Olivier Faure, premier secrétaire PS
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:29OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'à vos yeux, Olivier Faure, c'est un dispositif suffisant ou c'est trop ?
- 1:15RelanceRéponse directe
Mais au point où on en est, on ne sait pas si une première réponse du gouvernement pourrait résoudre la crise du jour au lendemain.
- 1:29OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut en arriver là, selon vous, pour retrouver le calme ?
- 2:35OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous allez dire au premier ministre ?
- 3:09OuverteRéponse partielle
Dans la rue, il n'y a pas que des lycéens et des étudiants. Comment on peut répondre à tout le monde ?
- 4:00RelanceRéponse directe
Comment on peut répondre à tout le monde ? Ça paraît impossible.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« 'est pas d'avoir un dispositif massif, mais un dispositif adapté. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Il a reçu hier les syndicats. Il ne leur a rien dit. »
- 2:54Invité politiqueFait
« Il faut un plan de rénovation pour les lycées, pour les collèges, faire en sorte qu'ils ne fassent pas trop froid l'hiver, trop chaud l'été. »
- 4:54Invité politiquePromesse
« Bien sûr, il faut augmenter le SMIC. »
- 5:04Invité politiqueFait
« Le coup de pouce au SMIC, c'est le gouvernement. »
- 5:06Invité politiqueFait
« Dire qu'on réindexe les salaires sur l'inflation, c'est le gouvernement. »
- 14:27Invité politiqueFait
« Cette loi, elle a déjà existé. Elle a été abrogée en 1981 par François Mitterrand. »
- 16:51Invité politiqueFait
« Mais Agathe Landré, voilà un gouvernement qui est coupable d'inaction et qui maintenant cherche à se rattraper de son inaction en cherchant à condamner des gens qui n'y sont pour rien. »
- 17:10Invité politiqueFait
« Quand vous dites que vous allez condamner une famille parce qu'il y a un des enfants qui a commis un délit, pardon, ça s'appelle une punition collective. »
- 22:39Invité politiqueFait
« Si les taux d'intérêt à 10 ans ont passé la barre des 5%, c'est tout simplement parce que c'est le désordre. »
- 22:54Invité politiqueChiffre
« Je fais 90 milliards. »
- 24:01Invité politiqueFait
« Vous avez un gouvernement qui, depuis un mois, est confronté à des mouvements sociaux. Il n'y répond pas. Il ne reçoit personne. »
Temps de parole
- Olivier Faure58 %
- Invité16 %
- Présentateur12 %
- ?7 %
- Locuteur 14 %
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Bonjour Olivier Faure. Bonjour. Et bienvenue sur France Info et bonjour Agathe.
Bonjour, bonjour Olivier Faure.
Dans deux jours, ce sera l'acte 2 de la mobilisation contre la vie chère. Le gouvernement promet depuis quelques jours un dispositif massif. Parmi les forces mobilisées, des militaires de sentinelles pour des missions statiques devant notamment des bâtiments publics, les unités d'élite de la police et de la gendarmerie, BRI, GIGN, RED, des hélicoptères, des véhicules blindés, Centaure, des engins lanceurs d'eau et encore beaucoup d'autres policiers mobilisés. Est-ce qu'à vos yeux, Olivier Faure, c'est un dispositif suffisant ou c'est trop
? Le
problème n
'est pas d'avoir un dispositif massif,
mais
un dispositif adapté. Et le gouvernement cherche là, évidemment, à réparer ce qu'il n'a pas fait le week-end dernier et donc veut donner le sentiment que cette fois-ci, il a pris la mesure de ce qu'il s'est passé. Bon, moi j'espère que tout ça se passera dans le calme parce que je ne veux pas que les violences,
les
dégradations, les pillages viennent invisibiliser un mouvement social qui a des revendications qui sont claires, qui sont légitimes et que le gouvernement aurait dû entendre depuis longtemps. La meilleure façon pour qu'il n'y ait pas de casse, pour qu'il n'y ait pas de pillage, c'est tout simplement de répondre politiquement à une crise qui est une crise sociale et politique.
Mais au point où on en est, on ne sait pas si une première réponse du gouvernement pourrait résoudre la crise du jour au lendemain. En attendant, à court terme, il faut rétablir l'ordre. Il y a aussi des villes qui, dès aujourd'hui, ont interdit des manifestations, soit partout, soit dans certains secteurs. D'autres villes comme Rouen, Le Havre, Toulon, où les interdictions de manifester concernent même la journée de samedi. Est-ce qu'il faut en arriver là, selon vous, pour retrouver le calme
?
Mais vous voyez bien qu
'on
est dans une situation où le gouvernement glisse progressivement d'une réponse politique nécessaire à une réponse sécuritaire et exclusivement sécuritaire.
Il
a la possibilité de répondre. Il a reçu hier les syndicats. Il ne leur a rien dit.
Cet
après-midi, il reçoit les partis politiques. Vous
y serez à
14h30. J'y
serez
à 14h30. J'espère qu'à ce moment-là, il aura la bonne idée de dire ce qu'il entend faire et quelles sont les réponses qu'il entend apporter à ces différents mouvements. On ne peut pas traiter uniquement de manière sécuritaire un sujet qui est un sujet d'abord politique. Et s'il y a des gens qui continuent à manifester, c'est parce qu'ils ont le sentiment de ne pas avoir été entendus. Sur votre propre antenne, quand on écoute les lycéens, quand on écoute les étudiants, quand on écoute les salariés du public et du privé, que vous disent-ils ? Ils vous disent qu'on veut des réponses. On n'arrive pas
à étudier...
Qu'est-ce que vous allez dire au premier ministre ? Vous allez dire, Sébastien, vous connaissez, en plus, vous avez l'habitude de discuter ensemble. Qu'est-ce qu'il peut lâcher ? Qu'est-ce que vous voulez obtenir
?
Mais je veux simplement qu'on entende ce qui a été demandé.
Oui, mais
concrètement,
vous dites qu'il faut des réponses. Mais concrètement, il
faut un plan de rénovation pour les lycées, pour les collèges, faire en sorte qu'ils ne fassent pas trop froid l'hiver, trop chaud l'été. Il faut faire en sorte qu'il y
ait
des enseignants devant les élèves. C'est quand même extraordinaire. Voilà des élèves qui nous disent, on veut des professeurs.
Mais
on devrait quand même tout simplement les entendre.
Olivier Fort, dans la rue, il n'y a
pas que des lycées.
Dans le projet de budget, je
vais finir juste là-dessus. Dans le projet de budget qui va être, qui entre en ce moment, en discussion, on a la suppression de 1500 postes de professeurs. On a la réduction de 7 milliards des crédits aux collectivités locales qui ont la charge, justement, de rénover les écoles,
les collèges et les lycées. Ça, c'est aux députés
de travailler là-dessus. Mais les députés, ils travaillent simplement. Je vous rappelle que nous ne sommes pas majoritaires. Et donc, qu'il a la nécessité pour le gouvernement de dire quelle est sa copie et puis de faire en sorte que c
'est un majoritaire. Ça peut faire un objet de
négociation entre les députés
et le gouvernement. Pour l'instant,
est
-ce
que vous avez le sentiment que quelqu'un est prêt à
négocier
?
Mais simplement, Olivier Fort, vous parlez des lycéens, vous parlez des étudiants. Mais dans la rue, il n
'y
a pas du tout que des lycéens et des étudiants.
Il
y
a
des personnes qui, vous l'avez dit, des salariés du public. Il y
a
des personnes qui se plaignent de leur pouvoir d'achat. Il y
a
aussi des militants écologistes. Il
y a
des
gilets jaunes. Comment on
peut répondre ? Et des gilets jaunes aussi. Comment on peut répondre à tout le monde ? Ça paraît impossible. À six mois d'une présidentielle. Vous pensez qu
'on
ne peut pas répondre à tout le monde ?
Mais
ça
sert
à
quoi ? Quand on n'a pas de
majorité et pas d'argent, ça peut paraître
compliqué.
Il y a une majorité pour dire qu'il faut remettre de l'argent sur l'école, sur l'enseignement supérieur, sur les lycées. Ça, il y
a
une majorité pour le dire. Et donc, si le gouvernement est prêt à répondre à cette demande-là, nous y sommes prêts nous aussi. Si la question est de savoir si aujourd'hui, il faut augmenter les salaires, parce que les gens n'arrivent plus à vivre, y compris quand ils sont salariés. C'est quoi le mouvement des gilets jaunes, au départ ? Ce sont des gens qui travaillent, mais qui n'arrivent pas à vivre de leur travail, qui ne peuvent plus payer les frais courants, qui ne peuvent plus payer à leurs enfants des loisirs, des vacances. Et il faudrait qu'on s'en satisfasse, qu'on dise « oui, ok, c'est comme ça ».
Donc, il
faut augmenter les salaires, comme le réclame la CFDT ?
Absolument. Augmenter de 100 euros les salaires
? Bien sûr, il faut augmenter le SMIC. Il faut aussi faire en sorte que toute l'échelle salariale soit revue. Ça,
ça ne se
décrète pas non plus. Ce n
'est
pas le gouvernement qui va décider d'augmenter
tous les salaires. Le coup de pouce au
SMIC, c'est le gouvernement.
Dire qu'on
réindexe les salaires sur l'inflation, c'est le gouvernement. Tout ça, c'est possible. Il
y
a d'autres pays qui le font. Donc, pourquoi est-ce que nous, nous ne le ferions pas ? Vous voyez bien que ce qui se passe aujourd
'hui, c'est une crise qui est multidimensionnelle. Peut-être parce qu'on a aussi
une situation économique
qui est complexe,
une croissance qui est à tonne, des entreprises qui sont en difficulté et qui sont inquiétées, y compris à cause de la situation politique. Oui,
et vous croyez que les solutions qui sont présentées depuis 10 ans par ce gouvernement-là ont résolu quoi que ce soit. On a là une crise qui est devenue multidimensionnelle, alors même qu'on pourrait, si vous voulez, relancer la consommation. Mais il faut donner de
l
'argent aux gens. Et donc, ce qui se fait, je prends l'exemple espagnol, avec Pedro Sanchez, président du gouvernement socialiste espagnol. Mais qu'est-ce qu'il a fait ? Il a augmenté le SMIC, alors pas
en un an. Et on rappelle que
les salaires en Espagne ont
très peu augmenté ces 20 dernières années, Olivier Faure. Oui, mais enfin là, en l'occurrence, le SMIC, il a augmenté de 60%. Et donc, vous voyez bien que ce qui a tiré la croissance espagnole, c'est la consommation populaire. Et donc, vous ne pouvez pas chercher à étouffer les contestations, alors même qu'elles sont l'une des réponses aussi à la crise économique que nous vivons.
Et s'il n'y
a
pas de réponse, tout à l'heure à Matignon, vous faites quoi ? Et est-ce que vous irez manifester, vous, samedi
?
Samedi, je serai à Orléans avec toute une série d'organisations pour faire face au discours de Marine Le Pen et au discours de l'extrême droite dont on sait qu'il peut être l'année prochaine
le
refuge de nombreux électeurs. Et donc, je ne serai pas dans les manifestations contre la vie chère et pour le respect des revendications des lycéens et lycéennes, mais je serai effectivement dans le mouvement aussi, d'une autre façon.
Justement, Marine Le Pen était à votre place hier sur France Info et elle fait référence au fait que vous avez prévu de vous rendre à Orléans parmi les organisations qui veulent prévoir des contre-manifestions pour perturber le congrès du RN, on l'écoute. Non, il ne
s
'agit pas de perturber...
Je
trouve
fou qu'en réalité, ça ne scandalise plus personne que des mouvements cherchent à empêcher le déroulement de la vie d'un parti ou le déroulement d'une campagne. Est-ce que le
Rassemblement National, une fois dans sa vie,
a organisé une manifestation pour chercher à interdire un meeting d'un autre parti politique ? Jamais. M. Fort a dit qu'il serait présent, des dirigeants, des verts. M. Bagayoko, Mme Binet sera présente. Et ça ne dérange personne.
C
'est vraiment votre place, Olivier Faure, secrétaire
général du Parti Socialiste ? D'abord, la première chose,
Agathe Lambret, c'est qu'il ne s'agit pas d'aller perturber le congrès du RN qui se tiendra naturellement.
Vous souhaitez qu'il se
déroule dans
les bonnes conditions
? Mais bien sûr, moi je n'ai pas l'intention d'aller perturber, de rentrer dans leur congrès, de venir faire le coup de force. Bien entendu
que non. Non mais Olivier Faure dans un
contexte pareil aussi éruptif, alors qu'il y a eu des émeutes en France, qu
'il y a
peut-être des émeutes qui vont se produire samedi, se rendre avec d'autres organisations, des milliers de personnes autour du congrès d'un parti. On
n'est
pas autour
du congrès, on est dans les rues d'Orléans. Si vous
ne pensez pas le perturber, qu
'est
-ce que vous pensez
faire ? Je ne sais pas
penser qu'il y aurait là la volonté d'un coup de force et d'un affrontement direct avec les forces de l'extrême droite. Nous ne sommes pas les nervis qui ont défilé à Lyon cette semaine encore.
Pardonnez
-moi, mais quand on entend ce matin encore sur France Info l'inquiétude du maire d'Orléans, une ville qui va être quasiment bouclée avec plus d'une dizaine probablement de compagnies de CRS et l'inquiétude qu'il
y a
de la casse, qu'il
y a
des violences, on peut quand même s
'interroger sur le
rôle des politiques. Moi ce qui m'inquiète, c'est la banalisation de l'extrême droite. Ce qui m'inquiète, c'est le fait que personne ne veuille voir que ce parti, l'année prochaine, peut effectivement exercer le pouvoir et qu'il peut instaurer une xénophobie d'État. Voilà ce qui m'inquiète et que j'aimerais que... Donc vous n'êtes pas inquiet qu'il y
ait
des violences ? Parce que c'était ça
ma question Olivier Faure. Je ne
souhaite aucune violence, je ne participerai à aucune violence et je les condamne si elles devaient exister. Ce que je dis simplement, c'est que vous ne pouvez pas non plus maintenant en arriver à interdire des mouvements qui sont là simplement pour rappeler ce qui est à la fois notre histoire, ce que sont aussi les dangers. Je vois aussi Donald Trump qui s'ingère maintenant dans la vie politique française, qui appelle à l'élection de Marine Le Pen. Je
ne sais pas tout à fait ce qu'il a
dit. Il a dit que Marine Le Pen était représentée la ligne conservatrice en France. Il a dit qu'il ne la connaissait pas, par ailleurs. Il
ne la connaît pas personnellement, mais chacun a bien compris ce qu'il faisait et chacun a bien compris quelle était sa préférence pour l'année prochaine.
Mais ça veut dire que le RN n'est pas un parti légitime Olivier Faure ? Avec ses
amis, etc., les libertariens de manière générale, l'extrême droite américaine est venue déjà perturber à plusieurs reprises des élections dans toute l'Europe.
Oui, mais attendez, parce que là, on
vous parle du RN qui fait son congrès ce week-end.
Oui, très bien. Ce n'est pas un
parti légitime pour vous
?
Mais je ne demande pas interdire le Rassemblement National. Je ne dis
pas qu'il faut empêcher son congrès.
Je dis simplement que moi, je suis là pour rappeler ce qu'est cette force politique et ce qu'elle représente dans notre histoire et potentiellement dans notre avenir. Et donc qu'il y ait des gens qui viennent rappeler ce qu'elle est, qui viennent dire quels sont les dangers, les menaces que représente l'extrême droite en France. Si vous pensez que c
'est
l'extrême droite qui peut rétablir l'ordre en France, vous vous trompez. Ils vont instaurer le désordre. Le vrai désordre, Albert Camus, le vrai désordre, c'est l'injustice. Eh bien, il faut en revenir à ça. Et moi, je ne veux pas d'un parti qui instaure l'injustice dans notre pays.
On
peut, Olivier Faure, se demander si c'est la place des politiques en général que d'être à cette manifestation ce week-end. On peut se demander aussi si c'est la place du premier secrétaire du Parti Socialiste. parce qu'il y aura notamment la CGT, mais aussi Balik Bagayoko, le maire de Saint-Denis, qui qualifie Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire de la gauche, vainqueur de votre primaire, primaire de la gauche caviar, et de nouveau Macron, juste après sa victoire. Est-ce que c'est normal de s'afficher à ses côtés samedi
?
Mais la gauche, elle a toujours été diverse.
Et je le dis à Balik Bagayoko, comme je le dis à Jean-Luc Mélenchon, comme je le dis à Raphaël Glucksmann, comme je le dis à tout le monde. La réalité, c'est qu'à force d'avoir des gens de gauche qui finissent par considérer que le débat, il est entre la gauche et la gauche, eh bien, on ouvre
directement
les portes de l'Elysée à Marine Le Pen et aux siens. Et donc, moi, je suis à chaque fois dans les rassemblements qui permettent d'avoir une parole qui est une parole commune, qui permettent de dire des choses qui sont justement le point commun de toutes celles et ceux qui militent à gauche aujourd'hui. Et notre point commun, il doit être de battre l'extrême droite l'année prochaine.
Mais donc, la victoire de Raphaël Glucksmann, c'était censé être sur une ligne claire, c'est-à-dire la rupture avec LFI.
Et
vous, quelques jours après cette victoire, vous allez vous afficher contre le RN avec LFI ? Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est pas ça la ligne, finalement
? Je
ne comprends pas très bien le sens de votre question.
Par rupture ou
par rupture ?
Mais
il y a une élection présidentielle dans laquelle vous avez des candidats qui se font concurrence.
En
l'occurrence, vous avez Raphaël Glucksmann, notre candidat, et puis vous avez Jean-Luc Mélenchon.
Bon,
il n
'y a
pas d'alliance. Et donc, effectivement, si la question se posait de savoir s'il peut y avoir une alliance entre LFI et les socialistes et place publique dans l'élection présidentielle, la réponse est non.
Et aux législatives
?
Et nous verrons aux élections législatives ce qu'il se passera. Mais cesser de tout mélanger et de faire comme s'il n'y avait pas de combat commun possible entre la gauche et la gauche. On parle, si on revient au sujet initial, les manifestations qui aujourd'hui sont les manifestations que le gouvernement n'entend pas.
Mais
à l'Assemblée, sur le budget, nous défendons ensemble des positions communes. Eh
bien, justement, on en parle dans un instant de ce que vous avez proposé sur
le budget. Absolument, on va en parler dans quelques
secondes. Avant cela, l'info en une minute, 8h46. Et voici Maureen Suignard.
Le vent commence déjà à souffler dans l'ouest de la France à cause de la tempête austine. Trois départements bretons seront en vigilance orange dès ce soir. Le Finistère, le Morbihan et les Côtes d'Armor. La SNCF annonce aussi déjà que les trains normands ne circuleront pas demain par mesure de précaution. Emmanuel Macron va s'exprimer ce matin après avoir réuni les services de renseignement et son Premier ministre. Ce Conseil de sécurité doit aider les autorités à mettre en place un dispositif conséquent samedi pour empêcher les violences et les pillages, comme cela a été le cas la semaine dernière.
Et après l'incendie d'un bâtiment de l'Université de Rouen samedi dernier, le suspect va être présenté. Un juste d'instruction aujourd'hui, il pourra alors être mis en examen. Il est âgé d'une vingtaine d'années, mais selon le procureur, il n'a pas agi seul et les enquêteurs tentent d'identifier d'éventuels complices. Et puis le parcours officiel sera dévoilé ce midi, celui de l'édition 2027 du Tour de France. On sait déjà que la grande boucle partira du Royaume-Uni, d'Édimbourg pour les hommes. L'arrivée se fera sur les Champs-Elysées, arrivée classique. Donc classique, on apprend aussi que la quatorzième étape se fera entre Montpellier et Mande.
France
Info
Le
8.30 France Info, Agathe Lambret, Adrien Becq.
Avec Olivier Faure, premier secrétaire du PS, on parlait des réponses apportées par le gouvernement à cette crise. La loi Casseur-Payeur fait partie de ces réponses, même si c'est une autre crise qui en est à l'origine. Elle vise à faire payer les dégâts à toute personne appartenant à un groupement et ayant commis des dégradations. Aujourd'hui, c'est l'État qui est civilement responsable des dégâts et dommages résultant de ces attroupements. Est-ce que vous trouvez ça légitime et est-ce qu'il faut en passer par là
?
Cette loi, elle a déjà existé. Elle a été abrogée en 1981 par François Mitterrand. Pourquoi ? Parce qu'il est complètement irresponsable
de
justement rendre responsable des gens qui n'ont commis aucun fait. Si vous vous trouvez au milieu d'une horde qui casse un magasin et que vous donnez le sentiment de ne pas chercher à vous échapper, vous pouvez demain être tenu, justement, comptable de ces dégradations.
Oui, alors
précisément, la faute consistera à participer soit à un attroupement malgré les sommations en pleine connaissance de ses membres, soit à un groupement formé en vue de commettre des violences et des dégradations.
Mais
tout ça, c'est dans la pratique qu'il faudra le voir. Comment voulez-vous arriver à... Vous avez des gens qui sont parfois, y compris, nassés, qui sont... Vous ne faites pas
confiance au juge pour arriver à distinguer ce qui en relève ou ce qui n'en relève pas de cette disposition ?
Moi,
je n'aime pas l'idée d'une responsabilité collective avec des gens qui sont coupables de rien. Donc, je suis pour qu
'au
contraire, on individualise les peines, qu
'on
fasse en sorte que les gens qui sont appréhendés parce qu'ils ont commis des délits puissent là répondre de leurs actes. Mais je ne veux pas que, d'un seul coup, on ait là un gouvernement qui cherche à maintenant condamner,
j
'allais dire, dans la mêlée,
pour
ne pas répondre de ses propres actes. Et c'est là la difficulté du moment. C'est qu'on voit bien qu'il y
a
une dérive sécuritaire de ce gouvernement qui a décidé de complètement invisibiliser toutes les revendications qui sont portées
sur la presse publique. Vous pensez, pardonnez-moi, Olivier Faure, que le fait que
les casseurs paient pour ce qu'ils ont dégradé, en plus, ce serait dans la limite de 10 000 euros, ça, les Français n'y sont pas favorables ? Mais que les casseurs soient appelés à
rembourser, il n'y a aucun problème. Ah voilà,
sur le
principe,
vous êtes d'accord. Mais les casseurs ! Mais moi, ce que je vous dis, c'est que quand on commence à avoir, d'un seul coup, une espacité collective, avec des gens qui sont dans un attroupement et qui se retrouvent là, parfois par hasard, vous ne savez pas pour quelles raisons ils n'ont pas pu s'échapper, pourquoi ils sont... Enfin, ce n
'est
pas possible.
Ça, vous trouvez ça
excessif. Mais en revanche, qu'on demande... Parce que là, à court terme, c'est ce que le gouvernement veut faire. Il y a quand même 3 000 commerces qui ont été touchés, des centaines de millions d'euros de dégâts. Le gouvernement veut ponctionner les allocations familiales du montant, du butin de ces casseurs. Ça, ça vous paraît plus légitime, alors
? Mais Agathe Landré, voilà un gouvernement qui est coupable d'inaction
et
qui, maintenant, cherche à se rattraper de son inaction en cherchant à condamner des gens qui n'y sont pour rien, qui n'ont pas commis de délit...
Alors, mais là, on parle des casseurs... Et là, on parle de ceux qui ont volé... Pardon ? Mais enfin,
quand vous dites que vous allez condamner une famille parce qu'il y a un des enfants qui a commis un délit, pardon, ça s'appelle une punition collective.
Mais alors,
c'est à qui de payer ? C'est aux Français
? Mais au casseur.
Mais je dis qu'effectivement, il faut que celles et ceux qui pillent, qui volent, qui cassent, ceux-là aient à répondre de leurs
actes. Mais s'ils sont mineurs ?
Mais...
Mais
s'ils sont mineurs...
C'est ça,
c'est ça l'objet de la proposition du gouvernement. Mais qu'est-ce que vous voulez faire ? Vous voulez maintenant que... Enfin, représentez-vous bien les choses. Vous êtes là avec des familles qui, en général, sont déjà dans la difficulté financière.
Vous avez vu que ce soit les contribuables qui payent.
Mais si vous avez un enfant,
un
mineur de 14-15 ans qui est parti voler des baskets et que vous vous retrouvez avec une amende à payer où on prive, en fait, toute la famille, avec des frères, des sœurs, une fratrie qui, eux-mêmes, vont se retrouver dans la difficulté, vous pensez qu'on aura résolu quoi
?
Enfin, franchement, je demande à ce qu'on réfléchisse un instant aux actes que l'on commet. Aujourd'hui, en fait, on a l'impression que ce gouvernement-là n'a qu'une seule réponse, c'est d'aller chercher à dévier, en fait, de sa responsabilité, la dévier vers les autres. Moi, ce que je veux, c'est un gouvernement qui agisse, qui protège les commerçants, qui protège aussi les manifestants et qui répondent aussi, quand les questions lui sont posées, qui répondent tout simplement. Comment expliquez-vous le fait que vous ayez là un gouvernement, un Premier ministre qui n
'a
toujours pas reçu les lycéens et les étudiants ? Comment c'est imaginable ? Comment c'est imaginable qu'on n
'ait
pas encore compris qu'il y
a
un problème de salaire
dans ce pays ? Ils ont été
reçus au ministère de l'Éducation, mais c'est vrai, ils n'ont pas été reçus par Matignon. Vous dites qu
'il
faut protéger les commerçants. Est-ce que vous soutenez les couvre-feux ciblés qui ont été instaurés en France depuis quelques jours ?
Mais voyez, Agathe Lambret, ce que vous faites depuis le début de cette émission, c'est que vous ne me parlez exclusivement que de réponses sécuritaires.
Alors
pas du tout, parce qu'on
vous a demandé ce que vous alliez dire
à Matignon et qu'est-ce qu'il fallait faire sur le fond,
notamment pour les
lycéens. Non,
vous avez dit
pour les lycéens qu'il fallait rénover les lycées, revoir la réforme du bac. Là, je vous interroge, vous dites qu'il faut protéger les commerçants.
Mais oui,
mais l'essentiel, vous comprenez
bien que si vous voulez qu'il n'y ait plus de
couvre-feux, si vous voulez qu'il n
'y
ait plus de manifestation, si vous voulez que le calme revienne, ce que je souhaite du plus profond de moi-même,
il faut répondre
sur le fond. Mais en
attendant, Olivier Faure, si vous étiez au pouvoir et que vous faisiez suite à des scènes d'émeute comme ça, est-ce que vous auriez mis en place des couvre-feux ? Est-ce que vous soutenez ces couvre-feux ?
Mais voyez bien que les couvre-feux, ils sont la réponse à l'inaction de
la
semaine passée. et que si on avait
eu des
effectifs suffisants, si on avait réussi à faire en sorte de protéger les commerces, les bâtiments publics et tout ça, cette question ne se serait même pas posée.
En l'occurrence, elle se pose, Olivier Faure. En l
'espèce, moi je suis pour que l'on préserve à la fois les libertés publiques, et notamment celles de manifester, celles de s'exprimer, tout en protégeant les biens publics comme les biens privés.
Mais donc c'est en même temps, mais sur les couvre-feux, ça donne quoi ? Raphaël Glucksmann, il soutient les couvre-feux. C'est la République, Agatha André. Raphaël Glucksmann, il dit je soutiens les couvre-feux. Non,
la République c'est ça. La République c'est de défendre, protéger les biens, les personnes, et en même temps protéger les libertés publiques. C'est ça la République.
Mais donc comment
alors ? Avec ou sans couvre-feux ?
Mais vous pouvez avoir des couvre-feux qui soient très partiels et très temporaires. Ça peut être une façon de faire souffler les forces de sécurité. Mais comprenez bien que ça n'est pas une réponse qui peut être une réponse durable. Vous vous rendez compte qu'on est en train de mettre en place tout ce que les régimes illibéraux mettent en place dans des régimes qui sont justement des régimes que nous condamnons, qui sont des régimes autoritaires. Le pouvoir macroniste devait au contraire, c'était la promesse initiale, devait être un pouvoir progressiste. Il devait permettre de s'opposer justement à tous ces régimes illibéraux qui sont apparus dans l'Europe entière.
Et voilà qu'aujourd'hui nous sommes devenus, malgré nous, un modèle pour les illibéraux. Ça ne va pas. Mais en quoi ces couvre-feux sont-ils illibéraux
?
Vous trouvez ça normal qu'il y
ait
des couvre-feux dans notre
pays ? Vous trouvez que c'est logique
? Peut-être pas, mais il y a
des explications à ça aussi ces derniers jours. Mais je ne vous dis pas qu'on ne peut pas en avoir du tout. Je viens de vous dire qu
'on peut avoir des couvre-feux très temporaires et très localisés. Mais
c
'est ce qui se passe
d'ailleurs dans des
centres-villes. Oui, mais ce que je vous dis, c'est que ça ne peut pas être
une réponse durable. Ça ne peut pas être la façon dont on organise la sécurité dans notre pays. On ne peut pas être dans un pays où on attendait des manifestations. On est au contraire dans un pays où les forces de sécurité, les forces de
l'ordre,
les gardiens de la paix ont pour mission de garantir des droits constitutionnels.
Les
manifestations interdites dans certains centres-villes aujourd'hui, vous dites que ça n'est pas normal. Quand ce sont des manifestations déclarées,
quand ce sont des manifestations qui sont spontanées, etc., évidemment qu'on ne peut pas autoriser le chaos. Mais en revanche, quand vous avez un syndicat qui dépose un parcours, qui le fait avec la préfecture, oui, effectivement, on ne peut pas l'interdire. Et d'ailleurs, vous verrez qu'à chaque fois que c'est le cas, il y
aura
la saisine du juge des référés et que le juge des référés systématiquement revient sur les décisions, l'interdiction qui sont exagérées.
Olivier Faure, le monde nous regarde. Les marchés, les investisseurs s'inquiètent de cette instabilité en France, de ces violences. Le taux d'emprunt de la France à 10 ans a dépassé les 5%. C'est du jamais vu depuis 2002. Dans ce contexte, le gouvernement cherche un budget pour 2027. Et vous, depuis le début, vous menacez de censurer l'exécutif. Qu'est-ce que vous faites ? Est-ce que vous pouvez vous permettre de rajouter une crise politique à la crise sociale et économique ?
Non, mais c'est trop facile.
Vous
avez là des gens qui sont eux-mêmes la cause de la crise et ensuite qui viennent nous expliquer que c'est nous qui devrions réparer. Mais moi,
je
veux dire, je serais simple. Si les taux d'intérêt à 10 ans ont passé la barre des 5%, c'est tout simplement parce que c'est le désordre. Et le désordre, il est lié à quoi ? Il est lié, et ça va coûter très cher. Puisque là, en fait, c'est la charge de la dette qui va augmenter très sensiblement et ça se compte en dizaines de milliards. Je fais
90 milliards,
effectivement.
Eh bien, si vous voulez, en fait, éviter
que
la charge de
la
dette augmente, il faut répondre et ça coûtera beaucoup moins cher. Là, vous allez avoir une augmentation qui va être très supérieure à ce qu'auraient coûté, par exemple, les 10 milliards que demandent les lycéens. Moi, je vous dis,
faites en sorte de donner les 10 milliards aux lycéens, vous n'aurez pas la fin de la dette.
Ah, donc vous, vous dites, il faut lâcher les 10 milliards aux lycéens, les 10 milliards que demandent certains syndicats
lycéens, il faut les donner ? Mais la réalité, les 10
milliards, c'est que ce n
'est
pas 10 milliards cette année. C'est 10 milliards qu'il faut échelonner. Pourquoi ? Parce que, échelonner, pardon. Parce que,
tout
simplement, en fait, même si vous disiez on met 10 milliards sur la table, on ne va pas rénover tous les lycées en même temps, on ne
va
pas rénover tous les collèges en même temps, parce que, y compris, le BTP ne suivrait
pas. Pardonnez-moi, Olivier, parce que ce n'est pas complètement paradoxal. Au moment
où Agathe Lambret vous parle des taux à 5%, vous dites, il faut lâcher 10 milliards.
Mais on est en train de lâcher 10 milliards, là. Ils sont en train de lâcher plus de 10 milliards. Vous comprenez bien que quand les taux augmentent à ce niveau-là, c'est plus de 10 milliards de charge de la dette qui va progresser.
Oui, mais c'est aussi dû à l
'instabilité politique, et vous
le savez bien.
Mais l'instabilité politique, elle est liée à quoi ? Pardon,
mais moi, je veux bien tout ce qu
'on
veut, Adrien Bec. Mais ce que je vois, c'est que vous avez un gouvernement qui, depuis un mois, est confronté à des mouvements sociaux. Il n'y répond pas. Il ne reçoit personne. Et ensuite, on s'étonne que le mouvement se radicalise. Moi, je dis simplement que quand on est un gouvernement responsable, qui ne veut pas... Parce que là, on est en plein dépôt de bilan. Pardon, mais enfin, si vous voulez que les choses se passent bien, eh bien, il faut tout simplement répondre à une crise politique,
pas des réponses politiques. Merci beaucoup, Olivier Faure, Premier secrétaire du
PS, d'avoir été avec
nous ce matin sur France Info. Un grand merci, Agathe. Et les
auditeurs
ont le plaisir de vous retrouver pour les informer dans quelques minutes. Restez sur France Info. Sous
-titrage Société Radio-Canada
Olivier Faure