L'intégrale de l'interview de Laurent Nuñez, préfet de police de Paris
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Bonjour Laurent Nouniez, merci d'avoir accepté l'invitation de BFM Politique, le rendez-vous d'actualité du dimanche sur BFM en partenariat avec la Tribune Dimanche. Rebonjour Ludovic, bonjour Amandine et bonjour à tous ceux qui nous regardent et qui peuvent participer à cette émission en vous envoyant leurs questions. Laurent Nouniez à travers le QR code qui apparaît à la droite de l'écran, vous scannez, vous envoyez votre question et je la relaie à l'antenne à monsieur le préfet. Mais Laurent Nouniez, l'inquiétude monte à l'approche de ce match qui doit avoir lieu jeudi au Stade de France.
France-Israël, match sous très haute tension, une pétition réclame l'annulation de cette rencontre au nom des massacres commis à Gaza. Des spectateurs craignent des débordements et les craintes ont été renforcées parce que l'on a vu cette semaine à Amsterdam le passage à tabac de supporters israéliens. Laurent Nouniez, c'est vous qui êtes en charge du dispositif de sécurité pour jeudi soir. Pouvez-vous garantir à tous ceux qui nous écoutent, qui nous regardent, que nous ne verrons pas à Paris les images que nous avons vues jeudi à Amsterdam ?
Bien sûr, nous allons sécuriser cette rencontre qui se déroule, vous avez raison de le rappeler, dans un contexte géopolitique très tendu, dans un contexte où se sont par ailleurs déroulés les faits d'Amsterdam, qui sont des faits évidemment très graves, d'attaques de supporters israéliens, dans un contexte où on a eu un tifo très contestable, qui a été déployé lors du match Paris Saint-Germain-Atlético de Madrid, très très contestable. C'était un message à caractère politique qu'on ne devrait normalement pas voir dans les stades. C'était mercredi soir. On ne devrait normalement pas voir dans les stades, mercredi soir.
Donc voilà, il y a un contexte, des tensions qui font que ce sera un match évidemment à haut risque pour nous, et conformément aux instructions que j'ai reçues du ministre de l'Intérieur, évidemment on travaille à un dispositif extrêmement renforcé, qui me permet de vous dire que oui, évidemment, les spectateurs pourront se rendre à ce match en toute sécurité. Donc je veux évidemment rassurer tous ceux qui nous écoutent aujourd'hui, je vous expliquerai évidemment quelques-unes des mesures que nous avons prévues pour ce match, rassurer et puis en même temps afficher un message de fermeté. On ne tolérera aucun débordement, on ne tolérera aucun débordement.
Le ministre a mis à ma disposition des moyens de force de sécurité intérieure, qui nous permettront d'être extrêmement réactifs et d'empêcher tout débordement, tout trouble à leur public, soit à l'occasion du match, soit évidemment dans les environs immédiats du match, soit évidemment sur le cheminement des spectateurs qui se rendront au match, principalement comme d'habitude au stade de France en transport en commun.
Et vous nous détaillerez dans quelques instants ce dispositif de sécurité. Avant cela, j'imagine que vos services ont passé les dernières heures à analyser finement ce qui s'est passé à Amsterdam pour voir ce qui avait péché. Quelle analyse faites-vous de ce qui s'est passé à Amsterdam ? C'est quoi le problème ? Il n'y avait pas assez d'hommes ? Les heures éventuelles n'ont pas été assez anticipées ?
On n'a pas forcément tous les éléments sur Amsterdam. Moi, je reste prudent. Ce qu'on constate, ce qu'on retient, c'est que des supporters d'un club israélien, qui jouait en Ligue Europe à Amsterdam, se sont fait attaquer par des bandes qui, d'ailleurs, tenaient des propos à caractère antisémite, évident, se sont fait attaquer très loin du stade et sur le chemin du retour à l'hôtel. Voilà, c'est ce qu'il faut qu'on retienne de ce qui s'est passé. La sécurisation le soir de France-Israël, elle sera autour du stade, aux abords immédiats, dans les transports en commun. Et l'enseignement principal d'Amsterdam, c'est qu'il faut être présent dans la profondeur, dans le centre de Paris.
Voilà, il peut y avoir des incidents, finalement, partout.
Vous ressentez une forme de pression à l'approche de ce match ?
Non.
À titre personnel ?
Moi, je n'ai jamais de pression. Nous, dans les forces de sécurité intérieure, on travaille avec sérénité. C'est un match à risque. On s'y prépare, mais avec beaucoup de détermination, mais dans la sérénité. Voilà, il faut raison garder. Mais honnêtement, c'est un match à risque. Je vous mentirai en vous disant le contraire. Mais on engage un volume d'effectifs qui est tout à fait conséquent et qui est très inhabituel pour ce type de rencontre, qui, je le rappelle, est une rencontre de la Ligue des Nations.
Amandine ? Les spectateurs eux-mêmes ont l'air très conscients de ce risque, puisque les places ne se sont pas très bien vendues. Il y a 80 000 places disponibles au Stade de France. 20 000 billets ont été vendus pour le moment. Est-ce que vous allez de toute façon instaurer une limite sur la vente possible de nombre de billets et fixer une jauge ?
Alors, ce n'est pas moi qui décide de ça. Nous, la position qui est la nôtre, la position qu'a affirmée le ministre de l'Intérieur dès le départ, c'est que ce match doit se jouer dans des conditions normales, sans jauge. On n'a jamais demandé qu'il y ait une jauge limitative. Après, il y a un organisateur, c'est la Fédération française de football, qui a constaté que l'engouement pour ce match n'était manifestement pas au rendez-vous. Donc, il n'y avait pas beaucoup de demandes. Donc, l'organisateur... Enfin, il y avait moins de demandes que d'habitude. Donc, l'organisateur a gelé un certain nombre de places qui n'ont pas été mises en vente. Je vous rassure, ça arrive pour d'autres matchs.
Regardez, hier soir, pour France-Japon, en match de rugby, il y avait toute une partie du Stade de France qui était gelée, pour lesquelles les places n'ont pas été ouvertes à la commercialisation. Donc, nous, nous n'avons jamais demandé de jauge limitative. Mais effectivement, il y aura moins de spectateurs que d'habitude.
Comment est-ce que vous allez vérifier les profils de ceux qui viennent à ce match ? Par exemple, est-ce que vous êtes capable d'identifier des profils à haut risque ? Et est-ce que vous les interdirez d'entrer dans le Stade ? Est-ce que vous les suivrez dans Paris ? Comment est-ce que vous organisez tout ça ?
On travaille dans le cadre de ce que la loi nous permet. Je rappelle qu'il y a des criblages qui sont rendus possibles pour un certain nombre d'événements, mais qui ne concernent jamais les spectateurs. Ce ne concerne beaucoup tous les prestateurs, tous les intervenants, jamais les spectateurs.
Vous n'avez pas le droit aujourd'hui, la loi vous interdit de savoir qui achète précisément son billet ?
Ça, c'est la loi française. Par contre, ce qu'on peut faire, et c'est ce qu'on va faire, donc il y aura un dispositif autour du Stade qui sera extrêmement conséquent, il y aura un double contrôle, il y a un périmètre de sécurité d'abord autour du Stade, le périmètre de protection antiterrorique.
De policiers et d'agents autour du Stade ?
Tout autour du Stade.
Mais combien de...
Autour du Stade, on aura en tout 4 000 personnes sur le dispositif.
Qui par rapport à un match normal, c'est quoi la différence ?
C'est beaucoup plus, donc on aura 4 000 personnes. Il y aura 1 600 agents de sécurité également engagés par la Fédération française de football. En moyenne, c'est 1 200, 1 300 pour les matchs de l'équipe de France quand on est à ce stade à guichet fermé. Donc il y aura énormément de monde.
Pour répondre à votre question sur les spectateurs, il y aura un dispositif de sécurité autour du Stade avec un double contrôle en fait, au niveau de l'entrée du périmètre de protection qui est tenu par les policiers et puis à l'entrée du Stade avec à chaque fois contrôle de concordance, contrôle de l'identité, s'assurer que la personne qui se présente est bien celle qui a acheté son billet et fouille et palpation systématique. Donc il y aura évidemment des contrôles extrêmement renforcés.
Philippe qui nous regarde demande est-ce que c'est d'ores et déjà un aveu d'échec qu'il n'y ait que 4 fois moins de spectateurs que prévu ?
Mais c'est un match qui ne suscite pas un engouement. L'échec de quoi ? Enfin nous, le ministre de l'Intérieur a été très clair, il souhaite que ce match se déroule au Stade de France. C'est une décision courageuse. Je rappelle la décision qu'a prise la Belgique. Donc nous, c'est une décision courageuse.
De l'organiser en dehors précisément de la Belgique.
Il n'y a évidemment aucun échec. Ce match suscite moins d'engouement que d'autres. C'est un match de la Ligue des Nations. Ce ne sont pas les phases qualificatives pour le championnat d'Europe ou le championnat du monde. C'est une compétition nouvelle. On force est de constater qu'il y a moins de spectateurs qui sont intéressés par ce match. C'est arrivé à d'autres moments, mais je ne vois pas en quoi c'est un aveu d'échec.
Vous n'avez pas du tout étudié la possibilité de jouer ce match ailleurs que dans cette enceinte du Stade de France ?
Le ministre de l'Intérieur l'a dit clairement. On a regardé, et c'est ce qu'il m'a dit, mon premier entretien avec Bruno Rotailleau quand il a été nommé ministre de l'Intérieur, à cette occasion, nous avons abordé ce sujet-là. C'est une préoccupation importante pour lui. Et nous avons évoqué effectivement la possibilité de jouer ce match au Parc des Princes, ce qui aurait été évidemment possible. Mais traditionnellement, les matchs de l'équipe de France se déroulent au Stade de France. Il n'y avait pas de raison objective de choisir le Parc des Princes. Nous sommes capables de sécuriser le Stade de France.
Je rappelle que c'est là où ce stade accueille les Jeux olympiques, les Jeux paralympiques. Et donc, pour nous, il n'y a aucune difficulté. Mais simplement, il y a un dispositif qui est vraiment un dispositif XXL.
C'était là aussi où un match avait mal tourné en mai 2022 entre Manchester et le Real Madrid. Est-ce qu'on est sûr que des incidents similaires en marge ? Il y avait eu des attaques de supporters ?
On attirait toutes les conséquences de ce qui s'est passé pour la Ligue des Nations. Pardon, la finale de la Ligue des Champions de mai 2022. On en a tiré toutes les conséquences. Il y a eu deux problèmes. Il y a eu des problèmes dans l'acheminement des spectateurs. Tout a été revu et a parfaitement fonctionné depuis. On n'a pas attendu les Jeux olympiques et les Jeux paralympiques pour modifier les cheminements. Il y a eu un rapport qui a été fait par le préfet Michel Cadot, à l'époque, dont on a tiré tous les enseignements. Et depuis, il n'y a plus de difficultés.
Le deuxième problème qu'on a eu en mai 2022, ça a été, oui, des hordes de délinquants qui ont agressé des supporters, notamment des supporters britanniques. Ça, même chose, depuis la finale de la Ligue des Champions, on a des dispositifs anti-délinquance très musclés autour du stade, dans la profondeur, pour éviter que se déroule ce type d'incident. Et depuis, depuis la Ligue des Champions, depuis cette finale de la Ligue des Champions, il n'y en a plus eu. Voilà. Et demain, pardon, jeudi soir, je veux dire, jeudi 14 novembre, on aura évidemment exactement le même dispositif.
4 000 policiers et gendarmes, Laurent Nunez, que vous nous annoncez, seront déployés jeudi soir pour sécuriser ce match France-Israël. Ça, c'est autour du stade, dans Paris, et dans les transports y compris. Parce que, pour ceux qui nous regardent peut-être, et qui n'ont pas l'habitude d'y aller par métro ou par RER, le stade de France, il est accessible avec une ligne de métro qui est extrêmement utilisée. Le match a lieu à 20h45, on va être dans les sorties de bureaux. Le RER, qui peut amener jusqu'au stade de France, extrêmement utilisé également. On est sur des rames qui sont très bondées. Là, comment est-ce que vous allez intervenir dans les transports ?
Est-ce que vous allez dire aux spectateurs, prenez plutôt cette ligne-là ? Comment ça va s'organiser ?
D'abord, conformément aux instructions du ministre de l'Intérieur, moi j'ai prévu un dispositif extrêmement robuste, qui porte sur la sécurité autour du stade, dans le stade aussi, dans le stade, il y aura des policiers et des gendarmes. En accord avec la Fédération française de football, nous serons présents dans le stade dès le début. Ce qui n'est pas habituel. Normalement, c'est l'organisateur qui requiert les forces de l'ordre pour rentrer à l'intérieur du stade. Là, nous y serons. C'est une décision que j'ai prise, et donc j'ai sollicité la Fédération française de football qui l'a acceptée. Il y aura des policiers à l'intérieur du stade.
Dans le stade, autour du stade ?
Qui interviendront évidemment en cas de réquisition, comme d'habitude, mais le fait d'être présent, ça permet d'être extrêmement plus réactif, d'être présent dès l'origine. Et puis pour répondre à votre question, qui est évidemment une de nos préoccupations, la question que vous posez sur les transports, c'est notre préoccupation principale pour ce match. Principal. C'est-à-dire qu'on a des spectateurs qui vont se rendre par les transports en commun. Il y a plusieurs lignes de transports en commun qui mènent au stade de France. Il y a l'horreur B, l'horreur D, il y a la ligne 12, 13, 14.
Dans chacune de ces lignes, dans chacune des stations concernées, y compris dans la profondeur, donc y compris sur les stations de la Petite Couronne, et sur les lignes de métro, nous serons présents, il y aura des effectifs de policiers, de forces mobiles, et de gendarmes aussi. Donc je bénéficierai, j'ai demandé au commandant de la région gendarmerie d'Île-de-France de mettre à ma disposition également des gendarmes qui patrouilleront, comme ils l'ont fait pendant les choses olympiques, dans les transports en commun.
Est-ce que vous craignez, comme à Amsterdam, un problème avec certains chauffeurs de taxi ? Parce que selon les premières remontées, il semble qu'à Amsterdam, des chauffeurs de taxi aient été impliqués dans le déroulé des événements, et par exemple déposé certains supporters à des endroits qui étaient particulièrement dangereux pour eux. Est-ce que vous portez une attention particulière aussi à certains chauffeurs de taxi français ?
Non, alors je ne sais pas ce qui s'est passé à Amsterdam avec les chauffeurs de taxi. Ce que je peux vous dire, c'est qu'en France, il est arrivé, on a deux ou trois cas à Paris, pardon, à Paris, où des chauffeurs de taxi ont pu, vis-à-vis de clients dont ils ont décelé la confession, avoir des attitudes totalement inappropriées, voire tenir des propos antisémites. Ce que je peux vous dire, moi j'ai deux ou trois cas en tête, il faut vous dire, c'est que le préfet de police est aussi responsable de la gestion disciplinaire des chauffeurs de taxi.
Nous avons à la fois saisi la justice dans ces cas-là, et nous nous avons engagé des procédures disciplinaires qui ont conduit à radier ces personnes. Voilà, donc là-dessus, on sera évidemment intraitable. Intraitable.
Comment ça va se passer avec les services de sécurité israéliens ? On voit que ce n'est pas toujours simple de travailler avec eux. On avait encore cette semaine, en marge d'un déplacement du ministre des Affaires étrangères, l'interpellation en Israël, l'interpellation de deux polices, deux gendarmes français. Est-ce que là, vous avez déjà des contacts avec eux ? Quel va être le rôle de chacun ?
On travaille toujours avec, quand il y a un match de cette importance, mais c'est vrai aussi avec d'autres pays. On travaille toujours avec les services de sécurité des pays concernés. Et nous avons évidemment des contacts, notamment avec l'ambassade d'Israël à Paris, et puis il y a eu des contacts avec certains services de police israéliens qui se représentent en nombre extrêmement limité. On autorise un certain nombre d'agents à accompagner l'équipe, ils sont en nombre limité. La sécurité et de l'équipe d'Israël et du match relèvent des autorités françaises.
Mais on travaille en étroite coordination avec les autorités israéliennes qui sont venues à la préfecture de police il y a encore 48 heures, auxquelles j'ai présenté la façon dont je concevais le dispositif, que évidemment je vais aussi présenter au ministre, bien évidemment, conformément aux instructions qu'il m'a passées.
Ils ont été rassurés par le dispositif que vous avez présenté ?
Il m'a semblé que les autorités israéliennes étaient rassurées, et c'est ce que l'ambassade d'ailleurs à Paris a déclaré.
Mais les forces israéliennes de sécurité ne vont pas par exemple raccompagner des supporters vers leur hôtel, escorter certains pour davantage de sécurité ? Ça non.
Ça c'est, un, ça n'est pas prévu. Deux, s'ils me le demandaient, je refuserais. Ça c'est la France, on est en France, c'est nous qui assurons la sécurisation des personnes. Que vous ayez certains officiers qui soient présents autour de l'équipe de football d'Israël, ça c'est autre chose. Mais même dans ce cas-là, l'équipe, vous imaginez bien que l'équipe d'Israël, elle va faire l'objet d'une prise en charge H24. C'était déjà le cas pendant les Jeux Olympiques. Tous les membres de la délégation sportive israélienne étaient pris en charge.
Et là, pour l'équipe d'Israël, nous aurons à la fois des effectifs de la préfecture de police qui escorteront leurs déplacements, qui les sécuriseront, et surtout l'engagement du RAID, du RAID de la police nationale en protection de l'équipe d'Israël.
Il y a un niveau d'inquiétude autour de la protection de cette équipe ? Vous êtes, c'est élevé ? Vous êtes inquiet ?
L'inquiétude, c'est la même que pour un match à haut risque. Ma réponse, c'est de dire que l'équipe d'Israël sera prise en charge H24 en permanence, à l'endroit où elle séjournera, à l'endroit où elle s'entraînera, et évidemment, pendant tous les trajets pour aller au match.
Laurent Nouniez, est-ce qu'il y aura, jeudi prochain, des manifestations pro-palestiniennes ? Ma question est très simple. Est-ce qu'elles seront autorisées ou interdites ?
D'abord, moi, je n'autorise pas les manifestations, je reçois des déclarations, et puis je peux, évidemment, les interdire quand je considère qu'il y a un risque de trouble à l'ordre public.
Est-ce qu'il y a un risque de trouble à l'ordre public ?
Pour le jeudi 14, pour l'instant, je n'ai pas reçu de déclaration pour des manifestations. Nous verrons bien. Nous verrons bien. Et donc, généralement, on discute de l'endroit où la manifestation peut se tenir. Probablement qu'il y aura une déclaration dans Paris, mais en tout cas, nous n'accepterons pas qu'il y ait une déclaration aux abords immédiats du Stade de France. Ça n'est pas possible. Et comme d'habitude, quand il y a un grand événement, nous interdirons toutes les manifestations non déclarées qui peuvent se tenir aux abords de cet événement. Donc, ce sera le cas pour le match de jeudi soir.
Donc, à ce stade, par principe, le drapeau palestinien n'est pas interdit dans les rues de Paris jeudi prochain ?
Non, dans les rues de Paris, sans doute. Mais au stade, vous savez qu'on l'a vu encore une fois à l'occasion du déploiement du TIFO lors du match Paris-Saint-Germain-Atletico de Madrid, en dépit de la réaction de l'UEFA qui est très surprenante.
Qui dit que ce n'était pas interdit vu que ce n'était pas un message à caractère
strictement politique. C'est très surprenant. Une heure après que le ministre français, le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, rappelle les règles de l'UEFA, que l'UEFA le contredise dans un message une heure après celui du ministre pour expliquer qu'il n'y avait pas de soucis alors que le règlement de l'UEFA dit qu'il ne peut pas y avoir de message politique dans les stades, ça n'est pas possible. C'est complètement interdit.
Mais pour bien comprendre ce que vous êtes en train de me dire,
je suis en train de vous dire qu'il ne pourra pas y avoir de drapeaux palestiniens.
Dans le stade, il n'y aura que des drapeaux israéliens
ou français. Il ne pourra pas y avoir que des drapeaux français ou des drapeaux israéliens. Et des messages de soutien aux équipes. Il ne peut pas y avoir de message à caractère politique. C'est comme ça, c'est une loi d'air un. Depuis la nuit des temps, on fonctionne comme ça dans les stades, pour les JO, dans toutes les compétitions sportives. Il ne peut pas y avoir de message à caractère politique.
Il en vient à la politique, mais qu'est-ce qui justifierait un arrêt du match ?
Je ne me place pas dans cette configuration. Je vous le dis tout de suite. Après, l'arrêt du match, c'est aussi l'arbitre qui peut le décider, c'est l'organisateur ou le préfet de police quand il y a des troubles graves à l'ordre public. Mais il n'y en aura pas. Il n'y en aura pas. On sera présent, il y a un nombre de stadiers conséquents, il y a des forces de l'ordre qui seront présentes, prêtes à intervenir. Il n'y en aura pas.
Sur la politique, vous avez vu les déclarations venant notamment d'une partie de la gauche, certains à la France Insoumise qui mettaient à propos d'Amsterdam surtout en avant les provocations israéliennes. Je peux par exemple vous citer ce tweet du député Raphaël Arnaud de la France Insoumise qui disait « Les supporters du Maccabi Tel Aviv sont réputés pour abriter les plus grosses franges d'houliganes d'extrême droite racistes et violents. C'est un peu la version israélienne de la Ladiodrome. Hier à Amsterdam, ils ne sont pas venus cueillir des jonquilles. » Quand vous avez vu et lu ces tweets sur les réseaux sociaux, vous vous êtes dit quoi ?
D'abord, moi je suis préfet. Je n'ai pas commenté les tweets d'un député de la République. Est-ce que ça tombe pour vous
sous le coup de l'antisémitisme ?
D'un député de la Nation, mais j'ai lu avec... Une fois que je vous ai dit ça à titre personnel, j'ai lu évidemment avec beaucoup de satisfaction l'ensemble des condamnations de ces propos qui évidemment ne sont pas acceptables. Il n'y a rien qui justifie ce qui s'est passé à Amsterdam. Il n'y a rien qui justifie ce qui s'est passé à Amsterdam.
Et vous y voyez là une façon de justifier ?
Je pense que dans le climat actuel de tensions, de fractures sur ce sujet dans notre pays, de la volonté de certaines formations d'importer aussi ce conflit sur le territoire national, je pense que ces déclarations sont très très malvenues. Il y en a eu d'autres. J'ai noté que le ministre de l'Intérieur avait également saisi la justice de propos tenus par une députée. Et voilà, à titre personnel, je trouve ça évidemment... Je vois ça avec beaucoup de satisfaction évidemment.
Laurent Nouniès, pour être complet sur ce dossier, je précise que la veille du match doit se tenir un gala qui est critiqué par un certain nombre d'associations. Un gala organisé par l'association Israel is Forever où doit participer l'un des ministres du gouvernement de Benyamin Netanyahou dans ce contexte de tension mercredi, jeudi, lié à des événements autour d'Israël. Est-ce qu'il est prévu de renforcer la sécurité aussi autour des lieux de culte juif et des écoles juives ?
Oui. Alors, concernant ce gala, d'abord, vous dire, c'est un gala qui est organisé par une association. Michel Barnier, Premier ministre, a rappelé lors des questions d'actualité à l'Assemblée, me semble-t-il, ou au Sénat, à l'Assemblée, il a rappelé très clairement que le gouvernement français n'avait rien à voir là-dedans. C'est une association qui s'appelle Israël is forever, qui organise ce gala, qui a invité un ministre qui a pu tenir des propos extrêmement choquants, qui aurait été condamné par la France, qui aurait été condamné par la France, dont je comprends finalement qu'il ne sera pas là, dont je comprends qu'il ne sera pas là.
Et ce gala, qui réunit à peine quelques centaines de personnes, qui se tient chaque année, fait l'objet d'une demande d'interdiction. C'est-à-dire qu'il y a une partie de la mouvance qui soutient la cause palestinienne, la France insoumise, me demande d'interdire ce gala. Je ne le ferai pas, je n'ai pas de raison de le faire. Nous allons protéger, évidemment, ce gala. Et il y a une déclaration de manifestation contre ce gala ce soir-là. Et je vais discuter avec les organisateurs pour qu'elles se tiennent dans un lieu qui ne pose pas de problème en termes de troubles à l'ordre public. Mais je n'interdirai pas non plus cette manifestation.
C'est-à-dire un lieu clos ? Cette manifestation ? Sans bouger ?
Non, non, pas un lieu clos. C'est une manifestation de voie publique. Elle a lieu dans Paris. Généralement, on se agit des endroits où il n'y a pas de risque de troubles à l'ordre public. Il ne faut pas évidemment l'endroit où il va se dérouler les gars. Je veux dire,
en restant sur une place sans être mobile, par exemple ?
Absolument, c'est exactement ça.
Et sur les écoles et les lieux de culte juifs,
est-ce qu'ils sont particulièrement protégés la fin prochaine ? C'était important pour moi de parler de ce gala parce que je suis attaqué, je reçois énormément de... D'ailleurs, j'ai été saisi... J'ai été, pardon, assigné au tribunal administratif puisqu'on me demandait... Les requérants souhaitaient que le juge administratif me contraigne à interdire et le juge administratif a considéré qu'en l'état du dossier, il n'y avait pas de danger imminent, d'une particulière gravité qui justifiait une interdiction.
Donc je n'interdirai pas ce gala, je le protégerai et j'autoriserai, je laisserai, pardon, se dérouler une manifestation de contestation à condition qu'elle ne soit pas à proximité immédiate. Et pour la protection des lieux de culte, d'établissements scolaires israélites, évidemment, nous continuons à le faire, on le fait tout le temps et nous aurons une vigilance toute particulière, évidemment, le soir du 13 novembre et le soir du match de football, c'est-à-dire jeudi 14 novembre.
Laurent Nouniez, j'en viens à la lutte contre le narcotrafic et ses ravages et je voudrais vous montrer un reportage qui a été diffusé cette semaine sur BFM TV, un reportage de Magali Chalet, David Couloum et Camilla Giudice.
Sur le chemin entre le RER et les entreprises de ce parc d'activité du nord de Paris, ils sont postés un peu partout. Des agents de sécurité employés par les sociétés pour escorter leurs salariés quand ils arrivent et partent du travail et assurer leur protection si besoin.
Ça me rassure, c'est évident, surtout maintenant que la nuit tombe plus vite le soir.
Ils font la sécurité, ils se déplacent en tourtine électrique s'il y a un accident pour pouvoir arriver plus rapidement sur site. C'est rassurant, surtout quand on arrive à Rosa Parks où ça peut être un petit peu tendu.
Ce qui inquiète les entreprises, c'est la présence de consommateurs de krach sur le parcours. 750 mètres entre le parc du Millénaire et la station de RER la plus proche qui passe par un pont et longe un jardin, lieu de consommation notoire. Alors les sociétés, rassemblées en collectif, ont mis en place ce dispositif commun de sécurisation en 2019, parmi elles, BNP Paribas.
BNP Paribas est en lien avec les autorités et prend en parallèle toutes les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité de ses collaborateurs.
Et certains employeurs prennent des mesures supplémentaires, comme le ministère de la Justice qui a deux sites installés sur les lieux, 3000 travailleurs et une escorte motorisée qui leur est dédiée.
Il y a également pour le ministère de la Justice des navettes qui sont mises en place et qui accompagnent les agents jusqu'au transport en commun. Toutes ces mesures de sécurité sont faites en lien avec la préfecture de police de Paris ainsi qu'avec le commissariat local.
Le quartier est également surveillé par des caméras.
Franchement, Laurent Gignès, ça se passe à Paris, à quelques kilomètres du ministère de l'Intérieur et on voit même que des personnes qui travaillent pour le ministère de la Justice sont escortées. Quand on voit ça, on se dit qu'on a déjà perdu la bataille contre la drogue ?
Non, attendez. D'abord, ce qu'on voit là, ce n'est pas le narcotrafic. La problématique qui est exposée dans ce reportage que je ne conteste pas, je vais vous expliquer d'ailleurs ce qui se passe, c'est celle du krach. Là, on parle du krach à Paris. Ce n'est pas le narcotrafic, le krach, c'est des personnes, essentiellement des Guinéens, des Sénégalais, souvent en situation irrégulière, qui vendent du krach.
Là, on est sur le bout de chaîne, on est sur les consommateurs.
Qui vendent du krach, qu'on a complètement démantelé le campement de Forceval il y a maintenant deux ans, il y a pile deux ans, en octobre 2022. Il subsiste une poche résiduelle de consommateurs, je parle de consommateurs, qui sont sur l'espace public, qui se trouvent effectivement sur cet endroit-là. Il y a le parc du millénaire, il y a le nord, il y a le sud, qui sont sur cet endroit-là, où nous sommes évidemment extrêmement présents, en lien d'ailleurs avec la BNP, le ministère de la Justice et les opérateurs qui sont présents. Nous n'avons eu de cesse d'interpeller des trafiquants de krach. Chaque année, on double le nombre d'interpellations.
Le trafic de krach, maintenant à Paris, c'est quelque chose de résiduel, mais il reste effectivement des consommateurs. Il reste des consommateurs, ça je ne le nie pas. Et moi, je considère que du côté de la procureure de la République de Paris, du côté du préfet de police, on fait notre job, on fait le boulot, on interpelle des dealers, et il y a des consommateurs qui sont plus en détresse sanitaire, sociale, mais ce n'est plus vraiment un problème d'ordre public, mais on est quand même présents. Je mobilise toujours autant d'effectifs pour faire en sorte que ces consommateurs causent le moins de troubles possibles.
Et ils se trouvent effectivement qu'en ce moment, ils sont effectivement à cet endroit-là.
Donc, quand on voit par exemple les entreprises faire appel à des vigiles privées pour sécuriser leurs salariés, il ne faut pas en déduire que la puissance publique est dépassée ?
Non, attendez, attendez. On travaille avec... Encore une fois, nous, nous sommes présents. Moi, j'ai des effectifs dans le 19e arrondissement qui tous les jours sont présents pour sécuriser cet itinéraire effectivement entre cette zone d'activité et les stations d'Aurosa-Parc. Donc, voilà, on est extrêmement présents. On continue à travailler et à lutter contre les trafiquants de crack. Mais encore une fois, la problématique, ce sont des consommateurs, ce sont des personnes qui ont des problèmes, qui ont des problèmes sanitaires, des problèmes sociaux, souvent des problèmes psychiatriques, psychologiques. Et voilà, au bout d'un moment, la police ne peut pas tout.
Ce n'est pas le trafic, le narcotrafic dont parle le ministre et dont on va parler maintenant.
Et donc, vous dites, si on veut régler définitivement le problème, c'est la prise en charge de ces consommateurs qu'il faut opérer et qui doit le faire ? C'est la ville de Paris ?
Le ministre de l'Intérieur l'a dit et réfléchi à une mesure qui est la possibilité de placer, de contraindre ces personnes à se soigner. Et ça serait une espèce d'hospitalisation d'office qui existe en droit français mais qui serait ciblée sur des personnes qui représentent, parce qu'elles sont en situation de manque, un danger pour elles-mêmes ou pour autrui. Et donc, ça fait partie des mesures, d'ailleurs, que le ministre proposera dans le cadre du plan de lutte contre les stupéfiants.
Justement, il a fait des annonces avec le ministre de la Justice, donc Bruno Retailleau et Didier Migaud, la semaine passée, annonces qui ont été faites à Marseille, qui est un théâtre régulier de règlement de compte entre trafiquants de drogue. Les Français ont vu aussi ces derniers jours, ces dernières semaines, des fusillades sanglantes à Rennes, à Poitiers, à Grenoble. Est-ce que, selon vous, la situation en termes de criminalité autour du trafic de drogue est en train de dégénérer en France ?
Clairement, oui. Bon, maintenant, attention, il ne faut pas oublier tout ce qui a été fait par le passé. Moi, ça fait, on va dire maintenant très longtemps que je travaille sur ces questions, 18 ans pour être précis, 18 ans. Donc, l'activité que font, que mènent les services de police et de gendarmerie sur leur zone de compétences, elle est énorme et elle produit des résultats. Nous avons, si je prends, par exemple, la plaque parisienne, nous avons du deal, ce qu'on appelle le deal de quartier, des points de deal. On voit se développer les livraisons à domicile également. Donc, nous avons aussi un trafic de stupéfiants importants.
Mais nous avons des équipes qui travaillent courageusement avec beaucoup de détermination pour lutter contre ces trafics. On a mis en place des actions place nette, comme nous l'avait demandé le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, dont le ministre Bruno Retailleau souhaite qu'on les poursuive mais dans un cadre rénové.
Oui. Tout en disant qu'elles ne sont pas extrêmement efficaces et est-ce qu'elles n'ont pas contribué en fait même ces opérations place nette en vidant le problème à un endroit, à les déplacer ailleurs et un peu partout en France ?
Il faut bien commencer à un moment. Donc, il faut bien commencer à un moment. Donc, on a mis en place des actions place nette. Pour vous, ça reste efficace.
C'est un début.
On démantèle les points de deal. Il y a encore 4 ans, on avait 513 points de deal dans l'Amazon de compétence, c'est-à-dire toute l'agglomération parisienne. Il y en a plus de 311. Bon. Là, depuis le début de l'année, vous imaginez bien que ce sont des chiffres que j'en garde avec attention. En termes d'affaires de trafic de stupéfiants, on en a réalisé plus de 11 000. C'est 6 % de plus que l'année dernière. Bon. On a saisi 10 millions d'avoirs criminels liés au trafic de stupé. On était à 9-6 à la même période l'année dernière. Donc, là aussi, il y a une augmentation. Donc, on a des résultats. Maintenant, force est de constater.
C'est pour ça que je répondais très clairement à votre question. Est-ce que la situation nous échappe ? Oui, elle nous échappe. Pourquoi ? Je ne veux pas qu'on passe l'action que l'on jette. Je veux aussi valoriser l'action qui a été menée par les services de police et de gendarmerie en matière de lutte contre le trafic des stupéfiants. Moi, pour diriger des services de police judiciaire, je sais qu'ils sont complètement engagés sur ces sujets. Maintenant, est-ce qu'il y a un sentiment de dépassement ? Oui. Oui, parce que, quels que soient les bons chiffres que nous avons, on constate d'abord que les saisies augmentent. On peut le voir comme étant quelque chose de satisfaisant.
Mais en même temps, ça veut dire que le trafic continue. Donc, on constate aussi également qu'autour du trafic de stupéfiants, il y a d'autres formes de délinquance qui se développent. Des séquestrations, des vols de violence parce qu'il faut rembourser des dettes, des cambriolages également parce qu'il faut rembourser des dettes, des actions d'intimidation, et puis, bien sûr, les règlements de comptes. On constate que ces règlements de comptes sont toujours au même niveau et qu'en plus, ils impliquent des gens qui sont de plus en plus jeunes. Donc, oui, effectivement, il faut changer de dimension. Et c'est ce qu'a annoncé le ministre.
Mais ça, c'est le cas même dans la zone dont vous avez aujourd'hui la compétence, Paris et la Petite Couronne, des jeunes, des réseaux mafieux.
Ce qu'on constate en matière de lutte contre les trafics de stupéfiants, on le constate également sur la plaque parisienne. On a des personnes qui sont de plus en plus jeunes qui sont impliquées. On a un peu moins de règlements de comptes que sur le reste du territoire national, mais on en a quand même. Il y a des secteurs comme la zone d'Aulnay-Sevran qui a été particulièrement impactée. On en a également. Voilà, donc on a les mêmes, exactement les mêmes problématiques
sur le reste du territoire national. Mais le terme mexicanisation, je vais y arriver, de la France, n'est pas exagéré selon vous. Bruno Retailleau qui l'utilise s'est vu se reprocher d'utiliser ce terme.
C'est-à-dire, c'est l'idée que si à un moment on ne met pas un terme et si on ne change pas de dimension, il y a le risque effectivement d'arriver sur une prégnance tellement forte, tellement forte des réseaux et de trafiquants de stupéfiants qu'on en arriverait à une atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État, aux atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation en France. On n'en est pas là. Mais si on ne met pas le haut là, on peut en arriver là. Quand on regarde ce qui s'est passé dans d'autres pays voisins des nôtres, il y a de quoi être inquiet.
Quand on regarde que sur certains dossiers très limités, on a eu aussi des fonctionnaires de police qui ont pu être impliqués dans des affaires de corruption parce qu'ils ont fourni contre rémunération un certain nombre d'informations dans des cas extrêmement limités, j'insiste. Mais c'est arrivé. Donc il faut maintenant mettre le haut là, changer de dimension et le ministre a fait un parallèle évidemment très pertinent avec tout ce qui a été fait depuis 2012 en matière de lutte contre le terrorisme. Et la plupart des annonces qui ont été faites à Marseille s'inscrivent dans ce changement de dimension.
Je rappelle que sur le terrorisme, vous parlez, votre parole est d'or puisque vous avez été le coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme.
Ludovic. Bruno Rottario pointait cette semaine la responsabilité des gangs marseillais liés à la drogue dans la mort de deux jeunes hommes en Ardèche et dans la Vienne. Est-ce que vous, vous notez aussi à Paris, dans la région parisienne, l'impact des gangs marseillais ?
Alors, il n'y a pas d'impact. Qu'il y ait eu des velléités d'implantation de gangs marseillais, oui, ça c'est... Oui, oui, oui, oui. Oui, c'est arrivé. Donc ça ne s'est pas produit au final. Mais oui, c'est arrivé. C'est-à-dire qu'il y a une diffusion des réseaux marseillais qui cherchent à s'étendre sur le territoire national. Y compris ici. Dans leur proximité immédiate, dans toute la région PACA, ils se sont déjà étendus. Voilà, c'est plus ma zone de compétence, j'en parle parce que j'étais préfet de police aussi des Bouches-du-Rhône. Mais voilà, je ne veux pas trop développer cela. Mais ce qu'il faut retenir, c'est que le ministre nous a demandé de...
Il y aura évidemment des annonces en ce sens de passer dans la même logique qui a été celle de la lutte contre le terrorisme. C'est-à-dire d'avoir un chef de file puissant, renforcé, d'imposer au service une coordination renforcée, évidemment, de partager au maximum l'information. C'est ce qui s'est fait en matière de lutte contre le terrorisme. D'où, d'ailleurs, en découle un certain nombre d'annonces qui ont été faites par les deux ministres. Le ministre de l'Intérieur qui souhaite que l'OFAST, l'Office français de lutte contre les trafics de stupéfiants, ait un chef de file à mieux incarner, qu'il soit plus en position de chef de file.
C'est la proposition qui a été faite, évidemment, de création d'un parquet national de lutte contre la criminalité organisée, donc de mieux tasquer la lutte contre le trafic de stupéfiants. Et puis, il y a tout un tas de mesures aussi, puisque au moment du plan de lutte contre le terrorisme, il y a eu évidemment cette coordination renforcée, mais il y a eu aussi des moyens juridiques, des moyens budgétaires, des moyens humains supplémentaires. Et au titre des moyens juridiques, les deux ministres ont fait des annonces qui sont très attendues par les services de police qui luttent contre le trafic de stupéfiants.
La possibilité d'avoir des techniques d'enquête renforcées, la possibilité d'avoir des enquêtes patrimoniales systématiques et de mieux pouvoir saisir les avoirs. Voilà, je ne détaille évidemment pas tout ça, mais il y a des annonces qui correspondent à des mesures qui sont très attendues par les services.
Une mesure qui n'a pas été évoquée mais qui fait l'objet d'une question de Joris qui habite à Martigues de ce que j'en comprends. En moins de trois semaines, deux règlements de comptes ont eu lieu dans ma ville, donc à Martigues. Faut-il réquisitionner l'armée dans les quartiers gangrénés par le trafic ? Si je reformule la question de Joris, est-ce que dans une guerre, il faut faire appel à des militaires ?
Non. Effectivement, la lutte contre le trafic de stupéfiants, c'est une guerre. On gagne des batailles, on en perd, et on va continuer cette guerre, mais on ne peut pas utiliser les militaires. Je crois que Bruno Retailleau a répondu très clairement là-dessus. L'armée est faite pour protéger la nation des attaques extérieures et on ne peut pas utiliser l'armée contre nos propres concitoyens. Donc voilà, ce n'est évidemment pas une solution.
Vous parliez tout à l'heure de la corruption qui, je ne sais pas si elle se développe, mais en tout cas est un risque, la corruption de certains fonctionnaires français ou policiers si le trafic de drogue s'étend. Dans quelle mesure vous la constatez aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a des enquêtes internes qui sont lancées au niveau de la police et est-ce que ça se développe ?
Oui, bien sûr, il y a quelques... Ce sont toujours des cas isolés, mais ça démontre surtout la puissance des réseaux de narcotrafic qui sont sans limite maintenant et qui n'hésitent pas à solliciter des fonctionnaires de police qui ont accès à un certain nombre de fichiers et qui peuvent donner un certain nombre d'informations, soit sur un rival, soit sur le fait de savoir si les services de police ont connaissance de l'utilisation d'un véhicule. Je vous donne quelques exemples et donc les informations que détiennent les fonctionnaires de police elles sont évidemment très précieuses et donc il y a ce risque qu'ils soient sollicités
contre rémunération. Et plus on leur proposera des sommes importantes, plus vous aurez du mal à lutter.
Mais je veux dire, il y a eu des affaires qui doivent nous alerter, mais ce sont des affaires extrêmement limitées. Je ne veux pas qu'on laisse à penser que tous les fonctionnaires de police sont corrompus, loin s'en faut. Il y a quelques affaires. Le ministre en a cité une, d'ailleurs.
Le ministre en a cité une, à l'époque où j'étais directeur général
de la sécurité intérieure. Je connais bien cette affaire et c'était évidemment un cas qui était extrêmement grave puisque c'était un individu qui, contre rémunération, donnait des informations dont on avait acquis assez plus que la conviction puisque ça s'avérait une réalité qu'elles avaient pu être utilisées par des clans mafieux. Voilà. Donc il faut qu'on soit extrêmement vigilants et dans les mesures d'ailleurs qu'ont annoncé les ministres, il y a cette possibilité aussi d'avoir des moyens juridiques renforcés pour lutter contre la corruption.
Et on n'a pas parlé des consommateurs. Est-ce que vous souhaitez que soit renforcée la pénalisation de consommation de drogue ? Est-ce que l'amende forfaitaire délictuelle, ça suffit ? C'est suffisant ?
Oui, c'est suffisant. Oui, c'est suffisant. Elle a un champ d'application qui mériterait sans doute qu'on puisse la revoir. Elle ne concerne que des infractions pour lesquelles l'auteur le reconnaît et avoir commis cette infraction. Elle ne peut pas concerner les étrangers, elle ne s'applique pas aux mineurs mais elle est très utile. Elle est très utile néanmoins. En moyenne, on a environ 150 000 amendes qui ont été appliquées sur l'ensemble du territoire national. Et à Paris, vous avez une idée ? Nous, on réalise 30% de tout ça. D'accord. 30% de tout ça.
C'est un outil utile pour lutter contre les consommateurs, leur faire prendre conscience que sans leur consommation, il n'y aurait pas de trafic. Le ministre l'a rappelé et c'est extrêmement important. Et donc, il nous a demandé d'augmenter encore la mise en œuvre de ces amendes forfaitaires délictuelles. Et évidemment, c'est ce que nous allons faire.
Et de courtes peines de prison, comme le propose le Rassemblement national, ça aurait du sens ?
Sur les courtes peines de prison et la sanction systématique, il n'y a pas que le Rassemblement national. Il s'en faut avoir de ma part qui en parle. Je crois que dans la déclaration de politique générale de Michel Barnier, il y a eu des annonces qui ont été faites pour mieux lutter contre la délinquance des mineurs et avoir des sanctions immédiates. Il a même été évoqué la possibilité d'avoir des établissements dédiés pour la sanction immédiate. C'est-à-dire que dès qu'un mineur commet une infraction, notamment dans le cadre du trafic de stupes, on puisse avoir une réponse, une réponse judiciaire qui soit immédiate.
Il semblerait, Laurent Nunez, c'est comme si vous aviez lu dans mes fiches puisque j'allais évoquer précisément le discours de politique générale de Michel Barnier à l'instant. Il a évoqué la sécurité du quotidien de manière générale en disant notamment que serait généralisée la méthode expérimentée pendant les Jeux. Ce que dit Michel Barnier, hommage à vos équipes. Qu'est-ce qui a fonctionné pendant les Jeux et qu'il faudrait d'après vous dupliquer ? Parce que vu d'un regard, j'allais dire, notre regard à nous, journaliste, on se dit que ce qui a fonctionné c'est qu'il y avait plus d'hommes en fait.
Pas seulement. Vous avez eu un effet pendant les JO, vous avez eu un effet masse de présence d'effectifs. D'abord, c'était qu'à Paris et en région de France.
35 000 hommes en moyenne chaque jour, sans compter les 18 000 militaires de l'opération Sentinelle et les agents de sécurité privée.
C'est ça. Sur les 18 000 militaires il y en avait 10 000 sur voie publique et 8 000 des services spécialisés.
C'est ça la clé ? Il faut plus d'hommes sur le terrain ?
Oui, il faut plus de visibilité sur le terrain à des endroits stratégiques et à des moments stratégiques. Pour les Jeux, on a eu cet effet masse mais je rappelle que les Jeux, c'était 85% à Paris en région de France et les Jeux paralympiques 95%. Nous étions présents à des endroits évidemment autour des sites donc c'était très visible mais surtout dans les transports en commun à des horaires à des endroits très précis au moment où il y avait des flux de personnes et dans des lieux de grands rassemblements de personnes.
C'est ça qui a donné ce sentiment à nos concitoyens d'un effort accru des forces de l'ordre et aussi force à constater aux délinquants puisque la délinquance s'est quand même complètement effondrée pendant cette période.
On voit les chiffres à l'antenne.
Elle s'est complètement effondrée pendant cette période nonobstant certains commentateurs qui ont cru utiles de comparer les semaines les unes après les autres peu importe. Donc la délinquance s'est effondrée. Et donc il a ce que nous demande le ministre de l'Intérieur évidemment c'est de retenir cette même méthode. On n'aura jamais la fait masse qu'on a eue. Le jour de la cérémonie d'ouverture j'avais 45 000 personnes à ma disposition. Ce n'est pas délicable à l'enfermi. Ça n'arrivera plus jamais.
Par contre cette idée de faire des diagnostics précis département par département des zones criminogènes des endroits où il est important que les forces de l'ordre soient visibles présentes je pense encore une fois aux transports en commun aux gares au lieu de grands rassemblements. C'est une idée qu'il faut retenir. Mais c'est déjà ce qui avait été fait par Gérald Darmanin au titre des plans délinquance zéro deux ans avant les Jeux Olympiques. Et donc il faut la déclaration politique de Michel Barnier demande de refaire la même chose la même chose que pendant les Jeux.
Ça veut dire département par département cibler les secteurs qui sont les plus criminogènes cibler les secteurs où il y a le plus de monde et être présent visible à ces moments-là.
Vous avez aussi utilisé pendant les Jeux la vidéo algorithmique c'est-à-dire des caméras il y en avait 185 qui sont couplées à de l'intelligence artificielle et qui doivent permettre de repérer des mouvements suspects. Quel bilan vous en tirez ? Est-ce que malgré le fait que ça n'est mené pendant les Jeux Olympiques à aucune interpellation vous êtes convaincu de cette efficacité et vous souhaitez continuer d'en déployer ?
Alors d'abord le but c'était pas d'interpeller des gens. Le but c'était pas d'interpeller des gens. Ensuite vous dire ce qu'est la vidéo. Et pourtant
si elle repère un mouvement suspect
ça doit déclencher. La vidéo algorithmique c'est un outil qui permet aux opérateurs vidéo à la préfecture de police on a des dizaines de milliers de caméras si vous vous rendez compte donc ça permet à des opérateurs vidéo d'avoir des alertes qui attirent leur attention sur une situation anormale. Ça n'est que ça. Mais c'est quoi une situation anormale ? Il y a 8 cas qui ont été prévus par la loi puisque la vidéo algorithmique c'est qu'une expérimentation. En mars 2025 on la reconduira ou pas.
Donc il y a 8 cas d'usage dont certains que nous avons trouvé très intéressants notamment ceux qui permettent de détecter un individu dans une zone interdite ceux qui permettent de détecter une densité de foules trop importante ceux qui permettent de détecter une fouille qui évolue à contresens de ce qui devrait être la normalité et là vous avez l'opérateur qui a son attention à tirer et qui peut regarder ce qui se passe. Donc nous nous considérons que l'expérimentation elle est probante on l'a proposé on l'a proposé évidemment au ministre de l'Intérieur qui a déjà annoncé qu'il était évidemment très favorable à sa reconduction. Donc voilà ça n'est que...
Alors les défenseurs des libertés vous diront jusqu'où va-t-on notamment est-ce que ça mène à la reconnaissance faciale in fine
en France ? Non, il n'y a pas de reconnaissance faciale dans le dispositif c'est une alerte une aide aux opérateurs. Les défenseurs des libertés ils oublient que les premiers défenseurs des libertés c'est les forces de l'ordre. Premier défenseur des libertés c'est votre serviteur et l'ensemble de ses collaborateurs les 45 000 agents de la profondeur
En tout cas reconnaissance faciale non, c'est pas prévu à l'ordre du jour
à Paris aux alentours. Absolument pas prévu et il y aura je l'espère une reconduction sur ces cas d'usage qui se sont avérés très utiles voilà donc nous sommes évidemment très satisfaits de l'utilisation de la vidéo algorithmique.
Oui alors parlons de Paris et de la zone à trafic limité qui a été mise en place à partir de cette semaine est-ce que vous avez déjà des premiers retours ? Est-ce que ça fonctionne ? Est-ce que vous êtes satisfait de la manière dont ça se passe ?
Alors la zone à trafic limité a été instaurée par une décision conjointe je tiens à le rappeler puisque le préfet de police a des compétences sur un certain nombre de voies sur cette zone à trafic limité donc c'est un arrêté conjoint de la ville de Paris Madame Hidalgo étant compétente sur certaines voies moi sur d'autres et donc elle est le fruit d'une concertation qui a été menée pendant plusieurs années au terme de laquelle il y a eu énormément de concessions qui ont été faites par la ville de Paris notamment sur le périmètre donc le périmètre ne porte plus que sur les arrondissements 1, 2, 3, 4 donc c'est vraiment l'inter-centre de Paris l'inter-centre de Paris sur Paris-centre en fait et puis ont été exclus les îles les Kéo qui était initialement qui est au rive droite qui était initialement qui devait être englobée dans cette zone ont été exclus notamment le boulevard Saint-Germain donc il y a eu énormément de concessions qui ont été faites des concessions sur la date d'entrée en vigueur on avait demandé que ce soit après les JO et pas avant et puis il y a des concessions énormes qui ont été faites par la ville sur les usagers ceux qui peuvent rentrer dans cette zone à trafic limité et pourquoi il s'inquiète ?
Oui mais ça inquiète
et on n'y comprend rien à vrai dire on ne comprend pas qui peut rentrer et avec quel justificatif ?
Je vais vous expliquer donc ce process de discussion il est arrivé à son terme au bout d'un moment il faut trancher moi j'ai demandé beaucoup de choses à madame Hidalgo elle a répondu positivement à toutes mes demandes au bout d'un moment moi je suis un homme responsable je ne peux pas aller plus loin que ce que j'ai demandé sauf à dire ah bah non on est contre la ZTL on n'en fait pas bon je ne crois pas que ce soit une position gouvernementale que d'être contre les zones d'un trafic limité bon ça c'est le premier sujet maintenant sur ce qu'elle est ce n'est pas une zone où on interdit la circulation automobile c'est n'importe quoi de voir ça et d'entendre ça non mais comment vous contrôlez les usagers qui ont le droit d'y être ou pas ?
le principe d'une zone à trafic limité c'est que vous circulez en motorisé à l'intérieur de cette zone quand vous avez quelque chose à y faire vous êtes riverain vous allez faire du shopping
vous allez rendre visite à un ami
faire du shopping rendre visite à un ami tout ça c'est autorisé mais bien sûr il faut que vous ayez quelque chose à y faire il faut que le point de départ ou le point de destination soit dans la zone ce qu'on vise à interdire c'est le trafic c'est à dire les véhicules qui ne font que passer que traverser cette zone c'est tout et encore même pour le trafic il y a des dérogations pour le transit pardon il y a beaucoup de dérogations notamment pour les véhicules de service public les transports en commun etc voilà la zone à trafic limité ça n'est que ça alors après il y a une deuxième branche à votre question donc la première j'y réponds c'est pas une interdiction généralisée de la circulation automobile la seconde quel contrôle mais c'est justement une autre concession qu'a faite Anne Hidalgo qui est très importante c'est d'accepter que nous définissions ensemble les règles qui vont être les conditions qui vont être fixées pour contrôler les véhicules c'est à dire en fait quel type de contrôle et quelle modalité de justificatif on va devoir produire et ça on va le faire ensemble avec avec madame Hidalgo d'ailleurs les opérateurs économiques
mais vous vous penchez pourquoi par exemple des QR codes comme on a pu voir avant
les opérateurs économiques que j'ai rencontrés personnellement je les ai rassurés sur ces sujets là et je leur ai dit je serai là à vos côtés comme on l'a été pendant les Jeux pendant les Jeux on a énormément concerté avec les professionnels et finalement ça s'est très bien passé tout le monde est très satisfait de la façon dont on a géré tout ça mais on va faire la même chose pour la ZTL moi alors pour répondre à votre question à titre personnel je ne suis pas favorable aux QR codes d'abord la ZTL ce n'est pas un endroit comme pendant les Jeux pendant les Jeux on avait des périmètres d'interdiction de circulation là vous aviez des barrages physiques il y avait des fonctionnaires de police qui vous arrêtaient il fallait montrer pas de blanche vous passiez ou pas là ce n'est pas la même chose trop contraignant là ce n'est pas la même chose il n'y a pas de dispositif physique on rentre on sort moi personnellement je ne suis pas favorable aux QR codes pendant les Jeux c'était important parce que le dispositif était plus strict et c'était 2 fois 15 jours là on est sur un dispositif permanent donc je suis plutôt favorable le justificatif libre mais on va en parler avec les professionnels
mais la limitation à 50 km heure sur le périphérique parisien qui est mise en place depuis quelques semaines là aussi ça vous satisfait la manière dont ça se passe ?
le ministre des Transports a clairement rappelé la position qui est celle de l'Etat et à laquelle évidemment je souscris ce qui était la nôtre y compris sous le précédent gouvernement c'était d'être opposé à cette mesure voilà on était opposé à cette mesure pour la bonne et simple raison qu'elle est pénalisante pour tous ceux qui partent au travail tôt et qui rentrent du travail tard puisque rouler à 50 km à l'heure il y a une perte de temps donc on n'est toujours pas favorable mais le ministre des Transports l'a rappelé c'est évidemment une réalité c'est une décision qui appartient uniquement à la ville de Paris c'est une compétence de la ville de Paris moi je n'aurais pu m'y opposer parce qu'il y avait des aménagements physiques ça n'est pas le cas ce sera évidemment autre chose pour la voie réservée mais là comme l'annonçait le ministre des Transports pour la voie réservée il y a une concertation qui est en cours
vous savez que cette question de la zone à trafic limitée des 50 km heure c'est le sujet qui suscite le plus de réactions de nos téléspectateurs je reçois sur mon téléphone beaucoup de questions adressées par ceux qui nous regardent et qui nous écoutent sur le sujet donc c'était bien que vous puissiez expliquer comment ça fonctionne et où ça va j'ai aussi une question de téléspectateurs que je voulais vous poser Laurent Douniez de Marie Marie qui a lu que les agriculteurs voulaient se mobiliser la semaine prochaine et qui vous demande qu'avez-vous prévu pour empêcher que les routes soient bloquées à Paris et en Ile-de-France et j'imagine que Marie fait référence au mouvement des agriculteurs pas contents parce que le Mercosur parce que de mauvaises récoltes parce que des inquiétudes et qui effectivement lance un appel à action à partir de la semaine prochaine à partir de mémoire du 15 octobre donc cela tomberait vers le week-end prochain est-ce que la préfecture de Paris travaille sur un scénario de blocage des routes à Paris et en Ile-de-France ?
Oui on travaille toujours à ce type de scénario il y a effectivement des annonces qui ont été faites qui ont retenu toute notre attention notamment évidemment en région Ile-de-France je vous rappelle qu'il y a eu un mouvement l'année dernière donc voilà donc moi en tant que préfet de zone je le gérais avec l'ensemble des préfets de la région Ile-de-France où je crois que lors du précédent mouvement les choses s'étaient plutôt bien passées nous avions géré ça en discussion avec les organisations syndicales il y avait eu un certain nombre de blocages on avait organisé des déviations et on avait fait en sorte que jamais ces blocages n'entrent dans l'agglomération parisienne comme vous vous en souvenez j'avais d'ailleurs fait intervenir les forces de l'ordre à Rungis là où nous étions dans le département du Val-de-Marne voilà on vaillera à ce qu'il y ait le moins de désagréments possible tout en préservant comme on le fait toujours la liberté d'expression et de manifestation voilà
et Marie a sa réponse merci Laurent Nouniez d'avoir été l'invité de BFM politique merci à Amandine et Ludovic de m'avoir accompagnée et à la régie pour la réalisation de cette émission merci à Amandine et Ludovic
Laurent Nuñez