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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 27 janvier 2024 21 min

Annonces de Gabriel Attal pour les agriculteurs : "Des mesurettes de court terme", juge Thomas Ménagé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Et l'invité du grand entretien de la matinale aujourd'hui avec Marion Lourd et député Rassemblement National du Loiret, porte-parole du groupe RN à l'Assemblée Nationale. La crise agricole, la loi sur l'immigration promulguée la nuit dernière, l'actualité politique. Beaucoup de dossiers à avoir avec lui aujourd'hui. Vos questions, chers auditeurs, vos réactions au 01 45 24 7000 ou sur l'application France Inter. Bonjour Thomas Ménager. Bonjour à vous, merci de votre invitation. Et bienvenue, on va évidemment partir de la colère des agriculteurs avec les annonces de Gabriel Attal hier pour répondre justement à cette crise.

On va y revenir sur le détail des mesures, la simplification administrative, l'abandon de la taxe gazole, les aides d'urgence. Toutes ces mesures, elles s'inspirent et elles s'inscrivent dans ce que décrivait Gabriel Attal hier, comme la volonté de mettre l'agriculture au-dessus de tout. Que vous inspire cette expression ?

1:05
Thomas Ménagé

On ne peut être que d'accord. C'est-à-dire qu'aujourd'hui quand on voit cette crise, quand on voit qu'il y a des agriculteurs qui n'arrivent plus à vivre de leur travail, qu'il y a un changement de modèle à attendre, de dire qu'il faut mettre l'agriculture au-dessus de tout puisque c'est ce qui permet de nourrir les populations et ce qui sera un enjeu majeur aujourd'hui et demain.

Mais aujourd'hui, il y a les paroles et il y a les actes et les agriculteurs, je pense, sont unanimes aujourd'hui ou quasi unanimes pour dire qu'il y a eu quelques annonces, quelques mesurettes, que c'est un peu le pompier pyromane parce que sur le GNR, il annonce simplement ce que son gouvernement, le gouvernement, avait annoncé d'augmenter le gazole non routier il y a quelques mois.

1:42
Présentateur

Il n'y a pas unanimité chez les agriculteurs, même s'il y a trois grandes centrales et la première, la principale, c'est la FNSEA. Le patron de la FNSEA disait que beaucoup de choses allaient dans le bon sens, que c'était insuffisant. Il appelait à continuer le mouvement comme la coordination rurale. En l'occurrence, pour vous, c'est un combat qui doit être mené comment et sous quelle forme ? Pourquoi n'a-t-il pas lieu à l'Assemblée nationale ce débat-là ? Pourquoi est-ce qu'il a lieu à travers la colère, le coup de sang, pour reprendre l'expression du ministre de l'Intérieur, des agriculteurs ?

2:13
Thomas Ménagé

Il devra à un moment se mener à l'Assemblée nationale. Il y a une loi de programmation en matière agricole qui doit arriver, mais il y a aussi des mesures d'urgence. Moi, ce que nous regrettons, nous, Rassemblement national, c'est qu'il y a un peu des mesurettes de court terme. Donc ça va, bien entendu, peut-être apaiser un certain nombre d'agriculteurs qui pourront se dire qu'on arrivera peut-être à aller, cette fois-ci, à s'en sortir à la fin du mois.

Mais on se rend compte qu'il y a un problème de modèle et qu'il faut des réformes structurelles en matière de concurrence déloyale, en matière d'accords de libre-échange, en matière de fixation des prix, de partage de la valeur sur l'ensemble de la chaîne de la valeur entre l'agriculture, la transformation et la grande distribution. Et donc, tant mieux s'il y a quelques petites mesurettes. Mais demain, le problème va se reposer. C'est pour ça que je pense qu'un certain nombre d'agriculteurs continuent le combat et ils ont raison.

2:58
Invité

Ce que vous disiez, Thomas Ménager, sur votre compte X, ex-Twitter, hier, c'est que la seule vraie mesure, selon vous, pour les agriculteurs, vient du RN, c'est la fin des hausses des taxes sur le gazole non routier dont on parlait. Cette mesure, le Premier ministre l'a justement annoncée hier. Ça veut dire qu'augmenter les taxes sur le gazole non routier, qui est une mesure pour inciter à passer au carburant propre et pour limiter le réchauffement, ce n'est pas urgent ?

3:24
Thomas Ménagé

Non. Alors, ce que les Français comprennent et ce qu'une partie de l'élite ne comprend pas, c'est que les agriculteurs, vous savez, ils ne mettent pas du gazole non routier pour se faire plaisir. Moi, je le vois. Ils ne se baladent pas les cheveux au vent comme à bord d'une cabriolet à bord de leur tracteur.

3:36
Invité

Les Français qui le font travailler en voiture non plus.

3:38
Thomas Ménagé

Ils le font, oui. Mais c'est pour cette raison que nous, nous ne souhaitons pas augmenter les taxes sur les carburants aujourd'hui, alors même que les Français, comme les agriculteurs, subissent l'inflation. Il y a d'autres choses à faire qu'à d'aller vers une écologie punitive pour réduire les gaz à effet de serre. Il y a de la recherche. Oui, mais si vous incitez les gens qui n'ont pas de solution alternative ou qui n'ont pas les moyens d'aller vers ces solutions alternatives aujourd'hui, vous les condamnez à la mort, à mourir la bouche ouverte comme une partie des agriculteurs qui sont dans une situation de détresse incroyable.

Il faut, bien entendu, aller vers une transition écologique, mais vous ne pourrez pas le faire sans le consentement des Français, des habitants et des agriculteurs.

4:13
Invité

Mais parce que ce réchauffement, il impacte directement les agriculteurs. Vous voyez que la révolte, elle est partie d'Occitanie où il y a une sécheresse qui sévit depuis des mois. Donc, il faut le limiter, le réchauffement.

4:21
Thomas Ménagé

Mais vous avez totalement raison. On est d'accord sur le constat et le rapport du Haut Conseil pour le Climat le dit très clairement. Il faut, bien entendu, le limiter. Mais aujourd'hui, les agriculteurs, de 2015 à 2023, ils ont réduit de 7,5% leur gaz à effet de serre, leur émission de gaz à effet de serre. Ils font des efforts. Ce n'est peut-être pas suffisant. Je vois votre réaction. Mais derrière, ils le font à la vitesse qu'ils le peuvent. Il faut qu'il y ait de la recherche. Il faut qu'il y ait des solutions alternatives de la même manière sur les phytosanitaires. Nous sommes tous d'accord, et eux les premiers, qu'il ne faut pas mettre des phytosanitaires si on peut faire autrement.

Ça rend mal à ce statut.

4:53
Invité

Il y a des agriculteurs qui sont morts.

4:54
Thomas Ménagé

La justice l'a reconnue à cause de ça. Mais nous sommes d'accord. C'est pour ça que je vous dis, les agriculteurs ne croyaient pas qu'ils polluent ou qu'ils utilisent des phytosanitaires pour se faire plaisir. Il faut qu'il y ait des solutions alternatives. Il faut qu'il y ait de la recherche. Et c'est en ça qu'il y a une contradiction aujourd'hui. Quand on voit, par exemple, des associations écologiques qui sont inquiets pour la situation de la planète, et on l'est tous, qui vont détruire des serres où il y a de la recherche sur des salades qui utiliseraient moins d'eau. Aujourd'hui, il y a des évolutions sur les NBT, sur des sélections de plantes. Il y a des choses à faire.

Mais ce n'est pas en étant dans la violence, dans l'écologie punitive qu'on y arrivera. Parce qu'au final, vous braquez les Français, vous braquez les agriculteurs, et au final, ça ne va pas plus vite. Et eux, ils le veulent. Parce que je peux vous dire, moi, les agriculteurs, je le vois dans le Loiret, ils aiment la planète, ils aiment la biodiversité, ils aiment leurs animaux. Et ils ne cherchent pas à abîmer la planète, au contraire.

5:39
Présentateur

Non, en revanche, vous avez évoqué un mot qui est celui de violence, et vous le reprochez à ces associations écologistes. Lorsque vous voyez l'incendie à Narbonne d'un bâtiment de la mutualité sociale agricole en marge d'une manifestation d'agriculteurs, lorsque vous voyez l'incendie au bureau des douanes à Nîmes avec de graves dégradations, qu'est-ce que ça vous inspire ? Est-ce que vous considérez que c'est une manière de lutter qui est légitime ?

6:06
Thomas Ménagé

Vous savez, moi je suis un petit peu indigné, malgré tout, qu'on mette sur le même plan des personnes qui luttent pour vivre, qui nourrissent les populations, avec des écologistes qui vont détruire l'outil de travail, parfois des agriculteurs, comme on l'a vu. Après, aujourd'hui, ceux qui sont... Parce qu'on ne peut pas mettre sur le même plan des gens qui luttent pour survivre, et des gens qui vont détruire ce qui permet aux populations, aux Français de vivre. Mais soyons clairs, je considère que ce n'est pas la bonne manière d'agir, ce n'est pas ainsi qu'on arrivera à faire...

6:34
Présentateur

Donc vous condamnez, par exemple, l'incendie d'un bâtiment de la mutualité de la MSA ?

6:39
Thomas Ménagé

Mais on ne consigne pas cette manière de faire, vous savez, là vous me prenez un cas isolé. Non, est-ce que vous la condamnez ? Mais bien entendu, on n'a jamais appelé à la violence, ni aux atteintes aux personnes, ni aux atteintes aux biens. Mais aujourd'hui, ceux qui sont responsables de cette situation, c'est le gouvernement. C'est le gouvernement qui n'entend pas, qui n'écoute pas. Enfin, ce n'est pas le gouvernement qui a incendié le bureau des douanes à Nîmes. Mais bien entendu, ne caricaturons pas, et surtout ne parlons pas d'un cas isolé. Je ne caricature pas, c'est vous qui déviez la conversation. Ne prenons pas déjà un cas isolé, la majorité des manifestations...

Alors là, je viens de vous en citer trois. La majorité des manifestations se passent dans le calme, il n'y a aucune atteinte aux forces de l'ordre, contrairement aux manifestations écologistes, où à chaque fois il y a de la casse auprès des forces de l'ordre. Mais aujourd'hui, il faut que le gouvernement entende. Moi, quand j'ai sur mon territoire des jeunes agriculteurs qui ont 20, 22 ans, je ne dis pas qu'ils doivent agir comme ça, mais je comprends leur colère, leur désespoir. Ils se disent qu'ils épousent un métier où ils aiment la terre, mais ils ne vont pas pouvoir en vivre. Ils vont vivre 40 ans avec 300 euros par mois.

7:27
Présentateur

Mais vous comprenez que les forces de l'ordre n'est pas pour consigne d'empêcher, par exemple, la destruction ou la dégradation d'un certain nombre de biens publics ?

7:34
Thomas Ménagé

Ce qu'il faut, c'est que bien entendu, il doit y avoir une ligne rouge qui est de ne pas aller vers des atteintes aux personnes, des atteintes aux biens. Aujourd'hui, ce qui est certain, c'est qu'il faut que, pour que cette crise s'arrête et pour qu'il n'y ait plus de telles actions comme vous venez de les citer, qu'il y ait des réponses concrètes, structurelles, fermes de la part du gouvernement Attal.

7:52
Invité

En 2021, votre camarade, le député RN Julien Audoul, plaisantait à propos du suicide d'un agriculteur en demandant si la corde était française à l'approche d'une élection européenne. Thomas Ménager, le mal-être agricole, ce n'est plus un sujet de plaisanterie ?

8:06
Thomas Ménagé

Je pense qu'on ne peut jamais plaisanter. Je pense que Julien Audoul s'était expliqué sur ces éléments qui avaient été sortis de leur contexte. C'est certain, c'est qu'on ne peut pas, quand il y a un suicide tous les deux jours, comme vous le dites très clairement, pouvoir rigoler sur ce sujet. Aujourd'hui, il faut apporter des solutions concrètes, je vous le dis. Aujourd'hui, nous, depuis des années au Rassemblement National, on parle des accords de libre-échange, on parle de la fixation du prix, on parle de la concurrence déloyale. Je vais vous prendre l'exemple de ce qu'il y a sur mon territoire, le miel, le miel du gâtinet.

Aujourd'hui, il y a du miel étranger qui arrive sur notre sol, qui est parfois floqué d'un logo mis en pot ou en partie français avec une concurrence déloyale incroyable, du miel frelaté qui n'est pas au niveau des exigences environnementales, sanitaires, qui sont les nôtres.

8:47
Invité

L'origine est toujours mentionnée sur le pot, quand même, si on regarde l'étiquette.

8:49
Thomas Ménagé

Oui, en tout petit, et je peux vous dire que même il y a des entreprises qui, en tout petit, mettent que ça vient du Vietnam, que ça vient de Roumanie, mais derrière, il y a marqué le nom plus apiculteur. Il faudrait rompre les accords de libre-échange en matière agricole ? Ce qui est certain, c'est qu'il faut, dans tous les cas, les exclure des nouveaux accords, et c'est là où il y a une contradiction. C'est que Gabriel Tal dit qu'il y a un problème sur les accords de libre-échange, comme nous le disons depuis des années, et il y a trois jours, trois jours, au Parlement européen, les députés de la majorité ont cité un nouvel accord, ont voté un nouvel accord en commission avec le Chili.

Ils l'ont fait aussi il y a deux, trois mois avec la Nouvelle-Zélande.

9:23
Présentateur

Mais l'accord n'est pas entré en vigueur, et en l'occurrence, ça dépend d'une décision qui est prise par les 27 Etats à l'unanimité, et la France a d'ailleurs déjà déclaré qu'elle était contre. Donc vous critiquez un accord qui n'a pas encore été ratifié, ni dont on a vu les conséquences. Après nous avoir dit le contraire,

9:40
Thomas Ménagé

M. Olivier Bech, qui était ministre au Commissaire extérieur il y a trois, quatre mois, l'Assemblée nationale avait voté une résolution pour appeler à la fin des négociations de Mercosur, il nous avait dit, nous allons aller vers un nouvel accord avec le Mercosur, pas celui-ci. Aujourd'hui, ils n'en veulent plus, parce que c'est l'arrivée sur notre sol de produits qui en plus sont néfastes pour la santé des Français, parce qu'ils ne répondent pas à nos normes sanitaires.

10:01
Présentateur

Oui, pour le moment, il n'y a pas d'accord de libre-échange avec le Mercosur.

10:03
Thomas Ménagé

Non, mais il y en a d'autres, et c'est aujourd'hui l'effet cumulatif. Vous savez, j'ai fait un rapport l'année dernière en Commission des Affaires Européennes sur le bilan de ces accords de libre-échange, et tous les agriculteurs, toutes les associations sont unanimes pour dire que c'est néfaste pour la planète et néfaste pour nos normes sanitaires et environnementales.

10:19
Invité

Mais le paradoxe, c'est de dénoncer les accords de libre-échange alors que la France est le sixième exportateur mondial de produits agricoles et alimentaires.

10:27
Thomas Ménagé

Oui, mais ce n'est pas parce que vous supprimez des accords de libre-échange où il y a souvent une monnaie d'échange entre l'agriculture française et d'autres produits qu'il y a peut-être certains produits qui parfois en bénéficient, que vous ne tuez pas un certain nombre de filières, des filières sensibles, comme la filière bovine, comme le sucre. Aujourd'hui, il y a aussi une incohérence environnementale à se dire que l'on importe des produits que l'on fabrique sur notre sol. Donc, il y aura bien sûr encore des accords bilatéraux, des accords multilatéraux, mais pas des accords uniformes. On va mettre les investissements directs à l'étranger sur le même plan que les produits agricoles.

10:59
Présentateur

Vous êtes également donc contre le marché unique et vous comprenez les agriculteurs qui vont dans les supermarchés se débarrasser de tous les produits importés d'autres pays de l'Union européenne. Les agriculteurs, ils ne sont pas contre les produits des autres pays européens. Non, mais symboliquement,

11:12
Thomas Ménagé

lorsqu'ils les jettent en dehors d'un supermarché... Oui, mais pourquoi ils le font ? C'est parce qu'en fait, ils savent qu'à côté de la frontière, il y a des produits qui sont autorisés, des produits phytosanitaires qui sont autorisés alors même qu'eux n'ont pas le droit de les utiliser. Je vais vous prendre l'exemple du sucre. Du sucre, on a interdit les néonicotinoïdes sur l'enrobage des graines, des betteraves, alors même qu'il y a des insecticides qui sont autorisés, qui sont bien pires pour l'environnement, en Pologne, en Allemagne.

Et ce qui fait que chaque année, sur mon territoire dans le Loiret, les surfaces de betteraves diminuent et que l'on est de plus en plus dépendant de l'étranger, d'autres pays européens en matière de sucre. Ils veulent juste les mêmes règles du jeu. Ils s'en fichent, ils comprennent qu'on puisse interdire des produits phytosanitaires, mais ils disent juste ayons tous les mêmes règles au sein de l'Union Européenne, à minima et au niveau mondial.

11:58
Présentateur

Même si la France n'est pas le meilleur élève de l'Union Européenne en matière d'utilisation de produits phytosanitaires et d'insecticides, notamment, il y a Bernard qui nous a rejoint au Standard. Bonjour Bernard, bienvenue sur Inter.

12:10
Auditeur

Oui, bonjour à France Inter de prendre mon intervention.

12:14
Présentateur

Vous avez une question pour notre invité, Thomas Bénager.

12:17
Auditeur

Oui, je suis un peu choqué par le double discours que tient votre invité, parce que depuis des années, les eurodéputés du Rassemblement national votent comme un seul groupe avec ses politiques ultra-libérales qui favorisent l'agro-business et qui ont voté, mais alors massivement sur le renouvellement d'une PAC qui nous tue, nous les petits pays. Dans nous, dans le Var, cette PAC, elle ne nous sert à rien, elle ne fait que développer, finalement, de l'endettement, un revenu indigne et aujourd'hui, vous venez faire le malin à l'antenne. C'est quand même pas normal, franchement.

12:50
Présentateur

Alors, Bernard, merci pour votre intervention. Je ne sais pas si vous êtes là pour faire le malin, certainement pas, vous êtes là pour répondre à des questions sérieuses, ça j'en suis absolument sûr. Question sérieuse que pose Bernard et de nombreux auditeurs.

13:01
Thomas Ménagé

Il pose une question qui est fondamentale sur ce que vous faites au Parlement européen. Il se trompe parce que sur la PAC, nous avons toujours été clairs, nous, nous considérons que la PAC, déjà, c'est le retour de l'argent des Français, c'est-à-dire que ce n'est pas l'Union européenne qui nous aide puisque chaque année, nous sommes contributeurs nets de 9 milliards. Donc nous, nous avons voté la PAC en disant que ce n'était pas le bon modèle. Nous recevons 9 milliards d'euros de subventions pour les agriculteurs français.

De la PAC, nous sommes aujourd'hui le premier bénéficiaire mais globalement, sur le budget global de fonctionnement de l'Union européenne, nous sommes aussi contributeurs nets, c'est-à-dire que nous perdons 9 milliards d'euros par an qui est versé à l'Union européenne. Donc c'est-à-dire que c'est notre argent qui revient en France aux agriculteurs. Mais il a raison sur le fait que les agriculteurs...

13:39
Présentateur

On n'a plus besoin d'Europe.

13:40
Thomas Ménagé

Les agriculteurs ? Non, mais on n'a plus besoin d'Europe pour les ménagers. On a besoin de l'Europe, d'une Europe, des coopérations des nations sur la recherche. Moi, je suis en désaccord sur le fait qu'en matière agricole, on pourrait agir directement auprès de nos agriculteurs avec cet argent et investir sur des filières directement. Il a raison sur le fait qu'ils ne veulent plus avoir des primes mais des prix. C'était un slogan qui était dans une manifestation que j'ai vue dans le Loiret. Ils veulent des prix. Donc c'est vrai que d'être sous subvention, sous perfusion avec la PAC, ce n'est pas la solution et c'est bien qu'il y a un problème de modèle. Mais il a tort.

On a absolument été toujours en désaccord avec cet ultra-libéralisme justement sur les accords de libre-échange, sur la question des industries agroalimentaires. La PAC est tous ultra-libérales. Non, et c'est pour cette raison que je vous dis, on pense que la PAC est un mauvais modèle, que ce n'est pas ainsi qu'on pourra avoir un modèle qui est résilient et qui permet aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail. Mais quand on nous propose de récupérer une partie de notre argent, on vote. Il faut dans tous les cas totalement la réformer. Nous, on considère qu'il faudrait qu'on n'ait plus besoin de PAC, que les agriculteurs puissent vivre de leur travail et pas de subvention.

14:42
Invité

Il faut député la vote.

14:43
Thomas Ménagé

Mais en attendant, vous faites quoi ? Vous donnez 9 milliards d'euros chaque année ? Vous perdez 9 milliards d'euros chaque année en versant à l'Union Européenne. Quand on vous propose de redonner un petit peu d'argent aux agriculteurs qui n'arrivent plus à vivre de leur travail, quand même le modèle est mauvais, vous n'allez pas dire non, on va refuser l'argent et laisser mourir nos agriculteurs. Mais la France est le premier bénéficiaire

15:02
Présentateur

de la PAC.

15:03
Thomas Ménagé

Comment ? La France est le premier bénéficiaire des 27 de la PAC. Mais bénéficiaire de notre propre argent, M. Badou, soyons honnêtes, il faut quand même dire la vérité, c'est de l'argent qui part des impôts des Français, des poches des Français qui part à l'Union Européenne et qui revient auprès des agriculteurs. Donc on le reprend, mais c'est quand même notre argent. Vous avez bien expliqué

15:18
Invité

à propos d'argent, l'une des solutions réclamées par les agriculteurs pour être bien rémunérés, c'est les prix planchers qui leur assureraient un revenu décent. Pourquoi est-ce que votre parti a voté contre ces prix planchers à l'Assemblée Nationale en novembre dernier ?

15:31
Thomas Ménagé

Non, alors c'était, je crois, dans le cadre de la niche de la France Insoumise où il y avait un mécanisme qui n'était pas le bon, on pourrait rentrer dans les détails, mais nous sommes d'accord sur le fond et on ne peut pas nous accuser de voter alternativement, parfois avec la NUPES, parfois avec la majorité présidentielle quand ça va dans l'intérêt des Français. Le mécanisme n'était pas bon et puis on le sait aussi, c'était dans le cadre du niche parlementaire, il fallait qu'il y ait une navette et il n'y avait aucune chance que ça aboutisse.

Mais nous sommes les premiers depuis des dizaines d'années à avoir dit qu'il fallait des prix garantis, des prix planchers parce que le problème qu'il y a, c'est que la loi EGalim n'a absolument pas solutionné le problème, elle a inversé un petit peu le sens de fixation des prix en repartant un peu plus du bas vers le haut. Mais il y a quand même

16:11
Invité

des industriels qui vont être punis. Il faut qu'on retourne au standard.

16:13
Thomas Ménagé

Oui, après avoir fait ce qu'ils souhaitaient, après avoir mis des centrales d'arche parfois en dehors de la France. Et donc, enfin, mais je tiens à dire quand même, c'est qu'on dit qu'on annonce le doublement des contrôles, mais il reste toujours 3000 agents de l'Office français de la biodiversité qui vont venir ennuyer les agriculteurs. Donc, je peux vous dire qu'on est encore très loin de la simplification.

16:30
Présentateur

Bonjour Germain et bienvenue sur France Inter.

16:34
Auditeur

Bonjour, merci de prendre mon appel. Écoutez, ce n'est pas pour une question, ce serait plutôt pour une réponse pour aider votre avion que j'entendais en début d'interview chercher des solutions, des alternatives, des recherches, etc. Mais on peut étonner parce qu'en fait, une des solutions quand même qui a fait ses preuves, elle existe depuis 50 ans et ça s'appelle l'agriculture biologique. Et ça marche vraiment très bien. et ça permet de rémunérer les agriculteurs. Alors, certainement, ça va aussi avec garder des fermes plus à taille humaine qui grossissent moins, qui sont moins en partenariat de l'agroalimentaire, etc.

Alors, forcément, je comprends qu'idéologiquement, ça puisse lui poser quelques problèmes mais en tout cas, je voudrais juste lui indiquer que la solution, elle existe, les recherches, elles existent. Ça fait 50 ans et les solutions, elles sont là et ça fonctionne très bien.

17:23
Présentateur

Merci pour votre intervention, Germain. Malheureusement, la liaison téléphonique est abominable mais on a compris le sens de votre intervention. Thomas Ménager, qu'est-ce que vous lui répondez puisque vous parliez tout à l'heure de changer ou non de modèle ? Est-ce que la France doit rester la puissance industrielle agricole qu'elle est aujourd'hui et continuer à devenir l'un des premiers exportateurs au monde ou est-ce que c'est un pays qui doit faire sa révolution agricole et passer au bio ? Alors, déjà,

17:49
Thomas Ménagé

Germain se trompe. C'est-à-dire que nous, on ne nous pose pas les modèles et l'agriculture biologique a toute sa place dans notre modèle. C'est juste qu'aujourd'hui, malheureusement, seulement l'agriculture biologique ne permettra pas, au vu de l'avancée des recherches, à nourrir l'ensemble de la population. Il y a un problème de souveraineté alimentaire, il y a un problème aussi de prix et de marché. On le voit bien, on a soutenu l'agriculture biologique et il fallait le faire. Mais derrière, il n'y a pas les marchés.

C'est-à-dire qu'un certain nombre de produits qui sont aujourd'hui produits en agriculture biologique sont transformés, en fait, en agriculteurs conventionnels et donc, il y a une perte de revenus pour les agriculteurs. Donc, bien entendu, c'est une des pistes, une des solutions, mais il ne faut pas opposer. Par contre, M. Badou, je suis en désaccord avec vous, oui, il faut qu'on reste une puissance exportatrice et il faut qu'on continue à produire des quantités suffisantes pour nourrir les populations

18:34
Présentateur

et notamment les populations mondiales. Mais c'est vrai que c'est difficile de concilier les deux. Autre sujet dans l'actualité, évidemment, Thomas Ménager.

18:41
Invité

La loi immigration qui vient d'être promulguée cette nuit, un texte largement censuré par le Conseil constitutionnel. Vous parlez comme Éric Ciotti, le patron DLR, d'un hold-up démocratique du Conseil ?

18:51
Thomas Ménagé

Je crois que c'est le sentiment quand même des Français. De la droite, en tout cas. Voilà, mais je pense que M. Ciotti oublie ou a menti aux Français. Nous, nous l'avons dit avec Marine Le Pen et Jordan Bardella qu'est-ce qu'il n'y avait pas de réforme constitutionnelle, qu'est-ce qu'il n'y avait pas un référendum ? Il y aurait le tamis C'est-à-dire qu'il soit un petit peu... La Constitution est le droit. Non, parce que...

19:11
Présentateur

La Constitution prime sur la loi.

19:13
Thomas Ménagé

Oui, mais ce qui prime au-delà du Conseil constitutionnel, c'est le peuple. C'est la Cour suprême. L'article 3 de la Constitution dit que la souveraineté nationale appartient au peuple qu'il exerce par ses représentants et par le référendum. Donc c'est pas la preuve que... Non, on ne supprime pas. Aujourd'hui, il y a une dérive du Conseil constitutionnel depuis un certain nombre d'années où il se sont des personnalités politiques, politiciennes qui ont participé à tous les gouvernements successifs. M. Fabius, Premier ministre socialiste. Il parle de décision juridique. Mme Gouraud,

19:42
Présentateur

Mme Gouraud qui était ministre de M. Macron. C'est intéressant ce que vous dites parce que sur l'essentiel des sages, la majorité vient de la droite. Oui, mais... Et le président vient éventuellement du Parti socialiste. Mais dans ces cas-là, on ne comprend pas bien notre raisonnement.

19:53
Thomas Ménagé

Ça dépend de quelle droite. Vous savez, M. Juppé, je ne pense pas qu'il soit si éloigné de M. Macron. Ce qui est certain, c'est que c'était des mesures qui étaient plébiscitées par les Français, qui étaient attendues par les Français et que les gens comprennent bien, les Français comprennent bien, c'est que ce qui a été utilisé pour censurer une majorité des dispositions, c'est l'article 45, le concept de cavalier législatif qui dit que l'amendement, la modification, l'amendement, Laurent Fabius était à ma place hier, l'amendement doit avoir un lien direct ou indirect avec le texte initial. On a un texte sur l'immigration.

Quand on dépose des amendements et qu'on ajoute des articles sur le délit de séjour irrégulier, c'est-à-dire le fait d'être illégalement en France, quand on ajoute des dispositions, quand on ajoute des dispositions, il faut que vos auditeurs comprennent.

20:34
Présentateur

C'est une excuse suprême qui s'est exprimée en droit et donc il y a maintenant la loi qui a été promulguée ou en tout cas un certain nombre de ses dispositions.

20:41
Thomas Ménagé

Et ça, on est d'accord et on ne remet pas en cause. On est dans cette situation aujourd'hui. C'est ainsi. Mais demain, les Français ont été douchés, déçus parce qu'ils espéraient ces mesures, ils attendaient ces mesures. Gérald Darmanin s'est félicité de ces mesures pour au final après se féliciter quand elles disparaissent de la loi. Il faudra un référendum. Je pense que le seul moment où les Français pourront s'exprimer, ce sera déjà le 9 juin lors des élections européennes et puis à long terme en nous plaçant à la tête du pays parce que nous, nous nous engageons depuis plusieurs années. Nous avons déjà le texte. Il est déjà déposé.

Il est connu un référendum sur cette loi pour l'immigration pour réellement doter la France d'un arsenal capable de protéger les Français.

21:18
Présentateur

Merci Thomas Ménager d'avoir été l'invité du grand entretien de France Inter. Bonne journée.

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