Canicule historique : la France est-elle prête ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00RelanceRéponse partielle
Votre politique d'adaptation n'est faite que de renoncement et de recul budgétaire. Quand la France va-t-elle enfin prendre des mesures nécessaires ?
- 4:00RelanceÉludée
Quand le gouvernement cessera-t-il de céder à la gauche et annoncera-t-il enfin un vrai plan national pour climatiser et adapter nos écoles ?
- 6:00RelanceRéponse directe
Le décalage entre vos déclarations et la réalité est lunaire. Pourquoi ne pas voter d'amendement réduisant le fond vert de 460 millions d'euros ?
- 9:00OuverteRéponse partielle
Les syndicats d'enseignants ont appelé à la grève face aux conditions de travail inacceptables. Qui est responsable ?
- 12:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est vraiment la faute de ce gouvernement ?
- 15:00OuverteRéponse partielle
Paris installe 1200 climatiseurs en catastrophe dans les écoles. Manque d'investissement des collectivités ?
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour à tous. Très heureux de vous retrouver pour un nouveau numéro de Parlement hebbo, l'émission qui vous fait vivre les temps forts de la semaine au Parlement. Vous connaissez la formule un débat entre un député et un sénateur.
Et cette semaine, nous accueillons Céline Hervieux. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes député socialiste de Paris et face à vous Xavier Acovelléelli. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes vice-président du Sénat, sénateur des Hautes Scènes et membre du groupe RDPI à la haute assemblée. [musique] C'est le groupe du camp présidentiel. Nous allons parler de la canicule et de l'adaptation au réchauffement climatique.
Alors que la France a atteint cette semaine des niveaux historiques de température, l'opposition à l'Assemblée nationale dénonce le manque d'anticipation du gouvernement. Mercredi au Sénat, c'était le début de la commission d'enquête sur les dysfonctionnements de la justice révélé par l'affaire Liana. Les associations de victimes sont très critiques envers l'appareil judiciaire.
Mais d'abord la canicule et la température qui est montée à l'Assemblée nationale. Stéphanie Despierre, les records de température tombent les uns après les autres et même d'un jour à l'autre. Alors, ça chauffe aussi pour le gouvernement accusé d'impréparation face à cette canicule historique sur tous les dossiers transport, éducation, santé, agriculture, industrie, rénovation des bâtiments et des habitations, protection des sans-abris, droit de retrait des salariés, vous ne voulez pas anticiper, vous ne voulez pas planifier et investir massivement.
Votre politique d'adaptation n'est faite que de renoncement et de recul budgétaire. Alors, je vous le demande, quand la France va-t-elle enfin prendre des mesures nécessaires ? Il y a urgence.
Ça fait 9 ans qu'on se prépare. 9 ans qu'on se prépare avec trois plans d'adaptation au changement climatique. Madame la députée, avec madame la députée, vous rendez hommage au fond vert.
Merci à Ellisabeth Born de l'avoir mis en œuvre. Avec la chaleur, certaines salles de classe sont devenues invivables. Depuis lundi, des centaines d'écoles sont fermées ou en horaire décalé partout dans le pays.
Des examens sont reportés. Ce dome de chaleur en particulier, on l'a vu arriver. Et puis quoi ?
Pas une réponse claire. Le décalage entre vos déclarations de ces derniers jours et la réalité est lunaire. Quand le gouvernement cessera-t-il de céder à la gauche et annoncera-t-il enfin un vrai plan national pour climatiser et adapter nos écoles aux fortes chaleur ?
Quand vous ne voterez pas d'amendement réduisant le fond vert de 460 millions d'euros alors que ce fond était précisément destiné à cela, c'est quand même un peu dommage parce que ça aurait pu être l'occasion d'avancer un peu plus vite. Nous avons aujourd'hui 600 implantations scolaires en France qui dépendent respectivement des communes, des départements et des régions. Je ne sais pas encore rénti dont je ne suis pas le propriétaire.
Conséquence de l'inadaptation des écoles, jeudi, les syndicats d'enseignant ont appelé à la grève face aux conditions de travail inacceptable. C'est l'inervieux, on le voit, les victimes de cette canicule se multiplient, les hôpitaux sont saturés, les écoles se sont de plus en plus souvent fermées, la France n'est pas préparée. Mais est-ce que c'est vraiment la faute de ce gouvernement le cornu ?
Alors, c'est pas spécifiquement la faute de ce gouvernement, mais en fait, depuis que Emmanuel Macron est président de la République, il a bien des priorités et la transition écologique et la lutte contre le réchauffement climatique n'en fait pas partie. Ça c'est une réalité puisque ça a été évoqué dans le documentaire qu'on vient de voir. Les fonds ont baissé, on n pas orienté au bon moment et ensuite on se tourne vers les collectivités locales pour expliquer que ce sont eux qui n'investissent pas dans les bâtis scolaires.
Par exemple, aujourd'hui effectivement c'est un jour d'examen pour des milliers de collégiens qui passent le brevet. On annonce 36°gr dans les salles. Donc oui, il y a un moment donné où et on n pas un mot de l'éducation nationale sur ce sujet qui renvoie donc la responsabilité aux collectivités.
Ça n'est pas acceptable. Donc oui, ce gouvernement est responsable comme ceux qui ont précédé de ne pas voir l'ampleur de la gravité de la situation et on attend la canicule pour enfin commencer à réagir. Xavier, cette impréparation de la France à ces vagues de chaleur qui vont se multiplier, c'est le bilan d'Emmanuel Macron.
Non mais c'est c'est intéressant de dire d'ailleurs madame la députée que c'est les gouvernements précédents mais je pense qu'on peut aller précédent y compris sous le gouvernement Hollande parce qu'en fait la réalité c'est que quand on voit les chiffres 20 % de baisse des émissions à effet de serre c'est sous le gouver les gouvernements du président Macron ce qui n'était pas le cas ce qui était beaucoup moins rapide sous les gouvernements Hollande. Alors la situation a était différente. Les mesures qui ont été prises sous le gouvernement Hollande en partie aussi sont arrivées en terme d'effets sous la présidence du du président Macron.
Mais enfin, on peut pas dire tout et n'importe quoi. Je suis désolé. Il y a eu aussi un certain nombre de choses qui ont été faites.
Vous parliez tout à l'heure d'investissement. Moi je veux bien je regardais tout à l'heure les interventions de l'opposition qui critiqu la baisse des des fonds verts. D'ailleurs, vous venez de le critiquer également sur la baisse du fond vert mais la baisse des fond.
Donc le fond vert versé par l'État aux collectivités pour les aider à investir dans l'adaptation à cette transistait pas. et ça n'existait pas non plus chez dans les gouvernements de de gauche. Donc c'est le fond vert a été créé effectivement pour aider les collectivités territorial.
Un amendement et notamment de l'opposition un amendement. Oui. Vous aurez remarqué qu'on est dans une situation budgétaire où en fait il a fallu trouver des économies et que cet amendement effectivement soutenu par le Rassemblement national a baissé le fond vert sur le budget 2026.
Donc oui, il va falloir investir massivement. Il y a une des responsabilités qui sont partagées. Madame madame la députée, vous savez très bien, il y a effectivement peut-être un manque d'anticipation euh des gouvernements successif, mais il y a aussi un manque d'investissement massif des collectivités territoriales.
Moi, je l'ai vu hier, j'étais en conseil municipal dans ma ville à Suren. Quand je regardais les budgets, puisqu'on votait le compte administratif 2025, je regardais les budgets. On a investi un peu moins de 200000 € sur les écoles sur 2025, on a investi 8 millions pour la voirie et les trottoirs.
C'est une question de priorité. Oui, effectivement, il va falloir aujourd'hui investir beaucoup plus dans la rénovation euh thermique de nos de nos bâtiments, de nos écoles en particulier. Pourquoi ? parce que simplement aujourd'hui les les effets de canicules, les jours de canicule vont s'accumuler et faisons en sorte que le mois de juin soit un mois réellement travaillé pour pour les élèves et pas un mois de récréation subi comme on peut le le subir aujourd'hui.
Et justement c c'est l'inervieux puisque vous êtes aussi conseillère de Paris quand on voit que le nouveau maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire installe en catastrophe 1200 climatiseurs dans les écoles parisiennes qui sont des bouilloirs thermiques. Il y a il y a aussi eu un manque d'investissement des collectivités pour cette adaptation. Alors pour le coup, à Paris, on peut pas vraiment dire ça puisque en fait ça fait plus de 20 ans que Paris investit dans la transition écologique.
Elle est reconnue mondialement pour cela euh avec Anniealgo notamment qui a accéléré la transition. C'est la création des pistes cyclables. C'est des centaines de cours oasis.
On a débitumé, on a euh verdi la ville avec la plantation de plus de 100000 arbres et les et les éc alors les écoles euh ont fait face à un bâti scolaire qui est dans un mauvais état, ça c'est sûr, qui nécessite des rénovations. On a installé en catastrophe un petit peu comme tout le monde, on a fait appel et fait au mieux pour compenser finalement une difficulté pour les élèves avec des climatiseurs, avec des climes et avec des ventilateurs. Mais évidemment que ça ne suffit pas.
Mais ce qu'on attend, c'est que enfin on peut pas se reposer uniquement sur les collectivités territoriales qui sont déjà en grande fragilité parce que précisément les budgets réduisent et réduisent d'année en année et les et les dotations en collectivité locales ne font que baisser. Donc on peut pas attendre un investissement massif des collectivités quand elles ont moins de budget. Et en l'occurrence, c'est ça doit être aussi la préoccupation de de l'éducation nationale.
Donc moi, je veux bien euh qu'on s'en prenne euh aux villes qui ne font qui ne vont pas assez vite et assez fort. En l'occurrence, la ville de Paris, elle a elle a elle a participé à la dépollution de la scène pour que les gens puissent se baigner. On a vu des images du canal Saint-Martin.
On essaie de trouver des solutions et en l'occurrence, la ville de Paris est un modèle dans le monde entier de ce point de vue-là. Donc, mais vous avez besoin d'accompagnement de l'État. Mais évidemment.
Alors, on a parlé des écoles, parlons de la question des logements. Xavier Covelli avec beaucoup de passoir thermiques, de bouilloir thermique actuellement et puis ce gouvernement qui cette semaine a présenté un plan pour résoudre la crise du logement, mais il veut autoriser réautoriser à la location 700000 logements considérés comme des passoirs thermiques avec l'engagement des propriétaires de faire dans les années qui suivent de la rénovation thermique des travaux de rénovation thermique. C'est une mesure d'urgence pour le logement, mais est-ce que ça montre que l'État n'a pas fait assez d'efforts dans la rénovation thermique des logements ?
Alors, ce qui est sûr, c'est que c'est une mesure pragmatique pour loger les Français. Aujourd'hui, on a une vraie crise du logement. Ce qu'on pensait sur la régulation automatique de du monde du logement ne fonctionne pas.
Donc, il faut bien investir maintenant massivement dans la question du logement. Et effectivement, on a eu euh ces engagements sur la planification écologique sur faire en sorte que notamment avec la prime rénove également qui ont été mis en place par les différents gouvernements sous Emmanuel Macron, il y a eu une volonté de faire en sorte que de sortir les passoirs thermiques de euh de la possibilité euh d'être loué. Bon, on voit bien que ça ça n'avait pas assez vite et puis résultat du coup on a beaucoup moins de logement disponible pour les Français.
Donc, il y a eu un engagement et ce projet de loi justement va de dans ce sens-là en faisant en sorte que euh on laisse 3 ans pour euh les maisons et 5 ans euh pour les copropriétés de se mettre en conformité avec la loi et dans ce lapse de temps, ils peuvent effectivement remettre en location parce qu'il y a une question et une urgence de loger les Français aujourd'hui dans notre pays. Mais on n'abandonne pas cette ambition de transition écologique parce qu'elle est indispensable aussi pour la vie de nos concitoyens. Et le ministre du logement, Vincent Jambrin, le dit, il vaut mieux être aujourd'hui sous un toit que dehors.
Qu'est-ce que ça vous inspire ? C'est lesux. Bah, écoutez, moi ce que ça m'inspire, c'est que dans ma circonscription, j'ai des gens qui vivent sous les toits.
Il fait 37°gr dans les chambres, les gens sont obligés de quitter leurile. 614e. Mais en fait, ça concerne beaucoup de gens à Paris. on est dans des immeubles anciens qui sont évidemment pas adaptés aujourd'hui qui sont des bouilloirs thermiques ou des passoirs thermiques.
Et donc oui, la situation elle est elle est gravissime. Enfin là c'est c'est c'est une situation d'urgence en fait qu'on connaît. Donc oui, moi j'entends tout à fait les problématiques de logement parce que je je les vois tous les jours.
Effectivement, on manque de logement donc c'est ça c'est une transition qui doit se faire progressivement mais pour autant en fait on peut pas accepter que les gens soient logés dans des conditions qui sont indignes en réalité parce que c'est leur santé qui est mise en jeu. Là, on est sur des situations vraiment qui sont gravissimes. Les gens sont obligés de sortir de chez eux, c'est intenable.
Et je parle même pas des personnes en situation de vulnérabilité quand vous avez des enfants, des personnes âgées qui sont très très touchées par les fortes chaleurs. Donc malheureusement, cette transition, elle prend du temps. Mais là encore, on a besoin d'investissement massif et les collectivités ne pourront pas agir seul.
Est-ce qu'il faut des investissements pour installer massivement la climatisation comme le propose le Rassemblement national, y compris dans les logements ? Xavier Covelli. Alors moi je suis pas favorable à climatiser l'intégralité des des bâtis y compris privés comme les logements.
Je pense par contre qu'il est important et on voit que ces ces épisodes de canicules qu'on a qu'on a eu au mois de mai, qu'on a également au mois de de juin mais ceux aussi de l'année dernière, on voit bien que nos nos bâtiments et notamment les écoles ne sont pas adaptés. Donc la question des ÉPADes, la question des écoles, là où il y a des publics vulnérables, il faut effectivement queon puisse préserver leur santé et donc une climatisation qui puisse être ensuite adaptée avec euh une alimentation en panneau solaire parce que aujourd'hui on a aussi une augmentation du euh de de l'ensoleillement notamment euh sur le nord de la France qui était pas forcément habitué à avoir autant de soleil. Donc, on a besoin aussi peut-être d'adapter euh cette climatisation avec euh des mesures de de de on va dire plus écologique en tout cas pour récupérer cette chaleur.
D'ailleurs Céline Hervieux, vos longtemps vos alliés écologistes ont critiqué euh la climatisation. Aujourd'hui, ils sont un peu en train d'en revenir. Est-ce qu'il faut un grand plan climatisation ?
Alors, sans doute, il faut un plan climatisation, mais la climatisation, on le sait en fait, c'est une une solution de court terme finalement et ça ne règle pas, voir ça empire le problème sur de la chaleur et du réchauffement climatique sur le long terme. Donc ça, je pense que tout le monde en convient dans le moment de l'urgence, ça protège parce que il faut rappeler quand même que la canicule tue. Vous avez évoqué les chiffres, je crois que c'est plus de 40000 personnes qui sont mortes de la chaleur depuis 10 ans et à peu près 11000 dans les moments de très forte chaleur et notamment les personnes vulnérables et les personnes âgées.
Donc oui, évidemment que en cas d'urgence, on est obligé d'installer des climes. Maintenant, ça pose un vrai une vraie question industrielle pour la France puisque en fait notre investissement dans la création, la production de clim a chuté drassiquement de plus de 90 %, je crois que c'est à peu près 200 millions apparents qu'on investit dans la production, l'industrie de la clime. Et aujourd'hui, le marché est récupéré en majorité par les Chinois.
Donc quand on va devoir climatiser l'ensemble des écoles, des EPADS et des structures de services publics ou des des hôpitaux, c'est notre argent qu'on va envoyer directement en Chine parce qu'on est incapable de créer une filière industrielle qui tienne la route et d'investir. Et justement c'est ça quand on parle de planification écologique euh et la défaillance pour le coup de du gouvernement des gouvernements précédents sous Emmanuel [raclement de gorge] Macron, c'est ça. C'est-à-dire qu'on a même pas une filière aujourd'hui qui tient la route de ce point.
Enfin, je je rappelle juste quand même que il y a encore quelques jours, quelques semaines, la question de la climatisation pour la gauche était inacceptable. C'est-à-dire que ça rentrait pas du tout dans le plan euh euh de de transition écologique. pas un plan mais j'entends bien mais vous pouvez pas reprocher vous pouvez pas reprocher que dans la planification écologuire don député vous pouvez pas reprocher à la fois que dans le plan de programmation écologique il n'y ait pas la question de la l'industrialisation notamment sur la question de la climatisation et en même temps demander la climatisation maintenant enf c'est pareil pour les pour la ventilation en fait c'est toute la filière qui permet de rafraîchir face au réchauffement je pense aujourd'hui qu'on a besoin collectivité territoriale gouvernement parlementaire, à l'Assemblée, au Sénat et quel que soit l'étiquette politique, de se mettre effectivement autour d'une table et se dire comment est-ce qu'on organise les choses aujourd'hui parce qu'on c'est enfin c'est pas de la responsabilité, c'est pas de votre faute, c'est pas de notre faute si aujourd'hui on a un dôme de chaleur au-dessus du pays.
Donc il faut pouvoir adapter adapter nos collectivités locales, adapter notre pays et faire en sorte que donc qu'on puisse vivre avec et donc comment est-ce qu'on organise aujourd'hui la vie des Français pour vivre avec ces ces effets de canicules qui vont être à répétition maintenant. On va passer au second thème de débat et au dysfonctionnement de la justice pénale qui ont été révélé par l'affaire Liana. Le Sénat a débuté sa commission d'enquête sur ce sujet.
Les sénateurs ont entendu les associations de victimes qui sont très critiques vis-à-vis de notre système judiciaire. Flora sauvage. 2 jours après la remise du prérapport d'inspection sur les dysfonctionnement dans l'affaire Liana, la commission d'enquête du Sénat sur les défaillances du système pénal a débuté ses travaux mercredi.
Selon les associations de la protection de l'enfance entendue, l'affaire Liana n'est que la partie émergée de l'iceberg. Il y a pas une affaire Liana, il y a des fulltitudes d'affaires Liana. Aujourd'hui en France, tout ce que nous avons pu constater dans ce dossier, je peux vous dire qu'il y en a des centaines, peut-être même des milliers de dossiers.
Il a fallu ce drame tragique pour que l'on se dise "Ah bah tiens, on va aller examiner les 70000 dossiers qui sont en souffrance. 70000 dossiers qu'on a pu instantanément identifier. Pendant 2h30, les sénateurs ont écouté les associations de victimes qui dressent un tableau inquiétant. 160000 enfants par an en France qui sont victimes de viol ou de violence sexuelle.
C'est-à-dire ça en fait un toutes les 3 minutes. Il y a plus de 6 plaintes sur 10 qui sont classées sans suite. Face à ce constat, les sénateurs s'intéressent notamment au recueil de la parole des victimes par les forces de l'ordre lors du dépôt de plainte.
En fait, il y a deux sujets, le recueil de la parole des victimes de violence sexuelle et le recueil de la parole des enfants. Donc la question qui se pose aussi, c'est est-ce que par exemple si on parle effectivement de la loi intégrale, c'est est-ce que c'est la même loi et le même dispositif et le recueil de la parole va se faire de la même façon ou est-ce qu'on distingue les deux sujets ? Alors que le Premier ministre a annoncé que la proposition de loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants serait examinée à l'automne par les députés, les intervenants ont mis en garde contre un texte qui ne serait pas accompagné de moyens.
C'est nerveux. Je vais reprendre ce qui a été dit dans cette audition au Sénat. Il n'y a pas une affaire Liana.
Il y en a des dizaines, des centaines potentielles dans notre système judiciaire français. Manifestement oui. Et c'est pas faux d'avoir alerté.
C'est pas faux d'avoir alerté les pouvoirs publics, les magistrats. On été ont rédigé des tribunes, les associations, ça fait des années qu'elle travaille sur ce sujet. Love me, je veux dire, les signalements étaient là euh les voyants clignotaient rouges et on a regardé ailleurs.
En fait, c'est ça la réalité et ce sont nos enfants aujourd'hui qui sont victimes. Et la France a un problème spécifique avec la question des violences sexuelles faites aux enfants. Un tabou encore de notre société qui est en train de se lever petit à petit et la parole qui se libère, d'abord celle des femmes aujourd'hui peut-être celle des enfants.
On va voir comment ça va avancer dans la société. Mais ce qui est sûr, c'est que quand Céline Thbo Martinez, ma ma collègue socialiste, crée cette coordination d'élus de façon transpartisane pour lancer cette loi intégrale sur les sur la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, euh le gouvernement n'est pas au rendez-vous et je suis désolé de le dire et et c'est une rêé, c'est pas pour jeter l'eau propre sur un corps politique, c'est que ça n'a pas été entendu. La coalition féministe et infantiste avait fait des propositions, elles n'ont pas été entendu alors qu'il y avait urgence et aujourd'hui face au pied du mur, le gouvernement encore réagit.
C'est comme pour la question climatique, on attend la catastrophe avant de se rendre compte qu'on a fait des erreurs. Xavier, la protection de l'enfance face à ces violences sexuelles, ça n'a pas été la priorité du gouvernement. Ah, vous connaissez un peu mon engagement sur la question de la protection depuis voilà depuis le début de mon mandat en 2017.
Je pense que aucun gouvernement, quel qu'il soit n'a été à la hauteur de l'enjeu. Quand on a un système qui est, je parle de la question de la protection de l'enfance, c'est-à-dire plutôt la question de l'aide sociale à l'enfance, l'AZU qui est un système entièrement décentralisé qui coûte à la collective géré par les départements qui est géré par les départements effectivement qui coûte en fait 12 milliards. Il y a 12 milliards, c'est-à-dire plus que le budget de la justice aujourd'hui qui est mis dans l'aide sociale d'enfance pour 400000 enfants.
Mais puisque c'est complètement décentralisé, c'est géré par chacun des départements. On a s un département, sans une politique différente de protection de l'enfance avec une disparité et de de d'actions et pas les mêmes droits en fait qui s'appliquent. Donc on a beau faire des lois, enfin moi je je prône de toute façon une une espèce de révolution sur la question de la protection de l'enfance parce que on fait des lois après lois, il y a eu des grandes lois et notamment Laurence Rossignol en 2016 qui a été la dernière grande loi de protection de l'enfance.
Adrien Taker, on a fait une en 2022 qui corrigeait un certain nombre de de trous dans la raquette qu'on avait, mais on est toujours obligé de faire des lois pour faire des petits pas alors qu'on mériterait une vraie révolution de mettre tout à plat parce que aujourd'hui, on est incapable de protéger correctement les gens qui les enfants qui sont sous notre responsabilité. Et donc ça, oui, effectivement, il y a une violence institutionnelle qui s'est installée par euh des manques de non pas de moyens parce qu'encore une fois, on met les moyens, enfin les départements mettent les moyens mais il y a pas de coordination, il y a pas de on travaille en silo dans notre pays. On le voit bien dans l'affaire Liana, la question de la gendarmerie ne communique pas avec le parquet.
D'une gendarmerie à l'autre, ça ne va pas. On envoie par la poste, on perd 40 jours. Enfin, je veux dire, on tombe sur la tête.
On est en 2026, on est incapable aujourd'hui de mettre en priorité les dossiers pour les enfants. Donc oui, il y a un vrai problème de coordination et de moyens pour de la justice. Il y a un problème aussi dans l'accueil de la parole des victimes et pourtant euh le gouvernement a fait un travail sur cette question avec la formation de 20000 forces de l'ordre pour spécifiquement accueillir cette parole.
Pourquoi ça ne marche pas ? Mais en fait, ça marche. Je pense que ça s'améliore mais l'accueil dans les commissariats est très disparate.
C'est-à-dire que et là encore, vous avez des témoignages des mamans impliquées dans l'affaire qui explique que quand elles ont alerté, elles se sont elles se sont fait par la police presque à un moment comme si elles harcelaient pour prévenir des violences faites sur leurs enfants et en fait on les renvoyait chez elles sans solution et de façon abrupte. Et ça, on a des témoignages encore. Moi, j'en ai dans ma circonscription.
Donc manifestement, la formation n'a pas été fonctionnelle pour pour tous les agents. Maintenant, quand j'entends monsieur le sénateur dire que c'est pas un problème de moyens pour l'aide sociale à l'enfance, vous avez raison, il y a des moyens qui sont conséquents, qui manifestement sont mal orientés, mal répartis sur le territoire. En tout cas, ça c'est sûr.
Mais oui, il y a une question de moyens et quand le président de la République ose dire quand même en réaction à l'affaire Liana euh qu'il y a pas de problème de moyens, qui ne veut pas entendre parler de problèmes de moyens et que derrière on a des magistrats et des associations qui expliquent qu'il y a des dizaines et des dizaines de dossiers qui sont en attente. 70000 dossiers qui sont non traités par des magistrats qui sont au bout du rouleau, qui n'ont pas les moyens de mener réellement avec les forces de police leurs enquêtes, des enquêtes réelles parce qu'en fait il y a trop de dossiers parce que les priorités politiques ne sont pas posées. Et ça le ministre de la justice a toute sa responsabilité parce que quand il explique que oui, la priorité était donnée à la lutte contre les VSS, c'est faux puisque en réalité la priorité, on l'a vu d'ailleurs, ça a été démontré par un certain nombre de vos confrères était plutôt sur la petite délinquence du quotidien, sur le narcotrafic, le le petit trafiquant de drogue en bas de chez nous et pas en l'occurrence sur les violences faites aux enfants.
Ça c'est une mais là où vous avez raison, c'est qu'il y a aussi un problème de moyens. Il y a un problème de moyens et c'est un déni gouvernement sur ce problème de moyens. Attendez, il y a pas un déniis ?
Je vous rappelle juste madame la buté au-delà de toute polémique parce que honnêtement je pense que ça mérite pas de polémique sur cette histoire là. Quand vous étiez aux responsabilités le budget de la justice le budget de la justice c'était 6,9 milliards. Aujourd'hui il est à 10,9 milliards.
On a augmenté de 54 % le budget de la justice. Donc il y a eu il y a pas un déni sur la question des moyens de la justice. On est effectivement vers l'administration pénitire.
Mais on est deux fois moins on a deux fois moins de juges effectivement que l'Allemagne et que on est je crois 44e sur 42e sur 44e sur les pays qui ont un modèle de justice un peu comme le NRE. Donc on est très en retard effectivement sur notre capacité à répondre, avoir assez de juges, avoir assez de greffiers. Je suis complètement d'accord avec vous mais c'est pas seulement une question de moyens, c'est aussi une question d'organisation et je pense aussi qu'il y a chacun doit assumer ses responsabilités.
Si vous faites une erreur, madame madame la députée, dans votre cadre votre ventre mandat, le bureau euh de l'Assemblée nationale peut lever votre immunité parlementaire. Aujourd'hui, les juges ne rendent de compte à personne et donc je pense effectivement qu'il y a des sanctions à mèn. il faut qu'ils prennent leur responsabilité et on personne n'est au-dessus des lois et tout le monde doit pouvoir répondre de ces actes.
Et donc je pense effectivement qu'il y a aujourd'hui besoin à la fois de il y a des responsabilités individuelles qui ont été pointées dans ce dossier, il faut les dénoncer, il faut faire en sorte qu'il y ait des sanctions parce qu'il y a eu des vies et il y a une vie en l'occurrence qui qui est partie à cause de ces manquements. Mais il y a aussi une responsabilité collective de l'opposition, de la majorité, des gouvernements, du pouvoir judiciaire pour faire en sorte d'organiser mieux notre système judici. C'est les nerveux qu'il faut sanctionner davantage les magistrats qui ne respectent pas cette priorité de la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs.
Une priorité qui, je le rappelle, quand même a été fixée par une circulaire de Gérald de Darmana en 2025, le ministre de la justice. Oui, mais dans la circulaire, vous aviez plusieurs priorités. Donc en fait, quand tout est prioritaire, rien ne l'est en réalité.
Moi, j'entends tout à fait qu'il puisse y avoir des dysfonctionnements individuels. C'est pas c'est pas à la limite moi en tant que député, c'est pas tellement mon sujet et des sanctions éventuellement peuvent être pris. Je dis juste attention car dans le discours public et dans un certain nombre de manifestations que nous avons vu fort heureusement évidemment pas ceux des associations qui qu'on a évoqué plus tôt, il y avait des accusations extrêmement graves à l'encontre des magistrats dans ce pays et je veux juste alerter nous qui sommes quand même représentants nationaux sur ce petit discours et cette petite musique qui vise à focaliser cet écran de fumée sur les dysfonctionnements individuels plutôt que de regarder le système qui dysfonctionne dans son ensemble et qui place les individus si vous voulez dans une situation de maltraitance, de dysfonctionnement et qui d'ailleurs doit être très difficile à vivre pour les personnes concernées.
C'est pourquoi les socialistes, au-delà de pointer des responsabilités politiques, ont travaillé sur le fond. Cette proposition de loi intégrale, elle doit être examinée. Fort Heureusement, le gouvernement a laissé une porte d'entrée associée à des moyens conséquents et réels.
Et ça, j'insiste, c'est très important. On pourra avoir des avancées, il y a des avancées majeures, c'est 79 propositions, articles qui peuvent réellement participer à lutter contre les violences sexistes et sexuelles en direction des enfants et des femmes dans ce pays. Et d'ailleurs, le premier ministre Sébastien Lecornu a promis cette semaine que cette proposition de loi intégrale serait examinée au Parlement à l'automne, Xavier Akovelli, mais est-ce que c'est le [grognement] bon moment, la bonne configuration politique pour examiner une telle loi intégrale ?
On sera au début de la campagne présidentielle et il n'y aura toujours pas de majorité à l'Assemblée nationale. Est-ce qu'un consensus peut ressortir ? J'espère que sur cette question de protéger euh les enfants, alors moi vous savez, je fais pas une différence mais je sur la question de l'enfance, je pense qu'effectivement il faut avancer très vite et c'est pour ça qu'il y a un projet de loi qui arrive d'ailleurs à l'Assemblée nationale le 15 juillet avant donc le Sénat mais sur la question euh de l'enfance, la protection de l'enfance où effectivement il était un peu déconnecté de la réalité d'aujourd'hui.
C'est pas ça fait 2 ans qu'on l'attend ce projet de loi. Donc maintenant, il arrive, il est inscrit à l'ordre du jour mais il y a l'affaire Liana qui qui arrive. Donc du coup, il a il paraît tellement éloigné des attentes.
Donc il y a effectivement un certain nombre de d'ajouts qui vont être faits par le gouvernement pour faire en sorte que toutes les propositions de la loi intégrale effectivement sur l'enfance, en tout cas moi c'est ce que je souhaite, puissent rentrer aussi sur cette sur ce projet de loi sur l'enfance. Oui, il faut mieux protéger les enfants. Oui, il faut mieux les écouter.
Mais on parle de la libération de la parole de l'enfant, mais la parole de l'enfant, elle est libérée. Elle a toujours été libérée. C'est juste qu'on éétait pas capable de l'entendre et que et et je pense qu'aujourd'hui, il y a toute cette histoire de formation aussi euh des de la du recueil de l'appareil.
Écoutez, la parole des enfants, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup Xavier Covelli. Merci à Célineux d'avoir participé à ce débat et merci à tous de l'avoir suivi.
On se retrouve la semaine prochaine.
Céline Hervieu