Bruno Retailleau après la prise de parole d’Emmanuel Macron : "Je ne suis toujours pas macroniste"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
culte, plus de trois heures d'émission hier soir, Bruno Roteo, trois heures, au cours desquelles Emmanuel Macron a défendu et s'est félicité de son bilan. L'opposition dénonce un bavardage qui masque l'impuissance et le déni du chef de l'État. Et l'ancien opposant, ou l'opposant que vous êtes et le ministre que vous êtes devenu, comment vous l'avez trouvé ?
Écoutez, je vais vous parler librement et en vérité. Je pense que l'émission longue, trois heures hier, pour moi ça a conforté ma position. Ma position, je l'étais dans l'opposition, je suis au gouvernement, je suis toujours gaulliste. Et comme gaulliste, je me dis que nous, la droite, collégialement, collectivement, nous avons eu raison d'entrer au gouvernement pour faire barrage à la gauche. Puisque quand on entendait la secrétaire générale de la CGT, on voit bien ce qu'aurait donné un programme de gauche à la France. Plus d'impôts, plus de dépenses, ça aurait précipité la France dans le chaos économique et la crise financière.
Donc, de ce point de vue, je pense que ça justifie ce que nous avons décidé de faire en entrant au gouvernement. En revanche, je suis gaulliste, mais je ne suis toujours pas macroniste. J'ai des vraies différences avec le président de la République, par exemple sur l'immigration.
Parlons-en, parce qu'à plusieurs reprises, quand même hier, et dans un pays en proie, Bruno Roteau a des défis existentiels. Le président a nié la dégradation de la situation. Alors, sur les déficits et la dette, ce n'est pas de sa faute. Sur la sécurité, tout a été fait. Sur l'immigration, ça semblait ne pas être un sujet d'importance. Par exemple, pas de consultation des Français, pas de changement, rien sur le regroupement familial. Moi, je me suis dit, vous avez dû vous sentir bien seul hier soir.
Ah non, mais moi, j'ai assumé depuis le départ. Emmanuel Macron ne m'avait pas contredit. Mais en tout cas, il avait exprimé une autre opinion lorsque j'avais dit que désormais, l'immigration, ça n'était plus une chance pour la France, puisqu'elle est hors de contrôle. Et je tente, jour après jour, de reprendre ce contrôle. Et pour reprendre le contrôle, de toute façon, il faudra, dans deux ans, modifier la Constitution pour faire un grand référendum sur l'immigration.
Il a fermé la porte hier.
Oui, bien sûr. Mais je pense que tout se jouera désormais. Les Français le sentent. Dans deux ans, c'est ce qu'il faut préparer.
On a le luxe d'attendre, M. Retailleau.
Non, c'est ce que je fais tous les jours. C'est ce que je fais tous les jours, très concrètement, en durcissant les conditions de la naturalisation, en assumant dans le débat public la question de l'assimilation pour une naturalisation qui ne doit pas être un droit, mais une chance, l'abrogation de la circulaire valse, le fait qu'on va réviser la fameuse directive retour au niveau...
Oui, mais pas de consultation des Français, pas de grand soir, pas de grande loi d'immigration. Et un président qui, sur les entrées, c'est-à-dire un demi-million quand même de personnes par an, ne trouve rien à redire à cela, contrairement à vous.
Ah non, mais moi, je pense que les capacités d'accueil de la France sont saturées. C'est pour ça que je dis que l'immigration, ça n'est pas une chance pour la France dans ces conditions-là. Regardons...
Dans ces conditions, vous ajoutez.
Oui, parce que je n'ai jamais cru à l'immigration zéro. Il faut être en Corée du Nord, donc c'est stupide. Aucun pays, d'ailleurs, ne le pratique qu'en dehors, sans doute, de la Corée du Nord. Alors, ce que je veux simplement dire, c'est que, prenons un peu de hauteur et de recul, en Allemagne, je recevais, je déjeunais, et on a eu une séquence de travail intéressante avec mon homologue, le ministre allemand de l'Intérieur. C'était lundi. Et je voyais les déclarations du Premier ministre travailliste, donc de gauche, si j'ose dire, anglais. Les deux, les Allemands, croyez-moi, veulent mener une politique migratoire très ferme.
Et les travaillistes britanniques, idem, ils veulent remettre d'ailleurs en cause un certain nombre, par exemple, les Allemands, leur groupement familial. Et le Premier ministre britannique a dit que le risque pour le Royaume-Uni, c'est de devenir une île d'étrangers.
Bruno Retailleau