Audition des représentants de la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF) - 03/12/24
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Excusez-moi, je mets de l'ordre dans mes papiers. Voilà, mes chers collègues. Alors bon là, ils sont tous dans les mystiques forcément puisque c'est pas mais on va imaginer qu'ils sont là nombreux et nombreuses.
Donc mes chers collègues, nous recevons à présent les membres de la société des réalisatrices et réalisateurs de films, la SRF, une association de cinéas fondée en 1968. J'ai donc le plaisir d'accueillir monsieur Romain Kogitor, cinéaste et coprésident de la SRF. Bonjour madame Myiam Garby, membre du conseil d'administration.
Ah pardon, c'est bonjour, excusez-moi. Et madame Rosalie Brin, délégué général de la SRF. Bonjour.
Comme vous le savez, notre commission d'enquête cherche à faire la lumière sur les violences commises contre les mineurs et les majeurs dans le monde du cinéma, de l'audiovisuel et du spectacle vivant notamment. Nos auditions précédentes ont mis en lumière le rôle essentiel du réalisateur dans le bon déroulement du tournage et son statut de témoin privilégié et parfois hélas d'auteur. Des violences notamment sexuelles et sexistes qui peuvent survenir avant, pendant et après un tournage.
Le monde mit tout a-t-il fait évoluer les pratiques des réalisateurs dans la conduite d'acteurs ? Aborde-ton aujourd'hui différemment les scènes impliquant un contact physique entre les comédiens ? Comment permettre à la parole de se libérer non pas des années après, mais sur le moment, même si cela peut avoir des incidences sur la marche d'un film ?
Que faire ensuite d'un film qui aurait été entaché par des faits de violence sexuelle ? Autant de questions sur lesquelles nous souhaiterions évidemment vous entendre. Je rappelle que cette audition est ouverte à la presse et qu'elle est retransmise en direct sur le site de l'Assemblée nationale.
Avant de vous laisser la parole et d'entamer nos échanges pendant environ 1h30, je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 relatif au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes entendues par une commission d'enquête de prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je vous invite donc à lever la main droite, allumer votre micro, lever la main droite et dire "Je le jure." Je le jure.
Je le jure. Je le jure. Je vous en remercie.
Je vous laisse la parole pour un proposiminaire et ensuite nous passerons aux questions. Alors, je vais démarrer en vous disant juste deux mots supplémentaires sur la SRF. Comme vous l'avez dit, c'est une association constituée depuis 1968.
La SRF porte dans son nom le mot société. C'était très important pour les cinéastes de la nouvelle vague qui l'ont créé parce que les cinéaste font société, pensent la société et ça se retrouve aujourd'hui dans toutes nos missions. On est là pour défendre la liberté et la diversité de création au travers de nombreux combats politiques, mais aussi de beaucoup d'actions culturelles et plus généralement d'investissements, d'engagements sociétaux.
Euh en 2022, donc assez récemment, la SRF a a fait évoluer son nom. La société des réalisateurs de films est devenue la société des réalisatrices et réalisateur de films. Et la quinzaine des réalisateurs qui est le festival que la SRF a créé en 69 et dirige toujours aujourd'hui est devenue la quinzaine des cinéastes.
Cette volonté d'inclusion, de plus d'inclusivité, elle était elle était primordiale pour nous. elle faisait partie d'un processus plus long dont on va dont on va parler aujourd'hui. Euh euh en terme d'organisation, on est environ 450 à 500 adhérents.
Euh en terme de parité, c'est environ 45 % de femmes et 55 % d'hommes. Et c'est très important pour nous parce que c'est une parité, on est beaucoup plus proche de la parité que notre secteur ne l'est. Euh et on en est fier.
On a un conseil d'administration qui est composé d'une vingtaine de personnes. Alors, un conseil d'administration qui lui aussi naturellement, sans aucune obligation se trouve être paritaire et c'est aussi très important pour nous. Euh puisque'aujourd'hui, on va parler de des violences dans dans le monde dans le secteur du cinéma.
Euh c'est un sujet qui euh qui nous occupe beaucoup, qui nous fait beaucoup réfléchir et sur lequel on a envie d'avancer en commun de nouvelles pratique. H les cinéastes ont une position euh double, disons. Euh ils sont parfois euh à l'origine des violences ou participant à ces violences et puis parfois ils en sont aussi les victimes.
D'un côté comme de l'autre. forcément, on est impliqué et on a besoin de d'y réfléchir ensemble. J'ajoute à cela que la violence aujourd'hui, on va sans doute parler beaucoup de de des violences et et du harcèlement sexiste et sexuel.
La violence, elle est euh à tous les niveaux, à tous les moments de la fabrication d'un film et pas seulement liée à des pratiques sexistes ou sexuelles, mais d'une façon plus générale, violence morale, discrimination, précarité sociale, rapport de force. C'est vraiment quelque chose qui euh qui voilà qui que tout cinéaste vit au fur et à mesure de la création de son film. Euh à la SRF, on fonctionne avec des groupes de travail.
On a des groupes de travail dédiés à ces questions, plusieurs. On a un groupe de travail repost qui réfléchit à la façon dont dont les films peuvent vivre avec violence leur leur sortie en salle avec des attaques d'une partie de la population directement sur les propos des films. On a un groupe de travail sur les bonnes pratiques en festival.
On a un groupe de travail sur les questions de l'écologie et puis on a un groupe de travail qui qui s'appelle éthique et inclusion et qui va directement réfléchir au sujet qui nous intéresse aujourd'hui. Euh je vais laisser Myiam vous en dire plus sur voilà sur les différents engagements qu'on prend déjà aujourd'hui et nos différents axes de réflexion. Euh moi, j'ai commencé par juste vous dire rapidement, moi ça fait 3 ans que je suis à la SRF, ça fait 3 ans que je travaille dans ce dans ce groupe de travail donc qui est dédié à l'éthique et à l'inclusion.
Euh moi ce que j'ai trouvé la SRF en fait, c'est un lieu où on pouvait réfléchir ensemble et c'était un vrai lieu de réflexion. On n'est pas parfait mais on essaie d'avancer et on essaie de se dire voilà comment on peut faire évoluer notre cinéma, comment on peut penser notre cinéma d'auteur, comment on peut faire pour qu'en gros les plateaux et bien évidemment les préparations, les post-productions soient des endroits où on soit toutes et tous dans un espace sain et safe. Et dans ce tout et tous effectivement comme le disait Rosalie, les SINAS s'y implient enfin sont inclus là-dedans parce que effectivement on n'est pas à l'abri de ben des violences de div diverses violences.
Rosalie en a très bien parlé et donc effectivement nous avec donc il y a plusieurs euh dans ce groupe là en fait on travaille sur plusieurs champs. Alors effectivement déjà avant de vous parler précisément de notre groupe de travail pardon je un petit peu sur les mots excusez-moi. Euh je voulais juste vous parler des événements un petit peu disons pédagogiques que peut que peut entreprendre la SRF.
On a on a vu que le rapport au corps était très important par rapport à la lutte contre les VHSS. On le sait. Euh c'est-à-dire que par exemple nous cette année en 2024, on a eu une école de la SRF au festival de Claronferrance, un festival de courtmétrage euh qui c'était un une école qui s'appelait Filmer Le corps féminin.
Et donc dans pour cette école, on avait invité deux cinéastes donc membres de la SRF qui sont Lucy Borletto et Caroline de Ruaspéano. Et donc du coup voilà donc il y avait un échange vraiment là-dessus. Ensuite, on a aussi fait des ateliers comme un atelier sur le métier de coordinatrice coordinateur d'intimité.
Et donc là pareil, on a invité Monia Redge pour effectivement parler de ce métier, euh poser les questions parce que c'est pas forcément évident dans un premier temps. Voilà, faire un petit peu de pédagogie, d'information. Et donc c'était un atelier où il y avait bien sûr Monia, mais il y avait aussi une actrice qui est venue, donc Suzie Demba et une réalisatrice et actrice Arien Labè.
Et donc voilà, c'était le mélange des points de vues et ce qui permettait un petit peu de se poser les questions et de voilà de savoir comment on pouvait inclure la pratique de notre pratique de metteur en scène avec la présence d'un coordinateur et comment on pouvait travailler ensemble. Ensuite, on a aussi des tables rondes. Euh il y en a une notamment qui s'est tenue à Brive, c'est un festival de moyen métrage et ce alors la table ronde s'appelait Ça tourne la gentivité féminine en pratique sur les plateaux.
Euh donc là c'était en présence donc de cinéastes donc la Nheramie Elena Claude d'Agath Bonizzer de Najoa Ferol qui est coordinatrice d'intimité de Sophie Léné Diodovic qui est directrice de casting et aussi à 5050 et de Maria de maison qui est chef opératrice et membre de la CST. Ça c'est quelques événements, c'est juste pour expliquer que la SRF en fait, il y a quand même une volonté de de travailler ensemble et de de travailler comme ça avec d'autres métiers, d'avoir d'autres partenaires. Et ça c'est vraiment un mouvement qu'on bah qui existe depuis quand même pas mal d'années. plus peut-être politiquement ou peut-être plus en terme de communication.
Euh le la SRF, elle est aussi présente à travers des tribunes, à travers des prises de parole qui sont peut-être plus officielles, en tout cas qui sont euh qui sont à destination plus de presse, en tout cas de voilà des positions assez fortes. Euh je peux rappeler par exemple qu'en 2021, il y a eu un courrier euh envoyé euh pour demander la mise en retraite de monsieur Boutona euh et que le CA notre CA avait décidé de d'une politique de HS vide. C'estd que tant qu'il y avait pas de décision, la SRF, voilà ne ne participait plus. aux réunions.
Euh voilà, on n' pas forcément été très suivi par d'autres d'autres collectifs, mais bon voilà. En tout cas, la SRF avait une position très tranchée, très claire là-dessus. Euh plus récemment en 2022, on a fait une tribune sur le manque de parité à Cann parce que ben cinq réalisatrices dans la compétentation officielle sur 21 à cette époque là, pour nous, c'était pas assez.
Euh, on a également communiqué, enfin un communiqué de soutien aux victimes de Deux en avril 2023, ce qui nous paraissement essentiel évidemment. Euh, on a aussi également rédigé un communiqué en soutien aux actrices en février 2024. Je sais que comme ça là, des communiqués, des tribunes, on peut se dire "Ah oui, non mais ça c'est c'est de l'écrit et cetera." Euh mais n'empêche que je pense que c'est aussi tout un mouvement que que qui imprime la SRF et qui est soutenu par l'entièreté de ses adhérents.
Et ça c'est hyper important de se dire que voilà tous ces toutes ces tribunes c'est communiqué sont réfléchies ensemble. C'est pas une ou deux personnes, c'est vraiment quelque chose, c'est un mouvement qu'il y a au sein de la SRF, voilà, pour voilà avancer dans nos pratiques. Euh cette année, on a aussi la chance, l'honneur, je sais pas comment on peut dire, d'avoir Judit Godche dans notre CA maintenant.
Euh nous l'avons coopté. Euh pour nous, voilà, c'est un c'est pareil, c'est un c'est on est hyper honoré qu'elle soit avec nous parce que justement on alors pas qu'on compte sur elle pour tout bien évidemment, mais en tout cas ça nous permet aussi de de elle peut nous aider à insuffler une dynamique, à nous aider à nous aider encore plus sur ces sujets-là. Et en voilà.
Et euh et ensuite pour les choses un petit peu plus euh disons euh concrète euh moi je vais vous parler du groupe éthique inclusion. Donc donc c'est un c'est un groupe dans lequel on mène en fait une réflexion et des actions autour de la lutte contre les VHS et contre les actes discriminatoires. Euh plus précisément, on travaille aussi bien donc sur les VHSS que sur des discriminations ethnoraciales que sur des discriminations économiques, des discriminations sociales et cetera.
Euh j'ai le sentiment que alors la réflexion est est toujours en cours. C'est un groupe qui est effectivement mouvant de par ces thématique, mais en tout cas, j'ai le sentiment qu'on a un groupe qui euh s'inscrit dans une intersectionnalité qui est assez intéressante euh parce que ça permet de réfléchir globalement à un système de domination qui est effectivement très fort dans notre secteur, on va pas se mentir. Et c'est un groupe aussi, on peut participer, on peut partager nos expériences et ce et voir où où peuvent être les creux.
Euh ce qu'on peut faire concrètement avec ce groupe, c'est euh bien sûr travailler avec des collectifs et des associations. C'est-à-dire qu'on a organisé par exemple cette année oui, cette année, une journée intercollective donc où on s'est retrouvé euh pendant toute une journée avec euh plein de collectifs euh du secteur pour réfléchir sur la lutte contre les actes discriminatoires dans le cinéma. Donc c'était une journée hyper riche où effectivement ben on pouvait confronter nos pratiques, confronter nos points de vue, se poser la question de ce qu'on pouvait faire, ce qu'on pouvait mettre en place.
Et de cette première journée, on est sorti des sous-groupes de travail où en fait on se mélange en terme de collectif et donc du coup voilà, on peut travailler ensemble et mettre en commun aussi not nos nos trajectoires pour voilà pour faire sens et pour qu'on soit ensemble là-dessus. Euh on organise bien sûr des ateliers, donc celui de coordinateur d'intimité par exemple. Euh on rencontre effectivement plein d'association alors parce que parce que ça fait sens pour nous de de voilà encore une fois c'est du travail ensemble, c'est pas que nous d'un côté et puis les autres de l'autre en fait il y a pas ce cette idée là.
Donc c'est vraiment l'idée de confronter nos pratiques et de chercher des solutions ensemble. Et début 2024, on a aussi lancé une une enquête interne auprès des adhérents de la SRF. C'était une enquête en fait à la base enfin voilà qui concernait la lutte contre les VHSS.
Euh on s'est rendu compte et je vais vous donner quelques chiffres mais on s'est rendu compte à travers ce questionnaire qu'il y avait une oui, on peut dire une prise de conscience générale. L'envie et la nécessité et le respect de la parole et l'envie qui ait des prises de parole en fait. OK.
Est-ce que c'est possible d'accélérer un pour le temps des questions ? Merci. Donc je vous donne je vous donne juste des petits des chiffres.
Euh 50 % des répondants déclarent avoir été victimes de de discrimination. 54 % des répondants déclarent ne pas avoir trouvé d'interlocuteurs à qui en parler. 61 % des répondants pensent qu'être une femme et ou issue d'une minorité a desservi leur parcours professionnel. 46 % des répondants déclarent avoir été victimes de harcèlement moral ou sexuel ou d'accrétion sexuelle dans le cadre professionnel. 68,5 % des répondants déclarent que les espaces de création, donc c'est de l'écriture à post-prode, sont à améliorer pour qu'ils soient des espace sécurisé sécurisant. 53 % des répondants déclarent que Mythou et les récentes prises de parole ont changé leur façon de travailler. 91,4 % des répondants se disent plus vigilants. 86 % des répondants jugent utile la désignation d'un référent harcèlement.
Et enfin, 54,3 % des répondants jugent la présence d'un coordinateur d'intimité nécessaire. Merci monsieur Cojidor. Vous voulez ajouter quelque chose ?
Euh, je suis donc là pour représenter le la coprésidence de la SRF. Nous sommes trois personnes et on alterne chaque année pour qu'il y ait une parité dans ce dans ce trio de présidence. Donc, je ne suis pas dans dans le groupe de travail de de Myiam, mais je me sens très concerné par les VHSS et je venais ici notamment pour témoigner de ma pratique et de mon expérience d'un tournage avec une coordinatrice de d'intimité.
Je sais pas si vous souhaitez que je développe dès à présent ou [Musique] je me fais la voix aussi à travers le la coprésidence d'une génération qui tient à s'emparer de ces questions à bras le corps que ce soit sur les VHS mais aussi sur la façon de représenter les relations hommes-femme sur l'écologie sur la représentation de des diversités aussi à à l'écran. Euh avant d'entrer plus en détail dans mon expérience, je voulais rappeler quelques éléments de spécificité du poste de réalisatrice et réalisateur, c'est que d'une part, nous n'allons pas sur les tournages des autres si notre métier est uniquement réalisatrice ou réalisateur. Les pour ma part, les seuls plateaux que je connais depuis 15 ans sont les miens.
J'ai réalisé trois longsmétrages en 15 ans. La deuxième spécificité, c'est donc de pour le cinéma peut tourner en tout cas sur notre sur notre génération. Donc trois films en 15 ans, mais c'est beaucoup de travail, beaucoup de travail de développement, d'écriture puis de développement du film.
Vous avez entendu les organisations de scénaristes qui vous décrivaient aussi cette situation particulière de travail qui n'est pas reconnu comme du travail qui est donc sous le en terme de droit sous le code de la propriété intellectuelle. Donc il y a pas de minimaation, il est tout à fait légal de rémunérer par exemple un centime un scénario pour pour une année de travail. Euh et on est on est assez seul dans cette étape qui dure entre 3 et 6 ans pour un tournage qui lui va durer entre 5 et 10 semaines.
Et un ensemble de fabrication du film en terme de salariat, il y a pas d'obligation ni de chiffres particuliers mais qu'on peut estimer entre 3 mois et 1 an à peu près. [Musique] des éléments de contexte aussi côté côté hauteur, il y a un rapport de l'inspection générale des affaires culturelles de 2003 qui note une baisse de 30 % du pouvoir d'achat des artistes auteurs en moins de 30 en moins de 20 ans. de rapport racine qui lui indique que les aides directes de l'État aux auteurs représentent seulement 1,4 % des aides et que c'est trop peu et que par ailleurs les auteurs, autrices réalisateurs, réalisatrices sont les seuls ayants droits qui n'ont pas de soutien automatique de la part de du CNC. sur le côté fabrication et le volet donc réalisation qui qui nous occupe aussi aujourd'hui.
Il y a une chute du devis médiant des films. On est passé de 4 millions d'euros il y a une dizaine d'années quand la convention collective a été quand les conventions enfin quand la convention collective et ses annexes ont été décidées. On était à 4 millions.
Aujourd'hui, on est à 2,7 millions en devis médiant. ce qui fait une contraction et et disons des grandes difficultés, des grandes tensions dans le dans les possibilités de de façon de fabriquer des films. Donc on est dans ce en tant que côteur, autrice, réalisateur, réalisatrice, on est dans un dans un contexte de précarité en tout cas pour une grande partie d'entre nous à la SRF.
J'ai tourné mon dernier film en 2022 après 7 années de développement. Le Covid a aussi allonger les choses et c'est un film qui s'appelle une zone à défendre qui se passe sur une Zade. Et j'avais à cœur de de prendre à bras le corps beaucoup des questions des questions actuelles qui nous occupent. euh notamment la question de la représentation de des rapports hommes-femme, la façon de filmer le les corps, le corps féminin, le corps masculin et la façon de fabriquer aussi ces scènes.
Et pour moi, c'était une évidence qu'il fallait faire appel à une coordination d'intimité. J'en ai entendu parler à peu près comme tout le monde dans les années 2020 en France. La première fois que j'en ai entendu parler, c'est dans une interview de Jacquiard, je crois, qui qui a fait appel à à une coordinatrice pour son film Les Olympiades.
Et donc, comme je vous le disais, on ne va pas sur les tournages des autres. Et j'estimais peut-être naïvement que c'était la norme, que c'était normal et que c'était évident de faire appel à une coordinatrice d'intimité pour les deux scènes euh très suggérées avec absolument rien de frontal que j'avais à à tourner pour mon film. H et aussi parce que sur une expérience de tournage précédente en début 2017, donc avant que le poste existe, j'avais pu me heurter à quelques difficultés don dont on pourra reparler plus tard si vous le si vous le souhaitez.
Donc ça m'a paraissait souhaitable et c'est madame Monia Elatch qui est intervenue sur sur le film. Et alors et ben alors le processus les coordinatrices d'intimité vous l'ont décrit en détail. Je vais je vais peut-être pas revenir sur le détail.
On en parlait nous avec les interprètes comme d'une cascade à réaliser. Donc on on vous a déjà expliqué le principe de préparation de texte qui détaille et cetera. Pour moi, ce qui était particulièrement important en plus de tous ces aspects, c'était d'avoir une certitude sur le consentement de mes interprète.
Euh c'était la première chose et que cette certitude, elle n elle naissait aussi du fait qu'il y avait une médiation euh et la possibilité d'opposer un refus à quelqu'un qui n'était pas le ou la réalisatrice, le réalisateur en l'occurrence. Euh et alors les scènes les scènes en question de qui qui donc suggérait l'acte sexuel était très précisément écrite dans le scénario. Euh dès le dès le moment où je proposais le scénario à un ou une interprète, je voulais qu'il sache que c'était pas le propos du film d'être frontal.
Donc je décrivais ce qui ne serait pas montré, ce qui serait horschamp en disant telle scène, on ne voit pas en dessous du buste et ce n'est pas montré. Donc il y avait vraiment une attention portée au détail à la description que je souhaitais sécurisant en fait ou que je souhaitais engageant de ma part sur ces scènes-là. Et donc on a préparé ces scènes avec beaucoup de détails et au cours de la préparation, je me suis rendu compte que en dépit de mes efforts de de description, il y avait dans une scène de fête concernant des personnages qui qui n'étaient pas les premiers rôles, c'était un un dans l'histoire dans la fiction un couple homosexuel de de femmes.
Je me suis dit tiens, c'est écrit dans le scénario que c'est un couple mais ce n'est pas montré. euh ce serait bien que dans cette scène de fête euh elle s'embrasse. Donc c'était un élément de second plan.
C'est aussi pour ça que au moment du scénario ce ça n'avait pas émergé. Et donc j'ai profité d'avoir une coordinatrice d'intimité pour pouvoir pour pouvoir utiliser sa médiation sans non plus euh complètement renoncer à ma responsabilité de d'auteur et de cinéaste. Et donc on a décidé avec la coordinatrice que j'appelais chacune des deux actrices, que je leur exposais ma demande mais que je leur disais que ce n'est pas à moi qu'elles avaient à répondre mais à la coordinatrice qui leur reformulerait le la demande.
Une des deux actrices, ça lui a semblé inutile. Elle m'a dit "Non, non, mais je te réponds tout de suite, c'est oui, il y a pas de problème." Elle avait 35 ans. une autre actrice un peu plus jeune de de 25 ans était très contente de cette démarche et des précautions qui étaient prises et et elle est passée par la coordinatrice d'intimité pour dire oui pour dire oui à la demande.
Vous avez terminé ou euh peut-être ajouter aussi que dans ma dans ma pratique de réalisateur, j'estime que je suis responsable de la bonne marche de du plateau, que je suis que les l'équipe m'accorde sa confiance et que quand découle une très grande responsabilité et que je dois veiller aux scènes à enjeu dans lesquels il y a potentiellement des dangers ou des ou des éventualités. de de violence même morale. Une des scènes qui me vient à l'esprit, c'est une scène de figuration avec un grand nombre de de figurants.
D'un côté, des personnes qui incarnent les forces de l'ordre et je sais que certaines sont des policiers d'actif, d'autres sont des anciens militaires et que de l'autre côté, il y a des altères mondialistes. Soit ce sont des intermittents purs, soit ce sont des gens qui ont réellement vécu des choses. Et je sais qu'on va passer euh 8h d'affilé qui vont être face-àface à devoir jouer une situation de tension et de et de violence et d'insulte dans la fiction.
Et mon préalable en début de journée, c'est de saluer tout le monde, de rappeler l'importance de la figuration, de vraiment pas objectiver les gens. vous n'êtes pas une masse mais vous êtes des personnes qui viennent faire une œuvre collective et commune et ensuite de rappeler que on est dans la même équipe, que le respect, la bienveillance et la sécurité sont la priorité et que c'est seulement dans ce cas-là qu'on va pouvoir travailler correctement et que la violence s'exprime pendant la prise et dès que ça se termine, on se doit le respect le respect absolu et ça s'est très bien passé. Merci.
Merci beaucoup pour ce proposinaire. Est-ce que vous pourrez nous envoyer à titre d'illustration les scènes très détaillées dont vous nous avez parlé pour qu'on voit ce qu'est un scénario avec des scènes très détaillées d'intimité même si elles sont pas frontales. Erwan Balanan, rapporteur de cette commission.
Merci madame la président. Il y a il y a une question que personne n'a posé depuis que enfin qu'on nous sommes pas posés. Enfin, on la on connaît la réponse depuis le début de la commission d'enquête, mais je vais vous la poser parce qu'elle a elle a son importance par rapport à la à la suite et aux questions qui viendront après aujourd'hui.
Euh pourquoi on devient réalisateur et comment on devient réalisateur ? Comment on devient ? Il y a beaucoup de chemins justement contrairement à d'autres métiers comme la médecine, il y a pas la sanction d'un concours.
C'est ce que m'a dit mon père médecin quand j'ai raté pour la troisème fois la fémis. m'a dit "Mais tu pourras quand même exercer ton ton métier." Et donc il y a des voies royales que sont le la fémie et différentes écoles privées ou publiques.
Et puis il y a par l'expérience de court-métrage, par l'assistana ou par divers postes. Donc à la SRF, tous ces ces chemins sont sont représentés que ce soit pour le documentaire, la fiction ou l'animation. pour adhérer à la SRF, on a on a justement décidé de critères très larges parce qu'on peut se sentir réalisateur ou estimer avoir un travail de réalisateur très tôt.
Donc on a un collège courtmétrage pour lequel dans lequel on peut adhérer à partir du moment où on a réalisé un courtmétrage qui a été diffusé dans au moins un festival et pour le long métrage à partir de un long métrage diffusé en France puisque ça se passe en France mais en tout cas à partir du moment où on a fait un film et où il a été diffusé de façon publique au moins une fois on estime pouvoir se choisir réalisateur. Merci beaucoup. Alors je vas-y je rebondirai après.
Vas-y vas-y. OK. Euh moi j'ai une j'ai une question parce que j'entends que votre responsabilité est grande mais j'ai envie de dire que la responsabilité qui pèse sur vous est aussi très grande.
C'estàd que si votre film ne fonctionne pas en raison d'un comportement d'une personne ou enfin j'imagine à quel point la pression sur vos épaules est importante. Et en plus, vous venez quand même de la nouvelle vague, ce qui n'est pas neutre non plus en terme d'appréciation des violences sexistes et sexuelles. Et donc la question que je me pose, c'est est-ce que vous avez bon déjà, est-ce que vous formez vos membres ?
Alors, je j'ai entendu qu'il y a des groupes de travail. Est-ce que c'est est-ce que c'est ça que vous considérez comme une formation ou est-ce que vous avez des formations en plus ? Première question.
Et euh 2è question euh est-ce que vous avez aussi euh des centres d'aide ou d'appui quand quelque chose se passe mal sur un tour en âge d'un de vos membres ou d'une de vos membres actifs ? Effectivement, ce qu'on appelle les écoles de la SRF, c'est aussi pour ça qu'on a choisi le nom de école et puis les ateliers courtmétrage, on les voit comme des endroits, des moments de réflexion, de discussion entre cinéastes et des moments qui favorisent la prévention. Et notamment sur ces sujets-là, on a euh des projets, peut-être que tu voudras en parler, Myiam de de débat public et cetera.
Oui, j'en j'en parle. Euh sur le par exemple en ce qui concerne le droit du travail par exemple, on se dit le réalisateur au-delà de la formation qui existe au CNC et on s'est battu pour qu'elle soit aussi euh obligatoire pour les pour les réalisateurs. Mais euh il y a toute la question de je suis sur un plateau, il y a c'est encadré par un droit du travail, le droit le temps de travail des enfants et cetera, d'encadrement, les horaires et cetera.
Et donc ce qu'on aimerait faire déjà une fiche disponible pour nos adhérents et puis ensuite une sorte de grande réunion ouverte pour tous les cinéas une fois par an où on se pose ensemble et où on parle de ça et de voilà parce que ça nous paraît un peu un peu lourd peut-être d'organiser une formation à chaque tournage mais avoir proposé ce temps d'échange par la SRF en tout cas une fois par an, ça nous semblerait important. Euh un grand moment de discussion qu'on aimerait organiser aussi sous forme d'un grand débat public, c'est sur la question de comment on quel quelle est notre pratique aujourd'hui et comment on tourne un film aujourd'hui par rapport à une pratique voilà de la génération d'avant et cetera, comment la violence entre dans le processus de création et comment on peut évoluer. Ça c'est une discussion qu'il y a depuis un moment de faire un grand débat public de beaucoup de cinéastes de différentes générations sur ce sujet-là.
Euh voilà, ça c'est les pour les projets mais effectivement aujourd'hui on propose pas de formation à proprement parler mais on organise énormément de temps d'échange sur ce sujet-là. Et concernant le la question des du centre d'aide, c'est pas le rôle de la SRF d'être un lieu, un un centre ressource, en tout cas un endroit qu'on appelle forcément. C'est aussi pour ça que plusieurs cinéastes du conseil d'administration de la SRF il y a quelques années ont participé activement à la création du collectif 5050 en se disant justement qu'on avait besoin d'un endroit dédié pour ça externe à la SRF.
Donc on a vraiment des cinéastes à la SRF qui ont été partie prenantes dans cette création avec cet objectif là. Merci beaucoup monsieur Balanan. Merci.
Ma première question, elle allait justement sur enfin sur un premier constat que vous que vous avez fait, c'est que on peut devenir réalisateur par un certain nombre de de grandes écoles, il y en a il y en a pas beaucoup d'ailleurs. Et puis on peut devenir réalisateur par l'expérience, par un parcours qui peut même être parfois assez divers. On peut être on peut aussi venir du documentaire.
Enfin tout ça, je crois que les gens qui suivent la commission le savent. Mais ce qui est intéressant et et vos premiers éléments de réponse à la présidente le montrent bien, c'est est-ce que vous pensez que la votre formation est suffisante déjà dans les écoles existantes, est-ce que la formation est suffisante en terme de de droit du travail ? Est-ce qu'il est suffisamment connu en terme de management d'une équipe ? parce que ça se vous êtes vous l'avez dit, vous êtes responsable d'une équipe et d'un et d'un rendu final et donc ça se manage et ça demande aussi un certain nombre de compétences.
Euh et puis évidemment aussi est-ce que vous avez une formation suffisante en terme de d'appréciation des problèmes qui peut des problèmes humains qui peut arriver qui peuvent arriver enfin c'est-à-dire de détecter des des souffrances et cetera. Donc la question en réalité euh c'est euh est-ce que vous pensez que au moins pour les écoles euh les écoles les grandes écoles qui forment au métier, ce sont des un tron commun qui devrait exister, qui devrait être renforcé et comment on fait pour les personnes qui sont devenues réalisateurs sans avoir suivi ces grandes écoles pour avoir une sorte de validation des acquis ou d'après ou de comment dire d'apprentissage de de ces de ces bonnes pratique. Qui souhaite répondre ?
Madame Garby. Non, monsieur Cogitor. Monsieur Cojitor, c'est quelques éléments de réponse mais encore une fois la subjectivité de la question ne me permet pas d'y répondre de façon complète.
Pour ma part, j'ai fait une classe prépa à Nant de Cinésup dans lequel on avait des cours d'économie et de droits du travail. Et par ailleurs en travaillant le le ou là réalisateur réalisatrice travaille de toute façon avec son ou sa première assistante qui pour le coup est spécialiste des questions de d'amplitude horaire de de droit du travail. Donc on on ne pas on peut pas aller en tournage sans ignorer les questions de de minimal d'amplitude horaire de temps de tournage des enfants et cetera.
Même si on n' pas eu de formation spécifique, le ou la première assistante est là pour les les rappeler, les mettre en place en préparation. Madame Garby, alors du coup, moi j'ai pas fait d'école, donc vous avez le panel, c'est-à-dire que moi j'ai fait la fac et donc j'ai été première assistante réalisateur. Donc voilà, donc je vois très bien de quoi parle Romain.
Donc effectivement le poste de première assistance, c'est rappeler effectivement la législation et travailler sur la législation avec le directeur de prod. Euh maintenant, moi je pense que ça peut être vraiment intéressant. Enfin, moi la fac, j'avais pas du tout de cours de droit ou d'économie.
Euh enfin très peu. Euh et moi je trouve que c'est vraiment hyper intéressant d'avoir ça dès le début en fait, dès le début. et euh et je me dis que voilà nous à notre échelle de SRF déjà mettre en place des choses comme ça enfin voilà je pense que c'est c'est bien parce que c'est un temps où vous êtes pas en prépa, vous pouvez suivre ça et pas dans le speed d'une prépa d'un film où il y a 10000 10000 informations à traiter.
Est-ce que votre association reçoit des subsides publics ? Est-ce que vous sur vos projets, vous pouvez avoir des aides du du CNC, mais est-ce que l'association SRF en elle-même a des subsites publics ? Oui, tout à fait.
Sinon, nous n'existerions pas. Euh on a effectivement une subvention du CNC qui est assez importante. On est aussi subventionné, enfin aidé financièrement par la région Île-de-France et euh voilà pour les aides publiques en tout cas.
Ensuite par les organismes de gestion collective pour la partie action culturelle et ensuite on a des financements privés puis les adhésions de nos adhérents mais c'est une petite partie. D'accord. Aucune de ces aides publiques n'est conditionnée à des formations ou à des une prise en compte des violences sexistes et sexuelles dans votre dans votre association ?
Non, il me semble pas. On pourrait regarder effectivement les articles de nos dossiers de subvention mais je ne pense pas non. D'accord.
Donc respect de la laïcité, j'imagine si vous avez une subvention Île-de-France, mais pas respect du corps des personnes. Très bien. Euh monsieur Balanon, euh juste, j'ai pas compris en quoi ma question était subjective là tout à l'heure.
Non, c'est la réponse qui Ah pardon. Ah oui, parce que excusez-moi, pas de souci. Non, je tout d'un coup je me disais qu'est-ce que j'ai dit qu'il fallait pas dire.
Ça arrive et ça et c'est bien de nous le rappeler si on le fait. Euh si je peux pardon. Si je peux compléter sur ce sujet-là, par rapport à la formation des des réalisateurs en devenir, effectivement, c'est important mais il y a une une part de management effectivement pour les réalisateurs, mais c'est je pense quand même que c'est le producteur à son endroit qui a le la responsabilité de vérifier en arrivant sur le plateau que toutes les personnes qui l'a engagé sont formées et ont les connaissances.
Pardon monsieur Cogitor. Oui, par ailleurs, il faut pas oublier que qu'un long métrage même modeste, donc le dev médian est à 2007, il y a des premiers films, il y a des nouveaux entrants, des nouvelles entrantes, mais on se lance pas comme ça du jour au lendemain. Il y a quand même une expérience préalable qui qui est requise en tous les cas, quel que soit le chemin de formation et le chemin de vie.
Monsieur Balan. Oui, puis vous avez bien rappelé sujet qu'on a vu, revu et qu'on reverra encore que l'employeur l'employeur sur le sur le film est et le producteur. Et à ce titre euh dans le rapport au respect du code du travail, c'est lui qui est qui est responsable.
Euh moi je je bon je voulais poser un peu des questions sur euh sur la question de du scénario et de la de ce que peut-être le scénario comme accord contractuel. Vous l'avez expliqué un petit peu par votre expérience avec une lien un lien avec une coordinatrice d'intimité. Euh aujourd'hui, on voit et c'est pour ça aussi que la question du droit m'intéressait, c'est que euh souvent euh il y a un contrat qui est signé entre un réalis enfin entre un producteur et des comédiens comédiennes et le réalisateur et le le scénario n'est pas euh complètement développé, séquencé et ne permet pas toujours à la par exemple comédienne qui aurait une scène de nu de bien l'appréhender, de bien voir ce qui va être ce qui va lui être demandé ou ou pas ?
Est-ce que vous pensez euh c'est très très concret ma question, est-ce que vous pensez qu'il faudrait euh avoir euh des comment dire des scénarios qui contractuellement engagent ou alors est-ce que c'est à côté du scénario un contrat précis qui séquence les scènes et qui engage le réalisateur, la comédienne et surtout le producteur. Est-ce que c'est quelque chose sur lequel on aurait des des obligations légales à renforcer ? Madame Garby, monsieur Cojitor, madame Brun Plouf plouf et madame Garby.
Ah bah monsieur Cojitor. OK. Euh oui, le le ça dans ma pratique en tout cas euh ça ça a l'air peu opérable.
Alors, premier point, c'est que en cinéma, encore une fois, je parle pas d'audiovisuel, de télévision ou de séries, en cinéma, le scénario est quand même très souvent extrêmement développé. Avant de le soumettre à à un ou une interprète qui est potentiellement une clé de voûte du financement et du montage du film, on n'envoie pas de de première version ou de choses incomplètes. On envoie quelque chose qui a été travaillé pendant plusieurs années généralement et qui est malgré tout précis.
Euh je suis pas un spécialiste de la contractualisation des des interprètes, mais il m'a été donné de lire il y a quelques années un un contrat de d'une interprète qui disait que en terme physique, elle ferait bien que ce qu'elle veut comme elle le veut. Et c'est une clause qui me semble plutôt vertueuse queil y ait pas de de d'obligation de suivre une ligne une ligne de texte enfin une un texte écrit quant à elle sur l'opérabilité. En fait, le scénario, même quand il est le plus précis possible, il dit quand même très peu de choses par rapport aux limites que peut avoir une un ou une interprète et que c'est là où la coordination de d'intimité est importante et intéressante, c'est qu'on va aller beaucoup plus dans le détail avec par exemple une scène qui s'écrirait en une demi-page va en prendre trois à décrire en terme de de coordination d'intimité en caractère très très serré et quand bien même ce sera pas complet.
Je peux poursuivre mon exemple si vous le souhaitez. Allez-y, allez-y. On est en fait à à de l'ordre du du centimètre en terme de cadre et en terme d'axe.
Un de mes exemples sur sur un de mes films, la limite d'une d'une personne qui qui d'une interprète, c'était que le la caméra ne saisisse pas sa poitrine. C'està-dire que la personne n'avait pas de problème à ce que sur le plateau un autre interprète la saisisse si elle était de dos à la caméra. Euh pour être certaine de ça, elle ne s'en remettait pas au cadre ou euh ou au fait que le cadreur ou le réalisateur lui jure que ça n'apparaîtrait pas dans le montage final.
Elle souhaitait la présence d'un bandeau, c'est-à-dire donc d'un d'un ruban qui entoure entièrement le corps pour masquer le la poitrine. H pour autant, la nudité du dos ne la gênait pas. Donc la question devient comment dans une scène, c'est-à-dire d'être filmé de dos nu, ne la gênez pas.
Mais ce qui est impossible quand il y a un bandeau ou alors que le personnage est censé être nu. Et donc c'est là où on entre dans des explications mais qui sont de l'ordre du centimètre pour dire quand quand l'interprète et sur le dos dans le lit, elle a son bandeau. Expliquer à quel moment on coupe, qu'est-ce qu'on va mettre en place pour pouvoir enlever le bandeau en plateau fermé avec très peu de gens et reprendre dans telle autre position, elle va pouvoir être de dos et que la caméra saisisse son dos nu sans qu'il y a aucun moment un risque de de saisir la partie qu'elle souhaite pas.
Donc ça, je vois pas comment un scénario peut en peut en rendre compte. On est dans dans un endroit beaucoup plus profond et qui est de l'ordre de la discussion, de l'échange, de la précision beaucoup plus que de la contractualisation. Il y avait Vous vouliez répondre aussi ?
Je vous avais vu tendre la main vers le micro madame G. Non, non, mais en fait enfin voilà, Romain a complètement a abordé ce que ce dont je voulais parler. C'est-à-dire que pour moi également euh le niveau du scénario, je pense que quand le scénario est envoyé en tout cas aux comédiens effectivement et aux comédienne euh il est quand même extrêmement développé.
Alors effectivement pas dans le détail comme comme Romain le disait mais en tout cas voilà il y a pas de il y a pas de surprise. Voilà monsieur Banan et après j'ai une question. Oui, mais c'est un exemple très concret et très intéressant ce que vous nous dites parce que de à vous entendre, c'est-à-dire que même un scénario très séquencé, très comment dire précis ne règle pas la question du rapport à l'intimité que va pouvoir avoir un comédien, une comédienne une fois qu'il est sur le plateau.
Et donc effectivement, en disant ça, vous prenez pour la la mise en place des coordinateurs d'intimité à chaque fois qu'il y a il y a un film. enfin plus ou moins. Alors ou alors un dialogue possible, rendu possible entre le l'équipe, le réalisateur et euh et la la comédienne ou le comédien, mais c'est pas toujours euh on peut pas on peut pas comment dire être sûr que l'entente va se faire.
Donc c'est un vrai sujet. Donc euh cette question là, elle est intéressante. Et est-ce que vous pensez par contre que pour revenir sur le scénario, le scénario, il dit qu'il y a un nu.
Il dit qu'il y a un nu, il le décrit. la comédienne ou le comédien va signer sachant qu'il y a un nu. Et voilà.
Et puis le réalisateur décide de rajouter c'est plus un nu, c'est pas deux corps nus, c'est deux corps nus qui s'enlassent. C'est plus du tout c'est plus pareil, c'est plus tout à fait la même chose. Est-ce que vous pensez que ça ça doit être par exemple quelque chose qui doit être contractualisé euh en plus et ou pas ?
C'est-à-dire, est-ce que enfin, vous voyez ce que je veux dire, c'est euh comment on fait pour gérer le niveau entre le scénario jusqu'à la jusqu'au le coupé, mais entre-temps, qu'est-ce qui a été rendu possible et comment on rend possible et avec le consentement des uns et des autres ? Merci monsieur Cogitor. Et après je une question.
Ouais. Dans la pratique, le scénario est envoyé parfois un an avant le tournage, le temps que le financement se se fasse. Donc ça aurait dans la pratique peu de sens d'entrer à ce niveau-là de détail.
La coordination d'intimité est une réponse et si une des propositions de la de la SRF, c'est que non pas de rendre la coordination d'intimité obligatoire pour les majeurs, mais qu'il y ait obligation de poser la question aux interprètes et pas de façon directe réalisateur réalisatrice interprète mais en passant par exemple par les agents et de demander si l'interprète souhaite qu'il y ait une coordination d'intimité et à partir du moment où la réponse est positive que du coup le la production et la mise en scène s'oblige à accéder aid à à cette demande. Ça peut ne pas être le cas. Il y a il y a il y a une réalisatrice qui qui a réalisé un très beau film l'an dernier qui en discutant avec son couple d'interprète, en leur décrivant très précisément chaque plan, chaque limite et cetera, les deux interprètes majeurs, ont dit qu'il préférait faire ça, tourner c'est non un couple, je veux dire le l'acteur.
Non, ils étaient pas du tout un couple dans la vie. Non, non, non. Ils jouaient un couple à l'écran, ils étaient pas un couple dans la vie.
Mais disons que ça la question leur a été euh soumise euh en avec une description beaucoup plus précise que que le scénario et je pense une confiance aussi qui s'est créé à ce moment-là dans cette discussion avec la réalisatrice et dans cet échange. une question autour du temps parce que en fait évidemment là on discute beaucoup en amont de ces auditions et ce qui apparaît très souvent c'est que une scène est prévue et puis parce que elle ne convient pas au réalisateur ou à la réalisatrice mais plus souvent au réalisateur parce qu'elle ne convient pas, il décide de la changer initue immédiatement de changer les plans, de changer les positions de changer la nudité, le degré de nudité ou pas. Et en fait ce qui apparaît assez nettement dans les échanges que moi en tout cas j'ai pu avoir, c'est que il n'y a pas non plus le temps de la réflexion pour les personnes ni le temps de l'acceptation ou de en fait de la réflexion et de savoir ce qui quelle est la limite que je souhaiterais poser ou pas poser et est-ce que je veux garder tel vêtement, est-ce que je veux pas le garder ? et que tout se fait dans un temps très contraint, très tendu parce que évidemment il y a une feuille de il y a une feuille de route, il y a un planning, il y a voilà.
Et donc est-ce que vous avez réussi à dilater ce temps avec une coordinatrice d'intimité ? C'est est-ce que ça aide à à gérer cette question du temps restreint ? Et est-ce que pour vous ça permet aussi de de mieux définir enfin d'aider les les comédien même dans une situation d'urgence à mieux définir leur leur souhait ?
Oui, tout à fait. C'est encore une fois comme une cascade, c'est-à-dire que on se dit qu'il y a un plan A et que si pour alors concernant une cascade des raisons météorologiques pour une scène en extérieur d'intimité, ça peut aussi être le cas. Si ça se passe mal, un plan B et on connaît et on questionne les limites.
Le la coordinatrice ou le coordinateur d'intimité permet d'explorer et de questionner sur ses limites de façon très franche, là où le dialogue direct peut éventuellement être gêné par la pudeur ou pas de de la personne à la mise en scène ou de la personne à interprétation. Mais malgré l'urgence, normalement tout a été bordé avant et on sait quelles sont les limites et on s'interdit de de dépasser ces limites au moment du tournage avec coordinateur d'intimité. Alors avec en l'occurrence pour mon dernier tournage ou sans sur mon tournage précédent, une fois le la limite évoquée posée, il est pas question de de d'insister ou demander à faire autrement.
En tout cas, autrement dans un cadre qui sort des limites. Alors pour vous, mais dans les témoignages qu'on reçoit, c'est précisément au moment du tournage de la scène, dans le feu de l'action que les choses que les commandes changent et que du coup les conditions de réalisation, enfin les conditions de tournage, le jeu d'acteur se modifie. Donc c'est ça la difficulté et l'indispensable présence d'un tiers qui permet en effet de lever les tension directe et du coup aussi les coûts de pression possible sur telle ou telle personne.
Est-ce que tu as une question supplément ? Oui oui coup de pression ça me ça permet de faire justement une une une belle transition. On voit que réalisateur c'est aussi un métier de la gestion de la frustration. frustration parce que la cascade qu'on avait prévue dans le scénario n'est pas possible parce qu'il fait mauvais et que le le le plan de de tournage permettra pas de la faire.
Fration parce que le comédien ou la comédienne n'est pas exactement comme on aurait imaginé qu'il soit en terme de de de prestation et en terme de de jour de forme et cetera. Donc c'est c'est parfois extrêmement difficile. Comment on peut gérer ces frustrations ?
Parce que quelqu'un qui est frustré, c'est quelqu'un qui souvent s'énerve, c'est assez humain. Et quelqu'un qui s'énerve, c'est un plateau entier qui peut s'énerver. Euh la bienveillance peut disparaître, l'empathie peut disparaître et tout d'un coup, c'est là qu'on peut avoir des accidents de gens qui s'agacent, qui s'énervent.
Alors, je suis pas en train de dire que c'est parce que vous avez des des réalisateurs frustrés qu'on a euh des des euh des délits sur des tournages, mais ça peut y ça peut hélas y contribuer. Et moi, je reviens sur cette idée que que j'ai depuis un moment, c'est de se dire que sur un plateau, euh qui c'est qui gère la bonne vie ensemble ? Et est-ce que quelqu'un n'aurait pas ce rôle à avoir ?
C'est-à-dire faire en sorte que c'est le rôle du producteur peut-être, mais le producteur il une fois qu'il a produit son film, il est en train de travailler le développement d'un autre film et donc est-ce qu'il pourrait pas déléguer cette tâche de la bonne vie ensemble sur le plateau et sur le plateau et de tout simplement le respect de l'empathie, de la sympathie ? C'est mon côté bisous qui parle. La le la solution, elle commence pas sur le plateau.
Si le réalisateur se retrouve dans cette situation sur un tournage, s'il a cette pression qui lui est mise, c'est parce qu'il travaille sur son scénario depuis 4 5 6 ans. Il a réussi à fin son film et se retour sur ce plateau. Il joue sa en réalité, il joue sa vie sur ce plateau.
C'est c'est pour ce qui ce qui se passe pour lui, c'est très grave. Donc bien sûr, si à un moment donné le que ce soit l'acteur qui disent non ou il se met à pleuvoir ou quoi que ce soit, ça a une conséquence pour lui qui est qui est décuplé. Donc la pour gérer cette frustration, il faudrait changer tout le fonctionnement du financement du cinéma aujourd'hui pour permettre au réalisateurs de travailler dans de meilleures conditions depuis le début.
Enfin, il y a tout un travail en amont en tout cas à faire qui ne démarre pas sur le plateau en tout cas. sûr. Après, il y a des solutions sur le plateau, c'est auquel on peut réfléchir et vous parliez de d'une personne sur le plateau qui gérerait la l'humeur effectivement et ça c'est une réflexion, ça existe aux États-Unis.
Euh on a une réalisatrice de notre conseil d'administration qui travaille beaucoup avec les États-Unis qui nous parlait de ce comment s'appelle ce wellbeing coordinator. Wellbeing coordinator. Voilà.
Mais c'était sur un tournage, c'était une personne qui vient une fois par semaine parler avec tout le monde mais sur un tournage qui dure qui dure 6 mois. Bon, c'est pas les c'est pas la même chose sur un tournage en France. Mais euh si on parle de ça de d'une personne sur le plateau, ce qui serait important d'après nous, ce soit une personne extérieure, pas un référent, pas une personne du de la production, extrêmement une personne extérieure qui viendrait avec son regard neuf, voilà, qui serait un endroit d'un réceptacle de de discussion pour les personnes réalisateurs ou d'autres personnes sur le tournage avec qui il serait possible de parler en toute liberté.
Ça, je pense que ça serait intéressant. Merci euh merci beaucoup. Je euh moi je voudrais savoir aussi quelle conséquences très concrètes financières et de status là pour vous qu'un film soit le l'objet d'une dénonciation de comportement abusif.
Qu'est-ce que vous risquez très concrètement dans vos finances et dans votre statut ? Si il y a par exemple une actrice qui se plaint d'un d'une agression sexuelle lors du tournage, le il y a il y a si le tournage est arrêté, si le film ne peut pas reprendre, il y a une conséquence. Je ne sais pas vraiment s'il y a une conséquence financière parce que je pense que le réalisateur est est payé pour son temps de travail mais il y a une conséquence, il y a des conséquences voilà comme un projet sur lequel vous travaillez depuis 10 ans et puis qui s'arrête toujours au lendemain et qui ne reprendra pas.
Enfin c'est évident. Après, c'est pas une raison pour continuer un tournage quoi qu'il arrive ou pour quoi que ce soit. Donc c'est une une catastrophe ou un motif grave qui est inéluctable.
Après, on peut trouver des solutions et la solution de le travaux les travaux qui sont faits avec les assurances notamment euh sont pour nous une une option intéressante en tout cas en terme de terme financier. Parce qu'en fait une des raisons pour lesquelles les victimes ne parlent pas forcément ou taffet ou n'ose pas prendre la parole dans les instances, c'est que euh précisément cette charge là, elle la connaissent très bien et elles savent que leur parole peut arrêter un projet de plusieurs années, mettre d'autres personnes en difficulté. Et du coup, la question que je me pose en vous écoutant, c'est si une agression sexuelle, malgré toutes les précautions qui sont prises et cetera, a lieu euh sur un tournage, qu'est-ce qui selon vous pourrait être fait ?
On a entendu le collectif respect qui esquisse des pistes. Mais qu'est-ce que vous en tant que réalisateur vous demanderiez peut-être au législateur que nous sommes pour garantir en fait que votre travail ne puisse pas être comme ça menacé par un fait ou par plusieurs d'ailleurs, mais au moins par un fait sur un plateau. Disons que moi j'ai le sentiment que c'est plus avec les les assurances que ce ce débat se pose en fait puisque effectivement avoir euh comme ça quand il y a quelque chose qui se passe sur un film, avoir un temps d'enquête, avoir un temps d'arrêt, avoir avoir tout ça, oui, il y en a besoin mais effectivement ça met en péril les films sur lequel sur lequel on travaille et que ça soit pour les équipes techniques, que ça soit pour les réalisateurs, c'est pour tout le monde.
Donc effectivement, moi j'ai l'impression que c'est vraiment un enjeu d'assurance voilà de pouvoir arrêter les les pouvoir arrêter les films et pouvoir les reprendre surtout. Oui, c'est ça. Mettre en suspend le temps de mettre de côté les personnes qui ont besoin de l'être ou de trouver une solution ensemble de façon à pouvoir reprendre le tournage dans un second temps en fait.
Et est-ce que la clause telle qu'elle est actuellement définie vous semble bien proportionnée, bien dimensionnée ? Est-ce qu'elle semble répondre au aux difficultés éventuelles ? Vous parlez de la clause qui est proposée par le groupe respect.
Euh non. Ah d'accord. Alors ça je la clause proposée par les assurances qui euh par exemple euh alors c'est c'est jours c'est 5 jours maximum, c'est 500000 € et c'est sur la base d'un dépôt de plainte ou signalement au procureur.
On n pas d'avis arrêté sur le sujet. 5 jours, c'est court. Euh c'est sûr qu'évidemment il faudrait que que ce soit quelque chose soit proposé qui soit beaucoup plus ample. sans doute pour pouvoir parfois trouver des solutions.
Mais c'est c'est au moment du dépôt de plainte. Donc c'est toujours pareil. Je veux dire le film est déjà déstabilisé avant avant un dépôt de plainte.
Enfin, je veux dire c'est déjà c'est déjà très grave. Enfin, je veux dire le le dépôt de plainte ça ça peut venir mais très très loin derrière, enfin très très loin après. Donc donc c'est pas forcément la la Ouais.
C'est pas forcément enfin la enfin la solution elle est encore peut-être encore à calibrée je pense. Euh oui oui oui. Même si c'est la place de cinéaste à l'endroit de cette question.
Enfin c'est une question de production beaucoup. on se sur une une violence dans laquelle le le réalisateur ou la réalisatrice n'aurait rien à voir. Ce ce serait un accident terrible et comme un autre accident mais où c'est c'est dur de vous répondre.
On a connu le Covid et moi ayant attrapé le Covid sur mon tournage, il y a eu un arrêt de 2 jours. C'était très lourd, très pénible. J'ai eu très peur mais à part ça, tout était entre les mains de de la production pour enfin moi à mon niveau, j'ai j'ai mis tout enfin je me suis isolé complètement tant qu'il y avait une suspicion avant de d'avoir une certitude.
Et une fois qu'il y a eu une certitude, on a arrêté euh on a arrêté pendant 2 jours, c'est-à-dire quatre consécutifs avec le weekend. Mais c'est c'est très loin de l'endroit de cinéaste cette question là. On est plus dans une question de production.
Mais vous avez pu vous arrêter précisément parce qu'il y avait une assurance à l'époque. Non, c'était de l'audiovisuel. Donc on nrait pas dans le champ.
En tout cas à ma connaissance vu qu'encore une fois c'est pas moi qui ai géré directement le la chose mais le l'information que j'ai eu, c'est que le coût a été partagé entre producteur et diffuseur. Merci monsieur Balanon. Juste revenir [Musique] revenir sur la question du scénario parce que euh c'est un élément important dans dans le cinéma évidemment avec deux cultures différentes.
La culture française qui a longtemps été un peu caricaturée d'ailleurs sans doute le scénario c'était quelque chose de très souple. Voir c'était même mieux s'il existait pas. et puis une culture anglo-saxonne et américaine en particulier vous avez des scénarios très très détaillés, très engageants.
Euh moi moi je reviens sur le sujet parce que je je c'est ça reste quand même un élément de l'ordre de du contrat entre tout toute l'équipe et et tout le monde et et je trouve que euh je je j'aimerais vraiment vous entendre parce que j'ai pas été complètement satisfait. pas c'est pas voilà sur sur ce sur cette sur ce sujet-là euh est-ce que le scénario doit engager ? Est-ce que c'est quelque chose qui doit être qui qui devient quelque chose de contractuel ?
Bon voilà et au-delà de ça, le scénario, c'est aussi l'histoire que ça raconte et donc l'histoire que ça raconte bah c'est ce qui permettra ou pas d'avoir une aide. Et donc je rebondis justement sur les aides sur le CNC. Tout à l'heure, je je vous ai entendu dire qu'il faudrait peut-être revoir la façon dont les aides sont faites.
Euh ça m'intéresse de d'avoir cette question, sachant qu'on a un cinéma qui existe parce qu'il est profondément aidé et c'est tant mieux. Et donc ça donne aussi une responsabilité à ceux qui décident d'aider les films dans ce qu'ils ont comme message mais dans les gens aussi qu'on aide. Voyez ce voilà et donc je voulais vous entendre sur ce sur cette sur cette question là de du scénario jusqu'à l'aide euh comment comment on peut améliorer les choses pour vous répondre en en plusieurs étapes on l'a vu, il y a une contraction des temps de tournage qui qui va en se comprimant de de plus en plus.
C'est une quinzaine d'années, on était sur une trentaine de jours pour des films dit fragiles ou fauchés. Aujourd'hui, on est sur ça descend jusqu'à 24 jours. Donc plus le temps est comprimé, plus il faut savoir à l'avance qu'on va faire et moins il y a de marge de d'improvisation si on met de côté certaines exceptions artistiques de moyen sont améliorés aussi.
Peut-être plus facile, c'est une question hein. Pas fondament. Ouais.
Non juste par rapport à ça pas forcément parce qu'en fait le truc c'est qu'effectivement en pellicule par exemple fallait beaucoup plus éclairer fallait beaucoup plus il y avait des choses comme ça mais en même temps on n pas des équipes qui passent de 40 à 12 par exemple ou alors c'est une vraie volonté de mise en scène et ça c'est encore autre chose. Donc sur le sur le scénario finalement si on est sur un film qui a par exemple pas de préachat télé ou qui a pour seul diffuseur un un distributeur cinéma qui a mis un minimum garantie, j'ai presque envie de dire que le réalisateur ou la réalisatrice euh c'est lui ou elle le garant de son scénario et que dans ce temps imparti court et avec ses moyens très limités, il ou elle va essayer de tout filmer ou de filmer le maximum. Donc c'est quasiment une réponse à l'envers à votre question.
Là où sur un film qui a euh des diffuseurs, que ce soit du film de plateforme ou des films avec des préachats de télévision, là il y a un engagement contractuel plus fort du producteur vis-à-vis des des diffuseurs l'ayant préacheté. Et ça peut être contractuellement le réalisateur ou la réalisatrice doit s'engager à filmer tout ce qui est écrit. finalement ça revient à à manager son temps de travail et à ne pas dépasser.
Mais on est de l'ordre de la séquence encore une fois, on n'est pas sur l'ordre du geste ou sur l'ordre du du cadrage. On est juste s'engager à filmer ce qui est écrit sur le les le financement et les subventions possibles et leur amélioration. On se dit nous aussi qu'un bonus pour la coordination d'intimité ça peut être quelque chose de pertinent notamment parce que euh ça peut être selon le type de budget du film un coût assez lourd parce qu' il s'agit pas seulement d'une coordinatrice ou d'un coordinateur qui est là une journée mais il y a un temps de dépouillement du scénario, il y a un temps de préparation avec les acteurs, il y a le déplacement, les repas et cetera, les répétitions.
Donc c'est quelque chose, c'est c'est un véritable choix et un véritable investissement de de la part de la production. On va avoir des réalités très différentes en terme de scénario aussi. Ça dépend beaucoup des cinéastes.
On a des cinéastes qui vont écrire des scénarios à la à la seconde près. Tout est hyper écrit et puis après Agnès Verda, elle prend sa caméra et puis elle parfum. En fait, c'est des actes de création très différents.
On peut pas tout on peut pas toujours utiliser le scénario comme un comme un contrat parce que il faut aussi cette liberté, on peut en réfléchir pour certaines scènes mais d'une façon générale, ça répond à des actes de création. Ah, moi j'ai deux questions. Un sur les mineurs, une sur les mineurs dont on a pas beaucoup parlé.
Donc là maintenant, il y a un accompagnement qui est systématique mais la question nous a été posée entre les 16 et 18 ans. Enfin, dans la période 16 18 ans et peut-être même 1625 après tout, j'en sais rien pourquoi ça s'arrêterait à 18 où il nous a été dit que bon, l'accompagnement n'était pas euh systématique loin de là et que c'est une période quand même sensible puisque notamment au moment des fêtes et cetera, il peut-être ou elle peut-être en présence de produit, de violence et que finalement elle n'est pas oui, il n'est pas accompagné dans ces moments-là. Donc qu'est-ce que vous suggéreriez pour cette tranche d'âge là ?
Et la deuxième question, c'est que une pistes aussi que l'on travaille dans les auditions, c'est les avance sur recette et la possibilité de sanctionner un film qui enfin un réalisateur, une réalisatrice si les règles de protection n'ont pas été mises en place. Qu'est-ce que vous pensez de ces deux chosesl ? En ce qui concerne les les mineurs, nous on des avis de de faire l'obligation en tout cas sur les coachs et sur le coordinateur d'intimité jusqu'à 18 ans.
C'est la réflexion qu'on a eu entre le 16 18, on s'est dit 18 euh sur l'intimité. sur l'intimité et par ailleurs, on a pas parlé mais sur l'intimité par ailleurs, chacun va avoir un avis très différent de ce que c'est l'intimité, où ça démarre, d'où le principe de proposer de toute façon un coordinateur d'intimité même dès que un homme et une femme sont dans la même pièce presque ou même deux femmes enfin peu importe parce que c'est pas à nous de juger réalisateur à quel moment on est dans une scène d'intimité ou pas. Et euh la deuxième question c'était l'avance sur Ah oui, l'avance sur recette. et on est tout à fait d'avis euh de renforcer euh la le rôle de de sanction euh du CNC ou d'autres structures.
En tout cas euh on à ce sujet d'ailleurs, on on réfléchissait, je sais pas si ça a été dans les dans les tuyaux à un moment donné, à l'idée d'une de la création d'une commission adoc au CNC sur ces questions, sur les questions sociales, une commission qui pourrait être composée de de voilà de nos différentes organisations de personnes extérieures qui pourraient être là en soutien et en réflexion autour voilà dans le suivi de cette commission d'enquête. Mais je je vais peut-être préciser une chose dans la réponse de Rosalie, c'est que le les mesures de protection en tant que réalisateur, c'est ce n'est pas nous qui employons les personnes. Donc une mesure de protection, enfin si c'est la société de production qui refuse l'embauche à la demande du réalisateur ou de la réalisatrice qui refuse une embauche, qu'est-ce qui se passe ?
Est-ce que on est condamné sur son film suivant alors même que c'est avec une autre société de quelque chose qui n'est pas de notre fait ? Donc ça peut il faudrait en étudier les modalités quand même. OK.
Merci. Est-ce que tu avais une dernière question ? Euh non, je crois.
Est-ce que vous il y a une un aspect qu'on a pas abordé qui vous semble important ? Oui, vous posiez la la question du remplacement du réalisateur ou de ou de la réalisatrice euh ce qui est une question euh très épineuse pour nous à partir du moment où c'est euh a priori, c'est-à-dire le le les propositions du groupe respect euh qu'on trouve très généralement très intéressante et et que c'est un rapport très important. On est par contre plus circonspect sur cette idée de au préalable et a priori désigner quelqu'un en remplacement en cas de de simple mise en cause.
Et le le madame Girard notamment et d'autres personnes vous ont exposé la problématique entre le droit de la propriété intellectuelle et le droit du travail. Donc on n' pas de réponse claire. On sait que nous dans dans la pratique c'est le commun accord.
Par exemple, moi sur une série documentaires, je me suis trouvé à un moment indisponible parce que j'avais mon longmétrage qui se débloquait et j'avais prévenu à l'avance. Et donc, il y a un autre réalisateur qui est entré à ce moment-là en jeu quand j'avais réalisé un épisode et demi. On a décidé entre nous après montage que j'aurais 100 % de droit du premier épisode euh et que lui prendrait l'entièreté du deuxème, même si j'en avais fait une partie.
Euh et ça la loi interdit aux producteurs de se mêler de cette question du partage de droits de diffusion, c'est euh au gré à gré entre auteurs. Donc ces cas existent de remplacement, alors là c'est en en cas d' disponibilité euh mais il y a la nécessité de du commun d'accord. Euh on est inquiet de se dire que en cas d'une d'une mise en cause euh sans plus de précision et sans euh c'est-à-dire qu'une œuvre alors à forceori qu'on l'a écrit mais même réalisé euh est une écriture, c'est que c'est notre propriété.
Rosalie a parlé, c'est notre propriété intellectuelle. Rosalie a parlé de ces processus d'années et d'années d'écriture. Euh si sur une mise en comp si sur une mise en cause, on se retrouve exproprié de cette propriété intellectuelle, derrière c'est irrémédiable.
Enfin, on peut pas revenir là-dessus. Ce sera la nouvelle personne qui aura pris le la mise en scène qui sera du coup propriétaire de la suite, même si on est blanchi et innocenté. Là, il y a deux cas de figure parce qu'on a des on peut avoir on peut être auteur réalisateur et uniquement réalisateur.
Donc quand il y a un scénario qui a pas été écrit par le réalisateur, la question du remplacement, elle est beaucoup plus simple, j'ai envie de dire. L'œuvre l'œuvre, elle est finie pour le coup quand vous êtes que réalisateur sans avoir été auteur. Elle est finie quand elle est finie.
L'œuvre, c'est à la fin. Et donc le le la bah si vous avez si vous avez pas écrit une ligne de scénario, qu'on vous confie un scénario et que vous réalisez ce film, vous allez effectivement avoir des droits d'auteur parce que vous avez créé quelque chose en tant que réalisateur, mais ça ne le sera que à la fin du film. Et si vous avez fait une partie, ça correspondra à la partie que vous avez faite.
Donc ça me paraît plus simple que le cas qui est extrêmement compliqué où vous êtes l'auteur du scénario, c'est parfois le projet d'une vie sur certains des films et que euh là vous êtes interdit pour une raison ou pour une autre d'aller jusqu'à la fin de la réalisation. Euh bon c'est là c'est c'est un vrai sujet. Il y a quand même c ces deux ces ces deux différences là et et je rebondis parce que il y a la question là aussi la question un peu contractuelle des droits qui sont des droits une fois que le film fait sa vie qui va sur les plateformes et aujourd'hui il y a des comédiens comédiennes qui vous savez que le droit d'auteur dans notre pays il est il est il est basé sur un principe assez simple c'est la proportionnalité de ce que ça va rapporter comme argent et que vous pouvez avoir un contrat qui vous dit c'est 100000 mais si ça devient un succès interplanétaire même si vous avez contractiser 100000 vous pouvez réclamer le les 4 millions que ça vaut plus tard et est-ce que sur ces sujets-là vous pensez que le droit d'auteur est suffisamment alors il est bien encadré c'est il y a il y a il y a un droit français qui est très précis et qui est très protecteur mais est-ce qu'il est suffisamment bien comment dire appliqué et est-ce que vous avez cette question qui vous est remonté aussi avec des des réalisateurs sur la question des des de l'utilisation d'un film par les plateforme après qu'il a été qu'il ait déjà eu sa vie.
Euh c'est c'est un sujet surtout pour les comédiens comédiennes d'ailleurs. Monsieur Cogitor. Oui.
Pour répondre à la première partie de votre question. Alors, il faut savoir avant d'entrer en tournage, il y a la préparation pour ma part là, donc à peu près 3 mois de préparation pour 6 semaines ou 10 semaines de tournage. Pour ma part, cette partie-là est la plus difficile du processus après l'écriture.
C'est là où on va choisir des décors et des interprètes et faire plein d'autres choix. Donc, c'est-à-dire qu'au premier jour de tournage, on a fait acte d'œuvre déjà beaucoup. Donc après déterminer un prata, enfin le l'écriture se fait se fait très tôt.
C'est pas parce qu'on a tourné que 3 jours qu'en fait on a fait peu de choses parce qu'on a on aura énormément travaillé euh sur le droit d'auteur. La SRF depuis 5 ans au minimum et alerté avant mais pour ma part j'ai rejoint ces travaux depuis 5 ans. on est extrêmement alerté sur les injustices qui s'appuyent sur la question de la rémunération proportionnelle qui est proportionnelle mais qui n'est pas proportionné par exemple.
Donc nous en terme c'est très simple en terme de gestion privée on perçoit 0 € sur l'exploitation de nos œuvres. Il y a que dans la gestion collective, donc au moment de la diffusion euh euh audiovisuelle euh que que la SACD euh nous reverse des droits. Sinon, il y a il y a un principe qui est archaïque et qui n'a plus lieu d'être qui est l'avance de droit.
Donc l'acte d'écriture, ce n'est pas du travail et c'est même pas rémunéré à la tâche, c'est rémunéré sur une avance de recette où il y a la proportionnalité que vous que vous dont vous parliez. C'est-à-dire dans le cinéma et ça le rapport racine le soulligne aussi. On a entre 1 % ou 0,5 % des recettes avant amortissement qu'on va nous opposer à vitam parce que si on a touché 25 10000 25000 € pour écrire, comme je le disais, il y a toujours pas de minimum. euh on verra jamais la couleur parce que on va nous opposer sans cesse que les 1 % de toutes les remontées de recettes ont généré bon ben 900 €.
On va dire bon ben si vous aviez touché que 10000, il reste plus que 900 9100 € à rembourser. Euh idème sur les sur les droits de la mise en scène. Ça nous est opposé systématiquement comme une avance et ça ne devrait pas ça ne devrait pas être une avance.
Et par ailleurs, les sociétés sont ainsi faites que si une société a du bénéfice, c'est une erreur comptable. Donc il y a un deuxième cliquet qui est la rémunération après amortissement. On voit maintenant des holdings et des groupes de sociétés qui permettent qu'il y ait aucun amortissement.
Donc on on ne touche ni avant ni après amortissement puisque l'amortissement n'a jamais lieu. Donc en effet, il y a une réforme très nécessaire à ce sujet. Merci beaucoup.
Merci euh d'avoir été présent et présente. Merci pour vos paroles. Nous reviendrons vers vous évidemment au moment de la sortie du rapport qui devrait euh avoir lieu en avril.
Euh et j'imagine qu'il y aura une restitution auprès des personnes qui sont venues témoigner. Donc vous serez sans doute appelé à ce moment-là. Si vous avez des choses que vous ne nous avez pas dites et qui vous semblent importantes, n'hésitez pas à nous écrire.
Nous le nous en tiendrons compte. Et si nous à l'inverse nous avons nous avions des questions après les auditions à venir que nous ne vous aurions pas posé et bien nous nous permettrons de vous rappeler dans cette commission pour pouvoir éventuellement compléter votre votre audition. Merci beaucoup en tous les cas à vous et à très bientôt.
Merci. M.
Sandrine Rousseau