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"Vous êtes une ultra-racialiste pur jus" : Florian Philippot s'en prend à Thiaba Bruni

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Je sais que vous êtes gêné. Votre association, le 8 mars 2019, non, non, en mars dernier, a saisi la Commission européenne pour faire annuler en France ce qu'elle appelle les lois islamophobes françaises. C'était en mars 2021.

Quel est le rapport avec notre sujet aujourd'hui ? Alors j'aimerais savoir quelles sont les lois islamophobes. Non, quel est le rapport ?

Moi je vous dis, quel est le rapport avec notre sujet aujourd'hui ? Le rapport, c'est le non-dit derrière votre discours. Votre discours, c'est pas un discours antiraciste, c'est un discours racialiste, ce qui n'a rien à voir.

Sur votre compte Twitter, vous avez mis le 26 décembre 2020. Non, non, laissez-moi parler, même quand vous êtes gêné. Attendez, vous donnez notre argument après, car répondez à son tweet.

Non, je voudrais juste une question de tweet, c'est intéressant. Oui, oui, mais vous avez bien fait, comme sont les avisés après les autres. Sur le discours racialiste, attendez, sur le discours racialiste, qui n'a pas vous unis.

Le discours antiraciste, c'est un discours racialiste, et pourquoi, c'est quoi les lois islamophobes françaises ? Le discours racialiste, d'abord. Moi je vous dis qu'en tant que Noir, je préférerais vivre, attendez.

Pourquoi vous parlez en tant que Noir ? Imaginez-moi, je dirais en tant que Blanc. Mais laissez-moi terminer mon propos et après vous pourrez juger.

Mais vous savez, moi je préférerais, je préférerais qu'on soit tous sur un même pied d'égalité. La devise, non, ce n'est pas le cas en France. Moi j'aimerais que je ne sois pas...

Il faut arrêter ce discours de pleurnicherie, de victimisation. Mais ce n'est pas une défaite de pleurnicherie, ce n'est pas pleurnicherie. Vous avez été récemment décorée de l'ordre national du mérite, il y a du racisme et des discriminations.

Oui, j'ai été décorée, et alors...

Vous savez, moi je peux attendre pour être décorée par ce gouvernement de l'ordre national du mérite. Non, ce n'est pas ce gouvernement. C'est le préfet ?

Non, mais ce n'était pas le préfet, c'était M. Hollande. Mais oui, d'accord, c'est le gouvernement d'avant, M.

Hollande. Bon, d'accord. Non, mais laissez-moi terminer.

Vous êtes donc récompensé par la République française. Vous faites les questions et les réponses. C'est une drôle de discrimination.

Alors moi, attendez, M. Philippot, je ne me bats pas spécialement pour moi, je me bats pour ma communauté. Il n'y a pas de communauté noire, madame.

Il y a une communauté noire que vous le voulez. Donc vous êtes racialiste. Parce qu'à partir du moment où on est discriminé...

Si vous dites ça, vous êtes racialiste. Laissez-moi terminer. Lorsqu'on est discriminé au logement, lorsqu'on est discriminé à l'emploi, c'est bien du fait de sa couleur de peau.

Les premières discriminations, c'est la richesse, madame. Donc arrêtez de me dire que le racisme n'existe pas en France. Juste attendez, Florent Philippot, pour répondre à ça précisément, c'est intéressant.

Pour vous, il n'y a pas de discrimination en France liée à la couleur ? Si, il y en a. Mais je vais vous donner...

Donc vous dites la même chose, alors ? Non, non, c'est tout à fait différent. Madame dit, la couleur, ça détermine tout.

Non, non, non, non, non, non, non. Elle a dit qu'il y a du racisme, mais il y a la couleur sur le logement, sur l'emploi. Je vais vous dire pourquoi elle le dit.

Je vais vous dire pourquoi vous le dites, madame. Laissez-moi parler, laissez-moi parler. Je sais que vous êtes gênés, ultra gênés.

Je vais vous citer votre tweet. Je suis à l'aise, à l'aise. Alors, Florent Philippot et...

Tweet du 26 décembre 2020. Aucun blanc n'est discriminé au logement ou à l'emploi. Le privilège blanc confère aux membres de la communauté blanche des avantages et les autres communautés en sont exclues.

Le racisme anti-blanc est une fiction. Vous n'avez jamais entendu ça, le racisme, le blanc, etc. C'est pas du racisme anti-blanc.

Non, vous avez entendu ça. Ça, c'est le fait. On la laisse répondre.

Florent Philippot, on la laisse répondre à ça. Non, mais c'est intéressant. Attendez, monsieur Philippot.

C'est pour ça que ça va juste dire une chose. Non, mais alors vous parlez tout le temps. Alors vous faites les questions et les réponses.

C'est vous qui parlez beaucoup, madame. Juste, vous dites aucun blanc n'est discriminé au logement ou à l'emploi. Madame, allez rencontrer des blancs pauvres, ça existe.

Vous verrez qu'ils sont discriminés au logement ou à l'emploi, que c'est très compliqué pour eux. Mais c'est pas...

Souvenez-vous que vous êtes française avant de dire que vous êtes noire ou qu'on est blanc. Alors moi je dis que moi j'aimerais...

Soyez moins racialiste. On n'est pas au pays des bisounours. Moi j'aimerais vivre dans un pays où je ne serais pas discriminée du fait de la couleur de ma peau.

Tous les noirs aimeraient ça. Mais c'est pas la réalité. C'est ça le problème.

Si aujourd'hui...

Vous êtes une racialiste pure ju. Vous aussi monsieur. Ah bon ?

Moi pas du tout. Pour moi je vous vois une française, pas une noire. Oh arrêtez !

Bah quoi arrêtez ? Vous aimeriez que je le sois mais je ne le sois pas madame. Parce que moi je ne rentre pas dans votre jeu de division.

Les joueurs de l'équipe de France ne se mobilisent pas pour Mila etc. Mais on choisit. Je n'ai pas parlé de Mila moi mais on peut la citer.

On choisit tous ces combats. On choisit tous ces combats. Sur le racialisme, est-ce que vous êtes racialiste ?

Je ne suis pas racialiste. C'est ce que vous dit Florent Filippo. Je suis confrontée à une situation en France qui fait...

Vous êtes racialiste et vous êtes présidente d'une association de conseils représentatifs des associations noires. Je suis au...

Mais madame vous êtes ultra racialiste jusqu'au bout des ongles. Parce que nous sommes confrontés à des discriminations. Jusqu'au bout des ongles.

On la laisse répondre. Comme les politiques jusqu'à présent ne font rien pour lutter véritablement contre justement ces discriminations. À un moment donné, il faut qu'on prenne les choses en main.

Arrêtez de pleurnicher. Je ne pleurniche pas. Moi je me prends en main monsieur.

Je me prends en main. Il n'y a pas de soucis. N'emmenez pas des gens que vous dites représenter.

Je n'emmène personne. Je n'emmène personne avec moi. Les gens qui se reconnaissent dans mon combat me suivent.

Si vous accédez l'appartement. Il y a par exemple ce livreur du beurre qui a été insulté et qui a été frappé du fait de sa couleur de peau. On n'a pas entendu un politique se lever et s'indigner.

Vous plaisantez ou quoi ? Non. Le seul qui s'est indigné c'était le maire de Sergi.

On a parlé de ça pendant trois jours. Même si on en a parlé. Moi je vais vous parler de ce que vous êtes en train de nous dire.

Vous êtes en train de nous dire que la France est raciste ? Il y a du racisme en France. Bien sûr il y a du racisme en France.

Mais la France est raciste. Mais il faut arrêter. Est-ce que la France est raciste ?

Je n'ai pas dit que la France est raciste. Laissez-moi terminer. Est-ce qu'il y a du racisme dans tous les sens ?

Est-ce qu'il y a aussi du racisme anti-blanc ? Vous dites qu'il n'y en a pas. Non ce n'est pas du racisme anti-blanc.

C'est quoi ? Sale blanc c'est quoi ? Ça c'est dans les rapports interpersonnels.

On peut me traiter de sale noire. Je peux vous traiter de sale blanc. Non je n'ai pas envie de vous traiter.

Vous n'avez pas le droit de me traiter non plus. En tous les cas, ce n'est pas un racisme systémique. Je veux dire qu'on ne discrimine pas en France les gens du fait de leur couleur de peau.

C'est quoi les lois en France anti-blanc ? À part un parce qu'on ne s'entend plus. Citez-moi les lois anti-noire en France.

Vous avez porté plainte devant la commission en peine contre les lois islamophobes françaises. C'est quoi ? L'interdiction des signes religieux ostensibles à l'école ?

C'est ça les lois islamophobes ? L'islamophone n'a rien à voir avec le sujet. Madame, son association dit qu'il y a des lois islamophobes, c'est autre chose.

Le jour où on m'invitera, si vous parlez de l'islamophobie, j'en parlerai. Vous dites qu'il y a un racisme d'Etat, je ne le sais pas. Mais vous savez, le cran va beaucoup plus loin.

En mars 2019, vous avez...

Alors là, vous êtes en train de faire le procès du cran ? Je suis obligé. Non, moi je suis invitée.

Mais assumez votre association, madame. En 2015, pour donner...

Restons sur le sujet. Oui, mais je donnais le ton de cette association pour quand même la démasquer. Attendez, écoutez, moi je peux parler...

Même quand vous êtes gêné, vous me répondrez après. Non, je ne suis pas gêné du tout. En 2015, votre association assigne en justice Ernest-Antoine Selyère pour crimes contre l'humanité et recel de crimes contre l'humanité.

Moi, je ne l'aime pas parce qu'il était président du MEDEF. Et c'est un rapport direct avec le genou à faire ça, M. Philippot.

Non, assumez, je vais vous dire pourquoi. Non, mais je vous demande, est-ce que c'est un rapport direct avec le genou ? Votre association, madame...

Non, par rapport et on ressent le débat. Pourquoi votre association l'a assigné en justice ? Parce que parmi ses ancêtres, quelques siècles avant, il y a eu des gens qui possédaient des vaisseaux négriers.

Donc vous assignez des gens en fonction de ce que des ancêtres auraient fait 300 ans avant. Ça, madame, ça s'appelle de l'essentialisme et du racisme. Vous ne reconnaissez plus l'individu comme un être libre.

Vous le regardez comme une couleur de peau. Philippot, vous nous dites que pour vous, la démarche du cran est une démarche raciste. Évidemment.

Racialiste, raciste, communautariste. C'est une démarche qui a pour but de faire qu'en France, tous les citoyens disposent des mêmes droits et de la même dignité. Et ce n'est pas le cas en France.

Citez-moi les lois qui vont contre ça. Mais quelle loi ? Mais dites-le !

Vous dites que c'est institutionnel. Vous posez une question, elle vous répond. Oui, c'est pas vous qui allez m'imposer ce que je dois dire, M.

Philippot. Argumentez, sinon on ne vous croit pas. Vous avez argumenté.

Je vous aide à argumenter. Je vous aide à faire accoucher votre pensée. Je n'ai pas besoin de votre aide.

Gardez-la pour vous. Mais si, je suis dans la maillotique. Je vous fais accoucher votre pensée.

Gardez votre condescendance pour vous, M. Philippot. Je pense qu'elle n'a pas besoin de vous pour parler.

Mais c'est quoi son argument ? Attendez, on la laisse répondre. Moi, je peux remonter également à ce que vous avez fait, à ce que vous avez dit lorsque vous étiez au Front National.

Citez-moi. Ça m'intéresse. Vous ne trouverez pas un propos raciste chez moi.

Juste moi, ce que j'ai envie de savoir, et votre question m'intéresse. Votre question m'intéresse, Florian Philippot. Vous parlez de racisme institutionnel.

Bien sûr. C'est quoi ? Le racisme institutionnel, c'est quand on cherche du travail et qu'on nous dit ouvert, enfin, quand on est évincé d'un poste, du fait de sa couleur de peau.

C'est pas institutionnel, ça. Ça, c'est que vous êtes tombé sur un abruti raciste. Non, non, non.

C'est pas institutionnel. Non, c'est les institutions. Ben non, pourquoi ?

Ce sont les institutions. Dans les institutions, dans les lois, il est écrit « chacun a accès au logement de la même manière ». De la même manière.

Ça serait écrit dans les lois « les noirs n'ont pas accès au logement par rapport aux blancs ». Là, d'accord, ce serait un scandale. De la même manière, quand M.

Michel Zéclair se fait tabasser par des policiers parce qu'il ne porte pas son masque. Et les Gilets jaunes étaient noirs. Et il se fait… Attendez.

Il y en avait des noirs, il y en avait des blancs. Non, mais en plus, il se fait insulter par rapport à sa couleur de peau. Les policiers représentent bien une institution, monsieur.

Madame. Il y a bien un racisme institutionnel en France. Madame.

Ah oui, ça n'a rien à voir. Vous prenez une personne, un policier qui se conduit mal, vous dites « l'institution ». Non, ce n'était pas un policier, justement.

Ou trois. Non, il y a plus que trois. Cinq ?

Quand il y a des… Mais juste, on ne peut pas dire qu'à vous ni moi, j'ai du mal à vous laisser dire que parce que des policiers sont racistes, que les policiers sont racistes. Non, je n'ai pas dit que les policiers, mais j'ai dit que… Non, vous dites que c'est institutionnel. C'est institutionnel.

C'est l'exemple que vous donnez pour expliquer le racisme. C'est un racisme institutionnel. Je n'ai pas dit que tous les policiers étaient racistes.

D'accord, mais donc ce n'est pas institutionnel. Mais bien sûr que c'est institutionnel. Pourquoi ?

Parce qu'il y a une forme… Ce n'est pas juste dans les rapports interpersonnels qu'il y a du racisme. Ben si, en l'occurrence, c'était le cas. Non, non, non.

Et d'ailleurs aussi parfois contre les blancs. Et vous savez aussi… Ce n'est pas du racisme contre les blancs. C'est quoi la différence… Alors, excusez-moi, on va dire les choses clairement.

C'est quoi la différence entre sale noire et sale blanc ? Il n'y a aucune différence. En quoi sale noire, c'est du racisme ?

En quoi sale blanc, ce n'est pas ? Que quelqu'un me traite de sale noire, à la limite j'ai ma bouche pour répondre. Bon, ça ne se fait pas, mais je peux me défendre.

Ben oui, c'est du racisme. C'est même illégal. Oui, peut-être, mais en tous les cas, c'est du racisme interpersonnel.

Par contre, lorsque je suis discriminée au travail, au logement… Mais j'ai bien compris. Ce n'est pas ma question. Ce ne sont pas des lois.

Ce ne sont pas des lois. Ce n'est pas ma question. Ma question, c'est quelle est la différence entre vous dire sale noire et vous dire sale blanc ?

Dans les deux cas, c'est du racisme pour moi ? Oui, tout à fait. Ah ben d'accord, donc le racisme anti-blanc existe ?

Non, ce n'est pas le racisme anti-blanc. Il existe des injures racistes contre les blancs et des injures racistes contre les noirs. Non, mais vous regardez le niveau de détail dans lequel vous entrez pour justifier l'injustifiable, madame.

C'est injustifiable ce que vous dites. Sale blanc, c'est raciste, sale noir, c'est raciste. Bien sûr que c'est raciste.

Point barre, on arrête le débat. Ce n'est pas le même type de racisme parce que dans les rapports interpersonnels, je peux dire ce que je veux, mais quand...

Mais non, on ne peut pas dire ce qu'on veut, on ne peut pas insulter les gens. On le dit, on le dit. Oui, bon, on le dit, mais il y a des lois.

Il y a des lois, les lois ne sont pas toujours respectées. C'est ça le problème, c'est ça le souci. Elles ne sont pas toujours respectées.

Et les personnes qui profèrent des insultes racistes ne sont pas toujours sanctionnées. Il y a comme une forme d'impunité qui fait que ça continue. C'est dommage, c'est dommage.

Et on ne peut que le recréter. Un dernier mot là-dessus sur ce sujet. Juste, Tiaba Bruni, je voudrais vous poser parce qu'elle va nous quitter après, vous vous restez, pour parler d'autres choses.

Tiaba Bruni, juste un mot. Est-ce que vous demandez aux joueurs de l'équipe de France de faire le geste lors du prochain match et de mettre un genou à terre ? Bien sûr.

Ils sont concernés et je pense qu'ils doivent, tant que les politiques ne lutteront pas véritablement contre le racisme, en prenant des mesures concrètes et efficaces, il faut que nous, dans la société française, qu'on fasse savoir qu'on combat le racisme, aussi bien dans le football, que ce soit dans le sport, que dans la société. Mais tous les racismes, vous êtes d'accord ? Tous les racismes, bien sûr.

Et donc vous demandez aux joueurs de l'équipe de France de mettre un genou à terre ? Oui, ce serait une preuve de courage. Ce n'est pas parce que d'autres équipes refusent de le faire qu'il faut se...

Ils n'oblissent pas, c'est eux qui ont pris la décision. Tiens, Bruni, ce n'est pas une grande multinationale, je crois. Et puis les joueurs non plus.

Et qui demande aux joueurs de faire ça ? Microsoft, Airbnb, Snap ? Vous êtes sûr de ce que vous êtes en train de dire ?

Oui, oui, oui. C'est eux qui leur ont demandé de faire ça ? Ils financent en tout cas Black Lives Matter.

Non, mais c'est pour ça. Tout ça, c'est hyper bien pensant. On leur a demandé de le faire.

Le jour où ils râleront contre le Qatar, où il y a 6500 morts sur les chantiers de la Coupe du Monde, là, ce sera du courage. Non, parce que laissez-leur le temps...

Ça, c'est beaucoup plus courageux. Attendez, laissez-leur le temps de réagir, cette rencontre au Qatar. Mais moi, je ne leur demande même pas d'avoir ce courage politique.