Marc Ferracci est l'invité de La politique s'éclaire
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Notre invité dans la politique c'est clair et Marc Feratci ancien ministre de l'industrie de l'énergie député EPR des Français établi hors de France bonjour. Bonjour et merci d'être avec nous ce matin. On vient de voir ce projet annoncé par Sébastien Lecornu d'une allocation euh sociale unique.
Euh c'est un serpent de mer, ça fait des années et des années qu'on en parle. Est-ce que vraiment ça verra le jour ? Est-ce qu'il y a une majorité à l'assemblée ?
On en parle. Je me souviens que dans le précédent quinquena, il y avait déjà des éléments de préparation de ce projet. Et c'est important que ça se concrétise parce que derrière cette allocation sociale unique, il y a d'abord un enjeu de simplification.
Vous savez qu'on a énormément d'aide sociales. On a le RSA, on a la prime d'activité, on a les aides au logement. Et cette complexité, elle a une conséquence, c'est le non recours aux aides.
C'est-à-dire le fait que les gens ne savent pas à qui s'adresser, ne demandent pas les aides. Et il y a donc un enjeu de justice sociale à essayer de simplifier tout ce système avec une allocation sociale unique et puis donner un petit peu de visibilité avec un objectif, c'est de faire en sorte que le montant global des aides, c'est ce que j'avais vous demandé, ce sera plafonné. Alors ça je ne sais pas, on verra les détails du projet.
C'est pas moi qui qui établit ce projet. En revanche, il y a un enjeu sur lequel moi je veux attirer l'attention, c'est que on a besoin évidemment que le montant total des aides sociales qu'on peut aujourd'hui cumuler soit toujours inférieur au revenus du travail. Il faut que euh l'inactivité euh et bien évidemment soit moins rémunérée que le travail.
Euh, il faut également que l'inactivité soit euh associée à des actes positifs pour ceux qui le peuvent euh visant à retrouver un emploi. C'est ce que nous avons fait lorsque nous avons adopté une loi en 2023 visant à conditionner l'obtention du RSA à 15h d'activité en lien avec l'insertion. Donc il y a une certaine cohérence dans tout ça.
Simplifier, éviter le non recours pour que les gens puissent vivre décemment et en même temps inciter à la reprise d'emploi. Le gouvernement durcil avec les plateformes comme Chine ? Il y a six signalements qui ont été effectués au procureur de la République.
Est-ce que vous vous souhaitez la suspension de cette de cette plateforme Chine qui a avait donc mis des poupées pédopornographiques en vente sur son site ? Je souhaite que la justice fasse son travail avec toute la fermeté nécessaire parce que vous l'avez dit, il y a des choses extrêmement choquantes euh qui se passent et il y a des produits qui sont qui sont également commercialisés sur ces plateformes euh qui ne devraient pas l'être. Donc moi, je ne vais pas me prononcer à la place de la justice.
Je pense que il y a un principe de précaution à faire valoir euh et faire en sorte que cette plateforme réagisse en supprimant toutes ces toutes ces tous ces produits qui pénalisent évidemment nos enfants, qui sont extrêmement extrêmement dommageables. Et bien ça c'est le travail de la justice et je pense que la justice va faire diligence sur cette affaire. Mais est-ce que ces plateformes elles tuent un peu notre industrie ? vous qui vous qui êtes ancien ministre de l'industrie, même si notre voilà tout ce qui est habillement et tout ça ne se fait plus véritablement en France, on est submergé par les petits colis.
Il y avait 400 millions de petits colis qui sont rentrés en France en 2023, 800 millions en 2024. On a fait x 2 en l'espace d'un an et ça va continuer. Ça va continuer parce que aujourd'hui il y a pas assez de protection commerciale et c'est tout l'enjeu des discussion que nous avons à la fois à l'Assemblée nationale de taxer les petits colis et au niveau européen parce qu'évidemment on ne peut faire ce genre de taxation de droit de douane qu'à l'échelle européenne.
On a besoin de se doter d'une protection commerciale. les États-Unis l'ont fait, il faut que nous le fassions en européen parce que aujourd'hui pour contourner les droits de douane, dans la mesure où en dessous de 150 € vous ne payez pas sur les petits colis de droite de douane, ben évidemment on a intérêt à fragmenter et ça multiplie évidemment les choses. Bruxelles vient de l'autoriser hein et en France on s'apprête à taxer à 2 € les petits colis et et chaque produit à l'intérieur.
Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que c'est assez dissuasif compte tenu du prix tellement faible des produits vendus sur ces plateformes ? D'ailleurs, une de mes collègues, Olivia Grégoire, ancienne ministre de la consommation et des PME, est porteuse d'une proposition de loi qui est plus ambitieuse, qui évoque une taxation à 25 €.
Moi, je me prononce pas sur le montant, mais ce qui est certain, c'est qu'il faut agir. Il faut agir vite. L'Europe a fait des annonces politiques, maintenant il faut les concrétiser de manière extrêmement tangible sur le terrain avec des actes législatifs qui fassent que cette taxation et ces droits de douanes soient effectif.
Mais j'insiste puisque vous m'avez posé la question de l'industrie, il y a un enjeu pour nos territoires à réguler cette afflu, cette submersion de petits colis qui viennent de plateformes comme Chain, comme TMU. Je veux pas leur faire de la publicité mais malheureusement elles en ont suffisamment comme ça. Mais il y a un enjeu pour nos territoires puisque c'est des petits commerces qui disparaissent dans nos villes, dans nos villages, dans les centres-villes.
Euh c'est aussi des industries qui souffrent et je serai ce weekend à l'Élysée pour une exposition sur le fabriqué en France. avec dans l'industrie et dans l'artisanat beaucoup de produits qui sont fabriqués sur nos territoires et sur lesquels nous voulons attirer l'attention parce que on doit créer un réflexe chez les consommateurs de fabriquer en France. Ça peut coûter plus cher mais il faut au moins que les consommateurs soient bien informés sur ce qui vient d'ailleurs et ce qui est effectivement fabriqué en France.
Vous l'avez dit ça peut coûter plus cher et c'est un problème de pouvoir d'achat en fait. C'est vrai, mais encore une fois, il y a un enjeu d'information du consommateur. Aujourd'hui, vous avez des produits qui mettent une cocarde tricolore, qui mettent un hexagone sur leurs paquets, leurs emballages alors qu'ils sont fabriqués bien ailleurs qu'en France et bien d'ailleurs qu'en Europe.
C'est ce qu'on appelle les allégations de l'origine en France. J'ai reçu en tant que ministre de l'industrie il y a quelques mois le rapport d'un ancien ministre qui s'appelle Yve Gego. Monsieur Gegot a remis un rapport sur les origines et les allégations d'origine française pour réguler ce genre de pratique et faire en sorte que les consommateurs puissent acheter en en connaissance de cause et je pense que on gagnerait à mettre en œuvre très rapidement les recommandations de ce rapport.
Est-ce que vous devriez davantage baisser les charges justement pour rendre ces produits plus accessibles au grand public ? un autre aspect évidemment qui est devant nous. Je me suis battu depuis des années dans mes différentes fonctions pour faire en sorte que le coût du travail baisse.
Le coût du travail, vous le savez, il est beaucoup plus élevé en France que dans les autres pays européens pour une raison assez simple, c'est qu'on finance notre protection sociale principalement en ponctionnant le travail. Moi je pense que on doit réfléchir à un autre système de financement. Basculer les cotisations sociales sur d'autres assiettes.
Alors il y en a qui parlent de la TVA, on sait que c'est sensible politiquement à la TVA, mais il y a aussi des économistes qui la consommation et tout le monde. Oui, c'est vrai. Il y a aussi des économistes qui disent qu'on devrait augmenter l'impôt foncier par exemple.
Moi, je n'ai pas de religion sur la TVA, ce qui doit la TVA, c'est la TVA sociale, c'est financer le modèle social. Mais ça existe déjà, il faut bien le savoir. Il y a des ressources de TVA qui certes financé la sécurité sociale aujourd'hui.
Il y a à peu près un/ers des ressources de la sécurité sociale qui sont fiscalisé ainsi. Donc aujourd'hui, on a besoin d'une réflexion globale pour faire en sorte que la compétitivité de nos entreprises s'améliore et ça passe évidemment par une baisse du coût du travail et une réflexion sur le financement de notre modèle social. L'indice est aussi choose France avec les investisseurs étrangers en France. on est on est un peu champion dans cette catégorie là puisque la France attire beaucoup d'investisseurs étrangers.
Euh est-ce que ce c'est toujours le cas et est-ce que ce sera toujours le cas demain ? On a l'impression que ça commence à baisser. Alors là, c'est un CH France un peu particulier parce que il va concerner des entreprises françaises qui investissent en France.
Vous savez qu'il y a un T France qui effectivement est centré sur l'attractivité vis-à-vis de l'étranger et la France est depuis la 6e année consécutive le pays européen le plus attractif pour les investissements étrangers. Il y a aussi beaucoup d'entreprises françaises qui croient en la France et qui plutôt que de de délocaliser, d'aller implanter leurs usines, font le choix de s'installer en France et je pense que lundi, il y aura beaucoup d'annonces qui vont remettre la focale sur des choses positives. Moi, je crois en l'industrie française.
Nous avons des atouts formidables, nous avons des entrepreneurs créatifs, nous avons des salariés talentueux. Nous avons aussi des problèmes à régler. On parlait du coût du travail.
Il y a aussi la question des coûts de l'énergie. Nous avons fait en sorte de faire que les industriels accèdent à l'électricité, meilleur marché et je pense que c'est ce qui va se produire dans les prochains mois. Mais aujourd'hui, on a besoin de redire que la France est un territoire attractif.
Pour autant, est-ce qu'on a échoué finalement à réindustrialiser le pays ? Bah, je ne crois pas qu'on a échoué. Depuis 2017, on a recréé en terme net 150000 emplois industriels en France.
Terme net, c'est-à-dire les créations moins les destructions d'emploi. Il y a toujours des créations et des destructions. La question, c'est la différence.
La différence, elle est positive. Nous avons rouvert des usines là aussi en terme net. Donc cette euh réindustrialisation, elle a redémarré.
Nous avons inversé la courbe de la désindustrialisation. Mais évidemment, il faut continuer parce que tout ça est fragile dans un environnement instable politiquement. On voit bien que les industriels sont inquiets.
On voit bien que ce qui se passe à l'Assemblée nationale à l'arrêt peut avoir des conséquences sur l'emploi. Je je crains que ça ait des conséquences sur l'emploi. Mais encore une fois, si on arrive à trouver un peu de stabilité politique et c'est la raison pour laquelle nous nous battons à l'Assemblée nationale pour atterrir sur un budget qui soit un budget de compromis mais un budget qui ne pénalise pas les entreprises, qui ne pénalise pas l'activité et la création d'emploi.
Et aujourd'hui, je pense que la copie qui est sur la table pour le projet de l'État, pour le budget de l'État, comme pour le budget de la sécurité sociale est une copie assez déséquilibrée parce que beaucoup de concessions ont été faite notamment à la gauche pour obtenir ce compromis politique. Je pense que d'ici la fin du processus parlementaire, on a besoin de rééquilibrer la copie pour avoir un budget qui préserve cette politique proentreprise que nous avons mené depuis 2017 qui a amené à ce que dans l'industrie 150000 emplois créés, que au global dans l'économie il y ait plus de 2 millions d'emplois créés. Tout n'a pas été parfait.
Je sais que tout n'a pas été parfait. Il faut encore simplifier la vie de nos entreprises, simplifier la vie de nos industriels. Il faut investir mais pour investir, il faut créer des richesses.
Et pour ça, évidemment, on ne peut pas pénaliser ceux même qui crée les richesses, c'est-à-dire les entreprises. Ça veut dire qu'il faut revenir parce que les chefs d'entreprise, les organisations patronales dénoncent une hausse de 53 milliards de de prélèvement dans le budget qui existe actuellement, donc qui est pas effectivement définitivement adopté. Euh mais quand même, est-ce qu'il faut revenir sur l'attaque sur les multinationales qui va rapporter 26 milliards sur l'attaque sur les rachats d'action, sur la taxe sur les au patrimoine, les tax sur les grandes entreprises ?
Toutes ces taxes, alors certaines de ces taxes, vous avez parlé de la taxe sur les multinationales euh en droit ne sont pas applicables parce que elles contribueraient à ce que l'on appelle une double imposition, à être imposée à la fois en France et dans un autre pays. Et ça, c'est contraire à un certain nombre de conventions fiscales que nous avons signé. Donc les 26 milliards, la réalité c'est que il est très peu probable euh que ces recettes rentrent dans les caisses de l'État.
Euh mais néanmoins, ça crée évidemment un signal qui est négatif et ça crée de l'incertitude, de l'anxiété chez les entrepreneurs et chez les entreprises qui peuvent avoir envie de venir s'installer en France. Et donc je pense que il faut clarifier tout ça. Les textes partent au Sénat d'ici quelques jours pour le PLF et le PLFSS.
Aujourd'hui pour le PLFSS. Voilà. aujourd'hui pour le PLFSS et et dans quelques jours pour pour le projet de loi de finance, c'est-à-dire le budget de l'État.
Je pense que cette navette législative, elle est importante. Le Sénat va certainement corriger un certain nombre de choses qui ont été votées et qui vont dans le mauvais sens. Je le dis très clairement parce que tout ce qui va dans le sens de plus d'impôts et en particulier plus d'impôts pour les entreprises, ça va dans le mauvais sens.
Néanmoins, à la fin, c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot. Et donc il y aura probablement soit une commission mixe paritaire entre les sénateurs et les députés qui aboutira à un consensus et si ça n'est pas le cas, il y aura une deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Donc avec l'Assemblée nationale qui aura le dernier mot.
Avec l'Assemblée nationale qui aura le dernier mot. Et là je le dis, c'est ça le rendez-vous important. C'est ça le rendez-vous important.
Il faut que en vue de cette deuxième lecture et bien on retrouve un petit peu de raison. Il faut en particulier que le Parti socialiste qui est l'interlocuteur du gouvernement soit raisonnable. Nous sommes prêts à faire un compromis.
Nous avons fait des pas vers le Parti socialiste, en particulier la suspension de la réforme des retraites pour laquelle vous avez voté contre. J'ai voté contre pour une raison assez simple. Je peux admettre cette suspension pour trouver un compromis politique et de la stabilité si elle est pour solde tout compte, c'est-à-dire si elle ne s'accompagne pas d'un grand nombre de mesures d'augmentation de la fiscalité et d'un grand nombre de mesures qui visent à revenir à annuler des économies.
Or, c'est ce qui s'est passé ces derniers jours, ces dernières semaines et moi je souhaite que d'ici la fin du processus, il y avait un gel des prestations, ça sera compensé par une hausse de la CSG. Mais vous voyez bien, ça sera pas tout à fait compensé. Justement, ce qu'on voit, c'est que le trou du budget de la CQ qui était prévu à 17 milliards dans la copie initiale du gouvernement, il est aujourd'hui à 24 ou 25 milliards.
Donc on voit qu'il y a un dérapage considérable. Ce dérapage PS à revenir à la raison. Exactement.
Je pense que on a besoin de trouver des compromis. Les compromis, ça se fait à deux. Nous avons fait un pas vers le Parti socialiste.
Maintenant, il faut que on retrouve des équilibre qui soit plus favorable à la création d'emploi, la création d'activités, plus favorables aux entreprises et qui permettent de réduire les déficits publics parce qu'à la fin, c'est nos enfants, c'est les générations futures qui vont payer. En un mot, vous avez fermé les débats à l'Assemblée samedi et dimanche. Vous étiez fatigué ?
Moi, vous savez, je suis revenu à l'Assemblée il y a quelques jours après avoir été ministre. Donc, je ne suis pas particulièrement fatigué. C'est vrai que pour les collaborateurs, pour les administrateurs de l'Assemblée, c'est important.
Maintenant, nous les députés, on est quand même élu par les Français pour siéger et on est payé pour ça. Donc moi, ça me dérangera jamais de siéger. Merci Marc F d'avoir été avec nous. tout de suite les informer sur France info.
Marc Ferracci