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interviewRMC· 20 avril 2023 20 min

L'intégrale de l'interview d'Aurore Bergé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Aurore Bergé

Bonjour Aurore Berger, merci de venir répondre à mes questions dans ce studio. Vous êtes présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale, c'est le groupe des députés macronistes et vous êtes vous-même député des Yvelines. Hier, Emmanuel Macron était en déplacement en Alsace et ça a donné ça.

0:14
Locuteur non identifié

Ah non mais regardez, je fais... Vous voyez des gens... Mais je sais bien, je te dis, c'est pas la première fois que j'en entends des gens qui râlent après moi. Pour le coup, dans cette... Non, non, non, j'ai eu bien pire. J'ai 34 ans, monsieur Macron, vraiment, moi je suis vraiment inquiète de la façon dont le pays s'est...

0:45
Présentateur

c'est pas gagné, l'apaisement Aurore Berger. Non mais l'apaisement, c'est pas l'isolement. Et donc le président de la République, c'est normal qu'il aille au contact des Français et je pense qu'il s'attendait à ce que ce soit difficile, mais c'est aussi pour ça qu'il y va. Parce qu'il est le président des Français, de tous les Français, c'est-à-dire aussi de ceux qui sont en désaccord avec nous sur la réforme des retraites. Mais il ne peut pas donner le sentiment qu'il refuserait d'aller au contact. Donc il le fait, il continue aujourd'hui dans les rôles et il doit évidemment, il va continuer à le faire. Mais ça va être très long, il reste 4 ans.

Il reste 4 ans, mais il reste 4 ans sur lesquels on peut agir. C'est pas notre enjeu. Il est président de la République depuis 6 ans, il a été renouvelé, reconduit. Donc il y a eu un choix majoritaire clair et net des Français. Il y a eu une réforme qui a été conduite, dont on sait qu'elle était difficile, qu'elle est difficile pour un certain nombre de Français parce qu'elle demande des efforts, mais qu'elle était nécessaire. Maintenant, notre responsabilité commune, c'est comment on fait, maintenant que cette réforme est définitivement promulguée, qu'elle s'appliquera au 1er septembre, pour arriver à porter d'autres sujets.

Cette réforme, encore une fois, c'est pas la grande réforme, mais c'est celle qui permet que les autres soient possibles, sur la santé, sur l'école dont il va parler aujourd'hui, et je crois que c'est ça qui intéresse les Français.

1:52
Aurore Bergé

On va revenir précisément sur ce que vous pouvez faire, effectivement, dans les 4 ans qui viennent, quelles autres réformes. Et puis on va pas non plus tourner la page si facilement des retraites. Il y a quelques points qui restent à éclaircir après les décisions du Conseil constitutionnel. Mais malgré tout, il y a quand même une phrase que vous venez de prononcer, et j'aimerais qu'on s'y attarde un instant. Vous avez dit, il y a eu un choix majoritaire, clair et net des Français. C'est vos mots à l'instant. Clair et net des Français, c'est tout le problème.

C'est-à-dire qu'une partie des Français aujourd'hui estiment que le choix n'a pas été clair et net, que c'était un choix par défaut, pour faire battre Marine Le Pen. Est-ce qu'il n'y a pas, depuis le début, une forme de quiproquo ? Enfin, quiproquo. Emmanuel Macron, le soir de son élection, n'avait pas l'air que ce soit un quiproquo. Il a dit, je suis bien conscient, et il savait que ça l'engageait.

2:39
Présentateur

Est-ce que vous n'avez pas l'impression d'avoir un peu relu l'histoire ? Non, je ne crois pas. Je ne crois pas, parce que déjà, c'est finalement assez rare dans l'histoire de la Ve République qu'un président de la République soit réélu hors cohabitation. On est finalement d'ailleurs plus habitué à ça. Jacques Chirac, il sort d'une cohabitation quand il est réélu. Nicolas Sarkozy est battu. François Hollande ne se représente pas. Donc on est déjà finalement plus habitué en France à avoir un président de la République réélu. Et réélu avec une majorité. C'est certes relative, mais une majorité. Les Français n'ont pas choisi de nous placer en cohabitation.

Ils auraient pu donner une majorité à d'autres. Ils ne l'ont pas fait. Et après, je crois qu'il y a un adage assez clair. C'est qu'au premier tour, vous choisissez. Et puis à un moment, au deuxième tour, vous éliminez. Au premier tour, les Français ont choisi de qualifier deux candidats. Ils ont d'ailleurs qualifié plus nettement encore Emmanuel Macron par rapport aux cinq années d'avant. Et puis au deuxième tour, ils ont éliminé Marine Le Pen. Et je sais bien qu'évidemment, il y a des Français qui ne nous soutenaient pas, mais qui ont fait ce choix de l'éliminer. Est-ce que ça veut dire pour autant que vous abandonnez le projet qui vous a permis d'être qualifié ?

Et donc le projet qui vous a permis d'être élu ? Je ne crois pas. Est-ce que par contre, ça veut dire que vous devez modifier certains aspects, que vous devez assumer des compromis ? Oui. Et ce serait faux de dire que sur les retraites, on a dit que c'est notre projet, rien que notre projet, et qu'on n'ait pas fait de compromis.

3:55
Aurore Bergé

On en a fait un certain nombre de ces compromis. Et je voudrais que là, on regarde des détails. Parce qu'au fond, le Conseil constitutionnel a validé, la loi a été promulguée, et Emmanuel Macron, vous-même, vous commencez à imaginer la suite. Mais si on s'attarde quand même un instant sur ce qui a été validé et ce qui ne l'a pas été, il y a un certain nombre de points qui ont été effacés de ce projet de loi, de cette loi définitive, et notamment la question sur la pénibilité de la visite médicale. Plus personne n'en parle de cette histoire. Mais enfin, c'était considéré comme une des manières de rendre acceptable le fait de travailler plus longtemps pour des carrières pénibles.

Vous aviez accepté de mettre dans la loi, sous la pression aussi de l'opposition, l'idée d'une visite médicale obligatoire à 61 ans pour que le médecin puisse juger si oui ou non vous étiez apte. Cette mesure-là, elle a été sortie par le Conseil constitutionnel. Est-ce que ça veut dire qu'il n'y aura plus de manière, pour ceux qui ont une carrière pénible, de mesurer devant un médecin, si oui ou non ils sont aptes à continuer jusqu'à 64 ans ?

4:54
Présentateur

Le Conseil constitutionnel, il ne juge pas le fond d'une réforme. Il ne dit pas si une réforme est bonne ou pas pour le pays. Il juge si la réforme, elle respecte ou non la constitution, si la méthode respecte ou non la constitution. Mais il y aura-t-il un médecin qui va examiner les travailleurs de 61 ans ? Ce qui est quand même important, puisque certains ont voulu contester, délégitimer ce qu'est le Conseil constitutionnel, ce qui est grave aussi en démocratie, d'essayer de délégitimer ce que sont nos institutions. Et puis, est-ce que le Conseil constitutionnel a censuré en disant que ça, ça allait au-delà de ce qu'on aurait pu faire dans ce type de loi ? Et donc, il va falloir y revenir.

Et donc, il va falloir y revenir. Il va falloir... C'est la loi qui va pouvoir le faire. Rien n'empêche évidemment que nous, parlementaires, nous puissions remettre dans la loi un certain nombre de ces éléments. Non, mais là, vous en parlez au conditionnel. Est-ce que vous nous dites ce matin, Orberger ?

5:39
Aurore Bergé

Bah oui, c'est très important à tous les yeux. Il faut qu'un médecin puisse décider, puisque les critères de pénibilité, je le rappelle, et c'était une des réponses, je préfère qu'on rentre vraiment dans le détail, parce qu'on l'a fait suffisamment pendant le débat des retraites. On ne peut pas faire comme si, tiens, ah bah oui, ça finalement c'est sorti, on n'en parle plus. Cette question, elle était une réponse à la problématique de la pénibilité et des critères de pénibilité. Un certain nombre de critères de pénibilité avaient été sortis de la fiche de poste. Mais en échange, vous aviez dit, un médecin vérifiera et il y aura une visite médicale obligatoire pour tout travailleur de 61 ans.

Est-ce que vous nous dites ce matin, on va refaire une loi, on va le réinscrire dans la loi et il y aura, oui, une visite médicale et les médecins pourront juger ?

6:17
Présentateur

Pour moi, pour nous, il n'y a aucune ambiguïté. Mais quand ? Il faut évidemment le faire.

6:21
Aurore Bergé

Parce que si la loi arrive en application en septembre, il faut se dépêcher un peu, non ?

6:23
Présentateur

Mais évidemment. Vous savez qu'encore une fois, vous disiez, non seulement il y a quatre ans, mais il y a encore quelques mois avant le mois de septembre. Et on n'est pas à l'arrêt. Et on continue à travailler. Et donc, on doit, sur un certain nombre des éléments censurés par le Conseil social, je pense à l'emploi des seniors. Il y avait la question de l'index senior. Mais bien au-delà, il va falloir que les partenaires sociaux aussi nous proposent des choses sur comment on améliore, évidemment, l'emploi des seniors. Sur la pénibilité, il y a deux choses.

6:45
Aurore Bergé

Il y a ce qui relève des partenaires sociaux, on l'a bien compris, comme l'index senior. Et qui ensuite peut être mis en place dans la loi. Et puis, il y a ce qui relève en effet de la loi et cette visite obligatoire des médecins ?

6:52
Présentateur

Mais je vous le dis clairement, il n'y a aucune ambiguïté. Oui, cette visite médicale obligatoire devrait être consacrée dans la loi parce qu'elle est une garantie pour les Français, pour ceux qui ont les métiers les plus pénibles, de bien évaluer la pénibilité de leur métier et donc les conditions dans lesquelles ils doivent pouvoir partir. Mais il y a surtout tout ce qu'on doit faire, encore une fois, en amont. Le sujet, ce n'est pas uniquement de partir dans de bonnes conditions à 62 ou 64 ans. C'est surtout de faire en sorte que si vous avez eu des métiers pénibles, vous puissiez évoluer, changer de métier, être formé.

On a eu le sujet notamment des éboueurs qui a été extrêmement important ces derniers temps dans l'actualité. C'est un métier qui est pénible. En vérité, peu de Français auraient envie de faire ce métier-là. C'est un métier difficile, c'est un métier pénible, c'est un métier de première ligne, c'est un métier sans doute qui n'est pas assez rémunéré. Mais vous le savez bien, les éboueurs, heureusement, ils ne partaient déjà pas à 62 ans. Ils partaient avant. Et peut-être que même la question, ce n'est pas qu'ils partent à 57 ans en étant éboueurs, c'est peut-être qu'ils soient mieux formés de manière à pouvoir changer, évoluer le métier. C'est ça qu'il faut qu'on fasse.

7:54
Aurore Bergé

C'est que l'idéal serait que la fin de leur carrière soit une autre manière. Mais bien sûr. Mais bien sûr. Parce qu'on se focalise du coup. Mais ça aussi, vous le mettrez dans cette réflexion, dans ces lois à bien réunir.

8:02
Présentateur

Mais la question de la mobilité professionnelle, c'est donc la question de la formation professionnelle, c'est de la prévention sur l'usure professionnelle. Encore une fois, quand vous êtes cassés par la difficulté, par l'usure du métier, par la pénibilité du métier, vous ne l'êtes pas à 64 ou 62 ans, vous l'êtes avant. Et donc, ça veut dire qu'il faut, avant pouvoir l'évaluer, le mesurer, mieux le prévenir, adapter l'outil de travail. On met un milliard d'euros dans un fonds de prévention qui va justement permettre aux entreprises d'adapter l'outil de travail à leurs salariés pour améliorer leurs conditions de travail.

8:35
Aurore Bergé

On va revenir sur les différents chantiers qui ont été ouverts par Emmanuel Macron lundi. Mais on n'oublie pas non plus qu'il avait donné une sorte de feuille de route à la Première ministre en lui demandant d'élargir la majorité. Sauf que pendant ce temps-là, c'est exactement l'inverse, ça rétrécit. Votre groupe, Aurore Berger, le groupe Renaissance,

8:51
Présentateur

a rétrécit de quatre députés. Non, ce sont quatre députés qui sont dans le groupe. Elles ne sont pas adhérentes au parti Renaissance. Donc, elles ont demandé, ce qui existe dans tous les groupes politiques, des républicains, aux partis socialistes, de dire, on sera apparentés. mais elles sont membres du groupe. Elles ne sont plus qu'apparentées. Oui, mais elles sont membres du groupe. Et on a même une nouvelle députée puisqu'Eleonore Karouat a été brillamment réélue. Il y avait une invalidation de son élection. Elle a été brillamment réélue. Donc, on a 171 députés au sein du groupe Renaissance. Mais ça ne vous inquiète pas

9:19
Aurore Bergé

de vous dire qu'il y a quatre de vos députés qui disent, moi, je reste, mais je mets quand même un pied dehors. Je ne veux pas être complètement avec vous. Non, parce que je connais

9:27
Présentateur

ces députés.

9:28
Aurore Bergé

Il n'y a pas Mara Pompili.

9:28
Présentateur

Elle a été ministre du Président de la République. Et je sais, son attachement à la fois sur le fond à un certain nombre d'avancées que nous devons continuer à faire, notamment sur la planification écologique.

9:39
Aurore Bergé

Elle avait hésité à voter la loi sur la réforme de la retraite. Bon, finalement, elle n'a pas eu à voter puisqu'il n'y a pas eu de loi.

9:42
Présentateur

Oui, mais elle s'y était engagée. Et elle nous l'avait dit clairement. Et les quatre députés que vous citez nous avaient dit clairement qu'elle voterait cette réforme s'il y avait un vote. Et donc, moi, je suis fière d'être dans un groupe. Mais ce n'est pas le signal d'élargissement.

9:53
Aurore Bergé

En tout cas,

9:54
Présentateur

quand la mission

9:55
Aurore Bergé

qui vous est proposée à vous et à la Première Ministre c'est d'élargir la majorité, clairement, ce n'est pas le signal que ça donne.

10:03
Présentateur

Mais la question d'élargir la majorité, ça dépend comment vous l'appréhendez. Est-ce qu'élargir la majorité, ça veut dire faire une grande coalition ? J'étais deux jours à Berlin. Il y a une grande coalition. Une grande coalition, elle va des sociodémocrates aux libéraux en passant par les écologistes. Est-ce qu'on en serait capable aujourd'hui dans notre pays ? Vous voyez bien que le Parti socialiste ne ressemble pas totalement aux sociodémocrates. Que les écologistes ne ressemblent pas totalement aux écologistes que nous avons. Non, mais ça veut dire que les différents partis politiques sont aussi traversés eux-mêmes par des crises.

Il ne vous aura pas totalement échappé que le Parti socialiste est un peu en crise et divisé en deux sur des enjeux stratégiques majeurs pourtant, non seulement pour leur avenir mais aussi pour un avenir commun pour les Français. Ce n'est pas totalement la même chose d'avoir une gauche républicaine, indépendante, qui se souvient de son histoire ou une gauche complètement caporalisée et vassalisée par Jean-Luc Mélenchon. Ça ne veut pas totalement dire la même chose dans le pays. Mais c'est aussi un enjeu pour savoir avec qui nous sommes en capacité de travailler. Et du côté de la droite républicaine, c'est aussi un sujet, évidemment. Mais c'est quand même une mission.

C'est une mission impossible. Non, ce n'est pas une mission impossible parce que de toute façon,

11:05
Aurore Bergé

on n'a pas d'autre choix. C'est une mission impossible et je choisis mon expression à dessein. C'est une mission qu'Emmanuel Macron a donnée à la Première ministre en sachant qu'elle était impossible.

11:14
Présentateur

Mais notre responsabilité, c'est d'élargir la majorité. On n'a pas d'autre choix encore une fois.

11:18
Aurore Bergé

Oui, mais on peut le dire,

11:19
Présentateur

on peut agiter, on peut mettre des concards dans notre choix. Non, mais parce qu'on a réussi à le faire. Tu ne vois pas comment ça peut marcher. Mais on l'a fait sur la quasi-totalité des projets de loi. La quasi-totalité des projets de loi. On a 13 propositions de loi, 13 projets de loi qui ont été adoptés et qui ont été adoptés. Ça veut donc dire qu'on a été au-delà des trois groupes de la majorité présidentielle sinon nos voix n'auraient pas suffi. Et vous allez visiblement qu'on a pu le faire parfois avec les communistes, parfois avec les socialistes, parfois avec les républicains.

Et ça veut dire qu'on va continuer à le faire parce que sur les chantiers qui sont prioritaires pour les Français, de rémunération du travail, de partage des profits dans l'entreprise, de planification écologique, de lutte contre l'immigration illégale et de régularisation de ceux qui s'intègrent à la société française, sur la question de la santé, l'hôpital public comme de la médecine de ville, sur la question de l'école qui est le thème du déplacement du président de la République, la question c'est aussi de mettre en responsabilité non seulement la majorité, mais aussi les oppositions. Est-ce qu'elles veulent

12:14
Aurore Bergé

que tout soit à l'arrêt ou pas ? Vous venez d'en faire la liste au fond, de tout ce qui aurait besoin d'être amélioré. Vous avez parlé de l'hôpital. Hier, je recevais François Brune sur RMC qui répondait aux questions des auditeurs. Et il y a des auditeurs qui nous ont alertés sur un point qui leur paraît pas du tout anodin, qui est le fait que les parkings des hôpitaux publics deviennent payants. C'est désormais Vinci, notamment, parmi les opérateurs qui s'en occupent. Et vous vous retrouvez à avoir la première demi-heure gratuite quand vous allez à l'hôpital. Et ensuite, 6 puis 18 euros dès la deuxième heure.

Alors François Brune lui a répondu « Écoutez, ce n'est pas moi qui m'occupe des parkings des hôpitaux. » Mais est-ce que le service public, est-ce que l'hôpital, ce n'est pas dès l'entrée d'un parking ? Quand vous venez à l'hôpital, on ne peut pas vous dire que vous pouvez venir en métro. Franchement, vous venez forcément en voiture la plupart du temps parce que vous amenez un enfant, parce que vous emmenez un parent malade ou parce que vous vous sentez mal, et vous laissez votre voiture sur le parking. Pendant que vous vous faites soigner, vous regardez votre montre. Est-ce que ce n'est pas le premier signe du fait que nos services publics ne sont plus si publics ?

13:13
Présentateur

Je crois que nos services publics, ils sont particulièrement publics. Vraiment. Et je crois que même si on n'est pas habitué à faire des comparaisons avec d'autres pays, je crois qu'on peut tous le considérer. La dernière fois que je suis venue sur votre plateau, j'étais encore légèrement enceinte. J'ai accouché quelques jours plus tard. Quand vous accouchez en France, on ne vous demande pas votre carte bleue. On vous demande votre carte vitale. Et vous ne payez pas un euro pour être suivi tout au long de votre grossesse, pour pouvoir accoucher et pour être suivi en sortie aussi de votre maternité à la fois pour votre enfant mais aussi pour vous en tant que parent.

Ça, c'est le service public français. Et ça, c'est une chance inouïe que nous avons et que nous devons préserver. Donc, j'entends évidemment toutes les améliorations qui doivent pouvoir continuer à exister. Ça ne me paraît pas du tout anodin. C'est un débat récurrent d'ailleurs qu'on a. sur la manière avec laquelle on doit faire en sorte que les services publics en effet soient encore plus puissants. Mais à force aussi de regarder systématiquement les petits débats et je ne dis pas que c'est anodin. Je ne dis pas que c'est anodin quand vous allez par exemple visiter votre femme qui a la maternité parce qu'elle vient d'accoucher et que ça vous coûte 18 euros. Je ne dis pas que c'est anodin.

Ou alors vous vous dites

14:21
Aurore Bergé

que je ne vais rester qu'une demeure parce que je veux que ce soit gratuit derrière.

14:24
Présentateur

Certes, vous payez le parking mais qu'à la fin, tous les soins auxquels vous avez accès dans notre pays. Je pense aux 600 000 Français qui sont en affection de longue durée et qui eux sont soignés. Est-ce que ce n'est pas la problématique du profit

14:37
Aurore Bergé

avec des services publics ? Faire du profit sur un parking. J'imagine que Vinci ne fait pas ça uniquement pour faire plaisir. Il fait ça aussi pour faire du profit. Il faisait aussi

14:45
Présentateur

parce qu'il a été l'aménageur du parking. J'imaginais pas ce qu'il a aménagé le parking. C'est aussi comme ça qu'il se rétribue. C'est aussi un moyen.

14:51
Aurore Bergé

C'est aussi parce qu'on n'avait

14:52
Présentateur

peut-être plus les sous. Nous,

14:53
Aurore Bergé

l'État, la France...

14:55
Présentateur

Encore une fois, je veux bien entendre tous les débats sur la question de l'hôpital public et j'entends l'aspect de symbole que vous évoquez. Ce que j'aimerais qu'on regarde, c'est l'image juste un tout petit peu plus grande des 600 000 Français qui sont en affection de longue durée et qui n'ont pas à débourser un euro, qui n'ont pas à avoir l'angoisse que des millions, des dizaines de millions de gens à travers le monde ont de se dire comment je fais si demain j'ai un accident de vie, si j'ai un accident de parcours, si j'ai un accident professionnel, si tout d'un coup je tombe malade... Et le président de la République

15:24
Aurore Bergé

s'est engagé

15:25
Présentateur

lundi soir

15:26
Aurore Bergé

à ce que tous ces malades affectés de maladies de longue durée est un médecin traitant en tout cas d'ici la fin de l'année. Il a aussi annoncé plus de fermeté sur l'immigration, la chasse aux fraudeurs et puis remettre les allocataires du RSA au travail. Ce n'est pas du tout

15:45
Présentateur

anodin ça non plus ? Ce n'est pas anodin mais c'est je crois ce qu'on attend. On attend de la clarté sur les positions qui sont les nôtres. Sur la question du RSA on dit deux choses et c'est assez logique. Quand vous êtes en inactivité depuis longtemps c'est beaucoup plus difficile pour vous d'être en capacité de reprendre un emploi. Et après il y a des situations individuelles qui sont très différentes. Quand vous êtes une famille monoparentale et que vous n'avez pas votre permis reprendre un job c'est compliqué.

Vous avez des freins structurels qui font qu'à un moment c'est plus difficile pour vous parce que vous ne pouvez pas faire garder votre enfant parce que vous ne pouvez pas vous déplacer. Ça c'est les enjeux sur lesquels on travaille. C'est-à-dire par exemple

16:19
Aurore Bergé

prenons l'exemple de ce que vous dites à l'enfance. On imagine une mère de famille qui est dans une famille monoparentale seule avec ses enfants qui précisément parce qu'elle a ses enfants ne peut plus prendre de cours de conduite n'a donc pas de voiture n'a donc pas de boulot.

16:33
Présentateur

Qu'est-ce que vous allez faire pour elle ? Concrètement ce qu'on fait outre le fait qu'on a amélioré ses conditions de vie puisqu'on a renforcé les aides pour les familles monoparentales et de manière significative. Ce qu'on fait c'est ce qu'on doit créer. Service public de la petite enfance. Ce qui est une nécessité quand on voit notamment ce qui se passe et le rapport alarmant vous en avez fait écho ici sur la question des crèches. Ce qu'on fait c'est le réinvestissement sans précédent dans la mobilité et la mobilité du quotidien ce que le président de la République a annoncé sur les 100 milliards d'euros qui vont être déployés justement pour cette mobilité.

Et ce qu'on fait aussi c'est de dire que si elle est allocataire du RSA la question n'est pas de forcer à la reprise d'un emploi évidemment pas en contrepartie du RSA c'est pas comme ça que ça se passe mais c'est de dire qu'on doit faire en sorte qu'elle puisse reprendre une formation qu'elle puisse reprendre une forme d'activité quelle qu'elle soit parce que plus durablement vous êtes éloigné de l'emploi plus difficile ça va être pour vous de vous raccrocher. Or, ces Français veulent d'abord travailler et veulent gagner leur vie non pas grâce à un RSA. Personne, je ne crois pas une seule seconde qu'il y ait des Français qui soient heureux d'être au RSA.

Pas une seule seconde qu'il y ait des Français qui se complaisent dans cette situation. Au contraire, ils souhaitent pouvoir travailler mais c'est notre responsabilité

17:39
Aurore Bergé

de les remettre en emploi. Vous êtes présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. Soutriendriez une commission d'enquête parlementaire sur le fonds Marianne le fonds qui avait été débloqué par Marlène Schiappa lorsqu'elle était ministre

17:52
Présentateur

de l'égalité femmes-hommes ? Il y a une enquête qui est diligentée. Donc l'enquête dira concrètement ce qui s'est passé. Moi je pense que cette enquête elle doit pouvoir faire toute la lumière. Est-ce qu'il faut une véritable enquête parlementaire ? Vous savez, on fait régulièrement des commissions d'enquête. Mais est-ce que vous feriez celle-là ? Alors, pour être très clair sur les sujets de commissions d'enquête, chaque groupe politique a le droit dans chaque session, donc chaque année, de demander la création d'une commission d'enquête. Est-ce que vous demanderiez ?

Moi j'ai déjà fait une demande de commission d'enquête qui va être étudiée prochainement qui est sur la question de la violence et notamment les ultra-violences qu'on a eues à Sainte-Sauline dans un certain nombre de manifestations parce que je crois que l'ultra-violence qui traverse notre société doit être questionnée. faute enquêter sur ce fonds. Mais il y a une enquête qui a été diligentée par le ministère de l'Intérieur et vous savez à quel point les enquêtes diligentées en interne par le ministère de l'Intérieur sont pointilleuses. Sauf qu'à l'époque, Marlène Schiappa elle était rattachée au ministère de l'Intérieur.

Et alors, les enquêtes elles sont heureusement indépendantes et vous savez bien que s'il y a un ministère où les enquêtes sont les plus poussées c'est le ministère de l'Intérieur. Et donc cette enquête elle fera toute la lumière sur ce qui s'est passé et si jamais il y a eu des manquements et bien l'enquête le dira et les sanctions seront prises. Vous en aviez pensé quoi vous de Marlène Schiappa dans Playboy ? Moi je n'aurais pas fait cette interview parce que je n'aurais surtout pas fait les photos. Vous n'auriez pas fait les photos ? Non mais après chacun est libre. Elle est encombrante mais elle est libre. On sait que l'Élysée

19:15
Aurore Bergé

lui a demandé de renoncer à la toute dernière minute à une interview qu'elle devait accorder à CNN. Elle a été obligée de se faire porter pâle alors que l'interview était...

19:22
Présentateur

Elle est aussi par ailleurs en déplacement en ce moment donc la question est pas là. Après chacun est libre. Mais quand on est dérangeant on vous dit d'arrêter de parler vous avez déjà demandé à vous de renoncer à des interviews ? Non on ne m'a pas demandé de renoncer à des interviews. Si on vous l'avait demandé d'ailleurs vous auriez trouvé ça correct, normal ? Je ne sais pas ça dépend quel est le contexte et la manière avec laquelle on vous le demande et je ne sais même pas d'ailleurs si c'est vrai ou pas. Donc moi ce que je dis juste c'est qu'encore une fois chacun est libre de la manière avec laquelle il souhaite se présenter aux Français et s'exprimer.

Et chacun a aussi des comportements et des caractères qui sont différents. Donc on est libre mais en même temps quand on parle trop on demande de nous taire ? Non mais parce que quand vous êtes parlementaire quand vous représentez les Français quand vous êtes ministre de la République il y a une manière de vous présenter aux Français qui est je pense importante et à la fin la manière avec laquelle vous vous présentez souvent elle prend le pas finalement aussi sur les idées que vous défendez.

Et nous on est là pour défendre des idées pour défendre des convictions parfois c'est dur et parfois on se confronte et parfois on se fait engueuler mais ce qui compte c'est quand même qu'on défende d'abord des convictions.

20:17
Aurore Bergé

Aurore Berger présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale députée des Yvelines merci d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h53 sur RMC BFM TV.