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interviewC dans l'air· 24 janvier 2024 64 min

Zemmour débauche... Hollande revient #cdanslair Archives 2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Le paysage politique est de plus en plus confus à mesure que l'on se rapproche de cette présidentielle. Pour résumer, à l'extrême droite, Zemmour organise le débauchage de cadres du Rassemblement National pour tenter de faire décrocher Marine Le Pen qui le devance encore dans les sondages. Valérie Pécresse, elle, cherche toujours une dynamique qui pourrait l'installer dans un duel face à Emmanuel Macron. Le président en campagne aujourd'hui dans la Creuse évoque une annonce de candidature en temps voulu. Voilà les mots qu'il a utilisés aujourd'hui.

À gauche, ce n'est pas plus simple, François Hollande a encore ajouté à la confusion en laissant penser qu'il pourrait s'exprimer, peut-être même se présenter alors que plus de 400 000 personnes s'apprêtent à voter pour une primaire populaire. Dénoncée par tous, sauf pas, Christiane Taubira, la dernière arrivée. Zemmour débauche, Hollande revient, c'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir. Pascal Perrineau, vous êtes politologue, professeur à Sciences Po, citons votre livre, Le Populisme, publié aux éditions presse universitaire de France. Raphaël Baquet, vous êtes grand reporter au journal Le Monde. Neila Latrousse, vous êtes journaliste politique à France Info.

On vous retrouve tous les matins dans le brief politique qui était consacré aujourd'hui au projet de Marine Le Pen. Pour distancer Éric Zemmour, nous y reviendrons dans le détail. Enfin, Frédéric Michaud, vous êtes directeur général de l'institut de sondage Opinion. Oui, je rappelle votre dernier livre, Le Sacre de l'Opinion, une histoire de la présidentielle et des sondages, publié aux éditions du Cerf. Bonsoir à tous les quatre, merci de participer à ce C dans l'air en direct. On va revenir sur la confusion générale. Un mot tout de même sur la candidature éventuelle d'Emmanuel Macron.

Est-ce qu'il va falloir attendre son entrée dans la campagne pour y voir clair dans cette présidentielle et dans cette bataille présidentielle ? À votre avis, Pascal Perrineau.

1:51
Invité

Oui, cela aidera. On a déjà une idée des rapports de force parce qu'au fond, depuis des semaines et des semaines, c'est un président candidat. Donc voilà, les gens ne sont pas complètement naïfs.

2:01
Présentateur

Ça ne changera rien son entrée dans la campagne, c'est ça ? Dans l'atmosphère ?

2:04
Invité

Ça peut entraîner un frémissement. Je ne crois pas que ça changera profondément les rapports de force. Mais les Français auront la carte de toutes les candidatures et ils pourront peut-être enfin vraiment s'intéresser à la présidentielle, ce qui n'est pas tout à fait le cas aujourd'hui. Parce que quand vous comparez l'intérêt pour la présidentielle, par exemple en 2017 à la même période ou en 2012 à la même période, l'intérêt était beaucoup plus fort. C'était en moyenne 10 points d'intérêt en plus. Ce qui prouve que les Français ont la tête un peu ailleurs, la tête bien sûr au Covid.

Alors peut-être que l'entrée explicite en candidature d'Emmanuel Macron entraînera peut-être un frissonnement d'intérêt.

2:46
Présentateur

Frédéric Michaud, ça peut entraîner peut-être un frissonnement d'intérêt ou un décrochage. Quand on regarde les entrées en campagne des présidents candidats, il y a toujours cette entrée dans l'atmosphère. Et on voit bien qu'à l'Élysée, on va y revenir avec vous dans un instant, Néhila Latrousse et Raphaël Baquet, que quand on se prépare à entrer dans l'atmosphère et à entrer dans la bataille présidentielle, il y a un risque de décrocher d'un statut qui est celui du chef de l'État.

3:09
Invité

– Exactement, c'est le passage d'un statut qui est quand même très privilégié, qui est le statut de chef de l'État, avec tout ce que ça véhicule de symbolique dans l'opinion publique, au statut de candidat, et un candidat pas comme les autres, mais un candidat parmi d'autres candidats. Et il faut savoir bien gérer cette transition. Quand on regarde l'historique des élections présidentielles, il y a récemment deux présidents sortants qui ont été obligés d'anticiper leur entrée en campagne. C'est Jacques Chirac en 2002, parce qu'à l'époque, tous les indicateurs d'opinion s'étaient brutalement dégradés. Donc il a décidé d'entrer très très vite en campagne.

Et puis c'est la même chose pour Nicolas Sarkozy en 2012, qui avait lui aussi avancé son entrée en campagne. Précisément, pour ces deux présidents, le statut présidentiel ne les protégeait pas. Ils ont jugé qu'il était à leur bénéfice d'entrer vite en campagne et de devenir candidat.

4:01
Présentateur

Là, pour l'instant, dans les sondages, quand on regarde les enquêtes qui concernent le chef de l'État, il n'y a pas de frémissement qui nécessiterait qu'il accélère ?

4:08
Invité

Non, absolument pas. Je dirais que même ce qui est très frappant, c'est de voir à quel point les intentions de vote en faveur du chef de l'État sont stables. Depuis maintenant plusieurs mois, 24-25%, très très peu d'oscillations. Il est en tête des intentions de vote, très largement au premier tour. C'est le seul candidat au-delà de 25%. Et dans les hypothèses de second tour, tant face à Marine Le Pen que face à Valérie Pécresse, il serait largement réélu.

4:33
Présentateur

Il aurait tort de bouger, Raphaël Baquet. Aujourd'hui, en déplacement dans la cause, il a dit une annonce en temps voulu. C'est-à-dire que maintenant, il ne fait même plus, il n'y a plus de doutes sur le fait qu'il y aille, mais c'est juste sur le calendrier. Il veut banaliser cette entrée en campagne. C'est-à-dire qu'en fait, il y a un élément presque de fiction.

4:48
Invité

Tout le monde sait qu'il va être candidat. Donc effectivement, pourquoi le formaliser au risque peut-être de s'offrir plus facilement au coup ? Il a plutôt intérêt à faire traîner le plus possible et à faire un peu la méthode Mitterrand en 88, qui avait presque banalisé sa candidature. Juste un petit oui au cours d'un journal télévisé. Donc c'est vrai qu'il n'y a pas d'intérêt pour lui à le formaliser trop tôt, puisque d'abord, tout le monde le sait, il n'y a pas d'interrogation. Et qu'ensuite, il a intérêt à garder le plus longtemps possible cette stature de chef d'État.

Parce que quand même, quand on est chef d'État et qu'on devient candidat, il y a une partie de la population qui est agacée. Et alors, il n'est plus aux affaires. Qu'est-ce qu'il fait ? Il ne s'occupe que de ça. Même si, en réalité, il s'occupe déjà très largement de la campagne électorale.

5:43
Présentateur

Il peaufine sa stratégie de candidature. Voilà ce qu'on lit dans votre journal cet après-midi. Ça veut dire qu'elle n'est pas arrêtée, la stratégie d'entrer en campagne pour Emmanuel Macron, que ce soit le calendrier et même le positionnement qu'il pourrait avoir pour dire aux Français 50 plus.

5:56
Invité

Il y a le calendrier, il y a la façon de le faire. Est-ce que c'est une interview dans la presse quotidienne régionale ? Est-ce qu'on fait une télévision ? Est-ce qu'on utilise les réseaux sociaux pour marquer la différence aussi avec ses concurrents ? Montrer qu'il a été le président le plus jeune de la Ve République et qu'il compte rester le chouchou de la jeunesse. Il y a ça qui n'est pas arbitré. Il y a aussi les mots.

C'est-à-dire que dans tout le récit qui est fait, ce que nous explique l'Élysée, ce que nous explique l'entourage d'Emmanuel Macron, il y a installé d'abord l'idée de l'évidence de la candidature pour que justement il ne soit pas un candidat parmi les autres mais qu'il reste un président qui se trouve par ailleurs être candidat à sa réélection. Donc ça permet vraiment de geler l'effet « j'entre en candidature et je perds des points » et puis surtout au-delà de ça, dans le récit tel qu'il est pensé aujourd'hui, il y a l'idée d'installer cette évidence mais ensuite d'installer l'évidence de pourquoi un second mandat.

Et donc le calendrier viendra dès lors qu'on aura considéré autour de lui, alors que lui aura considéré que le besoin de faire 50+, qu'il dit aujourd'hui dans la Creuse, il y a encore beaucoup de choses à faire, tout n'a pas été fait, que tout cela aura été explicité et de la meilleure des manières.

6:59
Présentateur

Il y a un débat autour de lui sur y entrer maintenant rapidement en campagne ou prendre son temps et attendre la dernière limite possible ?

7:08
Invité

Alors il y avait déjà débat avant Noël avec une partie de son entourage qui considérait qu'une déclaration avant Noël permettait de surprendre, d'être là encore disruptif, d'être dans toutes les conversations de Noël. Il y a ceux qui effectivement considéraient qu'après le grand discours à Strasbourg à l'occasion de la présidence française de l'Union Européenne, il fallait se déclarer rapidement. Et puis il y a ceux qui considèrent qu'il faut au contraire temporiser pour s'éloigner de la crise sanitaire, ne pas laisser à penser effectivement ce que disait Raphaël, l'agacement des Français face aux candidats, qu'au milieu de cette crise, le capitaine quittait le navire. Ça c'est un risque.

7:40
Présentateur

C'est le risque. Jusqu'à présent, la gestion de la crise sanitaire le protégeait peut-être de la pression politique sur son entrée en campagne. Est-ce qu'on considère qu'on est sorti de la vague Omicron et que du coup il peut entrer en campagne ? Ça va être la question qui va être posée.

7:54
Invité

Autour du président, de manière claire, on veut faire croire que voilà, on est au bout du tunnel ou presque. Peut-être qu'Omicron ou un autre en décidera autrement. Donc c'est une stratégie qui peut être risquée. Il faut tout de même que le président se souvienne que lorsque le pouvoir, il y a deux ans, était entré en lutte contre la Covid-19, ça n'a pas été une franche réussite. Et la sanction, en termes d'opinion, à l'époque, était extrêmement sévère. Par la suite, en effet, ça s'est beaucoup amélioré. Mais attention, il peut très bien y avoir dans les mois qui viennent, dans les semaines qui viennent, des surprises. Omicron peut nous réserver une surprise.

Il y a tout de même encore des tensions dans le système hospitalier, même si elles sont beaucoup moins importantes qu'auparavant. Et là, à ce moment-là, toute surprise, tout dérapage, tout pas de côté sera imputé au président candidat.

8:45
Présentateur

Est-ce qu'il y a un scénario privilégié ? Une entrée en campagne, fin février ? Non, rien.

8:52
Invité

Écoutez, d'habitude, ils rentrent plutôt en début février en campagne. Voilà.

8:56
Présentateur

Quand on regarde s'ils s'étaient pas par le passé, c'est plutôt ça.

8:58
Invité

À l'exception de François Mitterrand, qui était entré fin mars, donc très très tard.

9:03
Présentateur

C'était pas des élections d'avril, on rappelle que c'est début avril.

9:06
Invité

Oui, absolument, c'est vrai. Mais donc, François Mitterrand, lui, avait justement cette stratégie de banaliser, d'être une réélection presque de principe dans la continuité du premier mandat. Alors, juste sur le calendrier, cela dit, il y a une date qui est beaucoup regardée, c'est celle du départ en vacances de la zone C. Ça a l'air très anecdotique comme ça, la zone parisienne, la zone des vacances scolaires de Paris, début des vacances le 19, et beaucoup le presse de se déclarer auparavant pour pouvoir occuper cet espace-là aussi et ne pas s'annoncer au moment où les Français ont la tête à leurs vacances, justement.

9:39
Présentateur

Alors, il y a la décision du président, et puis il y a une autre campagne qui se déroule pour le coup avec des candidats vraiment lancés. C'est une bataille rangée, désormais, à laquelle se livrent Éric Zemmour et Marine Le Pen. Le candidat tente de retrouver du souffle dans sa campagne et dans les sondages en débauchant dans les rangs du Rassemblement National. Ce week-end, il s'est affiché à Cannes avec sa dernière prise de guerre, le très médiatique Gilbert Collard, Magali Lacroze et Christophe Roquet. Dans une campagne électorale, il y a l'image, premier bain de foule samedi à Cannes pour Éric Zemmour, et les grandes manœuvres.

À ses côtés, deux anciens du Rassemblement National et des Républicains s'intrinquent à l'union des droites que le candidat d'extrême droite voudrait bien en incarner.

10:23
Locuteur non identifié

C'est un symbole politique parce que vous voyez bien que tous ces gens viennent de familles politiques différentes, mais qu'en vérité, elles aspirent depuis 10 ans, depuis 20 ans, depuis 30 ans à se rassembler.

10:36
Présentateur

Jour après jour, le camp Zemmour affiche ses nouvelles recrues venues de la droite souverainiste, identitaire ou du Rassemblement National. Gilbert Collard, dernière prise de guerre, symbolique.

10:48
Invité

Merci d'accueillir l'avocat. Je n'ai pas, contrairement à ce que disent mes anciens amis du Rassemblement National, de l'aigreur. J'ai l'estomac politique qui fonctionne bien. Éric est porteur du courage, c'est-à-dire de la capacité à scier la langue de bois en copeaux.

11:12
Présentateur

Au Rassemblement National, peu de commentaires. On serre les rangs. Derrière la patronne du parti, on prête allégeance sur Twitter. Et pour celui qui avait souhaité un déjeuner entre Marine Le Pen et Éric Zemmour, le choix est fait pour l'instant.

11:26
Invité

Je crois qu'Éric sait pertinemment qu'il ne sera pas, contrairement à ce qu'il dit, ni au deuxième tour. Et même s'il est au deuxième tour, il ne sera pas chef de l'État. Ça veut dire que les ralliements, y compris aujourd'hui, sont dans une perspective plus lointaine. Aujourd'hui, qu'est-ce qui se joue ? Il se joue les législatives.

11:45
Présentateur

La campagne s'accélère. Quelques heures après l'annonce de ce nouveau départ

11:49
Invité

du Rassemblement National, réponse de Marine Le Pen. Il y a une cohérence parce que ce sont des gens qui, depuis le début de la campagne, me reprochent de faire de la défense du pouvoir d'achat des Français une priorité. Ce sont des gens qui me reprochent de ne pas partir dans cette folie de la guerre des religions et presque de cette guerre civile qu'ils semblent souhaiter pour le pays. Et ce type de comportement, la manière dont ils le font, l'absence de courage, ne serait-ce que de me passer un coup de téléphone pour me dire « on s'en va », c'est ce qui dégoûte, je crois, les Français de la politique.

12:20
Présentateur

En tout cas, la stratégie est claire pour le candidat d'extrême droite.

12:25
Locuteur non identifié

À vous, électeurs du Front National.

12:27
Présentateur

La chasse est ouverte.

12:29
Locuteur non identifié

À vous, électeurs des Républicains, qui n'en pouvaient plus de voir vos dirigeants trahir vos idées. Unissons nos forces.

12:38
Présentateur

Alors que les départs se font aussi chez les Républicains pour rejoindre la campagne d'Éric Zemmour,

12:43
Invité

Valérie Pécresse joue la carte du programme. Je veux, j'assume, d'avoir 95% des Français qui puissent transmettre à leurs enfants ou leurs petits-enfants des biens en franchise d'impôts. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'on est le pays le plus taxé au monde. J'assume qu'on puisse transmettre son patrimoine à ses enfants. C'est le fruit d'une vie de travail qui a été taxée, hypertaxée, retaxée. On doit pouvoir la transmettre.

13:09
Présentateur

Sans oublier le rassemblement de toutes les nuances LR avec le soutien officiel de Laurent Vauquiez vendredi qui lui fait cadeau d'un bâton de pèlerin, tout un symbole. La candidate LR, investie ce week-end par les centristes et l'UDI promet de réunir la droite et le centre. La chasse au soutien est donc ouverte à droite et à l'extrême droite. Et dans les sondages, celui qui part à la chasse peut-il vraiment gagner une place ? Alors une autre question, une question d'Éric dans le Pas-de-Calais. Les ralliements de personnalités issus des différents partis peuvent-ils relancer la campagne d'Éric Zemmour ? Raphaël Baclay ? Pour qu'un ralliement rapporte vraiment quelque chose,

13:48
Invité

il faut que ce soit un ralliement fort. Marion Maréchal se rallie à Éric Zemmour, là ça fait quelque chose. Mais là, Jérôme Rivière et Gilbert Collard, ce n'est pas tout à fait la même chose. Ce n'est pas des hommes très déterminants qui ont un poids énorme, qui ramèneraient avec lui tout un courant du parti, par exemple, ou une part importante de l'électorat. Donc, ces ralliements-là, pour l'instant, ils ont surtout pour objet d'occuper l'espace médiatique, ce qu'Éric Zemmour fait très bien, d'ailleurs depuis le début de sa campagne, c'est-à-dire qu'il alimente sans arrêt, il nourrit les médias.

Donc, ça fait partie plus de cette stratégie qu'un véritable début d'hémorragie qui pourrait nuire à Marine Le Pen.

14:34
Présentateur

Il n'y a pas la volonté d'une espèce de guerre psychologique, elle dit que c'est la stratégie du salami Marine Le Pen. C'est-à-dire, en gros, chaque jour, il va y avoir un ralliement, même si ce sont des noms qui ne sont pas forcément identifiés par le grand public. Ça raconte une histoire d'une campagne qui serait davantage en dynamique du côté d'Éric Zemmour. Oui, mais il faudrait qu'il y ait des figures

14:51
Invité

très puissantes de l'extrême droite qui commencent à dire à Marine Le Pen, Marine, retire-toi.

14:58
Présentateur

Gilbert Collard n'est pas dans cette catégorie-là. Non. La seule qui y soit, c'est Marion Maréchal Le Pen. Vous avez cité Marion Maréchal, parce qu'il faut dire Le Pen maintenant. Elle, ça serait très déterminant, évidemment.

15:08
Invité

Ça toucherait au cœur d'une famille Le Pen. Et ça n'est pas rien.

15:12
Présentateur

C'est à l'étude ? C'est un sujet ou pas ? On en a parlé. Il l'a espéré. Voilà, il l'a espéré, etc.

15:18
Invité

Pour l'instant, pour Marion Maréchal, franchir le Rubicon politique et familial est certainement une chose extrêmement complexe. Mais on voit bien qu'en effet, comme vient de le dire Raphaël, ces hommes ne représentent qu'eux-mêmes, ou presque, ce sont des hommes d'appareil. Vous voyez, aussi bien pour le transfuge d'ailleurs de LR que pour les transfuges du RN. Ce ne sont pas des hommes qui sont porteurs de sensibilité, de courant de pensée, et derrière d'un électorat. Absolument pas. Ça occupe la scène médiatique. Mais jusqu'à maintenant, on est dans un jeu purement médiatique. Électoralement, d'ailleurs, comme on le disait tout à l'heure, ça ne bouge pas. Ce qui est très impressionnant.

Ça ne bouge pas. Et pour l'instant, Éric Zemmour, après la dynamique de départ qu'il avait connue, l'effet d'Aubaine au début, Éric Zemmour ne refait pas pour l'instant, en dépit de tout cela, son handicap vis-à-vis de Marine Le Pen. Peut-être. Parce que Marine Le Pen, j'allais dire, c'est un électorat qui depuis des années est un électorat fidélisé. Zemmour l'a entamé. Mais dans les couches populaires, la protestation sociale qu'il y a derrière la protestation politique est quelque chose, j'allais dire, d'extrêmement solide. Et Éric Zemmour, sur ce terrain-là, n'a peut-être pas le profil idéal pour entamer ce môle de la protestation sociale. En vérité, Zemmour n'a pas élargi son électorat.

Quand on regarde aussi bien son meeting que les enquêtes d'opinion, vous le direz encore mieux que moi, mais on voit bien qu'il a un électorat d'ailleurs très spécifique, mais il n'arrive pas à l'élargir.

16:59
Présentateur

Alors, est-ce que les ralliements, les derniers ralliements, notamment celui de LR, on pense à Guillaume Pelletier, a fait bouger un peu Éric Zemmour. On disait qu'il était en baisse de dynamique, en perce de souffle par rapport à cette ascension assez fulgurante du début.

17:15
Invité

Peut-être que ça a eu un effet. Il est assez peu perceptible dans les intentions de vote. Précisément, c'est ce que vous avez indiqué, ce ne sont pas des personnalités qui ont une ampleur suffisante pour entraîner une partie importante de l'électorat. Le ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron en 2017, c'est 4 points en une semaine et ça lui permet de décoller, de distancer François Fillon et donc d'assurer une qualification pour le deuxième tour. Alors ça, c'est un ralliement qui a du poids. Donc là, le poids électoral est sans doute limité, poids politique peut-être, parce que ça fait hésiter une partie de l'électorat, ça fragilise un peu l'équipe autour de Marine Le Pen.

Je dirais qu'on peut aussi concevoir que ces ralliements ont un poids en termes d'apport de compétences pour conduire une campagne électorale.

18:02
Présentateur

On pourrait exister dans les médias aussi ?

18:04
Invité

On pourrait exister dans les médias, évidemment. Mais on disait beaucoup à l'automne qu'Éric Zemmour était seul, qu'il n'avait pas d'expérience politique, qu'il n'était pas entouré. D'ailleurs, ses premiers déplacements étaient assez brouillons. Là, désormais, autour de lui, il a une personnalité qui a été deux fois candidate à la présidence de la République, Philippe de Villiers. Il a Gilbert Collard qui a fait les campagnes de Marine Le Pen. De façon peut-être plus en coulisses, Patrick Buisson qui a fait les campagnes de Nicolas Sarkozy. Donc, on a une équipe de campagne qui est en train de se professionnaliser. Ça, c'est pour lui un effet positif de ce type de ralliement.

18:43
Présentateur

Et des images ? Des images comme celles de ce week-end avec des meetings à Cannes avec une forme de ferveur. On dit la dynamique est de son côté. Est-ce que c'est vraiment le cas ? En fait, il a un enjeu pour l'instant, Éric Zemmour,

18:55
Invité

jusqu'à l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron et jusque même le début de la campagne officielle qui est assez tard. Le début de la campagne officielle, c'est le 28 mars. On est encore très, très loin de ce dernier sprint. Donc là, pour l'instant, on est dans les tours de chauffe. Et lui, son objectif, pour l'instant, dans une campagne qui est assommée justement par la crise sanitaire, qui pour l'instant n'existe que médiatiquement, ce qui veut dire aussi, ce qui explique aussi pourquoi elle reste confinée à qu'une partie de la population qui est très avide des médias, lui, son objectif, c'est d'empêcher Marine Le Pen d'être audibles. Donc pour l'instant, effectivement, Il y arrive ?

Il y arrive. Avec cette mise en scène de l'union des droites avec des personnalités qui, effectivement, ne représentent pas grand-chose électoralement en elles-mêmes, mais qui permettent de raconter un récit d'une dynamique qui reprend, là où ces derniers temps, il avait tendance à se tasser, de dire, ben regardez, on prête coriche, regardez, je suis encore séduisant, j'arrive à attirer à moi des gens qui étaient pourtant dans l'entourage de celles censées se qualifier au second tour. Eh ben, ce faisant, on n'a pas du tout parlé du déplacement de Marine Le Pen à Fréjus où elle faisait ses propositions sur la santé.

Personne ne sait ce qu'elle a pu dire ce week-end sur l'hôpital, sur la médecine de ville, sur les proches aidants. Et pourtant, tout le pari de Marine Le Pen, c'était de réussir pendant cette phase de pré-campagne, de montrer qu'elle avait travaillé et qu'elle était crédible avec des propositions. À chaque fois qu'elle apporte une proposition,

20:10
Présentateur

Éric Zemmour occupe l'espace médiatique. D'accord. Donc ça, c'est une stratégie qui, à vos yeux, est assez efficace pour l'empêcher de décliner. Il a fonctionné ce week-end.

20:18
Invité

Ensuite, est-ce que c'est une stratégie qui peut fonctionner à long terme ? Non. Pour une raison très simple, c'est qu'il y aura l'égalité des temps de parole à un moment et qu'Éric Zemmour ne pourra plus faire taire ses débats. Et puis il y aura des débats.

20:30
Présentateur

Raphaël Baquet, sur la dynamique de campagne, vous en avez fait d'autres des campagnes présidentielles. C'est vrai qu'à un moment donné, on sent parfois dans les salles une ferveur qu'on ne retrouve pas quand on passe d'un candidat à un autre. Est-ce que, et c'est un peu ce qu'on raconte aujourd'hui autour des rassemblements, d'Éric Zemmour disant qu'il y a du monde, qu'il y a la queue, ils mettent en scène ça aussi. Le fait que vraiment, il y ait quelque chose qui se passe autour de sa candidature. Qu'en dites-vous ?

20:54
Invité

Il y a un enthousiasme de ces militants, mais il y a en même temps un public tellement particulier, tellement homogène, d'abord tellement masculin. Je crois que c'est un problème pour être élu. Il faut rassembler la société française et la société française, elle est mixte. Donc, déjà, c'est un public extraordinairement masculin. C'est très frappant, quand même assez âgé, même s'il y a des jeunes troupes qui sont expertes dans l'organisation, dans les médias, dans l'occupation des réseaux sociaux. Mais la réalité, c'est que c'est quand même assez âgé. Et donc, on sent de l'enthousiasme, les gens sont au spectacle, parce que c'est aussi un formidable acteur, il faut bien le dire.

C'est un enfant de la télé, quand même, Zemmour. Donc, il sait parler aux caméras. Et d'ailleurs, là, le fait qu'il ait rallié Gilbert Collard, qui est un autre acteur aussi aguerri, bon, voilà, ils vont occuper cet espace-là. Au-delà, quand on voit, en tout cas, ces meetings ou ces déplacements, ce que racontent nos reporters, Ivan Trippenbach et Franck Johannes, on voit bien que c'est quand même très particulier, ce public. C'est un public déjà très radicalisé. Le discours d'Éric Zemmour est quand même très agressif, très radical. Donc, c'est ce que je disais tout à l'heure, il n'ouvre pas, il n'élargit pas son spectre électoral. Pourtant, il dit qu'il fait

22:25
Présentateur

l'union des droites. Ça vous fait sourire, Pascal Perrineau.

22:29
Invité

C'est pas vrai. D'abord, si vous voulez, l'union des droites, c'est une chimère. Ça n'a jamais existé. L'union de la droite de gouvernement avec les droites extrêmes, ça n'a jamais existé. On en parle, on en parle, je vais dire, depuis des décennies et ça ne vient jamais. Donc, il y a de l'eau qui coulera sur les ponts avant qu'il y ait éventuellement un jour une union des droites.

22:51
Présentateur

Parce que vous pensez que c'est, pardonnez-moi, je vous coupe, des gens qui nous regardent voissant en disant ça y est, ça a commencé, on prend un petit peu à LR et puis on prend un petit peu au Rassemblement National. Vous dites en gros, Pascal Perrineau, qu'il y a des digues qui restent très étanches entre le Rassemblement National et Reconquête, le parti d'Éric Zemmour et la droite républicaine.

23:13
Invité

Bien sûr. Il suffit de regarder les enquêtes. Une majorité de l'électorat, si vous voulez, LR ou de l'électorat Pécresse n'a pas envie d'une union des droites. Voilà. Surtout avec un discours c'est tout de même eux qui pèsent le plus aujourd'hui, si vous voulez. Donc ça, c'est un premier point. Un deuxième point, comment voulez-vous rallier les droites dans leur diversité et dans leur diversité historique extrêmement profonde ? Ça n'est pas pour rien que de... Il y a très longtemps, René Raymond parlait des droites. Il ne parlait jamais de la droite au singulier. Il y a des droites extrêmement hétérogènes qui n'ont pas grand-chose à voir ensemble.

23:47
Présentateur

Encore aujourd'hui, Pascal Perrine.

23:48
Invité

Bien sûr, mais bien sûr. Et on le voyait d'ailleurs hier, en effet, quand vous avez interviewé, en effet, le patron de Reconquête, Éric Zemmour, sur sa politique étrangère. Ça devait faire frémir, en dépit de ce qu'il prétend, frémir l'égoliste. Un tel concept d'une France complètement repliée sur ses frontières, obsidionale, assiégée, etc. Ça n'a rien à voir avec la tradition gaulliste. Et ça, si vous voulez, les électeurs, parce que l'union des droites, c'est important si ça se fait sur le terrain électoral. Et ça, les électeurs le sentent. Ils sentent cette hétérogénéité et ils sentent qu'il y a là des candidats qui, en dépit du ralliement de Schmitt, n'ont pas grand-chose à voir.

Sur le fond. Sur le fond. Cédric Michaud. Non, c'est plutôt que la recomposition, l'union des droites, c'est une forme de recomposition de la droite de la droite.

24:45
Locuteur non identifié

D'accord.

24:46
Invité

On peut le dire comme ça. Quand on regarde et qu'on analyse la provenance de l'électorat d'Éric Zemmour, c'est à peu près 27-30% de ces électeurs potentiels qui sont d'anciens électeurs de Marine Le Pen en 2017 et deux fois moins qui sont des électeurs de François Fillon en 2017. Donc, il attire beaucoup plus au Rassemblement national que chez les Républicains. Donc, même si lui, il cherche à se positionner comme un point d'équilibre entre LR et le Rassemblement national, dans son électorat potentiel, en tout cas, c'est ce que nous disent les enquêtes d'intention de droite aujourd'hui, c'est plutôt, ça penche plutôt du côté du Rassemblement national.

25:28
Présentateur

Quelle est la stratégie de Valérie Pécresse face à cette bagarre au sein même de l'extrême droite et de la droite nationale ? Vous nous avez expliqué tout à l'heure que Marine Le Pen creusait son sillon en quête de crédibilité sur un projet, sur le fond, auprès d'un électorat plutôt populaire. Que fait Valérie Pécresse pour se détacher de ces droites-là ? Alors, Valérie Pécresse,

25:51
Invité

sa stratégie est très simple, c'est de dire que le positionnement d'un Éric Zemmour et ce que fait Marine Le Pen, ça ne la concerne pas. qu'il y a une espèce de primaire à la droite de la droite, qu'au final, ça n'a rien à voir avec les Républicains, ce que d'ailleurs les enquêtes d'opinion confirment, et ce que vous nous disiez à l'instant sur la provenance de l'électorat d'Éric Zemmour, donc elle, c'est très simple, tout son enjeu c'est d'installer un match avec Emmanuel Macron, de dire la vraie droite, c'est moi.

D'ailleurs, elle ne se détache pas non plus d'Emmanuel Macron farouchement dans sa façon de parler, elle ne dit pas Emmanuel Macron est un mauvais candidat ou est un mauvais président, elle dit ce n'est pas la vraie droite, la vraie droite c'est moi.

Donc, elle considère qu'il y a un espace qui est celui de François Fillon en 2017 qui mécaniquement votera de manière quasi sociologique pour le candidat des Républicains et qui a peut-être 3, 4 points à aller prendre chez un Emmanuel Macron, ceux qui peut-être ont été déçus du candidat François Fillon de ses affaires de justice, qu'il faut les faire revenir à la maison et à cette condition-là, elle se dit qu'elle peut être en 10 ans, qu'elle sera beaucoup plus réformatrice, qu'en réalité ce fut davantage un président gestionnaire que réformateur.

Là-dessus, il est vrai un peu aidé par la crise sanitaire qui a d'une certaine façon chassé la première partie du mandat, les ordonnances travail par exemple, si je me permettais de parler trivialement, je dirais qu'on a l'impression que c'était un siècle quand même parce qu'effectivement la crise a tellement dilaté le temps que les premières réformes du début de quinquennat là où Emmanuel Macron arrivait avec ce projet de transformation Révolution, le livre qu'il avait écrit pour la présidentielle 2017, ça paraît extrêmement loin. Donc ça, c'est le premier point de dire qu'elle, elle est davantage réformatrice que lui.

Et puis ensuite, elle souhaite aussi parler à une droite, disons, je ne sais pas si on pourrait parler de droite fiscale, mais en tout cas la droite qui est très attachée à la rigueur budgétaire en disant que par ailleurs les dépenses avant même la crise sanitaire laissaient filer un déficit qui mettait en danger la trajectoire de la France, notamment eu égard à ses engagements européens et de dire qu'en la matière, elle sera beaucoup plus sérieuse que lui de prendre exemple là-dessus sur ce qu'elle a fait notamment au niveau de sa région, l'île-de-France. Avec des annonces aujourd'hui sur les successions, notamment.

27:55
Présentateur

Elle se démarque aussi du président de la République.

27:58
Invité

Effectivement, pour détaxer une partie des successions. J'ajouterais juste à ce que dit très justement Léna, qu'elle espère aussi que l'hyper-radicalité d'Éric Zemmour et sa violence vont finalement faire revenir dans son giron des électeurs ou des personnalités qui a été tentées. Et c'est ce qui arrive à Éric Ciotti. Quand Éric Zemmour a dit ces derniers jours qu'il voulait qu'on autorise la légitime défense, que les commerçants, que les policiers puissent tirer s'ils étaient agressés, Éric Ciotti, qui rêve d'être ministre de l'Intérieur, a été obligé de dire « Non, non ! » Donc, pour elle, c'est plutôt cette droite raisonnable et de gestion qu'elle veut incarner.

Elle a une chance d'avoir à l'extrême droite justement un Éric Zemmour qui est tellement violent qu'au fond, la concurrence

29:02
Présentateur

ça l'aide à maintenir son aile droite dans son giron. Il lui manque quand même, Frédéric Michaud, quelques points pour s'installer dans ce duel face à Emmanuel Macron. Elle n'y est pas encore Valérie Pécresse ?

29:14
Invité

Non, elle n'est pas encore assurée d'être au second tour. Il y a quand même une proximité dans son score avec celui de Marine Le Pen qui fait qu'aujourd'hui on a une vraie incertitude sur l'identité de la candidate qui sera au second tour. Mais son enjeu c'est bien celui-là. C'est installer le duel avec le président de la République et récupérer des électeurs, d'anciens électeurs LR ou EMP qui ont été séduits par le chef de l'État. Aujourd'hui d'ailleurs il capte encore 15 à 20% des électeurs de François Fillon en 2017.

Les électeurs de François Fillon en 2017 on aurait pu croire que c'était le noyau dur des Républicains mais on en a quand même un cinquième qui sont partis chez le chef de l'État. Et inversement, aujourd'hui Valérie Pécresse ne séduirait que 10% des électeurs d'Emmanuel Macron en 2017. Son enjeu c'est d'en récupérer davantage.

30:07
Présentateur

Peut-être en leur parlant de sujets comme celui des successions d'économie ce qu'elle a fait aujourd'hui. En tout cas passons à voir ce qui se passe à gauche. Chaque jour qui passe rend un peu plus obscur le paysage à gauche. 467 000 personnes se sont pourtant inscrites pour la primaire populaire. Christiane Taubira la dernière lancée espère bien en profiter. Ses adversaires à gauche boutent ce scrutin. Seul point commun. Tous ont moyennement très moyennement apprécié de voir débouler dans la bataille un certain François Hollande. Paul-Rémy Barjavel Théo Manval et Ariane Morrison.

30:40
Invité

Il ne manquait plus que lui. Dans une vidéo diffusée hier François Hollande sème un peu plus la confusion à gauche. Jeu de questions réponses entre des jeunes et l'ancien président et cette réflexion inattendue.

30:57
Locuteur non identifié

Pourquoi vous ne vous représentez pas aux élections présidentielles ? Pour l'instant je ne suis pas candidat tu as remarqué ? Mais comme ça ne va pas bien c'est vrai qu'on pourrait se dire est-ce qu'une candidature de plus serait utile ? Je ne sais pas. Et un ancien président peut très bien refaire de la politique et c'est arrivé être candidat à l'élection présidentielle. Est-ce que vous allez prendre une décision bientôt ? Je pose la question. Je vais en tout cas prendre la parole bientôt.

31:25
Invité

Une sortie qui détonne car l'ancien président de la République avait apporté son soutien officiel à Anne Hidalgo en novembre dernier à Tulle. Dans son fief de Corrèze il accueille la candidate du PS avec un message clair à faire passer. Que Anne vienne ici c'est aussi d'une certaine façon un passage de témoins. Ce matin la candidate socialiste préfère relativiser.

31:52
François Hollande

François Hollande que je vois régulièrement a beaucoup d'humour et je crois qu'il a fait preuve de beaucoup d'humour devant ses élèves

31:59
Invité

de seconde. Énième péripétie à gauche dans une campagne confuse et dans laquelle aucun candidat ne tire son épingle du jeu dans les sondages. Pas d'union pour le moment juste une gauche éparpillée. Le rassemblement c'est l'ambition de la primaire populaire. Les inscriptions sont closes depuis hier 467 000 personnes comptent voter sauf que ces organisateurs sont dans la tourmente depuis la fuite de cette vidéo interne. Notre but avec le pôle politique c'est d'essayer d'empêcher que les membres du bloc des justices donc Anne Hidalgo Jean-Luc Mélenchon Fabien Roussel Arnaud Montlebourg et Yannick Jadot puissent avoir les 500 signatures.

Une vidéo qui date du mois d'octobre et qui sème le doute sur les intentions réelles des organisateurs de la primaire. Elle met en compétition sept candidats de gauche pour trois d'entre eux pourtant pas question d'y participer. D'abord Jean-Luc Mélenchon rejette l'initiative depuis le début. Je tiens à vous redire très solennellement que je ne veux être impliqué d'aucune façon dans cette histoire qui en plus commence à avoir de drôles d'aspects puisque c'est beaucoup de renseignements qui ont été donnés en même temps que les adresses mail que maintenant il est question de donner des numéros de cartes bancaires donc nous n'avons rien à voir avec tout ça.

Au Parlement européen cette semaine le candidat écologiste lui refuse tout simplement d'aborder le sujet. Votre intervention va permettre de faire oublier les relances sur la primaire populaire et que maintenant on ne va pas parler plus vite. Mon Dieu ! On a eu quelques heures où on n'en a pas parlé. Merci. Anne Hidalgo continue d'en parler elle mais pour tacler une fois de plus les écologistes dans une salle très loin d'être remplie samedi à Aubervilliers. Sans la participation des Verts la primaire de la gauche a perdu tout son sens et cette élection avant le premier tour qui devait nous unir ils ne l'ont pas voulu. Alors la page est tournée.

Finalement seule Christiane Taubira défend la primaire populaire. Elle en est même l'ultra-favorite elle qui a lancé sa campagne il y a seulement dix jours.

34:07
François Hollande

Moi je prends des risques c'est pas je serai je suis celle qui accepte celle qui accepte les risques d'une investiture citoyenne celle qui accepte de constater que à l'échelle des candidats à l'échelle des partis l'union n'a pas été possible a-t-elle été suffisamment essayée peu importe le fait est qu'elle n'a pas été réalisée.

34:27
Invité

Christiane Taubira compte sur ce scrutin pour en faire une rampe de lancement. Les votes ont lieu pendant quatre jours à partir de jeudi et jusqu'à dimanche.

34:37
Présentateur

Alors nous allons revenir sur plusieurs éléments de ce reportage l'éventuelle candidature en tout cas les mots de François Hollande cette campagne si difficile de Anne Hidalgo mais d'abord cette question sur la primaire populaire cette primaire populaire plutôt que de créer une dynamique ne risque-t-elle pas d'achever la gauche ?

34:53
Invité

Pascal Périne Oui la gauche la gauche est déjà il faut partir tout même d'un constat sous la Ve République la gauche n'a jamais été aussi faible on a une espèce de dépression collective des gauches en France de l'extrême gauche à la gauche sociale-démocrate en passant par tous les autres tempéraments de gauche et cette gauche qui a les deux genoux à terre est en train de se diviser parce qu'elle sait très bien que la probabilité qu'il y ait un candidat de gauche au second tour est quasi nulle et donc plutôt que d'essayer de commencer à reconstruire on est dans une phase de décomposition absolue même les courants qui pourraient être proches ont plusieurs candidats et vient là-dessus cette primaire populaire qui n'a que de primaire que le nom parce que c'est une primaire dans laquelle il y a des candidats qui ne veulent pas être candidats tout de même bon on dit on veut représenter tous les tempéraments de la gauche mais on exclut par exemple le candidat communiste je m'excuse mais dans l'histoire des gauches en France le tempérament communiste c'est tout de même quelque chose donc c'est extrêmement étrange et c'est quoi en fait ?

c'est une procédure pour mettre en scène la candidate de plus en l'occurrence Christiane Taubira qui part hyper favori puisque les poids lourds de cette primaire populaire si on peut parler ainsi ne veulent pas

36:14
Présentateur

ne veulent pas y être associés juste Pascal Perrano pour revenir sur la première partie de votre réponse comment vous l'expliquez l'état de la gauche vous disiez à l'instant c'est la première fois sur la cinquième que la gauche est si faible pourquoi ?

36:27
Invité

alors d'abord il y a eu tout de même le quinquennat le quinquennat Hollande le quinquennat Hollande a amené en particulier dans les deux dernières années une division des socialistes qui était le pivot des gauches en France quand il y avait une union de la gauche c'était tout autour du parti socialiste que ça se faisait et là non seulement l'union de la gauche a été complètement n'a été qu'un rêve de plus en plus lointain mais en plus de ça le parti socialiste s'est divisé souvenons-nous des frondeurs et la gauche et le parti socialiste ont été dans un tel état que le président a été obligé souvenez-vous le 1er décembre de refuser d'y aller là on avait donc le grand parti socialiste grand parti de la gauche depuis 1905 qui peu à peu sortait des écrans radars de la vie politique française et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils n'ont pas profité du quinquennat Macron pour engager un travail de réflexion et que d'autre part cela se traduit aussi par si vous voulez une interrogation de la gauche dans l'ensemble des démocraties européennes la gauche est devant une question énorme qu'est-ce que la gauche a à proposer dans une économie ouverte et dans un monde global

37:40
Présentateur

ils sont arrivés de responsabilité la social-démocratie en Allemagne notamment

37:43
Invité

dans d'autres pays européens

37:45
Présentateur

oui en coalition

37:46
Invité

et c'est une gauche extrêmement différente la gauche allemande est une gauche de compromis ce que n'a jamais été la gauche française même au parti socialiste

37:54
Présentateur

Frédéric Michaud sur l'état de la gauche dans les sondages et quand on regarde l'ensemble de ces candidatures alors est-ce que certains se détachent plus que d'autres

38:03
Invité

alors il y a un éparpillement qui est très très fort Jean-Luc Mélenchon d'abord il n'y a aucun candidat avec un score à deux chiffres c'est déjà très significatif le meilleur candidat c'est Jean-Luc Mélenchon 9% Christiane Taubira Yannick Jadot 5% et en dessous ce qui est très frappant ce qui dit la situation très délicate du parti socialiste c'est vraiment un des points déterminants de ce début de campagne Anne Hidalgo à 3% au même niveau que Fabien Roussel le candidat communiste 3% dans l'histoire électorale on n'avait jamais vu un candidat socialiste au même niveau qu'un candidat socialiste depuis 1969 d'accord Gaston Deferre Jacques Duclos en début de campagne donc ça dit bien l'évolution le déclin même du parti socialiste au plan électoral et la situation très délicate d'Anne Hidalgo en ce début de campagne

38:56
Présentateur

avec Fabien Roussel qui a présenté son slogan qui manque pas d'humour il dit il n'y a pas besoin d'être communiste pour voter Roussel donc voilà et il a fait 180 propositions pour la France des jours heureux voilà comment elle défend sa candidature on peut revenir avec vous Raphaël Baquet si vous le voulez bien sur ces images qu'on a vues dans le reportage du meeting d'Anne Hidalgo avec des chaises vides avec une candidate qui se démène pour avec courage quand même pour essayer dans une terre de gauche dans une terre de gauche

39:26
Invité

historiquement de gauche oui depuis le début à vrai dire de sa campagne sa campagne n'a jamais prise donc c'est lié à plusieurs éléments c'est lié à la déliquescence du parti socialiste et donc ça ça la dépasse très largement et c'est ce que Pascal Perino vient de dire mais c'est lié aussi à ce qu'elle est elle-même parisienne n'ayant pas un extraordinaire charisme non plus elle n'a pas de elle a des troupes assez faibles et donc voilà elle n'a pas de soutien au parti socialiste

39:58
Présentateur

dans ce qui reste du parti socialiste ils ne font pas campagne avec elle

40:01
Invité

regardez là la numéro 2 du parti socialiste célèbre la réussite de la primaire populaire ça s'appelle un coup de pied de l'âne c'est quand même incroyable donc elle a on ne peut pas dire qu'elle est d'abord le PS c'est quand même très faible mais on ne peut pas dire qu'elle est les troupes du PS comme un seul homme derrière elle non elle a François Hollande

40:20
Présentateur

du coup qui laisse planer une espèce de suspense autour de pour lever les yeux au ciel autour de sa candidature il pense qu'il a encore une carte à jouer

40:30
Invité

d'abord il y a certainement son équation personnelle on a toujours du mal à faire le deuil du pouvoir mais par ailleurs il est l'ancien patron du PS quand même et justement cette déliquescence de son propre parti le fait qu'elle ne parvienne pas à réunir le parti derrière elle ça joue aussi dans le fait qu'il puisse laisser planer le doute même si je pense qu'il n'a quand même pas beaucoup de chance de pouvoir être un candidat en tout cas crédible et qu'il puisse changer la donne disons

41:02
Présentateur

il s'amuse il a de l'humour François Hollande comme le dit Anne Hidalgo

41:06
Invité

qui a l'air de rire jaune quand même qui n'a pas l'air de trouver ça très drôle dans l'absolu le risque actuellement pour le parti socialiste et pour cette famille politique c'est de vivre les pires heures de l'UMP dans les années 2012 c'est à dire que à la crise politique s'ajoute une judiciarisation en quelque sorte de ce conflit ce qu'on pressent d'abord Anne Hidalgo a annoncé il y a quelques jours qu'elle voulait détricoter la loi travail c'était la loi de François Hollande elle semblait ouvrir la voie à ce procès du bilan du quinquennat de François Hollande à mon sens il n'a pas dû énormément apprécier il y a eu d'autres déclarations dans l'équipe d'Anne Hidalgo expliquant que le manque de dynamique c'était à cause du parti socialiste qui n'avait pas assez travaillé pendant les 5 dernières années parti socialiste pas Anne Hidalgo façon de dire c'est Olivier Faure et l'entourage qui n'ont pas suffisamment oeuvré pour qu'elle puisse arriver dans les meilleures conditions on ne les entend plus on les entend saluer néanmoins le succès de la primaire populaire en disant bon faudra quand même regarder s'il y a un demi-million de votants ou pas loin ça voudra dire quelque chose et donc au final ce qui peut se passer et qui serait vraiment le pire des scénarios pour cette famille politique c'est que ça se règle en menace d'aller dans les tribunaux parce que Anne Hidalgo investie par le parti socialiste pour la démettre ça va être extrêmement compliqué elle a le droit en sa faveur elle a les signatures normalement en sa faveur l'argent du parti socialiste tout ce qu'il en reste en sa faveur Christiane Taubira de son côté si elle remporte la primaire populaire sera soutenue par une structure qui est juridiquement bancale est-ce qu'elle peut réintégrer par exemple tous les frais de cette primaire dans ses comptes de campagne il n'est pas dit que le droit le permette il n'y a pas de doute sur l'issue de ce scrutin

42:47
Présentateur

sur la primaire populaire

42:48
Invité

il y a un petit doute cela dit l'augmentation fabuleuse comment dire exponentielle de ces dernières heures laisse à penser qu'on ne sait pas précisément qui est le corps électoral et qui peut s'inscrire dans les dernières heures et qui compte voter donc on peut être dans une surprise totale mais si en tout cas les doutes d'Anne Hidalgo et du PS se confirment c'est-à-dire que si c'est une primaire qui est confectionnée pour Christiane Taubira et qu'elle en sort vainqueur la question ce sera est-ce que cette primaire est légale est-ce qu'elle peut intégrer toute l'organisation de cette primaire à sa campagne et si elle ne le peut pas et bien qu'est-ce qu'elle fera de sa candidature

43:24
Présentateur

et qu'adviendra-t-il du demi-million de votants en tout cas elle peut bénéficier d'une dynamique Christiane Taubira à l'issue d'un vote comme celui-ci même si c'est

43:34
Invité

non elle est à un tel niveau d'étiage si vous voulez que même s'il y a un frisson ça ne la fera pas sortir si vous voulez de l'enfer des 5% le rôle d'une d'une primaire alors là c'est pas véritablement une primaire c'est plutôt une consultation mais le rôle d'une primaire c'est de il est double enfin il y en a au moins deux c'est d'abord de créer les conditions de l'union là on voit bien que ce ne sera pas le cas

43:58
Présentateur

ce ne sera pas le cas bien sûr

43:59
Invité

des candidats qui refusent

44:00
Présentateur

oui c'était le but au départ

44:01
Invité

et puis la deuxième fonction d'une primaire c'est de créer une dynamique bon 467 000 inscrits peut-être un petit peu moins de votants c'est quand même beaucoup plus que le nombre d'inscrits et de votants lors du congrès LR de décembre le nombre de participants à la primaire écologiste peut y avoir une petite pas une dynamique mais une petite amorce de progression dans les sondages s'il y a un vainqueur qui est désigné très clairement

44:28
Présentateur

on va regarder maintenant ce qui se passe du côté de la majorité parce que sur le terrain en tout cas les troupes la république en marche payent très cher les choix du gouvernement en matière de gestion de cette crise sanitaire les députés de la majorité sont désormais la cible des antipasses mais surtout confrontés à un mouvement de plus en plus violent Mathieu Lignot et Stéphane Lopez

44:47
Invité

un député LREM prise à partie samedi des manifestants antipasses l'insultent ils l'auraient également frappé en décembre un autre élu de la majorité est victime d'un incendie criminel et de dégradation voilà votez non ça va péter bon on aura compris ou encore le député en marche de Saint-Pierre-et-Miquelon victime de jet de projectiles près de 1200 élus ont été pris pour cible l'année dernière un phénomène en hausse notamment à cause des contestations aux mesures sanitaires violence et intimidation jusque dans les zones rurales ce jour-là le député Jean-Pierre Cubertafon se rend au marché aux truffes de Brantome bonjour bonjour bonjour membre de la majorité présidentielle il reçoit régulièrement des menaces de mort et cela inquiète comment ça va depuis eh bien ça va depuis ce qu'on a appris à droite à gauche là on fait face on fait face vous êtes nombreux en danger et vous en particulier j'ai l'impression c'est plus qu'une impression j'ai eu ma part oui alors une fois c'est la tête une fois c'est la balle enfin bon atmosphère pesante mais il faut faire avec surtout pour la future campagne du candidat président Emmanuel Macron pour Jean-Pierre Cubertafon vigilance accrue sur le terrain ce qui est certain c'est que on va être confronté à rencontrer ces gens qui manifestent les antivax et tout ça on va être confronté à ces gens-là dans certaines réunions je pense que ça sera une campagne difficile donc oui effectivement il faudra prendre certaines précautions au sud de la Dordogne une autre députée travaille dans cette permanence discrète pour éviter les problèmes mais cela n'empêche pas les menaces écrites les équipes de Jacqueline Dubois ont reçu cette lettre manuscrite je vais vous le lire on va se charger de toi de ton mec ta famille les gosses on va les massacrer quand vous lisez ça ça ne vous laisse pas indifférent ça n'est pas possible la vraie pensée qui m'est venue c'est est-ce que la lettre pourrait être imbibée de quelque chose d'une substance empoisonnée ou dangereuse très rapidement j'ai repris mes esprits et on est passé à autre chose tout en portant plainte à chaque menace une plainte est déposée mais les auteurs de ces messages anonymes sont difficiles à retrouver la joie d'un premier mandat rattrapé par une réalité violente Jacqueline Dubois l'ancienne directrice d'école ne pensait pas que le quinquennat Macron serait si violent ça c'est la voiture de mon mari

47:43
Locuteur non identifié

ça c'est la mienne

47:45
Invité

en 2018 crise des gilets jaunes ces deux voitures sont incendiées devant chez elle selon Jacqueline Dubois le lien entre politique et citoyen s'est abîmé depuis des années aujourd'hui la difficulté c'est la difficulté de se comprendre les français ne savent pas ce que fait leur député déjà il y a une incompréhension de notre mandat de nos missions de nos actions alors face à ces violences en hausse de 80% en un an le ministère de l'intérieur a renforcé la protection des élus ce jour-là Jean-Pierre Cubertafon fait le point avec le sous-préfet vous savez il y a des échanges de coordonnées des contacts réguliers des passages de patrouilles des surveillances dynamiques à la fois des permanences parlementaires et des domiciles il y a 15 jours l'assemblée nationale a également annoncé se porter systématiquement parti civil un soutien apprécié ces mesures sont faites justement pour éviter les problèmes et elles sont les bienvenues je pense qu'elles ont été prises justement pour montrer que l'état n'était pas indifférent à ce genre de menaces c'est la démocratie qui est en jeu une démocratie qui va s'exprimer dans les urnes dans quelques semaines nos deux députés périgourdins disent ne pas être démotivés par ces menaces ils seront peut-être à nouveau candidats aux législatives

49:10
Présentateur

et cette question après ce reportage pour vous Pascal Perrineau est-ce Emmanuel Macron le Covid ou une combinaison des deux qui a détruit l'espace politique en France ?

49:20
Invité

ça avait commencé avant Emmanuel Macron si vous voulez ce mouvement de prise de distance d'abord dans un premier temps des français par rapport à leur classe politique la défiance politique c'est extrêmement ancien mais là sous le quinquennat ça a changé la défiance vis-à-vis de la politique s'est changée en haine de la politique pourquoi ?

parce qu'il n'y a plus de corps intermédiaires en France et Emmanuel Macron le style de leadership qui est le sien est un style de leadership où un président jupitérien comme il disait s'adresse à une foule de français qui sont des individus qui ne sont plus organisés dans des corps intermédiaires que ce soit des partis des syndicats ou des associations et il y a à ce moment-là toutes les conditions réunies pour une véritable hystérisation du débat politique et on y est c'est-à-dire il y a des citoyens sans repère sans organisation pour travailler sur leurs propositions leurs angoisses leurs inquiétudes qui en effet s'expriment sur le ton de la colère et un président en haut du système qui donne l'impression qu'il a réponse à tout alors qu'il n'a pas réponse à grand chose il ne faut pas surestimer le pouvoir du président de la république non plus et donc vous avez là vraiment un espace public qui est un espace public maintenant traversé par un véritable phénomène de brutalisation et de passage à l'acte déplorable

50:45
Présentateur

après quand on voit ce qui se passe aux Etats-Unis avec les émeutes au Capitole on se dit que ça traverse aussi l'ensemble des démocraties et Raphaël Baquet

50:54
Invité

bien sûr on l'a vu au moment du Brexit en Angleterre une députée a été assassinée quand même donc vous l'avez dit aux Etats-Unis bien sûr les mouvements anti-vax sont d'ailleurs à l'heure actuelle très violents dans la plupart des pays européens à Bruxelles vous avez des images ces derniers jours donc il y a quand même une espèce de polarisation et d'agressivité du débat public qui est dans toutes les démocraties qui est probablement liée effectivement à la perte d'influence des partis politiques et de la façon anti-structurelle l'opinion c'est lié aussi bien sûr aux réseaux sociaux on l'a dit mille fois donc ce n'est pas seulement lié à Emmanuel Macron et d'ailleurs il n'y a pas que des députés République En Marche qui sont agressés par les anti-vax les journalistes le sont donc vraiment cette polarisation et cette agressivité elle est plus générale que cela

51:47
Présentateur

et vous la voyez dans les sondages cette agressivité

51:49
Invité

de manière très nette évidemment depuis plusieurs années nous avons vu monter la défiance à l'égard d'abord une perte de prestige et ensuite une défiance très très forte à l'égard des hommes politiques aujourd'hui tout élu est suspect tout élu est un suspect suspect de défendre des intérêts personnels ou économiques plutôt que l'intérêt général suspect de trahir ses promesses de ne pas tenir sa parole suspect de mentir bref soupçonné à mains égards donc ça c'est très bien documenté on l'a vu soupçon évidemment de malhonnêteté il y a un gros soupçon sur la probité des élus mais donc il y a plusieurs causes qui expliquent ça mais quand on regarde le débat électoral on posait la question la semaine dernière aux français 58% des français nous disent que le débat électoral pas le débat politique le débat électoral est trop agressif et trois quarts qu'il n'est pas de bonne qualité 80% qu'il ne répond pas aux attentes des français qu'il n'aborde pas les vrais problèmes qu'il n'apporte pas de solution pour le pays on a bien ce dialogue de sourd qui est renforcé parce que vous disiez le face à face entre le président de la république et l'opinion ce qui est la caractéristique de la démocratie d'opinion il n'y a plus d'intermédiaire il n'y a plus de filtre ça crée une vraie difficulté dans le dialogue entre les élus et les citoyens

53:13
Présentateur

c'est une crainte Neila Latrous de la part de l'exécutif il y a une réflexion sur le sujet de la manière même dont le président pourrait mener sa campagne et du message qu'il pourrait délivrer aux français

53:25
Invité

il y a une vraie crainte qui s'était traduite il y a un an et demi deux ans par un texte de loi qui avait été voté pour accompagner les élus notamment dans leur plainte c'était après la mort d'un maire qui s'était érigé contre des dépôts sauvages et qui avait été agressé et qui avait laissé la vie c'est une crainte d'autant plus évidemment pour les mois à venir parce que il y a le président de la république qui aime bien surprendre ses services de sécurité et on l'avait vu lors de l'un de ses déplacements à portée de gifle d'un jeune homme qui l'avait attrapé on a vu aussi au meeting d'Éric Zemmour un jeune garçon dans la foule qui s'était jeté sur le candidat Zemmour je peux vous dire qu'à l'époque les officiers de sécurité enfin la police plus précisément du ministère de l'intérieur qui est chargé de surveiller les candidats ou en tout cas de les accompagner et de les protéger m'avait fait part d'une énorme inquiétude en disant il lui suffit que ce jeune homme soit armé le candidat était blessé et puis derrière bon courage pour faire une campagne donc à priori des gros dispositifs de sécurité autour des candidats mais le vrai sujet c'est à la rigueur même pas tant les candidats à la présidentielle que tous ceux qui autour vont faire campagne et notamment toutes les personnes investies aux législatives comme les députés que l'on a vus qui vont aller porter la parole dans des réunions publiques dans des petites salles de 15-20 personnes je discutais il y a deux mois avec une députée qui me disait qu'elle avait reçu des menaces et que le préfet lui avait demandé à chacune de ces réunions publiques de se signaler à la gendarmerie pour que les salles soient protégées par la gendarmerie pour mettre en place des patrouilles donc le climat de la campagne va être celui-là

54:58
Présentateur

et nous revenons maintenant à vos questions Anne Hidalgo Jean-Luc Mélenchon Yannick Jadot rejette la primaire populaire mais si l'un d'eux la remporte que se passera-t-il ? Elle est intéressante cette question

55:11
Invité

rien il se passera rien alors là pour le coup il se passera absolument rien Jean-Luc Mélenchon par exemple a clairement dit je ne veux rien avoir à faire avec eux pour les questions précisément financières c'est à dire que si demain la primaire populaire qui doit être de mémoire je crois à 600 000 euros entre les dons qui ont été faits et l'emprunt qui a été fait si elle demande à ce que cet argent-là pour être remboursé soit réimputé au compte de Jean-Luc Mélenchon il y a un risque d'insincérité et donc il a pris le taureau par les cornes mais très en amont en disant mais je n'ai rien à voir qu'on ne me demande pas surtout de réintégrer quoi que ce soit en termes d'organisation donc lui il ne se passera rien Anne Hidalgo a dit vendredi ça ne changera rien ils peuvent rayer mon nom et Annick Jadot ne veut même plus répondre aux questions sur la primaire populaire la seule qui est intéressée par cette primaire populaire c'est Christiane Taubira c'est Christiane Taubira qui ne dit pas je serai candidate quoi qu'il arrive qui dit je reconnaîtrai le scrutin l'investiture qui est donné par la primaire populaire donc est-ce que le fait d'être investi par la primaire populaire veut dire qu'il y aura des bulletins de vote Christiane Taubira le 10 avril

56:08
Présentateur

elle ne le formule pas de manière aussi explicite si Marion Maréchal rallie conquête Jean-Marie Le Pen pourrait-il désigner Eric Gemour comme son champion l'affaire de famille

56:18
Invité

on peut s'attendre à tout de la part de Jean-Marie Le Pen et on sait que les rapports avec sa fille ne sont pas toujours au bout fixe pour l'instant il n'a pas franchi le Rubicon tout en disant en effet qu'il appréciait les performances les performances d'Eric Zemmour quant à Marion Maréchal Le Pen je crois qu'elle attend qu'elle attend très prudemment voilà qu'elle attend très prudemment le moment où elle pourra apparaître comme celle susceptible de rassembler les deux branches de la droite extrême qui pour l'instant s'opposent

56:55
Présentateur

François Hollande pourrait-il régler ses comptes avec Emmanuel Macron lors de cette campagne question de Bernard dans l'Isère peut-être en rêve-t-il

57:01
Invité

François Hollande va régler ses comptes je crois avec à peu près tout le monde j'ai bien compris Raphaël Boquet oui sûrement en a-t-il envie mais est-ce qu'il en a les moyens c'est autre chose pour l'instant il n'est même pas testé dans les sondages mais est-ce qu'il ferait beaucoup plus que les tiages

57:21
Présentateur

du Parti Socialiste est-ce qu'il ferait plus qu'Anne Hidalgo vous pensez que la question est posée

57:25
Invité

c'est quand même une interrogation

57:27
Présentateur

la première populaire ne risque-t-elle pas de désigner une personnalité trop radicale alors c'est vrai qu'en général quand on fait des primaires c'est ce qu'on a beaucoup dit autour de cette table alors c'est pas toujours comme ça que ça s'est terminé notamment chez les LR

57:41
Invité

non c'est pas toujours si vous voulez il faut se méfier des règles d'ailleurs en général sans science politique les règles sont là c'est vous qui dites ça parce qu'elle est oui oui tout à fait c'est fait pour être démenti si vous voulez si en effet c'est Christiane Taubira Christiane Taubira mélange si vous voulez différents éléments elle est à la fois membre du parti radical vous voyez le parti radical de gauche c'est pas un parti qu'on peut considérer comme étant radical au sens au glanc d'action du terme c'est à dire extrémiste mais elle est tout à fait capable elle d'avoir un style assez dynamique certains diraient parfois même exalté et apparaître comme un leader très radical

58:28
Présentateur

mais sur le fond on n'a pas beaucoup parlé du fond quand on parle de la gauche sur le fond y a-t-il une vraie différence dans le logiciel d'Anne Hidalgo et dans celui de Christiane Taubira est-ce que c'est un problème d'équation personnelle comme on dit chez les communicants d'abord Christiane Taubira elle a un parcours

58:46
Invité

elle a commencé en votant la confiance à Edor Baladur elle a été avec Bernard Tapie puis elle a fait le mariage pour tous enfin vous voyez elle a un parcours qui fait que elle est moins facile il a situé disons qu'Anne Hidalgo qui est une socialiste classique d'accord donc ce que peut lui apporter la primaire populaire c'est que elle a comme vient de le dire Pascal un tout petit parti derrière elle donc là ce qui fait ce qui fait frémir Jean-Luc Mélenchon mais qui est aussi une des forces de la primaire populaire c'est que ça permet c'est un fichier de militants éventuels donc alors c'est des militants sur canapé c'est des militants qui cliquent sur internet donc attention pour les faire sortir dans la rue et tracter et faire campagne c'est autre chose mais enfin ça peut être quand même assez utile pour une candidate même si bon elle reste très bas dans les sondages

59:39
Présentateur

vous nous disiez autour de 5% c'est à dire le niveau de Yannick Jadot

59:42
Invité

autour de Christiane Taubira 5% au même niveau qu'Yannick Jadot et Annie Delgaud 3%

59:47
Présentateur

la question des 500 signatures se pose-t-elle encore pour Eric Zemmour Naïla Latrousse

59:52
Invité

elle se pose encore dans le sens où il n'a pas encore les 500 signatures mais il en fait moins un argument de campagne c'est à dire qu'effectivement encore une fois on ne prête qu'aux riches à force de dire qu'il avait du mal à avoir ses parrainages et bien ses équipes avaient de plus en plus de mal à convaincre les maires la technique classique en présidentielle c'est dire je suis à 400 à 450 ça veut dire ça permet de convaincre 50 maires qu'ils disent que leur signature peut être décisive s'ils continuaient sur la stratégie qui était la sienne d'expliquer qu'ils partaient de très loin ils n'avaient aucune chance alors à ceci près par ailleurs qu'un certain nombre de candidats considèrent qu'Eric Zemmour est utile à cette campagne qu'il permet en étant entre 8 et 12 8 et 11 dans les sondages et pourquoi pas au premier tour d'abaisser ce seuil de qualification pour le second tour donc d'être plus facilement face à Emmanuel Macron si l'on en croit la photographie actuelle des sondages et que donc allez bon an mal an les maires peuvent débloquer le compteur de signatures Frédéric Michaud pour avoir 500 signatures a fortiori dans le nouveau système où les candidatures enfin où les parrainages pardon sont officiels il en faut en réalité 700 et on peut tout à fait imaginer pour les raisons objectives que vous venez d'imaginer que d'autres formations politiques aient intérêt à la présence d'Eric Zemmour et que donc sur le terrain elles organisent une remise de parrainages pour assurer sa présence

1:01:18
Présentateur

ça se faisait par le passé est-ce que ça peut toujours se faire dans la mesure où les parrainages sont rendus publics ?

1:01:23
Invité

Oui

1:01:23
Locuteur non identifié

ça peut tout à fait se faire

1:01:24
Présentateur

en le justifiant en disant il a sa place dans cette présidentielle et il faut au nom de la démocratie qu'il puisse se présenter

1:01:29
Invité

ce qu'a déjà fait d'ailleurs l'association des maires de France en disant ce n'est pas un enjeu de soutien c'est un enjeu de démocratie donc les maires peuvent signer totalement libérés

1:01:36
Présentateur

de cette contrainte Allez les électeurs sont-ils sensibles à des ralliements de personnalités dont ils ignoraient même le nom ? C'est ce que vous disiez La réponse est non La gauche semble couper des réalités des travailleurs comment pense-t-elle regagner le vote des plus défavorisés ? L'important de cette question parce qu'on est dans une problématique présidentielle où on dit le pouvoir d'achat est un sujet logiquement c'est un sujet qui est porté par la gauche

1:01:59
Invité

C'est même le premier sujet quand vous regardez les Français vous disent aujourd'hui avant la Covid l'enjeu le plus décisif pour nous et bien c'est le pouvoir d'achat et donc les candidats ou les candidates auraient intérêt à s'intéresser à cette affaire Alors la gauche fait des propositions on le voit des propositions en termes en particulier du salaire minimum elle fait des propositions pour Mme Hidalgo qui d'ailleurs ont évolué au sein de la fonction enseignante puisqu'il y a là presque un électorat non pas captif mais un électorat qui est très socialiste et très fidèle Mais elle s'est coupée

1:02:41
Présentateur

des travailleurs ? C'était la question ?

1:02:42
Invité

Elle s'est coupée des travailleurs de manière évidente Je regardais dans le dernier sondage Ipsos pour le centre de recherche politique de Sciences Po si vous voulez sur 100 ouvriers 25 aujourd'hui votent pour des candidats de gauche 25 75% votent pour des candidats de droite et essentiellement Marine Le Pen très très loin devant Au premier tour Marine Le Pen réalise 34% des intentions de vote chez les ouvriers Éric Zemmour 16 Macron 14 et Pécresse 8 Donc la gauche est peu à peu en train de quitter l'électorat populaire sachant que dans l'électorat populaire il y a aussi une abstention qui est une abstention élevée

1:03:23
Présentateur

Avec 40% d'indécis Si l'élection est loin d'être faite faut-il s'attendre à un événement imprévisible Il y a toujours des surprises Toujours Allez Des députés ou des sénateurs à l'air vont-ils rejoindre Éric Zemmour ? Cette dernière question avec vous Naila

1:03:34
Invité

Il y avait eu cette crainte Il semblerait que même ceux qui auraient pu le rejoindre aujourd'hui parraînent Valérie Pécresse

1:03:39
Présentateur

Merci à vous tous C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir On retrouve tout de suite Anne-Élisabeth Le Moine Bonsoir Anne-Élisabeth Au programme ce soir

1:03:47
François Hollande

Bonsoir Caroline

1:03:48
Présentateur

467 000 inscrits pour la primaire populaire C'est quatre fois plus

1:03:53
François Hollande

que pour la primaire écologiste que pour la primaire LR

1:03:56
Présentateur

Problème à gauche Seule Christiane Taubira soutient cette initiative Qu'en espère-t-elle ? Se retirera-t-elle en cas de défaite ? Si oui pour se ranger derrière Quel candidat ? On lui pose la question Elle est dans un instant notre invitée Et nous on se retrouve demain 17h50 Je vous rappelle que vous pouvez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez en replay et en podcast A demain Belle soirée sur France 5 Sous-titrage ST' 501