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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 7 mai 2023 55 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & familleRetraites

"En dix ans", le paysage politique à droite "a été dévasté", reconnaît Olivier Marleix

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 48 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 9:14OuverteRéponse directe

    Comment observez-vous la monarchie britannique et ce régime politique ?

  • 11:28OuverteRéponse directe

    Où se situe LR aujourd'hui face à Macron ?

  • 12:50RelanceRéponse directe

    Vous êtes contre la tripartition du pays par Macron ?

  • 13:51OuverteRéponse directe

    Comment appréhendez les futurs textes à venir ?

  • 14:36RelanceRéponse directe

    Vous avez été désunis uniquement sur la réforme des retraites ?

  • 15:57OuverteRéponse directe

    Avez-vous tiré les leçons de la séquence retraite ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 11:52InvitéFait
    « Nous refusons l'espèce de tripartition du pays qui a été la stratégie d'Emmanuel Macron. »
  • 12:21InvitéFait
    « Cette fracturation du pays qui, pour moi, a été une stratégie politique de la part d'Emmanuel Macron. »
  • 15:15InvitéFait
    « En Espagne, ils viennent de faire, exactement en même temps que nous, une réforme des retraites. Savez-vous qui est au pouvoir en Espagne ? Un socialiste. »
  • 15:36InvitéFait
    « La gauche au pouvoir en Espagne a maintenu la retraite, l'âge de départ à 67 ans. »
  • 21:53InvitéChiffre
    « M. Macron laissera un pays au bord de la ruine, enfin on est aujourd'hui au bord de la faillite, avec 3 000 milliards de dettes. »
  • 22:08InvitéFait
    « Vous n'avez eu aucune loi pénale digne de ce nom pour remettre à niveau la réponse pénale dont nous avons besoin dans ce pays. »
  • 22:15InvitéFait
    « Vous n'avez eu aucune loi durcissant les règles en matière d'immigration. »
  • 22:37InvitéFait
    « M. Macron a ouvert le pays à tous les vents de la mondialisation de manière caricaturale et totalement anachronique. »
  • 27:33InvitéChiffre
    « On arrive aujourd'hui à 500 000 étrangers accueillis légalement en France chaque année. »
  • 29:42InvitéFait
    « Pour bénéficier du minimum vieillesse, il suffit de 3 ans de séjour en France. »
  • 31:08InvitéFait
    « Sur le RSA, vous avez droit aujourd'hui au bout de 3 ans. »
  • 34:25InvitéFait
    « Vous n'aurez zéro de l'aide au développement, dès lors qu'ils ne jouent pas le jeu avec la France, croyez-moi qu'ils comprendraient assez vite le message. »
  • 35:39InvitéFait
    « On n'a pas le droit de faire de référendum d'initiative partagée, de RIP, en matière d'immigration. »
  • 35:42InvitéFait
    « Le RIP, c'est dans le champ de l'article 11. L'article 11, c'est les questions environnementales, économiques, sociales. »
  • 36:10InvitéFait
    « Regardez ce qu'ont fait les Danois. Les Danois ont réduit considérablement les sociodémocrates. C'est la gauche au pouvoir qui a réduit considérablement l'appel d'air en matière d'immigration avec les mêmes contingences que nous. »
  • 39:13InvitéChiffre
    « On ne peut pas accepter dans ce pays d'avoir 1,8 million je crois de gens qu'on laisserait sur le côté. »
  • 39:41InvitéChiffre
    « Une personne seule avec deux enfants au RSA la totalité des aides c'est 1 400 euros par mois. »
  • 43:10InvitéChiffre
    « Quand Nicolas Sarkozy est élu président de la République, il y a 2,9 millions de titres de séjour autorisant des gens à séjourner en France. Quand il s'en va en 2012, il n'y en a plus que 2,6. »
  • 43:27InvitéFait
    « Il y a une baisse du nombre de titres de séjour autorisés dans notre pays. »
  • 43:35InvitéFait
    « François Hollande arrive, on remonte à 2,9 millions ce qu'on avait réussi pour la première fois dans notre histoire récente de réduire l'immigration légale. »
  • 48:21InvitéChiffre
    « L'Union Européenne il y a ne serait-ce que 15 ans c'était 20% du PIB mondial, on est à 15% aujourd'hui. »
  • 50:10InvitéChiffre
    « Vous avez 2 millions de comptes pénibilité. »
  • 52:21InvitéChiffre
    « Il y a eu plus de 400 policiers blessés le 1er mai. »

Temps de parole

  • Invité65 %
  • Présentateur12 %
  • Présentateur 29 %
  • Invité 28 %
  • Invité 37 %

2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter. Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche midi sur France Inter à la radio, sur France Info à la télé et bien sûr en partenariat avec le journal Le Monde. Notre invité en direct et jusqu'à 13h est aujourd'hui un homme qui a, comment dire, fort à faire pour maintenir l'unité de ses 62 députés. La réforme, et désormais la réforme sur la loi des retraites, pardonnez-moi, a divisé comme jamais une droite qui était depuis des mois déjà au bord du gouffre, celui creusé par la dernière élection présidentielle. Aujourd'hui, les Républicains se retrouvent face à leur destin. Doivent-ils basculer et rejoindre la Macronie ?

Ou parviendront-ils à se ressouder, à se recomposer, bref, à se ressusciter ces quelques questions ? Et d'autres, nous les poserons aux députés et présidents du groupe Les Républicains à l'Assemblée. Olivier Marlex est donc notre invité ce dimanche dans Question Politique. Mais d'abord, bonjour tout le monde. Bonjour. Bonjour Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Karine Bécard de France Inter. Bonjour Claire Gatinois. Bonjour. Du journal Le Monde. Et je me tourne également et je salue Anne Souhaitmont du service politique de France Inter. Bonjour. Alors vous avez ausculté et disséqué toute cette semaine d'actualité politique. On commence avec vous Nathalie Saint-Cricq.

Vous avez repéré cette tribune ce matin dans la presse signée Éric Ciotti, le patron du parti Les Républicains, qui aimerait bien que le président Macron tienne ses promesses en matière de droits de succession. Il n'est peut-être pas le seul.

1:40
Invité

J'ai évité de vous parler du coronement de Charles III. Donc je vais revenir sur le droit de succession. Je considère que c'est un... Enfin, on peut considérer que c'est un dossier qui est piégé depuis tout le temps. On ne peut pas se souvenir parce que personne n'était né. Mais dans les années 70, Jean-Jacques Savant-Schreiber avait lancé le débat en disant qu'il fallait augmenter massivement les taxes sur les successions, des très grosses fortunes ou des grosses fortunes. Grosse fortune, c'est un peu compliqué parce que chacun a une notion un peu différente de ce que c'est que cette grosse fortune. À partir de combien ?

Et c'est extrêmement subjectif, extrêmement différent sur les personnes. Il est vrai qu'Emmanuel Macron, dans sa campagne, avait promis de baisser les droits de succession sur les transmissions. Il avait promis de donner une franchise éventuellement plus grande. Alors, la franchise, c'est quand vous héritez, il y a une décote. On vous enlève 100 000, 150 000, 200 000 sur lesquelles vous ne payez pas d'accession. Et que là, manifestement, il s'est dit que c'était un dossier suffisamment explosif pour ne pas forcément le remettre sur le terrain. Explosif, pourquoi ? Parce que tous les rapports que l'on a disent que c'est à l'origine des inégalités sociales.

C'est-à-dire qu'en gros, ce qu'on hérite de ses parents, ce qu'on hérite de sa famille ou ce qu'on a, c'est à partir de là qu'on peut toujours faire tout ce que l'on veut dans la vie, mais que les inégalités s'offrencent. Alors, donc, mesures de droite pour certains, mesures de gauche pour les autres, qui proposent, et c'était dans le programme du Parti Socialiste, d'augmenter les droits. Ce qu'on peut se dire, c'est que c'est tellement piégeux ou piégé qu'on se voit mal comment on lancerait le débat pour l'instant et qu'on n'a que les poids à prendre, parce que finalement, les Français sont un peu paradoxaux.

Si, effectivement, à gauche, on pense qu'il faut augmenter et à droite, qu'il faut les baisser, quand on est soi-même concerné, l'affectif l'emporte sur la rationalité et on considère in fine que ce qu'on a gagné toute sa vie, c'est plutôt pour ses enfants que pour l'État.

3:15
Présentateur

Tout juste. Alors, ce qui est intéressant dans la séquence également, c'est aussi d'observer nos très nombreux ministres, Claire Gatinois, des ministres qui vous semblent, en tout cas pour certains, de plus en plus déconnectés. Expliquez-nous. Oui, tout à fait. Et je voulais parler d'un ministre en particulier, le ministre de l'Économie. Bruno Le Maire. Bruno Le Maire, exactement, qui a occupé l'actualité en présentant un sujet peut-être encore plus brûlant que le couronnement de Charles III ou la réforme des retraites. C'est son échappé littéraire. La Fugue américaine. La Fugue américaine. Le ministre de l'Économie vient publier ce livre dans la prestigieuse collection Blanche.

Le livre est épais, 470 pages et demie. Son écriture est nerveuse, souligne Libération, et c'est un roman. On a déjà beaucoup parlé de cet ouvrage pour les quelques lignes coquines, dirons-nous, qui ont fait le buzz ces dernières semaines et provoqué des sarcasmes dans les couloirs des ministères et du Palais Bourbon. L'ouvrage fait suite à une production littéraire déjà abondante du ministre depuis son arrivée à Bercy, Paul, une amitié, en 2019, L'ange et la bête, en 2021, suivi d'un éternel soleil. Bref, Bruno Le Maire dort peu et ou écrit beaucoup.

Je ne vais pas m'improviser critique littéraire, mais le livre que j'ai commencé à parcourir peut assurément figurer dans la catégorie des page-turners, comme le ministre le fait dire à son héros Oscar. Que Bruno Le Maire soit un génie littéraire, incompris ou pas, n'est pas le sujet. Et le ministre qui fait la promotion de son livre tout en vantant le panier anti-inflation a bien le droit de se détendre en écrivant. Après tout, d'autres font du footing ou de la boxe. Il ne s'agit pas de censurer le droit de rêver, comme se choque l'ancienne plume de l'Elysée, Sylvain Ford, dans l'Express. La politique, nous dit-il, ne doit pas devenir une sorte de mission tenant de la Vestal et de l'Ermite.

Alors où est le problème ? Quand Bruno Le Maire est interrogé sur son passage érotique, il sourit en suppliant de lire son livre. En lisant, on comprendra que Bruno Le Maire est un ministre, mais aussi un écrivain. C'est là qu'est le problème, finalement. Un ministre tout macroniste qu'il est, peut-il être en même temps écrivain parce que tel est son bon plaisir ? Voilà un peu plus de trois mois que la France est secouée par des manifestations contre la réforme des retraites. Des Français modestes sacrifient une partie de leur salaire pour faire grève et faire entendre leur colère face à un pouvoir qu'ils jugent déconnecté et arrogant.

Et voici que sort dans cette collection Gallimard un ouvrage qui parle de deux frères en voyage à la Havane pour assister au concert d'un pianiste de renom. Bruno Le Maire vit-il dans le même monde que les Français à qui il dirige ? Le ministre dégage avec ce livre l'étrange image d'un pouvoir presque frivole qui s'échappe de sa tâche et au fond se désintéresse du pays. Alors Bruno Le Maire veut peut-être nous montrer qu'il est un personnage plus complexe qu'on ne l'imagine, qu'il n'est pas seulement cet homme de droite qui cire ses chaussures le dimanche et se préoccupe de la rectitude des comptes publics. Certes, mais le moment est mal choisi.

Se divertir même au sens pascalien du terme en s'étourdissant dans l'activité littéraire pour un ministre de son rang n'est pas un crime, bien sûr. Pas non plus une faute, mais le faire savoir au moment où le pays traverse une grave crise politique et sociale apparaît pour le moins déplacé. Merci Claire. Et dans ce contexte compliqué justement, les députés de la majorité, et là je me tourne vers vous Anne Souhaitemont, les députés de la majorité s'autonomiseraient de plus en plus, un peu comme l'ont fait avant eux, les députés, les républicains, racontez-nous.

6:38
Invité

Alors moi je voudrais effectivement vous parler d'une image qui m'a marquée cette semaine. C'était mardi à l'Assemblée, réunion intergroupe de la majorité. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que tous les députés Renaissance, donc du parti présidentiel, Modem et Horizon, sont ensemble. Et l'idée c'était un petit peu opération calinothérapie et on veut booster les troupes. La première ministre se déplace au troisième sous-sol, vient parler, expliciter sa feuille de route, voilà. Donc l'objectif était extrêmement clair. Et figurez-vous que la presse, tenue à l'écart, c'est normal, essayait de savoir ce qu'il était en train de se dire.

Et à ce moment-là, première image qui marque, un député quitte la réunion, ça ne fait que quelques minutes que ça a commencé, et il nous lance très simplement, ça ne sert à rien, de toute façon je ne sais plus trop ce que je fais ici. Et à quasiment au même moment, deuxième image concomitante, je vois passer derrière un autre député en vélo, un député Renaissance qui n'avait même pas pris le temps de venir, estimé que ça n'était pas nécessaire. Alors ce que je voulais vous dire, c'est qu'il n'est évidemment pas question de dire que tous les députés de la majorité sont en rupture avec l'exécutif. Ce n'est pas vrai.

Mais c'est quand même le symbole d'un 49-3, de cette décision de passer en force sur les retraites, qui a vraiment marqué un virage dans ce rapport qu'ont les députés avec la majorité. Les prises de distance, elles sont désormais quotidiennes. Alors il y a ces réunions qu'on quitte, il y a ces députés qui se mettent en apparenté. Ça a l'air un peu technique, mais il y en a quatre qui ont fait ça. Ils sont Renaissance, maintenant ils sont apparentés Renaissance. Vous avez aussi ces critiques ouvertes, par exemple sur les 100 jours, que maintenant on dit publiquement. On crée aussi son propre agenda. Les députés s'autonomisent complètement.

Il y en a deux qui font un tour de France, de l'énergie. Et puis il y a ces consignes qui ne sont plus respectées. Exemple, cette semaine en commission, là c'est pareil, c'est un peu dans les arcanes, mais une loi sur le drapeau européen qui deviendrait peut-être obligatoire devant les mairies. Et là, bim, le modem décide de ne pas voter. C'est rejeté à la surprise générale. Bref, avant d'être un député de la majorité aujourd'hui, on est un député. Et en fait, on est un auto-entrepreneur.

8:40
Présentateur

Merci à toutes les trois. Il est grand temps d'accueillir notre invité, Olivier Marlex, député d'Or et Loire, et surtout le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée Nationale. France Inter. Entrez. Venez vous installer. Question politique. Karine Becker. Prenez votre temps, assaillez-vous confortablement, ça va durer une heure. Bonjour Olivier Marlex. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation en cette veille de 8 mai et en ce week-end de couronnement en Angleterre. Le couronnement de Charles III, évidemment. Comment est-ce que vous observez tout ça ? Tiens d'ailleurs, comment est-ce que vous observez la monarchie, ce régime politique ?

Est-ce que sa stabilité vous fait envie, vous fait rêver ?

9:22
Invité

Écoutez, moi ce qui m'a impressionné, j'ai regardé le couronnement, bon, deux heures de messe, c'est un peu long. Mais ce qui m'a impressionné, c'est que l'occasion de ce sacre, ça rappelle qu'il y a quelque chose d'un peu sacré dans la nation. Quand on voit le Premier ministre, je crois qu'il est hindou, M. Sinac, aller lire les évangiles, etc. Tout ça est un moment intéressant. Et puis, c'est la cône vertébrale qui, voilà, pour ce pays, nous en France, on a eu M. Hollande, M. Macron, peut-être un truc effectivement qui nous manque. Et puis deuxième, j'ai relevé une phrase de l'archevêque de Canterbury qui dit, je crois, le service c'est l'amour en action.

C'est que le chef de l'État commence son règne, c'est pas un mandat lui, son règne avec cette philosophie, on est, il faudrait bien s'en inspirer un petit peu en France. Je suis pas sûr que M. Macron considère que... Mais vous trouvez que c'est commode peut-être pour les successions également, puisque c'est par ordre de première naissance. Non, je sais pas ce que vous voulez dire par là.

10:34
Présentateur

Je sais pas. Bah qu'il n'y a pas d'élection organisée. Il n'y a pas de primaire affaire, il n'y a pas de ça. Mais ce qui est intéressant aussi, ce que vous soulignez tout à l'heure, c'est la façon dont Rishitsunak, un doux, a lu un texte de la Bible qui montre que par moment, il y a un esprit de concorde qui peut être nécessaire. Oui, c'est ça que je retiens. Et qui peut-être serait bien utile aussi aujourd'hui en France pour faire avancer le pays et oublier les divergences.

10:57
Invité

C'est effectivement ce que je retiens, ce côté de communion, ce moment un peu sacré de la nation où tout le monde se retrouve, au-delà de la personne du roi. Ce côté sacré qu'on reconnaît à la nation britannique. Et puis, je vous dis quand même cette idée que le service, c'est l'amour en action. En politique, on ne parle pas comme ça. Et c'est dommage. C'est dommage parce que c'est quand même le fondement de notre engagement politique.

11:20
Présentateur

Allons, passons à la droite. Entrons dans le vif du sujet avec la droite française dont on ne sait plus trop où elle se situe exactement en ce moment. Dans un très récent sondage très intéressant, Odoxa, qui a été publié vendredi dans le Figaro, 51% de vos sympathisants LR vous encouragent à rester indépendants. Et dans le même temps, ils sont 61% à vous pousser vers un accord avec le gouvernement. Vous vous situez où, Olivier Marlex, aujourd'hui ?

11:46
Invité

On se situe exactement au même endroit depuis 6 ans que le président de la République a été élu. Nous, nous refusons l'espèce de tripartition du pays qui a été la stratégie d'Emmanuel Macron. La stratégie d'Emmanuel Macron, c'est j'essaie de rassembler un bloc central. Je prends un bloc central et je pousse les Français de gauche dans les bras de l'extrême gauche, les Français de droite dans les bras de l'extrême droite de Mme Le Pen. Et je suis au centre le garant de tout ça, une espèce de bloc élitaire contre un bloc populaire qui serait fracturé.

Moi, je trouve que c'est cette fracturation du pays qui, pour moi, a été une stratégie politique de la part d'Emmanuel Macron et quelque chose d'absolument épouvantable pour notre pays, d'absolument détestable. Et donc, ça fait 6 ans que nous refusons d'entrer dans cette espèce de mécanique infernale qui ferait, au bout du compte, si on avait cédé je ne sais quelle sirène macronienne, que la seule alternative à Emmanuel Macron serait Mme Le Pen. Et on ne veut pas de ce projet politique-là. Donc, nous continuons à affirmer qu'il doit y avoir une alternative à droite à Emmanuel Macron. C'est quoi l'alternative ? C'est notre projet politique.

Donc, pour trouver des majorités, il faut trouver des alliances. Vous pourriez être, effectivement, la jambe qui permettrait... Il y a une majorité relative parce que les Français ont souhaité que le président de la République n'ait pas de majorité absolue. Ils ont souhaité, en quelque sorte, le mettre sous tutelle d'une assemblée nationale où toutes les forces politiques d'opposition sont présentes. La NUPES, qui est le premier groupe, le premier ensemble, on va dire. Le Rassemblement national, les Républicains avec 62 députés. Chacun a son rôle à jouer dans cette Assemblée nationale. Moi, d'ailleurs, j'ai refusé dès le départ que le gouvernement... Vous savez, M.

Darmanin avait fait une hiérarchisation des ennemis, des adversaires, de je ne sais pas quoi. Non, le gouvernement, il doit parler avec toutes les forces en présence. Ça veut dire qu'il y a une liberté de vote ? Est-ce qu'en clair, pour qu'on comprenne... Non, le gouvernement doit parler avec toutes les forces politiques présentes à l'Assemblée nationale. C'est le projet politique, c'est le souhait politique qu'ont exprimé les Français en votant. Il faut respecter cette Assemblée nationale. Mais vous, vous êtes quand même à la tête d'un groupe. Comment vous appréhendez les futurs textes à venir ? Il reste quand même un certain temps. Comme nous l'avons fait depuis bientôt...

Et d'abord, est-ce que vous êtes capable de dominer ça ? On a fait depuis bientôt un an où, en réalité, on a été très unis, au-delà des commentaires, etc., sur la quasi-totalité des textes. Je vous invite à regarder le vote des Républicains à chaque fois qu'on a pu voter. Il y a des fois où on n'a pas pu voter, comme sur la réforme de retraite, avec le 49-3. Mais on a été extrêmement unis. Il a parfois eu 4-5 voix différentes, 5-6 voix sur 62. On a été, en réalité, extrêmement unis. C'est la Macronie qui aime bien dire qu'on serait divisés, etc. Non, on a été extrêmement unis dans nos votes.

On vote en fonction de nos convictions, de ce qui nous paraît utile à l'intérêt national, utile aux Français. Donc vous avez juste été très désunis sur la réforme de retraite ?

14:39
Présentateur

C'est ça ? Vous avez juste été très désunis sur la réforme de retraite ? C'est le seul texte où ça a été compliqué ? Vous avez juste été très désunis sur la réforme de retraite ?

14:46
Invité

C'est plus compliqué parce que, quand vous êtes dans l'opposition, aller voter une réforme qui est impopulaire dans le pays, c'est plus compliqué. Moi, je suis de ceux qui considéraient qu'on n'avait pas d'état d'âme à avoir, étant donné qu'on avait combattu la réforme de 2018 qui cassait la sécurité sociale, que celle-ci, en revanche, nous paraissait totalement, totalement inévitable. Il faut faire une confidence, je suis allé passer quatre jours en Espagne. En Espagne, ils viennent de faire, exactement en même temps que nous, une réforme des retraites. Savez-vous qui est au pouvoir en Espagne ? Un socialiste. La gauche. La gauche, soutenue par l'extrême gauche.

Ils ont fait une réforme des retraites qui a consisté à augmenter la progressivité des cotisations sur les salaires. Très bien, c'est quelque chose d'assez courant. Aucun problème là-dessus. Mais croyez-vous qu'à l'occasion, ils ont touché à l'âge de la réforme, qu'ils sont revenus sur la réforme imposée par l'Union européenne, le FMI, au moment de la crise de l'euro ? Non. La gauche au pouvoir en Espagne a maintenu la retraite, l'âge de départ à 67 ans. Donc, il faudrait que c'est certain que la droite française soit plus à gauche que la gauche espagnole. Évidemment, tout ça n'est pas sérieux. Mais on ne va peut-être pas refaire le marge des retraites.

On ne va pas faire le marge des retraites. Est-ce que vous avez tiré les leçons de la séquence retraite dans votre président du groupe ? La séquence retraite, je vous dis, pour nous, c'est un moment, je pense, qui a été un moment de tension un peu particulière, parce que porter une réforme, assumer une réforme un peu populaire quand vous êtes dans l'opposition, ce n'est jamais évident. Ça demande un peu de courage. Ah oui, c'est pas mal. Nous l'avons fait. Et après, notre ouverture d'esprit, une fois encore, le fait que notre seul curseur soit à l'intérêt national, nous savons qu'en c'est un texte qui est proposé par la majorité, qui propose le retour au nucléaire.

Ça fait dix ans que je me bats pour qu'on revienne au nucléaire, qui a été une faute absolue. J'ai utilisé le droit de tirage de mon groupe pour créer une commission d'enquête pour mesurer à quel point tout ça avait été tragique, à quel point les Français ont subi une explosion du coût de l'électricité cet hiver à cause de ce renoncement au nucléaire. Le gouvernement propose, a fait un virage à 180 degrés pour revenir au nucléaire. On n'allait quand même pas combattre ce texte. Donc, on l'a soutenu et sous notre impulsion, il a été adopté. Il a même été plus largement, parce que je crois que le Rassemblement national l'a voté. Les communistes l'ont voté, donc très largement.

Mais on a voté aussi un texte venant, il y a cette semaine, venant, je crois, de la gauche, pour s'opposer au démantèlement d'EDF. Moi, je suis farouchement attaché à l'intégrité d'EDF, qui est un trésor national, qui nous a permis longtemps d'être le premier producteur d'électricité dans le monde, le premier exportateur d'électricité au monde, avec l'intégrité, c'est quoi ? C'est que ce soit la même entreprise qui fasse la production avec le nucléaire, le stockage avec l'idéal. On ne va pas faire le catalogue de tous les textes. Non, non, monsieur Macron, vous lui cassez tout ça, on s'est opposé. Donc, tout ça pour dire qu'on vote en fonction de l'intérêt national.

17:38
Présentateur

La question, c'est, après la réforme des retraites, ça a quand même été compliqué. Là, vous nous expliquez qu'aujourd'hui, tout va bien entre les différentes lignes au sein de votre parti. On se demande pourquoi vous avez organisé cette semaine un séminaire,

17:48
Invité

si tout va bien. Pourquoi est-ce qu'il faut l'aide à la clinotharapie ? On n'a pas compris, alors ? Je pense que c'est un moment, en réalité, assez banal de la vie d'un groupe parlementaire. Cette assemblée, elle vit à un rythme assez effréné. Je crois qu'on a besoin de se retrouver régulièrement entre nous, faire des pauses, reprendre un peu de hauteur, évoquer les débats qui vont arriver. Voilà, c'est quelque chose d'assez difficile.

18:09
Présentateur

Une petite précision tout à l'heure. Vous disiez que vous êtes contre ce schéma politique que veut imposer, selon vous, Emmanuel Macron, avec ses trois blocs, le bloc central, et les deux extrêmes, la fracturation du pays. Donc, vous voulez que la droite se fasse entendre. Aujourd'hui, c'est quoi la droite ? C'est la ligne droite sociale d'Aurélien Pradié ? C'est la ligne plus souverainiste de Bruno Retailleau ? Ou c'est la ligne plus libérale que vous défendez vous-même ?

18:38
Invité

J'ai toujours détesté, récusé, ces débats sur les lignes. Je les faisais à une époque où nous étions très forts. Mais c'est important d'avoir une idéologie quand on est un parti. C'est ce que vous reprochez à Emmanuel Macron, ou en même temps ? Non, ce n'est pas ça que je reproche à Emmanuel Macron. C'est la stratégie de fracturation du pays. C'est toute autre chose. Nous, au contraire, on a cette ambition à vouloir rassembler, à vouloir échapper à cette fracturation qui fait qu'aujourd'hui, vous avez des électeurs de droite qui sont partis chez M. Macron, des électeurs de droite qui sont partis chez Mme Le Pen.

Nous, on considère qu'effectivement, évidemment, encore faut-il avoir des convictions à défendre, mais que ces convictions doivent permettre un large rassemblement, que les Français prennent un sujet comme l'immigration, un sujet qu'on a mis sur la table. Le gouvernement est incapable d'avancer sur l'immigration.

19:19
Présentateur

On va en parler un peu plus tard, si vous le voulez bien.

19:20
Invité

Non, mais bon, on en parlera quand on voudrait. Mais en réalité, je pense qu'on est tout à fait prêts à se rassembler.

19:26
Présentateur

La question, c'est que, pour reprendre ce que disait Claire, c'est qu'on voit clairement, malgré tout, qu'il y a trois lignes. Et on se demande qui est encore écouté au sein du Parti des Républicains. Est-ce qu'Éric Ciotti, quand il parle, est écouté par la totalité des élus du Parti des Républicains ? Et est-ce que, quand vous avez une décision à prendre, est-ce que votre groupe est en capacité de vous suivre ? Ça, c'est intéressant.

19:43
Invité

Je ne vais pas être langue de bois. C'est vrai qu'il y a eu un renouvellement très profond du leadership à droite. Pour l'instant, un renouvellement un peu par l'élimination, malheureusement. Regardez en dix ans, comme le paysage a été... C'est-à-dire par défaut ? ...a été dévasté. Non, non, non. Mais en tout cas, totalement dévasté. J'ai, évidemment, le retrait de la vie politique de Nicolas Sarkozy, le retrait de François Fillon, le départ d'Alain Juppé, toute une génération qui est partie. La génération suivante, elle est souvent dans ces régions, avec le non-cumul des mandats. Et donc, elle n'est pas dans le quotidien de la vie politique des Français.

Et donc, oui, il faut apprendre à trouver une autre organisation. Il y a un président qui a été élu, et très bien élu, républicain, qui est Éric Ciotti. Moi, je ne souhaite pas que certains continuent à faire le match de l'élection interne. Et donc, quand il parle, il est écouté ? C'est Éric, le patron du parti. Oui, je pense qu'il est évidemment écouté. Voilà, je suis président du groupe à l'Assemblée nationale, il est un président du groupe au Sénat. Mais vous comprenez qu'il peut y avoir un trouble pour les électeurs ? Ils ne comprennent plus qui est LR, finalement.

Non, mais si vous me dites que les leaders des Républicains, qui parlent au nom des Républicains, comme je le fais aujourd'hui dans la vie politique française, ont un déficit de notoriété par rapport à Mme Le Pen, je ferai très humblement...

21:08
Présentateur

On ne parle pas de notoriété, on parle de conviction. Comment voulez-vous que les électeurs comprennent qu'un parti qui a toujours défendu la retraite à 65 ans soit dans les rangs de l'opposition, au projet qui est un petit peu plus doux que défend ?

21:22
Invité

Il y a visiblement 19 députés, 19 députés qui ne voulaient pas voter, et qui ont voté la réforme, et qui ont voté la motion de censure. Voilà, c'est 19 sur 62 députés. Donc il y avait quand même une grosse majorité. Le Sénat a voté... Donc j'ai une ronde de parcours, terminé, tout ça est oublié ? Donc il n'y a pas d'état d'âme. Notre projet politique, il est toujours aussi clair, c'est le redressement de ce pays, le redressement de ce pays en mettant de l'ordre dans les comptes. M.

Macron laissera un pays au bord de la ruine, enfin on est aujourd'hui au bord de la faillite, avec 3 000 milliards de dettes, c'est un intérêt qui augmente, et qui vont continuer à augmenter avec la dégradation de la note de la France. Deux, on a besoin d'un redressement régalien, c'est évident, il y a eu, depuis que M. Macron est au pouvoir, vous n'avez eu aucune loi pénale digne de ce nom pour remettre à niveau la réponse pénale dont nous avons besoin dans ce pays. Vous n'avez eu aucune loi durcissant les règles en matière d'immigration. Donc c'est une désertion totale de la part de M. Macron en matière sur les sujets régaliens. Une désertion totale.

On est diamétralement en opposition avec ce qu'a fait M. Macron sur ces sujets-là. Voilà, sur le troisième sujet qui m'est cher, moi je pense qu'on redressera ce pays qu'avec une réindustrialisation forte. M. Macron a ouvert le pays à tous les vents de la mondialisation de manière caricaturale et totalement anachronique. À un moment où tous les autres pays avaient compris qu'il fallait faire un peu marche arrière sur ces excès de la mondialisation. Mais est-ce que justement, pour imprimer la marque LR, est-ce que vous n'auriez pas intérêt à ce qu'un Gérard Larcher devienne Premier ministre ? Auquel cas, ça vous donne, son nom est absolument partout.

Ça vous donnerait le leadership, finalement ? Non, mais nous n'avons pas le même projet politique qu'Emmanuel Macron. Je viens de vous le dire à l'instant. Je peux continuer. On va parler d'industrie, on pourrait parler d'agriculture. Est-ce que vous êtes encore Sarkozy ?

23:10
Présentateur

Parce que Nicolas Sarkozy est favorable à cette alliance entre votre parti et les macronistes. Vous êtes encore un Sarkozy ?

23:16
Invité

Écoutez, moi je n'ai pas entendu Nicolas Sarkozy dire ça récemment. J'ai entendu la dernière fois qu'il s'est exprimé dire qu'il faut que M. Macron, le président Macron, se tourne vers la droite, se tourne vers des idées de droite. C'est ce qu'il essaie de faire. Il était favorable à l'idée éventuellement d'un contrat de gouvernement comme Rachid Haddati, comme Jean-Claude Copé. Je ne vais pas parler de Nicolas Sarkozy. Clairement, on va refaire la question. Non, non, ce n'est pas notre projet. Gérard Larcher dit, pas aujourd'hui. Il n'a pas eu la réaction. Non, non, non, non, il aurait pu bondir en disant une dernière question. Non, non, il n'a pas dit ça du tout.

Il laisse la porte ouverte en fait. Il laisse la porte ouverte. Et après, je crois que la journaliste, la peine de malheur qui l'interroge, il redit clairement non à cette proposition. Donc c'est impensable. Et je vous dis tout aussi clairement non. Nous n'avons pas le même projet politique que M. Macron. Il est même assez diamétralement opposé sur tous les sujets que je viens d'évoquer. Le laisser aller en matière de dépenses publiques, l'effondrement de nos services publics, l'effondrement de l'État régalien, de la justice...

24:14
Présentateur

Ça veut dire que pour les quatre années qui viennent, vous allez être dans une opposition permanente ? Ou est-ce qu'au nom de l'intérêt supérieur de la nation, vous imaginez voter le projet de loi justice ?

24:25
Invité

Vous imaginez voter le projet de loi immigration ? Les Français ont mis, ont souhaité, je pense qu'il y a une certaine cohérence, ils ont réuni le président de la République par défaut. Je pense qu'il est difficile de soutenir autre chose. Il a été réélu par défaut au second tour de cette élection présidentielle. Ça entache le fait qu'il ait refusé, qu'il ait fui l'élection présidentielle, qu'il ait fui le débat présidentiel. Souvenez-vous quand même de ce qui se disait à l'époque, on le dénonçait, le fait que le président de la République refuse d'entrer en campagne. Il est rentré en campagne plus tardivement que... Nicolas Sarkozy aussi pour le deuxième. Nicolas Sarkozy notamment.

24:57
Présentateur

Non, non, mais Nicolas Sarkozy était entré en campagne plus tôt.

24:59
Invité

Et lui, par ruse, par calcul, il s'est dit, plus tard j'entrerai en campagne, plus j'aurai de chances d'être réélu. Voilà ce qu'il en coûte aujourd'hui. Il a refusé cette occasion de construire un pacte avec les Français. Et donc, oui, ça porte atteinte, non pas à la dimension, évidemment, totalement légale de cette élection, mais au fond, à sa légitimité populaire dans le pays. Et les Français, par cohérence, ont voulu le priver d'une majorité absolue et donc l'obligent à essayer à l'Assemblée nationale, finalement, de construire un tout petit peu de concorde nationale que lui n'est pas capable de produire.

25:38
Présentateur

Et donc, pour clore ce sujet, il n'y aura pas de débauchage des Républicains qui pourraient entrer dans le prochain gouvernement ?

25:46
Invité

Visiblement, ils sont arrivés un peu au bout de cette démarche. Moi, très sincèrement, je dis que ce serait la pire des façons de faire ce petit jeu de débauchage, qui consiste à quoi ? Soyons très francs et très honnêtes, ça consiste à essayer de discréditer les Républicains. Depuis le début, c'est ça. Ce fait pour dire, mais vous, de toute façon, vous avez été dévendus, on vous achète, on vous offre un portefeuille ministériel et vous y allez, vous n'êtes plus crédible, etc. C'est fait pour tuer un parti d'opposition parce que M. Macron ne veut pas avoir d'autre opposition que Mme Le Pen, qui est son opposante choisie.

Regardez la publicité que ce gouvernement fait matin, midi et soir pour Mme Le Pen. Quand M. Darmanin, dans un exercice pas très malin, s'en prend Mme Mélanie en essayant de faire croire une comparaison qui est d'ailleurs excessivement flatteuse pour Mme Le Pen, en la comparant à Mme Mélanie en disant que c'est un échec. Quand M. Véran va au Danemark pour dire, regardez le projet, quand on écoute trop l'extrême droite, ce que ça donne. ils sont en permanence dans cette recherche. Donc, ce projet qui consiste à vouloir casser la seule opposition à la seule autre alternative que M. Le Pen, évidemment, est un projet détestable. Et donc, je ne les invite pas à poursuivre sur ce chemin.

On peut considérer aussi qu'il prenne ce qu'il y a de mieux à droite et à gauche. Et on peut considérer aussi que Gérald Darmanin, parce que là, vous le prenez sur Mélanie, mais si vous le prenez sur l'immigration, sur la sécurité et tout, on peut considérer qu'il durcit la position du gouvernement pour pas que ce soit Mme Le Pen qui la récupère. Je ne crois pas qu'il ait durci. En gros, qui dit les mots ? Regardez, Gérald Darmanin, dans l'hypercommunication, pour donner l'illusion d'une action, la réalité, c'est que, est-ce que M. Darmanin a fait un texte sur l'immigration depuis qu'il mise à l'intérieur ? Quels sont les résultats, M. Darmanin ? Je vais vous donner un chiffre.

On arrive aujourd'hui à 500 000 étrangers accueillis légalement en France chaque année. 500 000. C'est, en ordre de grandeur, on n'est pas tout à fait, on est à 340 000, plus 140 000 de mots d'heures d'asile. Mais presque 500 000. C'est une ville comme Toulouse chaque année. Reprenez les chiffres sous Nicolas Sarkozy, sous la droite au pouvoir. On était quasiment à la moitié de ces chiffres-là. Il y avait un peu plus de QTF qui était... Donc, c'est la politique de M. Darmanin.

27:58
Présentateur

Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas discuter avec le gouvernement, justement, sur ce projet de loi immigration ?

28:03
Invité

Parce que ce qu'on sait du projet de loi immigration du gouvernement, c'est un projet de loi en même temps. C'est un projet de loi où M. Darmanin faisait croire qu'il allait être ferme et que, de l'autre côté, on ouvrait les vannes de l'immigration en inventant un nouveau titre de séjour professionnel, un nouvel appel d'air. En réalité, on n'a pas besoin de ce titre de séjour. On a déjà un titre de séjour, compétence et talent qui permettent tout à fait de recruter des gens quand on en a besoin. Donc, c'était un texte, en réalité, en même temps, au milieu de la communication, au pire, l'ouverture des vannes une nouvelle fois. Et donc, votre proposition de loi...

C'est pas le texte où nous voulons... Nous déposerons notre propre texte.

28:38
Présentateur

Elle sera meilleure ? Elle sera meilleure en quoi, celle-là, alors ? Qu'est-ce qu'il y aura d'autre dans cette loi différente de celle que propose le gouvernement ?

28:46
Invité

La question de l'immigration, elle est infiniment plus large que ce que propose le gouvernement. Déjà, c'est...

28:50
Présentateur

Parce que Gérald Darmanin avait travaillé avec vous, quand même. C'est déjà pas normal. Elle avait travaillé largement avec les élus de droite pour fabriquer son texte.

28:54
Invité

Une fois, une réunion avant la loi d'orientation de sécurité intérieure et ce texte-là. Non, le premier sujet, c'est être lucide aujourd'hui sur les causes de l'immigration. Dans les causes de l'immigration...

29:07
Présentateur

Prenez le temps de boire. Je vous en prie, prenez le temps de boire. Je vous en prie, prenez le temps de boire.

29:10
Invité

Dans les textes, pardon. Dans les causes de l'immigration en France, il y a un phénomène nouveau depuis 10 ans, 10, 15 ans. C'est vraiment une immigration sociale. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la façon dont les droits sociaux sont ouverts aux étrangers arrivant sur notre territoire est beaucoup trop lâche, trop souple et donc fait qu'il y a un vrai appel d'air. Alors qu'il faut avoir le courage de commencer par ça dans les nouvelles causes de l'immigration. Vous savez qu'en France, pour bénéficier du minimum vieillesse, il suffit de 3 ans de séjour en France. C'est-à-dire que quelqu'un qui n'a jamais cotisé pour un euro de retraite en France à droit au bout de 3 ans de séjour.

29:52
Présentateur

Vous voulez le passer à 5, c'est ça ? Vous voulez le passer à 5 ans, c'est ça ?

29:55
Invité

Je pense qu'il faut être beaucoup plus dur et restrictif sur ces mesures-là. Est-ce que c'est 5 ans ? Est-ce que c'est 10 ans ? Mais la solidarité nationale, on ne peut pas en bénéficier sans avoir jamais payé ni un euro d'impôt ou de cotisation. Idem sur le RSA. Aujourd'hui, sur le RSA, sur le minimum vieillesse, c'est un tiers des bénéficiaires en France aujourd'hui qui sont étrangers. Un tiers des bénéficiaires qui sont étrangers et qui ont 940 euros par mois sans jamais avoir cotisé.

Vous savez, moi je me souviens dans ma circonscription il y a quelques années, il y a 4 ou 5 ans, quand il y a eu la crise du gaz en Algérie, j'ai reçu plusieurs personnes, plusieurs personnes âgées, retraitées algériens, venues me voir, qui avaient été failli en France, en me disant au bout de combien de temps j'ai droit au minimum vieillesse si je reste en France. Donc oui, c'est un appel d'air. Le RSA, vous avez une quinzaine de pays où les gens ont droit au RSA. Au bout, c'est pareil de... Non pardon, c'est beaucoup plus une quinzaine. Les quinzaines, c'est pour le minimum vieillesse, excusez-moi.

On n'y a droit au bout de 3 ans pour une quinzaine de pays, les pays du Maghreb et les pays d'Afrique subsaharienne. Sur le RSA, vous avez droit aujourd'hui au bout de 3 ans. Alors, il faut durcir aussi considérablement...

31:13
Présentateur

Mais le volet répressif du projet de loi de Gérald Darmanin, il n'était pas suffisant ?

31:18
Invité

Non mais pardon, le volet répressif, il n'y avait pas grand-chose dans ce volet répressif. Il y avait une réforme du contentieux des OQTF. Donc pardon, d'abord, être lucide sur ce qui est aujourd'hui devenu une nouvelle cause de l'immigration dans notre pays qui est cette immigration sociale. sur le RSA, là aussi, c'est de la pure solidarité. C'est-à-dire que c'est ce qu'on appelle un minima non-contributif, une solidarité non-contributive. C'est-à-dire que les gens n'ont jamais cotisé.

Qu'un étranger qui a été autorisé à séjourner, qui est résident, qui a une carte de résident de 10 ans, puisse bénéficier, s'il a un accident de parcours, un accident de la vie du RSA, ça peut se comprendre, mais que quelqu'un qui est venu avec un titre de séjour temporaire parce qu'il avait un travail ou parce qu'il était étudiant puisse, après, bénéficier de la solidarité, ça n'a aucun sens en réalité. Ça n'a aucun sens. Donc, il faut remettre tout ça à plat. C'est le premier volet. Ensuite, effectivement, on est d'une totale inefficacité sur les expulsions. Mais là aussi, ce n'est pas que du contentieux sur les OQTF. C'est un sujet beaucoup plus large.

Attendez, quand il n'a pas laissé passer consulaire et Éric Ciotti s'est rendu au Maroc récemment. Est-ce que vous pensez que vous, au pouvoir, ou Éric Ciotti, au ministère de l'Intérieur, les Marocains et les Algériens nous donneraient des laissés-passés consulaires en masse de manière à pouvoir renvoyer leurs ressortissants ? Ce que j'observe, c'est quand la droite était au pouvoir, la droite... Un peu plus. Patrick Stéphanini, qui n'est pas un gauchiste, explique que les OQTF, obligation de quitter les territoires français, c'est un casse-tête épouvantable de renvoyer les gens qui disent qu'ils n'ont pas de papier d'identité. Les pays d'origine ne veulent pas les reprendre sur tout passé.

Il y a deux choses. Il y a déjà des questions très techniques sur la durée de rétention. C'est-à-dire que si vous gardez les gens que vous devez expulser que 48 heures, vous n'avez pas beaucoup le temps d'avoir... Non, mais là, vous changez de sujet.

33:08
Présentateur

On est sur les OQTF.

33:09
Invité

Pardon ? Sur les OQTF ?

33:10
Présentateur

Oui, mais là, je dis que vous changez de sujet. Le centre de rétention, c'est encore autre chose. On parle des OQTF. Effectivement, aujourd'hui, il y en a 3% qui sont impliqués.

33:17
Invité

Oui. Pourquoi ? Il y a en réalité deux choses. Il y a la question, il y a le temps que vous gardez les gens sous la main, si je puis dire, pour pouvoir les expulser. Ça, c'est un délai de rétention. De traitement des cas et de recours. Rétention. Donc ça, effectivement, il y a un sujet à traiter de manière beaucoup plus efficace. Et ensuite, il y a obtenir le laisser passer consulaire. Là, ça passe par la voie diplomatique. La droite au pouvoir était infiniment plus efficace.

33:42
Présentateur

Donc, vous comptez juste sur le fait d'être la droite au pouvoir éventuellement un jour pour y arriver ? Parce que vous allez faire comment ? C'est quoi la méthode ?

33:49
Invité

Il faut aller plus loin. Ça fait, tenez, un exemple et un seul de l'absence de volonté politique réelle du gouvernement sur ce sujet-là. Nous avons proposé lors de la dernière loi de finances, lors du dernier budget, que les aides au développement, aux pays qui ont versé les aides au développement, soient soumises à l'acceptation de la délivrance de ces laisser passer consulaire. Le gouvernement a refusé de faire un lien entre les deux. Donc, le gouvernement, en réalité, ne se donne pas tous les moyens d'être efficaces. Il y avait des problèmes d'énergie et de négociation qu'il y avait entre un certain nombre de pays qui faisaient que ces débranches que de leur prédire de leur couper l'aide.

Vous n'aurez zéro de l'aide au développement, dès lors qu'ils ne jouent pas le jeu avec la France, croyez-moi qu'ils comprendraient assez vite le message. Monsieur Marlex, sur cette loi immigration que vous êtes en train de préparer, est-ce que tout le monde est d'accord au sein de LR ? On voit bien que sur les quotas, Eric Ciotti dit oui, d'autres disent non, c'est inefficace. sur le référendum d'initiative populaire proposé par Aurélien Pradié et Dumont aujourd'hui dans le journal du dimanche, est-ce que c'est la position du parti ? Vous êtes tous d'accord ou comme sur les retraites, il va falloir affiner ?

On a annoncé avec Eric Ciotti, Bruno Rotaillot, qu'on allait faire une proposition de loi qu'on mettrait sur la table d'ici la fin du printemps, fin mai, début juin. On aurait un projet sur la table. En réalité, des mesures, ça fait dix ans qu'on dit ce qu'il faut faire. Vous avez un texte au Sénat qui est prêt ? Non, le texte au Sénat, il est uniquement relatif aux OQTF. C'est les conclusions, une fois encore, je viens de vous dire que le sujet, je pense qu'il est infiniment plus large que ça. Il y a le volet des étrangers, des étrangers délinquants.

35:23
Présentateur

Non, mais attendez, ce n'était pas la question d'Anne Svetemont, pardonnez-moi, mais il y a une tribune aujourd'hui qui est signée effectivement de deux députés, Pradié et Dumont, qui vous disent que ce serait bien de faire plutôt un référendum d'initiative partagée. Vous dites quoi ? Bon, quoi ?

35:34
Invité

On n'a pas le droit de faire de référendum d'initiative partagée, de RIP, en matière d'immigration. Parce que le RIP, c'est dans le champ de l'article 11. L'article 11, c'est les questions environnementales, économiques, sociales. Et la jurisprudence dit qu'on ne peut pas faire de RIP en matière... Donc, je n'ai pas vu leur projet, mais on n'a pas le droit sur l'immigration. Vous n'avez pas regardé... Et puis, on peut aller plus vite, on peut aller directement. Moi, ce que je crois... Il y a deux choses. Il faut sans doute, pour être tout à fait complet sur l'immigration, il y a deux choses. Il y a aujourd'hui ce qu'on a les moyens de faire, sans doute, dans le cadre législatif.

Regardez ce qu'ont fait les Danois. Les Danois ont réduit considérablement les sociodémocrates. C'est la gauche au pouvoir qui a réduit considérablement l'appel d'air en matière d'immigration avec les mêmes contingences que nous. La même Union européenne, la même Courte de justice et la même CEDH.

36:28
Présentateur

Et ce que vous soulignez tout à l'heure et ce que soulignait aussi Olivier Véran, c'est que de ça résulte un problème de main-d'oeuvre aujourd'hui.

36:37
Invité

Monsieur Véran nous explique qu'il veut plus d'immigrants en France. Donc, j'ai bien fait de m'opposer au projet de loi d'immigration de ce mondialement. Qu'est-ce que vous répondez au BTP, bâtiment à travaux publics ? Qu'est-ce que vous répondez aux restaurateurs ? Qu'est-ce que vous répondez aux petites et moyennes entreprises ou aux MEDEF qui, eux, n'ont pas une position à certains noms de députés qui, eux, considèrent notamment qu'il y a des domaines. On peut parler de la vieillesse, de l'aide, de tous les domaines du CAIR où on n'a personne ou personne ne veut le faire. Qu'est-ce que vous leur répondez quand ils disent ? Il y a parfois des questions de rémunération, de salaire.

Il faut quand même que les employeurs s'interrogent quand ils n'arrivent pas à trouver de main-d'oeuvre. Il y a ensuite beaucoup de gens en France qui ne peuvent pas avoir 2 millions de personnes au RSA et ce cas qu'on n'a pas assez de monde. Donc, oui, tout ça est sur la table. On ne peut pas dire durablement, comme l'ont fait certains, que l'immigration est absolument nécessaire. Je pense qu'on a totalement de quoi faire pour remettre tout le monde au travail. Mais est-ce que ce n'est pas une position très idéologique et qui manque un peu de pragmatisme, pardon pour la question aussi directe ? Non, mais ça ne manque pas de pragmatisme.

Vous avez des députés de votre groupe qui disent dans des régions rurales « Moi, pour aller faire du fromage, je vois dans les fermes qu'il n'y a que des migrants qui arrivent du Château qui veulent travailler et qui sont favorables. » Je n'ai pas vu beaucoup de migrants dans le Cantal faire du Saint-Nectaire ou du Cantal. Donc, non, on a des sujets de main-d'oeuvre sur certains métiers dans l'agriculture mais plutôt sur les fruits et légumes ou sur le remassage des pommes de terre, etc. Donc, parfois, c'est nécessaire. Je pense qu'il y a d'autres moyens.

Une fois encore, dans un pays où il y a encore un certain nombre de chômeurs, d'allocataires du RSA, je pense qu'il y a quelque chose à faire pour remettre tout le monde au travail avant d'avoir recours à cette facilité. J'ai rencontré le président du MEDEF qui m'a dit d'ailleurs de dire « Ne laissez jamais dire ne laissez jamais dire que c'est à la demande du patronat que le gouvernement, que ça demande des employeurs que le gouvernement veut... » C'est nous qui avons demandé l'assouplissement des règles. Ne laissez pas dire ça. Donc, en réponse à votre question, ça ne peut pas être ça la réponse.

Le durcissement de l'assurance chômage, en revanche, c'est-à-dire le fait de rendre plus difficile l'indemnisation est moins longue et moins élevée, ça, vous trouvez que ça va dans le bon sens pour essayer justement de remettre des gens dans le travail et de dire qu'on est besoin d'une main-d'oeuvre étrangère. Bien sûr, regardez aujourd'hui, on va avoir le sujet de la question du RSA qui, pour le coup, faut traiter de manière pragmatique parce que c'est un peu plus compliqué que semble dire parfois le gouvernement. Mais on ne peut pas accepter dans ce pays d'avoir 1,8 million je crois de gens qu'on laisserait sur le côté. D'ailleurs, c'est une philosophie.

c'est chez certains de dire bon, on ne s'en occupe pas, c'est des gens pas très employables, etc. Pour moi, la question du RSA c'est à la fois une question d'équité. On ne peut pas imaginer aujourd'hui qu'une personne seule avec deux enfants au RSA la totalité des aides c'est 1 400 euros par mois. Je ne dis pas qu'on vit bien avec 1 400 euros mais c'est 1 400 euros la totalité des aides le RSA pour les enfants le supplément familial les allocations familiales c'est 1 400 euros.

Vous êtes au SMIC ou un tout petit peu plus que le SMIC en réalité vous ne gagnez quand même pas beaucoup plus à la fin du mois justement je vous parlais de la réforme du RSA qui oblige à faire quelque chose qui oblige à avoir une formation sur le RSA deux choses donc oui je pense qu'il y a une question d'abord d'équité qu'on ne peut pas tolérer ça il faut faire le maximum pour ramener tout le monde vers le travail et c'est une question à la fois d'équité vis-à-vis de la France qui fait l'effort de se lever tôt et c'est une question aussi d'ailleurs de dignité parce que moi je refuse une société dans laquelle on accepterait définitivement que X% de la situation de la population ne serait pas mais il y a justement une obligation en échange du RSA pour la dignité et le sens du travail donc ça ça va dans le bon sens oui j'ai proposé je crois que c'est nous les républicains qui avons mis ce sujet sur la table dans le projet des républicains de dire qu'il faut 15 heures d'activité en face

40:59
Présentateur

mais Olivier Marlex pardonnez-moi mais toutes ces idées on les entend depuis très longtemps dans la bouche les 15 heures d'activité

41:05
Invité

c'est des républicains qui les ont mis dans le projet législatif oui Laurent Wauquiez

41:10
Présentateur

le défend cette idée-là depuis très très longtemps ce qui est intéressant dans la tribune dans le JDD signé donc Dumont et Pradié qui sont donc des élus les républicains ils disent voilà il est grand temps que la droite ait des idées neuves et crédibles est-ce que là dans tout ce que vous nous dites sur l'immigration sur le RSA est-ce qu'on est dans des idées neuves

41:30
Invité

et crédibles ça fait 10 ans qu'on est dans l'opposition donc effectivement ça fait 10 ans qu'on radote je crois que c'était leur expression oui mais moi j'assume de radoter j'assume d'avoir raison sur le fait que nous allons dans le mur avec des politiques de gauche en matière d'immigration j'assume parfaitement

41:47
Présentateur

vous assumez vraiment des divisions au sein des républicains parce que

41:50
Invité

il n'y a pas de division je travaille quotidiennement avec Pierre-Henri Dumont sur les sujets d'immigration il n'y a pas de division entre nous sur ces sujets-là et donc pour terminer sur la question de l'immigration en réalité il y a deux niveaux il faut aller au maximum de ce qu'on peut faire dans le cadre des traités internationaux aujourd'hui mais on a des marges de manœuvre sur le regroupement familial en réalité on est en deçà de ce que permet de faire la Cour européenne des droits de l'homme donc on peut durcir on a des marges et puis il y a un moment effectivement où il faut sans doute aller plus loin c'est modifier notre constitution et ça suppose de modifier notre constitution et c'est peut-être effectivement notamment de nous redonner un moyen de tenir à distance cette jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme

42:36
Présentateur

vous avez le sentiment que ça c'est la priorité des français en ce moment de lutter contre l'immigration on sent que la France est fracturée je ne dis pas

42:44
Invité

que c'est le seul sujet je ne dis pas que c'est le seul sujet je ne dis pas que c'est le seul sujet pendant la campagne présidentielle l'Assemblée c'est le seul sujet je ne dis pas que c'est le seul sujet mais je dis que c'est un sujet c'est un sujet aujourd'hui essentiel essentiel dans notre pays et qu'évidemment il faut agir et que depuis dix ans une fois encore on n'a rien fait je voudrais vous donner trois chiffres le nombre de parce que c'est une façon de montrer aussi que la droite et la gauche ce n'est pas la même chose quand Nicolas Sarkozy est élu président de la République il y a 2,9 millions de titres de séjour autorisant des gens à séjourner en France quand il s'en va en 2012 il n'y en a plus que 2,6 on passe de 2,9 à 2,6

43:26
Présentateur

donc 300 000 en moins

43:27
Invité

il y a une baisse du nombre de titres de séjour autorisés dans notre pays François Hollande arrive on remonte à 2,9 millions ce qu'on avait réussi pour la première fois dans notre histoire récente de réduire l'immigration légale monsieur Hollande le piétine et on annule les efforts de Nicolas Sarkozy savez-vous à combien on est aujourd'hui ?

on est à 3,7 millions c'est-à-dire que le quinquennat le quinquennat de monsieur de monsieur Macron a réussi en matière migratoire avec monsieur Darmanin à ses côtés à faire pire à faire pire que François Hollande avec des crises internationales qui ont fait aussi qu'avec un petit peu et vous savez même quelqu'un je reviens sur sur le fait qu'il faut arriver à reprendre nos distances par rapport à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme quelqu'un d'aussi raisonnable d'aussi sérieux que Michel Barnier avait dans son projet présidentiel proposé un bouclier constitutionnel pour tenir à distance pourquoi ?

parce que je ne vais pas rentrer dans le détail juridique c'est trop un tollé de mauvaise foi parce que on parlait essentiellement de la CEDH mais qui n'a rien à voir avec les instances européennes mais en clair aujourd'hui en Allemagne ils ne gèrent pas la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme comme nous ils ne gèrent pas comme nous ils ont une Cour constitutionnelle qui fait le filtre et qui réserve qui dit non ça on ne l'appliquera pas nous on applique tout et c'est le juge de première instance qui dit non pas la loi française mais parfois le contraire de la loi française la jurisprudence de la Cour européenne on ne peut plus tolérer ça

45:02
Présentateur

Olivier Marlex le temps file vous êtes avec nous jusqu'à 13h mais il est déjà 12h50 presque depuis le début de cette émission on sent que le thème dont vous voulez parler c'est l'immigration qu'est-ce qui se passe avec la droite vous courez à ce point là derrière Marine Le Pen

45:14
Invité

écoutez soyons sérieux ça fait pour le coup ça fait 20 ans qu'on entend cette rengaine sur les questions d'immigration la droite au pouvoir une fois encore je vous ai redonné les chiffres a été extrêmement efficace et on n'a aucune leçon à recevoir de Marine Le Pen c'est un sujet moi ce que je regarde

45:35
Présentateur

c'est l'unique sujet de la droite

45:37
Invité

et je ne veux pas non non mais je pourrais vous parler d'industrie pendant des heures si vous le voulez et du patriotisme économique je ne veux pas m'éloigner mais cette question cette question de l'immigration effectivement on ne va pas abandonner ce sujet Nicolas Sarkozy l'avait traité de manière extrêmement énergique quand il était président de la République on ne va pas aujourd'hui abandonner ce sujet là au Rassemblement National après on a beaucoup d'autres sujets on parlera du logement avec les républicains on va organiser une convention sur le logement à la fin du mois parce qu'on est en train de créer dans ce pays une crise du logement sans précédent une crise du logement terrible on arrive on construit on met en chantier environ 100 000 logements de moins que dans les années 2005

46:19
Présentateur

mais au final ce qu'on ne comprend pas c'est comment est-ce que vous envisagez votre stratégie pour vous réinstaller dans la cour de 2027 et espérer l'emporter tout simplement en raffirmant

46:28
Invité

nos convictions en montrant qu'il y a une politique alternative à celle d'Emmanuel Macron et qu'elle passe par beaucoup de sujets pas seulement par la question alors le 8 juin on va tout de suite être confronté à quelque chose il y a une proposition de loi Liot pardon du groupe Liot du groupe Liot qui est présenté comme une deuxième occasion de faire battre la majorité actuelle cette fois-ci tout le monde personne ne vote

46:56
Présentateur

Aurélie Aprélier a déjà dit qu'il la voterait on peut même l'écouter si vous voulez

47:01
Invité

j'ai pas encore interrogé chacun des vous les connaissez il n'y en a pas suffisamment pour que vous soyez l'enterre inconnue je croyais que vous étiez écouté vous avez expliqué que vous étiez écouté par les députés je reviens pardon de me répéter mais je reviens regardons quand même regardons ce qui s'est passé autour de nous il y a eu cette réforme de retraite une comment dire je pense enfin beaucoup de beaucoup de crispations de crispations inutiles je pense que le président de la république par sa stratégie de clivage permanente par la verticalité du pouvoir par une forme d'arrogance du pouvoir n'a pas permis de poser le sujet comme il aurait fallu d'accord pour l'avis parce que c'était mal présenté moi je suis convaincu moi je suis convaincu qu'on ne redresse c'est une conviction profonde qu'on ne redressera pas ce pays si on ne produit pas un peu plus on peut pas être le pays de l'Union Européenne des pays du monde qui travaillera le moins comment venez-vous

47:59
Présentateur

convaincre les Français si vous ne parvenez pas à convaincre Aurélien Pradi

48:02
Invité

c'est pas mon sujet de convaincre Aurélien Pradi

48:05
Présentateur

il est quand même dans votre parti

48:06
Invité

non non mais c'est pas mon sujet vous sanctionnerez si certains les 19 qui ont voté la motion si ça revient on a un pays qui est en train de décrocher on a fait un similaire à quelques jours on avait fait venir qui sent cet Étienne grand économiste qui rappelait que l'Union Européenne il y a ne serait-ce que 15 ans c'était 20% du PIB mondial on est à 15% aujourd'hui donc on va à ce rythme là nous allons disparaître de l'histoire moi je ne veux pas que la France disparaisse de l'histoire et pour ne pas disparaître de l'histoire il faut que ce pays accepte de travailler un peu plus si ce pays veut garder son haut niveau de redistribution son haut niveau de vie sociale il faut qu'il accepte de produire un peu plus de richesse sachant qu'elle peut être adoptée à une majorité si la Grande-Bretagne travaille à 67 ans si les Pays-Bas travaillent à 67 ans si l'Italie Madame Mélanie n'est pas revenue sur les 67 ans les socialistes la gauche au pouvoir ne sont pas revenue sur les 67 ans en Espagne à qui peut-on faire croire que la France pourrait être le seul pays du monde où on travaille jusqu'à 62 ans je prends un pari si demain Madame Le Pen était présidente de la République si Monsieur Mélenchon était Premier ministre personne personne ne reviendrait sur cette réforme parce que c'est malheureusement du bon sens alors après qu'on l'améliore que demain on réfléchisse à des solutions pour remettre un petit peu plus de liberté vous savez par exemple qu'aujourd'hui vous avez une décote si vous partez avant les 43 ans les 43 annuités mais vous n'avez pas de décote sur l'âge

49:27
Présentateur

la question elle n'est pas là Olivier Marlex la question très justement posée par Anne Souhaitement c'était il va y avoir encore un certain nombre de députés chez vous qui va voter cette loi Liot qui veut supprimer l'article 7 de l'ancienne réforme

49:39
Invité

comment voulez-vous qu'on soit audible si je passe mon temps à répondre à la question de savoir qu'est-ce que je fais par rapport à ce que vous les sanctionnez ou pas vous les sanctionnez et ferme en disant si aujourd'hui on est de droite on ne peut pas voter c'est ce que je fais je préfère commencer par là être ferme sur les convictions que doit porter la droite faire sans rougir je ne me suis pas caché pendant ce débat je l'assume je sais ce qu'il y a d'un populaire je regrette qu'on n'ait pas pu aller au fond du débat sur des sujets comme la question de la pénibilité vous n'avez que 11 000 personnes 11 ou 12 000 qui partent en retraite par an alors que vous avez 2 millions de comptes pénibilité donc oui ça ne marche pas le texte va améliorer les choses en multipliant par 2 normalement les points et donc le nombre de personnes qui vont pouvoir partir plus tôt mais ça ne marche pas bien il y a plein d'autres sujets je regrette qu'on n'ait pas pu les évoquer dans ce débat mais sur le fond sur le fond ne racontons pas d'histoire aux français

50:29
Présentateur

je voudrais qu'on aborde pour finir quelques points d'actualité Olivier Marlex est-ce que vous redoutez la cérémonie du 8 mai qui doit avoir lieu demain présidée évidemment par Emmanuel Macron sur l'avenue des Champs-Elysées est-ce que vous avez peur que ce soit une cérémonie chahutée ?

50:42
Invité

Non j'espère pas écoutez sans être au même niveau que les Anglais de respect de la nation je pense qu'il y a quand même des des symboles

50:56
Présentateur

qu'il ne faut pas toucher qu'il faut être capable

50:57
Invité

de commémorer on commémore la paix on voit à quel point aujourd'hui d'ailleurs cette paix y compris en Europe est redevenue fragile je pense évidemment à l'Ukraine la violation du droit international déclenchée décidée par M. Poutine on voit qu'aujourd'hui on a de nouveau une espèce d'axe qui se dessine dans le monde entre les démocraties et des régimes d'une nature différente qui eux je pense à la Chine je pense à la Russie qui eux considèrent que tout ça on peut s'assurer

51:28
Présentateur

au niveau de tension sociale aujourd'hui en France est-ce qu'on dépasse les bornes est-ce que les bornes ont été dépassées par les français ou certains politiques et est-ce qu'il va falloir une loi anticasseur comme le réclame votre collègue Bruno Retailleau au Sénat

51:38
Invité

on va avoir une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur le sujet il y a déjà une loi anticasseur le conseil constitutionnel l'avait en partie censuré je pense qu'effectivement il faut peut-être la réactualiser mais enfin voilà vous imaginez demain si un 8 mai les manifestations étaient les manifestations des commémorations étaient perturbées par des casseurs ce serait évidemment insupportable je pense que personne ne sera irresponsable est-ce que vous trouvez quand vous regardez la télévision et que vous voyez bien sûr il y a des groupes de casseurs bien sûr on dépasse les bornes parce que un il y a des groupes de casseurs des black blocs qui sont parfois d'ailleurs qui viennent de l'étranger etc et deux on dépasse les bornes quand toutes les forces politiques en France ne condamnent pas ces casseurs je vous rappelle qu'il y a eu plus de 400 policiers blessés le 1er mai c'est absolument inacceptable que certains hommes politiques refusent dans notre pays de condamner ces casseurs

52:33
Présentateur

je suis attaché

52:34
Invité

évidemment à la liberté de manifester qui est une liberté constitutionnelle mais tout ça doit se faire dans le respect évidemment des forces de l'ordre

52:42
Présentateur

et qu'est-ce que vous pensez globalement de cette stratégie qu'a Emmanuel Macron d'aller au contact des français d'arpenter le pays du nord au sud et d'est en ouest pour essayer de se réconcilier avec lui c'est la seule méthode à suivre c'est la bonne stratégie

52:53
Invité

il ne faut pas que tout ça tourne non plus au spectacle je pense que ce que les français attendent c'est de la sincérité je ne sais pas si Emmanuel Macron est capable de sincérité parce que pour être sincère il faut avoir des convictions or malheureusement je n'ai toujours pas compris qu'elles étaient profondément les convictions d'Emmanuel Macron vous pensez que il faut remanier et qu'Elisabeth Borne c'est plus possible comme certains disent tout ça s'est cramé je pense que tout ça est assez secondaire voilà c'est pour faire la même politique moi je pense que le président de la république doit élargir je ne sais pas non non non il doit changer de comportement c'est sans doute un peu pieux mais les français attendent de sa part sans doute un peu d'humilité voilà et son espèce de cinéma qui est bien créé sur les 100 jours enfin on le voit bien c'est un mauvais film Anne Soutemont j'ai une toute petite dernière question vont être lancées des consultations cette semaine par la présidente de l'assemblée sur la réforme des institutions il nous reste très peu de temps mais vous devez discuter avec elle en tant que président de groupe est-ce que vous vous êtes favorable retour sur le droit d'amendement limitation du 49.3 par exemple cumul des sur le travail parlementaire je pense qu'il y a un certain nombre de choses à faire pour redonner un peu plus de liberté de poids au parlement dans le précédent quinquennat monsieur Macron et le règlement intérieur qui a été de l'assemblée a tendance à restreindre la liberté d'initiative des parlementaires la liberté d'expression aussi des parlementaires dans l'hémicycle ce qui me paraît évidemment extrêmement fâcheux extrêmement grave après il y a d'autres sujets de révision constitutionnelle qui a annoncé la présidente de l'assemblée vouloir soutenir notamment sur la question de la proportionnelle ce qu'elle dit ce matin dans le journal du dimanche est absolument édifiant c'est à dire qu'elle dit aujourd'hui il n'y a pas de majorité absolue c'est très bien mettons la proportionnelle pour que ça continue toujours bon c'est à dire moi je pense que l'ingouvernabilité du pays ne doit pas redevenir la règle on a connu ça sous la quatrième république là on est dans un moment particulier où les français ont fait ce choix parce qu'ils ont réélu un président de la république qui avait fui le débat de ne pas lui donner une majorité ça ne doit pas devenir la règle dans notre pays

55:01
Présentateur

merci beaucoup Olivier Marlex d'être venu ce dimanche sur le plateau de questions politiques merci à toutes les trois merci à toute l'équipe je salue évidemment mon ami Thomas Négaroff qui sera de retour dimanche prochain en attendant bonne semaine à tous merci à tous

55:15
Locuteur

merci à tous merci à tous merci à tous

"En dix ans", le paysage politique à droite "a été dévasté", reconnaît Olivier Marleix · Pourquijevote