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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 septembre 2025 24 min

Nomination de Sébastien Lecornu, drones russes en Pologne, attaque israélienne au Qatar... Le "8h30 franceinfo" de Dominique de Villepin

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Dominique de Villepin. Bonjour. Ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires étrangères, ancien ministre de l'Intérieur. Ce sont toutes ces casquettes que nous allons solliciter ce matin avec votre regard sur la crise politique, sociale, sur l'action du président à l'étranger aussi, alors que la Pologne a été ciblée par la Russie, que le Qatar accuse Israël après une frappe sur son territoire. Avant, on écoute le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, c'était hier. Il va falloir des ruptures. Et pas que sur la forme. Et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond.

On va revenir sur ce mot « rupture », mais d'abord, vous, Dominique de Villepin, vous aviez appelé à nommer un Premier ministre de gauche, et c'est finalement l'un des plus proches du président qui a été choisi. Est-ce que c'est une erreur ?

0:50
Dominique de Villepin

Alors, j'avais, pour être exact, appelé à respecter le suffrage des Français et à respecter la démocratie. La politique, ça commence par le respect. Et au premier chef, en l'occurrence, le respect des Français. Or, ça fait quatre fois, maintenant la cinquième, qu'Emmanuel Macron balaye d'un revers de main. Ce qui est la réalité du paysage français. Il l'a fait balayer d'un revers de main. Il l'a fait après les Européennes. Il l'a fait au lendemain des élections législatives. Il l'a fait en nommant Michel Barnier. Il l'a fait en nommant François Bayrou. Et il le fait aujourd'hui en nommant Sébastien Lescornus. C'est-à-dire en n'écoutant pas le souhait des Français.

Et qu'est-ce que veulent les Français ?

1:33
Présentateur

Vous disiez, il aurait fallu nommer quelqu'un issu du bloc de gauche pour respecter les résultats des dernières législatives.

1:37
Dominique de Villepin

Il aurait fallu pressentir quelqu'un en respectant le suffrage, en commençant par la bloc de gauche, quitte à aller au bloc central et au-delà si nécessaire. Mais c'est en respectant les Français qu'on dégage des marges de manœuvre. Or, on voit bien que le président de la République est bloqué sur sa politique. Il ne veut pas changer de politique. Il n'a pas compris pour vous, il n'a pas compris des leçons de la dissolution ? Je crois qu'il n'a pas compris le bon fonctionnement de notre système démocratique. Et surtout, c'est un homme qui s'entête. Il ne veut pas avoir tort. Il ne veut pas se désavouer. Et donc, il ne veut pas amender la politique qui est la sienne.

Et c'est toute la difficulté, à nouveau, devant laquelle se retrouve Sébastien Lecornu.

2:20
Présentateur

Et en même temps, Dominique de Villepin, nommé un Premier ministre socialiste avec un gouvernement de gauche, il aurait été immédiatement censuré, non ?

2:26
Dominique de Villepin

Mais je n'ai pas dit qu'il fallait nommer un Premier ministre socialiste. Je dis qu'il fallait pressentir. Il fallait demander à quelqu'un issu de la première force arrivée en tête en 2024 pour voir s'ils étaient capables de former un gouvernement et, à partir de là, tirer le leçon. Vous savez, dans notre pays, il faut un peu de méthode. Le président de la République n'a pas de méthode. Il a choisi l'un des représentants du plus petit parti de l'Assemblée nationale avec Michel Barnier. Puis, il a poursuivi avec François Bayrou, qui est l'un de ses proches. On ne peut pas dire que le message de 2024 soit continué. Allez-y, on est très contents.

Donc, le président de la République devrait écouter les Français et, à partir de là, comprendre qu'on attend de lui une ouverture politique. Et ça, je crois que c'est quelque chose qu'il ne fait pas.

3:13
Invité

Vous, qui connaissez bien Sébastien Lecornu, il est, si vous me permettez l'expression, un peu le padawan de votre padawan, puisque vous, vous avez lancé Bruno Le Maire et que Bruno Le Maire a lancé Sébastien Lecornu. Donc, vous l'avez vu depuis longtemps. Quelle est, pour vous, sa principale qualité ? Tout le monde parle d'un négociateur. Est-ce que, pour vous, c'est un bon négociateur et son principal défaut, selon vous ?

3:29
Dominique de Villepin

Oui, principal défaut, je ne m'amuserai pas à ça. Mais, en tout cas, ses qualités, c'est quelqu'un de travailleur et c'est quelqu'un d'habile. C'est quelqu'un qui essaye de tirer les leçons de ce qui marche et de ce qui ne marche pas. Donc, il a des atouts pour avancer, mais son principal problème, c'est Emmanuel Macron. Et c'est pour ça, quand il dit ou suggère dans la cour de Matignon « Humilité et sobriété », il aurait certainement un message à François Bayrou, mais ce message, Emmanuel Macron ferait bien de l'entendre.

Quand j'étais moi-même, en 2002, au soir du premier tour des élections présidentielles, avec Jacques Chirac, Jacques Chirac vient me voir en me disant « Il faut refaire mon discours ». Il se retrouve face à Jean-Marie Le Pen et il me dit « Humilité, sobriété, gravité ».

4:15
Invité

Vous pensez que Sébastien Lecornu, dans la cour de Matignon hier, adresse un message, une ode à l'humilité ?

4:19
Dominique de Villepin

Conscient ou inconscient, en tout état de cause, vous savez, les leçons, il faut les prendre d'où qu'elles viennent. Je pense que le président de la République doit faire preuve de moins d'arrogance et de davantage d'écoute des Français. Aujourd'hui, c'est sa responsabilité qui est en jeu. On peut s'amuser avec la politique, on peut choisir ses amis et encore ses amis. À un moment donné, il faut constater la situation du pays. Il n'a plus que comme carte après Sébastien Lecornu que la dissolution et la démission.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est en train de jouer avec la démocratie française et qu'il met en péril le bon fonctionnement de nos institutions, alors qu'il est censé être le garant. Donc je crois que les Français n'en peuvent plus. La défiance qui s'est exprimée hier dans la rue montre bien, même si tous les Français n'étaient pas dans la rue, loin de là, on l'a vu.

5:05
Présentateur

Avec 175 000 manifestants, 100 000 de moins que le premier jour des Gilets jaunes.

5:09
Dominique de Villepin

Un sentiment d'écœurement vis-à-vis de la politique. Eh bien ça, je pense que tous les Français le ressentent extrêmement profondément. On aimerait enfin être écouté.

5:19
Présentateur

Vous l'avez connu en 2006, cette défiance au moment du CPE que vous aviez portée qui avait finalement été enterrée aujourd'hui. Qu'est-ce que vous dites à Sébastien Lecornu ?

5:26
Dominique de Villepin

Le projet a été retiré. Ça, c'est la démocratie.

5:31
Présentateur

Aujourd'hui, vous dites à l'exécutif qu'il faut entendre cette colère.

5:35
Dominique de Villepin

Mais bien sûr. Il faut remiser les mesures irritantes. Cette colère n'a pas été entendue avec les Gilets jaunes. Elle n'a pas été entendue avec la réforme des retraites qui est passée en force. Aujourd'hui, on le voit bien, elle n'est pas entendue à nouveau. On peut avancer comme ça, mais à un moment donné, patatras, les choses se brisent. Donc, il faut être attentif. La démocratie, c'est un bien fragile. Il faut l'arroser quotidiennement. Il faut prendre soin de ses roses.

Eh bien, malheureusement, je vois qu'il y a trop peu de responsables politiques aujourd'hui, et en tout cas pas suffisamment le président de la République, pour prendre la responsabilité, pour prendre soin de la démocratie française.

6:13
Invité

Sébastien Lecornu a reçu, dès hier après-midi, les partis du socle commun. Il doit poursuivre avec les oppositions. Pour vous, à quel point il doit renouveler ? À quel point il doit élargir le gouvernement ? Où est-ce qu'il doit s'arrêter ? Est-ce que vous seriez prêts, vous, à aider ?

6:25
Dominique de Villepin

Alors, l'impasse, elle est triple. Elle est politique, on le voit. Elle est aussi sociale, quand on voit la crise qui s'exprime dans la rue. Et elle est aussi financière, budgétaire. Donc, la tâche de Sébastien Lecornu, c'est une tâche lourde. La question me concernant ne se pose pas. Pourquoi ? Parce que la responsabilité aujourd'hui, qui est en avant, c'est le tête-à-tête entre Sébastien Lecornu et l'Assemblée nationale. C'est donc avec les groupes parlementaires. Et de ce point de vue-là, il a raison de s'entretenir avec les groupes parlementaires, avec les différentes formations, pour essayer de trouver des marges de manœuvre.

7:02
Présentateur

Mais ce n'est pas mission impossible, Dominique de Villepin. François Bayrou s'y est cassé les dents. Non, Michel Barnier aussi. Pourquoi Sébastien Lecornu ?

7:08
Dominique de Villepin

Il y a une dramatisation qui s'est faite autour de la situation actuelle. Elle n'est pas facile, parce que nous avons trois blocs politiques. Donc, elle n'est pas facile. Mais il n'est pas impossible d'arriver à un compromis. Je pense que la grande faute de Michel Barnier et de François Bayrou, c'est d'avoir voulu viser trop haut, d'avoir voulu sculpter leur image dans l'histoire, et sans doute d'avoir voulu préserver leur chance pour l'élection présidentielle.

7:34
Présentateur

44 milliards, vous dites, c'est absurde, c'est trop ?

7:36
Dominique de Villepin

44 milliards. L'Union Européenne, la Commission, nous demandent au moins 15 milliards. Le Parti Socialiste propose 25 milliards. Je pense que si on est autour de 25, 30 milliards, on est dans l'épure. Deuxièmement, au-delà du montant, on voit bien ce qu'attendent les formations politiques et ce qu'attendent les Français. On veut un geste très fort en matière de justice sociale. De ce point de vue-là, la taxation des plus riches est aujourd'hui une évidence. Pourquoi ? Parce que ceux qui sont les mieux placés et qui ont beaucoup profité de la période précédente, les 500 familles depuis 2017, les 500 familles les plus fortunées en France, ont multiplié par 6 leur richesse.

Vous êtes pour la taxe de la contribution intelligemment, sans mettre en difficulté l'outil de production, ça me paraît possible. Vous êtes très concret, excusez-moi, M. Villepin. Oui, je suis très concret. Justice sociale, troisième élément, la réforme des retraites.

8:31
Présentateur

Vous vous dites, pas besoin de 44 milliards d'économies, il faut une mesure de justice fiscale et sur la réforme des retraites, qu'est-ce qu'il faut ?

8:36
Dominique de Villepin

Il y a besoin d'une trajectoire budgétaire, de constance, de prévisibilité pour les marchés. On a les agences de notation qui commencent à faire leur travail à la fin de la semaine. On a besoin donc de constance et de prévisibilité. On a besoin donc de rigueur financière. On a besoin de rigueur dans l'investissement productif. Parce qu'à quoi ça sert de faire des efforts si, au bout du compte, notre croissance tombe ? Donc il faut penser à l'avenir. Et nous avons un certain nombre de défis. Nous avons cinq modernisations à faire en France. Nous avons la digitalisation, nous avons la décarbonation, nous avons la démocratisation pour éviter la montée des populismes partout en Europe.

Un mot sur les retraites de Monique Villepin. Nous avons une exigence de souveraineté et nous avons une exigence de gouvernance territoriale. Et de ce point de vue-là, Jean-Louis Borloo, qui a été un formidable ministre entre 2005 et 2007, avec moi, puisque c'est la période, je le rappelle, dans les 25 dernières années, où nous avons réduit la dette et réduit les déficits. Avec Thierry Breton, Jean-François Copé, Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher. Eh bien, Jean-Louis Borloo apporte des idées extrêmement fortes. Il est favorable à un système fédéral. Faut-il aller jusque-là ou avoir une gouvernance territoriale beaucoup plus décentralisée ? C'est un débat.

Mais vous voyez bien qu'il y a des choses à faire. Et donc, le psychodrame politique dans lequel on s'enferme, c'est un psychodrame politicien. C'est un psychodrame de gens qui manquent d'imagination et qui n'ont pas la capacité à penser l'intérêt général. Et le dernier élément, je l'ai dit, redressement productif, redressement financier, c'est bien sûr la justice sociale. Parce que depuis 2017, la faillite d'Emmanuel Macron, son échec, c'est l'injustice sociale depuis le premier jour, avec la baisse des aides publiques au logement et la suppression de l'impôt sur la fortune.

10:17
Invité

Donc, il y a un signe très fort à donner. Ça ressemble un peu à un discours de politique générale. On a l'impression d'avoir un peu un candidat face à nous. Vous ne niez pas votre intérêt pour la présidentielle de 2027. Pourquoi vous n'assumez pas clairement votre candidature aujourd'hui ? Parce que ce n'est pas le sujet.

10:30
Dominique de Villepin

Ce n'est pas le sujet. Aujourd'hui, il faut servir les Français. Et c'est ça l'honneur de la politique. Le débat présidentiel, il viendra quand nous serons sortis des errements de la politique actuelle, où, je le redis, le président de la République a la première responsabilité. Et il faut que Sébastien Lecornu soit capable, parce que quand on est nommé Premier ministre, on peut estimer, quand on fait de la politique politicienne, qu'on a des devoirs vis-à-vis du président de la République. Mais il a d'abord un devoir vis-à-vis des Français. Et là, il est temps de s'émanciper.

On ne va pas jouer éternellement les petits garçons qui amusent le président un verre de whisky à la main en racontant des histoires ou en moquant tel et tel personnage politique. Mais c'est à cela qu'il s'est adonné, il se sont adonné et l'un et l'autre au fil des années. François Bayrou, il avait dépeint comme un courtisan. Mais ce n'est pas le rendez-vous d'aujourd'hui. Aujourd'hui, Sébastien Lecornu a des comptes à rendre aux Français. Je le redis, un Premier ministre, il est nommé par le président de la République, mais il a des comptes à rendre devant l'Assemblée nationale et il a des comptes à rendre devant les Français.

Donc, émancipation, c'est ça la feuille de route de Sébastien Lecornu. Il ne doit pas être le gentil toutou de M. le Président. Et, à partir de là, la démocratie française s'en trouvera renforcée.

11:41
Présentateur

Avec Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires étrangères, notamment une star américaine tuée devant les caméras, Paul.

11:54
Invité

Les images de sa mort sont glaçantes. Son nom est Charlie Kirk, vous venez de l'entendre. C'est un influenceur de 31 ans, très figure célèbre du trumpisme. Le président américain a annoncé sa mort et a publié un message dans la nuit sur ses réseaux.

12:05
Présentateur

Depuis des années,

12:09
Locuteur non identifié

la gauche radicale a comparé des Américains merveilleux, comme Charlie, à des nazis. Ce genre de rhétorique est directement responsable du terrorisme que nous voyons dans notre pays et cela doit cesser immédiatement.

12:25
Invité

Trump accuse donc la gauche radicale. Il y a une ambiance de guerre civile aux Etats-Unis, M. de Villepin.

12:31
Dominique de Villepin

Oui, et ce n'est pas quelque chose de nouveau. On le voit déjà depuis de nombreuses années. La violence, cette violence de masse, on y assiste depuis de très, très nombreuses années. La multiplication des armes à feu, par définition, tout ce laissé-aller conduit nécessairement à la violence. L'importance des drogues, le drame du fentanyl, tout ça conduit à toute une série de folies dont on voit aujourd'hui les conséquences que nous soyons et que nous tentions de nous préserver de cette folie de la droite, de la gauche radicale, de toute forme de radicalité. C'est le souhait qu'on peut faire pour la France.

Mais on voit bien que les campagnes, les campagnes de critique, eh bien, elles ont des conséquences. Les maux peuvent tuer et c'est un appel à la responsabilité de tous bords, à commencer par Donald Trump qui a une responsabilité dans cette dérive de violence aux Etats-Unis immense, tout simplement parce qu'il a supprimé la réalité. Vous voyez, aller comparer Charles Kirk à un martyr, c'est dire à quel point on n'est plus capable de regarder la réalité des choses en face.

13:39
Présentateur

Dominique de Villepin, après des frappes israéliennes mardi contre le Qatar qui faisait des responsables du Hamas à Doha, le Qatar veut que Benjamin Netanyahou soit traduit en justice et reconsidère sa médiation dans la guerre. Est-ce que cette frappe a tué tout espoir de libérer les otages à Gaza comme l'affirme le Premier ministre Qatarien ?

13:58
Dominique de Villepin

Je veux croire que la volonté de paix et de négociation perdurera, mais c'est vrai que cette attaque met à mal aujourd'hui un peu plus la situation au Moyen-Orient. C'est une attaque contre un État indépendant, donc c'est une attaque illégale, c'est une attaque qui manifestement s'est faite en forçant la main de l'administration américaine, c'est une attaque qui attaque directement les négociations, les négociations de paix, puisque s'en prendre à des négociateurs fustiles des négociateurs du Hamas et je comprends bien.

14:31
Présentateur

Oui, parce que le Hamas est un mouvement terroriste, pourquoi vous dites que c'est illégal ? Est-ce que c'est condamnable de la part d'Israël d'essayer d'éliminer ceux qui veulent l'éliminer ? La charte des Nations Unies, article 51, prévoit qu'un État peut faire usage de la force même en dehors de ses frontières. Que dit le diplomate ?

14:47
Dominique de Villepin

Eh bien, Madame Lambret, en vous écoutant, je me dis, on a perdu les repères fondamentaux qui sont ceux de la démocratie internationale. On n'a pas le droit, fustile, des grands criminels d'aller tuer à droite ou à gauche tous les gens qui vous gênent. En cas de légitime défense,

15:02
Présentateur

l'ONU le permet, la charte de l'ONU le permet.

15:04
Dominique de Villepin

On essaye de les prendre et on les traduit en justice. Mais on ne tire pas comme dans le Far West sur les gens impunément. Donc, ceci est illégal, je le redis, c'est illégal et c'est surtout contre-productif parce que on attaque ainsi les négociations, on attaque également la paix, on voit bien que pour faire la paix, il faut être deux. Il y a derrière le drame des otages. Nous souhaitons tous que les otages puissent être libérés très rapidement. qu'Israël pose un certain nombre d'exigences comme la démilitarisation du Hamas. Nous souscrivons l'Union Européenne, la communauté internationale, même les pays arabes aujourd'hui souscrivent à cette volonté.

Mais encore faut-il faire les choses dans les règles. Manifestement, qu'est-ce qui apparaît derrière cette frappe ? La volonté d'Israël de ne pas avancer vers la paix. Pourquoi ? Israël poursuit le rêve du grand Israël. C'est ça l'objectif. Poursuit le rêve d'un nettoyage ethnique à Gaza, d'une annexion en Cisjordanie et de facto à Jérusalem-Est aussi. On voit bien qu'il y a une stratégie politique aujourd'hui du fait accompli. Cette stratégie du fait accompli place Israël aujourd'hui dans une situation de toute puissance au Moyen-Orient. Vous savez à quand il faut remonter pour avoir un État capable de dominer le Moyen-Orient complètement ? Il faut remonter à l'Empire ottoman.

Depuis l'Empire ottoman, personne n'a dominé le Moyen-Orient comme Israël domine aujourd'hui le Moyen-Orient. Mais Israël a été la cible

16:35
Présentateur

aussi de ses voisins, Dominique. Ça s'est arrêté en 1836.

16:39
Dominique de Villepin

Mais oui, mais vous frappez Israël a été attaqué, ça ne vous donne pas les droits d'attaquer vos voisins. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Le droit de se défendre est un droit qui est proportionné, qui est limité. Attaquer le Liban, attaquer la Syrie, attaquer l'Iran, mais le résultat c'est qu'Israël et sa sécurité sont aujourd'hui suspendus à une nouvelle guerre et à une nouvelle attaque. C'est-à-dire que là où Israël pense avoir renforcé sa sécurité, Israël aujourd'hui est vulnérable à la prochaine attaque au prochain mouvement terroriste. Et il y a au moins trois risques pour Israël. Le premier, c'est le risque d'une nouvelle guerre même si l'ensemble des pays voisins sont affaiblis.

Le deuxième, c'est le regain de terrorisme. On l'a vu à Jérusalem et ça ne s'arrêtera pas malheureusement. On ne peut pas par la force espérer régler un conflit. Et troisième problème qui va être un immense problème pour Israël, la prolifération. Tout le monde au Moyen-Orient comme avec la guerre d'Ukraine a compris que si vous voulez être tranquille comme État, il faut avoir la bombe. Donc Israël risque d'avoir un jour un autre État, un État arabe, un grand État musulman de la région qui aura lui aussi la bombe. Donc c'est un élément de déstabilisation de l'ensemble de la région qui se profile et c'est là où il faut avancer vers la paix.

17:57
Invité

À propos d'État, M. De Villepin, Emmanuel Macron est profondément affaibli on le sait sur la scène intérieure mais il a réussi à construire un élan de pays donc vers la reconnaissance d'un État palestinien ça va se jouer à l'ONU on le sait dans quelques jours est-ce que vous le saluez ou est-ce que vous attendez qu'il aille au bout

18:12
Dominique de Villepin

encore plus loin ?

Cela fait des années que je me bats pour que cette reconnaissance ait lieu donc bien sûr je salue les efforts de la France et ce qui était évident et que certains voulaient nier à partir de là l'effet d'entraînement qui s'est produit mais j'attire l'attention sur le fait qu'il y a un drame humanitaire qui se joue tous les jours dans cette région à Gaza bombardement de femmes et d'enfants femmes et enfants ou population civile affamée il y a là une situation qui est inacceptable et on ne peut pas en tension européenne le président de la République si je vous suis absolument nous devons mettre en place une intervention humanitaire et nous devons prendre les mesures vis-à-vis d'Israël sous quelle forme ?

On parle d'une flottille notamment d'ONG que doit faire l'État français avec la mobilisation y compris maintenant de journalistes et de nombreux journalistes français et je m'en félicite parce que certains disent

19:01
Présentateur

que c'est de la communication beaucoup de députés la France insoumise par exemple participent à cette flottille pour Gaza qui prétend briser le blocus je pense que face

19:09
Dominique de Villepin

à ce qui se passe au drame qui se passe à Gaza nous avons tous un sentiment d'impuissance et nous souhaiterions que la diplomatie française nous souhaiterions que la France soit plus active soit capable de prendre des initiatives qu'il s'agisse de la dénonciation avec les Européens de l'accord d'association qu'il s'agisse de mesures supplémentaires d'embargo comme le fait l'Espagne aujourd'hui qui sauve l'honneur de l'Europe dans cette région ?

C'est l'Espagne c'est pas la France et là j'estime que la France n'est pas à sa place l'Espagne qui a déjà reconnu l'État palestinien avec d'autres avec l'Irlande la Slovénie donc vous voyez bien qu'il y a des efforts à faire la paix la justice ce sont les deux conditions pour une nouvelle stabilité dans cette région et il faut faire comprendre ce message à Benjamin Netanyahou et à l'ensemble des Israéliens En quelques mots réponse rapide

20:02
Invité

s'il vous plaît avant la question qui sera posée ce matin par Agathe des drones russes ont été abattus en Pologne des drones russes dans un pays membre de l'OTAN est-ce que Poutine teste nos limites vous qui l'avez connu au début de son parcours politique est-ce que Poutine a dans un coin de sa tête une volonté

20:16
Dominique de Villepin

d'envahir l'Europe ?

Oui, ce n'est pas la première attaque de drones c'est arrivé plusieurs fois au cours des dernières années c'est la première fois que cette attaque est aussi importante une vingtaine de drones sur le territoire polonais les Polonais ont activé l'article 4 qui sollicite des consultations avec les pays alliés et ceci doit conduire à une réaction de la part des pays alliés de l'OTAN le Président de la République a eu une très bonne conversation dit-il avec Donald Trump souhaitons que ça puisse se traduire dans les faits mais l'Union Européenne les pays de l'Union Européenne et les pays de l'OTAN ne peuvent pas accepter de se voir ainsi agressés sans réagir il s'agit donc de notre crédibilité et il faut de façon proportionnée trouver la meilleure façon de réagir vis-à-vis de la Russie

21:07
Présentateur

Dominique de Villepin comme tous les jours c'est le moment de la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info aujourd'hui pour vous la question qui tranche Dominique de Villepin certains se demandent souvent d'où vous parlez êtes-vous de droite êtes-vous de gauche alors admettons que vous soyez candidat en 2027 et éliminé au premier tour en cas de duel Mélenchon-Le Pen pour qui votez-vous et pour qui appelez-vous à voter ?

21:33
Dominique de Villepin

La question se pose à moi oui alors là je vais vous dire je suis très clair là-dessus je déteste la science-fiction je n'aime pas beaucoup la politique politicienne donc j'ai encore moins de raisons de répondre à votre question mais c'est un scénario il n'y a qu'une chose qui m'intéresse pourquoi vous ne voulez pas répondre ? qu'une chose parce que la question ne m'intéresse pas il n'y a qu'une chose qui m'intéresse l'intérêt général je choisirai toujours l'intérêt de mon pays l'intérêt de toutes les françaises et de tous les français alors allez imaginer tel et tel scénario

22:00
Présentateur

est-ce que vous mettez un signe égal entre LFI et le LFI ?

22:02
Dominique de Villepin

non je l'ai dit j'ai plaidé pour le Front Républicain je me suis battu pour ça lors des dernières élections législatives donc je ne mets pas un signe égal je pense que l'histoire même du Rassemblement National qui s'inscrit dans une filiation avec Vichy l'OAS la xénophobie en fait un parti qui a un héritage je n'accuse absolument pas Mme Le Pen ou M.

Bardella d'être tout à fait sur cette ligne mais ce que je sais et ce que je pense c'est que cet héritage-là il persiste dans l'idéologie du Rassemblement National donc ce n'est pas une question de déclaration ils peuvent faire toutes les déclarations qu'ils veulent c'est une question d'héritage et je crains que cet héritage ne se réveille au mauvais moment et c'est pour cela qu'une fois de plus l'intérêt général est ma seule boussole en un mot ce matin vous vous sentez plus de droite ou de gauche ? une fois de plus pourquoi jouer aux osselets ou vouloir rentrer dans une case vous voyez je mesure 1m91 donc je ne rentre dans aucune case en l'occurrence

23:02
Présentateur

vous êtes plutôt rentré dans la case de gauche ces derniers mois vous êtes allé à la fête de l'Huma samedi vous allez à la fête populaire

23:07
Dominique de Villepin

quels sont les deux mots clés que je mets en avant l'ordre républicain et la justice sociale que je sache ni l'un ni l'autre ne sont de gauche ou de droite c'est une exigence française c'est la condition de la stabilité et de la démocratie dans notre pays il faut les conjuguer ce n'est pas le en même temps ce n'est pas la politique qu'a suivi Emmanuel Macron parce que ça se saurait qui s'est fait contre la justice sociale depuis 2017 donc on ne me renvoie pas à on a déjà connu on l'a déjà vu non l'horreur républicain et la justice sociale ce sont des idées neuves en France et c'est peut-être

23:43
Présentateur

un programme merci beaucoup Dominique de Villepin d'avoir répondu aux questions de France Info

23:47
Dominique de Villepin

pardon Agathe un entretien retrouvé comme tous les matins sur Youtube

23:50
Invité

et c'est parti

23:51
Locuteur

pour la justice sociale et c'est parti pour la justice sociale

Nomination de Sébastien Lecornu, drones russes en Pologne, attaque israélienne au Qatar... Le "8h30 franceinfo" de Dominique de Villepin — Dominique de Villepin · Pourquijevote