Mathilde Panot (LFI) veut désarmer les polices municipales, c’est "complètement irresponsable"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Augustin Duma référent national du syndicat Alliance police nationale police municipale. Bonjour Augustin Duma. Bonjour.
Le ministère de l'intérieur veut donner davantage de pouvoir aux policiers municipaux. Un projet de loi est en préparation. Alors avant de voir le détail, on précise que les maires seront laissés libres de leur donner ou pas ces nouveaux pouvoirs à ces agents municipaux.
Et ils ont un peu les mains liés jusqu'ici les agents de de police municipale, diriez-vous. On parle de 28000 fonctionnaires en France, hein. Tout à fait.
Effectivement, au niveau de la police municipale, ça représente 28000 fonctionnaires. Ils s'inscrivent totalement dans le continuum de sécurité. À l'heure actuelle, on propose d'augmenter les prérogatives.
Les maires seront libres effectivement d'aller ou non sur ce sur ces missions et il reste décideur sur la façon d'employer leur police municipale. Il y a de nombreuses polices municipales à travers le territoire. C'est vrai que ces polices municipales 3800 communes.
Oui, tout à fait. Ça représente 3800 communes avec des missions qui sont très différentes d'une commune à l'autre. Vous allez avoir l'application de la politique sécuritaire du maire et en fonction de la commune, ça peut varier.
Alors, si l'on entre dans le détail maintenant de ce que prévoit ce projet de loi du ministère de l'intérieur euh Augustin Duma, les policiers municipaux en particulier vont pouvoir verbaliser de nouvelles infractions. Lesquelles ? Alors, tout à fait.
Euh c'est ce qu'on appelle les amendes forfaitères délueles. À l'heure actuelle, sur ce type d'infraction, on est amené à interpeller les individus et à les conduire devant un officier de police judiciaire. Donc on sature les effectifs de police nationale qui ont déjà besoin d'être renforcés puisque la charge judiciaire est très conséquente.
Et nous, on a besoin de s'inscrire dans ce continum de sécurité, c'est-à-dire de pouvoir travailler sur l'ensemble des infractions. Alors, c'est vrai que le policier municipal, c'est la police de proximité. C'est nous qui sommes au quotidien au contact de la population.
Donc, vente à la Soviette par exemple. Par exemple, les ventes à la soviette, c'est ce qui a été proposé. Ça fait partie des infractions sur lesquelles voilà, on peut amener à augmenter nos prérogatives.
Ouais. Lag et graffiti. Alors c'est c'est très large he conduite sans permis, occupation illicite de hall d'immeuble.
Tout à fait. Ce qui veut dire que jusqu'ici les policiers municipaux ne pouvaient rien faire. Alors, si les policiers municipaux pouvaient agir, mais ils devaient agir de façon, on va dire, euh décalée, c'est-à-dire que on intervenait, on était amené à constater l'infraction, mais après, on avait absolument besoin d'avoir le relais de la police nationale.
Là, on serait beaucoup plus autonome. Euh alors, vente d'alcool mineur, usage de stupéfiant, euh, c'est encore une fois très large. C'est ces nouvelles infractions qu'ils pourvont verbaliser, des pouvoirs étendus également sur les contrôles d'identité.
Tout à fait. C'est vrai que là-dessus, on avait euh on rencontrait une diff on rencontrait une difficulté, c'est que sur les contrôles d'identité euh on pouvait lorsqu'on constate une infraction relever l'identité mais on ne pouvait pas aller nous-même chercher une identité et ça peut être le cas par exemple sur un individu qui aura un comportement suspect ou qu'aurait commis un acte délictuel sur lesquels on ne pouvait pas avoir l'identité d'un individu par exemple qu'on interpellait. H ils pourront aussi accéder à des fichiers auxquels ils n'ont pas accès jusqu'ici les policiers municipaux.
Tout à fait. Il a été proposé d'élargir donc les fichiers et ça c'est vrai que là-dessus on avait vraiment une carence puisque bah c'était toujours très compliqué. On sollicite constamment donc les effectifs de police nationale ou de gendarmerie.
On perd du temps. On n'est pas assez réactif. C'était pas assez opérationnel.
Ça a été proposé d'être fluidifié. Bon, ils pourront aussi utiliser des caméras piétons. Tout à fait.
Alors, il y avait déjà la possibilité d'utiliser les caméras piétons, mais c'était assez fastidieux. Là, ce qui est proposé, c'est qu'on puisse fluidifier et permettre à l'ensemble des agents du territoire d'avoir les caméras piétons. Ça sera généralisé.
Alors, toujours au bon vouloir des des maires qui seront libre ou pas d'appliquer ces ces possibilités là. Des drones également. Alors là, cette fois pour les drones à titre expérimental et pour 5 ans hein, le recours aux drones dans des dans des cas de figure très encadré.
Je pense notamment au grand rassemblement et aux manifestations sportives. Ça va changer la donne ça. Ça va changer la donne.
Après, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'on est dans une profession qui est en constante évolution. on se rend bien compte qu'on a besoin d'avoir des policiers sur le terrain, que la police du quotidien c'est absolument nécessaire et c'est primordial. On a besoin au niveau de la police municipale de faire évoluer.
On parle beaucoup effectivement de l'évolution des prérogatives mais on a aussi tout un volet social sur lequel il y a des améliorations sur lesquelles il faut travailler. Et c'est vrai que là-dessus, on a besoin donc de voir des évolutions au niveau des polices municipales. Pas dans pas d'acte d'enquête en revanche, ça reste bien les prérogatives de la police nationale.
On en parlait justement. Il faut vraiment qu'on s'inscrive dans ce continuum de sécurité. Les effectifs de police municipale, ils ont des missions qui sont régaliennes sur lesquelles il faut que nous on puisse venir en complément mais on n pas vocation à les traiter en direct.
C'est par exemple tout ce qui va être lié au terrorisme, au renseignement, c'est ce qui est lié effectivement aux actes d'enquête. Vous vous dites vous dites en complément Augustin Duma. Il y a pas de risque justement que dans leur mission du quotidien leur patrouille, la police municipale, la police nationale se se marche sur les pieds ?
Alors, ça fonctionne très bien, c'est-à-dire que sur les territoires, vous avez quand même euh l'intelligence qui fait que euh on a une complémentarité jusqu'ici. Mais je veux dire avec ce c'est ce projet de loi. Alors, on est vraiment sur des infractions qui sont des infractions de constatation.
C'est-à-dire que les agents quotidiens, ils travaillent déjà sur ce type d'infraction et euh en fait, on on leur permettrait de fluidifier et de faciliter. Hm. Je disais que les MERS seront laissés libres de donner ou pas ses ces nouveaux pouvoirs à leur policy municipaux. savait que c'était une une ligne rouge qui a été exprimée par les maires c de ne pas voir de se voir imposer ces mesures.
C'est c'est la crainte en fait d'un désengagement masqué de la police nationale qui s'exprime. Alors ce qui est surtout très compliqué c'est qu'on a à la fois donc à la police nationale et la gendarmerie nationale on a quand même un manque d'effectif, il faut le dire. Nous on le voit au quotidien, on travaille avec eux et on se rend compte que si on veut que ça fonctionne, il faut que l'intégralité des services de police puisse travailler.
Donc il faut leur donner les moyens. C'est c'est la vraie police de proximité. La police municipale en fait.
Tout à fait. La police municipale, elle a ce savoir-faire. Elle est au contact de la population, c'est elle qui obtient les renseignements.
Et justement, ce qui fait qu'on est très complémentaire avec la police nationale, c'est que d'ailleurs le pouvoir d'enquête qu'ont les policiers nationaux nous permet d'agir sur l'ensemble du spectre des infractions. H vous avez vu ce qu'a dit Mathilde Panot. Elle a affirmé que que les maires la France insoumise qui seront élus au terme des municipales l'année prochaine vont désarmer leur police communale au Dumain.
Tout à fait. C'est vrai que ça fait fortement réagir notamment en police municipale. Votre réaction à vous ?
Depuis hier soir, je suis sollicité par de nombreux collègues qui trouvent ça totalement irresponsable et c'est vraiment le cas. Il faut voir les derniers grands faits qui se sont passés. On a eu Mulous très récemment sur lequel les policiers municipaux ont été amenés à intervenir sur des actions terroristes.
On a des policiers qui sont les primaux intervenants et là que ce soit police nationale, police municipale, le policier, il a besoin à la fois de défendre la population mais également de se défendre. C'est euh des pères de famillees, ce sont des mères de famille, ce sont des voilà, ce sont des familles, ce sont des gens qui ont des familles et on a besoin de leur permettre bah effectivement de faire leur travail. Compte tenu de la situation sécuritaire du pays, de nos villes euh Auginistan Duma.
Est-ce que ça a encore un sens parce que ça existe euh d'avoir des policiers municipaux non armés ? Alors, avoir des policiers municipaux non armés, c'est de plus en plus compliqué à justifier. C'est vrai que ce que nous qu'on propose au niveau du syndicat Alliance Police Municipale, c'est de changer un peu la règle.
Au lieu d'avoir cette règle qui consisterait à dire au maire, "Bah écoutez, vous avez le choix d'armer votre police municipale, nous ce qu'on souhaiterait faire que la règle ce soit l'armement et que le maire qui ne souhaite pas armer sa police municipale, ce soit à lui de le justifier, d'inverser effectivement ces faits parce qu'on s'en est rendu compte. Les policiers municipaux, euh ce sont très souvent les primos intervenants et on sait jamais ce sur quoi on intervient. Vous pouvez intervenir par exemple sur un différent conjugal dans le cadre de violence intrafamiliale, voilà et la situation peut évoluer très rapidement. ne pas permettre aux agents de bah de réagir, c'est très compliqué et on le voit d'ailleurs euh chaque jour en France, il y a des policiers municipaux qui sont amenés à sortir leurs âmes, bien évidemment, pas forcément à les utiliser, mais le fait de pouvoir figer une situation bah ça permet de faire descendre des fois les tensions, ça permet d'agir, ça permet en tout cas de figer et euh d'être plus réactif.
Augustin Dumain, merci. Merci à vous. référent national du syndicat Alliance Police Nationale police municipale ce matin sur
Mathilde Panot