Marion Maréchal-Le Pen : "on se soucie plus de l'émoi des racailles que de la sécurité des citoyens"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse directe
Les autorités ont-elles failli hier soir à Paris ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Le maire du 16e demande la démission de Manuel Valls. Est-ce que c'est un appel que vous reprenez à votre compte ?
- 1:42RelanceRéponse directe
Vous parlez de racailles comme Marine Le Pen ? Vous parlez de déferlement de racailles hier comme elle ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Alors, c'était qui, hier, dans la rue ? Est-ce que c'était plutôt des jeunes issus de l'immigration, par exemple ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Un squat a brûlé, faisant trois morts. Faut-il mieux accueillir ces populations ? Ou bien faut-il les interdire et fermer la frontière en violation des décisions européennes ?
- 3:35OuverteRéponse directe
François Hollande va s'exprimer jeudi. Une grande conférence de presse est prévue. Vous attendez quelque chose de particulier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« le syndicat national de la police dit lui-même qu'il n'était pas sûr d'avoir les moyens de mettre plus d'effectifs »
- 1:09Invité politiqueChiffre
« 82 000 peines de prison ne sont pas appliquées en France par an »
- 1:35Invité politiqueFait
« on se soucie plus de l'émoi des racailles en France que, finalement, de la sécurité des citoyens »
- 2:37Invité politiqueChiffre
« il faut savoir qu'il y a encore 200 000 entrées légales par an, malgré le taux de chômage qui ne cesse d'augmenter »
- 3:10Invité politiqueFait
« on ne peut pas accueillir des dizaines de milliers de personnes et demain des centaines de milliers lorsque la Roumanie entrera dans l'espace Schengen »
- 3:53Invité politiqueFait
« nos politiques aujourd'hui n'ont pas les leviers d'action. Ils ne les ont pas. Ils les ont volontairement, sciemment transférées à Bruxelles »
- 4:39Invité politiqueChiffre
« 20 milliards par an, c'est quand même important »
Temps de parole
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L'invité d'LCI Matin avec vous, Julien Arnaud, et vous recevez aujourd'hui Marion Maréchal-Le Pen, la députée Front National du Vaucluse. Effectivement, la plus jeune députée de France qui est avec nous. Bonjour. L'actualité hier soir, ce n'est pas vraiment dans le Vaucluse qu'elle était, mais c'était à Paris. Vous avez vu ces scènes d'émeutes urbaines à la suite de la fête organisée par le Paris Saint-Germain. Les autorités ont-elles failli hier soir à Paris ?
Semble-t-il en partie, mais bon, ce n'est pas la première fois en France qu'on assiste à ce genre de scènes de guérilla urbaine. On peut clairement parler de ça.
Ça faisait longtemps que ça n'était pas arrivé quand même.
Oui, d'accord. C'est à chaque fois d'une gravité qui est particulièrement alarmante. Il y a deux choses à noter. La première, c'est vrai qu'il y a clairement eu un sous-affectif. Tout le monde s'entend à le dire. La première chose qui est déplorable, c'est que le syndicat national de la police dit lui-même qu'il n'était pas sûr d'avoir les moyens de mettre plus d'effectifs, ce qui pose quand même la problématique du nombre de forces de l'ordre disponibles dans notre pays.
Et la deuxième chose, c'est quand même le fait d'avoir en face, selon les mots même d'ailleurs de la police, des casseurs professionnels, c'est-à-dire des gens qui avaient déjà commis par le passé ce genre de méfaits et qui sont connus des services de police. Ça veut donc dire que ces gens ont un sentiment suffisant d'impunité pour avoir l'envie de recommencer sans avoir l'inquiétude d'être menacés d'une éventuelle peine. Et ça, c'est quand même quelque chose qui est particulièrement inquiétant quand on sait que 82 000 peines de prison ne sont pas appliquées en France par an.
Le maire du 16e demande la démission de Manuel Valls. Est-ce que c'est un appel que vous reprenez à votre compte ?
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que Manuel Valls a failli. Tout comme d'ailleurs le préfet de police de Paris. J'aurais aimé qu'il mette autant de zèle que lors de la manif pour tous, qui était pourtant une manif pacifique, où là, on n'a pas manqué de CRS et même parfois de réaction assez musclée. Mais j'ai entendu dire à plusieurs reprises également qu'en fait, finalement, on n'avait pas mis trop d'effectifs pour ne pas provoquer. En fait, on se soucie plus de l'émoi des racailles en France que, finalement, de la sécurité des citoyens.
Vous parlez de racailles comme Marine Le Pen ? Vous parlez de déferlement de racailles hier comme elle ?
Vous appelez ça comment ? Des gens qui arrivent, qui cassent, qui dégradent, qui brûlent, qui agressent. Oui, pour moi, ça s'appelle clairement des racailles.
Qui sont ces racailles ? Souvent, le PSG a été associé à des hooligans d'extrême droite. En général, l'ombre... Enfin, on imaginait que l'ombre du Front National était un petit peu derrière.
Ça n'était pas nous dans la rue hier, si ça peut vous rassurer.
Alors, c'était qui, hier, dans la rue ? Est-ce que c'était plutôt des jeunes issus de l'immigration, par exemple ?
A priori, d'après les images, oui. En grande partie, en tout cas. Pas exclusivement, bien évidemment, mais en grande partie. Enfin, je veux dire, c'est quand même pas une nouveauté qu'il y ait un lien évident entre immigration et insécurité en France. On le sait particulièrement. On le sait pour des raisons qui sont, d'ailleurs, un ensemble d'éléments. Le fait d'avoir eu un problème d'insertion, le fait d'être souvent confronté à une jeunesse qui souffre d'un taux de chômage extrêmement important, à une déshérence sociale, à une communautarisation. Donc, ça, c'est un ensemble d'éléments à prendre en compte. Mais en tout cas, pour pouvoir régler ce problème-là, encore faut-il l'accepter.
Et accepter également de limiter l'immigration. Parce qu'aujourd'hui, il faut savoir qu'il y a encore 200 000 entrées légales par an, malgré le taux de chômage qui ne cesse d'augmenter.
Il y a également de nombreuses entrées de Rome. Et vous avez vu le drame qui s'est produit à Lyon il y a deux jours. Un squat a brûlé, faisant trois morts. Faut-il mieux accueillir ces populations ? Ou bien faut-il les interdire et fermer la frontière en violation des décisions européennes ?
Je crois que ce drame humain et sanitaire révèle qu'une fois de plus, la politique d'immigration menée par la France et l'Union européenne est parfaitement irresponsable.
Et cela prouve qu'on ne peut pas accueillir des dizaines de milliers de personnes et demain des centaines de milliers lorsque la Roumanie entrera dans l'espace Schengen, sans en subir les conséquences, parce que nous n'avons pas les moyens, malgré d'ailleurs des fonds débloqués par l'Union européenne, de les accueillir dans des conditions correctes, en leur offrant un emploi quand ils en veulent un, d'ailleurs, sans risquer d'avoir malheureusement ce genre de drame qui est une véritable tristesse, parce qu'on ment à ces populations. On leur vend un rêve, mais nous n'avons plus les moyens de leur offrir ce rêve.
François Hollande va s'exprimer jeudi. Une grande conférence de presse est prévue. Vous attendez quelque chose de particulier, un revirement, je ne sais pas, quelque chose qui vous surprenne, peut-être positivement ?
Non, je m'attends surtout à la récitation des consignes de l'Union européenne, parce que je crois que la vérité, c'est que nos politiques aujourd'hui n'ont pas les leviers d'action. Ils ne les ont pas. Ils les ont volontairement, sciemment transférées à Bruxelles. Le dernier en date d'ailleurs à travers le traité budgétaire, qui donne maintenant un droit de regard de la Commission sur notre budget et un droit de contrôle et de modification. C'est quand même extrêmement grave.
Mais si l'Europe ne le fait pas, qui va contrôler le budget, puisque les déficits dérapent de toute façon depuis des années ? Il n'y a que l'Europe pour dire qu'il faut contrôler vos dépenses.
Nous sommes une nation tellement irresponsable que nous ne sommes même pas capables, nous, peuple français, de décider du bien-être de notre pays. Non, je crois que ce sont nos politiques qui sont particulièrement irresponsables. Et ce sont nos politiques qui sont lâches et qui souvent mentent aux Français parce qu'ils ne tiennent pas la ligne de conduite qu'ils ont promis dans leur programme.
Donc il vaut mieux s'en remettre à Bruxelles, non ?
Non, je ne crois pas. Je ne crois pas que Bruxelles soit très au fait, preuve en est d'ailleurs, de ce qui est bon pour nous. D'autant plus qu'ils vont nous imposer des coupes dans les services publics de plus en plus importantes, quand bien même il y aurait d'autres priorités. Et je pense notamment à la lutte contre la fraude sociale. C'est marrant, on n'en parle jamais, ça. 20 milliards par an, c'est quand même important. L'immigration, ça coûte une fortune à la France. 70 millions d'euros par an, je veux dire, c'est quand même aussi une phase. 70 millions ? 70 milliards, excusez-moi. Vous avez raison de le préciser, c'est quand même pas la même chose.
Quand on sait qu'on verse 7 milliards d'euros en tant que contributeurs nets, qui ne nous sont pas rendus à l'Union européenne, il y a quand même des économies à faire. Malheureusement, Bruxelles veut imposer toujours plus d'austérité parce que c'est la ligne qu'elle a décidé de faire appliquer à la demande de Mme Merkel à la France.
Vous avez parlé des manifestations contre le mariage pour tous. Je voudrais qu'on y revienne un petit peu. Une décision du Conseil constitutionnel est attendue sans doute dans les jours qui viennent. Il y a une manifestation le 26 mai. Est-ce que vous participerez, vous, à cette manifestation ?
Oui, bien sûr, comme je l'ai fait.
Quelle que soit la décision du Conseil constitutionnel.
Quelle que soit la décision du Conseil constitutionnel, parce que je pense qu'il faut prouver que cet ensemble de manifestations étaient véritablement des manifestations de conviction, qu'il faut aujourd'hui appeler à la prolongation de ces manifestations, peut-être au-delà d'ailleurs de la simple contestation du mariage, appeler toute cette génération, c'est extrêmement intéressant.
D'ailleurs, tout ce peuple qui n'avait plus l'habitude de réinvestir la rue a prolongé justement cette habitude pour faire savoir que la contestation ne s'arrête pas là et que leur conviction vaut au-delà de la simple, on va dire, immédiateté et qu'elle s'inscrit dans le temps, peut-être pour faire émerger une nouvelle génération politique. C'est très intéressant et je crois que le Front National a sa place en accompagnant ce mouvement sans le récupérer.
Pourquoi Marine Le Pen ne le fait pas ? Pourquoi ne défile-t-elle pas ?
Marine Le Pen, malgré sa répétition certaine de son opposition au mariage homosexuel, a voulu marquer symboliquement par son absence la manœuvre de diversion qui est évidente d'ailleurs, tout le monde s'accorde là-dessus, de la gauche pour ne pas parler des sujets de fond et des sujets qui intéressent véritablement les Français.
Un militant UMP dans la Somme a été exclu parce qu'il a décidé de faire liste commune avec le Front National. Est-ce que vous soutenez ce militant ? Est-ce que vous appelez d'autres militants UMP à faire la même chose ? Et surtout, qu'avez-vous pensé de la réaction de Jean-François Copé qui l'a exclu ?
Alors je trouve que Jean-François Copé et l'UMP dans son temps, sur cette histoire-là, fait preuve d'un sectarisme gauchisant, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque en l'occurrence, dans un village de 2000 personnes, bon c'est loin d'être souvent des listes politiques, c'est souvent un ensemble de bonne volonté, c'était d'ailleurs pas véritablement une liste d'union, il n'y avait pas une liste Front National et UMP, c'était simplement des gens qui s'associaient autour d'un projet communal et je trouve ça extrêmement choquant et j'apporte évidemment mon soutien à ce militant UMP.
Et à propos d'élections, vous avez vu que Jérôme Cahuzac avait de nouveau arpenté les allées du marché de Villeneuve-sur-Lotte samedi dernier, il va peut-être se présenter à la législative et s'il gagne, il sera à côté de vous en tant que non-inscrit, vous ne lui ferez qu'à l'accueil ?
Écoutez, affaire à suivre, c'est vrai pour M. Cahuzac, mais je ne vois pas pourquoi il leur est complexe quand on sait que M. Guérini est encore sénateur et que Mme Andrieux est encore députée, alors qu'ils sont poursuivis pour des faits bien plus graves que ceux de M. Cahuzac. Mais écoutez, on est déjà assez infréquentables comme ça, si on pouvait avoir en plus évité d'avoir M. Cahuzac à côté de nous, ce serait sympa.
Marion Maréchal-Le Pen qui a dénoncé ce matin sur LCI l'impunité des casseurs. Merci beaucoup.
Marion Maréchal