tous ensemble raisonnables, c'est-à-dire qu'on arrête les gaspillages et la fraude, cet argent, on va le rendre à ceux qui bossent, qui travaillent sous la forme de baisse de charges salariales
qui
permettra d'avoir un 13e mois, 8%.
Je
pense que c'est juste parce qu
'il
y a ceux qui promettent de raser gratis, on augmente tous les salaires de 10% mais on ne sait pas d'où vient l'argent, c'est impossible. Moi je dis on peut faire des économies, on sait les faire et on redistribue l'argent à ceux qui travaillent. Premier point. Deuxième point, j'insiste sur un point. Mais demander aux Français d'être raisonnable en disant aux
fraudeurs ce qui est
gentil d'arrêter de frauder, ce n
'est
pas un peu naïf ? Non, c'est de revoir tout le système des cartes
vitales. Demander aux voleurs d'arrêter de voler. Vous
avez raison, mais entre nous, on nous a cassé les pieds avec un QR code pour aller manger une glace dans un café mais on n
'est
pas capable de contrôler les cartes vitales. Donc, si on met fin aux fuites
qui
sont des dizaines de milliards d'euros de la fraude sociale et fiscale, très haute fraude fiscale, on peut augmenter les salaires en France et on doit augmenter le salaire net en France qui est trop faible. On ne peut pas continuer à faire vivre les gens avec des salaires nets aussi faibles. Et vous savez combien il
y
a d'écarts entre le brut et le net ? Entre ce que verse l'entreprise
et
ce que reçoit le salarié. 23%.
C
'était 8% en 1967. 23%. Ce qui explique pourquoi les entreprises ne trouvent pas de salariés. Ce qui explique pourquoi les salariés ne sont pas motivés.
Oui, mais est-ce qu'elles embaucheront si le SWIC est augmenté ?
Je baisse les charges prélevées par l'État entre le brut versé par l'entreprise.
Ça
ne change rien à l'entreprise. Oui, d
'accord.
Deuxième point, je demande aux entreprises aussi... Mais ça ne fait pas monter les taux d'intérêt ? Non, mais il faut...
On
ne peut pas continuer à avoir des profits aussi exorbitants des entreprises et toujours des salaires aussi faibles.
Ça
va péter. Je l'ai dit, ça va péter parce que vous ne pouvez pas répartir la valeur ajoutée comme ça. Pourquoi les entreprises se plaignent de ne pas trouver de salariés ? Il faudrait mieux de s'interroger quand même
parce
qu'on ne
peut
pas continuer à donner des dizaines de milliards aux actionnaires, souvent américains d'ailleurs ou boursiers, et de l'autre côté mettre les gens à 1 200 euros net
alors
que les prix, l'augmentation de l'inflation va être de 3% cette année. Pareil, je propose l'indexation des pensions de retraite.
Vous, dans votre programme, vous demandez l'ouverture d'un bagne aux îles Kerguelen réservé aux condamnés pour les faits de terrorisme.
Oui. Vous
vous voyez très loin.
Oui,
très loin, longtemps,
de
toute façon, c'est simple.
Soit c'est la peine de mort... Un
bagne à l'ancienne
où on casse des
cailloux. La peine de
mort est abolie ?
Oui. Donc,
il
n
'y
a pas de peine de mort et il
n
'y
a
pas de peine de prison durable.
Donc, vous, c'est le bagne ? C'est le bagne. C'est l'île du
diable.
C'est l
'île du diable, mais modernisée. Mais c'est surtout le fait qu'ils ne reviennent pas, qu'ils ne sont pas sur le territoire métropolitain ou dans les départements d
'autres comètes. C'est-à-dire que vous
envoyez là-bas des gens qui sont condamnés à perpétuité ? Qui ont 30 ans. Donc, ils peuvent revenir
du bagne. Vous savez,
bien évidemment, on n'est pas inhumains.
Ce serait pire que la
peine de mort. Vous établissez une peine de perpétuité réelle ? Oui, il faut une perpétuité
réelle. Et vous ne
réservez pas
le
bagne à ceux qui sont
condamnés ?
Je dis qu'il faut un geste fort pour arrêter ces terroristes qui sont élevés. Bagne, c'est travaux forcés aussi.
Vous les faites...
On ne
sera pas aux travaux forcés, rassurez
-vous.
Non, je ne rassure pas du tout, je vous demande. Je ne suis
pas pour la... Je ne
suis
pas comme ça.
Je dis simplement... Le mot bagne,
quand même...
Je
suis simplement pour qu'à un moment, ces gens ont tué ce type qui a tué... On va dépenser des millions pour juger pendant neuf mois. Mais à un moment, ça
suffit.
Il doit être
condamné.
Très rapidement, parce qu'après, on va parler de politique internationale. Vous demandez, c'est le point 45, le retour de l'autorité des professeurs sur leur classe. Qui peut ne pas être d'accord avec ça ? Oui,
mais il faudra... Oui, mais une fois qu'on a dit
ça,
c'est pas de l
'incantation, ça
?
Non, parce que vous savez qu'aujourd'hui, un professeur n'a plus d'autorité sur son classe, sur le plan réglementaire. Vous savez qu'il ne peut pas exclure un élève de sa classe sans passer en conseil de discipline et que l'éducation nationale a déshabillé les professeurs
de
leur prestige, de leur rémunération et de leur autorité. Et comment voulez-vous qu'on trouve des enseignants ? Parce qu'aujourd'hui, le problème, c'est de trouver des enseignants.
Parce
qu
'ils
sont mal payés et pas considérés. Donc vous rétablissez la majesté de l'enseignant.
Vous
savez, ça ne se rétablit pas comme ça. Bah oui, mais c'est... C'est en tout cas de changer les règles pour qu'un professeur puisse exclure un élève dans sa classe sans qu
'il
y
ait
appel
dans
un conseil de discipline. Et j'ai eu des exemples dans ma ville, au collège, au lycée. Je peux vous en raconter.
Alors
nous passons maintenant aux questions internationales. Le monde devant vous.
Alors
Emmanuel Macron était hier à Moscou et aujourd'hui en Ukraine à Kiev. Est-ce que vous saluez l'initiative du président qui fait les missis de minissis ? Est-ce que cela rend, comme le dit le président,
en
tout cas c
'est
ce qu'il a dit et des journalistes de la crédibilité à la France ?
D
'abord, je suis suffisamment critique sur Emmanuel Macron pour ne pas lui en vouloir publiquement de tenter quelque chose.
Pourquoi
pas ? Oui.
Ce
que je regrette un peu, c'est l'absence de clarté de la position française avant.
C
'est-à-dire qu'il est une sorte de missi dominici, mais quelle est la position de la France
? En
fait, il ne l'a pas défini. Il est entre les deux. Et je pense que ça perd de sa force. C'est-à-dire que la
France avait mis
son veto quand même avec l'Allemagne sur l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN.
Oui, très bien. Donc
on connaît un peu la position.
Oui, pas totalement. Moi, je trouve que ce qui est dommage, c'est que l'initiative est bonne. Maintenant, moi, j'aimerais connaître la position de la France et qu'elle soit claire. Or, elle n'est pas claire.
Elle
n'est pas
claire. La situation est-elle claire ? Pourquoi ? Non,
non.
Est-ce que ce n
'est
pas une crise artificielle ? Oui.
C
'est-à-dire artificielle parce que montée de toute pièce par Vladimir Poutine. Et puis des Américains qui font monter aussi...
Surtout les
Américains, d'ailleurs.
Mais soyons clairs. Moi, je pense que la France se serait grandie à faire ce geste,
mais
à dire voilà moi ce que je propose comme base de départ.
Et
pas être le petit garçon qui fait l'intermédiaire. Parce qu'en fait, Emmanuel Macron, il a une laisse au cou.
Il
a la laisse de l'Union Européenne, il a la laisse des États-Unis. Il n
'est
pas crédible dans son rôle d'indépendance. Il n
'est
pas indépendant.
Là, il est le porte
-parole.
Le
président du Conseil Européen aujourd'hui, ce n
'est
pas lui qui la tient, la laisse ? Non,
c'est les autres qui la
tiennent. La preuve. Je vais vous donner deux exemples. C'est qu'il a toujours maintenu les sanctions contre la Russie qui sont en dépit du bon sens. Deuxièmement, c'est que moi, à sa place, j'aurais dit aux deux que je voulais la neutralité de l'Ukraine et que je proposais un, la neutralité de l'Ukraine, deux, l'autonomie du Donbass, trois, aucune force de l'OTAN en Ukraine, et quatre, que Poutine recule ses troupes. Ça, c'est clair. C
'est peut-être
ce qui a été dit, mais on ne le sait pas. Mais pas
publiquement. Quelle est
la
position de la France
? Jean-Luc Mélenchon, lui, estime que la bonne position est celle d'une France qui serait non-alignée. Les Russes, disent-ils, ne doivent pas entrer en Ukraine et les Américains ne doivent pas annexer l'Ukraine dans l'OTAN.
Est
-ce que vous êtes d
'accord ?
C'est
exactement ce
que je propose. Mais qu'est-ce qui, selon vous, fait qu'Emmanuel Macron est si éloigné de ça, de cette position ? Parce qu'Emmanuel Macron est atlantiste. Non, mais il ne se prononce pas pour l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN.
Non, mais Emmanuel Macron, on ne sait pas ce qu'il pense parce qu'en fait, il a une laisse au cou.
Il faut
peut-être de la mesure à un moment dans
ce genre de mission diplomatique. Mais attendez, c'est de la
mesure, de la diplomatie. Et c'est de la clarté. Le général de Gaulle était clair.
Qu
'est-ce que veut la France ? Moi, je vous dis que ma position sur l'Ukraine, elle est très simple. Neutralité de l'Ukraine, autonomie
du Donbass. Y compris si l'Ukraine veut absolument intégrer l'OTAN. Vous vous dites à l'Ukraine que
vous n'entrez
pas dans l'OTAN. Non,
refus.
Parce que ça ne correspond pas à tous intérêts.
Si
on fait rentrer l'Ukraine dans l'OTAN, on s'en va. Immédiatement, la France s'en va. Parce que faire rentrer l'Ukraine dans l'OTAN est absurde.
C
'est contraire à tous les accords internationaux. Je vous rappelle qu'il y
a
eu un accord
en 1997. s'y opposent. Mais ils ne s'y
opposent pas clairement. Ils ne
s'y
opposent pas clairement. Et je vais plus loin. Je demande que l'Ukraine soit une zone neutre. Totalement neutre. Pourquoi ?
Parce qu'en 1997... À la finlandaise.
Oui.
Et
encore plus qu'à la finlandaise. Parce que la finlandaise a des armements, c'est un peu différent. Et parce qu'en 1997, il y
a
eu un accord entre l'OTAN et la Russie qui prenait un engagement. Cet engagement n'a pas été respecté par l'OTAN. Les Américains soufflent sur les braises. Certains pays de l'Union européenne soufflent sur les braises. Et on peut comprendre la Russie.
Et
l'Ukraine n'a pas respecté les accords de Minsk. N'a pas donné l'autonomie au Donbass. N'a pas réformé sa constitution. Donc, on donne toujours le mauvais rôle à Poutine et on ne dit jamais qui a soufflé sur les braises pour mettre en péril l'unité de l'Europe. Et ce que je veux vous dire,
c
'est que l'Europe a des défis. Le djihadisme
au
Moyen-Orient, en Afrique, le développement de l'Afrique qui est vital.
Il
faut développer l'Afrique. Ça,
c'est un point de votre programme. Oui, fondamental. Je suis le seul à en parler. Un soutien économique notamment
beaucoup plus fort. Il faut que l'Afrique vive de ses ressources naturelles. Je suis pour qu'il y ait une réforme des organisations de marché des matières premières agricoles que l'Afrique ne vive pas d'aide mais de prix rémunérateur. Et je vais en parler. Donc, on a le défi de l'Afrique qui va doubler de population en 30 ans.
On
a le défi du Moyen-Orient et du djihadisme. On a le défi de la domination technologique de la Chine et des États-Unis.
Et
donc,
on
a une obligation morale de s'entendre avec la Russie si on veut que l'Europe survive. Les Russes sont européens. Nous partageons des valeurs. Et vous remarquerez que
ce
qui est en train d'être fait actuellement est une folie parce qu'on est en train de pousser la Russie vers la Chine. Or, nous avons besoin de la Russie si nous voulons peser demain face aux États-Unis et à la Chine. Et donc, je n'accepte pas cette espèce de propagande d'outre-Atlantique qui est en retard d'une guerre et qui veut revenir sur la ligne magie no de la guerre froide
alors
que nous avons des intérêts convergents avec la Russie. Profondément convergents.
Ce qui amène à dire parfois que vous êtes poutinophile. Est-ce que vous aimez dans le fond Poutine parce que c'est l'autocratie contre les démocraties et aussi contre l'Union Européenne qu'il méprise ? De toute façon,
d'abord, la France n'est pas un modèle de démocratie en ce moment. Donc moi, j'en ai assez qu'on donne des leçons de démocratie à la Terre entière. La France est une fausse démocratie. Le deuxième point, c'est que je ne suis pas du tout poutin maniaque et que je serais peut-être dans l'opposition si j'étais russe. J'en sais rien. Vous
diriez que j'étais un peu rebelle. Vous pourriez
craindre pour votre
vie
alors. Et donc, je ne suis pas pour défendre Poutine. Je pense à la Russie éternelle.
Je
vois la géographie.
La
Russie a une âme européenne, a une culture européenne, aime la France et a des ressources naturelles considérables.
L
'Europe a besoin de la Russie et la Russie a besoin de l'Europe. Quelle idiotie pour une région.
Il
faut la protéger, bien sûr,
mais
de fâcher, de diviser l'Europe. On a vu que vous savez faire long, on va voir si vous savez faire court.
Oui,
avec vous, l'aphorisme.
C'est un sujet tellement compliqué.
Oui, c'est un sujet
mais il
faut qu'on avance un petit peu.
Vous
avez raison. Donc, le petit jingle l'aphorisme. Eh oui, il faut en passer par là.
Alors,
Nicolas Dupont-Aignan, donc un aphorisme, je l'ai déjà dit, c
'est
une formule très brève pour résumer une pensée sur un sujet. Je vous en donne quelques-uns à titre d'exemple. En politique, une absurdité n'est pas un obstacle. Napoléon Bonaparte. La politique est l'art de concilier le désirable avec le possible. Aristide Briand, ce qui manque aux orateurs en profondeur, il vous le donne en longueur. Ah, ça c'est contre moi. Montesquieu. Et enfin, un gourmet, c'est un glouton qui se domine. Francis Blanche. Donc,
je
voudrais que vous fassiez appel
à votre sens de la formule
et que vous nous proposiez des aphorismes improvisés au déboté sur les thèmes que je vais vous soumettre maintenant. Et d'abord, évidemment, ça ne va pas vous surprendre. La souveraineté. La liberté et la
démocratie, c
'est-à-dire la légitimité. Alors après, je n
'ai
pas le talent, il faut que vous me piégez comme ça, mais...
Non, ce n'est pas un piège, c'est un médecin. Le gaullisme.
Le gaullisme. Et complotiste celui qui voit avant l'heure en France, deux mois avant.
Oui,
c'est
réducteur. Tous les complotistes n'ont pas été des
visionnaires. Non,
mais en France, il est traité de complotiste
toute personne qui n
'est
pas d'accord avec la pensée unique qui nous oppresse. L'échec.
Toujours
formateur.
L
'identité.
La
racine
d
'un arbre.
Mais
on ne peut pas réduire un arbre à ses racines.
Il
va vers le ciel.
La
nation.
Le
désir de vivre ensemble
et
de faire de grandes choses ensemble.
L
'obstination.
Soit
du génie, soit de la folie.
Et
l'entêtement. Ah, l'entêtement, c'est la face noire de l'obstination. Mais l'opiniâtreté, il y a trois mots. Voilà, l'opiniâtreté, c'est le mot magnifique. L'obstination, il devient déjà un peu limite. Et l'entêtement, c'est quand vous avez échoué. Mais vous ne savez jamais avant. Souvenez-vous de cette phrase de Clémenceau extraordinaire. Oui. Celui qui gagne, c'est celui qui a lutté un quart d'heure de plus que l'autre. La droite. La droite.
La
droite, la gauche. Pour moi,
c
'est toujours de penser que c'était dépassé. Et l'extrême droite
? L
'extrême droite, en France, toutes les personnes de gauche voient toute personne de droite comme d'extrême droite.
Voilà. Et bien maintenant, on va essayer de faire... Je ne sais pas si ça vous va. C'est une formule, elle vous appartient. Merci. On passe à la... Maintenant, on va s'écarter un peu des sentiers de la politique pour faire mieux connaissance avec vous, avec Tout n'est pas politique.
Ça,
c'est vrai.
Alors,
Nicolas Dupont-Aignan, pourquoi vous vous énervez quand on prononce votre nom Dupont-Aignan ? Vous tenez à Dupont-Aignan.
Parce qu'un jour, il y
a
un académicien qui m'a dit, c'était Jean-Marie Roir, qui m
'a
dit, mais comment vous supportez qu'on vous appelle Dupont-Aignan ? C'est pas français. J'avoue que j'ai fait semblant de se dire oui, bien sûr, parce que je ne voulais pas être ignare et j'ai été voir et c'est vrai que les noms propres ne s'accordent pas. Et depuis, je fais respecter la langue française qui est une magnifique langue et que nous devons protéger.
J
'aimerais d'ailleurs que France 24 émette en français plutôt qu'en anglais.
On émet dans
quatre langues. Je sais. Mais quand
j'ouvre en Italie un poste de télévision et que
je
vois France 24 en anglais, ça me fait de la peine pour mon pays. Mais ça,
c
'est
peut-être pour voir avec l'hôtel, peut-être, parce que vous pouvez peut-être avoir la version de le canal français.
Adressez-vous à la réception. Je
vous provoque un peu. Est-ce qu'il est vrai que vous avez ajouté Aignan, donc le nom, je crois, de jeune fille de votre mère à votre nom parce qu'il y avait dans une classe où vous étiez à l'école un autre Nicolas Dupont ? Et oui, quand je suis arrivé en maternelle, il y avait un autre Nicolas
Dupont.
Dès
la
maternelle ? En maternelle.
Et
ma mère a dit mais il n'est pas inscrit. Et on m
'a
quand même pris.
Et
pour différencier les deux Nicolas Dupont, la maîtresse a dit on va mettre le nom, quel est votre nom, madame ?
Et
on a mis le nom de ma mère à côté pour différencier deux élèves qui avaient le même.
Et
c'est resté.
Et
en plus, comme j'avais une relation très forte avec ma mère,
c
'est l'hommage que je lui rends de tout ce qu'elle m
'a
apporté.
Qu
'est
-ce
qu'elle vous a apporté ?
Elle
m'a apporté la curiosité des choses, l'amour. Peut
-être
une artiste et peut-être...
Elle faisait quoi ?
Elle était artiste, peintre, l'indépendance
d
'esprit. L'indépendance d'esprit de...
Ça
vient de là, alors ? Oui, d'être inclassable et d'être libre. Et d'être libre. Parce que la vie est tellement courte.
Mais si vous êtes... Tellement
courte, vous êtes, je crois, d'une famille de centenaires ou quasi-centenaires. Oui, c'est pour ça que mes adversaires me craignent. Ils se disent je vais durer.
Votre père a vécu 101 ans
?
100 ans et ma mère 96 ans. Oui, mais bon, ça vous savez.
C'est quoi le bouton rouge pour vous énerver à part de vous appeler Dupont-Aignan ?
Ah
non, ça ne m'énerve pas. Oui, non.
Je sais.
Non, le bouton rouge... Paradoxalement, voyez, ce qui me choque le plus,
ce
qui me révolte le plus,
c
'est l'injustice.
C'est un peu un lieu commun. Mais enfin...
Mais c
'est sincère.
C'est sincère. Oui. Non,
non,
mais... J'ai toujours été comme ça. Non, mais ça paraît lieu commun,
mais
c'est vrai.
Et le bouton vert pour vous apaiser ? Vous chantez une petite chanson ?
Qu
'est-ce qu
'on peut faire ? Vous soyez tranquille.
La beauté d'un paysage, les voyages, l'amour, voilà. C'est ça qui nous apaise tous. Est-ce que vous êtes un nostalgique
? Trop,
parfois, oui. Et il ne
faut
pas être nostalgique.
Et vous
trouviez que c'était mieux l'heure d'avant ? Oui, ce qui est faux. Mais parce qu'en fait, on
connaît...
En fait, on se souvient de ce qu'il y
a
de bien. Alors, j'ai une grande qualité que ma femme est toujours surprise. Elle me dit, tu oublies toutes les choses négatives. Ce qui est une grande force en politique. Donc, j'ai parfois tendance
à me souvenir que du bien. Parce que l'expérience
le fait aussi sur la connaissance du négatif.
Non, mais quand je veux dire des sales coups... On peut répéter les
mêmes erreurs. C'est vrai, mais des sales coups qu'on peut vous faire, je les oublie.
C
'est tant
mieux.
De quoi auriez-vous besoin pour être heureux
? Pour
être heureux, on ne doit pas avoir besoin de quelque chose.
Mal. Pour
être un aphorisme. Je ne
sais
pas, mais sinon, on est toujours malheureux. Et quel personnage historique auriez-vous aimé être hormis... Puisque...
Je
suppose que
vous
vous aimez hormis De Gaulle. Churchill. J'adore Churchill.
Oui. Mais il y en a d'autres. Mais si... Je trouve que Churchill a... Clémenceau, j'aime beaucoup Clémenceau. J'aime l'œuvre de De Gaulle profondément parce qu'il a sauvé la France comme Poutine a sauvé la Russie peut-être. Mais du chaos et de la disparition. Mais quelqu'un comme Clémenceau m'attire plus à titre personnel parce que j'aime beaucoup justement la sensibilité artistique de Clémenceau.
Son détachement des choses. Il peignait.
Et Churchill aussi. Il peignait. Mais Churchill, je ne le connais pas assez bien au sens que je n
'ai
pas... Vous
prenez Churchill
mais sans sa dépression, sans son
black
dog. Mais on ne peut pas faire de politique sans avoir aussi du black
dog. Nous sommes des êtres extrasensibles pour faire ça. Quel est le pays dans lequel vous vous sentez le mieux en dehors de la France
? L
'Italie.
Le
Brésil.
Et
quel est votre mot préféré
? Mon
mot préféré ? Moi ça
je
ne
sais pas. Celui qui vous
vient à l'esprit
maintenant. Liberté quand même.
Je
pense que c'est un des problèmes. Je suis hanté
par
cette transformation du monde technicienne où l'homme devient un robot
et
où le robot devient un homme. Et ce qui m'a... Pourquoi j'ai été si résistant face à la crise sanitaire ? C'est que j'ai cru apercevoir ou j'aperçois
cette
dérive totalitaire d'un monde technicien pour le bien.
Vous avez gardé un côté adolescent. La justice, la liberté. Mais heureusement.
Je
vois tellement de vieux
jeunes.
De
quoi
le monde ? Et surtout en politique. Et
de conformistes. Et c'est ces conformistes qui ont tué le pays depuis 40 ans.
Et
qui ont abandonné la démocratie et qui méprisent le peuple. Voilà. Le mépris du peuple. Ce que je déteste. Le mépris du peuple. Cette arrogance.
Mais
de quoi le monde aurait-il besoin aujourd'hui ? Si
vous deviez faire...
Alors, profondément de justice. En 20 secondes.
Et
de liberté. Et ce matérialisme... Vous savez, je combats les islamiques, tous ceux qui sont pour l'intolérance. Mais le matérialisme est aussi une forme d'intolérance. Et s'il
y
a ces réactions spirituelles excessives parfois, c'est parce qu'il y a trop de matérialisme. Donc il faut qu'on arrive à avoir un monde à un minimum de justice. Merci beaucoup. Et ça passe par la démocratie et donc les nations.
Pas
les nationalismes. Les nations. Ce qui n
'est
pas la même chose.
Donc, on passe à parfum de campagne avec Lucille Gimbert.
Quelle
campagne d'ailleurs ? Elle n
'a
toujours pas commencé.
Lucille. Bonjour.
Bonjour
à tous les trois. C'est la troisième fois que vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Et c'est peut-être votre campagne la plus solitaire. Ces derniers mois, une dizaine de vos proches collaborateurs vous ont fait défection, notamment pour rejoindre les rangs du Rassemblement national. Il y a un peu plus d'un an, une soixantaine de cadres de votre parti Debout la France l'avait quitté pour créer un parti
satellite
de celui de Marine Le Pen. Votre ancien porte-parole à ce moment-là, en décembre dernier, disait que vous aviez trop centré votre campagne sur la crise sanitaire. On en a parlé un peu plus tôt. Un choix qui n'a pas été payant, manifestement. Alors qu'en 2017, vous étiez à 4,7% au premier tour,
vous
étiez le sixième homme, là vous êtes autour de 2%.
Vous
ne lâchez rien pour autant et vous assurez que vous ne vous rallierez à personne, ni à Marine Le Pen, ni à Éric Zemmour. Comme d'autres petits candidats, et ça n
'a
rien de péjoratif, faire une campagne présidentielle, ça n'est pas une sinecure, encore moins quand on est isolé, aller voir les maires, convaincre d'obtenir les parrainages, se déplacer sur le terrain à la rencontre des Français sans faire exploser la caisse et convaincre les banques de développer les financements. Une petite anecdote, en 2017, le député des Pyrénées-Atlantiques, Jean Lassalle, avait dit être ruiné après la campagne présidentielle.
Il
l'avait même confié, avec le ton qui est le sien, que sa belle-maman payait les courses. Financièrement, comment vous vous en sortez ?
Alors d'abord, je veux rétablir quelques petites vérités. Ça a été une fable, les gens me quittent. Écoutez, on n
'a
jamais été aussi nombreux, il n
'y
a jamais eu autant de soutien. Sur Facebook, je suis un des premiers en interaction, c'est-à-dire le plus populaire. C'est des millions d'interactions. Je ne
me
sens pas du tout seul. Premier point. Deuxième point, vous dites j'ai fait 4,7%. Oui, à l'arrivée. Mais au début, c'était 0% dans les sondages, 0,5%. Et on me disait il
faut
arrêter, il ne faut pas continuer, etc. Donc, moi, j'ai eu la chance d'avoir 1,7 million de Français qui m'ont fait confiance, c
'est
beaucoup, ce n
'est
pas assez. Je ne me pose absolument pas ces questions. Je me pose la question,
quelle
est la situation du pays
? Est
-ce que l'offre politique est satisfaisante
?
Et moi, j'estime que l'offre politique telle qu'elle est aujourd'hui n'est pas satisfaisante et donc je me présente.
Et je
suis soutenu par
des millions de gens.
Et sur les difficultés éventuelles de financement
? Ah, c'est dur.
Je vous ai dit qu'on était une fausse démocratie. Il faut avoir des parrainages alors que les autres, ils appuient sur un bouton, ils en ont 3 000. Nous, on va les chercher et on a
besoin des maires.
Moi-même et puis tous ceux qui m'accompagnent. Il y
a
des dizaines de personnes qui m'accompagnent. On a quand même 13 000 militants à Debout la France. On nous présente toujours comme si j'étais tout seul avec ma valise. Bon, ça fait plaisir aux médias. Donc, il y a des gens parce que sinon,
je
n'aurais pas survécu à tout ce que j'ai vécu. Donc, il y a beaucoup de gens qui nous aident. Deuxième point, l'argent, on n'en a pas beaucoup. Ce qui fait qu'on est plus économe et surtout, on n'a pas de dette. Alors, je sais que j'ai un défaut, c'est que je suis honnête profondément et que je n
'ai
pas de dette. Ce qui me donne ma liberté.
Vous
parliez des réseaux
sociaux. Pas de
dette, alors on a moins d'argent.
Vous parliez des réseaux sociaux. Un autre petit candidat, lui d'extrême gauche, Anna Skazib, lui dit, sans le buzz, on n'existe pas. Il a raison.
D'abord, je refuse le terme petit candidat. Vous n
'êtes
pas une petite journaliste. Non,
c'est une
façon de parler.
Oui,
moi, je ne vous dis pas madame, vous êtes une petite journaliste.
Ça n'avait
rien de
péjoratif.
Si,
c
'est péjoratif.
Il n'y a pas de petit candidat, il n'y a pas de
grand candidat, il y
a
une démocratie. Et justement, en France, les dix petits candidats n'ont pas le droit de parler au français. Et
on habite toujours les mêmes.
Vous êtes là.
Là, je vous en remercie, mais ce n
'est
pas partout. Et vous, vous avez toujours été correct.
Sur le buzz,
est
-ce que c'est une façon d'exister encore
plus aujourd'hui
ou dans une campagne
de la COVID ? Moi, je ne fais pas de
buzz. D'ailleurs, le buzz, ça veut dire quoi ?
Je
ne sais pas ce que ça veut dire.
J'ai fait une conférence de presse. Je
vais vous donner un exemple. Je fais un rapport sur la pollution des océans. Deux ans de travail à l'Assemblée nationale avec une députée en marche, le député de Mayotte. On fait une conférence de presse. 47 propositions pour sauver les océans. Vous saviez combien il y
avait
de journalistes dans la salle
à
l'Assemblée nationale
?
Zéro. Bon. Je fais une conférence de presse ou je fais sur autre chose, sur... Je ne
sais
pas sur quoi, ce que vous voulez. Avec un peu de buzz. Vous venez tous. Vous courez, vous rampez.
Donc c'est la responsabilité des journalistes.
C'est un système et vous en êtes les premières victimes et nous aussi. Et les Français en sont les premières victimes. Regardez Éric Zemmour qui a fait l'histoire des prénoms. Jamais j'aurais pu dire ça. Parce que moi, je suis élu d'une ville de banlieue où il y a tous les prénoms et jamais j'aurais pu imaginer comment c'est ma campagne présidentielle. Alors, il a peut-être eu raison. Ce n
'est
pas ma philosophie. Ce n
'est
pas forcément ce qui l'a le plus porté dans sa campagne. Oui, enfin, ça a bien aidé à avoir des médias, des médias, des médias.
Alors
que moi, j'ai proposé un chiffrage du projet. Vous
avez aussi le sens de
la scénarisation. On
se souvient de
la chaleur de
Chenevkov qui
traverse la chaleur et de la chaleur et de la chaleur. Mais
vous l'utilisez.
C
'est une technique
de
campagne.
Oui, mais vous savez, c'est surtout que je pense que les Français, ce qui m'inquiète le plus aujourd'hui,
c
'est que des millions de Français ne veulent plus aller voter. Des milliers de maires disent on ne va plus parrainer.
Et
ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils n'ont plus confiance dans la démocratie. Donc moi, si modestement, je peux contribuer à ce qu'il y
ait
un vrai débat présidentiel et qu'il y
ait
une vraie démocratie dans mon pays, j'aurais fait ma part du chemin.
Voilà,
c
'est terminé. Merci beaucoup Lucille. Merci Nicolas Dupont.
Merci
à vous.
Nicolas Dupont-Aignan