Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 10 juillet 2017 11 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & élections

La maire de Paris Anne Hidalgo en appelle aux autres maires pour accueillir les migrants

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut continuer comme ça avec 33 évacuations en deux ans ?

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Appel entendu, Anne Hidalgo, pour l'instant, vous avez déjà des réponses positives ou non ?

  • 4:15OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous dites aux élus qui redoutent la réaction de leurs habitants face à l'arrivée de migrants ?

  • 7:11FerméeRéponse directe

    Est-ce que pour Paris, c'est 2024 ou rien ?

  • 9:01FerméeRéponse directe

    Est-ce que les deux dates sont possibles ?

  • 9:44RelanceRéponse directe

    2024 ou rien ? Ou les deux, c'est bien pour Paris ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28PrésentateurChiffre
    « Vendredi dernier, 2700 d'entre eux ont dû être évacués du quartier de La Chapelle à Paris. 33ème évacuation en deux ans. »
  • 1:40PrésentateurFait
    « Je pense qu'il faut une répartition, comme ça a été fait en Allemagne, et les villes arrivent à gérer cette répartition des migrants. »
  • 2:47PrésentateurFait
    « Il y a une saturation aujourd'hui des dispositifs, notamment de CAO. »
  • 4:43PrésentateurChiffre
    « Ce centre de premier accueil a permis de mettre à l'abri plus de 15 000 personnes qui auraient été de toute façon dans des campements de rue. »
  • 6:43PrésentateurChiffre
    « Nous sommes la ville de France dans laquelle le pourcentage en faveur du Front National a été un des plus faibles de France, moins de 5% au premier tour d'élection présidentielle. »

Temps de parole

  • Présentateur84 %
  • Anne Hidalgo12 %
  • ?4 %

≈ 9,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

France

0:01
Présentateur

Inter,

0:02
Locuteur

Marc

0:08
Présentateur

Fauvel,

0:09
Locuteur

le

0:11
Anne Hidalgo

6-9 de l'été. Bonjour Anne Hidalgo, en duplex de Lausanne en Suisse pour y défendre devant le CIO le dossier de candidature de Paris pour les Jeux Olympiques 2024 ou 2028 à la veille d'une journée importante.

0:23
Locuteur

On

0:23
Anne Hidalgo

va y revenir avec vous dans quelques instants.

0:25
Locuteur

D

0:25
Anne Hidalgo

'abord, la situation des migrants et la crise des migrants. Vendredi dernier, 2700 d'entre eux ont dû être évacués du quartier de La Chapelle à Paris. 33ème évacuation en deux ans. Est-ce qu'on peut continuer comme ça

0:37
Locuteur

? Non.

0:38
Présentateur

D'ailleurs, c'est pour ça que j'ai voulu proposer, au-delà de cette mesure d'urgence humanitaire que je réclamais depuis plusieurs semaines, puisque la situation à la porte de La Chapelle était devenue intenable, à la fois pour les migrants, parce que les conditions de vie étaient déplorables, mais aussi pour les habitants de ce quartier, qui sont des habitants qui ont été solidaires, qui savent par quoi sont passées ces personnes, mais qui en même temps n'en pouvaient plus de vivre avec ce spectacle au pied de leurs immeubles. Donc cette mise à l'abri était absolument indispensable, mais au-delà de ça, c'est un plan d'ensemble.

C'est pour ça qu'avec des associations, j'ai travaillé, avec les grandes associations humanitaires qui notamment s'occupent de ces populations, j'ai travaillé sur un plan d'ensemble. Ce plan comprend bien sûr la nécessité de mieux répartir ces migrants sur l'ensemble du territoire. Je pense qu'il faut une répartition, comme ça a été fait en Allemagne, et les villes arrivent à gérer cette répartition des migrants, et ils ont été confrontés à un afflux beaucoup plus important que nous. Donc sur le parcours migratoire, avoir des villes, et j'ai lancé un appel aux villes et aux maires, à mes collègues, qui accepteraient que nous puissions partager cette expérience d'un centre de premier accueil.

2:05
Anne Hidalgo

Appel entendu, Anne Hidalgo, pour l'instant, vous avez déjà des réponses positives ou non ?

2:08
Présentateur

J'ai pas mal de collègues de grandes villes, de gauche ou de droite, qui me disent qu'ils sont intéressés. Je ne vais pas dévoiler quoi que ce soit ici.

2:18
Locuteur

Gérard Collomb, l'ancien maire de

2:19
Anne Hidalgo

Lyon, peut-être aujourd'hui ministre de l'Intérieur ou pas ?

2:21
Locuteur

Je

2:22
Présentateur

n'ai pas travaillé de ce côté-là.

2:25
Locuteur

En tous les

2:25
Présentateur

cas, j'ai vu Gérard Collomb, et nous avons travaillé ensemble, nous avons beaucoup échangé en amont de cela. Je l'ai vu dans les quelques jours qui ont suivi sa prise de fonction. Je fais confiance au gouvernement pour trouver des solutions qui soient des solutions pérennes. Répartition, ça c'est extrêmement important. Création des places d'hébergement, parce qu'il y

2:47
Locuteur

a

2:47
Présentateur

une saturation aujourd'hui des dispositifs, notamment de CAO. Et puis intégration, parce que nous devons, comme ça a été fait en Allemagne, vous savez, en Allemagne, dès que les migrants arrivent, il y a ce temps d'abord d'analyse de leur situation. C'est en cela que la répartition avec des centres de premier accueil est indispensable, parce que ce n

3:08
Locuteur

'est

3:08
Présentateur

pas écrit sur la tête des gens s'ils sont futurs demandeurs de droits d'asile,

3:16
Locuteur

ou s'ils

3:16
Présentateur

sont dublinés, ça ne se voit pas sur leur visage. Donc il faut absolument qu'il y ait des lieux où on respecte la dignité de ces personnes, qu'ils puissent se poser, qu'ils puissent dormir, qu'ils puissent manger, qu'ils puissent se laver, se soigner, et qu'on puisse faire ce travail avec les services de l'État, des collectivités, pour pouvoir les orienter vers le dispositif qui leur convient. Et ensuite, il faut vraiment qu'il y ait l'apprentissage du français. En Allemagne, dès le deuxième jour, il y a ce travail sur la langue pour favoriser l'intégration de celles et ceux qui vont demander l'asile, qu'ils obtiendront ou pas d'ailleurs.

Mais l'apprentissage de la langue est quelque chose d'indispensable si on veut aussi miser sur l'intégration. Donc c'est un plan d'ensemble que je propose. Je l'ai adressé à tous les parlementaires pour qu'ils puissent s'en saisir et pour qu

4:14
Locuteur

'on

4:14
Présentateur

gagne du temps.

4:15
Anne Hidalgo

Qu'est-ce que vous dites, Anne Hidalgo, aux élus qui redoutent aujourd'hui la réaction de certains de leurs habitants face à l'arrivée éventuelle de migrants dans leur commune

4:23
Locuteur

? Je

4:24
Présentateur

pense qu'il vaut mieux gérer et organiser que de se laisser finalement mener par le chaos des situations. Et donc, vous savez, il n

4:34
Locuteur

'y a

4:34
Présentateur

pas d'appel d'air. Il faut arrêter de dire les choses comme ça.

4:37
Locuteur

Il n'y a pas d'appel d'air

4:38
Anne Hidalgo

à Paris après justement la création, par

4:41
Locuteur

vos soins, du centre de premier accueil des migrants Portes de la Chapelle.

4:43
Présentateur

D'ailleurs, ce centre de premier accueil a permis de mettre à l'abri plus de 15 000 personnes qui auraient été de toute façon dans des campements de rue. La situation aurait été ingérable. Imaginer la capitale de la France uniquement, voilà, traiter sous le feu de l'actualité avec ses campements indignes, ça n'est pas possible et chacun le sait. Les personnes qui arrivent aujourd'hui sur les bords de la Méditerranée, souvent en passant par l'Italie, sont des personnes qui sont parties il y a un an, un an et demi de leur pays d'origine. Et donc, il n

5:21
Locuteur

'y

5:21
Présentateur

a pas un appel d'air, mais il y a une obligation à gérer, à organiser les choses, y compris, et ça je suis vraiment entièrement d'accord avec celles et ceux qui disent, mais il faut régler aussi la situation dans ces pays. Vous savez, je préside une association de maires francophones dans laquelle il y a beaucoup de maires africains. Je travaille beaucoup avec mes collègues de Bamako, de Abidjan, de Dakar. Ils ont aussi des afflux de réfugiés de toute l'Afrique dans leur ville, bien au-delà de ce que nous, nous sommes en train d'absorber et de vivre dans une ville comme Paris. Et nous travaillons en co-développement avec eux.

Avec Abidjan, par exemple, nous travaillons sur le développement de l'économie numérique, sur des incubateurs à Abidjan et des incubateurs à Paris, qui permettent de donner à la jeunesse d'Abidjan et à la jeunesse africaine des opportunités d'emploi à travers l'économie numérique. Donc nous travaillons tous là, mais en même temps, il y a une crise. Et ça ne sert à rien de fermer les yeux. Vous savez, à Paris, on m'avait souvent dit, voilà, en créant un centre de premier accueil, certains des opposants nous disaient, tu vas ouvrir les portes au Front National. Nous sommes la ville de France dans laquelle le pourcentage en faveur du Front National a

6:43
Locuteur

été un des plus faibles

6:44
Présentateur

de France, moins de 5% au premier tour d'élection présidentielle. Donc écoutez, je pense que quand on s'adresse aux Français en adultes qu'ils sont, pour leur expliquer la situation et leur dire pourquoi il faut mettre en place ces dispositifs, qui sont bien sûr des dispositifs transitoires, transitoires, mais avec un transitoire qui peut durer et qu'il vaut mieux organiser que de gérer un chaos immonde, eh bien, je pense que les gens comprennent.

7:11
Anne Hidalgo

Anne Hidalgo, vous êtes donc ce matin à Lausanne pour y porter encore une fois le dossier de Paris 2024 pour l'organisation

7:17
Locuteur

des

7:18
Anne Hidalgo

Jeux Olympiques. Demain, le CIO devrait voter le principe d'une double attribution des Jeux 2024 et 2028 à Paris et à Los Angeles. Le problème, c'est qu

7:26
Locuteur

'on

7:26
Anne Hidalgo

ne sait pas dans quel ordre. Est-ce qu'on peut dire qu'au moins, c'est déjà un peu gagné pour Paris parce qu'on est quasiment sûr d'avoir les Jeux

7:31
Locuteur

?

7:32
Présentateur

Non, on ne

7:33
Locuteur

va

7:33
Présentateur

pas dire les choses comme

7:34
Locuteur

ça. On ne va pas dire comme ça, alors. Ça porte malchance, c'est ça ?

7:36
Présentateur

D'abord, nous sommes concentrés, engagés. Ça fait deux ans qu'on mène une très belle

7:41
Locuteur

campagne. Bon, ça, c'est le discours.

7:43
Présentateur

Non, non, non, attendez. Je vais vous en dire un peu plus. Mais c'est une aventure absolument magnifique. Ce n

7:48
Locuteur

'est

7:48
Présentateur

pas un discours, c'est du vécu. C'est ce que nous avons vécu avec toute l'équipe et avec Tony Estanguet. Aujourd'hui, et le CIO a raison, il propose un chemin qui est un chemin qui doit être gagnant pour les deux villes et pour le CIO. Parce que force est de constater que beaucoup de villes se sont arrêtées en chemin. Pour un maire aujourd'hui en Europe, prendre la décision, comme je l'ai prise en 2015, en février 2015, d'engager sa ville dans les Jeux olympiques, c'est un risque politique. Ce risque politique, je l'ai assumé. Je l'ai assumé parce que j'ai été convaincue.

J'avais beaucoup discuté avec des belles personnalités comme Guy Druth et comme Jean-François Lamour, deux médailliers olympiques en qui j'ai vraiment confiance et qui, comme moi, avaient vécu l'échec précédent. Et j'ai été convaincue par eux. J'ai été convaincue aussi par Tony Estanguet, le leadership qu'il déploie, et par aussi un élément très important, c'est l'agenda 2020 du CIO, qui est un agenda qui prône des Jeux qui soient sobres sur le plan environnemental, sobres et transparents sur le plan budgétaire. Anne

8:59
Locuteur

Hidalgo, je vais tenter de vous poser la

9:00
Anne Hidalgo

question différemment.

9:01
Locuteur

Est

9:01
Anne Hidalgo

-ce que pour Paris, c'est 2024 ou rien ? Ou est-ce que les deux dates sont possibles

9:05
Locuteur

?

9:06
Présentateur

Je pense que pour nous, c'est 2024. On est engagé dans 2024. Et je vais vous dire une chose. Je pense que la belle relation d'amitié que j'ai avec Eric Garcetti, le maire de Los Angeles, le fait que nous travaillons ensemble depuis très longtemps au sein d'un autre réseau de maires, le réseau du C40 que je préside. Eric Garcetti est vice-président de ce réseau avec moi. C'est un réseau qui est engagé sur le climat. J'ai une relation très forte avec lui. Et je pense que la clé, c'est peut-être dans l'accord que les deux maires de ces deux villes avec le CIO pourront proposer.

9:42
Anne Hidalgo

Mais vous n'avez pas tout à fait répondu à ma question. 2024 ou rien ? Ou les deux, c'est bien pour Paris

9:47
Locuteur

?

9:47
Présentateur

2024, c'est pour ça que nous nous sommes engagés. C'est le mandat que nous avons. Mais nous voulons accompagner le CIO parce que, comme je le disais, le CIO a eu raison de se poser la question du processus. Quand on arrive dans cette compétition magnifique mais qu'il ne reste que deux villes parce que les autres ont déclaré forfait après notamment des référendums qui les ont obligés, qui ont obligé les maires à déclarer forfait, le CIO a eu raison, c'est visionnaire de sa part, au-delà de l'agenda 2020, de se dire comment on fait en sorte que ces Jeux puissent être gagnants-gagnants et que les villes ne considèrent pas que le risque politique est tel qu'elles n'ont pas à y aller.

Parce que le risque politique, c'est quand même le maire qui le prend. Mais, je le redis, j'ai vraiment confiance. Je crois qu'on peut écrire une belle histoire entre Paris et Los Angeles et notamment le fait qu'il y ait cette amitié entre Eric Garcetti et moi-même peut nous permettre de faire une proposition au CIO qui fasse trois gagnants.

10:54
Anne Hidalgo

La double attribution,

10:55
Locuteur

c

10:55
Anne Hidalgo

'est demain. Le résultat final, c'est le 13 septembre. Et vous restez avec nous, si vous voulez bien, Anne Hidalgo,

10:59
Locuteur

pour répondre

11:00
Anne Hidalgo

aux questions des auditeurs juste après la revue de presse. Il est 8h32.