Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLe Crayon· 6 juillet 2023 64 min

La révolte est en marche ? Juan Branco répond.

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Ça, c'était Damien Tarel en juin 2021. Pour son geste peu accueillant, lorsqu'Emmanuel Macron s'est rendu dans la Drôme, il a écopé de 18 mois de prison. Et ce, malgré la défense d'un avocat bien rodé à l'exercice, Roi de Branco.

0:11
Invité

Vous utilisez pas 250 millions d'euros, c'est pour produire des émissions. Allez, sors du plateau, tu dis des conneries.

0:17
Juan Branco

Je sais pas à quel titre vous m'avez invité.

0:19
Invité

On sortirait, il s'agit de Benjamin Grimaud.

0:21
Juan Branco

S'il en a la possibilité, vous répondra. Mais pour l'instant, on lui a empêché. Peut-être parce qu'ici, on prend des rails de cox sans difficulté. Moi, j'en ai jamais touché.

0:32
Présentateur

Et aujourd'hui, Sixtine a pu échanger avec lui. Ron Manco, c'est un homme profondément anti-système et qui dresse une critique acerbe des élites et de leur reproduction. En 2018, dans son essai Crépuscule, il demandait déjà la destitution d'Emmanuel Macron. Avocat clivant, il a défendu le lanceur d'alerte Julian Assange alors qu'il était retenu dans l'ambassade d'Équateur à Londres. Il a qualifié la politique migratoire européenne de « crime contre l'humanité ». Et ça a été aussi une des figures phares du mouvement Gilets jaunes.

Il a condamné à plusieurs reprises les hautes instances du pouvoir, qu'elles soient nationales ou encore internationales, instances auxquelles il était pourtant lui-même destiné. Habitué des plateaux télé, Ron Manco revient aujourd'hui avec un livre choc, sobrement intitulé « Hanona ». Dans ce livre, il entend nous montrer les dessous de l'émission « Touche pas mon poste » et de son présentateur vedette, Cyril Hanona. Souvent difficile à cerner, on a voulu dans cette interview vous dresser un portrait qu'on n'a pas l'habitude de voir de Ron Manco pour comprendre au mieux sa pensée et son parcours. J'espère que cette vidéo vous plaira.

Si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser un j'aime, à mettre un commentaire et à vous abonner. C'est super important pour soutenir la chaîne. Bonne vidéo.

1:38
Invité

La France est un pays qui est corrompu.

1:42
Juan Branco

Vrai.

1:42
Invité

La gauche est en danger.

1:46
Juan Branco

Elle est déjà morte.

1:48
Invité

La politique est devenue une affaire d'égo. Faux. Mélenchon a l'étoffe d'être président. Vrai. François Hollande a tué la gauche socialiste. Vrai. Cyril Hanona, ou plutôt TPMP, apporte de la réflexion pour le débat public. Faux. Les instances nationales ont trahi leurs fonctions.

2:07
Juan Branco

Vrai. Partiellement vrai.

2:08
Invité

La fenêtre d'Overton s'est déplacée à droite.

2:12
Juan Branco

Avoir.

2:14
Invité

Vous êtes favorable à une sixième république.

2:17
Juan Branco

Ça dépend.

2:18
Invité

La souveraineté ne devrait être que populaire. Vrai. La justice se fait aujourd'hui sur les réseaux sociaux. Faux. Il n'y a pas de reproduction sociale en France. Faux. La méritocratie existe. Faux. Vous qui critiquez beaucoup l'engrenage politique, comment vous arrivez à choisir les plateformes ou les médias dans lesquelles vous donnez la parole aujourd'hui ?

2:44
Juan Branco

Déjà, le choix est partiel. Parce qu'il y a eu un vrai effet d'éviction et d'élimination assez intéressant. Vous étiez peut-être probablement trop jeune. Mais vers 2018-2019, j'étais invité en permanence sur BFM, CNews et compagnie. Au point où je refusais très souvent d'y aller parce que je trouvais que c'était des espaces qui étaient assez inféconds. Et il y a eu progressivement, à partir de Crépuscule, un ouvrage qui parlait des propriétés oligarchiques. C'est-à-dire comment les médias ont été rachetés par un certain nombre d'individus qui sont très très riches, qui sont des milliardaires, dont la fortune dépend en partie de l'État.

Et qui donc achètent des médias pour acheter de l'influence auprès des politiciens pour à leur tour sécuriser leur fortune. Donc j'ai décrit, et je ne l'ai pas décrit en théorie. C'est-à-dire que j'ai donné des noms, des prénoms, j'ai parlé de leur vie sociale, intime, parce que j'avais été dans leurs hôtels particuliers, j'avais été amoureux de certains de leurs enfants, et ainsi de suite. Enfin, il y avait une sorte de proximité très forte qui me rendait particulièrement dangereux et qui a immédiatement produit ce qui était annoncé dans Crépuscule. Ce qui est assez drôle, c'est une éviction de leurs médias, de leur espace.

Et après ensuite, des campagnes de persécution un peu stupides, avec notamment l'affaire Griveaux, dont vous vous souvenez peut-être, qu'on essayait de me faire payer pour mon client, le fait que...

3:53
Invité

La vie privée d'un ancien ministre se mue en quasi-affaire d'État. C'est donc un coup de tonnerre qui rebat les cartes dans la campagne pour la mairie de Paris. Le candidat à la République En Marche, Benjamin Griveaux, se retire. La cause ? Une vidéo et des messages à caractère sexuel qui circulent sur un site Internet depuis hier et qui ont largement été repris sur les réseaux sociaux.

4:16
Juan Branco

On est sur une situation où, du coup, on est obligé de composer, d'être assez stratège, de contourner les choses, de façon à maintenir un accès à l'espace public, parce que la demande est encore forte. À chaque fois qu'on intervient, en général, il y a une attente assez importante. Mais en même temps, ne pas se laisser piéger par justement le fonctionnement des médias mainstream et leur capacité à opacifier votre parole quand elles le souhaitent et au contraire, à la mettre en avant.

4:37
Invité

Est-ce qu'il existe des vidéos et est-ce qu'elles vont sortir ?

4:41
Juan Branco

Piotr Pavlensky, s'il en a la possibilité, vous répondra. Mais pour l'instant, on lui a empêché d'avoir cette possibilité.

4:49
Invité

Plus on vous entend et plus on se demande si Piotr Pavlensky n'est pas que l'exécutant et vous, le manipulateur. Merci d'avoir été quand même notre invité en direct sur BFM TV. Et RMC, il est 7h54. Un grand hommage. J'avais trouvé ça intéressant, ce petit parallèle avec le personnage de Bellamy dans Maupassant, qui lui, justement, a réussi à gravir les gestions et après a expliqué à quel point c'était quand même incroyable d'avoir réussi à se retrouver parmi l'élite du pays. Et est-ce que vous vous considériez un petit peu comme l'anti-Bellamy du XXIe siècle ?

5:16
Juan Branco

La déconstruction du mythe et du fantasme sur les beaux quartiers parisiens et les élites parisiennes, je pense que c'est une fonction essentielle qui est ratée. On n'arrivera jamais à lutter contre un appareil de propagande qui tire ses revenus de ce fantasme. Parce qu'il faut comprendre qu'en fait, l'ordre existant et les classes dominantes maintiennent leur position en amenant les gens à se laisser exploiter dans l'espoir éventuellement de les ressembler parce qu'ils fantasment que l'on est plus heureux dans ces espaces-là. Donc c'est une fonction critique.

Et si vous commencez à déconstruire ça, vous devenez un ennemi très rapidement de beaucoup de personnes, quelle que soit leur orientation idéologique, parce que vous remettez en question leur position dans l'échelle sociale. Alors moi, ce que j'ai vu et traversé de différentes manières, mais notamment une fois adulte, c'est le grand malheur d'une grande partie des enfants, surtout des dominants.

C'est-à-dire des personnes qui ont aujourd'hui entre 20 et 25 ans et que j'ai connues comme étant extraordinairement privilégiés, vivant dans des très grands appartements, dans les beaux quartiers parisiens, avec des maisons de campagne, avec tous les privilèges possibles et imaginables, pendant les vacances, dans des endroits extraordinaires. Et qui pourtant multipliaient les crises d'anorexie, les névroses, psychoses, et étaient en fait fondamentalement malheureux, ou alors en désancrage complet avec le réel, et très souvent sans être stimulés.

Et donc du coup, en fait, à partir de cette expérience très intime, personnelle, du fait de relations amoureuses notamment que j'ai connues, j'ai développé une réflexion sur ce qui n'allait pas et ce qui faisait qu'en fait ce malheur se déployait, y compris au sein de ces élites, et à quel point il était nécessaire de changer ce système, non seulement pour aider, comme les sauveurs de gauche, c'est un complexe assez classique, on veut aider le pauvre, celui qui est en difficulté et compagnie, mais même pour en fait tenter d'aider les personnes qui sont au sommet de la hiérarchie et qui en fait en souffrent et sont malheureuses.

Donc je pense que c'est un élément fondamental dans ma réflexion, et donc ça a passé par une déconstruction du système érythocratique, des grandes écoles et ainsi de suite, et tout ça a pu se faire sans qu'on puisse me reprocher d'être quelqu'un de haineux, d'envieux, qui était juste dans ce qu'on peut sentir par exemple chez François Ruffin, on voyait une forme de fixation par rapport à ces milieux auxquels il ne s'est pas intégré. Moi j'en viens, donc j'ai une sorte de détente par rapport à ça, j'ai pas de sentiments mauvais à leur égard, et donc ça me permet je pense d'avoir une forme de force comme parole dans l'espace public qui du coup me génère un certain nombre de difficultés.

7:55
Invité

Et c'est intéressant parce que vous avez justement fait des belles études, donc l'école de Zastienne, Sciences Po, l'ENS, etc. Mais vous critiquez ça, est-ce qu'il y a quand même du positif à en tirer ? Est-ce que vous considériez quand même aux lycéens qu'ils peuvent avoir la chance de le faire, de le faire quand même ?

8:06
Juan Branco

Moi j'ai eu, à un moment j'ai eu la chance de travailler au Quai d'Orsay au ministère des Affaires étrangères quand j'étais très jeune, j'avais 22 ans, 22-23 ans, et donc j'étais auprès du conseiller spécial du ministre, Laurent Fabius, pendant la crise syrienne, j'aidais à écrire les discours et je m'occupais de justice internationale et droits de l'homme. Et j'avais, à un moment donné j'allais assez vite, donc j'avais un peu de temps, et truc un peu absurde, j'ai décidé de postuler en parallèle pour être prof dans un lycée à Thiers, qui était un lycée qui venait de sortir des conventions ZEP.

Et du jour au lendemain, je me retrouve à enseigner à 5 classes de seconde et une classe de terminale, donc à peu près 150 élèves, 6 heures par semaine ou 8 heures, je ne sais plus, en SES, en terminale, en SPE. Donc des gens qui avaient un coefficient énorme pour le bac, qui jouaient leur vie, qui étaient déjà des survivants, c'est-à-dire des personnes qui étaient arrivées en terminale générale dans un lycée difficile, donc ce n'est pas du tout la norme, et qui n'avaient pas eu cours depuis deux mois.

On n'entendait pas une mouche volée, mais parce que, enfin on entendait les mouches volées, pardon, plutôt, mais parce qu'ils étaient terrorisés, en fait, ils avaient compris qu'ils étaient en train de se faire avoir complètement, et donc on a fait de l'associer ensemble, et on a découvert ensemble, enfin j'aurais fait découvrir, qu'ils avaient littéralement 40 fois moins de possibilités d'intégrer une grande école que les lycéens, qui étaient à quelques kilomètres d'eux, en l'occurrence ceux du cinquième arrondissement. Et ils ne me croyaient pas.

C'est-à-dire, en fait, le mythe méritocratique est tellement fort, et évidemment la violence sous-jacente à cet énoncé est tellement extraordinaire qu'une partie d'entre eux était en résistance et me disait « c'est pas possible, c'est pas possible, ce que vous nous dites est faux. » Et on se retrouvait sur un lycée où il y avait à peu près 70% de réussite au bac, la même année où le frère d'un ami, Henri IV, était dans une classe où ils ont tous su la mention très bien, sauf une personne, en terminale ES.

Donc il y a un tel écart, alors qu'il n'y a pas eu de mention très bien, il y a un tel écart, en fait, dans les possibilités de réussite, et je leur demandais « est-ce que vous pensez que vous êtes 40 fois moins intelligent que ces gamins qui sont nés à quelques kilomètres de chez vous ? » Est-ce que vous pensez que génétiquement, enfin, qu'il y a une quelconque explication de l'ordre rationnel qui puisse justifier un tel écart dans la possibilité de réussir, entre guillemets, en tout cas selon les standards du système ?

Donc, ça a été, à partir de cette violence extraordinaire, il a quand même une réflexion de savoir qu'est-ce qui ne va pas, pourquoi est-ce qu'on continue à y croire, qu'est-ce qui fait qu'on continue à y croire, et pourquoi est-ce qu'en fait on crée de tels déséquilibres au sein de la société et qui font que, oui, on pourrait se dire qu'il y a des asaciennes, tout le monde est très gentil, très sympa, parce qu'en fait, il y a une telle cohésion sociale, une telle harmonisation en termes de niveau de vie, c'est d'ailleurs un des critères de sélection principaux, qu'il y a assez peu de violence.

Quand Gabriel Attal, mon camarade de classe, torturait tout le monde parce qu'on était en courant entre les 11 et 23 ans, c'est parce que lui était vraiment au-dessus en fait en termes sociaux et parce qu'on parlait en souffrance pour des raisons familiales et du coup, il pouvait se permettre de faire n'importe quoi, mais la majorité des gens, sinon, essayait de se respecter, de se protéger et ainsi de suite.

Mais ça se fait au détriment d'une richesse, tout simplement, enfin, c'est très prosaïque, il n'y avait pas de personnes de couleur, il n'y avait pas de personnes d'origine sociale modeste qui pourtant ont des choses en fait émotionnellement, en termes de vécu, à partager, mais même culturellement, des cultures différentes qui nous permettent de comprendre le monde et là, on était à l'isolement complet.

Donc non, enfin, clairement, il y a un problème dans ce genre de sélection, d'autant plus qu'après, vous avez des sur-sélections assez intéressantes, c'est-à-dire que ceux qui rataient Sciences Po, enfin, en l'occurrence, il y avait un certain nombre de filles qui avaient raté Sciences Po qui étaient du coup allés à SAS parce que c'est moins bien d'aller à Sciences Po dans la hiérarchie de ces mondes-là.

Je les retrouvais deux ans plus tard en train de dater des garçons de Sciences Po qui venaient de province, vous voyez, pour équilibrer les capitaux et finir par stabiliser leur position dans l'échelle sociale et donc en fait, il y a très peu de possibilités de s'extraire de ce déterminisme et d'avoir, encore une fois, derrière un vécu qui soit un peu riche, qui soit un peu confrontationnel au réel et qui vous permettent de créer et pas simplement de reproduire et de vous effondrer dans une forme de médiocrité, ce qui est, je pense, pour moi, aujourd'hui, l'une des grandes difficultés de la société française, en tout cas, de ces supposées élites.

12:14
Invité

Pourtant, la Sorbonne essaye justement d'avoir un système un peu plus méritopatique. Mais tous ont essayé, c'est intéressant. Moi, j'avais commencé quelques semaines à la Sorbonne, mais après, j'avais le crayon, donc j'ai arrêté. Effectivement, la Sorbonne, l'école ne coûte pas si cher que ça l'année, tout le monde peut réussir à, justement, c'est fait exprès, il y a beaucoup de bourses qui sont données aux élèves.

12:31
Juan Branco

Mais c'est fascinant.

12:31
Invité

C'est fascinant de voir

12:33
Juan Branco

qu'en fait, même avec l'université gratuite, même avec, en effet, tous ces systèmes Sciences Po, moi, j'ai travaillé avec des coins, donc je connais bien les systèmes des conventions CEP, qui permettaient d'essayer d'amener des gens qui venaient de quartiers difficiles à Sciences Po, malgré, justement, tout ce dont on parle. On essaye de corriger par la marge un système qui est structurement fait pour reproduire socialement.

Et quelque part, moi, j'aimerais bien qu'on sorte de l'hypocrisie et d'avoir un débat sincère sur ces questions, c'est-à-dire, au lieu de dire oui, oui, on a créé plein de mécanismes pour aider les gens, etc., dire non, bon, ok, il y a clairement une pensée de droite dans ce pays, assumée, qui consiste à dire qu'une société a besoin de stabilité, qu'appartenir aux classes bourgeoises, ça vous donne une série de valeurs et compagnie qui, en fait, ne s'acquirent pas si facilement que ça, et donc il faut s'assurer qu'il y a une forme de stabilité de reproduction sociale et qu'à partir de là, on rentre en discussion à partir de ce prédicat, de ce présupposé, et qu'on soit d'accord ou pas d'accord, mais qu'on ne prétende pas que le système français, qui est quand même un des plus élitistes de la planète, pourrait être corrigé par des dispositifs à la marge, ce n'est pas vrai, mais en fait, en créant cette illusion, ce qu'on fait, c'est d'abord qu'on suscite beaucoup de violences sociales, c'est-à-dire qu'on fait violence à des gens parce qu'ils tentent, parce qu'ils y croient, parce qu'ils n'ont pas en tête ces statistiques dont je vous parlais, vont ensuite penser que ça cause d'eux, que c'est eux en tant qu'individus qui sont inférieurs aux autres, donc ça crée de l'autre côté à l'inverse, et ça c'est dramatique et je suis sûr que vous y avez été confrontés, beaucoup d'infatuation chez des jeunes gens des beaux quartiers qui sont convaincus d'être la crème de l'univers, alors qu'en fait, si vous regardez statistiquement, c'était assez évident pour eux d'arriver là où ils sont, et que la seule concurrence qu'ils aient confrontés, c'est finalement au sein de leur classe sociale, en effet, au sein de leur classe sociale, ils ont été plus travailleurs à un moment de leur vie où peut-être qu'ils avaient plus de stabilité que d'autres, des conditions familiales et autres, et peut-être aussi des qualités, de la curiosité que d'autres n'avaient pas pu développer, et ça leur a permis de battre entre guillemets dans cette concurrence pour entrer à HEC, pour entrer à Sciences Po, pour entrer dans les grandes écoles, les quelques centaines, parce que c'est pas beaucoup plus finalement, de personnes avec lesquelles ils étaient en compétition, mais même si vous étendez à quelques milliers, c'est le cas pour les ECE, les écoles de commerce, vous comparez ça aux 300-400 000 personnes qui composent une génération, vous vous rendez compte que c'est même un appauvrissement pour le pays.

C'est dommage qu'on ne donne pas la possibilité à tous les Français à un moment donné de se mettre en position de réussir ces concours, parce que potentiellement il y aurait une diversité, une richesse et une exigence beaucoup plus importante qui s'imposeraient à tous. Plus vous restreignez le bloc de personnes qui vont être en concurrence les unes avec les autres, moins la concurrence va être importante, et plus du coup vous allez réduire vos chances d'obtenir des génies ou même juste d'augmenter le niveau moyen.

Contrairement à ce qu'on pense, je pense que le problème de l'affaissement du niveau moyen dont parle beaucoup d'ailleurs la droite est beaucoup plus lié à une problématique par le haut que par un effondrement civilisationnel qui nous toucherait, que ce soit à cause de l'immigration ou à cause des réseaux sociaux ou quoi que ce soit d'autre.

15:37
Invité

Vous regrettez d'être dans une famille aisée ?

15:39
Juan Branco

Non, mais je ne regrette pas d'être moi, peut-être que je devrais, mais ça c'est à d'autres de le dire. Je me suis construit à partir de ce que j'avais, à partir de parents qui viennent de milieux modestes. Donc j'étais encore, mes cousins, mes oncles, mes tantes, mes grands-parents en fait étaient rattachés à terre quelque part là où mes parents ont une sorte de parcours un peu stellaire. Donc je voyais un peu les écarts que ça produisait. J'essayais d'en tirer des pensées. Je viens aussi de terres qui sont assez modestes et humbles. C'est l'Antejo et l'Andalousie, c'est des terres pauvres qui commencent un peu maintenant à se stabiliser.

Et donc ça crée un rapport à la culture, à la tradition assez différenciée de ce que je voyais chez beaucoup de mes compagnons du cinquième et sixième amendissement qui eux sont en général beaucoup plus souvent dans des bulles, c'est-à-dire sur une reproduction sur plusieurs générations qui s'exfiltrent un peu de la société et les seules choses qu'ils connaissent du reste de la société c'est leur maison de campagne en Sologne ou à La Baule ou en Normandie.

Donc il y a un appauvrissement de ces espaces-là et même des choses aussi banales et ça semblait indécent d'en parler mais je trouve que c'est important de l'assumer quand j'étais à l'école publique en primaire et il y avait encore c'est drôle en fait ça dit beaucoup de l'évolution de la société il y avait encore des gens qui venaient des classes populaires notamment parce qu'il y avait encore des gardiens et en fait au fil des années il y a une telle course au profit à l'exploitation et même par ailleurs évidemment à la spéculation immobilière qu'on a fini par sortir les gardiens des immeubles il y en a quasiment plus en tout cas à Rive Gauche et donc il n'y a plus d'enfants de gardiens qui se mélangent à l'école publique avec les fils de bourgeois donc même cette sorte de diversité marginale microscopique mais qui quand même fait que vous êtes obligé quand vous êtes avec quelqu'un qui n'a pas du tout les mêmes moyens que vous et que soit vous l'écrasez ça arrive souvent le harcèlement et compagnie soit vous-même vous êtes obligé d'ajuster votre comportement de faire attention donc c'est des micro-choses comme ça qui sont dissoutes au sein de la société au fur et à mesure et qui font que le rapport à l'autre et à l'altérité donc à la création se sont effondrés c'est vraiment anecdotique mais ça permet peut-être d'illustrer un étouffoir plus général qui a fait qu'aujourd'hui de façon générale aujourd'hui quand vous vivez à Paris vous ne croisez plus jamais un employé un fils d'employé un fils d'ouvrier quand vous êtes jeune un prolétaire en gros vous êtes dans un vase clos et je pense que ça joue un rôle important aussi dans l'extinction du rapport au désir il y a un appauvrissement général de nos vies de nos existences qui est particulièrement délétère et qui est beaucoup lié à ça

18:05
Invité

est-ce que vous trouvez pas ça trop facile de mettre tout le monde dans le même panier ?

18:09
Juan Branco

non non pas du tout moi je suis assez attentif à être j'essaie de dégager en fait c'est mon travers de réflexion sociologique j'essaie de dégager des effets de structure mais au contraire je parle à chaque fois de l'individualité et j'essaie de tirer de la richesse individuelle ce que je vous dis c'est vraiment lié à des expériences des interactions humaines qui justement m'ont permis de voir la subtilité et de ne pas avoir un raisonnement un peu grossi en disant les riches sont méchants les pauvres sont gentils ou l'inverse et de comprendre comment les gens sont traversés par des effets de classe par des effets de sociologie qui vont faire qu'ils vont soit devenir nuisibles soit rentrer en souffrance soit au contraire s'apaiser et par exemple les gilets jaunes moi j'ai une analyse purement existentielle de ce mouvement c'est à dire pour moi ça a été des gens qui étaient dans un grand malheur liés à la précarisation et de la solitude et qui se sont retrouvés et qui ont redécouvert la possibilité d'aimer à travers ce mouvement et à chaque fois que je le dis il y a beaucoup de personnes qui viennent m'écrire pour me remercier d'en parler parce qu'ils ont ressenti ça et on a mal mesuré à quel point pour le coup dans ce qu'on appelle la France périphérique ce rapport au profit et à l'exploitation a dégénéré la société c'est à dire qu'on on en revient toujours à la possibilité d'aimer mais ça passe tout simplement par le fait qu'on vide les centres-villes par exemple pour créer des actes des zones d'activité commerciale vous voyez ces énormes hangars qui sont en bordure de beaucoup de villes de province où on ne peut y accéder qu'à travers la voiture déjà vous êtes en train de limiter le rapport à la rencontre vous voyez vous n'allez pas à votre marché vous arrêtez pour prendre un café vous rencontrez un non vous allez consommer de façon avec quelqu'un qui est remplaçable un employé qui est remplaçable et des phénomènes comme celui-ci vous en avez à foison qui se sont multipliés qui rajoutaient à la précarisation grandissante du fait des lois un certain nombre de lois qui ont été adoptées l'abandon de toute une partie de la population du fait du chômage de masse qui a fait qu'il y a une partie des gens qui sont retrouvés sans fonction sociale donc sans estime d'eux c'est pas tant la problématique économique la gauche a souvent tendance à se perdre dans un rapport presque monétariste c'est à dire on ne parle que d'argent dans le rapport à la pauvreté à la précarité ce qui est une façon de se protéger de la réalité de la souffrance que ça peut produire la souffrance liée à la précarité à la pauvreté elle est avant tout encore une fois existentielle l'argent n'est qu'un moyen et donc certes on peut noyer les gens sous des allocs mais il y a un moment donné si vous ne leur redonnez pas une fonction au sein de la société ça va provoquer des effets dépressifs ça va provoquer de la violence du coup soit contre soi-même soit contre le conjoint soit contre quelqu'un d'autre encore moi je suis convaincu qu'une partie du rapport au terrorisme est liée à ça c'est à dire qu'en banlieue on arrose à mort avec des programmes de rénovation urbaine pendant des années mais on ne se préoccupe pas du tout de quelle place on donne aux personnes qui sont dans cette situation là et donc quand vous rentrez en deuxième ou troisième génération parce que les terroristes étaient de ces générations là vous vous retrouvez dans une situation où en fait ils vont tirer sur eux-mêmes enfin ils vont aller sur les barres du 10e ou 11e arrondissement ils vont aller au stade de France ils ne vont pas aller chercher le pouvoir ils ne vont pas aller chercher ils vont aller chercher des jeunes comme eux qui eux ont trouvé une place dans la société dont ils sont exclus et donc ils se vengent quelque part à travers ça et après vous avez tout le substrat du discours idéologique religieux et compagnie mais fondamentalement c'est un vrai rapport à l'autre qui est en jeu à travers ce qui s'est passé donc ça c'est pour une partie de la population mais quand on pense à la façon dont on a de vivre en province et la souffrance que ça peut produire justement dans le rapport allemand ou même dans les montagnes on m'a encore raconté parce que j'essaie d'avoir des relais justement de gens qui un gamin qui est près de Val d'Isère enfin pas un gamin non mais justement s'est suicidé à 30 ans désespéré de ne pas réussir à construire une relation amoureuse parce que trop accaparée d'une part par le travail trop dissous dans son lien social parce qu'il y a plus de structures traditionnelles qui permettent de maintenir les gens entre eux donc à rencontrer des gens sur Tinder et compagnie ben en fait très rapidement à un moment quand vous n'êtes pas dans une grande ville ou quoi que ce soit très rapidement il y a cette chance de et ça c'est des questions qui sont profondément politiques qui sont à mon sens assez peu traitées politiquement aujourd'hui et on n'envisage pas assez derrière la dimension matérielle oui enfin les préoccupations d'une partie française et ce qui explique à mon sens aussi le détachement je pense des français à l'égard du processus politique parce qu'ils ont compris qu'ils n'ont pas en face d'eux des dirigeants qui ont une vision d'ensemble qui partent de là qui disent ok en fait très bien gagner de l'argent générer de l'emploi c'est important mais comment est-ce qu'on fait pour qui enfin c'est un terme creux mais du vivre ensemble c'est-à-dire qu'on fasse société quand même sur des territoires et voilà donc moi c'est mon combat en tout cas

22:54
Invité

pour rebondir sur ce côté politique vous avez fait une émission face à Éric Nolot et Zemmour où vous expliquez que vous étiez assez favorable au projet porté par Mélenchon là vous vous exprimez en tant que quoi ? en tant que citoyen en tant qu'avocat en tant qu'ancien avocat de la France Insoumise en tant qu'avocat de Maxime Nicole l'un des leaders des Gilets jaunes vous vous parlez d'où comme on disait dans le temps ? je ne sais pas à quel titre vous m'avez invité mais vous comment vous vous définissez ?

je n'assigne pas les gens à une identité je leur demande je leur pose la question moi je ne m'assigne pas on m'invite à cette émission je suis ravi de venir donc en tant que Ron Branco qu'est-ce qui pour vous lui a fait défaut ?

23:28
Juan Branco

il y a plein de choses comme les résultats l'ont montré je pense que Jean-Luc j'étais son avocat à Mélenchon

23:36
Invité

puis l'avocat aussi de Grosse Tête des Gilets jaunes pour préciser pourquoi vous avez pu parler

23:40
Juan Branco

on s'est connu d'assez près on a longtemps échangé Mélenchon il aurait pu s'il s'était qualifié en 2017 et moi je suis convaincu que c'est la faute de Clémentine Notin au second tour qui a 5 jours du second tour j'espère que vous ne vous souvenez pas parce que c'est de l'anecdote mais avait ouvert la voie à une sorte d'offensive anti-Mélenchon en ne répondant pas à une question sur l'ALBA qui est l'alliance qui a été créée par le Venezuela et quelques autres états d'Amérique latine et à laquelle Mélenchon proposait de se joindre évidemment pas dans le but de transformer la France en Venezuela mais de permettre à la Guyane d'avoir des débouchés sur le continent latino-américain qui est quand même un de nos départements les plus grands enfin c'est quasiment le tiers de la surface métropolitaine et Autain avait répondu un peu comme ça pince sans rire comme ça lui arrive souvent en mode en prenant ses distances oui le Venezuela c'est pas bien l'alliance bolivarienne il faut avouer il fallait y penser

24:37
Invité

c'est sûr bien vu je n'ai pas regardé précisément ce point 62 vous êtes en train de avec l'Iran c'est moche quand même écoutez je vais regarder dans le détail ce point là et si c'était ça vous diriez c'est pas bien je ne sais pas je ne peux pas vous répondre à cette question comme ça à froid je ne sais pas quel est exactement ce qui a conduit à ce point 62

24:57
Juan Branco

et du coup on avait eu droit à une semaine de une en disant la France va devenir le Venezuela si Mélenchon est lui etc et moi je suis convaincu que ça s'est joué à ça le passage au second tour et je suis convaincu que si Mélenchon enfin c'est pas moi qui suis convaincu les sondages disent que s'il était passé au second tour il aurait probablement été élu donc là il y avait une fenêtre historique qui ne s'est pas du tout reproduite en 2022 où même s'il était passé au second tour c'est là la grande illusion que mes camarades insoumis ont réussi à créer je les en félicite mais il faut quand même être un peu réaliste les sondages montraient que même face à Marine Le Pen on se faisait écraser complètement moi je trouve qu'ils ont fait un travail fantastique sur le fond mais qu'il y a eu des fautes à la fois en termes de perception et des pièges dans lesquelles ils sont tombés mais aussi sur un certain nombre de sujets des erreurs qui ont été commises de positionnement idéologique on a essayé de on peut pas être à la fois pour une sixième république qui redonne la parole au peuple qui permette au peuple de décider à la place de ses élites et qui qui est quelque chose à laquelle j'adhère complètement avec la fin des médias oligarchiques et compagnie une reprise de souveraineté en gros et en même temps leur expliquer de façon détaillée ce qu'on va faire sur tous les domaines

26:02
Présentateur

dites quoi à ces jeunes ou ces gens de manière générale qui sont de gauche qui pensent avoir des valeurs de gauche et qui pourtant vos envies de changer d'institution instaurer une sixième république peuvent s'apparenter à du chaos et avoir peur de ce chaos aussi qui pourrait arriver potentiellement et veulent vivre avec des valeurs de gauche voter pour des gens qui ont des valeurs de gauche et pourtant ne pas vouloir changer l'ordre tel qu'il est

26:26
Invité

je sais pas moi j'observe que le chaos actuellement enfin rappelez-vous quand même c'est drôle non il y a pratiquement un an c'était le premier tour des élections présidentielles rappelez-vous des campagnes qui étaient menées si Jean-Luc Mélenchon était élu alors les prix allaient grimper le chômage allait exploser les entreprises allaient arrêter de produire on se retrouverait dans un chaos indescriptible mais excusez-moi mais ça c'est le monde de Macron

26:50
Juan Branco

il y a des discussions qui n'ont pas encore lieu qui ne peuvent pas avoir lieu par exemple sur les questions migratoires aujourd'hui on ne peut pas discuter sereinement parce que c'est un instrument d'ambition pour les politiciens dans un sens ou dans l'autre et ils jouent avec ces questions-là et il y a un espace médiatique tellement vérolé qu'il n'y a pas de possibilité sereine pour les français de se dire il faut qu'on fasse comme ci ou comme ça et qu'on réfléchisse sérieusement au sujet et donc si on essaye en amont de trancher sur cette question sur la question du rapport à la religion du rapport au genre et ainsi de suite si on leur impose en amont une orientation on perd une partie de ceux qui seraient dit bah ouais on va voter pour eux parce qu'ils vont nous redonner la parole et ensuite en fait on verra et ils vont nous redonner la parole éventuellement ils ont un programme à ces cadres qui pourrait faire unanimité facilement sur les questions économiques d'impôts et ainsi de suite bon bref ça je pense que c'est l'erreur un peu fondamentale c'est à la fois vouloir être de gauche fondamentalement très à gauche et en même temps prétendre que ce qu'ils veulent c'est rendre le pouvoir à tout le peuple y compris le peuple de droite ce qui n'est pas vrai en fait quoi donc je pense qu'il faut régler ça et quelle que soit la force politique qui se proposera de le faire mais celle qui le fera à mon avis aura beaucoup plus de chances de réussite

28:02
Invité

vous parlez de la droite à partir de où elle se situe pour vous

28:06
Juan Branco

ça c'est une bonne question parce qu'il y a la droite de valeur comme on dit celle qui sur des questions sociétales a une idéologie assez conservatrice au sens neutre du terme il y a la droite économique qui elle serait plus la droite libérale donc qui est en faveur de l'entreprise et ainsi de suite il y a la droite française qui est un mélange hyper bizarre complètement foutraque qui choisit quand elle veut dans quel sens elle va elle veut être pour l'étape quand ça favorise les classes dominantes puis après quand quand c'est pas le cas elle veut bon bref n'importe quoi quoi et après il y a la macronique et la droite sans idée c'est en gros on ne sert que les intérêts des classes dominantes on n'en a rien à faire du fond et on y va de façon répétée donc ça c'est la droite que je déteste c'est la droite macronienne elle est pire que la droite

28:53
Invité

mais bien sûr

28:53
Juan Branco

toutes les autres il faut on peut échanger toutes les autres droites ont un rapport aux idées enfin vous voyez à l'idée donc vous êtes d'accord pas d'accord vous y opposez y compris frontalement y compris dans un rapport de force mais au moins vous avez je sais pas vous avez une position contre laquelle lutter Emmanuel Macron à part être contre la corruption et l'insignifiance c'est difficile d'être contre lui et contre Marlène Schiappa enfin vous voyez il y a une infiltration de l'absence de pensée et du pur intérêt dans l'espace politique français qui est particulièrement dangereux ce qui menaçait de façon générale tous les partis politiques en particulier la droite selon moi mais là c'est quand même poussé à l'extrême et c'est ce qui a fait que je me suis engagé très tôt et de façon très radicale contre ce pouvoir parce que je le trouve délétère et dangereux en cela

29:41
Invité

donc pour vous c'est moins dangereux d'avoir Marine Le Pen par exemple au pouvoir qu'Emmanuel Macron

29:46
Juan Branco

je ne sais pas ce serait moins dangereux je ne suis pas sûr que ce serait plus violent contrairement à ce qu'intuitivement on pourrait penser je pense qu'on mesure mal à quel point ce quinquennat qui est passé et celui qui a commencé il y a un peu plus d'un an a charrié comme violence réelle d'une part répressive mais aussi symbolique et y compris vis-à-vis à l'égard des minorités et je ne suis pas sûr que Marine Le Pen serait dans un rapport de violence plus important que les Macron aujourd'hui ne serait-ce que parce qu'en fait son capital politique aujourd'hui dépend beaucoup de sa capacité à faire consensus paradoxalement elle a tout fait pour se détacher de l'image de son père donc elle donne des gages sur toutes les questions qui jusqu'ici étaient problématiques de l'antisémitisme à l'appartenance à l'Union Européenne elle essaie de montrer qu'elle est plus royaliste que le roi et elle ne pourrait pas se défaire facilement alors qu'au contraire moi je trouve que et elle pourrait peut-être même contenir une partie de cette extrême droite beaucoup plus radicale qui a sa droite à elle qui aujourd'hui s'agite et se voit légitimée par l'exercice du pouvoir d'Emmanuel Macron et ce qu'il considère être une forfaiture et une trahison à la France c'est quand même un discours qui est très ancré aujourd'hui dans notre pays et qui s'ancre du fait de cette forme d'indifférence à tout que montre le pouvoir actuel donc donc voilà vous me demandez de choisir entre deux alternatives qui ne m'intéressent pas du tout mais je tiens à prévenir de ce que l'on se fait des illusions sur cette fausse dichotomie et d'ailleurs j'avais appelé à voter blanc dans l'entre-deux-tours de 2017 déjà sur cet argument en disant je ne suis pas du tout sûr qu'il y aura moins de violence avec Emmanuel Macron que avec Marine Le Pen et je refuse de donner un quelconque gage à Emmanuel Macron simplement parce qu'il faudrait éviter Marine Le Pen

31:30
Invité

C'est vraiment utile de voter blanc parce qu'en soi le résultat à la fin ça va être soit l'un soit l'autre

31:35
Juan Branco

il y a une utilité extraordinaire qui consiste à ne pas se sentir pris au piège existentiellement je ne sais pas si existentiellement mais en tout cas symboliquement c'est-à-dire que vous avez participé à mettre cette personne au pouvoir si vous votez et donc à partir de là que vous le vouliez ou pas même en votant contre lui vous avez participé aussi et donc vous avez donné une légitimité à ce système qui va vous dire mais tu n'avais qu'à voter autrement ou pas voter alors que si vous sortez du jeu comme l'ont fait la majorité des français aux dernières élections et bien vous retrouvez une situation où vous êtes légitime à les envoyer se faire voir en fait et à dire maintenant moi je retrouve ma souveraineté je ne participe plus à ces jeux et je me bats maintenant par mes moyens pour retrouver une façon de m'exprimer politiquement et de me faire entendre qui m'apparaissent plus efficaces

32:19
Invité

Vous êtes également l'avocat de Julien Assange

32:23
Juan Branco

Je l'ai été

32:23
Invité

Je l'avais été et donc vous avez une question c'était est-ce que vous comprenez l'argument selon lequel les lanceurs d'alerte seraient un danger justement pour la sécurité nationale

32:32
Juan Branco

C'est parce qu'ils sont des dangers qu'il faut les protéger c'est parce que justement ils remettent en question la structure de l'Etat pour favoriser celle des populations qui sont déjà à ce point admirés et qu'il faut s'engager à leur côté Tout ce qui a trait Julien a cette phrase qui est très simple qui est de dire intimité pour les citoyens et transparence pour le pouvoir Il n'y a aucune raison finalement si ce n'est se protéger de l'étranger de ne pas être transparent vis-à-vis de ces populations Et donc c'est sain que régulièrement des personnes comme Julien Assange viennent réactualiser notre connaissance du fonctionnement intérieur du pouvoir Et ce que je dis souvent je comprends pourquoi ils ne sortent pas de prison Imaginez-vous que Julien Assange et Koukili que ça a été pleinement fonctionnel pendant la crise du Covid et puis après pendant la guerre en Ukraine Le nombre d'informations qui auraient pu sortir sur les contrats avec les labos pharmaceutiques et compagnie qui nous auraient permis peut-être plus rapidement de mettre en branle notre intelligence collective pour éviter certaines des erreurs qui ont été commises pendant cette période ou des décisions qui étaient volontairement prises pour défendre certains intérêts La transparence et la vérité sont des armes au service des populations pour faire pression sur leurs dirigeants pour leur permettre d'orienter les décisions et s'assurer qu'on ne se fasse pas complètement escroquer Nos dirigeants s'ils sont là pour défendre les populations ils ont plutôt intérêt à leur laisser accès au maximum d'informations possible

33:56
Invité

Mais est-ce que c'est pas dangereux pour les pays ennemis ?

33:58
Juan Branco

Et donc la question qui se pose en effet c'est par rapport à l'étranger Sauf que quand vous êtes par exemple sur une guerre aussi illégitime comme c'était le cas pour Julian Assange comme celles les guerres d'Irak et d'Afghanistan Vous renforcez personne à part votre propre société en montrant les crimes qui ont été commis pendant cette période Vous voyez vous renforcez pas l'ennemi en démontrant des années après ce qui s'est passé Moi c'est une question qui s'est posée pour moi sur les Pentagon League Je ne sais pas si vous avez entendu parler de ça ça a été des fuites d'informations massives qui révélaient en fait beaucoup d'informations détaillées sur l'état de la guerre entre l'Ukraine et la Russie notamment mais aussi sur les dispositifs d'espionnage que mettent en place les Etats-Unis à travers le monde Et donc moi j'ai eu l'ensemble des documents que tous les médias du monde ont traités sans les rendre publics Vous voyez donc il y a eu plein d'articles En fait c'est un gamin qui a fait fuité ça sur Discord un mec de 21 ans qui avait accès parce qu'il était dans la sécurité dans une base américaine Il fait fuité ça à ses copains un peu pour se la raconter et à un moment donné au bout d'un ou deux mois ça commence à circuler et donc là les médias réussissent à récupérer tout et ils le traitent mais ils décident que parce que c'est illégal et même le Washington Post et le New York Times il faut qu'ils fassent attention donc ils ne donnent pas accès directement à la source Or ce que nous a montré Wikileaks c'est que laisser accès enfin fonctionner comme une bibliothèque du pouvoir c'est-à-dire laisser un accès permanent aux citoyens à l'information brute ça permet de voir des choses que les journalistes eux-mêmes ne vont pas nécessairement voir par exemple les Macron Leaks j'étais complètement contre la diffusion des Macron Leaks donc qui étaient les documents de campagne d'Emmanuel Macron qui fuite un peu avant le second tour ils sont traités au début par les journalistes qui disent mais il n'y a pas de scoop très bien sauf que pendant des années derrière ça a permis à chaque fois qu'Emmanuel Macron ou des membres de son gouvernement ou ses conseillers prenaient des décisions d'avoir des informations sur quelles étaient les raisons de ces décisions qui les avait influencées éventuellement quel intérêt ça servait et ainsi de suite ça a été le cas pour la taxe carburant celle qui a déclenché Gilets jaunes ou dans les mails on s'est rendu compte que contrairement à ce qu'avait raconté Edouard Philippe c'était pas pour financer la transition écologique mais pour financer le CICE c'est-à-dire des exemptions de taxes pour les actionnaires des grandes entreprises et donc ça on découvre ça deux ans après si on regarde ça en 2017 et qu'on voit l'échange de mails en l'occurrence entre Alexis Collère qui était le secrétaire général de l'Elysée enfin qui allait devenir le secrétaire général de l'Elysée et Laurent Martel qui était le conseiller fiscal d'Emmanuel Macron on regarde ça en mai 2017 on se dit bon c'est quoi le CICE c'est quoi la taxe carburant et si ça avait pas été rendu public ça aurait fini dans un dans un dans un petit morceau de enfin pardon dans une boîte au fin fond d'une rédaction et peut-être qu'on aurait jamais su en fait qu'il y avait une entourloupe et que donc les gilets jaunes avaient raison de se lever pour dire ben non ça on va pas le faire parce que clairement vous êtes en train d'essayer de nous faire passer pour une mesure écologiste quelque chose qui n'a vocation qu'à financer vos amis donc moi je crois beaucoup à la nécessaire transparence et accessibilité au peuple donc je considère qu'il est suffisamment intelligent collectivement pour évidemment prendre des décisions pour lui-même sinon on n'est pas démocrate et donc sur les pentagonistes par exemple on a pris le risque de les mettre on s'est fait attaquer mais de façon extraordinairement violente par des hackers je veux dire pour faire sauter le site mais on avait des gens qui avaient travaillé avec Wikileaks qui nous ont aidé on a mis en ligne l'ensemble des documents alors que pour le coup c'est quand même une situation tangente c'est-à-dire c'est une situation de guerre qui montrait notamment les plans de la contre-offensive ukrainienne contre les russes donc on était on les a mis en avril-mai et en fait on pouvait comprendre en lisant ces documents que la contre-offensive était prévue pour mai-juin et c'est des documents qui dataient de février-mars donc d'ailleurs elle vient de commencer donc on est en juin et donc on se retrouve dans une situation où il faut peser le pour et le contre et à un moment donné en fait ça permet de comprendre tellement de choses sur la réalité sur le terrain d'abord parce que vous savez on est sur ce qu'on appelle the fog of war c'est-à-dire chaque camp essaie de faire de la propagande de façon massive et contrairement à ce qu'on pense et ce qu'on essaie de croire les démocraties adorent la propagande tout autant que les pouvoirs dictatoriaux donc on se fait enfumer pendant des mois la vulgarité de tous les côtés et réussir à mettre un peu de clarté en fait ça ne peut que favoriser y compris pour des citoyens français la question de savoir qu'est-ce qu'on fait là quel est notre degré d'implication réelle parce qu'on a révélé qu'il y avait des forces spéciales qui étaient sur le terrain françaises et discuter à partir de là et enfin avoir une base sur laquelle discuter pas se retrouver comme au déclenchement de la guerre on avait Emmanuel Macron qui faisait des shows incompréhensibles en allant, venant au Kremlin pour essayer de négocier quelque chose sans que nous on ait les éléments pour comprendre si ça avait du sens ou s'il était juste en train de faire de la propagande électorale dans la perspective de sa réélection

38:29
Invité

Est-ce que c'est pas dangereux justement de révéler autant d'informations sur une guerre en cours en plus ?

38:33
Juan Branco

Oui mais c'est plus dangereux de faire la guerre si je peux me permettre enfin je veux dire c'est-à-dire que entre des citoyens qui essayent de révéler les dessous des cartes pour permettre aux populations de contrôler ce que font leurs dirigeants et des dirigeants qui s'amusent à s'envoyer des tanks sur le visage en mobilisant les populations sur des fondements qui sont souvent mensongers des deux côtés moi je serais toujours du côté de celui qui essaiera de faire la vérité dans cette confusion y compris si ça peut être à court terme à notre détriment parce que je suis convaincu qu'à long terme ça renforce la société pour peu pour peu que ce soit des fuites sincères qu'elles ne soient pas manipulées il y avait quelques documents manipulés qu'on a réussi à identifier qu'on a extrait pour s'assurer que c'était une intégralité et pour peu que ce soit pas juste pour essayer de peser comme ça a été selon moi le cas à plusieurs reprises sur le cours des événements à un moment donné mais voilà il faut savoir que ces appareils de pouvoir sont courants donc on n'est pas en train de déstabiliser la guerre entre les états ukrainiens russes ou états-uniens ce qu'on est en train de faire c'est en train d'essayer de rendre aux populations ukrainiennes russes françaises et ainsi de suite la possibilité d'agir et de peser sur leurs dirigeants de façon plus fine et donc du coup à mon sens plus efficace

39:42
Invité

est-ce que vous ne vous sentez pas un petit peu marginalisé par justement votre combat politique est-ce que vous n'avez pas peur aussi parfois

39:48
Juan Branco

je suis très accompagné enfin on a une force sociale c'est des indicateurs qui sont assez stupides mais enfin vous voyez ce dernier mois j'ai découvert j'étais halluciné que sur Twitter on a eu 50 millions de vues allez savoir ce que ça veut dire exactement ou pas mais c'est à dire qu'en fait la parole que je tiens a un écho très très important sur un moi dans une partie de la population en France en l'occurrence

40:09
Invité

dans un bon sens comme dans le mauvais sens

40:12
Juan Branco

oui ça amène à des prises de position très radicales et donc en termes politiques je ne suis pas du tout seul en termes sociaux ça isole énormément vous avez raison parce qu'en fait je suis dans un travail de dévoilement et d'exposition de ma propre classe sociale donc c'est à dire que quoi qu'on veuille et quoi qu'on pense on est déterminé socialement donc on va aimer des personnes qui nous ressemblent enfin qui ont des parcours similaires aux nôtres etc c'est difficile donc on peut avoir des compagnons politiques qui viennent de notre classe sociale sans difficulté ça va être plus compliqué sur cet aspect là et donc ça crée de l'isolement ça amène à faire des erreurs ça amène à rencontrer des personnes que je n'aurais pas dû rencontrer comme vous le savez avec cette affaire d'accusation qui m'est tombée dessus mais l'enjeu fondamental derrière c'est de se dire est-ce que ça vaut la peine ou pas et est-ce que mine de rien ça peut produire du sens et est-ce que ce sacrifice entre guillemets vaut la peine et après la question qui se pose derrière c'est la question de savoir se protéger parce qu'en gros on se prend des balles perdues tous les 4 de matin à chaque matin on arrive on a des courriers de menaces d'insultes enfin pas d'insultes pardon de menaces c'est toujours très institutionnel en fait c'est menaces de procès mise en demeure procédure et ainsi de suite donc on doit vivre au quotidien avec cette sorte de choses qui est quand même très accablante sans s'effondrer psychiquement sans être dans un rapport de tristesse au monde mais honnêtement moi je me considère comme un immense privilégié de pouvoir défendre mes idées et de pouvoir me battre pour des gens et j'ai conscience de cet honneur parce que je me souviens que quand Wikileaks m'a proposé de travailler avec eux j'ai vu en fait avec bonheur mon existence changer enfin je me suis rendu compte que c'était un privilège extraordinaire et qu'il fallait absolument que je continue je ne m'attendais pas du tout à ce que ce soit aussi violent mais c'était nécessaire et je savais à l'époque et c'est un discours que je tenais beaucoup à l'époque je disais il faut qu'on soit généreux dans la lutte c'est à dire qu'il faut qu'on donne de la possibilité aux gens de lutter à leur tour parce qu'il y a beaucoup de gens qui aimeraient se battre pour des idées qui aimeraient

42:04
Invité

mais les réseaux sociaux sont faits pour ça aussi n'importe qui peut prendre la parole qu'importe le milieu social

42:08
Juan Branco

mais c'est difficile d'avoir une efficace et de se faire entendre et c'est très violent les réseaux sociaux parce qu'on a une apparence c'est possible théoriquement de se faire entendre comme n'importe quelle autre personne dans les faits il y a quand même des effets de concentration de l'attention très importants moi une des grandes sources de réussite entre guillemets de ma parole sur ces réseaux sociaux elle est liée au fait que j'ai été institutionnalisé auparavant donc j'ai des titres que vous avez rappelés de diplôme et compagnie j'ai exercé dans des institutions qui ont une forme de légitimité et j'ai été exposé à travers des médias institutionnels

42:39
Invité

votre parcours votre parcours d'études n'est pas lié au fait que vous ayez plus ou moins des abonnés sur les réseaux sociaux ça joue

42:46
Juan Branco

ça joue beaucoup parce qu'en fait ça permet aux gens les gens en fait on reste dans une société qui est structurée par des références communes qui font qu'ils disent ah tiens la parole de quelqu'un qui a traversé ces espaces là donc il y a quelque chose à dire qui n'est pas juste de l'opinion qui a aussi une sorte d'expérience qui en est issue et après évidemment il faut avoir quelque chose à dire il y a plein de camarades et narques je leur crée un compte twitter ça n'a pas donné grand chose alors qu'ils sont plus près du pouvoir donc il faut y avoir une réflexivité par rapport à son parcours mais reste que ça reste des dispositions enfin des espaces qui certes soulagent un peu mais aussi reste très clivant et socialement déterministe à mon sens donc il faut faire attention à ça il faut continuer à ouvrir des plateformes des lieux et transmettre en fait au maximum enfin permettre une course de relais vous voyez et la première chose à laquelle j'ai pensé quand j'ai commencé à travailler à Wikileaks c'est qui est-ce que j'ai aidé à son tour soit à travailler à Wikileaks soit à devenir quelqu'un à son tour socialement et politiquement parce que je sais qu'il y a plein plein de gens de gamins qui cherchent et de femmes et d'hommes qui cherchent à s'engager et qui ne trouvent pas l'opportunité de le faire en fait qu'il soit valorisante qu'il soit stimulante qu'il soit excitante et voilà donc c'est très important de travailler à cet aspect-là aussi

43:57
Invité

puis j'ai vu vous aviez été aussi l'avocat de

43:59
Juan Branco

Damien Tarell gentil de venir nous voir

44:02
Invité

merci à vous

44:03
Juan Branco

merci à vous

44:04
Invité

bonjour à Saint-Denis à Balamacroni Damien Tarell d'ailleurs

44:20
Juan Branco

c'est quelqu'un qui est complètement à l'opposé politiquement de l'échec et politique pardon de l'échec et politique c'est un royaliste je pense qu'il était proche d'action française à un moment c'est d'ailleurs

44:28
Invité

ce qu'il avait dit

44:28
Juan Branco

oui bonjour à Saint-Denis à Balamacroni et c'est quelqu'un de brillant c'était génial de défendre il avait voulu me désigner en première instance mais il ne l'avait pas laissé donc il s'était retrouvé pendant trois mois en prison quand même trois mois pour une baffe c'est un truc qui est dans la prison ouais mais je ne sais pas il y a d'autres personnes qui ont baffé leur femme et qui n'ont pas mis un jour en prison et moi je pense que c'est plus grave c'est intéressant c'est intéressant comme remarque qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné la justice va considérer comme plus grave X ou Y non parce que si vous avez non mais en l'occurrence la personne à laquelle on pense a admis avoir porté le coup et c'est quelqu'un qui a des responsabilités c'est pas juste un citoyen qui à un moment donné dans un geste un peu de surprise aussi par rapport au président devant lui qui finit par faire un geste un peu comme ça ça a été filmé oui oui ça a été filmé donc c'est pas tant la question de la preuve que de la symbolique en fait on veut symboliquement réprimer ce geste pour éviter qu'il se reproduise c'est plutôt à ce niveau là et mais pourquoi est-ce qu'on pourquoi est-ce que c'est plus important d'éviter qu'un président de la République en campagne en bras de chemise un peu la joue cool moi je peux me déplacer partout etc se prenne un soufflet parce que c'était plus un soufflet qu'une baffe d'ailleurs Tarell ce qu'il a dit devant le procès dans le tribunal j'ai beaucoup aimé il lui demandait est-ce que vous regrettez votre geste il a marqué un temps de silence et il dit est-ce que je regrette mon geste c'est vrai que j'aurais pu j'aurais pu mieux je sais plus ce qu'il a dit mais j'aurais pu mieux l'exécuter ou j'aurais pu et tout procès était comme ça mais à la fois provocateur et en même temps vous voyez et ce qui était très drôle aussi c'était le président qui avait du mal à se retenir de rire enfin vous voyez parce que enfin nous voilà mais du coup vous voyez il y a une subversion mais par contre l'assesseur l'assesseuse en l'occurrence une femme était folle de rage parce qu'elle voyait c'était elle qui instruisait le dossier dans une procédure parce qu'elle voyait son autorité remise en question de façon alors au moment même où elle est censée se réimposer vous voyez par quelqu'un et qui le faisait en plus très doucement et qui après expliquait écoutez c'est difficile de regretter un geste quand je me fais féliciter à chaque coin de rue pour l'avoir fait enfin c'est vrai aussi et du coup vous avez la question qui se pose c'est est-ce que vous le faites la justice elle est rendue au nom du peuple français donc en effet vous avez cette personne qui a acquis une popularité et si vous faites des sondages il est possible qu'il y ait une majorité des personnes qui disent que c'était pas un geste en tout cas injustifié ou en tout cas qui mériterait une condamnation pénale c'est pas parce que

47:02
Invité

plus de gens sont d'accord enfin pour que la gifle les lieux que ça reste quand même une bonne chose à faire

47:06
Juan Branco

on nous rentre dans des débats intéressants sur la question des conflits de légitimité c'est-à-dire que vous avez la légitimité de la loi qui est l'expression de la souveraineté populaire à un instant T mais qui est censée fixer un cadre qui fait que même si vous avez un moment d'émotion par exemple on l'a vu avec le procès suite à l'assassinat d'une jeune femme qui était enceinte par son compagnon qui a fait beaucoup de bruit il y avait une protestation très forte quant au fait que la peine était insuffisante parce qu'il avait brûlé la femme avant de l'assassiner qu'elle était enceinte et il n'a eu entre guillemets que 18 ans de prison comme peine avec notamment l'excuse des minorités donc ça crée un débat très important là-dessus sur le moment vous pouvez avoir des pulsions qui peuvent aller même jusqu'à la pulsion de meurtre face à un acte qu'on considère comme barbare ou sauvage et d'ailleurs dans beaucoup de sociétés ça se règle en lapidation on règle les comptes et la loi a pour fonction de refroidir les choses de dire ok et de fixer un cadre c'est-à-dire quand vous assassinez quelqu'un on peut penser à la pire atrocité le maximum ce sera ça pour éviter justement les pulsions de revanche de vengeance et pour essayer de réguler un peu et donc vous avez cette légitimité là qui est notamment encadrée par le processus représentatif donc les députés et sénateurs qu'on élit directement ou indirectement pour voter en notre nom ces questions et après vous avez quand même la légitimité populaire qui à un moment dit oui bon très bien vous avez décidé que c'était ce cadre etc mais là là c'est allé trop loin et là une petite baffe ce serait pas mal ou une peine supérieure ce serait pas mal et il faut aussi sans y acquiescer sans s'y soumettre l'entendre et s'interroger sur notre capacité et notre légitimité à aller à l'encontre de celle-ci donc Damien il a payé très cher enfin trois mois en prison quand vous n'avez pas de casier que vous n'avez jamais rien commis encore une fois si vous regardez le geste en détail c'était pas violent enfin c'est violent symboliquement c'est une humiliation et ce qu'on lui fait payer c'est l'humiliation qu'il a fait subir à Emmanuel Macron et je pense que c'était même trop cher payé mais c'est surtout intéressant de par l'écho que ça a eu c'est à dire encore une fois la satisfaction que ça a créé chez des millions de personnes elle interroge elle interroge et elle doit elle doit faire réfléchir et pas nous amener simplement à dire on condamne ou on soutient

49:14
Invité

effectivement j'allais faire le parallèle avec beaucoup de gens qui auraient critiqué également ce qui s'est passé avec Macron à l'Elysée avec McFly et Carlito là il y a beaucoup de gens qui pourraient dire qu'une baffe est limite moins humiliante ou plus humiliante

49:25
Juan Branco

pour le pouvoir symboliquement bien sûr on veut commencer

49:29
Invité

à tourner à quelle heure on a commencé à 17h et au fait ça traversait à quelle heure 13h 13-14h je crois 15h peut-être 16h peut-être 17h 18h 19h 20h c'est la chanson des heures ah non mais ça c'est la chanson des heures

49:49
Juan Branco

il y a eu pas mal d'épisodes de la part de ce pouvoir où il jouait pas le jeu de l'institution donc à partir de là il s'expose et encore moi je trouve que Damien Tarell a eu quelque chose de très noble entre guillemets au sens c'est un soufflet il réactivait la tradition aristocratique de dire vous avez atteint mon honneur ou je sais pas quoi je vous défie à travers ce geste comme ça et je vous remets en place c'était pas une agression il n'y avait pas la volonté de faire mal physiquement à l'individu qui pourtant a fait mal psychiquement socialement et même physiquement quelque part à beaucoup de personnes à travers les décisions qu'il a prises et il a joué un jeu dangereux Emmanuel Macron par hubris je pense par immaturité aussi infantilisme qui l'a amené à des rapports de provocation qui ont il y a eu de la chance que le peuple français soit bien éduqué parce que moi j'étais avec les gilets jaunes quand ils étaient aux portes de l'Elysée on aurait pu rentrer ça s'est joué à pas grand chose les gendarmes reculaient et il y avait une masse trop importante pour le faire

50:45
Invité

est-ce que ça aurait été une bonne solution

50:46
Juan Branco

pardon

50:47
Invité

est-ce que ça aurait été une bonne solution

50:48
Juan Branco

donc la question qui se pose et c'est pour ça que je pense qu'on l'a pas fait inconsciemment c'est qu'il y aurait eu une dimension purgatoire un peu comme au moment du Fenwick dans le portail de Benjamin Griveaux vous regardez les images vous voyez qu'ils sont tous ils se marrent et d'ailleurs ils se marrent tellement que dès le moment que c'est fait ils se disent mais qu'est-ce qu'on a fait et ils se barrent tout de suite parce qu'ils sont en panique à l'idée d'être allé trop loin

51:08
Invité

ce qui montre

51:26
Juan Branco

que quand même il y a un rapport à la violence qui est très mesuré finalement surtout depuis

51:30
Invité

la révolution française aussi

51:31
Juan Branco

oui oui on réinvoque un imaginaire qui est au fondement de la légitimité de ce régime donc je veux dire c'est compliqué pour eux de se défendre de ce genre de gestes parce que est-ce qu'on fantasme

51:40
Invité

pas un petit peu trop aussi la révolution française en faisant ça

51:43
Juan Branco

on la fantasme pas je pense que c'est une réactualisation qui n'est pas du tout d'ailleurs il y avait beaucoup de monarchistes et compagnies pendant la vie il y avait toute une partie de la droite qui n'est pas du tout républicaine qui était mobilisée pendant ce mais juste pour finir sur l'Elysée il y aurait eu une dimension purgatrice et ça c'est important des moments de relâchement c'est-à-dire de dire on a saccagé un endroit maintenant la tension peut se la politique fonctionne comme ça de façon plus ou moins symbolique

52:09
Invité

passé par la violence c'est vraiment une bonne idée

52:11
Juan Branco

ça dépend de quelle violence il s'agit si c'est une violence purgatoire ou si c'est une violence qui va atteindre définitivement un corps par exemple là on touche à quelque chose

52:19
Invité

il y aurait eu des blessés du coup

52:20
Juan Branco

il y en a eu beaucoup ah oui

52:22
Invité

mais donc il y en aurait encore plus avec ça il y a peut-être même encore plus de morts et en fait ça aurait été

52:26
Juan Branco

à voir en tout cas encore une fois la question de la violence est intéressante aussi c'est encore un autre débat parce que c'est la question de la violence visible et invisible quand vous mettez sous tension tout un peuple que vous l'exploitez que vous produisez tous les phénomènes qu'on décrivait les 15 000 morts par an qui a enfanté le chômage de masse chaque année selon l'Inserm depuis 20 ans c'est des morts et c'est des vrais morts sauf que c'est des morts invisibles parce qu'ils ne sont pas pris dans le spectacle de la confrontation politique et la confrontation politique elle a vocation à purger et à éviter cette violence vous voyez en fait on crée des scènes politiques pour se retrouver dans une situation où il n'y aura pas des violences plus insidieuses souterraines qui se mettront en oeuvre et donc les violences conjugales par exemple très liées à la condition sociale les violences faites aux femmes c'est très très très lié à la souffrance que produit la société qui est mal organisée et donc dans cette configuration-là avoir des moments de purgation ça peut être sain et ça peut sauver beaucoup de gens beaucoup de gens de différentes façons et d'ailleurs historiquement c'est comme ça qu'on s'est structuré après pour les gilets jaunes je pense que pourquoi ça ne s'est pas fait pourquoi ils ont préféré et pourquoi ça ne s'est pas fait à l'acte 3 et pourquoi 3 ou 4 actes plus tard le 5 janvier 2019 là ils rentrent au Fenwick chez Benjamin Griveaux parce qu'on n'était pas encore assez mûrs politiquement à ce moment-là c'est-à-dire qu'on n'avait pas de projet alternatif cette idée de rendre le pouvoir au peuple de démocratie constituante d'impératif irrévocatoire de référendum d'initiative citoyenne toute cette réflexion qui est née en fait dans les semaines qui ont suivi parce qu'une chose c'est de s'opposer à une taxe une chose c'est de s'opposer à quelqu'un qui est président de la République et qui dit de vous que vous êtes rien ou qui dit de la France qui fume des gitanes et roule en diesel comme le faisait Benjamin Griveaux que c'est pas sa France et une autre chose c'est de se dire ok mais qu'est-ce qu'on ferait à la place on les sort très bien mais pour les remplacer par quoi sans devenir à notre tour comme eux des gens qui captent le pouvoir sans légitimité pour le faire et donc il y avait cette immaturité à l'acte 3 qui déjà à l'acte 6 7-8 commençait à arriver avec une possibilité réelle de féconder des projets politiques alternatifs donc un peu plus un peu plus de courage un peu plus bah oui on va y aller cette fois et peut-être que si ça avait continué s'ils n'avaient pas fini par nommer Didier Lallement pour les trucider tous au LBD et avec des membres de la BAC peut-être qu'on serait arrivé à un vrai processus révolutionnaire mais ça me permet de rebondir sur un geste bah justement celui où on a essayé de me l'attribuer le geste qu'a commis Piotr Pawlenski donc procès contre Griveaux maintenant qui s'inscrit dans cette lignée vous voyez qui est de dire ce garçon nous humilie publiquement régulièrement on va se venger d'une façon ou d'une autre en l'occurrence en exposant le sexe qu'il avait envoyé à une jeune femme de façon répétée c'est un geste qui a traumatisé l'espace social bourgeois en gros on en a parlé pendant un mois enfin il y avait une pandémie qui arrivait on ne parlait que de ça

55:12
Invité

je suis pas sûr

55:14
Juan Branco

c'est là où il faut il faut noter déjà je pense qu'il y a un vrai distinguo à faire je pense qu'au sein de la population française on regardait ça plutôt déjà avec distance et amusement alors qu'il y avait un vrai truc traumatique dans le petit Paris qui est en mode mais on peut pas faire ça c'est pas possible on a touché à la bite à Griveaux pardonnez-moi et après il y avait une forme de jouissance chez beaucoup de gens d'humilier cette personne moi je crois pas à cette façon de faire moi je crois pas à la revanche donc j'étais en fait en désaccord avec le geste de mon client sauf qu'il m'avait désigné comme avocat il fallait que je défende et que j'avais des bons arguments par ailleurs pour le défendre moi je crois plus mais je me rends compte qu'il a produit un renversement symbolique qui a durablement perturbé cet espace de pouvoir ce que nous on avait pas réussi à faire en exposant par exemple leur corruption avec répuscule et ainsi de suite et ça ça m'intéressait vous voyez de me dire mais je suis en désaccord éthique avec le geste c'est un peu ce que vous me dites par rapport au fait d'être entré à l'Elysée ou compagnie vous êtes en désaccord éthique avec les options que je défends mais moi je suis obligé de me dire par rapport à Piotr il a eu une efficacité politique beaucoup plus importante que la mienne tristement vous voyez et qu'est-ce qu'on en tire qu'est-ce qu'on en déduit et comment est-ce qu'on réfléchit à partir de là

56:18
Invité

on va aller vers la fin de l'interview je voudrais me poser une dernière question sur votre dernier livre que vous avez sorti sur Hanouna c'est qu'est-ce qui vous dérange le plus dans TPMP en fait

56:26
Juan Branco

alors rien moi enfin si ce qui me dérange parce que moi je trouve très hypocrite on va finir par penser que je suis en conflit avec la gauche alors que je les aime beaucoup mais je suis très frustré de ce qui tient d'un discours anti-Bolloré alors que c'est un discours anti-oligarchie qu'il faut tenir de façon générale on peut pas aller comme l'a fait Orsena dans le monde qui est une propriété Xavier Niel se plaindre de Bolloré ou alors on est juste en train de jouer une histoire de camp contre camp gauche contre droite moi je considère qu'il faudrait que les médias soient entièrement libres et non pas qu'on soit pas content quand un média appartient à un oligarque de droite et par contre si c'est un oligarque qui est à peu près de gauche ou de centre ça nous dérange pas plus que ça ça c'est le premier point donc Hanouna ce qui m'intéresse là dedans c'est plutôt le système Stéphane Courby c'est au dessus de lui c'est à dire en fait comment ils ont créé un système circulaire qui permet d'exploiter les fragilités d'un certain nombre de français notamment dans les classes populaires en les faisant rêver d'un certain mode de vie pardon d'influenceurs ainsi de suite les pousser à consommer merci beaucoup on est en train d'étouffer à pousser à consommer des produits bidons donc c'est tout le combat de Booba avec qui j'ai beaucoup échangé pendant cette période contre les influenceurs et derrière gagner de l'argent dans une forme presque de rapport à l'accaparement qui est complètement vain ça c'est un premier point qui me dérange de façon importante l'autre c'est pas eux qui me dérangent c'est l'Etat c'est l'Etat qui a créé des licences télévisuelles pour créer des chaînes complètement bidons qui sont saturées de contenu pornographique c'est-à-dire toutes les émissions de télé-réalité dont je connais même plus les noms tellement ça succède complètement mais même au sens littéral c'est-à-dire qu'en fait on expose l'indécence et on fait jouir de la capacité à accéder à ce qui normalement est de l'ordre du cachet c'est le fondement même de ces émissions et on a là à nouveau un système circulaire qui va être celui qui va alimenter les influenceurs d'ailleurs qui sont souvent extraits de la télé-réalité qu'on va en fait mettre dans des agences qui sont la propriété des mêmes propriétaires de l'émission d'Hanouna et de ses émissions de télé-réalité Hanouna va commenter ses émissions de télé-réalité donc tout ça va créer du circularité et on finit par arnaquer les gens à travers ces faux produits donc ça il y a un rapport à l'avidité mais surtout ce qui me gêne c'est l'État c'est-à-dire l'État qui en fait par des systèmes de solidarité de complicité donne des licences à ces hommes d'affaires pour faire de l'argent en s'indifférant complètement de ce que ça va produire comme abétissement comme effondrement des valeurs et comme distraction en fait je ne sais pas si malsaine mais si quelque part avariante pour l'ensemble de la société après par contre TPMP a des grandes qualités par exemple pour moi TPMP c'est l'opéra des classes prolétaires c'est-à-dire que les bourgeois vont à l'opéra pour se distinguer en disant ah ouais moi j'avais vu telle représentation de telle oeuvre de Tosca il y avait tel chanteur qui à un moment donné a fait tel geste que l'autre n'a pas fait et puis il le concerne et TPMP c'est pareil mais à partir d'un socle culturel complètement différent qui est celui de la téléréalité etc.

c'est-à-dire qu'en fait qui permet d'accéder très rapidement à un système référentiel à bas coût très facilement acquérable qui vous permet en fait de vous distinguer et très rapidement de pouvoir rentrer dans une discussion ah oui mais il y a tel pas t'as vu Delormeau ce qu'il a fait hier par rapport à tel autre et t'as vu telle star de la téléréalité et en fait très rapidement vous comprenez comment ça fonctionne ça vous donne des clés d'accès donc ça vous soulage parce que vous pouvez exercer votre capacité de jugement sans avoir à faire bac puce 8 et avoir des études extraordinaires ou être un musicologue de génie et ça va alimenter derrière des discussions et donc ça va vous soulager quelque part et ça c'est assez neutre en fait comme fonction ça serait bien si c'était un peu plus élaboré ou si ça tendait vers l'élaboration si ça nous a amené à réfléchir mais en même temps cet aspect là me gêne pas plus que ça donc je l'ai vraiment pris plus comme un sujet anthropologique à nous là j'ai pas du tout pris comme quelqu'un des inguets comme beaucoup de gens l'ont espéré ça aurait été trop facile

1:00:15
Invité

il y a beaucoup d'extraits soi-disant où vous parlez bah oui

1:00:18
Juan Branco

il y a cette fausse préface qui a beaucoup circulé qui a été vue 15 millions de fois que j'aime beaucoup que j'ai peut-être écrite peut-être pas mais qui du coup en fait montre à quel point ça aurait été facile de le détruire si j'avais eu envie de le détruire mais c'est aussi une leçon pour lui parce que lui il se met tous les soirs dans cette position là il se grise de pouvoir détruire les gens ou au contraire les valoriser de décider à la place des tribunaux en gros ce qui devrait être bien ou pas bien et c'est une façon de lui faire voir que ça peut se renverser en un claquement de doigts et qu'on peut se retrouver très rapidement de l'autre côté en fait et à ce moment là on se sent pas bien et on aimerait pas qu'il y ait un livre avec ce qui est sur la préface qui a jamais inscrive notre nom avec ses infamies qui sont décrites qui fassent que nos enfants nos petits-enfants etc se rendent compte que ça existait donc ce rapport biaisé salissant à l'intimité que développe souvent Hanouna et même à ses invités c'était une façon un peu de lui envoyer un petit signal tout en me montrant respectueux dans mon livre et en le considérant comme il est comme quelqu'un qui a des défauts et des qualités et pas le prendre de haut comme le font toute une série de chroniqueurs ou d'hommes de la télévision et de la radio qui aiment le mépriser et faire des blagues à son sujet tout simplement parce que lui contrairement à eux ne joue pas la comédie bourgeoise et s'assume pour ce qu'il est

1:01:33
Invité

il a essayé de le censurer

1:01:34
Juan Branco

je pense pas parce qu'il a très vite compris je pense que le livre n'était pas fait pour lui faire du mal et il répond

1:01:44
Invité

il avait même sorti une phrase je crois si je ne dis pas bêtises que vous faisiez du racisme anti-réussite

1:01:49
Juan Branco

je défends les gilets jaunes gratuitement tous les jours je ne gagne pas 250 millions d'euros en 5 ans pour faire cette émission si je ne gagne pas 250 millions d'euros en 5 ans c'est le contrat de définir 250 millions d'euros c'est pour produire des émissions

1:02:04
Invité

allez sors du plateau tu dis des conneries vous sortez ce qui vous met pas du tout Juan Branco ce que tu fais là c'est du racisme anti-réussite anti-réussite tu dis des bêtises et à ça qu'est-ce que vous répondez

1:02:16
Juan Branco

ça montre en fait c'est les limites du personnage c'est à dire qu'en fait j'ai mis dans une situation où son intelligence ne lui permettait pas de me répliquer et malgré toute l'aide qu'il avait c'est à dire malgré les oreillettes malgré le contrôle sur le son des micros malgré l'armée chroniqueur qu'il a le public les gens qui contrôlent le public il s'est fait déborder cette fois là mais aussi la fois où on a parlé justement de cocaïne de la consommation de stupéfiant parce qu'ils essayent de me faire de la morale pour une histoire de la maligne peut-être parce qu'ici on prend des rails de cocaux sans difficulté moi j'en ai jamais touché moi je ne touche jamais aux drogues dures ça c'est pas bien ça c'est pas bien ça c'est pas bien non mais attendez il y a un moment il faut arrêter vous êtes en train de jouer avec mon intimité vous ne comprenez pas quoi

1:03:00
Invité

de qui vous parlez vous allez encore du milieu de la télévision du milieu de la télévision non mais tu parles de moi mais pourquoi vous sentez visé pourquoi tu parles comme ça de rails de cocaux mais pourquoi vous sentez visé et en fait

1:03:13
Juan Branco

à plusieurs reprises je l'ai fait vriller ce qui montre que dans des moments dans des dispositifs extrêmement contrôlés quand vous avez justement suffisamment de rapports à la pensée à la réflexion et de réactivité vous pouvez faire basculer et en fait il n'a pas supporté pourquoi il a vrillé pas tant sur le fond que sur la perte de contrôle autant contre Louis Braillard il y avait un rapport de trahison intime c'est à dire le mec qui vient cachetonnait pendant des mois ou des années dans l'émission qui après prétend la dénoncer je pense que ça ça l'a rendu sincèrement furieux ce qui a joué un rôle contre-productif je pense parce que ça accrue la sympathie chez une partie de la population française à son égard autant dans les vrilles qu'il a eu à mon égard il y avait vraiment quelque chose de l'ordre de putain j'arrive pas à remettre et donc du coup il finit par dire c'est du racisme anti-réussite parce qu'il savait plus quoi dire en fait donc il sort une énormité complètement bête mais qui permet pas d'effacer c'est ce qu'il venait de dénoncer

1:04:03
Invité

écoutez c'était un plaisir de vous recevoir merci beaucoup

1:04:06
Juan Branco

merci à vous de m'avoir invité

1:04:07
Présentateur

j'espère que cette vidéo vous a plu si c'est le cas n'hésitez pas à laisser un j'aime à mettre un commentaire et à vous abonner c'est super important pour nous soutenir portez-vous bien salut cut

La révolte est en marche ? Juan Branco répond. — Juan Branco · Pourquijevote