Macron chute… Mais qui en profite ? #cdanslair 06.07.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:10OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut dire qu'on est à un tournant du quinquennat ?
- 5:11OuverteRéponse partielle
Bruno Jeudy, est-ce qu'on peut parler de disgrâce ?
- 8:45OuverteRéponse directe
Quelles sont les catégories de Français qui rejettent Emmanuel Macron de façon assez nette ?
- 11:43OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est la personnalité du chef d'État, les mots utilisés, l'attitude, qui crispent une partie de l'opinion ?
- 13:35OuverteRéponse directe
On va s'intéresser à la droite qui espère profiter de ce trou d'air du côté de l'Élysée.
- 16:19RelanceRéponse directe
Cette arrogance, est-ce qu'elle ne vous trompe pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30PrésentateurChiffre
« Emmanuel Macron subit une dégringolade sérieuse dans l'enquête Elab pour les échos. Un Français sur trois seulement lui fait confiance. »
- 0:32PrésentateurChiffre
« 34%, c'est 6 points de moins qu'au mois de juin. »
- 0:44PrésentateurChiffre
« Le jugement des Français sur la politique actuelle : elle est injuste pour 76% et inefficace pour 64%. »
- 1:53PrésentateurChiffre
« La popularité d'Emmanuel Macron est au plus bas depuis le début de son élection. »
- 4:38PrésentateurFait
« Il s'est perdu dans une communication difficilement lisible entre des moments très solennels, comme la panthéonisation de Mme Veil, et puis d'autres moments, vous le voyez à l'Élysée, entouré de musiciens un peu débraillés. »
- 4:54PrésentateurFait
« Il parle du pognon que coûtent les aides sociales. »
- 10:45InvitéFait
« Les jeunes, très forte baisse ce mois-ci. C'est incontestablement les conséquences de ce qui s'est passé au Mont-Valérien, qui a donné une image du président négative, avec la réprimande. »
- 16:40InvitéFait
« Que juste nos frontières soient protégées, que les frontières de l'Union européenne soient gardées et que nous puissions arrêter une immigration de masse qui menace aujourd'hui le mode de vie de l'Europe. »
- 34:36InvitéFait
« Ce qui a présidé manifestement à la constitution de cette liste n'est pas la préparation de la mise en place d'une politique alternative en Europe. »
- 34:44InvitéFait
« Le modèle, c'est une armée mexicaine. Mais dans les armées mexicaines, vous avez un chef et puis quand les gens n'arrivent pas à s'entendre, c'est celui qui parle le plus fort qui gagne. »
- 35:07InvitéFait
« Tout était en réalité déjà verrouillé par la direction au profit de petits arrangements entre amis. »
- 36:15InvitéFait
« Cet homme, ses amis, ils sont perdus, personne ne veut d'eux, ils sont tout petits, moi je les trouve intéressants. »
- 36:56InvitéFait
« Petit à petit, les gens comprennent à quoi ils ont affaire. Au début, on leur disait, il est mergique, il est merveilleux, il est jeune, il est beau, il court partout. »
- 38:04InvitéChiffre
« Dans la campagne présidentielle, il a quand même fait 18% parce qu'il avait un peu durci son discours. »
- 46:50InvitéFait
« La droite a réussi à installer l'idée de président des villes. »
- 55:31PrésentateurFait
« Je défie quiconque de me donner la moitié des noms des 30 députés à l'Assemblée nationale. »
- 58:35PrésentateurFait
« La baisse des APL de 5 euros. »
- 59:05PrésentateurFait
« Il s'est engagé sur des promesses de réduction de la dépense publique très fortes, sur des réductions du nombre de postes de fonctionnaires très fortes. »
- 1:03:39InvitéChiffre
« 64% »
- 1:04:27InvitéFait
« la taxe d'habitation qui notamment auprès des classes moyennes a entraîné cette bascule »
- 1:05:31PrésentateurFait
« L'Europe des nations, c'est l'Europe qui protège »
Temps de parole
- Présentateur55 %
- Invité19 %
- Invité 212 %
- ?4 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
- Invité 52 %
≈ 22,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. L'été démarre par un coup de froid à l'Elysée. A l'inverse des températures sur l'Hexagone, le baromètre de l'opinion est en chute libre. Cette fois,
on
peut même dire que la cote d'alerte est atteinte pour l'exécutif. Emmanuel Macron subit une dégringolade sérieuse dans l'enquête Elab pour les échos. Un Français sur trois seulement lui fait confiance. 34%, c'est 6 points de moins qu'au mois de juin. Le président Davies, tout comme le Premier ministre, qui lui ne recueille que 31% de satisfaits, plus sévère encore le jugement des Français sur la politique actuelle. Elle est injuste pour 76% et inefficace pour 64%. Mais c'est le paradoxe de ce début d'été politique. Personne ne semble en profiter. L'opposition est toujours en convalescence. À droite, Laurent Wauquiez constate chaque jour la désunion de sa famille politique.
La France insoumise est empêtrée dans une guerre interne au sujet de la future liste pour les élections européennes. Quant au Parti Socialiste, il ne sort pas de sa léthargie. On en parle ce soir avec nos invités. Yves Tréhard,
vous
êtes éditorialiste, directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Votre journal qui titre aujourd'hui « Macron remet à plus tard les sujets qui fâchent » et vous signez l'édito du jour intitulé « Repartir de l'avant ». Bruno Jeudy, rédacteur en chef du service politique de Paris Match dans votre baromètre mensuel IFOP cette semaine. Vous notez, je cite, que Macron agace et que Philippe dévisse. On y constate une nette baisse de popularité selon l'IFOP également pour Emmanuel Macron et son Premier ministre. Cécile Cornudet, vous êtes éditorialiste politique au journal Les Échos.
Bernard Salanès, politologue, président des LAB, cabinet d'études et de conseil, selon le sondage que j'évoquais à l'instant donc publié dans Les Échos. La popularité d'Emmanuel Macron est au plus bas depuis le début de son élection. Bonsoir à tous les quatre. On le sentait, Yves Tréhard, depuis quelques semaines, plusieurs sondages avaient déjà noté cette baisse du président de la République. Est-ce qu'on peut dire en ce début de mois de juillet qu'on est peut-être à un tournant du quinquennat
? Il
est de toute manière à un tournant. Je dirais que les tournants, ils s'accumulent parce qu'il a encore quatre ans à faire. Mais là, on est à un tournant parce qu'il y a une chose qui est importante, ce sont les résultats de sa politique.
Il
a pris le pouvoir, il était nouveau,
il
n'était pas connu et les Français l'ont élu aussi par rejet des autres. Et ils en avaient assez que depuis 20, 25 ans, 30 ans, la France vive avec un chômage de masse, que la France vive avec une insécurité importante, plusieurs autres facteurs. Et ils se sont dit, tiens, ben voilà un homme qui nous promet pas la lune, mais qui a l'air sérieux et qui dit, moi, ce qui compte, c'est l'efficacité. Donc, ils attendent des résultats. Sauf qu'évidemment, les résultats, ça ne vient pas aussi vite que prévu. Il l'avait prévenu d'ailleurs, le président de la République, mais c'est toujours quelque chose qu'on oublie. Il avait dit, ça viendra au bout de 18 mois, deux ans, pas tout de suite.
Bon, les résultats ne sont pas encore là. Vous avez un chômage qui est important, un pouvoir d'achat qui n'a pas augmenté, une pression fiscale qui est quand même importante, fiscale et taxes importantes. Et il y a plusieurs clientèles, si vous me permettez l'expression, électorales, mécontentes.
Vous
avez les retraités qui ont vu la CSG, pour certains d'entre eux, augmenter, alors que c'était les plus modestes. Vous avez un public plutôt de droite qui l'avait réussi à séduire. Et ce public, eh bien, semble dans les sondages assez mécontent de la façon dont il aborde le problème de l'immigration clandestine. Et la crise des migrants pèse sur ces sondages. Vous avez des catégories populaires modestes qui n'y trouvent pas leur compte en disant, c'est le président des riches, effectivement. Et tout le buzz autour, est-ce qu'on va réformer les aides sociales ? Est-ce qu'on va les diminuer ? Est-ce qu'on va les réorganiser ?
Est-ce que la pension de réversion pour les veuves, eh bien, va disparaître ? Tout ça, si vous voulez, ça fait peur. Et puis, vous avez un quatrième élément, qui est un élément plus psychologique, plus difficile à mesurer, c'est celui de la communication du président de la République. Le président de la République avait dit, c'était aussi ce que les Français voulaient, un homme au-dessus de la mêlée, qui parle peu, dont la parole est rare, mais dont la parole est solennelle et grave.
Or, moi, j'ai le sentiment personnellement que depuis un mois ou deux, il s'est perdu dans une communication difficilement lisible entre des moments très solennels, comme la panthéonisation de Mme Veil, et puis d'autres moments, vous le voyez à l'Élysée, entouré de musiciens
un
peu débraillés, si vous me permettez l'expression, ou alors où il parle du pognon que coûtent les aides sociales. Est-ce que tout ça était bien utile, si vous voulez, alors que les Français, justement, avaient jugé sévèrement et François Hollande et Nicolas Sarkozy pour ses écarts, je dirais, de comportement
?
Et là, je ne
suis
pas sûr que ça corresponde à l'image que les Français veulent de leur nouveau président. Bruno Jeudy, est-ce qu'on peut parler de disgrâce ?
Et
qu'est-ce qui expliquerait
cette
éventuelle disgrâce ?
Alors
moi, je ne parlerais pas de disgrâce. Je pense qu'il y a encore, grosso modo, suivant les enquêtes et les questions posées, on est entre 35 et 40% de satisfaction, ce qui, effectivement, est beaucoup plus faible qu'il
y a
quelques semaines. Il n
'y a
pas le feu au lac. Mais on est à un tournant. Et je dirais qu'il y a comme un doute. Les Français ont ce sentiment qu'il y
a
comme un doute avec Emmanuel Macron. Les Français qui étaient plutôt à gauche
sont
assez furieux de cette première année. Et pour le coup, ils n'y retrouvent vraiment pas leur compte. Et pour reprendre une formule que Jean Dormeson avait prononcée pendant la campagne présidentielle, il y aura forcément des cocus avec Emmanuel Macron. Et je pense que pour l'instant, ils sont de ce côté-là.
Et
puis à droite, alors pour le coup, je rejoindrai Yves Tréhard, qui avait plutôt surpris cet électorat. Il y avait une partie d'entre eux qui était assez bienveillante avec ce président, qui tout à coup avait restauré une certaine verticalité du pouvoir. Et on sait qu'à droite, plus qu'à gauche, on est sensible à la Ve République, aux attributs du pouvoir, et très énervé par la façon dont François Hollande
a
incarné ce pouvoir. Et là, depuis un mois ou deux,
pour
des raisons de communication, mais aussi pour des raisons de fonds, l'histoire des retraites monte, parce que dans tous les sondages, alors là, l'ACG plus un broglier autour des reversions, il y
a
encore moins 15 points pour les retraités. Là, il y a vraiment un divorce avec cette catégorie.
Et
du coup, à droite, là, il y
a
une baisse, ce qui est nouveau. Il n'y
avait
pas eu de baisse comme ça depuis le début du mandat. Et là, il y a aussi un doute, un début de doute aussi, chez cette partie de l'électorat qui regardait Emmanuel Macron avec bienveillance, notamment à cause ou grâce à sa politique économique. Et du coup, on se retrouve dans cette situation où il a peut-être passé le cap des un an, on va dire, plutôt avec réussite, et notamment grâce à la réforme de la SNCF, qu'on soit pour ou contre, c'est une réforme importante qui a été passée et qu'il faut mettre à l'actif du président. Mais là, on rentre dans l'été avec un point d'interrogation sur la deuxième année. Qu'est-ce qui va se passer ? Et là, il y a comme aussi une espèce de faux plat.
On va rentrer dans le Tour de France, vous voyez, on est un peu comme dans un faux plat. Qu'est-ce qu
'il
va faire ? Il va continuer à grimper l'école ou il va rester en danseuse sur le plat
? Cécile
Cornudet.
Oui,
alors
ça, ce
n
'est pas tout à fait le genre de métaphore que je prends moi, mais c'est exactement ça, le sentiment qu'on a. Selon moi, le décor de fond, c'est que les Français sont toujours en désamour avec la politique et qu'il n'a pas réussi à recréer ce lien. Mais en attendant, dans une partie de la population, il y avait un rythme, il y avait une promesse de changement, il y avait une dynamique qu'il avait réussi à créer qui attirait notamment une partie de l'électorat de droite. Et là, c'est vrai que depuis un mois, on est dans une sorte de flottement, c'est un peu à l'arrêt.
Ça a beaucoup été le fait du mouvement SNCF, parce que tant qu'il y avait ce mouvement perlé, le gouvernement préférait reporter les projets qu'il avait ensuite. Mais à force de reporter comme ça, puis à force, on est tombé dans l'été et les Français n'ont plus la tête à ça, tout est reporté en septembre. Et donc, il y a presque un mois et demi, deux mois de rien. Alors que finalement, il nous avait habitués à tous les jours avoir une machine qui allait à tombe ouverte. Et là, tout d'un coup, la machine, elle semble à l'arrêt. Et je pense que ça, ça explique beaucoup l'attente, l'attentisme des Français aujourd'hui à son égard.
Bernard Fananès, on a dit les retraités, les électeurs de droite. Quelles sont les catégories de Français qui rejettent Emmanuel Macron de façon assez nette dans votre
enquête ? Ce qui
est très frappant ce mois-ci, dans l'enquête que nous avons publiée dans les Echos ce matin, c'est la forte polarisation de la cote de popularité du président de la République. Jamais la fracture, quand on regarde ces chiffres, n'a jamais été si élevée. D'une part, sur un plan sociodémographique, entre les cadres et les classes moyennes, les cadres et les milieux populaires. Des écarts, par exemple, de 40 points entre les cadres qui sont plus favorables, les milieux populaires qui sont le plus hostiles.
D'autre part, selon les territoires, là aussi, jamais la fracture entre ceux qui le soutiennent le plus, les habitants des grandes villes, l'agglomération parisienne, par rapport aux zones rurales, où le recul ce mois-ci est très important. Jamais cette fracture n'a été aussi forte. Et en fait, c'est le mois de tous les records pour Emmanuel Macron. Le record du chiffre le plus bas, 34% depuis qu'il est à l'Elysée. Deuxièmement, la baisse la plus importante en amplitude, moins 6 points. Troisième élément, c'est la première fois qu'on dépasse 30% pour ceux qui déclarent ne pas lui faire du tout confiance.
Vous savez, quand vous êtes interviewé, on vous dit « est-ce que vous faites plutôt pas confiance ou pas du tout confiance ? » Bien là, on est à 31% de Français qui disent faire
«
rejet total ». Voilà, rejet total. Donc, on l'a tous dit, vous venez de le dire, je veux dire, tous les indicateurs ne sont pas au rouge, je n'y crois pas, mais ils sont à l'orange. Voilà. Et c'est vrai que ce mois-ci n'a pas été un bon mois. Quand vous avez une baisse de 6 points, ça veut dire grosso modo que vous baissez quasiment dans tous les segments. Donc,
ça
veut dire, à l'exception, il y
a
un recul léger chez les électeurs d'En Marche, chez les électeurs d'Emmanuel Macron. Mais ça veut dire qu'il
y a
d'abord une critique sur la gouvernance. Ce mois-ci, il ne s'est pas passé des choses positives. On a eu l'impression, c'est-à
-dire
à l'instant, que ça déraillait un peu, que ça patinait, comme on a pu le lire ça ou la première fois. Et puis, il
y
a des mécontentements catégoriels, sectoriels qui s'ajoutent. Il y a par exemple les jeunes, très forte baisse ce mois-ci. C'est incontestablement les conséquences de ce qui s'est passé au Mont-Valérien, qui a donné une image du président négative,
avec la réprimande.
Voilà, moins 15 points chez les jeunes. Il n'y a pas que ça, mais il y a évidemment ça en partie. Deuxièmement, quand on regarde les questions ouvertes, quand on demande aux Français qu'est-ce qui fait que ce mois-ci, ils ont une moins bonne image d'Emmanuel Macron, vous savez, le premier thème, on ne
l
'a pas assez dit, qui arrive en tête, c'est la question de la suppression des aides sociales. Et en fait, la phrase, qui est peu restituée d'ailleurs, c'est étonnant, du
pognon de dingue,
elle a allumé comme un grand warning, une grande alerte. Je sais pas mal de Français qui se sont dit, si le président de la République s'exprime comme ça, cela veut dire qu'on va s'attaquer aux aides sociales. Et ça, évidemment, ça concerne toutes les catégories. Et puis, il y a enfin les zones rurales, avec le 80 km heure, qui affecte plus Édouard Philippe qu'Emmanuel Macron, mais qui affecte, grosso modo, les deux têtes de l'exécutif.
C'est intéressant. Vous avez cité, vous aussi, Yves Tréard, la communication, mais au-delà de ça, est-ce que c'est la personnalité du chef d'État, les mots utilisés, l'attitude, qui, j'allais dire, crispent une partie de l'opinion ? Je pense, parce que ce qui faisait sa force au début de son quinquennat, c'est-à
-dire
cette jeunesse, cette nouvelle façon d'envisager le pouvoir, la verticalité, qui était assez militaire, d'ailleurs. Il ne
faut
pas oublier que le jour de son intronisation, comme il était très jeune, il a voulu montrer que, justement, il y avait la force, la puissance française derrière lui, qu'il était militaire, général d'armée, et tout ça. Là, aujourd'hui, il se noie un peu. Moi, je suis d'accord, il y a une panne. Et je trouve qu'il se disperse, voilà, pour parler comme on est à la période du bac et des résultats scolaires, il se disperse. C'est-à-dire qu'en communication, il fait du en même temps. Et on ne doit pas faire d'eux en même temps, en communication. Vous ne pouvez pas vous afficher avec des rappeurs, dans les salons de l'Élysée, torse nu, pas lui, mais les rappeurs, Et puis, M.
Hollande avait payé cher Brégançon, il n'était pas torse nu, mais il était en short. Ça avait été catastrophique. Et puis, vouloir aussi incarner cette espèce d'autocratie, si vous voulez. Alors, il y a une chose aussi qu'il faut noter, en creux. C'est que le seul homme politique qui existe aujourd'hui
en
France,
c
'est lui.
C
'est le désert total, pardon pour les autres. C'est le désert total. Alors, le seul qu'on regarde, qu'on juge, qu'on évalue, c'est Emmanuel Macron. Il est tout seul. Et les autres, vous avez vu et vous l'avez dit en introduction, les autres n'en bénéficient pas. Ils n'existent pas dans l'opinion. Donc, ça veut dire que c'est lui qui prend pour tout le monde. C'est intéressant, c'est effectivement le thème de cette émission. On va tout de suite s'intéresser à la droite, qui espère pourtant profiter de ce trou d'air du côté de l'Élysée.
Les Républicains qui étaient le week-end dernier à Menton pour parler d'Europe, l'occasion de s'adresser aux classes populaires, mais aussi aux noyaux durs de la droite. L'objectif, c'est quoi ? C'est de gommer les divergences et de tenter de retrouver un souffle pour les prochaines élections européennes du côté des Républicains, alors que bon nombre de militants se tournent déjà vers la République en marche. Victoria Rouxel et Agnès Naba.
Un
ciel sans nuages, qui tranche avec le climat au sein du Parti des Républicains, loin d'être au beau fixe.
Pour
preuve, la visite éclaire et mouvementée de Christian Estrosi,
plus
occupé ce jour-là par la politique de sa ville que par le rendez-vous de son parti.
«
5 000 Niçois
m
'attendaient pour inaugurer leur tramway.
»
Derrière les sourires, les divergences de fond persistent. La vision de Christian Estrosi, plus proche des idées d'Emmanuel Macron, dérange. Et en quelques secondes,
le
vernis républicain s'écaille.
Mais
Laurent Wauquiez joue les rassembleurs.
«
C'était très bon. Bon, cet échange, c'est important.
» « Oui, c
'est
vrai.
Merci Christian.
» « Vous avez fait
des divergences, vous
affichez une
image rassemblée
? »
«
Il
n
'y a pas
de divergence. On peut avoir des sensibilités différentes. Mais il n
'y a
pas de divergence. Et moi, j'ai toujours respecté chez Christian Estrosi les deux choses auxquelles je crois. Une très grande exigence sur le régalien et en même temps une volonté d'une droite sociale qui n'oublie pas les classes moyennes.
Et
son signe, j'étais hier chez
lui.
Il est aujourd'hui au Conseil national. On essaye de rassembler tout le monde. Christian est dans la famille.
Ce
jour-là, à la tribune comme dans les couloirs, un seul mot d'ordre, l'unité.
Et
pour porter ce message, Jean Léonetti, nommé vice-président après l'éviction fracassante de Virginie Calmels deux semaines auparavant.
Un
nouveau chef d'orchestre pour mettre la droite au diapason.
«
On a accueilli tout le monde. On a accueilli fraternellement tout le monde. Et on leur a dit, si vous voulez travailler avec nous
pour
un projet, venez, vous êtes les bienvenus.
Si
vous voulez contester ou dire des petites phrases, restez dehors.
» Et
ils sont rentrés.
Et
ils ont participé au projet.
Un
projet commun, ciment nécessaire à l'approche des élections européennes de 2019.
Pour
remporter cette bataille, le chef des Républicains vise notamment l 'électorat populaire délaissé, selon lui, par l'exécutif.
«
Protectionnisme »,
«
Immigration »,
«
Lutte contre le terrorisme ». Le discours se durcit avec une cible bien identifiée, Emmanuel Macron.
«
Cette arrogance,
ne
vous y trompez pas, c'est exactement l'arrogance
dont
fait preuve Emmanuel Macron
quand
il parle de la lèpre populiste.
Mais
est-ce la lèpre
que
de demander cette chose si simple ? Que juste
nos frontières soient protégées, que les frontières de l'Union européenne soient gardées et que nous puissions arrêter une immigration de masse qui menace aujourd'hui le mode de vie de l'Europe
? » Au
-delà des classes populaires, Laurent Wauquiez s'adresse au noyau dur du parti, jusqu'à marcher dans les pas de François Fillon en se rendant le mois dernier en Irak, auprès des chrétiens d'Orient. Une cause chère aux candidats malheureux des Républicains.
Une
stratégie qui ne fait pas l'unanimité. Face à la ligne conservatrice et surtout protectionniste de Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse a tenu à faire le déplacement pour défendre une Europe plus ouverte.
«
Je vois aujourd'hui que l'euroscepticisme recule et que le message pro-européen avance et j'en suis très satisfaite, que nous ne laisserons pas le discours pro-européen à Emmanuel Macron.
»
Car les plus europhiles se détournent. D'après une récente étude, près d'un électeur Filloniste sur deux envisagerait de rejoindre les rangs d'Emmanuel Macron pour les prochaines élections européennes.
La
base électorale se rétrécit, mais les militants républicains continuent d'y croire.
«
Les sondages, c'est les sondages. Vous voyez bien aujourd'hui, c'est ça le comble.
Il
y
a
des militants qui sont présents. Non, il
y
a une fidélité envers le chef de parti. »
« Il faut
arrêter de dire qu'on ne s'entend pas. Au contraire. Au contraire, bien au contraire.
»
Contre vents et marées, la famille républicaine souhaite donner l'image d'un
équipage
soudé
derrière
son capitaine.
Une
alternative, espère-t-il, à La République en marche et au Rassemblement national.
«
C'est intéressant, on a revu la fameuse photo. Bruno Jeudy, faites-en entrer l'accusé. »
C
'est vous qui avez pris cette photo de Laurent Wauquiez
en
Irak. Si on essaye d'aller un peu au-delà de l'anecdote,
est
-ce qu'au fond, ça veut dire qu'on ne lui passe rien ? Il y a une espèce de… J'ai été absolument atterré par les conséquences de cette photo. C'est une photo que j'ai d'abord tweetée. Je voulais faire état de ce reportage qui allait paraître quelques jours plus tard dans Paris Match.
Et
il y a eu des injures. Tout y est passé. Je crois qu'il y a eu 5 ou 10 000 retweets. C'était absolument incroyable. On ne passe rien à Laurent Wauquiez. De toute façon, quoi qu'il fasse, il est critiqué. Je pense que s'il pleuvait aujourd'hui, au mois de juillet, ce serait de sa faute. Et quelque part, il a compris que c'était comme ça. Il y avait un gros temps à passer. Et je ne sais pas si dans un an ou deux ans, politiquement, il ira mieux. Mais de toute façon, c'est une année très difficile. Il a dit à ses proches, après la fameuse séquence, très mauvaise séquence, de ses propos enregistrés à son insu, où il a dit du mal d'à peu près tout le monde, de Juppé à Sarkozy à
Macron, à la fameuse école de commerce
de Lyon, il a dit de toute façon, j'en ai pour 12 à 18 mois à me remettre de ça et à ce qu'il
y
ait un autre regard qui soit porté sur
moi. Un enferme.
Je pense qu'il a pris un enferme. En même temps, il s'est préparé à ça. Je pense qu'aussi l'électorat de droite, de toute façon, ne se remet pas, reste orphelin de ses leaders qui sont à la retraite aujourd'hui, de Sarkozy à Juppé, en passant par Fillon. Et il n
'y
en a pas un qui s'impose naturellement, même si c'est Laurent Wauquiez qui a gagné l'élection aux Républicains il y a un peu plus de six mois. Il faut rappeler quand même que ceux qui aujourd'hui le contestent n'ont pas eu le courage de se présenter contre lui. Donc il y a aussi ça en interne à droite qui fait que, pour l'instant, il ne s'impose pas, même s'il a gagné l'élection il y a un an, parce qu'il y a une querelle de ligne qui est assez forte. Pour faire court, la droite de Wauquiez, c'est une droite qu'il imagine plus populaire, moins européenne, et un retour un peu à l'identitaire, alors que Valérie Pécresse,
qui
est son opposante principale, elle, elle veut rester sur une ligne d'une droite européenne, libérale, j'allais dire, dans les pattes de ceux qui ont dirigé la droite jusqu'à présent. Je crois que Laurent Wauquiez, il fait peut-être que sa personnalité dérange, peut-être qu'il ne
s
'y prend pas bien, mais il fait un constat que la droite, aujourd'hui, doit évoluer, elle ne peut pas, elle doit forcément évoluer par rapport à ce que fait Emmanuel Macron. Emmanuel Macron mène une politique économique qui est assez proche de ce que sans doute aurait fait Alain Juppé, par exemple, s'il était devenu président de
la
République. Bernard Salanès, les dégâts dans l'opinion sont-ils rattrapables
? Oui, bien sûr. Les sondages, il faut avoir assez de recul pour dire qu'évidemment, ils évoluent et il faut les regarder sur une période longue. Maintenant, si on les regarde sur l'année qui vient de s'écouler pour Laurent Wauquiez, c'est vrai qu'ils ne sont pas bons parce qu'il y a un paradoxe. Laurent Wauquiez est devenu et de manière très large président de son parti puisqu'il n
'y a
pas eu vraiment d'élections serrées, mais pour autant, il a sur cette année reculé d'à peu près 10 points chez les sympathisants de droite, reculé d'à peu près 10 points chez les sympathisants LR. Et ça, c'est vrai que c'est très paradoxal. Quand vous devenez président de votre parti, en général, vous avez un effet d'entraînement. Mais au-delà des sondages, moi, j
'ai
l'impression que dans la stratégie Wauquiez, parce qu'il y
a
une vraie stratégie de construction pour 2022 ou pour plus tard, d'ailleurs, ça peut valoir évidemment pour l'étape d'après, il y a pour l'instant un autre blocage. Ce blocage, c'est que la stratégie Wauquiez reposait sur le pari que finalement, dans l'électorat de droite, ce qui s'était passé entre les deux tours autour de Marine Le Pen était rédhibitoire et que Marine Le Pen allait s'effondrer. Et donc qu'une partie de l'électorat, déjà de la droite, qui avait été tentée par le vote Le Pen, voire d'électeurs structurellement frontistes, allaient à terme revenir sur la droite. Et pour l'instant, ça ne marche pas.
Je vais vous donner un seul exemple qui est assez intéressant dans notre baromètre ce matin.
Ça
a été un mois où on a beaucoup parlé des migrants.
C
'est un sujet sur lequel Laurent Wauquiez n'a pas fait dans la mi-mesure. Ce mois-ci, on l'a entendu très fortement là-dessus. Dans l'électorat de droite, quelles sont les personnalités qui progressent ? Marine Le Pen, Marion Maréchal Le Pen, Florian Philippot. Pas Laurent Wauquiez, pas aucun des leaders de droite. Et donc on voit bien, Bruno le disait, que si le sujet économique est un peu cannibalisé pour l'instant par Emmanuel Macron,
le
sujet régalien, migrant, même si Laurent Wauquiez va très fortement là-dessus, on l
'a
vu encore à Menton le week-end dernier, pour l'instant, les électeurs qui sont à la droite de la droite n'ont pas été tentés de revenir vers lui.
Et
pour moi, c'est le principal problème aujourd'hui dans la stratégie de Laurent Wauquiez. Cécile Cornigré. Oui, d'autant que pendant ce temps-là, comme il a beaucoup mis l'accent sur les questions de régalien et qu'il est beaucoup moins libéral que n'étaient les républicains, il est en train d'ouvrir un espace quand même au centre-droit qu'essayent de prendre en ce moment Valérie Pécresse et Xavier Bertrand. Donc ce qu'il n
'a
pas réussi à le prendre sur sa droite, il est peut-être aussi en train un peu de le perdre sur sa gauche. Alors, est-ce que ça va durer ? Parce qu
'on
voit qu'il y a beaucoup de paradoxes.
C
'est
vrai
qu'il y a tout un mouvement quand même de troatisation de l'Europe. C'est vrai que quand vous demandez le clivage gauche-droite n
'a
pas disparu, quand vous demandez aux gens de dire quelles sont leurs valeurs, les valeurs de droite, entreprise, identité, tout ça reste très forte. Mais ça ne s'incarne pas dans un parti.
C
'est d'ailleurs peut-être le même problème qu'a le parti socialiste aujourd'hui. La première chose, c'est que les Français sont quand même durablement fâchés avec les partis politiques et lui, il a fait un choix stratégique de prendre le parti politique. À l'inverse de Xavier Bertrand, par exemple, qui fait un autre choix qu'à un moment, les Français de droite se diront qu'il a quand même un profil ancien mais il n
'est
pas lié, il ne s
'est
pas sali les mains dans le parti donc je peux aller vers lui. Donc, on sent qu'il pourrait y avoir un courant porteur et c'est vrai que jusqu'à présent, ça ne cristallise pas pour Laurent Wauquiez.
Yves
Tréhard, ce qui est intéressant et paradoxal, c'est que la droite est encore puissante dans ce pays, à l'Assemblée, au Sénat, encore
plus,
les grandes villes, les régions et à un leader faible. Oui, il est là le problème parce qu'effectivement, on dit dans les sondages, on nous dit, Bernard, pardon, mais on nous dit souvent le principal opposant c'est M. Mélenchon. Mais non, la première force d'opposition sur le plan électoral, c'est évidemment les Républicains. C
'est
intéressant Yves, si vous me permettez, que justement, quand on pose la question aux Français,
malgré ce fait réel, il n'y ait pas
cette réponse. J'y viens justement parce que c'est un problème de leadership. Parce qu'en fait, on dit la droite est en crise. Non, elle n
'est
pas en crise la droite. La droite, avec toutes ces sensibilités qui se sont étalées et
que
ce reportage est très bien exposé,
elle a
toujours existé cette droite-là. Sauf que cette droite-là, depuis 1958, la droite en France, elle a connu trois leaders qui étaient des leaders incontestés et incontestables. Le général de Gaulle, après ça a été Pompidou, mais je le retire parce qu'il n'a malheureusement pas pu pour lui s'imposer suffisamment, il est mort. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Il n'y
en
a eu que trois. Regardez Sarkozy, les gens sont encore nostalgiques de lui aujourd'hui, comme s'il avait libéré la France. Donc, il y en a eu trois. Et vous avez Laurent Wauquiez qui a un problème majeur de ce point de vue.
Parce
que cette famille, elle a toujours été avec des pro-européens, des souverainistes, soufflez-vous du temps, Chirac-Pasquois, ça a toujours existé tout ça. Mais il n
'y
a pas un homme ou une femme qui incarne, si vous voulez, cette autorité naturelle. Alors, pourquoi
? D
'abord, parce qu'il n
'a
pas de chance. C'est vrai qu'il a, comme certains gaullistes l'ont eu dans les années 70, un homme qui est à la tête de l'État qui s'appelle Emmanuel Macron, comme les gaullistes ont eu Giscard d'Estaing, qui était un ennemi pour eux dans les années 70. Première chose. Deuxième chose, eh bien, il est considéré comme un vieux de la politique, M. Wauquiez.
C'est-à-dire qu'il est jeune, il est jeune, mais
ça fait 15-20 ans qu'il est dans le circuit, si vous voulez, et il n'a jamais émergé quand il était dans le circuit. Et aujourd'hui, on lui fait un procès quand vous interrogez des gens de droite convaincus d'insincérité. C'est le mot qui revient sans arrêt, pas chez tout le monde, mais beaucoup qui ont pris leur distance. Et donc là, il faut que la droite résolve son problème. Si la droite avait un leader aujourd'hui, je peux vous dire qu'Emmanuel Macron ne passerait pas un quinquennat aussi simple, en tous les cas, début de quinquennat, aussi simple qu'aujourd'hui. Alors, comme il n'y
a
pas de leader, qu'est-ce que font les électeurs ? Ils se déportent, beaucoup d'entre eux, vers le Front National, même si Marine Le Pen porte encore comme fardeau le débat de l'entre-deux-tours. Ça, c'est évident. Mais il y a un réel problème. Et alors, on peut les prendre les uns après les autres. Valérie Pécresse n'a pas plus de popularité que Laurent Wauquiez. Si, elle en a plus,
un peu plus, mais
enfin bon,
c'est pas écrasant. C'est plus parce
qu'elle va justement mordre un
peu dans l
'électorat centriste,
voire de gauche. Elle a un petit peu un profil jupéiste. Il
n'y
a
pas, si vous voulez, une figure qui s'impose naturellement. Mais c'est peut-être que passager, on n
'en
sait rien.
On a publié cette semaine un sondage pour l'Express où on testait, en perspective lointaine de 2022, justement, les trois candidats potentiels de droite, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.
C
'est intéressant de voir que même chez les sympathisants de droite, ils ne sont pas plus de 4 sur 10 à considérer, celui qui arrive en tête, c'est Xavier Bertrand, qu'ils ferait, ils ne sont pas plus de 6 sur 10 à considérer qu'il ferait un bon président de la République. Donc on voit bien que même à droite, il n
'y a
pas encore d'union. Et d'ailleurs, ça imbrique une autre question, c'est que le souvenir des primaires, il reste encore assez présent. Il y a 6 sympathisants de droite sur 10 qui considèrent qu'il faut refaire des primaires. Pourquoi ? Parce que, comme disait Yves, aucun leader ne se détache. Si un leader se détachait, les gens diraient que la primaire est inutile. Et puis, on oublie toujours de le dire, ce n'est pas la primaire qui a tué François Fillon. À la sortie de la primaire de droite, les sympathisants de droite étaient plutôt très contents de cet exercice démocratique. Et donc, pour le renvoquer, ce sera une autre difficulté.
Je crois d'ailleurs que Valérie Pécresse, notamment, espère beaucoup de se dire tiens, il peut y avoir une primaire, mais dire qu'on va faire l'impasse et s'asseoir sur la primaire, surtout si aucun leader ne se détache, ce sera compliqué.
Question SMS,
«
N'est-ce pas prématuré de parler de nouvelle droite unie alors qu'en coulisses, le parti se déchire ? » Bruno Jeudy, c
'est
la guerre à l'intérieur des réponses. Il y a
eu
Virginie Calmes, qui était numéro 2, qui a claqué la porte. Comment ça se passe à l'intérieur ? Je pense que l'histoire de Virginie Calmes, c'est quelque chose de très conjoncturel et lié, à mon avis, à quelqu'un qui s'est trompé, qui a fait un pari et qui ne pèse pas beaucoup dans le parti. Je pense qu'on va rapidement oublier cet épisode. Elle représente, elle était première adjointe à Bordeaux, alors elle n
'a
pas de troupe. S'il y a un conflit à l
'intérieur
du parti,
c
'est essentiellement entre Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, qui a fait le choix de rester dans le parti, contrairement quand même à beaucoup de personnalités qui sont soit parties, soit sont à la retraite. Et évidemment, la principale étant Xavier Bertrand, qui est un leader de droite, mais qui n'est plus dans le parti, Cécile le disait tout à l'heure. Donc il
y
a ce parti au fond un peu coupé en deux personnalités, enfin avec ces deux personnalités qui ne s'entendent pas, qui sont rivaux générationnels. J'allais dire, la droite a déjà connu ça, sauf que depuis 25 ans, elle a vécu au rythme de la guerre entre Juppé et, pour faire simple, et Sarkozy. Voilà, ça s'est soldé avec la primaire, les deux ont disparu. Et à droite, on était Juppéiste ou on était Sarkozyste. La petite histoire fait que c'est Fillon qui a gagné la primaire au passage, mais bon, on ne
va
pas refaire cette histoire-là. Là, aujourd'hui, on n'a pas de leader qui s'impose aussi parce que je pense que réellement, l'électeur de droite est très désemparé par la disparition de ses grands leaders. C'est-à-dire qu'à droite, le militant, il a l'habitude, il a été longtemps Chirakien, puis Chirac n'étant plus là, il était Juppéiste ou Sarkozyste. Et pendant deux décennies, on a vécu à ce rythme-là.
Et aujourd'hui, ce retour avec des leaders qui ne s'imposent pas, qui sont peut-être encore un peu jeunes, Laurent Wauquiez, finalement, c'est quelqu'un qu'on ne connaît pas très bien encore et peut-être qu'il faudra un peu de temps pour le découvrir et puis peut-être qu'il va s'imposer grâce aux européennes ou aux municipales, on verra. Tout ça est très fragile.
Il ne
veut pas être candidat lui-même. Il ne
veut
pas être candidat.
Mais
si la liste fait un mauvais score, on aura oublié la tête de liste, on se souviendra que c'est Laurent Wauquiez, le chef de parti. Donc, on ne sait pas trop. Quant à Valérie Pécresse, elle a été ministre, elle aussi. Pareil, c'est un leader, on va dire, connu, mais pas non plus hyper connu et à droite pour l'instant. Je ne dirais pas que c'est la guerre. C'est un parti qui en plus cherche une ligne idéologique. Ils font des fautes de carres aussi. Vous avez quand même des fautes de carres énormes qui sont incompréhensibles. Quand vous avez Valérie Pécresse qui épouse la thèse d'une augmentation du SMIC de 20%, il est
lancé
par Guillaume Pelletier qui lui-même est numéro 3.
Oui, vice
-président, deuxième vice-président. Oui,
il
était deuxième vice-président quand il y a... Oui, il est toujours deuxième vice-président parce que c
'est
l'Hermiti maintenant le premier vice-président. Donc, si vous voulez, les électeurs, par exemple, qui sont séduits par Macron, ils se disent mais qu'est-ce qui se passe si justement, ils sont allés voir Macron parce que, sur le plan économique, il y avait quand même une certaine cohérence. Si vous voulez, ils ne comprennent plus rien. quand vous avez aussi M. Wauquiez qui part en guerre contre la suppression des emplois aidés, ce qu'ils ont quand même toujours demandé dans toutes les campagnes électorales à droite,
vous
avez un électeur qui est quand même très déstabilisé. Il faut que là, ils se reprennent sur le plan, je dirais, de la cohérence du discours. Alors, ça ne va pas beaucoup mieux chez les insoumis puisque la liste des candidats pour les élections européennes a été dévoilée mais elle ne fait pas l'unanimité loin de là. Les proches de Jean-Luc Mélenchon se sont attribués les meilleures places, celles qui leur permettraient d'être élus. Conséquence immédiate, les anciens socialistes qui avaient rallié la France insoumise dénoncent un processus antidémocratique. Julien Laudnet, David Lemarchand et Pierre Millet.
– On
peut faire quelque chose, on peut alimenter ce que l'on a appelé précisément notre sortie des traités européens et donc je pense qu'il faut qu
'on
s'explique là-dessus.
– C
'est l'un des visages sélectionnés pour 2019. Charlotte Girard fait partie des heureux élus qui iront sur le front des élections européennes.
Une
échéance capitale pour la France insoumise.
– Le
niveau européen nous semble par ailleurs un niveau extrêmement pertinent pour faire la démonstration que nous ne sommes pas, nous ne sommes pas seuls, nous sommes liés à plusieurs formations européennes, de partis européens, d'organisations politiques au Portugal avec le bloco, en Espagne, avec Podemos, dans les pays scandinaves également et nous avons des points communs, nous avons des convergences et ce sont des convergences de rupture.
–
À ses côtés, lors des élections, on annonce d'autres proches de Jean-Luc Mélenchon, notamment son bras droit, Manuel Bompard
et
son ancienne compagne, Pascal Le Néwanique.
Des
choix qui font débat au sein même du camp insoumis.
Tout
remonte au week-end dernier. Dans le journal du dimanche, un article intitulé «
Du
rififi chez les insoumis
». On
y évoque un mail anonyme contenant la liste des candidats désignés par le parti pour les européennes.
Des
noms qui ne plaisent pas à tout le monde. Notamment à Liem Wang Nok, ancien eurodéputé PS et fondateur des socialistes insoumis.
Il
a décidé de suspendre la participation de ses troupes à la France insoumise.
Aujourd'hui, ce qui a présidé manifestement à la constitution de cette liste n'est pas la préparation de la mise en place d'une politique alternative en Europe. Alors cette équipe a sans doute voulu faire plaisir aux chefs ou récompenser les uns et les autres, mais ce ne sont pas les plus compétents qu'on envoie aujourd'hui au Parlement européen. Le modèle, c'est une armée mexicaine. Mais dans les armées mexicaines, vous avez un chef et puis quand les gens n'arrivent pas à s'entendre, c'est celui qui parle le plus fort qui gagne.
Plus
grave encore, les accusations dans le quotidien Libération de Lilian Guelphi,
l
'un des membres du comité électoral chargé d'établir la liste des candidats.
Tout
était en réalité déjà verrouillé par la direction au profit de petits arrangements entre amis.
Mais
pour la tête du parti,
l
'explication est simple. Une liste, ça fait toujours des déçus.
C
'est comme ça. Il y a des gens un peu en haut, d'autres gens en bas.
Je
veux vexer personne, mais c'est quand même extrêmement banal. Chaque fois qu'une liste est là, en fonction de la place, des gens l'apprécient différemment. Si je regarde un peu dans le détail, c'est une liste qui reprend quand même assez bien la diversité de ce qu'est France Insoumise, y compris, ce qui m'apporte moi, c'est des gens qui ont des profils aussi de type de militantisme, syndicaux, politiques, associatifs, dans les quartiers, de type socio-professionnel différente,
ce
qu'on a fait ici avec un peu la liste. Voilà,
je
n
'ai
pas plus de commentaires à faire.
Et
Jean-Luc Mélenchon dans tout ça.
Le
leader des Insoumis se tient loin des polémiques et se pose en rassembleur en vue du scrutin européen.
A
l'international, comme à Madrid, aux côtés de Pablo Iglesias du parti Podemos.
En
France également, avec une énième main tendue à Benoît Hamon.
Cet homme, ses amis, ils sont perdus, personne ne veut d'eux, ils sont tout petits, moi je les trouve intéressants. Donc j'ai dit, au lieu de me jeter des flèches et des pierres, il faudrait peut-être mieux parler sérieusement.
Pour
fédérer à gauche, Jean-Luc Mélenchon connaît la recette. Tiré sur sa cible favorite et son premier adversaire aux européennes, Emmanuel Macron, en pleine chute dans les sondages.
Petit
à petit, les gens comprennent à quoi ils ont affaire. Au début, on leur disait, il est mergique, il est merveilleux, il est jeune, il est beau, il court partout. Alors, il y avait plein de gens qui s'attouchaient le cœur. Plus tous les rapias qui avaient compris que cet homme-là allait leur remplir les poches, donc ça avait beaucoup de monde. Et maintenant, petit à petit, les Français se rendent compte que ce gars ne comprend rien au
peuple.
Dans
les sondages, Jean-Luc Mélenchon, lui, reste stable. Il est toujours l'opposant le plus populaire à la politique du gouvernement. Cécile Cornudet, du rififi chez les insoumis, c'est quoi ? C
'est
un accident de parcours,
c
'est la vie des partis, on sait que parfois,
c'est un petit peu... Oui, c'est ça, ça peut être le
nouveau monde aussi et c'est aussi un peu l'ancien monde. Mais c'est un peu, il récolte ce qu'il a semé de positif, c'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon, il a quand même réussi à faire émerger des personnalités fortes et totalement nouvelles autour de lui. Alors, ce qu'il
y
a, c'est que du coup, il a créé des ambitions et qu'aux européennes, du coup, tout le monde se voit un petit peu sur la liste et qu'il essaye de ne pas apparaître trop en avant, mais en fait, c'est lui qui verrouille tout et il met ses proches sur la liste parce que voilà. Et ça cache aussi ce rififi des interrogations sur la ligne. Jusqu'où ils doivent être anti-européens à partir du moment où on sent cet euroscepticisme qui gagne en Europe ? Comment gérer la crise des migrants ? Ça a été un gros problème pour Jean-Luc Mélenchon. Par exemple, dans la campagne présidentielle, il a quand même fait 18% parce qu'il avait un peu durci son discours.
Il faut savoir que par exemple, l'électorat traditionnel communiste, c'est un électorat très dur sur ces questions et là, aujourd'hui, on sent qu'il revient un petit peu en arrière en étant plus ouvert pour accueillir les bateaux de Méditerranée. Donc on voit qu'ils sont en interrogation sur quelle doit être leur ligne stratégique pour ces élections européennes.
Ça
va être quand même très important pour eux parce qu'il ne faut surtout pas qu'ils se fassent dépasser par Marine Le Pen, par exemple. Parce que là, aujourd'hui, il dit « je suis le premier opposant à Emmanuel Macron ». Eh bien, si Marine Le Pen est devant lui, ce ne sera plus le cas. En sachant, c'est un scrutin très difficile traditionnellement pour la mouvance dans la France insoumise. C'est vrai qu'aujourd'hui, les sondages ne sont pas bons. Pourquoi c'est un scrutin difficile ?
Parce que notamment, l'électorat populaire va moins voter pour les questions européennes et que si en France, pour l'instant, sur la scène nationale, le premier opposant à Emmanuel Macron, c'est Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise, le premier opposant à l'Europe, c'est Marine Le Pen. Dans toutes les enquêtes, celle qui incarne le vote anti-européen, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon, c'est Marine Le Pen. Donc, la rivalité, dont on parle ici à l'instant, pour l'instant, elle a toujours été dans la bataille européenne à l'avantage de Marine Le Pen. Deuxièmement, il y a la code de popularité de Jean-Luc Mélenchon est plutôt en recul depuis un an, assez lourdement,
y
compris à gauche. D'ailleurs, c'est intéressant de le noter. Mais finalement, il
y
a un point commun entre les trois oppositions principales dont on parle, France insoumise, LR et Rassemblement national. Je pense que
c'est
la question du rassemblement, c'est la difficulté à élargir, d'une part, un premier cercle en termes de gouvernance de leur parti. On fait cette critique, là, on l'a vu, sur la désignation des candidats à Jean-Luc Mélenchon. On le fait à Laurent Wauquiez d'une certaine manière. On le fait évidemment traditionnellement, historiquement, à Marine Le Pen. Mais aussi, on le voit bien dans les enquêtes. Pour l'instant, pourquoi aucun de tout cela ne profite, par exemple, de la baisse d'Emmanuel Macron ? C'est intéressant, ce mois-ci, on a notre enquête, les interviewés répondent à la même question sur la baisse d'Emmanuel Macron et sur les personnalités. Aucune de ces personnalités ne progresse.
Aucune n'en profite. Parce qu'ils ont tous du mal à dépasser, pour l'instant, électoral, ils le capitalisent à peu près différemment en fonction des uns et des autres. Marine Le Pen fait 90% des sympathisants du Front National. Ce n
'est
pas le cas pour Laurent Wauquiez chez les sympathisants de droite. Mais grosso modo, ils arrivent à rassembler leurs segments. Mais au-delà de leurs segments, ils sont très peu attractifs. Or, évidemment, la clé pour eux pour espérer reconquérir le pouvoir demain, c'est de dépasser leur segment électoral
traditionnel. C
'est comme ça qu'on gagne une élection.
C
'est plutôt rassurant pour Emmanuel Macron. Ça veut dire qu'il baisse, mais personne ne monte. Oui, mais il faut qu'il se méfie quand même parce qu'Emmanuel Macron, il ne
faut
pas qu'il se détermine en fonction de ses opposants. Il faut qu
'il
se détermine en fonction du sentiment des Français et de l'opinion des Français qu'ils ont de lui. Parce qu'on l'a dit, on l'a répété pendant la campagne électorale, c'est la dernière station avant l'inconnu. Macron, il n'était déjà pas très connu, lui, mais on pouvait lui faire... Enfin, il donnait l'image d'un homme plutôt assez sérieux dans ses décisions, dans sa détermination. Après, qu'est-ce qui va arriver ? Parce que c'est vrai que... C'est lui échouent.
C
'est compliqué, c'est lui échouent. Alors, le problème de la France insoumise, je pense que Cécile a tout dit sur... C'est quand même un grand foutoir pour dire la vérité. Ils sont incapables de s'organiser et ils ont un talon, une épine dans le pied qui est énorme, c'est celui de l'Europe quand même. Éric Coquerel,
qui
était sur votre micro ce matin, incapable de définir ce qu'était le souverainisme populaire.
Et
en fait, le souverainisme populaire, c'est exactement ce que dit Marine Le Pen. Elle le dit plus clairement. Donc, ils sont quand même dans une situation très compliquée avec un chef qui ne sait plus tellement où il habite, pour dire la vérité. Je l'ai déjà dit ici et sur ce plateau, mais vous savez, on lui demande un jour c'est quoi son parti dit ni vertical ni horizontal, il est gazeux. Eh bien, ils sont gazeux. C'est-à-dire qu'ils sont inaudibles. Là, pour le coup, ils sont complètement
inaudibles. Ils ont perdu le pari de la rue aussi. Ils ont
perdu le pari
de la rue. Deux fois, une fois sur le code du travail, une fois sur la SNCF.
Et ils sont absents complètement sur certains sujets. C'est-à
-dire
qu'ils sont très présents sur les sujets économiques, sociaux, économiques, je dirais, pouvoir d'achat, tout ça. Mais sur tout le reste, ils sont complètement absents. C'est intéressant. Ils ont annoncé qu'ils n'iraient pas au congrès lundi. Emmanuel Macron va s'exprimer devant les députés et les sénateurs. Alors, c'est un coup de com' ou une stratégie gagnante ? C'est un coup de com'. Ça fera sans doute plaisir au noyau dur de leur électorat. C'est eux qui sont
en jetant. Je
trouve que, par ailleurs, c'est une mauvaise manière inutile. On est dans un système parlementaire refusé d'assister au discours du président. Le président ne fait pas quelque chose d'illégal. C'est inscrit dans la Constitution. Ce n
'est
même pas lui qui l'a fait inscrire dans la Constitution. Donc, il utilise cette possibilité de s'exprimer devant les députés. Je trouve que la moindre des choses, c'est que les députés soient présents. C'est une erreur. Et ça illustre cette année.
C
'est-à-dire qu'au fond, Jean-Luc Mélenchon a fait une campagne incroyable. Probablement un des meilleurs candidats. C'est un des meilleurs tribuns.
On
le sait. Ensuite, il a, quelque part, confirmé en faisant élire un groupe. Ce n'était pas du tout gagné. Il a fait émerger, Cécile le disait, il
y a des
personnalités autour de lui. Sans doute des futures, des graines de stars. Les quatre nains,
c
'est tout ça, c'est des très bons. Le problème, c'est que ça, c'était le début du mandat. Et depuis, je trouve qu'il fait une mauvaise année. Au fond, tout ce qu'il tente, c'est loupé à chaque fois. Sur les manifestations, il n'a pas fait le plein. Ça a déferlante. Il n
'y a
pas eu de déferlante. Il y
a
eu une vaguelette. La SNCF, il a échoué. Hier, à sa manif, à Marseille, il n
'y
avait personne. Il fait beaucoup de bruit. Mais,
pour
l'instant, ça ne marche pas. Et il n'arrive pas du tout à allergir à gauche. Qu'est-ce qu'il va faire, Jean-Luc Mélenchon ? C'est l'idiot utile du macronisme. C'est parfait. Il ne veut pas d'alliance avec le PS. C'est parfait pour Macron. Il ne veut pas d'alliance avec les écolos. C'est parfait pour Macron. Et il n'arrive même pas à faire venir Benoît Hamon, qui est alors lui, complètement perdu, satellisé, on ne sait où. Donc, pour l'instant, j'allais dire, c'est parfait pour Macron, la stratégie Mélenchon.
S'il ne rentre pas dans une stratégie de rassemblement, de rassemblement à gauche, je ne vois pas du tout comment il peut s'en sortir d'ici la fin du mandat ou comment il peut créer la possibilité d'une troisième candidature. Ce sera très compliqué pour Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon qui vont tenter de se présenter pour la troisième fois. Ça fait un peu candidat à la présidentielle professionnelle au bout d'un moment.
J'avais
envie de répondre à votre question. Est-ce que tout ça, le fait qu
'il
n
'y ait
plus d'opposition, qu'il n
'y ait
pas de mouvement dans la rue, c'est bon pour Emmanuel Macron ? Eh bien, pas forcément parce que la colère, on sent, elle monte, elle existe, il
y a
une insatisfaction des Français et le pire finalement c'est l'incertitude. Comment tout ça va se traduire ? Et aujourd'hui, je pense que personne n'est capable de dire dans les prochaines élections, dans la rue, on a du mal à sentir l'opinion, comment elle peut réagir, on voit qu'elle n
'est
pas satisfaite mais elle va nulle part, elle n'est canalisée nulle part. Regardez au Maroc, tout d'un coup, vous avez un énorme mouvement de boycott contre les produits Danone qui partent d'un coup qui devient un phénomène national. On ne voit pas où peut aller ce sentiment d'insatisfaction, de rejet de la politique qui reste très fort chez les Français. Ça peut prendre n'importe quelle forme, on voit que les gens se replisent beaucoup sur des causes très identitaires, le véganisme, ça n'a rien à voir les uns avec les autres mais les gens se remettent sur des petites causes un peu tribales autour de leurs petites préoccupations, le bien commun semble avoir complètement disparu. On n
'a
pas un président qui arrive à créer ce bien commun et cet intérêt général et du coup, cette incertitude, je pense qu'elle est assez dangereuse.
Il
n
'y a
pas de canalisation, c'est vrai que ça,
c
'est quand même assez... Et d'ailleurs,
le
président de la République actuelle, mais c'est aussi dû aux institutions, son principal interlocuteur, c'est aujourd'hui, le public, c'est la rue. Il le veut comme ça et on exagère un peu en disant qu'il balaye les corps intermédiaires mais c'est un peu ce qu'il fait quand même souvent. Et ça, et bien du coup, il est comptable devant cette opinion. Il n'y a pas de matelas, il n'y a pas d'amortisseurs si vous voulez et un jour, effectivement, on
peut s'inquiéter. Mais la
France insoumise a quand même réussi à faire rentrer quelque chose dans le débat politique et maintenant, ça colle à Emmanuel Macron, c'est le président des riches. Ah oui. Ça,
c
'est quand même eux qui l'ont instillé au début du mandat et même si l'Elysée dit non, ça ne prend pas, ça ne marche pas, ce n
'est
pas vrai. Bien sûr. Comme
la droite a réussi à
installer l'idée de président des villes.
De président des villes et on
voit bien qu'avec l'histoire du plan pauvreté reporté, le sentiment, ça va renourrir le procès en président des riches en disant il y a des cadeaux pour les riches et il n
'y a
pas de cadeaux pour les pauvres.
Mais on voit bien
finalement et c'est pour ça que même si on dit aujourd'hui personne n'en profite dans les oppositions, à un moment, ça changera parce que toutes ces critiques vont se sédimenter. Alors qui en tirera profit ? Qui incarnera non pas l'opposition et l'alternance ? Ça c'est encore trop tôt pour le dire et c'est normal parce que les Français ne sont pas dans cette logique-là. On vient de passer une élection présidentielle, une séquence électorale qui a été très longue, on va entrer maintenant dans un deuxième moment. Mais ce qui est le plus inquiétant je pense pour Emmanuel Macron, c'est le fait que sa promesse de transformation soit aujourd'hui mise en doute.
Parce que cette promesse de transformation, elle agissait y compris d'ailleurs sur ceux qui n'avaient pas voté pour lui. Parce que beaucoup d'électeurs disaient bon, on n'a pas voté pour lui, peut-être qu
'on
ne l'aime pas beaucoup, mais on sait bien que ça ne pouvait pas continuer comme ça. Et là on voit dans les enquêtes que finalement il n
'y a
aujourd'hui plus qu'un Français sur cinq, c'est
-à
-dire quasiment le socle du premier tour à quelque chose près qui dit oui, Emmanuel Macron va pouvoir transformer le pays. Et si cette promesse s'affaiblit, s'il n'y a plus ce sentiment que le pays va changer, en plus du sentiment d'injustice, c'est effectivement une zone de grand risque pour le président de la République.
Alors on va s'intéresser maintenant à un parti qui va déménager dans quelques semaines. Le Parti Socialiste sera au mois de septembre à Ivry après avoir quitté Solferino. Le PS qui tente de se réinventer avec en ligne de mire ces fameuses élections européennes de 2019. Certains
ont,
alors on le sait, certains socialistes ont décidé de rejoindre Benoît Hamon. D'autres font exister leur différence à l'intérieur même du mouvement malgré la mise en garde du nouveau premier secrétaire Olivier Faure. Attention au chapelle qui pourrait encore plus affaiblir le Parti Socialiste. Myriam Zéard et Emmanuel Bach.
C
'était il y a une semaine à Paris.
Aux
côtés d'Olivier Faure, nouveau patron du PS, se tient l'espoir de la gauche en Europe. Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol.
Un
exemple, une inspiration pour les socialistes français
en
pleine reconstruction.
À
Solferino, on se prépare d'ailleurs au prochain scrutin, les élections européennes de 2019, pour lesquelles une consultation citoyenne a été lancée. Elle a déjà récolté plus de 400 contributions.
Dans
son bureau qu'il quittera lors du déménagement en septembre prochain, le premier secrétaire sait que pour peser, il faudra rassembler une gauche malade.
Moi,
j'ai dit à tous que la porte était ouverte.
Je
ne cours après personne.
Il
n'y
a
aucune raison de le faire. Et s'il y a des gens qui considèrent que l'autonomie est la seule façon pour concourir et que chacun cherche à construire sa petite maison,
très
bien, qu'il le fasse. Moi, je suis ouvert en tout cas à toutes celles et ceux qui veulent construire une gauche qui soit à la fois pro-européenne, vraiment à gauche et vraiment réaliste. Je ne suis pas prêt à brader ce que nous sommes sur l'autel de l'Union.
Une
union difficile au sein même du parti. Stéphane Le Foll, Luc Carvounas ou encore Emmanuel Morel, tous ses ex-concurrents d'Olivier Faure, entretiennent leur propre courant. Des différences
et
même une rupture pour Benoît Hamon
qui
a quitté le navire PS au lendemain de la débâcle de l'élection présidentielle.
Le
créateur du mouvement Génération espérait lui une alliance avec les écologistes pour le scrutin européen.
Une
liste commune qui pour l'instant ne verra pas le jour.
Les
responsables d'Europe Écologie Les Verts ont récemment fermé la porte,
ce
qui agace l'ancien candidat socialiste.
Unis
aux européennes placerait l'écologie politique en première opposant à Macron
parce
que ce serait finalement dommage
qu
'au moment où l'écologie est partout, il n'y
ait
d'écologistes nulle part et
surtout pas au Parlement européen.
Une
entente avec les écologistes ou encore la France insoumise.
Un
enjeu pour le jeune mouvement qui a tout juste un an
et
pour Régis Joannico qui a quitté le parti socialiste pour Génération il y a quelques jours.
Lui,
le proche de Benoît Hamon, sait que sans accord il sera difficile d'exister même si des divergences persistent.
Il
y a des différences aussi d'approche, d'appréciation sur ce que doit être l'Europe.
C
'est vrai en particulier avec la France insoumise mais ça n'empêche pas
le
reste
de la gauche de pouvoir réfléchir à
des alliances électorales. Moi,
je milite pour que ces alliances soient le plus large possible.
Au
total, cinq listes de gauche pourraient s'affronter lors du prochain scrutin européen. L'ombre de la division qui ne semble pas troubler François Hollande, lui si souvent accusé par les anciens frondeurs d'avoir été à l'origine du morcellement de la famille socialiste, continue la tournée de promotion de son livre.
L
'ancien président aurait-il d'autres échéances en tête ? Ce matin, c'est en tout cas un observateur avisé qu'il commente l'impopularité d'Emmanuel Macron.
Ce
n
'est
pas un sondage qui rend les situations les plus périlleuses. C'est hélas la réalité. Et il faut vivre avec l'impopularité. Comme je dis souvent, avant d'être président, on est espéré. Après avoir été président, on est regretté. Pendant le temps, on l'est. On est impopulaire.
L'impopularité au sommet du pouvoir suffira-t-elle à le décourager ? En tout cas, au sein de son parti, l'idée d'un éventuel retour fait déjà grincer des dents.
On va parler de François Hollande dans un instant. Bernard Sanadès, la question est un peu raide, mais les Français savent-ils qui est Olivier Faure ?
Non, très peu. Très peu. Il souffre évidemment d'un handicap de notoriété. Il y a plus d'un Français sur deux, mais beaucoup plus d'un Français sur deux qui disent qu
'ils
ne le connaissent pas. C'est normal. Olivier Faure n'a pas fait de campagne électorale, n'a pas eu de poste ministériel et le Parti socialiste est dans la situation que l'on connaît. Mais j'allais dire plus grave,
j
'entendais dans votre reportage Olivier Faure dire nous n'allons pas brader ce que nous sommes. Je pense que l'autre sujet, c'est les Français savent-ils encore ce qu'est le Parti socialiste, ce qu'il représente, coincé entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon et d'autre part aussi avec en termes de popularité et d'image, Benoît Hamon qui reste très populaire dans l'électorat de gauche et pas seulement d'ailleurs dans la gauche socialiste, dans la gauche non-socialiste également. Et donc la question de quelle est aujourd'hui la doctrine, le corps idéologique du Parti socialiste est évidemment posée au-delà bien sûr de la question du leadership.
Oui, ça fait un an qu
'on
se pose la question, Cécile Candidale, mais on voit qu'il n'y a pas d'amélioration. Le PS va-t-il disparaître
? En
tout cas, jusqu'à présent, il tenait pourquoi le Parti socialiste ? Parce que c'était le premier parti de la gauche et qu'il y avait une chance qu'il puisse gouverner. Et donc les gens votaient pour lui quand ils étaient de gauche à cause de ça. Ça, ça a disparu. Il y
a
un grand doute. La France insoumise est devant, on sent que n'importe qui pourrait être devant. Alors les gens, quand vous leur demandez, ils se sentent encore social-démocrates, ils peuvent se dire même sympathisants socialistes, mais pas pour le Parti socialiste. Et c'est exactement ce que dit François Hollande. Il dit, quand je vais en province, je vais dans une section socialiste où j'ai 10 personnes qui viennent signer mon livre et après je vais à la librairie du coin, il y a 500 personnes, ils me disent tous qu
'ils
sont socialistes, mais plus personne ne veut mettre les pieds au Parti socialiste. Donc voilà, ça c'est la grande difficulté d'Olivier Faure.
Et François Hollande, à quoi joue-t-il ? Écoutez, lui et François Hollande,
on
peut, vous savez, c'est quelqu'un qui est imprévisible, c'est un grand dribleur, il adore le football et il n'a peut-être pas la vitesse de pointe de Mbappé, mais il sait dribler et il sait dribler son monde. Vous savez, il est toujours dans l'incertitude, c'est l'homme du dernier instant, François Hollande. C'est quelqu'un qui est incapable de se décider, qui est incapable de prendre une décision, mais s'il sent qu'il
y a
un interstice, il y va. Et c'est ce qu'il est en train de faire, il occupe le terrain, il s'ennuie beaucoup, donc il fait beaucoup de médias, il donne son avis sur tout, il critique même le Parti socialiste qu'il a dirigé pendant 11 ans et qui d'ailleurs a été très mal dirigé pendant 11 ans par ses soins. Et donc, François Hollande, il se dit si jamais il n
'y
a personne, et il n
'y
a personne. C'est ça le sujet. Je défie quiconque de me donner la moitié des noms des 30 députés à l'Assemblée nationale. Ils sont inconnus au bataillon. Je ne
sais
pas si vous vous rendez compte que du temps de Mitterrand, il y avait plus de 300 députés et ils étaient pour beaucoup d'entre eux des cadors. Là, on ne connaît plus personne. ils ont encore un groupe au Sénat. Moi, je crois que si vous voulez, la social-démocratie est à réinventer. Elle n'est pas morte, la social-démocratie. Je ne
crois
pas qu'il faille dire qu'elle soit morte. Elle est à réinventer. Et la meilleure preuve en est, même si c'est un accident peut-être électoral, mais la social-démocratie vient de gagner en Espagne. C'est la social-démocratie. C'est l'actuel Premier ministre
qui, avec seulement
80
députés minoritaires, par
le
jeu parlementaire, a repris le pouvoir.
Ça redonne espoir sans doute à une partie
des national-démocraties. Mais ça ne masque pas
la crise européenne de la social-démocratie et on la verra encore mieux à l'occasion des européennes l'année prochaine où le PPE qui a des difficultés dans de nombreux pays reste quand même le parti dominant
en Europe
et les socialistes risquent de voir de grandes difficultés voire d'être laminés dans de nombreux pays et pas seulement en France. En France, aujourd'hui, Olivier Faure qui est quelqu'un qui mérite d'être connu, Julien Dreyl l'appelle le Georges Clounet de la politique, ce n
'est
pas très sympathique mais c'est vrai que c
'est
quelqu'un qui présente bien. Il a repris un fonds de commerce tombé et comme tout fonds
de
commerce tombé, franchement, le relevé, ça va être extrêmement difficile, d'autant plus que François Hollande, quelque part avec son entreprise de réhabilitation, parce que François Hollande il s'occupe de lui, il essaie de réhabiliter son mandat, il essaie, bon, voilà, je pense que ça ne marchera pas, alors ils vont des livres, très bien, mais je trouve qu'il met vraiment des bâtons dans les roues, aussi à ses propres amis, c'est-à-dire qu'il rend encore plus inaudible Olivier Faure et les jeunes députés socialistes, Boris Vallaud et d'autres qui essaient de relever un parti qui est
un subclacant. Il faut toujours prendre la
constance de l'histoire, vous voyez en Angleterre, par exemple, Mme Mey qui est en grave difficulté,
et
bien qui pouvait imaginer que M. Corbyn, qui est une gauche, alors là, des années 60-70, M. Corbyn, il est à deux doigts de pouvoir prendre
le...
Voilà. Allez, voici maintenant vos questions SMS et Internet.
On
va reparler du président de la République dont, vous le savez, la cote de confiance s'est... a dégringolé de façon assez sérieuse lors d'un dernier sondage qui a été publié notamment par vous, par Elab, moins 6%. Macron peut-il s'effondrer ? C'est la première question que nous vous posons ce soir
dans cette série de questions SMS.
Bien sûr qu'il peut s'effondrer, vous savez, ça va très très vite, ça peut aller très très vite, mais il peut aussi se re... Il
peut se
refaire une santé. Il ne
faut
pas oublier que l'année dernière, à la sortie de l'été, avec deux ou trois déclarations ou dispositions qui avaient été mal vécues comme la baisse des APL de 5 euros, il n'était pas flamboyant à la sortie de l'été. Il a quand même réussi à remonter la pente de telle sorte qu'au mois de janvier, trois ou quatre mois après, il était à un niveau qui était à un niveau assez exceptionnel.
En tous les cas,
il a une occasion de montrer qu'il peut remettre les gaz, repartir de l'avance. C'est lundi, le Congrès, il y
a
un discours à faire. Si c'est un discours d'attermoiement, d'attente, peut-être que là,
ce
sera à mon avis beaucoup de gens lui tomber dessus. Je pense que normalement,
il
va faire des réformes. Il a une difficulté, c'est la loi de finances 2019, on l'a dit. Il s'est engagé sur des promesses de réduction de la dépense publique très fortes, sur des réductions du nombre de postes de fonctionnaires très fortes. Et ça, c'est très compliqué pour lui parce que ça rend son équation budgétaire, pas rentré dans la technique, difficile. Réduire d'un côté la dépense publique, réaliser les promesses Service national universel et 2-3 autres trouvailles comme ça qui coûtent très cher. Le en même temps macronien va être compliqué à mettre dans la boîte du budget 2019.
Si l'on devait donner des devoirs de vacances à Emmanuel Macron, sur quoi devrait-on le faire travailler cet été
? Je
pense qu'il
y a
un sujet aujourd'hui qui évidemment crée une difficulté sur laquelle le en même temps ne lui crée que des déceptions. C'est le sujet régalien et le sujet de l'immigration. On le voit dans l'enquête qu'on a publiée ce matin pour les échos. Sur la question des migrants, il y a une partie de
l
'électorat qui dit c'est une honte pour la France, il fallait accueillir l'Aquarius et une autre partie qui dit de toute façon on en fait trop pour les migrants et Emmanuel Macron n'est pas assez ferme. Et donc le en même temps est très pénalisant pour lui sur ce sujet et on peut dire quand même qu'il y a une absence de lisibilité de sa politique sur cette thématique-là qui on le voit encore dans les enquêtes est évidemment juste derrière les questions économiques emploi-pouvoir d'achat très importante dans la structuration de l'opinion.
Puis le deuxième point c'est que sur la question de l'emploi c'est assez paradoxal de constater que alors la courbe est stabilisée à un niveau très haut évidemment et bien l'attente d'une politique en faveur de l'emploi est encore en hausse comme si finalement on ne reconnaissait pas un quelconque mérite au gouvernement d'Emmanuel Macron pour avoir stabilisé la situation. Moi je travaillerais peut-être quand même mon lien avec les Français parce que c'est vrai
que... La
piscine de Brégançon va peut-être pas aider.
Oui ça n'aide pas le
président des riches mais c'est vrai qu'on sent que le pays est quand même très divisé et qu'il l'a compris depuis le mois de janvier il n'arrête pas de dire je veux unir il a ce mot unir et pour l'instant il n'y arrive pas je pense que président de tous les Français ce serait quand même bien.
Juste pour que à mon avis ça va aller dans le sens de votre intervention Yves la chute du président n'est-elle pas due à une confusion des genres dans sa communication ? C'est-à
-dire
ce matin c'est tout à l'heure c'est que bon il a fait à mon avis des erreurs de communication qui ne correspondent pas à l'image du président qui a une posture gaullienne présidentielle comme même les Français moi je pense que il a fait un travail il faut quand même revenir un peu sur l'année qu
'on
vient de passer un travail de réforme sur le plan économique qui est assez exceptionnel on aime on n'aime pas mais il a quand même fait un paquet de réformes comme jamais il avait été fait depuis très longtemps s'il arrive avec la même fermeté sur les sujets régaliens
je
pense que là il redresse évidemment la barre c
'est-à-dire qu'il arrive avec
un discours clair sur l'insécurité là des gendarmes et des policiers se sont fait agresser des banlieues qui explosent des prisons des prisons qui s'évadent voilà s'évadent s'il arrive alors le problème des migrants n
'est
quand même pas simple du tout mais s'il a un discours audible et ferme sur ces sujets-là je pense que il sera difficile il
n'a pas l'équipe
on a
parlé il n'a pas l'équipe ici même
de l'évaluation des ministres s'il y a un secteur où c'est faible c'est bien le secteur régalien aucun ministre ne s'est imposé dans ce secteur ni la ministre de la justice ni la ministre de la défense des armées d'ailleurs on voit bien c'est quand même
sa
difficulté c'est lui qui nomme les
ministres
et si vraiment les violations devaient servir à quelque chose je crois que là il y aurait quelque chose à faire
et
par ailleurs l'hypercommunication à laquelle on assiste depuis un mois ou deux qui effectivement est surprenante par rapport à ce qui a été annoncé affaiblit considérablement aussi l'impact du premier ministre et on voit bien d'ailleurs qu'il n'y a pas aujourd'hui de différence dans les mouvements c'est depuis un an totalement aligné et donc c'est vrai que l'existence politique et le fait que le président puisse dire à un moment d'autres ministres ou le premier ministre peuvent monter au créneau peuvent s'exprimer là depuis deux mois on a l'impression que tout tourne encore plus qu'avant autour du président
les français boudent Macron mais boudent-t-il aussi ces réformes ? Là aussi une question intéressante
C'est
ça qui commence parce qu'il y a justement le sentiment que tout d'un coup c'est un petit peu en panne on ne sait pas où il va donc il commence à y avoir un doute sur est-ce qu'il va jusqu'à présent il y avait un doute sur est-ce que ce qui réforme va transformer ma vie à moi là les gens disaient non majoritairement mais maintenant est-ce que ces réformes vont améliorer la situation du pays et là aussi ça devient majoritaire je crois à 64% donc c'est ça pour lui la cote d
'allègue On pose une question
C'est pour ça c'est parce qu'il y a ce doute sur là où il va que du coup toutes ces erreurs de communication on les voit plus si tout d'un coup il remet quand même bien le pays sur des rails qu'on voit clairement où
est-ce qu'il
veut aller et qu'il engage d'autres sujets on les verra moins
Il y a
un élément qui va être important pour lui et qui plaît dans sa faveur même si c'est très débattu c'est qu'à la rentrée à l'heure de la taxe d'habitation il n'y aura plus de taxe d'habitation pour beaucoup de français et
ça sera
le
premier
élément je dirais de regain
de pouvoir d
'achat
Ça a été quasiment la seule promesse
en
tant que promesse mémorisée pendant la campagne électorale il y a eu des postures mémorisées d'Emmanuel Macron qui finalement a gagné sa campagne sur la manière de faire la politique le renouvellement le rassemblement le en même temps mais en termes de mesures c'est bien la taxe d'habitation qui notamment auprès des classes moyennes a entraîné cette bascule donc il a raison ce rendez-vous d'octobre est très important est-ce qu'il y aura une preuve tangible d'amélioration du
pouvoir d'achat Il y aura aussi
le rendez-vous de janvier avec le prélèvement de l'impôt à la source qui risque d'être assez acrobatique et là il faut que Emmanuel Macron vise bien les boulots pour qu'à Bercy ça marche correctement
surtout que ça va arriver
en même
temps
parce
que là
les français vont avoir une vraie surprise Ne pensez-vous pas que l'opposition n'a actuellement qu'un rôle de figurant sur la scène politique
?
En fait elle ne figure pas le problème c'est qu'elle elle est inaudible elle aussi parce qu'elle n
'a
pas un discours construit les oppositions ce sont des oppositions elle est là elle est élue elle a accès à tous les moyens de communication mais elle ne sait pas quoi nous dire
Et
on a un électorat de gauche et un électorat de droite qui est aujourd'hui orphelin on ne sait pas où ils sont ils sont dans la nature
Laurent
Wauquiez dénonce l'extrémisme des prises de position de Marine Le Pen sur l'Europe et taxe Macron d'utopisme mais quelle est sa ligne ? Sur l'Europe ? Oui Il est sur la ligne j'allais dire assez classique des partis de droite depuis 20 ans L'Europe des nations C'est l'Europe des nations c'est l'Europe qui protège c'était exactement les slogans des campagnes européennes précédentes même s'il est un peu plus eurosceptique en tant que leader par rapport à Alain Juppé ou même à Nicolas Sarkozy Merci beaucoup à tous les quatre Merci à l'équipe qui a préparé cette émission ce soir La Rodif est à 22h35 Très bonne soirée sur France 5
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