Cadmium : un enjeu majeur de santé publique
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9. Et un grand entretien ce matin consacré à un sujet majeur de santé publique, à une bombe sanitaire selon un collectif de médecins, j'ai nommé le Cadmium. Une proposition de loi visant à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au Cadmium vient d'être adoptée cette semaine à l'Assemblée nationale. Pour comprendre ce dont on parle, notre surexposition du fait de sa présence dans Le Pain, les pâtes, les céréales et j'en passe. Question réaction, amis auditeurs, au 01-45-24-7000 ou l'application Radio France. Et trois invités dans le studio d'Inter pour en parler. Clémentine Autin, bonjour. Bonjour.
Député de Seine-Saint-Denis, vous avez porté cette proposition de loi qui a été adoptée cette semaine avec le député écologiste Benoît Biteau. Mathieu Schuller, directeur général délégué du Pôle Science pour l'expertise de l'ANSES. Bonjour. Bonjour. Je rappelle que l'ANSES, c'est l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, entre autres. Pierre Souvet, médecin cardiologue, bonjour. Oui, bonjour. Vous êtes avec nous depuis Marseille, cofondateur de l'association Santé Environnement France, auteur de « Anti-toxique », le guide des polluants cachés, c'est aux éditions Albin Michel.
Partons d'abord par un exercice de pédagogie, avant de parler de la proposition de loi que vous avez portée Clémentinotin. Mathieu Schuller, qu'est-ce que le cadmium ?
Alors le cadmium, c'est une substance chimique, c'est un métal qui va se trouver déjà naturellement présent dans les sols et dont la présence peut être renforcée si on va rajouter des engrais, des intrants. Alors pourquoi rajouterait-on du cadmium pour mieux faire pousser les plantes ? En fait, ce n'est pas le cadmium qu'on rajoute, c'est du phosphore. Le phosphore, c'est un des trois aliments indispensables pour les plantes, azote, phosphore, potassium. Il se trouve qu'un certain nombre d'intrants du végétal pour lesquels on ajoute du phosphore vont contenir du cadmium.
Et ce cadmium, comme c'est un métal, il est très stable, il va se tourner, cycler dans l'environnement, passer du sol aux plantes, aux aliments, revenir à travers l'eau. Et donc c'est bien pour ça qu'on s'intéresse à l'imprégnation de la population. Quel est le niveau d'exposition ?
On va en parler évidemment, parce que donc c'est un métal qui, petit à petit, contamine ainsi l'ensemble de la chaîne alimentaire. On peut le dire aussi simplement que ça. Pierre Souvet, en quoi est-ce une bombe sanitaire ?
Alors, j'emploie plus bombe ou scandale, parce qu'en fait, ça dérive sur des noms, sur une formulation, le problème qui est majeur, puisque ça atteint le cerveau, ça atteint le système cardiovasculaire, ça atteint les os, la reproduction, les reins, et ça favorise de nombreux cancers, entre autres. Et je passe sur les problèmes d'immunité et de foie. Donc le problème, c'est que comme il est cumulatif tout au long de la vie, quand nos enfants ont des taux extrêmement élevés, quatre fois supérieurs aux pays similaires, eh bien ils partent avec un handicap. Donc il faut absolument, c'est une priorité, pour le présent et le futur, limiter cette exposition.
Alors, c'est vrai que vous avez été l'un des premiers à alerter sur les dangers du cadmium, Clémentine Autain. Vous avez parlé dans votre question au gouvernement du 31 mars d'un enjeu sanitaire majeur. Vous avez ensuite porté une loi avec Benoît Biteau, en ce sens, mais enjeu sanitaire majeur, rien de moins, il y avait urgence ? Absolue. Absolue ? Absolue, parce que d'abord, le cadmium, ce métal lourd qui passe, comme on vient de le dire, des engrais à nos assiettes et donc à nos organismes, reste dans notre corps de 10 à 30 ans. Et les effets, ils sont multiples. Ce sont des problèmes d'ostéoporose, des maladies rénales. C'est un perturbateur endocrinien.
C'est un des facteurs de l'explosion du cancer, du pancréas et d'un certain nombre de cancers. Avec des catégories de la population qui sont particulièrement explosées et vulnérables. Les enfants et les classes populaires. En fait, les femmes enceintes, surtout les fœtus en fait, qui sont contaminés et les classes populaires puisque ce cadmium, on le retrouve en particulier dans les céréales du petit déjeuner, les gâteaux pour les enfants, les pommes de terre, mais aussi dans le chocolat, les crustacés. Il y en a partout, il faut le dire. C'est impossible d'éviter le cadmium.
Et c'est un problème très français parce que la France n'a pas, elle ne s'est même pas mise en conformité avec la réglementation européenne. C'est un peu technique, mais il faut dire ce chiffre. En réalité, selon le rapport de l'ANSES, il faudrait 20 mg par kilo d'engrais. On est à 90. On est en France dans une réglementation qui permet d'aller jusqu'à 90. Et la réglementation européenne, c'est 60 mg. Mais des pays qui ont déjà dit qu'il fallait 20 mg, et bien sont moins contaminés que nous. Donc on est un pays où la contamination de la population est explosive. Donc il y a urgence à agir. Et je veux le dire assez solennellement, Ali Badou, ils savaient, ils savaient et ils n'ont rien fait.
Les gouvernements se sont succédés et l'inaction a dominé. Moi, je suis très en colère parce que c'est l'irresponsabilité. Aussi bien des ministres de l'agriculture, Julien de Normandie, Marc Fénaud, Agnès Pannier-Runacher, avaient préparé des décrets. Et ces décrets ne sont jamais sortis. Donc nous avons pris nos responsabilités. La promesse qu'on les appliquerait en 2038. Ça, c'est la promesse d'Annie Gennevard parce que le dernier décret d'Annie Pannier-Runacher était mieux disant par rapport à ce que prépare Annie Gennevard.
Et ce qui me met un peu en colère ce matin, c'est que la représentation nationale a voté cette loi qui est celle de la réglementation à 20 mg par kilo d'engrais comme le suggère l'Anne 16 pour protéger la population. Et Annie Gennevard, la ministre présente, nous dit au fond il est urgent d'attendre. Comme d'ailleurs l'extrême droite est la droite. Et c'est suffisamment rare d'ailleurs à noter qu'une proposition de loi soit adoptée aussi largement à 144 voix contre 22. C'est assez exceptionnel, on va le dire. Parce qu'il y a un enjeu de santé publique et que nous avons eu le scandale de l'amiante, nous avons eu le scandale du chlordécone et nous sommes en passe d'avoir un scandale du camion.
Je dis au gouvernement, il ne faut pas attendre, il faut immédiatement prendre des décrets et des décrets avec une trajectoire puisque c'est le mot qui a été utilisé, qui soit celle qui nous permet dès 2030 d'aller à ces 20 mg par kilo.
Alors Mathieu Schuller, ce qui relance, en tout cas ce qui nourrit ce débat et qui nourrit cette loi, c'est aussi votre rapport du 24 mars dernier qui n'est pas le premier, il y en a eu d'autres avant et c'est vrai que ça fait 50 ans en réalité qu'on parle du cadmium et qui montre que certains seuils sont dépassés, qu'il y a un seuil d'alerte qui est dépassé. Est-ce que vous pouvez nous l'expliquer ? Alors en fait, notre premier rapport effectivement en 2019 donnait déjà cette cible à 20 mg par kilo et qui en fait n'est pas une cible spécifique uniquement pour les engrais, on ne s'intéresse pas uniquement aux engrais, on s'intéresse à tout ce qui apporte du cadmium sur le sol.
Donc c'est une cible pour la santé, c'est ça ? C'est une cible pour la santé et il ne faut pas dépasser 2 mg par kilo par hectare et par an. Parce que les engrais peuvent apporter, les effluents d'élevage peuvent également apporter du cadmium. Pourquoi on a remis sur le métier un rapport en 2025 et donc on a sorti au début de cette année ? C'est tout simplement parce qu'on a eu cette observation. Nos collègues de Santé publique France font tous les périodiquement une mesure de l'imprégnation, c'est-à-dire finalement qu'est-ce qui résulte dans les organismes de la population en matière de niveau d'exposition au cadmium.
Et ce qu'on a constaté, c'est qu'entre notre rapport de 2019 et le nouveau rapport de santé, la nouvelle étude de Santé publique France, ce niveau avait encore augmenté. Et très fortement. Significativement. Et là on s'est dit en tant qu'agence, on ne va pas attendre la prochaine étude de Santé publique France pour dire zut, ça a encore augmenté. Donc on a analysé les leviers pour agir et l'alimentation en fait partie.
Mais c'est sidérant justement parce que c'est présent dans le pain, les pâtes, on a découvert que c'était dans les pommes de terre, les céréales du petit-déj, les viennoiseries, le chocolat. On connaît le marquage sans résidus de pesticides sur certains aliments qu'on trouve en grande surface. Mais pour le cadmium, la présence n'est pas indiquée. On en ingère sans le savoir. C'est pour ça que j'aurais dit, il savait, c'est quand même très important, le cadmium est cancérogène avéré depuis 1993. Les premiers reportages, je vous le dis, je suis allée regarder sur l'INA, les premiers reportages sur le cadmium qui nous alertent, c'est dans les années 80.
Le rapport de l'ANSES, le premier qui alerte, c'est en 2011. D'après vous, pourquoi il ne se passe rien avant dans ce cas ? Mais parce que nous avons des politiques qui cèdent à des lobbies, à des intérêts privés qui finissent par primer sur l'intérêt général, sur la santé publique. Écoutez, en tout cas, je constate qu'il n'y a pas de politique publique qui prenne la mesure des risques, des dangers et qui agissent. Parce que, quelle est la solution ? Soit on renvoie chacun. Alors avec le cadmium, c'est très compliqué parce qu'il y en a partout. À des comportements individuels, on vous dit, faites attention, diversifiez votre alimentation. Mais en fait, il n'y a pas de solution.
La solution, elle est la réglementation. L'extrême droite, le Rassemblement National a voté contre notre proposition. Il faut le savoir parce qu'ils n'ont que le mot sécurité à la bouche, comme les députés LR du matin au soir. Mais quand il s'agit de protéger notre santé, de sécuriser nos vies avec ce qu'il y a dans nos assiettes, il n'y a plus personne. Et on nous dit, votre proposition, elle est une punition. Vous savez, c'est ce fameux débat sur l'écologie punitive. Mais la punition optime, c'est évidemment d'avoir un cancer du pancréas dont on meurt dans 90% des cas.
C'est d'avoir des maladies chroniques qui explosent parce que le cadmium, c'est aussi un cocktail qui, en fait, se produit parce que vous prenez du cadmium et vous prenez des pesticides, vous prenez toute une série d'additifs. Et en fait, le poison, il est fait de différentes choses. Donc, il y a besoin d'agir et d'agir vite ce que ne font pas les gouvernements parce qu'ils sont acquis à l'agrobusiness, à la logique de la compétitivité qui serait supérieure à l'intérêt général et à la santé publique. Et c'est ça qu'il faut inverser. Ce qu'il faut, c'est que notre santé soit prioritaire et que l'économie soit au service du bien commun et donc de notre santé.
Pierre Souvet, c'est impossible de l'éviter. C'est assez impressionnant la liste que je viens de dresser de ces marquages sans résidus de pesticides, mais on en trouve partout et donc on en ingère sans le savoir constamment. Comment l'éviter puisque Clémentine Autain disait que la démarche individuelle ne suffisait pas ?
Alors, la démarche réglementaire est indispensable. Donc, bien sûr, il faut suivre les recommandations le plus rapidement possible de l'ANSES. Mais le temps que ça se mette en place, il faut agir. Il y a des bonnes nouvelles, figurez-vous. Dans les légumineuses, il n'y en a quasiment pas. Dans les laitages et le fromage non plus, dans les oeufs non plus, dans les fruits non plus. Ça ne fait pas tant que ça de choses qu'on peut manger quand même. Voilà, mais il faut quand même basculer. Il faut quand même faire cette sensibilité à la population pour basculer. Ce n'est pas systématiquement la patate tous les jours. Ce n'est pas les céréales au chocolat tous les jours.
Il y a des alternatives que nous proposons avec les médecins libéraux sur le site de l'ASEF où il y a justement ces alternatives. Et le troisième élément, il faut que les professionnels de santé connaissent ce sujet. Ils le connaissent encore mal. Et donc, d'ailleurs, les grandes sociétés de cardiologie disent que les médecins doivent connaître ces facteurs de stress environnementaux comme le canium, qui est avéré sur le plan cardiovasculaire, là aussi par les sociétés mondiales, doivent connaître ces facteurs de risque au même niveau que le tabac et l'alcool. Au même niveau.
Au même niveau. Charles, bonjour et merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Votre témoignage est important.
Bonjour. Je témoigne parce que je suis moi-même malade des pesticides reconnus, donc ce n'est pas une vue de l'esprit. Et je voudrais savoir quand est-ce qu'on s'occupera sérieusement, quand est-ce que l'État et tout le monde s'occuperont sérieusement de tous ces malades et de tous ces produits qui rendent malade des agriculteurs et pas que les agriculteurs, parce qu'il y en a un peu, on est sous la coupe de l'agro-industrie. Exactement.
Mais sans indiscretion, Charles, quand vous dites que vous êtes malade de pesticides reconnus, qu'entendez-vous par là ? Décrivez-nous votre situation.
J'ai une maladie neurologique depuis 20 ans qui m'a cloué sur un fauteuil roulant pour avoir été viticulteur. J'ai utilisé des produits qui étaient autorisés. Celui qui a été mis en cause a été interdit, mais il y en a beaucoup d'autres. Et si vous saviez le nombre de Parkinson, de cancers dans la prostate, de leucémie, en tout genre, qui sont non déclarés parce qu'il y a une omerte là-dessus, c'est édifiant.
Merci infiniment pour...
Je ne parle pas du chlordécone en Martinique et Guadeloupe, où là c'est une explosion.
Oui, bien sûr. Merci infiniment pour votre témoignage, Charles, qui veut y réagir. Oui, il faut transformer notre système alimentaire. Il faut le transformer, c'est-à-dire qu'il faut que le plus sain soit le plus accessible, mais aussi que les politiques publiques encouragent la production de produits sains. On nous dit qu'il faut manger 5 fruits et légumes par jour, mais quand vous voyez les marges de la grande distribution sur les fruits et légumes, il ne faut pas s'étonner que les gens mangent plutôt des chips et des gâteaux qui sont bourrés de sucre, bourrés de gras, avec plein d'additifs parce qu'ils sont moins chers. Donc c'est l'inverse qu'il faut réussir à faire.
Et c'est pour ça que je porte cette proposition de sécurité sociale de l'alimentation qui permettrait d'avoir un système vertueux ou avec une carte vitale. Vous allez dépenser... Sur le même système que la sécu. Exactement. C'est-à-dire que vous iriez dans des établissements fléchés, acheter des produits sains avec une enveloppe d'argent qui serait socialisée. Et ce fléchage permettrait d'encourager une agriculture vertueuse, à la fois pour l'environnement et pour notre santé. Mathieu, je suis là, le témoignage de Charles est bouleversant.
Tout à fait. Et donc, effectivement, ce que je voulais apporter comme partage d'expérience autour de ça, c'est que l'ANSES, dans le cadre des évaluations des produits phytosanitaires, prend en compte, et c'est aujourd'hui le cas, lorsque les produits sont réévalués, les connaissances médicales, les connaissances scientifiques, pour ensuite écarter du marché les produits qui ne sont pas suffisamment sûrs. Ce que je voulais aussi ajouter dans ce contexte spécifique du cadmium, c'est qu'un des points de vue de l'ANSES, c'est de dire qu'il faut à la fois protéger, bien sûr, la population qui mange, mais aussi les professionnels. Il faut agir avant tout à la source. Il faut agir à la source.
Et notamment, un point, c'est...
C'est-à-dire au niveau des sols agricoles, des fertilisants.
Exactement. Et une manière de le faire, c'est aussi de permettre à ceux qui épendent les produits, de savoir quelle est la teneur de leurs produits. Aujourd'hui, il n'y a pas d'étiquetage. On parle des agriculteurs. Là, je parle des agriculteurs. Ils ne savent pas quelle est la teneur en cadmium des produits qu'ils utilisent. Je pense que c'est une information qui serait utile et qui permettrait d'être gagnant-gagnant, à la fois pour eux et pour le consommateur. Mais aujourd'hui, ce n'est pas cette agriculture qui est encouragée.
Et justement, Clémentine Autain, ce qu'il faut expliquer, et là, on a plusieurs auditeurs qui posent des questions en ce sens, c'est qu'en fait, le cadmium, il se trouve dans des engrais qui sont majoritairement achetés au Maroc, parce qu'il y a un phosphore qui voudrait qu'on parle de ces accords commerciaux avec le Maroc pour acheter des engrais. Qu'est-ce qu'on peut faire face à cela ?
Et c'est d'ailleurs incroyable, parce que le cadmium, c'est un des sujets les plus simples à régler. Parfois, vous avez des vraies contradictions avec des enjeux économiques ou des usines qui vont fermer. Là, ce n'est pas du tout le cas. On sait des camillés. Ça coûte 2 euros par hectare et par an. On sait le faire. D'ailleurs, le Maroc s'y est préparé. Et comme on a trouvé des gisements dans le nord de l'Europe, qui sont des gisements sans cadmium, vous allez voir que la logique va être pour le Maroc de s'adapter. Il y a la Tunisie, il y a l'Egypte également. Et la Tunisie, pareil. Donc, on sait le faire.
Il suffit de prendre ces décrets de réglementation, voire éventuellement d'accompagner la puissance publique à les moyens de le faire. Pour cette transformation, j'insiste sur un point, le coût en termes de santé publique, il est énorme. Il a été évalué juste sur la question de l'ostéoporose. En France, l'effet du cadmium en termes d'ostéoporose, c'est à peu près 23%. Ce sont des évaluations de l'impact, le cadmium sur l'ostéoporose. Et donc, ce sont 2,6 milliards d'euros par an que cela coûte en termes de santé publique. Donc, prendre ces réglementations, investir éventuellement pour aider à décamier, c'est beaucoup moins cher, pas simplement d'un point de vue de bien-être humain.
Même si j'aimerais que cette question, et on a entendu le témoignage poignant de Charles tout à l'heure, je veux dire, on l'entend, on le ressent, c'est insupportable. Et c'est insupportable quand on est parent aussi, de se dire que quand on donne des céréales au petit déjeuner, on peut empoisonner son enfant. Enfin, je le dis, excusez-moi, je suis émue, mais c'est insupportable en vérité.
Et donc, pour moi, des politiques publiques doivent agir à la source, penser la santé, pas simplement du côté du curatif, où d'ailleurs, on n'est pas très bon non plus parce qu'on est dans des logiques d'austérité publique, où il faudrait investir dans l'hôpital public, mais en prévention, parce que c'est aussi des économies qui vont être faites et du bien-être dans la vie. Alors, à partir du 16 juin, sécuriser nos vies, voilà ce qu'il faut faire. Je l'indique à nos auditeurs, le dépistage de l'exposition au cadmium, c'est l'analyse des données des urines, sera remboursée pour les patients à risque. Qui doit aller faire ce test et que fait-on si les résultats sont élevés,
Pierre Souvet ? Déjà, le gouvernement veut le limiter au site pollué, comme si un enfant marseillais mangeait des céréales ou des pommes de terre qui ont été cultivées à Marseille où il n'y a pas de cadmium. Donc, bien sûr, c'est toute la population qui doit y avoir accès. Et ensuite, à la direction de la santé, on nous a dit oui, mais ça va rendre les Français anxieux, ils ne vont plus savoir quoi manger. Nous, on dit qu'il ne faut pas infantiliser les Français.
Et quand vous savez, quand vous avez des données, vous êtes plus aptes à agir vous-même et votre médecin est plus apte à prendre mieux soin de vous en justement adoptant des stratégies de dépistage pour telle ou telle pathologie en vous donnant les bons conseils. Donc, il faut vraiment que les Français soient sensibilisés et que les professionnels les accompagnent et que tout le monde puisse avoir accès. Évidemment, on ne le fera pas à tout le monde, mais on a préparé un questionnaire justement de repérage des personnes les plus potentiellement exposées.
Mais le pire, c'est quand même le tabac.
Alors, la moyenne des Français tabagiques, c'est 0,65 et des non-tabagiques, c'est 0,50.
98% de la contamination est liée à l'alimentation. Il faut le savoir. Donc, effectivement, le tabac, c'est très mauvais. Il y a du camion dedans. Mais il faut savoir que la contamination, c'est vraiment l'alimentation. Donc, le plus simple, c'est que le gouvernement prenne ses responsabilités avec un décret qui, au plus vite, met la barre à 20 mg. Parce que les 20 mg par kilo d'engrais qu'on demande, qui est dans la loi, qui a été votée par la représentation nationale, c'est ça qui va nous protéger. Qui, entre parenthèses, est appliquée par l'Office shérifien des phosphates marocains depuis 2025. Voilà. Mais il faut que ça continue. Il faut que ça continue.
Et il faut que nous, on se protège de partout. Et le mieux, c'est de réglementer.
Mais Mathieu Schuller, est-ce qu'une des solutions, ça ne peut pas être de manger bio aussi ? Parce que quand on mange bio, en principe, il n'y a pas d'engrais. Donc, il n'y a pas de cadmium non plus. Si ? Alors, peut-être pour commencer. Un, le tabac. Oui, contributeur majeur. Et évidemment, arrêter le tabac, c'est salutaire. Deuxième point, par rapport, qu'est-ce que faire avec un mécanisme où les gens vont commencer à mesurer leur niveau de cadmium dans le sang et donc de se poser la question d'agir, comment agir ? Par rapport à ça, premier message, et pour ne pas virer dans une anxiété, c'est total.
De toute façon, compte tenu de ce que j'ai dit tout à l'heure, le cadmium est ubiquitaire. Lorsqu'il y a des mesures qui vont être faites, on va trouver un niveau de cadmium. La question, c'est à partir de quel moment faut-il agir et dans quel sens ? Rééquilibrage de l'alimentation. On l'a dit, de toute façon, les gens qui suivent les recommandations nutritionnelles avec un bon équilibre, ils ont des bonnes raisons de redescendre.
Votre propos est plutôt rassurant et complètement contradictoire avec ce que disait Clément Tinotin ? Non. Sur le fait de savoir comment bien s'alimenter, de s'orienter dans un supermarché ?
Il y a deux choses différentes qui sont agir au niveau de la population. Et ça, pour agir au niveau de la population, le seul levier, il est qualifié par le rapport de l'ANSSES, c'est agir sur les intrants. Aussi bien engrais, effluents d'élevage, tout ce qui rentre dans le sol. Et donc, ça, c'est super important. Deuxième point, c'est ensuite au niveau individuel, lorsque je suis confronté à ma propre mesure, qu'est-ce que je peux faire en plus comme trajectoire ? Sur le bio, vous m'avez posé la question. Aujourd'hui, ce n'était pas le cœur du rapport de l'ANSSES. S'il y a un certain nombre d'acteurs du bio qui font attention, et c'est très bien, tant mieux.
Et donc, ensuite, nous n'avons pas, à ce stade, de démontrer de manière complètement suffisante pour le recommander, de dire bio, ça vous garantit contrôle cadmium, ce n'est pas la revendication.
Pour le dire réellement, dans le bio, il y a du cadmium, mais beaucoup moins qu'ailleurs, donc c'est mieux de manger bio. Mais le problème, c'est de rendre accessible le bio. Et donc, il faut des politiques publiques qui permettent, je le redis, que le plus sain soit accessible aux grandes zones. Parce qu'en réalité, les inégalités sociales, elles sont dans l'assiette. Et donc, la justice sociale, elle passe par la sécurité de notre alimentation. Merci en tout cas à tous les trois d'avoir été nos invités et d'avoir fait le point sur ce dossier important. Clément Tinotin, Mathieu Schuller, Pierre Sauvé, bonne journée !
Merci !