Nicolas Dupont-Aignan sur France Inter
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteRéponse partielle
Vous soutenez les multiples appels à bloquer les routes de France. C'est prévu le 17 novembre, pour l'instant c'est prévu surtout sur les réseaux sociaux. Il s'agit d'annoncer la hausse des taxes sur les diesels et le gasoil. Vous ne croyez pas en l'argument écologiste de gouvernement qui veut limiter les énergies polluantes ?
- 3:59OuverteRéponse partielle
Question à présent sur la sécurité en ce moment en France, et notamment la sécurité dans les écoles. Le gouvernement a-t-il raison de vouloir renforcer la force, les forces de l'ordre, selon les circonstances, précise le gouvernement, à l'intérieur des établissements ?
- 10:36OuverteRéponse directe
Debout la République, ça c'est des partis dont vous avez créé Debout la France. Ensuite, en 2016, vous avez écrit un livre, France, lève-toi et marche. Vous avez dit à plusieurs reprises que vous étiez très attaché à la position de la France dans le monde. Qu'est-ce que ça signifie ?
- 13:17OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan, vous évoquiez à l'instant les propos d'Emmanuel Macron qui a parlé de fou en désignant, mais enfin, c'est plus subtil que ça. Est-ce qu'Emmanuel Macron ne doit pas tenir un discours un peu de fermeté et de rigueur face à Viktor Orban, par exemple, en Hongrie ?
- 15:29OuverteRéponse directe
C'est sur l'avenir de l'Europe. Donc, j'aimerais savoir en fait quel pari il fait sur l'avenir de l'Europe. Est-ce qu'il pense que l'Europe va exploser, imploser, disparaître ? Ou au contraire, est-ce que ce sont juste quelques petites péripéties et que finalement l'Europe, elle va continuer un petit peu comme avant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:17Invité politiqueChiffre
« Et depuis 2015, sous François Hollande et le début d'Emmanuel Macron, on a pris 10 euros de taxes en plus, 20 centimes. »
- 2:30Invité politiqueChiffre
« Cela veut dire qu'on arrivera, pour un plein de diesel, à deux tiers de taxes. »
- 3:28Invité politiqueFait
« pourquoi le gouvernement, par exemple, laisse, il n'y a aucune taxe, aucune TVA sur le kérosène des avions ? »
- 5:18Invité politiqueFait
« un mineur, jusqu'à 18 ans, il peut faire 40 agressions, il sera toujours libéré et reviendra dans le quartier. »
- 7:32Invité politiqueFait
« jusqu'à deux ans de prison, il n'y a pas d'emprisonnement »
- 8:24Invité politiqueFait
« j'ai été maire 22 ans, je savais exactement qui trafiquait la drogue. La police le savait, tout le monde le sait. »
- 11:12Invité politiqueFait
« j'ai découvert là hier qu'il a insulté, traité de fou ses homologues polonais et hongrois »
- 11:45Invité politiqueFait
« l'État est actionnaire de Valourec, une grande entreprise qui laisse tomber Ascométal, qui est une des meilleures entreprises françaises. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan71 %
- Présentateur13 %
- ?5 %
- Locuteur non identifié5 %
- Invité2 %
- Invité 22 %
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France
Inter,
le
6-9 du week-end, Eric
Delvaux.
Bonjour Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France. Vous soutenez les multiples appels à bloquer les routes de France. C'est prévu le 17 novembre, pour l'instant c'est prévu surtout sur les réseaux sociaux. Il s'agit d'annoncer la hausse des taxes sur les diesels et le gasoil. Vous ne croyez pas en l'argument écologiste de gouvernement qui veut limiter les énergies polluantes ?
D
'abord, je regrette qu'on soit obligé dans le débat démocratique
d
'arriver à ces extrémités. Heureusement c'est un samedi d'ailleurs pour ne pas pénaliser les gens qui travaillent. Mais vous voyez, je crois que dans la vie on peut être en désaccord avec un gouvernement.
On
peut être en désaccord avec quelqu'un qui émet une opinion différente. Mais ce qui est insupportable dans le gouvernement d'aujourd'hui, et ce qui heurte de plus en plus les français, c'est l'hypocrisie. Pourquoi hypocrisie ? C'est-à-dire faire passer pour une mesure écologique, ce qui est en vérité une mesure fiscale pour faire les poches des français pour des milliards d'euros,
en
plus pour les donner à une infime minorité de la population, c'est insupportable. Car de quoi il s'agit ? Il faut quand même être précis. Lutter contre le diesel, on est tous favorables. Et moi ça fait longtemps que je le dis.
Mais
on pouvait très bien faire converger les prix de l'essence vers le prix du diesel, c'est-à-dire baisser le prix de l'essence au niveau du prix du diesel. Et on pouvait le faire sans que ça coûte un centime à l'État. Car quand le prix du baril augmente, c'est un peu compliqué, il y
a
une TVA supplémentaire. L'État, à chaque fois que le prix du baril augmente, l'État touche de la TVA en plus. Et avec cette TVA, non pas la TVA, la TVA en plus des taxes, on pouvait très bien aligner le prix de l'essence et du diesel et éviter ce racket insupportable. Or, c'est tout l'inverse qui est fait. Et le gouvernement, il faut quand même voir, j'ai un exemple, parce qu'un plein de 70 euros en
diesel... On
va dire que c'est une hausse entre 6 et 7 centimes qui
est
pour lui. Non, non, mais
plusieurs hausses, ce qui est incroyable. Un plein de 70 euros au diesel, j'ai amené les chiffres parce qu'il faut être précis dans la vie. Le coût du pétrole, c'est 32 euros.
Le
coût des taxes,
c
'est 38 euros. Et depuis 2015, sous François Hollande et le début d'Emmanuel Macron, on a pris 10 euros de taxes en plus, 20 centimes.
Mais
ce qui est pire encore, c'est que le gouvernement nous dit, on va encore en remettre
20
centimes
jusqu'en 2022. Cela veut dire qu'on arrivera, pour un plein de diesel, à deux tiers de taxes. Sur l'essence, à ce moment-là, il
ne
fallait pas augmenter l'essence au moins. Ah ben non, sur l'essence, ils en profitent pour remettre des taxes sur l'essence, sur le fuel, sur l'électricité, sur le gaz. Et est-ce qu'ils se rendent compte que les Français qui utilisent leur voiture, ils sont obligés
? Vous
savez, moi j'ai été, il n
'y a
pas longtemps, dans un département de France, et il y a une dame qui m'a dit, on nous dit, les entreprises ferment, il faut aller travailler plus loin, vous n'êtes pas mobile. Les écoles ferment, il faut emmener nos enfants plus loin.
Les hôpitaux
ferment, il faut emmener plus loin nos enfants. On n'a que notre voiture. On est au SMIC, on fait comment
?
Et il
y a
un moment, si vous voulez, ce qui me sidère,
c
'est cette incapacité du gouvernement à comprendre ce qui se passe. Alors, s'il faut bloquer les routes, s'il faut dire à un moment, ça suffit, eh bien il faut le faire. Et qu'on ne parle pas d'écologie, parce que pourquoi le gouvernement, par exemple, laisse, il n'y
a
aucune taxe, aucune TVA sur le kérosène des avions ? Pourquoi il n
'y a
aucune taxe sur les super-tankers qui font venir des marchandises du bout du monde ? C'est écologique, ça ? Je ne suis pas certain que ce soit la même fiscalité pour les kérosènes. Mais il n'y a pas de taxe.
Il y a zéro taxe pour les particuliers. C
'est tellement facile de s'attaquer aux Français qui bossent, qui sont déjà accablés de taxes, alors même qu
'on
ne s'attaque pas aux gros pollueurs. Voilà la réalité. Alors qu
'on
ne parle pas d'écologie dans cette affaire, c'est simplement une affaire fiscale et c'est
abusif.
Question à présent sur la sécurité en ce moment en France, et notamment la sécurité dans les écoles. Le gouvernement a-t-il raison de vouloir renforcer la force, les forces de l'ordre, selon les circonstances, précise le gouvernement, à l'intérieur des établissements ?
Moi
je ne crois pas. Je vais vous dire pourquoi. Parce qu'il faudrait déjà renforcer les forces de l'ordre à l'extérieur des établissements, devant les établissements. Raquettes, trafic de drogue... Ce n
'est
pas incompatible cela dit ? Non, sauf qu'il n'y a même plus de policiers et de gendarmes suffisants dans les commissariats et dans la gendarmerie. Alors, c'est tellement facile à la télévision de dire je vais mettre des policiers dans les écoles.
J
'ai calculé qu'il y avait 11 000 collèges et lycées en France.
Comme
des policiers sont toujours à 2 ou 3, il faudrait 22 000 à 33 000 agents. Le gouvernement n'est même pas capable de recruter les 7 500 qu'il a annoncés, ou les 10 000 qu'il a annoncés.
Vous
faites un décompte un peu rapide parce qu'il ne
s
'agit pas de mettre des policiers dans chaque établissement, selon les circonstances.
Le
problème de
fond, et je suis élu de banlieue et je sais de quoi je parle, c'est qu'à tous les niveaux, que ce soit à l'école, les professeurs, quand il y a des insultes et des violences, ne sont pas soutenus par leur hiérarchie. Et la plupart du temps, on trouve des excuses aux élèves. Le problème de fond, c'est que quand il y a des agressions dans la rue, un mineur, jusqu'à 18 ans, il peut faire 40 agressions, il sera toujours libéré et reviendra dans le quartier. Il n'y a pas
de sanction.
Mais il est
jugé et condamné,
mais tout de même. Non, mais
non, il est arrêté, on l'envoie au juge et là on le sermone. Et il revient en héros dans le quartier. Je peux vous citer 50 exemples. Il faut revoir l'ordonnance des mineurs, il faut qu'à chaque délit... L
'ordonnance de 45
a été
revue et revue, on
sent
bien qu'il faudrait plutôt la
léger
que
de
la complémenter.
Non,
elle est complètement insuffisante. Vous avez des exemples, j'en ai encore eu un récemment, je l'ai dit sur une autre antenne, 48 délits, 48 délits revenant dans le quartier systématiquement. Il faut voir ce que nos concitoyens vivent. J'ai encore un exemple dans un de mes quartiers, une assistante maternelle parce qu'elle a osé protester contre trafic de drogue, qui voit sa poussette brûler, le harcèlement de nos concitoyens.
Il
n'y a jamais les sanctions qu'il faut. J'avais proposé en son temps, parce qu'il ne suffit pas de critiquer, il faut des réponses. J'ai fait dans ma ville d'ailleurs, et on continue, suspension des allocations sociales, quand on a des familles de délinquants qui cassent le mobilier urbain, qui menacent. On supprime les allocations sociales, facultatives bien sûr, municipales. Mais je peux vous dire qu
'il
y
a
eu une influence et que les comportements ont changé.
Vous
tenez un peu de discours. Vous venez de dire que pour les Français qui avaient des voitures en zone rurale, il ne fallait pas taxer justement au portefeuille. Et là, pour les familles de jeunes délinquants mineurs, vous êtes prêts à taxer les familles ?
Excusez-moi, j'estime que l'État doit taxer les comportements dégradants et de violence. Je veux dire par là, il serait peut-être temps un jour qu'il y
ait
un système de valeur. Il faudrait peut-être un jour que quand on a un mauvais comportement, on soit sanctionné. Mais
il y a des sanctions. Si on prend l'exemple
du jeune qui a braqué avec une arme factice...
Il
n'aura rien, vous venez. Mais comment ça ? Il n'a rien. Il a été exclu du lycée, exclu du département, mis en examen.
Pour violence agravée, il sera
jugé.
La justice
passe
tout de même. Mais non, tous les enseignants
de France qui vivent un enfer, les pompiers, les policiers, les gendarmes, invitez-les à ma place demain. Invitez-les dès samedi prochain, ils vous racontent ce qu'on
vit au quotidien.
On parle des agressions d'un côté. Vous dites qu
'il
n'y a pas de justice suffisante. La justice, elle passe ? Non, elle ne passe pas. Le laxisme des peines est absolument incroyable, lié aux lois. Ce n
'est
pas la faute des magistrats. Moi, je n'accuse pas les magistrats. Ils appliquent les lois qu'on a votées. Quand vous pensez que jusqu'à deux ans de prison, il n'y a pas d'emprisonnement, quand vous pensez qu'on manque de 20 000 places de prison en France et qu
'on
va péniblement faire 7 500, quand vous pensez qu'à tous les niveaux de la société, il n'y a pas les sanctions qu'il faut pour que les comportements changent. Mais vous savez, regardez ce qui s'est passé à New York. Il a fallu la théorie du carreau cassé,
c
'est-à-dire la tolérance zéro. Si on ne met pas ça en France, la France va devenir sauvage.
C'est ce qui se
passe. Mais
il y a
plusieurs chapitres à consolider,
notamment le
renseignement. Le ministre de l'Intérieur réclame aujourd'hui une cartographie des bandes, cache d'escalier par cache d
'escalier, dit-il. M.
Castaner est totalement incompétent. La cartographie, elle existe au ministère de l'Intérieur. Les préfets savent exactement où sont les bandes. Ce n
'est
pas un problème de police, c'est un problème de justice. C'est un problème de renseignement aussi
quand on va jusqu'à l'escalier.
Écoutez, j'ai été maire 22 ans, je savais exactement qui trafiquait la drogue. La police le savait, tout le monde le sait. Aller dans les quartiers, tout le monde sait tout. La police le première, simplement, elle n'intervient pas parce qu'à chaque fois qu'elle arrête quelqu'un, il est libéré. Les prisons sont surchargées parce qu'on n
'a
pas eu une politique pénale intéressante. Il ne
faut
pas mélanger les primo-délinquants, bien sûr, avec des délinquants chevronnés. Écoutez, on peut aller sur Internet, Debout la France. On avait sans mesure qu'on a proposé, que j'ai proposé à la présidentielle, très étudiée, avec des policiers et des gendarmes. Il ne
s
'agit pas d'un tout répressif. Il s'agit, comme en Angleterre, comme en Allemagne, d'avoir une réponse proportionnée, immédiate, parce que si on attend trop, le jeune notamment n'a pas le repère nécessaire, et bien évidemment avec une rééducation et une insertion après. C'est-à-dire reprendre totalement la chaîne pénale française, à force d'attendre, ce n
'est
pas que ce gouvernement, je vous rassure, c'est depuis un certain temps, la situation empire et on arrive à des violences. Et les Français ont peur de laisser leur gamin, le soir, sortir, parce qu'ils ne savent pas s'ils vont le retrouver vivant.
C'est la
question. Regardez cette famille de Grenoble, ce qui se passe à Grenoble,
ce
qui se passe dans toutes les villes de France. Il va falloir réagir à un moment, quand même.
Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, député de l'Essonne, vous restez avec nous. On va poursuivre cet entretien. On va parler des Européennes, notamment. Ce sera avec Patricia Martin et avec les auditeurs. Le standard, c'est au 01-45-24-7000. A tout de suite.
Tous
les samedis à 9h15 sur France Inter.
On
n'arrête pas l'écho, l'actualité et les coulisses de l'économie. Yves Decault. Une assierie menacée de fermeture dans le Nord. Comment stopper l'hémorragie de nos industries ? Ce sera le sujet du débat écho. Avec aussi la dégressivité des allocations chômage pour les cadres. Le gouvernement y pense. Mauvaise idée pour François Omrille, le président de la CGC, qui sera notre invité. On n'arrête pas l'écho. Ce samedi, sur France Inter, à 9h15.
Avec
la banque Kolb, pour ceux qui entreprennent au cœur des territoires. Banque Kolb, une banque du groupe Crédit du Nord.
Il
est 8h30.
France
Inter,
le
6-9 du week-end. L 'invité ce matin, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et député de l'Essonne.
On
va parler de l'Europe dans un instant. D'abord, une première question de côté de Patricia
Martin. Oui, elle est
vraiment de côté. Une question sur les mots et sur les images qu'ils évoquent. Debout la République, ça c'est des partis dont vous avez créé Debout la France. Ensuite, en 2016, vous avez écrit un livre, France, lève-toi et marche. Vous avez dit à plusieurs reprises que vous étiez très attaché à la position de la France dans le monde. Qu'est-ce que ça signifie ? Parce que derrière tout ça, on se dit que ceux qui ne vous suivent pas sont des gens couchés. Il y
a
une idée de mollesse, une idée de fainéantise
qui
n
'est
pas loin ou
je me trompe
?
Vous
savez, je n'ai pas cette prétention et j'ai toujours dans ma vie politique essayé de ne pas, comment dire, accuser les autres. Je ne suis pas comme le président de
la
République. J'ai découvert là hier qu'il a insulté, traité de fou ses homologues polonais et hongrois, ce qui est assez particulier. Enfin, qu'importe. Non, qu'est-ce que je ressens ? Je ressens qu'on est un pays qui vit, on a des Français qui se battent, contrairement à l'image qu'on en donne. Et j'ai le sentiment, pour vivre dans cette classe politique depuis un certain temps, qu'il y a une démission totale. Une démission sur le côté économique, vous allez parler d'Ascométal.
Un
exemple typique, l'État est actionnaire de Valourec, une grande entreprise qui laisse tomber Ascométal, qui est une des meilleures entreprises françaises. Et il n
'y
a plus de politique industrielle. L'État a démissionné dans les banlieues, l'État a démissionné en matière de pouvoir d'achat. C'est-à-dire qu'il y
a
une espèce de laisser-aller complet. Et moi, je pense que notre pays est un grand pays.
Je
pense que les Français sont capables de grandes choses.
Vous appelez au sursaut, les Français, alors
?
Mais les pauvres Français, ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Et ils sont prisonniers d'une classe politique, parfois d'une classe médiatique, qui, on l
'a
vu à la présidentielle, qui n'a paix la présidentielle. Et moi, je lutte et on progresse. Donc moi, je m'en réjouis parce que ça commence à faire son chemin. Ça a été dur. J'ai quitté l'UMP parce que l'UMP avait trahi le vote des Français au référendum, quand même, de 2005. C'était incroyable. Et je mène mon action en essayant de porter un regard que je crois lucide. Après, c'est le mien. Et puis, c'est celui qui est partagé quand même par pas mal de gens. Et puis ensuite, surtout, parce que je crois que c'est là le problème aujourd'hui, d'offrir des propositions à nos concitoyens. Parce que les Français savent que ça ne marche pas. Ils ont compris. Ils ne
sont
pas idiots. Simplement, ils ne voient pas souvent dans le monde politique les propositions concrètes,
non
excessives, pas excessives, qui permettraient de traiter à la racine les problèmes. Et dans tous ces livres que j'ai écrits, j'ai essayé de dire aux Français, il y a une autre politique possible. On peut s'en sortir. Mais pourquoi les autres pays s'en sortent ? Parfois beaucoup plus petits que nous.
Et
que nous, on a perdu la volonté de vouloir. Je crois qu'il
y a
un philosophe, je ne sais plus lequel, qui parlait de la volonté de vouloir. Mais j'aimerais que les Français croient à nouveau dans leur pays et que les leaders politiques ne les laissent pas tomber.
Nicolas Dupont-Aignan, vous évoquiez à l'instant les propos d'Emmanuel Macron qui a parlé de fou en désignant, mais enfin, c'est plus subtil que ça. Je pense qu'il a dit des dirigeants avec ses esprits fous qui mentent à leurs citoyens. Est-ce qu'Emmanuel Macron ne doit pas tenir un discours un peu de fermeté et de rigueur face à Viktor Orban, par exemple, en Hongrie ? Il y a
deux problèmes.
D
'abord, un chef d'État, jamais un chef d'État, jamais un chef d'État,
mais
depuis toujours, n'a insulté ses homologues en France. Jamais. Que ce soit François Mitterrand, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy, Hollande même. Jamais.
C
'est la première fois que le chef de l'État français passe sa vie
à
insulter ses homologues. Je ne
sais
pas si vous réalisez la gravité de l'affaire. Parce que, reprenez ses phrases, ses dirigeants, ses esprits fous,
c
'est donc les
dirigeants qui mentent à leur
peuple. Quand on ne pense pas comme Emmanuel Macron, on est fou. C'est ça, en fait, que
ça
veut dire. Ses dirigeants, ils ont été élus, comme lui.
Ils
méritent le respect.
Et
ils sont plus populaires que lui, entre nous. Premier point. Après, Emmanuel Macron a le droit, bien sûr, d'être en désaccord avec Victor Orban et à dire, je ne suis pas d'accord avec sa position sur les frontières, sur l'immigration, sur etc. Ça, c'est normal. Mais de là à traiter un homologue étranger de fou, je peux vous assurer que
c
'est très grave. Et cela produit des dégâts considérables. Parce que ce qui est curieux, c'est qu'il
y a
de plus en plus de dirigeants qui veulent mener une autre politique en Europe.
Qui
veulent arrêter l'immigration. Qui veulent arrêter cette politique de dumping. social et d'ouverture totale des échanges. Parce qu'Emmanuel Macron a quand même signé en douce le CETA, traité de libre-champ avec le Canada. Il s'apprête à signer avec l'Amérique latine. Ce que les Français refusent depuis des années. Ce qui est d'ailleurs un crime écologique. Donc, il y
a
peut-être un moment où il faudrait que le Président de la République au moins fasse un examen de conscience. Écoute la protestation populaire. Et arrête de donner des leçons à la Terre entière alors même qu'il est incapable de diriger son propre pays. Enfin, c'est quand même ahurissant ce qui se
passe. Nicolas Dupont-Aignan,
on
va aller au standard. Les auditeurs veulent vous questionner. On va prendre en ligne Vincent. Bonjour Vincent.
Bonjour. Bonjour M. Dubon-Aignan.
Bonjour Vincent. Bonjour
Patricia Martin. Bonjour. Donc, j'aurai une question pour M. Dupont-Aignan. C'est sur l'avenir de l'Europe. Donc, j'aimerais savoir en fait quel pari
il
fait sur l'avenir de l'Europe.
Donc,
est-ce qu'il pense que l'Europe va exploser, imploser, disparaître
et
que le Brexit c'est juste un petit peu... Oui, ce qui se passe un petit peu en Italie aussi, ce sont les signes annonciataires
de
cette explosion, de cette disparition.
Ou
au contraire, est-ce que
ce
sont juste quelques petites péripéties
et
que finalement l'Europe, elle va continuer un petit peu comme avant, voire même peut-être que le Brexit, si ça se trouve,
d
'ici peu il y
aura
peut-être un autre référendum en Angleterre qui va annuler le premier.
Donc
voilà, j'aimerais savoir un petit peu quel est
son
pari, quelle est son analyse, et bien sûr c'est surtout aussi son analyse, c'est
-à
-dire sur quelle,
que
ce soit l'une ou l'autre des voix qu'il choisit, quels sont vos arguments et vos justifications à l'appui de vos thèses
? Écoutez,
d'abord je vais vous dire ni l'un ni l'autre. En fait, la question pour moi, c'est pas est-ce que l'Europe va exploser ou pas.
C
'est l'Union Européenne,
qui
est une organisation qui a dérapé
et
qui défigure l'idéal européen de la réconciliation de la fin de la guerre.
C
'est-à-dire que pour moi, on a maintenant une expérience, si on regarde avec le recul. On a une Europe qui a marché, c'était la réconciliation franco-allemande,
c
'était une Europe organisée, il y avait peu de pays, il y avait une politique agricole commune, on se protégeait de
l
'extérieur,
il
y avait un tarif douanier commun, on évitait les importations qui n'étaient pas aux critères de qualité, il y
a
eu des projets industriels, Airbus, Ariane, c'était une Europe qui était maîtrisée
par
les nations et les démocraties.
C
'est ce qu'on a appelé l'Europe des nations et des projets, l'Europe gaullienne.
Vous allez privilégier dans votre
campagne cette liberté des nations
contre la mise sous tutelle, c'est ça que votre paradigme ? Pourquoi ? Parce que je
regarde ce qui a marché et ce qui n
'a
pas marché.
Et
puis ensuite, à partir de l'acte unique, les traités de Maastricht et tous les traités, j'allais dire, supranationaux, on a confié les pouvoirs à une organisation non élue, commission, banque centrale, cour de justice,
qui
n'est pas démocratique et qui a dépossédé les peuples et qui a voulu construire l'Europe contre les nations. D'ailleurs, la preuve, vous avez parlé des référendums, monsieur, à chaque fois qu'il y
a
eu un référendum, il a été négatif. Et à chaque fois, on a fait revoter. Eh bien moi, je considère, et je me bats depuis, avec Philippe Séguin, j'ai commencé avec Philippe Séguin, je considère que cette Union européenne est en train de tuer l'Europe. Et je veux qu'on remette l'Europe, un peu comme une copropriété dans un immeuble,
le
syndic de l'immeuble, on va le remettre à sa place, on va lui dire de s'occuper des parties communes, d'envoyer une facture moins chère et de laisser vivre les appartements, de remettre des portes aux appartements, c'est-à-dire d'avoir une Europe qui s'occupe de ce qu'on ne
peut
pas faire seul, mais qui arrête
de
vouloir tuer les nations et les démocraties parce qu'on ne construira pas l'Europe sur les décombres des identités nationales, des démocraties nationales. J'en suis convaincu. Et
on a le
recul historique, je crois. Merci Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, député de l'Essonne. Merci d'être venu le dire ce matin sur France Inter.
Merci
de votre invitation. Et bonne journée. Bonne
journée,
bon week-end à vous. 39.
Nicolas Dupont-Aignan