Sobriété énergétique : des mesures qui fonctionnent ? - Agnès Pannier-Runacher - C à Vous-03/01/2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 10 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteRéponse directe
Comment faire que ça change ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Est-ce qu'ils vont devoir changer vraiment de mode de vie au quotidien ?
- 6:25OuverteRéponse directe
Est-ce que les boulangers, comme d'autres entrepreneurs, sont assez mis au courant des aides ?
- 7:51RelanceRéponse partielle
On peut les croire, les fournisseurs d'énergie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18Invité politiqueFait
« On a une stratégie énergétique. »
- 0:22Invité politiqueChiffre
« On baisse notre consommation de gaz sur toute l'année. »
- 0:42Invité politiqueChiffre
« À partir du 1er août, on est à moins 10%, y compris la consommation de gaz pour produire de l'électricité. »
- 0:59Invité politiquePromesse
« Il faudrait réduire d'au moins 40% d'ici 2030. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Nous sommes aussi en 2022, dans l'année où nous avons pris les législations les plus courageuses au monde, au niveau européen, pour être sur une trajectoire qui permet d'atteindre ces moins 4%. »
- 3:21Invité politiqueChiffre
« Sous le quinquennat Macron, on a multiplié par deux la dynamique de baisse des gaz à effet de serre. »
- 4:59Invité politiqueChiffre
« L'industrie a diminué de 40% de ses émissions de CO2. »
- 5:03Invité politiqueChiffre
« On a augmenté notre empreinte carbone de 17%. »
Temps de parole
- Agnès Pannier-Runacher80 %
- Invité7 %
- Présentateur6 %
- Présentateur 25 %
≈ 5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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La France est complètement hors des clous en ce qui concerne l'objectif et ses engagements de neutralité carbone, Agnès Manier-Runacher. Comment faire que ça change ?
Alors, déjà, comment fait-on pour que ça change ? On a une stratégie énergétique. Et effectivement, vous avez raison de dire que cette année n'est pas une très bonne année en termes de bilan carbone. Il faut quand même souligner qu'on baisse notre consommation de gaz. On baisse notre consommation de gaz sur toute l'année. On consomme plus pour produire de l'énergie.
La consommation brute, là, je parlais de la consommation des centrales à gaz.
Oui, non, non, mais c'est pour ça que je dis, vous avez ce que vous consommez pour produire de l'électricité, mais il y a tout le reste. Et en fait, sur l'ensemble du gaz, on en utilise moins que l'année dernière et de manière qui commence à être assez visible, puisque à partir du 1er août, on est à moins 10%, y compris la consommation de gaz pour produire de l'électricité. Ça, c'est le résultat du plan sobriété qui commence à porter ses fruits et qui a un impact important aussi sur nos émissions de gaz à effet de serre. Qu'il faudrait réduire d'au moins 40% d'ici 2030. 2050, 2050, 2050. Ça nous laisse un peu plus de temps pour diminuer notre consommation. C'est pas mission impossible, ça.
C'est pas mission impossible parce que c'est la combinaison, d'une part, de nos changements d'habitude et on est en train de commencer à le faire. Et tout l'enjeu, c'est de faire que cet effort qu'on a collectivement mené est porté par les grandes entreprises, par les grandes administrations et par les grandes collectivités locales. Et c'est, je pense, là où nous avons eu raison au niveau du gouvernement de dire on commence par les gros et ça va inciter ensuite tous les citoyens à y aller. Oui, mais c'est une souveraineté subie, comme l'a rappelé Patrick.
Non, parce que nous l'avons fait l'année où nous n'avons pas encore eu à subir une augmentation des prix du gaz, puisque je rappelle que les prix du gaz n'ont pas augmenté en 2022. Donc 2023, effectivement, il y aura une augmentation de 15% pour les ménages et non parce que cette consommation, cette baisse de consommation, elle n'est pas propre aux entreprises qui sont les plus exposées à l'énergie. Elle est aujourd'hui très largement partagée par tous les activités, tous les secteurs d'activité. Et c'est ça qui est intéressant. Et tout l'enjeu, c'est de faire en sorte qu'elles se poursuivent et qu'elles deviennent structurelles.
Bon, enfin, on n'est pas sur la trajectoire.
Deuxième sujet.
Sur les émissions de CO2.
Si je peux aller plus loin.
On n'est pas les seuls, on n'est pas sur la trajectoire.
Nous sommes aussi en 2022, dans l'année où nous avons pris les législations les plus courageuses au monde, au niveau européen, pour être sur une trajectoire qui permet d'atteindre ces moins 4%. C'est l'Europe qui prend la décision sous présidence française et avec notre, je dirais, dynamique de négociation en tant que présidence française pour, par exemple, sortir du moteur thermique. On nous a assez reproché de l'avoir fait. C'est une des décisions les plus courageuses qu'on ait pu prendre sur le sujet climatique. On peut parler de tout l'agenda qui vient d'être adopté au niveau du Parlement européen et de la Commission européenne et du Conseil européen ces dernières semaines.
qui sait qu'aujourd'hui, on est en train de mettre en place un plan, notamment pour mettre une prise en compte du coût du carbone dans tous les secteurs d'activité, que ce soit l'aviation, le transport maritime. Citez-moi un autre ensemble de pays qui a pris des législations aussi courageuses et aussi impactantes sur le climat. Donc, oui, c'est une mauvaise année ponctuellement. Mais lorsqu'on regarde d'abord l'augmentation de notre effort, je rappelle que sous le quinquennat Macron, on a multiplié par deux la dynamique de baisse des gaz à effet de serre. Et qu'effectivement, nous nous mettons sur cette trajectoire de tenir les moins 4%. Mais c'est un effort absolument immense.
Y compris pour les Français. Est-ce qu'ils vont devoir changer vraiment de mode de vie au quotidien ?
C'est un effort collectif. Quand on dit qu'il faut changer la manière de chauffer nos bâtiments, la manière de se transporter, la manière d'utiliser nos modes de transport, de faire du covoiturage, pour prendre que ces exemples qui sont des exemples du quotidien, oui, ça va être une transformation collective. Elle a aussi à la clé des aspects très intéressants comme, par exemple, la réindustrialisation. Si on y arrive, si on arrête d'importer tout et n'importe quoi de Chine, qui est un des pays où le mix énergétique est quand même extraordinairement carboné et qui conduit à augmenter aussi. À quoi on doit renoncer, importer de Chine, par exemple ?
Essayons d'avoir des marchandises qui soient plus durables. Je donne un exemple. C'est l'outil-là qui est pour l'essentiel produit en Chine quand bien même il est sous licence coréenne ou américaine. Eh bien, si on le répare, si on le fait durer plus longtemps, si on le répare en France, si on réutilise des modèles, on économise significativement des gaz à effet de serre. Donc, c'est plus de travail pour les Français, c'est plus de richesse pour les Français et c'est moins de CO2. On a, ces 30 dernières années, baissé nos émissions de CO2 au niveau de la France. Sur nos activités, l'industrie a diminué de 40% de ses émissions de CO2. On a augmenté notre empreinte carbone de 17%. Pourquoi ?
Parce qu'on a désindustrialisé et qu'on a augmenté nos importations. Donc, il faut faire le chemin inverse et c'est ce que portent le président de la République et le gouvernement.
En attendant l'énergie, certains en ont besoin et il faut pouvoir la payer, d'autant qu'elle coûte de plus en plus cher, surtout pour les PME, notamment pour les boulangers qui se sont beaucoup plaints de cela. Leurs représentants ont été reçus ce matin par Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie. De nombreuses aides ont d'ailleurs été annoncées. La possibilité de pouvoir reporter le paiement de leurs impôts, de leurs cotisations sociales, la possibilité de pouvoir résilier des contrats d'énergie sans frais. À la sortie de cette réunion, réaction du président de la Confédération Nationale de la Pâtisserie et Boulangerie Française, qu'on rencontre Louis Amard et Camille Schmitt.
Quand on voit l'énergie, par exemple, il y a deux ans, des boulangers avaient signé des contrats avec lesquels ils étaient protégés pendant deux ans. Et après, c'était le prix du marché. Personne ne savait qu'aujourd'hui, on aurait de l'électricité à 570 euros. Donc, je suis toujours inquiet. Je fais confiance à toutes les aides. On est 33 000 entreprises partout en France. On a aussi 12 millions de clients chaque jour. Donc, ça fait partie de la vie des Français. Et on a été vraiment très écoutés. Et je pense qu'on passera cette crise. Mais c'est vrai qu'il y a tellement de nouveautés aujourd'hui que personne n'est vraiment sûr de l'avenir.
Alors, il a l'air plutôt soulagé par les aides. Mais justement, est-ce qu'ils vont vraiment y avoir recours ? Est-ce que les boulangers, comme d'autres entrepreneurs, sont assez mis au courant des aides qui sont à leur disposition ? C'est le grand enjeu.
C'est-à-dire qu'effectivement, vous avez aujourd'hui une réelle inquiétude, notamment des boulangers. Parce que pour faire cuire du pain, ils vous font un four. Et c'est très consommateur d'électricité. Et donc, ils ne sont pas bénéficiaires du bouclier énergétique. Et de ce fait-là, ils bénéficient d'un double système d'aide, mais qui est peut-être plus complexe. Et c'est à nous, là encore, de faire cet effort d'explication et surtout de proposition de ces aides. Un premier dispositif qui s'appelle l'amortisseur et qui va automatiquement être enlever des factures chaque mois de la facture d'électricité à partir de la facture de janvier.
Les énergéticiens se sont engagés à faire en sorte que cet amortisseur joue dès la facture de janvier. Et ça représente en moyenne, parce que c'est très variable selon le contrat, plus votre contrat est à un prix élevé, plus l'amortisseur va jouer, plus il se rapproche d'un coup plus classique, moins il va jouer. Mais c'est en moyenne 20%. Et puis, vous avez un système complémentaire pour les entreprises qui sont les plus utilisatrices de gaz ou d'électricité, qui est un guichet d'aide au niveau du ministère de l'Économie.
On peut les croire, les fournisseurs d'énergie ? Parce qu'ils ont été reçus au ministère de l'Économie cet après-midi, vous y aviez assisté. Ils se sont engagés à faciliter l'étalement des paiements pour les TPE, PME en difficulté. Ils étaient déjà engagés en octobre dernier, ils avaient signé une charte de bonne conduite promettant des tarifs raisonnables. Ils n'ont pas respecté leurs engagements. Cette fois-ci, vous allez plus les contrôler ?
Alors, c'est surtout que nous, on a des dispositifs d'aide et que ces dispositifs sont en cours de déploiement. Par exemple, Total, dès cette semaine, écrit à l'ensemble de ses clients, à la fois par mail, par courrier, et va appeler les courriers, les clients qui ne les répondent pas, pour leur signaler ces aides et leur demander de préciser s'ils sont des PME ou des TPE et pour qu'ils en profitent. Et moi, je dirais, mon conseil à tous ceux qui nous écoutent, c'est signalez-vous. Appelez votre énergéticien, allez sur le site de votre fournisseur d'énergie, appelez vos services des impôts.
Ça a l'air d'être un peu bizarre d'appeler son service des impôts pour avoir des aides, mais il se trouve qu'ils ont tous les guichets d'aide et qu'ils peuvent vous accompagner, à la fois pour baisser la facture d'électricité, dès le mois de janvier, et c'est un dispositif qui est financé par l'État, donc oui, il sera évidemment appliqué, mais également à partir sur la partie, je dirais, ministère des Finances, si vous avez des vraies difficultés, on sait étaler des charges sociales, on sait donner des souplesses de trésorerie, et ça, c'est essentiel pour ces TPE et ces PME qui n'ont pas forcément beaucoup de trésorerie d'avance. Et on sait que c'est ça le sujet aujourd'hui.
Et puis, il y a un problème de lisibilité des factures. C'est-à-dire que beaucoup de TPE se fondent sur le montant du coût de l'électricité au mois de janvier pour dire « ça va me coûter 7 fois, 8 fois, 9 fois ce que je payais l'année dernière ». Ce n'est pas le cas, puisque le montant, le coût de janvier est le plus élevé de l'année, c'est le moment où on est en tarif hiver. Donc là aussi, il y a ce travail à faire d'expliquer la réalité des coûts qu'ils auront à subir de façon à ce qu'ils prennent les bonnes décisions en termes de gestion de leur activité au jour le jour.
Agnès Pannier-Runacher