Marine Le Pen condamnée : le scénario qui peut tout faire basculer
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Peuple de YouTube, bonjour, nous y sommes. Ce mardi, la cour d'appel de Paris a rendu son jugement, son arrêt dans le procès des assistants parlementaires du Rassemblement national et notamment la Cour d'appel de Paris a condamné Marine Le Pen fermement pour les faits qui lui étaient reprochés. On va revenir sur toute cette affaire. On va revenir sur la condamnation et on va essayer de décrypter tout cela. Le moment où je parle est un moment où beaucoup sont perdus. Marine Le Pen a annoncé qu'elle était malgré tout candidate. La situation est complexe, elle est cruciale.
Aujourd'hui, nous sommes aussi peut-être entrer dans le premier jour d'une zone de turbulence qui pourrait menacer jusqu'à la démocratie française elle-même. Et je vais essayer de vous expliquer comment. Bref, ça va être joyeux, ça va pas être joyeux. J'aimerais tout de même revenir sur les faits qui sont reprochés à Marine Le Pen et plus généralement au Rassemblement national. Les faits sont graves et pour ces faits, Marine Le Pen, non seulement elle-même, mais également tous ses coprévenus, ont été condamnés lourdement à deux reprises, en première instance par le tribunal correctionnel et en appel par la cour d'appel de Paris.
Nous parlons de 2,8 millions d'euros qui ont été détournés du Parlement européen pour d'une part servir au travail politique du Front national puis du Rassemblement national et pas du tout au travail parlementaire des députés européens. D'autre part, pour payer l'entourage de la famille Le Pen-même, l'argent détourné du Parlement européen a servi à payer le garde du corps de Jean-Marie Le Pen. Il a servi à payer le majord d'homme de Jean-Marie Le Pen. Donc, on n'est pas du tout dans un contentieux administratif qui est le mot utilisé par Marine Le Pen pour mettre à distance et euphémiser ce qui lui est reproché depuis maintenant des mois et même des années.
On est bien dans un procès en pénal pour des faits graves du détournement de fonds public, de l'argent des contribuables européens, de l'argent des contribuables français qui a été détourné, c'est très grave les faits qui sont reprochés à Marine Le Pen. On lui reproche d'être l'instigatrice et la bénéficière finale de ce système de détournement de fond et pour ces faits, elle a été condamnée à deux reprises et encore hier par la cour d'appel de Paris. Je voulais commencer par revenir là-dessus. On va beaucoup parler de ce qui va se passer dans les mois à venir pour la démocratie française et pour l'élection présidentielle.
Mais je veux absolument commencer par rappeler ce qui je crois aujourd'hui est passé de manière absolument scandaleuse sous silence ou du moins ce qui de manière scandaleuse passe au second plan dans le commentaire médiatique de l'affaire. Marine Le Pen, ses coprévenus, le Rassemblement national ont été condamnés pour des faits extrêmement graves, des faits dans lesquels les éléments qui les accusent sont accablants. Marine Le Pen en appel, a été condamné pour les faits dont nous venons de parler à 100000 € d'amende. 3 ans d'emprisonnement dont 1 an d'emprisonnement ferme à domicile avec un bracelet électronique et 45 mois d'inéligibilité dont 30 mois avec surcis.
On va revenir sur chacun de ces points. On on peut commencer par remarquer que la condamnation de Marine Le Pen est beaucoup moins sévère que sa condamnation en première instance. En première instance, elle avait été condamnée à 100000 € d'amende. Ça ça change pas. 2 ans d'emprisonnement ferme avec détention à domicile. 2 ans d'emprisonnement ferme et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire de la peine sans aucun surcis sur ces 5 années d' d'inéligibilité. Donc on voit bien que la cour d'appel a été beaucoup plus manianime à l'égard de Marine Le Pen que l'avait été le tribunal correctionnel.
Or, cette mensuétude de la cour d'appel est difficilement compréhensible quand on regarde le jugement rendu. S'agissant des détournements de fonds publics, la Cour relève que les faits sont graves en ce qu'ils se sont déroulés pendant de nombreuses années, ont porté atteinte à la confiance que les citoyens accordent aux élus et aux institutions et ont engagé des fonds publics. Ils sont graves en effet car ils ont duré pendant plus de 11 années, se sont déroulés au cours de trois mandatures successives et ont perduré alors que le Parlement européen n'a cessé de préciser et de renforcer sa réglementation.
Ils sont graves au regardant des sommes détournées, à savoir plus de 2,8 millions d'euros. Ils sont graves également parce qu'en accaparant des fonds publics pour rémunérer des personnes travaillant en réalité pour le Front National, les auteurs ont provoqué une rupture d'égalité avec les autres partis politiques. Une rupture d'égalité avec les autres partis politiques. C'est bien la sincérité des différents scrutins qui est en jeu. Ils sont graves, surtout ces faits car ils ont été commis par des élus en charge de l'intérêt général dont il est attendu une impartialité, une probité et une exemplarité totale.
Vous voyez que la cour d'appel de Paris est incroyablement sévère dans le jugement qu'elle rend. Concernant Marine Le Pen, la cour d'appel de Paris va jusqu'à écrire la chose suivante. Son comportement a nécessairement porter atteinte à la confiance des citoyens dans les partis politiques, au bon fonctionnement du système électoral et au jeux démocratique et interroge sur sa capacité à exercer un mandat électif et à en respecter tous les devoirs. Le premier étant celui du respect de la loi. Voilà ce que dit la cour d'appel de Paris dans un jugement, vous le voyez, qui est incroyablement sévère.
Pourtant, la peine retenue est une peine relativement magianime avec une inéligibilité réduite à 15 mois ferme, le reste, c'est du surcil. une inéligibilité ferme réduite à 15 mois, c'est-à-dire une inéligibilité ferme qui est d'ors et déjà levée puisque Marine Le Pen a d'ors et déjà effectué ses 15 mois d'inéligibilité. La Cour d'appel de Paris s'en est justifiée dans un paragraphe crucial que je vous lis maintenant. La cour juge que la peine complémentaire d'inéligibilité déjà exécutée pendant 15 mois depuis le jugement en première instance.
La Cour juge que cette peine d'ors et déjà effectuée a d'ors et déjà réparé l'atteinte à la probité dans une mesure compatible avec les garanties fondamentales reconnues aux citoyens. L'ignorer porterait atteinte au principe de liberté des candidatures, conditions essentielles à une expression réellement démocratique du suffrage universel. La cour d'appel de Paris nous dit Marine Le Pen a déjà fait 15 mois d'inéligibilité.
Ça suffit pour dire que le préjudice a été réparé et on ne voudrait surtout pas lui interdire de concourir à la présidentielle parce que nous dit la cour, cela porterait atteinte à la liberté des candidats de présenter leur candidature et à la liberté des citoyennes et des citoyens de voter pour le candidat ou la candidate de leur choix. Cet argument-là, c'est l'argument du Rassemblement national.
C'est l'argument que Marine Le Pen et ses coprévenus et plus généralement tous les pores-paroles du Rassemblement national ont répété matin, midi et soir depuis la première condamnation qui consiste à dire il est illégitime pour un tribunal d'interdire les citoyennes et les citoyens de voter pour leurs représentants. Cette décision de la cour d'appel de Paris, c'est une décision surprenante quand on se souvient du jugement en première instance, quand on se souvient du jugement rendu par le tribunal correctionnel qui a eu littéralement le raisonnement inverse.
Ce que nous disait le tribunal correctionnel de Paris, c'est que revendiquer pour Marine Le Pen le droit d'être condamné par les électeurs et les électrices et les et les électeurs et les électrices seulement. Revendiquer ce droit-là revenait d'après le tribunal correctionnel au fait de demander une justice d'exception. Donc là, on a de toute évidence deux deux tribunaux qui ont eu deux interprétations complètement différentes du droit. Je suis un peu désemparé. Je vous confesse qu'à titre personnel, la décision de la Cour d'appel ne me satisfait pas. Les arguments proposés par la Cour d'appel ne me convainquent pas. Et le jugement rendu à ce titre, en ce qui me concerne, je le déplore.
C'est pas parce que je le déplore que je le considère il légitime. La justice est légitime, la cour est légitime, la cour a décidé, le jugement est ainsi. C'est pas parce qu'on le respecte et qu'on en soulligne la légitimité qu'on n pas en droit de s'interroger dessus. Bien sûr, c'est là où les choses deviennent plus complexes. Les juges de la cour d'appel ne se sont pas contentés de lever l'inéligibilité de Marine Le Pen. Ils ont été un peu taquin. Ils ont condamné Marine Le Pen à 1 an de détention à domicile avec un brassat électronique. Marine Le Pen s'était exprimé là-dessus quelques jours à peine plus tôt.
S'il s'agit de m'autoriser à être candidate mais de m'empêcher en réalité de mener une campagne tout à fait librement, vous entendez bien que ce sera pas possible. Qu vou dire avec un bracelet ? Bah bien sûr, je peux pas dépendre de de d'un magistrat pour m'autoriser à aller faire un meeting à Romorentin ou aller sur un marché. Donc voyez que Marine Le Pen était incroyablement clair. Le calcul qui a été fait, ça a été de déporter la décision d'inéligibilité de leur responsabilité sur la responsabilité de Marine Le Pen elle-même. Grosso modo dire "Nous, on tranche pas, nous on lève l'inéligibilité.
C'est pas à nous de décider à la place du peuple français, à Marine Le Pen de se débrouiller en espérant que Marine Le Pen dise comme je l'avais annoncé, je ne peux pas me présenter candidate avec un bracelet à la cheville et donc je renonce. Les juges sans doute s'attendaient à cela. Bien évidemment que les magistrats et magistrates de la cour d'appel de Paris ont vu la disqualification massive et monumentale de la justice que la première condamnation de Marine Le Pen a engendré.
Peut-être les juges se sont-ils et elle dit au lieu de prononcer une peine d'inéligibilité qui va nous mettre sur le grill et engendrer une nouvelle disqualification de la justice, engendrer de nouvelles entailles dans l'indépendance des juges et plus généralement de nouvelles attaques contre l'état de droit, soyons un peu malin, laissonsla se présenter, condamnonsla par ailleurs à un bracelet électronique et faisons peser sur elle la responsabilité de se retirer et pas sur nous la responsabilité de l'empêcher.
Vous allez me dire "Oui, mais il y avait toujours la possibilité pour Marine Le Pen dans ce cas-là de se pourvoir en cassation." En droit français, il y a deux voies de recours successives. Le premier recours, c'est l'appel. Si jamais tu le si jamais le jugement rendu en première instance ne te satisfait pas, tu peux faire appel du jugement. Et dans ce cas-là, tout le procès rejugé, on repart à zéro. On réexamine tous les faits depuis le début.
Si le jugement en appel ne satisfait toujours pas soit l'accusation, soit la défense, l'accusation ou la défense peuvent tenter de se pourvoir en cassation et donc les justiciables peuvent demander à la Cour de cassation d'examiner le jugement rendu en appel et éventuellement de le casser. Elle elle se contente d'examiner le jugement rendu en appel et de vérifier que le droit a bien été respecté. Il y avait toujours la possibilité pour Marine Le Pen, quel que soit le jugement en appel, de se pourvoir en cassation. Sauf que cette hypothèse là, Marine Le Pen-même l'avait évacué parce qu'un pourvoi en cassation ça prend des mois. Ça peut me prendre des années mais ça prend au minimum des mois.
Et donc Marine Le Pen disait de manière a priori tout à fait raisonnable. Écoutez, je vais pas me pourvoir en cassation pour éventuellement voir la peine en appel être confirmée en décembre 2026 voir en janvier ou février 2027 et finalement être empêché de me présenter à quelques semaines du scrutin, ce qui évidemment désorganiserait mais alors complètement la campagne du Rassemblement national et obérerait gravement les chances du Rassemblement national de faire élire quelqu'un à la présidence de la République. Marine Le Pen a d'ors et déjà dit que elle ne ferait pas campagne avec un bracelet électronique et que elle ne se pourvoirait pas en cassation.
Ça c'était le calcul de la cour d'appel. Un calcul je crois et pour le coup je vais me permettre d'émettre un jugement tout en respectant l'institution de la cour d'appel mais un calcul en ce qui me concerne que j'estime dès les terre. À ce moment de l'histoire, nous en sommes hier soir, mardi à 20h. Marine Le Pen prend la parole au journal de TF1. Personne ne sait encore ce qu'elle va annoncer et il se passe ceci. J'ai été heureuse. J'ai été heureuse qu'on rende aux Français leur liberté de voter et que la cour me rende mon éligibilité. Et là déjà en une phrase, Marine Le Pen vient, je crois de démontrer tout l'angle mort du jugement de la cour d'appel.
Un angle mort médiatique certes, mais un angle mort déterminant malgré tout. Certes, le jugement de la cour d'appel, comme je vous l'ai lu, est incroyablement sévère. Il condamne Marine Le Pen dans des mots qui sont très durs, mais en levant son inéligibilité, la cour d'appel permet à Marine Le Pen de faire comme si elle avait été, vous le voyez, blanchie de ce qui lui était reproché. Elle ne dit rien ici des faits qui lui sont reprochés. Elle fait comme si ce jugement était une bonne nouvelle pour elle alors que le jugement est d'une sévérité dans les termes employés incroyable.
Mais voyez que médiatiquement, elle peut faire comme si tout cela allait dans le bon sens et comme si finalement les juges de la cour d'appel lui avaient donné raison, ce qui évidemment n'est pas le cas, mais elle peut faire comme si. Par conséquent, je vais soumettre ce sujet de droit, à mon avis extrêmement sérieux à la Cour de cassation. Ce qu'elle avait annoncé ne pas faire, elle le fera. Elle sera candidate tout en se pourvoyant en cassation. quitte à mettre en danger sa campagne, quitte à mettre en danger, nous allons le voir, la démocratie française. On y reviendra tout à l'heure, mais on écoute d'ors et déjà la question posée par Gill Boul à la réponse de Marine Le Pen.
Vous dites que vous allez vous pourvoir en cassation. De nombreux juristes, même si les avis sont partagés, estiment que si vous vous pourvoyez en cassation, et bien vous serez à nouveau dans le temps qui vous sépare de cette décision de la Cour de cassation condamné à ce à quoi vous avez été condamné en première instance. Non, il se trompe. L'intervention de l'arrêt de la cour d'appel fait disparaître le jugement de première instance.
Cette éventualité là que vient de soulever Gilles Boulot et dont on a déjà parlé et don et dont on a déjà parlé d'ailleurs à l'époque du premier jugement est une éventualité tout à fait sérieuse que contrairement à ce que fait Marine Le Pen, on ne peut envoyer balader d'un revers de la main. J'y viendrai tout à l'heure. C'est une éventualité qui pourrait qui pourrait désorganiser les institutions de la République française.
J'avais indiqué, vous le savez, que je ne ferai pas campagne sous bracelet électronique, mais comme j'ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation, ce qui n'était pas obligatoirement le cas des autres hypothèses, et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l'arrêt, je ferai donc campagne sans bracelet électronique. Deux options. Première option, la Cour de cassation rend sa décision avant l'élection présidentielle. Deuxième option, la Cour de cassation rend sa décision après l'élection présidentielle. Ces deux options nous mènent à des scénarios très différents.
Je le dis tout de suite, le plus probable, c'est que la Cour de cassation rende sa décision avant l'élection présidentielle. Le président de la Cour de cassation s'y est engagé mais il y a pas de garantie. on peut pas se rendre compte de la complexité du dossier de de l'ampleur du travail qui va peser sur les magistrats tel et les magistrats et en tout état de cause l'hypothèse que la cour tarde à rendre sa décision et que cette décision intervienne après l'élection présidentielle est une hypothèse toujours ouverte. Cette hypothèse serait catastrophique. Pour quelle raison ?
Il y a plusieurs mois, le Canar enchaîné a publié un papier qui révélait que si Marine Le Pen se pourvoyait en cassation, elle redeviendrait inéligible. Un flou subsiste sur l'application ou non de l'inéligibilité en attendant qu'elle tranche. Dans son édition du 2 avril 2025, le canard enchaîné rappelait une jurisprudence de 1993 portant sur un condamné à du surcis probatoire. Dans ce cas, la Cour de cassation estimait que le temps qu'elle se prononce, le pourvoi avait suspendu le jugement d'appel et fait renaître l'exécution provisoire du jugement de première instance.
Selon cette jurisprudence, si la Cour de cassation ne se prononce pas en amont du scrutin, Marine Le Pen ne pourrait pas se présenter en 2027 du fait des 5 ans d'inéligibilité avec application immédiate prononcé en première instance. La situation antérieure, c'est que le jugement du tribunal correctionnel ne s'appliquait plus puisqu'il y avait eu un appel, mais la peine d'inéligibilité s'appliquait parce qu'il y avait eu une exécution provisoire. Donc, nous dit cette jurisprudence, pendant le temps du pourvoi en cassation, le jugement de la cour d'appel est suspendu. On revient à la situation d'avant et la situation la situation d'avant, laquelle est- elle ?
C'est l'exécution provisoire de l'illéibilité. La transposition de cette jurisprudence de 93 est critiquée. Didier Reb universitaire nous dit "On ne peut pas dire qu'elle est transposable telle qu'elle à Madame Le Pen ces arrêts ont été rendus sur le fondement d'articles qui ne sont pas ceux qui concernent Madame Le Pen. Ce raisonnement pourrait être transposé mais ce n'est pas de l'ordre de l'évidence qu'il concerne effectivement qu'il concerne effectivement le cas de Marine Le Pen." Certains juristes qui disent "Si la Cour de cassation ne se prononce pas Marine Le Pen redevient inéligible." D'autres qui disent "Non, elle est éligible et qui décide ?
Qui tranche ?" Et bien a priori, on n'est même pas sûr, on n'est même pas sûr de savoir qui tranche cette situation. Qui tranche ? Réponse probablement le Conseil constitutionnel. C'est probablement au Conseil constitutionnel qu'il reviendra de décider si oui ou non Marine Le Pen peut-être sur la ligne de départ de la prochaine élection présidentielle. Si la Cour de cassation n'a pas encore rendu son jugement, vous imaginez la pression sur le Conseil constitutionnel ? Vous imaginez les dizaines de milliers de manifestants qu'il y auraient sous les fenêtres des sages du Conseil qui seront investis soudain du rôle de dire si Marine Le Pen peut ou ne peut pas se présenter à la présidentielle.
qu'il conseille hypothétiquement dans cette situation devait décider cela. Alors qu'est-ce qui se passe derrière ? Est-ce que le Rassemblement national aurait le temps de proposer un autre candidat ? Est-ce que le Rassemblement national pourrait présenter Jordan Bardella ? Est-ce que les 500 parrainages de Marine Le Pen pourraient être transférés à Jordan Bardella ? Enfin, je veux dire, est-ce qu'on imagine cette situation ? Je ne sais pas si vous mesurez le degré de gravité de la situation dans laquelle tout cela pourrait nous faire basculer. Examinons maintenant l'hypothèse selon laquelle la Cour de cassation rend son jugement en janvier 2027. Je prends volontairement janvier 2027.
Qu'est-ce qui se passe ? Soit la cour de cassation casse le jugement de la cour d'appel. Dans ce cas-là, ça veut dire qu'il y a un nouveau procès en appel qui recommence de zéro. Quid de l'exécution provisoire prononcé en première instance. J'ai pas la réponse, il y a très peu de chance. que la décision de la cour d'appel soit cassée par la Cour de cassation. Très peu de chance. Pourquoi ? Parce que on a malgré tout deux décisions qui sont rendu en première instance et en appel qui vont dans les deux mêmes directions, qui sont fondées sur les mêmes documents, sur les mêmes raisonnements juridiques.
Cette hypothèseel est considérée comme très très improbable par absolument toutes les personnes qui s'expriment depuis hier. Venons-en donc à l'hypothèse qui est en réalité la plus probable. La Cour de cassation rende sa décision rapidement. qu'elle confirme le jugement en appel parce qu'on peut imaginer que le jugement a été bien ficelé et que ce faisant elle soit convoquée dans les 30 jours devant un juge d'application des peines puis que très rapidement on lui mette à la chille un bracelet électronique. C'est l'hypothèse a priori la plus vraisemblable. Et là on arrive sur le point le plus sensible de toute cette histoire.
Le juge d'application des Penes devra déterminer à partir de quel moment Marine Le Pen doit pour une durée d'un an porter son bracelet électronique. Le juge d'application des Penes a tout à fait le droit de décider que Marine Le Pen effectuera sa peine de détention à domicile sous 4 mois. L'une des justifications qui permet de décaler de 4 mois le port, par exemple, d'un bracelet électronique, c'est notamment les obligations professionnelles. C'est dans la loi.
Elle n'aura pas à appliquer sa peine avant la fin de son mandat présidentiel parce que roulement de tambourg, vous le savez, je vous le rappelle, il y a en France une immunité présidentielle qui protège le président ou la présidente de la République des actes décidés à son encontre juridictions ordinaires. est un juge d'application des peines qui va seul décider de si Marine Le Pen peut faire campagne jusqu'au bout sans bracelet ou si elle doit le porter sur le champ. Une décision dont les implications politiques nationales sont immenses. Je ne vois pas comment dans un tel contexte nous pourrions avoir un débat démocratique serein.
Un mot qui n'est pas totalement anodin sur la décision politique de Marine Le Pen de se présenter, sur la stratégie qu'elle a imposé au Rassemblement national. Et quelque part, c'est peut-être la seule lueur de satisfaction dans tout ce bourbier, c'est que aujourd'hui le Rassemblement national se retrouve de fait dans la pire situation possible pour lui. Du point de vue de la lutte contre l'extrême droite, le fait est qu'on se retrouve dans la meilleure situation possible.
Si Marine Le Pen avait choisi de se retirer aujourd'hui, au moment où nous parlons, Jordan Bardella serait dans une situation incontesté qui lui permettrait de faire campagne immédiatement avec la plus grande efficacité en vue de la prochaine présidentielle. À la place, le Rassemblement national aujourd'hui doit faire avec une candidate qui a été condamnée à deux reprises, qui est certes présumé innocente au moment où on parle puisque le pourvoi en cassation est suspensif.
Donc elle est certes présumé innocente, mais le Rassemblement national doit composer avec une candidate condamnée à deux reprises, condamné lourdement, pour laquelle les jugements sont incroyablement sévères, pour laquelle les jugements sont incroyablement sévères, d'une candidate sur laquelle pèse par ailleurs une immense incertitude sur sa capacité à aller au bout et donc d'une éventualité à laquelle est confronté le Rassemblement national aujourd'hui de devoir introniser Jordan Bardella comme candidat au dernier moment, peut-être en février ou mars prochain.
En février prochain, Marine Le Pen voit la condamnation en appel confirmée et si elle accepte de se retirer, ce qui n'est pas ce qui n'est pas garanti, alors le Rassemblement national devra au débotteré à l'arrache complet changer de candidat, introniser Jordan Bardella, éventuellement infléchir ses lignes politiques puisque vous savez que la ligne politique de Jordan Bardella et celle de Marine Le Pen sont pas exactement la même. Et donc en définitive Marine Le Pen ami d'elle-même sont partis dans la merde quelque part. C'est notre seul motif de de contentement.
Ce sera peut-être la première étape d'une dégringolada du Rassemblement national qui pourrait mener jusqu'à une déchéance de sa candidate ou de son candidat au second voire au premier tour de la prochaine élection présidentielle. Nous rentrons dans une phase d'incertitude politique. Il est impossible de savoir ce qui se passera aux prochaines élections. À la question de savoir si Marine Le Pen est plus redoutable que Jordan Bardella dans la compétition électorale, je ne sais pas répondre à cette question. La popularité de Jordan Bardella est quand même quelque chose que qui ne peut qu'interroger et que tu ne peux pas envoyer balader d'un revers de la main.
Là aujourd'hui, le RN sont un peu dans la même situation que l'UMP euh sous sous sous le penélupate, hein. Le RN me semble avoir moins de chance de remporter la présidence aujourd'hui qu'hier. Ça, je m'en réjouis. Mais par contre, le prix à payer pour être dans cette situation, je le crains, risque d'être extrêmement élevé. Une fois qu'on a dit tout ça, c'est à nous qu'il revient d'être vigilant. C'est à nous qu'il revient d'être mobilisé. C'est à nous qu'il revient d'empêcher que le pire se que le pire se produise.
C'est anneau qu'il revient de se souvenir que le pire n'est jamais certain et de se dire que certes la situation actuelle est incroyablement inquiétante pour la République française et nos institutions et au premier rang desquels pour la justice française mais que en même temps ces ces échéancesl on va les combattre que les mobilisations des électoristes du Rassemblement national rencontreront la mobilisation parallèle des électoristes antifascistes et que au final on n pas perdu d'avance. La seule bataille perdue d'avance, c'est celle que tu ne mènes pas.
Et donc on va ici et et avec vous euh continuer continuer ce combat bien sûr et se dire que rien n'est écrit d'avance et que le RN n'a pas encore gagné et que souhaitons-le, il ne gagnera pas. Ce qu'on peut faire, c'est constamment, systématiquement rappeler les deux jugements. On a quand même deux jugements avec des déclarations euh précise, accablante, des mots extrêmement graves et percutants euh de deux ensembles de juges euh qui ont chacun jugé de la situation et du de la faire de manière indépendante. Et ça pour le coup, c'est quelque chose qu'il faut rappeler en en permanence.
Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui la position du RN paraît moins enviable qu'hier, mais malheureusement la la stabilité des institutions républicaines, elle aussi paraît moins assurée aujourd'hui qu'hier et ça, je crois, on ne peut que tous s'enquiéter. Cela, nous le devons à une personne, une personne seulement. Celle qui a pris la décision, celle qui s'est pourvu en cassation, celle qui veut être candidate quoi qu'il arrive. Marine Le Pen,
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le courage de dire les choses telles qu'elles sont.