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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 12 décembre 2017 25 min

Xavier Bertrand "a quitté Les Républicains depuis bien plus longtemps", relativise Eric Woerth

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:12
Présentateur

Éric Wörth est l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy. Bonjour Éric Wörth. Bonjour.

0:16
Invité

Laurent Wauquiez a été élu dimanche président des Républicains. Vous l'avez soutenu, vous avez fait campagne pour lui, vous avez voté pour lui. Oui. Évidemment, d'accord. Il faut toujours tout vérifier. Et hier soir, l'ancien ministre Xavier Bertrand a dit ceci sur France 2.

0:31
Xavier Bertrand

J'ai décidé de quitter définitivement les Républicains. Nous sommes dans une dérive, je ne reconnais plus ma famille politique, alors j'ai décidé de la quitter. C'est pas simple, mais aujourd'hui je crois aussi que ça ne se joue plus dans les partis politiques.

0:42
Invité

C'est un coup dur pour vous, Éric Wörth ?

0:44
Invité politique

Je crois que Xavier, d'abord Xavier Bertrand est un ami. Je le connais depuis très très longtemps, on est dans la même région. J'ai été tête de liste dans mon propre département sur ces listes. Donc je ne retire rien à l'amitié que j'ai pour lui. C'est un choix politique, c'est un choix personnel. En réalité, Xavier Bertrand, il a quitté les Républicains depuis bien plus longtemps. À cause du second tour de l'élection présidentielle. Même avant, il a très peu participé à la primaire. Très peu. Il n'a pas vraiment pris parti entre les candidats. Il a... Voilà, c'est son choix. Je pense que son choix, il est essentiellement dicté par sa position dans sa région. D'ailleurs, il le dit.

Mon parti, c'est ma région. Moi, je pense que notre parti, c'est d'abord le pays. C'est d'abord la France. Et même quand on est président de région. Et cette région explique beaucoup les conditions, par exemple, d'élection dans cette région. Comme dans la région PACA. C'est la même chose pour Christian Estrosi. qui ont transformé profondément le président de région qui, à ce moment-là, a certainement considéré qu'il fallait casser tous les codes. Et il le fait à propos des Républicains. C'est un choix, une trajectoire assez personnelle.

1:45
Invité

Vous avez tout à fait raison. Et Xavier Bertrand dit, ce que j'ai vécu lors des élections régionales, c'est-à-dire ce face-à-face avec Marine Le Pen, m'a beaucoup marqué. Et du coup, voir Laurent Wauquiez entre les deux tours de l'élection présidentielle, ne pas vouloir choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, c'est trop. Moi, mon adversaire, c'est Marine Le Pen. Et j'aurais voulu que Laurent Wauquiez prie une position claire. Vous, vous avez pris une position claire dans l'entre-deux tours de l'élection présidentielle ou pas ?

2:13
Invité politique

Oui, moi, j'ai voté Emmanuel Macron au deuxième tour.

2:16
Invité

Et Laurent Wauquiez refuse de dire pour qui il a voté. Ce n'est pas un problème, ça ? Ça ne reste pas un problème ?

2:22
Invité politique

De mon point de vue, non. Honnêtement, non. D'autant plus que je n'ai pas fait comme ça. Donc, j'ai effectivement voté Macron parce que je pensais que c'était mieux et plus clair comme ça.

2:31
Invité

Et du coup, vous ne pouvez pas dire que ça vous pose un problème ?

2:33
Invité politique

Je ne jette pas la pierre à ceux qui ont décidé de ne pas prendre position ou de garder leur position pour eux-mêmes. Ce n'est pas une erreur ? Non, je ne crois pas. Je pense qu'on fait comme on se sent.

2:44
Invité

En tout cas, il le paye.

2:46
Invité politique

Vous savez, le Nini, suffisamment observateur de la vie politique, le Nini a longtemps été la ligne de conduite de l'UMP. Très longtemps. Ça a été, au fond, d'une certaine façon, la reconduite du Nini au moment de l'élection présidentielle. Je n'ai pas considéré que c'était le bon choix. Mais ce n'est pas pour ça. Je n'ai pas considéré que c'était le bon choix. Mais je comprends ceux qui ont pu le faire. Et en tout cas, je ne leur jette aucun anathème. Et ça ne veut pas dire, parce qu'au fond, qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça ne veut pas dire qu'il y a la moindre rupture d'étanchéité entre, tout d'un coup, une droite et l'extrême droite, comme on voudrait en faire le procès quasiment tout le temps, systématiquement, à Laurent Wauquiez. Il n'y a évidemment aucune, il y a une barrière totale, il y a une barrière qui est, à mon sens, infranchissable, qui est infranchissable entre le Front National et les Républicains. Donc ça a servi aussi d'alibi, cette affaire de Laurent Wauquiez. Ah, un alibi, c'est ce que j'allais vous demander.

3:43
Présentateur

Vous le croyez, Xavier Bertrand, lorsqu'il dit que c'est la principale raison pour laquelle il est.

3:47
Invité politique

Je ne crois pas que ce soit une raison suffisante. Je ne crois pas du tout. C'est quoi, c'est un prétexte ? L'histoire de notre parti montre qu'on n'a souvent pas choisi. Je pense que, et ça a été le cas d'ailleurs, c'était un alibi pour les membres du gouvernement, pour ceux qui sont, comme Gérald Darmanin par exemple, qui l'a beaucoup dit, qui a dit, moi je suis rentré au gouvernement parce que je n'ai pas accepté ce positionnement. Oui, mais ce positionnement, il était accepté déjà depuis longtemps. Et surtout, il ne faut pas lui donner une importance plus forte qu'elle n'est.

4:17
Présentateur

Ça crée une ambiguïté qui crée une crise politique et qui crée aussi peut-être, pardon de vous couper, qui crée aussi peut-être, eh bien, un sentiment de sympathie chez certains électeurs, qui ne sont pas forcément chez les Républicains. Sympathie de qui ?

4:32
Invité

Des électeurs du Front National. Bien sûr.

4:34
Invité politique

Il y a deux sujets. Que la droite essaie de ramener des électeurs qui votaient à droite, qui votent maintenant vers le Front National et les ramener dans son propre giron, heureusement, on ne peut pas, enfin la France n'est pas condamnée à avoir 30 ou 35%, en tout cas au deuxième tour, d'électeurs du Front National. On n'est pas la France de l'extrême droite, on n'en veut pas. Donc il faut bien essayer de faire en sorte que ces électeurs, on leur explique qu'il y a une alternative crédible. Ça ne veut pas dire courir après. On a ce débat depuis 20 ans, donc vous voyez, on peut le refaire encore pendant 20 ans. Mais moi je crois qu'il faut évidemment essayer de reprendre les électeurs.

Pas évidemment ni les idées, ni les cadres, ni les élus de ces mouvements. Il y a une barrière qui est infranchissable. Il y a une étanchéité totale. Et Laurent Wauquiez est le président maintenant d'une formation qui pratiquera l'étanchéité totale entre l'extrême droite et la droite. Et sa vocation, elle est de couvrir tout ça. Mais il y a beaucoup de trajectoires personnelles aussi derrière tout cela.

5:36
Invité

D'autres responsables des Républicains ont fait la grise mine hier. Alain Juppé très froid. D'après les informations, il a à peine pris Laurent Wauquiez au téléphone hier. Et on a entendu Jean-Pierre Raffarin sur France Inter dire ceci.

5:49
Locuteur 5

Avec Alain Juppé, on avait dit qu'on met Emmanuel Macron en observation. Et quand on le regarde travailler, je dis qu'on veut plutôt une observation bienveillante. Et bien on va mettre en observation Laurent Wauquiez.

6:02
Xavier Bertrand

Et elle sera malveillante ?

6:04
Locuteur 5

Elle sera, je dirais, vigilante. Une observation vigilante. On va le surveiller, le voir s'il veut aller dans telle ou telle direction.

6:12
Invité

Oui, c'est une observation vigilante, c'est quand même pas terrible. Mais moi je n'aurais pas dit que ça. Avec Alain Juppé. Vous n'auriez pas que vous êtes pas dans cette situation-là.

6:19
Invité politique

Je n'aurais pas dit tout à fait comme ça. J'aurais parlé d'observation bienveillante pour Laurent Wauquiez. Parce qu'on est dans la même formation politique. Mais il n'a pas dit ça.

6:26
Invité

Il a dit vigilante, c'est-à-dire manque de confiance.

6:29
Invité politique

Et d'observation vigilante pour le Président de la République. Puisqu'on est amené à voter quand ça nous convient un certain nombre de textes. Donc je pense qu'il y a une aversion comme ça, des qualificatifs. Mais on est dans la même famille.

6:39
Invité

Si vous voulez me dire qu'il y a plein de gens... Ce n'est pas une inversion due au hasard ou à l'inattention quant au choix des mots.

6:46
Invité politique

Non, certainement pas de la part de Jean-Pierre Raffarin. Mais oui, je ne l'aurais pas dit comme ça. J'aurais dit exactement l'inverse. Vous voyez bien qu'il y a un problème. On se retrouvait bien dans la même famille politique. Mais on ne peut pas dire qu'il y a une famille politique. Il y a quelqu'un qui est élu. Il est élu assez largement. Il est certes rejeté souvent par des commentateurs. Il est rejeté par une partie de la classe politique. On le voit bien dans son propre camp. Mais enfin, il est élu. Il est président d'une formation politique. Est-ce qu'on veut que cette formation politique, elle demeure ou est-ce qu'on veut qu'elle éclate ? Moi, je veux qu'elle demeure.

Et je crois que la démocratie, c'est d'abord des formations politiques. Je ne crois pas à ce que dit Xavier Bertrand sur les partis politiques. Donc je crois que les formations politiques, c'est important. Et c'est le sel de la démocratie. C'est l'organisation de la démocratie. Bon, à partir du moment où il y a un nouveau président, on prend le pari qu'il va réussir. On l'aide plutôt à réussir qu'on l'aide à aller vers l'échec. C'est une drôle d'idée. Il n'y a pas d'a priori. Il ne faut pas avoir d'a priori. Que dans un an, on dise, ah oui, mais ce n'est pas bien, ce n'est pas comme ça. Là, il y a une ligne politique qui écrase toutes les autres. Bon, on verra bien. Mais il faut l'aider.

Et c'est une drôle de manière de l'aider que d'être l'observateur de la vie de son propre parti plutôt qu'en d'être l'acteur. Nous devons être des acteurs de la droite et de la droite dans son ensemble. Et de la droite modérée jusqu'à la droite traditionnelle.

8:00
Présentateur

Vous restez avec nous, Eric Wörth, 8h41, l'essentiel de l'info de Viche-Coupèze.

8:06
Locuteur 1

Une centaine de militants écologistes sont ce matin devant le Panthéon à Paris alors qu'Emmanuel Macron réunit à Boulogne, à côté de la capitale, une cinquantaine de dirigeants pour réfléchir au financement de la lutte contre le réchauffement climatique. Une quinzaine d'ONG réclament la fin des investissements publics dans les énergies fossiles. 22 000 foyers sont toujours privés d'électricité ce matin dans le Nord et dans le Pas-de-Calais. Les deux départements sont toujours en vigilance orange. Alerte neige et verglein, il n'y a pas de bus scolaire ce matin. Attention aux avalanches aussi dans les Alpes du Sud.

Reprise des vols à l'aéroport de Nice mais le retour à la normale va prendre du temps. Atos, prêt à mettre 4,3 milliards d'euros sur la table pour acquérir Gemalto. Et créer un numéro 1 de la cybersécurité. Le leader de la carte à puce en tout cas est en difficulté. Un plan social a été annoncé. 288 emplois sont menacés. Et les salariés de Gemalto ont prévu de manifester ce matin devant leur siège. C'est à Gemnos près de Marseille. Airbnb de son côté renonce à sa carte prépayée. C'est un engagement de la plateforme de location après une réunion hier soir à Bercy. France Info voulait révéler la semaine dernière.

Cette carte émise à Gibraltar permet aux propriétaires de ne pas déclarer au fisc leur revenu de location.

9:25
Présentateur

Eric Wörth, ancien ministre, député Les Républicains de l'Oise et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy.

9:30
Invité

Plusieurs reproches sur le fonds sont faites à Laurent Wauquiez. Alors on a parlé du Front National, on n'y reviendra pas. Mais par exemple, il y a l'oubli, selon certains, Xavier Bertrand l'a exprimé hier sur France 2, de la dimension sociale de la droite. On écoute Xavier Bertrand.

9:45
Xavier Bertrand

Il y a des choses aujourd'hui que je n'aime plus dans la politique. La politique des boucs émissaires. Quand on dit le cancer de la cystana, comme si tous les chômeurs, comme si tous les gens qui sont au RSA avaient choisi d'être au chômage au RSA. S'il y a des gens qui abusent parmi ceux-là, il faut changer le système et leur dire que c'est les droits et les devoirs. Mais les gens qui étaient en contrat aidé, qui du jour au lendemain vont se retrouver brutalement au chômage. Ce n'est pas des feignants cela.

10:08
Invité

Le cancer de la cystana, c'est une phrase que Laurent Wauquiez a prononcée en 2011. Elle est ancienne et elle reste, elle revient souvent dans le débat. Vous comprenez une partie de la critique de Xavier Bertrand, Éric Bertrand ?

10:16
Invité politique

Oui, il faut évidemment que la droite soit sociale, que la droite soit régalienne, que la droite soit libérale sur le plan économique. Enfin, tout ça me va très bien et que la droite soit européenne.

10:27
Invité

Le cancer de la cystana, c'est une formule qui vous a choquée ?

10:30
Invité politique

Elle a été, à mon avis, mal interprétée. C'est vrai que la France...

10:33
Invité

Mal interprétée ?

10:34
Invité politique

Enfin, mon sentiment, je vais vous dire comment je l'interprète. Je ne l'interprète pas de la même manière que Xavier Bertrand. Je pense que la France souffre d'une politique d'assistanat, d'assistance aux personnes. Les personnes ne sont pas mises en cause, contrairement à ce que dit Xavier. La question n'est pas de savoir si les personnes qui sont au chômage veulent retrouver du travail. Oui, elles veulent retrouver du travail ou si elles sont aidées, si elles ne méritent pas de l'être. La question, c'est de savoir, est-ce que le poids de ces dépenses publiques sur l'assistance sociale, est-ce que ces points n'entraînent pas l'ensemble de la société française vers le bas ?

Est-ce que ça ne nuit pas la compétitivité du pays ? Est-ce qu'en réalité, ça ne se retourne pas contre celles et ceux qui devraient en profiter ? La formule qui a marqué les esprits, il faut bien réformer notre modèle social, Jean-Michel Apathy. Personne ne peut penser le contraire.

11:20
Invité

La formule qu'avait employée Laurent Wauquiez était malheureuse ?

11:23
Invité politique

Laurent Wauquiez emploie plein de formules qui sont des formules très fortes.

11:27
Invité

Vous avez l'air de découvrir que la politique, c'est la communication. Enfin, voilà, les mots qu'on choisit. Oui, bien entendu, je pense que c'est une chance. C'est assez fort, quoi.

11:36
Invité politique

Oui, mais quand la politique sociale qu'on mène avec plein de bonnes âmes qui sans arrêt veulent toujours aider le plus faible et qui en réalité l'entraînent vers une plus grande faiblesse, c'est ça la réalité. Il faut bien inciter les personnes aujourd'hui à revenir vers l'emploi. Il faut aider les plus démunis. La France est une France solidaire, mais pas solidaire dans n'importe quelle condition. Il y a des droits, il y a des devoirs. C'est un vieux débat et c'est un débat à droite que nous avons eu à plusieurs reprises. Et évidemment, la politique doit être sociale. Entre nous, la politique du gouvernement aujourd'hui d'Emmanuel Macron, elle n'est pas du tout sociale.

Elle n'est pas du tout. Elle est sociale comme ça, sur la superficie des choses. Mais il y a une dimension sociale qui manque totalement.

12:18
Présentateur

Il y aura des mesures sociales proposées par Laurent Wauquiez. On n'a pas l'impression que c'est sa priorité. C'est plutôt l'immigration, d'autres sujets comme ça qui semblent plus... Écoutez, les Républicains, ils doivent... L'identité...

12:31
Invité politique

Les Républicains doivent totalement repenser ce qu'ils sont. Ce que sont les valeurs de droite, on doit le faire. On a du temps. Je ne suis pas venu pour vous livrer un projet clé en main des Républicains. On a du temps. Donc il faut le faire tranquillement. Il fallait qu'il y ait un président des Républicains. Il fallait qu'il soit élu de façon tout à fait incontestable. Et puis il faut maintenant qu'on rentre dans le détail des valeurs, qu'on redise tout cela. Et Xavier a raison quand il dit qu'il ne croit plus aux vieux partis politiques. Il a raison. Les vieux partis politiques ont perdu les élections, encore que ce n'est pas une histoire de partis politiques à mon avis.

Mais enfin, on a besoin par contre de partis politiques. Et Xavier a suffisamment été lui-même dirigeant de partis politiques pour le savoir. C'est comme l'économie, elle a besoin d'entreprise. La démocratie, elle a besoin de partis et donc d'organisation. Donc on a besoin de repenser notre organisation.

13:15
Invité

Et de l'ouvrir à tous. Autre ambiguïté sur l'Europe. On reproche quelquefois son discours anti-européen à Laurent Wauquiez. Nous recevions ici Guillaume Pelletier, qui est proche de Laurent Wauquiez. On dit même qu'il pourrait être, vous allez nous le confirmer peut-être, l'un des prochains vice-présidents des Républicains. Et Guillaume Pelletier, c'était au mois de novembre, parlait de l'Europe en ces termes.

13:36
Locuteur 2

Qu'est-ce que porte Alain Juppé ? Qu'est-ce que porte Emmanuel Macron sur la question européenne ? Ce sont les frères siamois d'une vieille Europe. D'une Europe démodée. D'une Europe ringarde. Quelle est l'Europe que j'appelle de mes voeux ? Protéger notre économie à travers le patriotisme économique. Protéger nos intérêts commerciaux à travers des frontières commerciales. Protéger nos peuples à travers des frontières migratoires.

13:58
Invité

Patriotisme économique, frontières commerciales, frontières migratoires. C'est l'Europe que vous voulez ? Beaucoup de pays.

14:03
Invité politique

Moi je suis pour une France ouverte, une France qui se protège, en même temps une France qui s'ouvre au monde. Je n'ai pas peur du monde. C'est des formules là aussi. Je crois à l'idée qu'il ne faut pas être naïf.

14:17
Xavier Bertrand

Il ne faut pas être naïf.

14:19
Invité politique

Attendez, cette formule est employée depuis 20 ans. Il faut évidemment aider la France. On est français. Mais oui, je suis patriote. Évidemment que je suis patriote. Vous êtes patriote, j'espère.

14:28
Invité

Vous êtes pour des barrières commerciales ? Pour du protectionnisme ?

14:33
Invité politique

Je suis pour des barrières commerciales quand d'autres pays les font. Je ne suis pas pour la naïveté commerciale. Je ne suis pas pour les chrétés à tout vent. Vous croyez vraiment qu'il faut être naïf avec la Chine ou ces pays-là ? Vous croyez qu'il faut importer leur propre chômage dans notre propre pays ? Non, je ne suis pas favorable à ça. C'est un changement de ligne peut-être. Et vous ne croyez pas qu'il y a du patriotisme économique quand le gouvernement dit...

14:50
Invité

C'est un changement de ligne peut-être par rapport à la ligne traditionnelle des républicains ?

14:55
Invité politique

Non, il n'y a aucun changement de ligne. Il y a la volonté d'être dans une économie ouverte, que la France tire ses marrons du feu d'une économie ouverte, mais sans naïveté. Il y a la naïveté commerciale, naïveté migratoire. On doit être très fort là-dessus. Quand on parle de patriotisme économique... Entre nous, la mondialisation sans régulation, ça ne marche pas.

15:12
Invité

Personne ne dit ça, vous le savez très bien. Patriotisme économique, c'est un petit clin d'œil à des gens, quoi. Non, ce n'est pas un petit clin d'œil. Frontières commerciales et frontières migratoires, c'est des petits clin d'œil.

15:21
Invité politique

Vous savez, c'était le made in France. C'est quoi ? Le made in France. C'est du patriotisme économique. C'est du patriotisme économique.

15:27
Invité

Il y a des jours où on a du mal à se comprendre.

15:29
Invité politique

Non, vous comprenez très bien. Vous aussi. Vous comprenez très bien. On se comprend, mais on fait semblant de ne pas parler de l'anglais. Non, c'est faux. Nous sommes absolument clairs. Et je crois au contraire qu'on sort de l'ambiguïté, pas à son propre désavantage. Donc je crois au contraire qu'il faut être absolument clair. On a une France qui doit être protégée. La protection. Et tout dirigeant doit protéger son propre pays. Mais la meilleure protection, c'est d'une certaine façon, l'attaque. Ce n'est pas le repliement.

15:55
Invité

Dernier reproche fait à Laurent Wauquiez. Il y en a tellement.

15:58
Invité politique

Non, mais Laurent Wauquiez, c'est comme l'impression qu'il attire comme un paratonnerre tous les reproches de la Terre. Thomas, ça veut dire qu'il est finalement plutôt talentueux, certainement.

16:08
Invité

C'est ça, c'est ça. Énarque, normalien. Et on lui reproche un peu son populisme. On écoute Laurent Wauquiez.

16:15
Locuteur 3

Je ne suis pas un héritier de la politique. J'ai fait ce qu'on appelle les grandes écoles de la République. J'en suis fier parce que j'ai travaillé dur pour cela. Mais j'en connais aussi les codes et les limites. J'ai découvert le mépris. Le mépris d'une caste pour les Français. Ce mépris incroyable pour le peuple. Pendant des décennies, ce petit groupe, choisi par cooptation, a fait croire à la France qu'il veillait sur elle.

16:46
Invité

Caste, mépris pour le peuple, petit groupe. Il n'en fait pas un peu trop des fois, Laurent Wauquiez ?

16:51
Invité politique

Non mais Laurent, on ne peut pas dire qu'il n'en fait pas assez. Et à mon avis, je vais vous dire, je pense que c'est ça.

16:56
Présentateur

C'est la meilleure phrase de la matinée.

16:58
Invité politique

Je pense que c'est une grande qualité. Dans la situation politique où nous sommes, c'est-à-dire l'invisibilité de l'opposition, par contre une grande mise en avant de l'extrême droite et de l'extrême gauche par le pouvoir actuel qui essaie de jouer ce trilogue avec les extrêmes. Au fond, si ce n'est pas Macron, c'est ou Mme Le Pen ou M. Mélenchon. Donc surtout soutenez M. Macron. Non, il faut que dans une grande démocratie, il y ait des alternatives possibles. Et cette alternative, elle est à droite, sur un champ large. Moi, je crois à une droite ouverte, à une droite moderne, à une droite européenne. Et évidemment, on peut défendre cela à l'intérieur des Républicains.

L'avenir du pays passe aussi par l'avenir des Républicains parce que c'est l'avenir de notre démocratie. Et l'avenir des Républicains, c'est plutôt à l'intérieur des Républicains qu'à l'extérieur des Républicains. C'est un peu facile de partir à l'extérieur des Républicains.

17:49
Présentateur

Vous restez avec nous, Eric Wirt. 8h50, voici l'Essentiel de l'Info avec Edwige Koupès.

17:54
Locuteur 1

95% de grévistes à la RATP ce matin, selon l'UNSA. Trafic fortement perturbé sur les lignes A et B du RER. Un train sur deux seulement en ce moment. Et il y en aura encore moins dans les heures creuses pendant la journée. Les syndicats dénoncent des tensions chroniques et un management agressif. Des massages de pieds, des attouchements jusqu'à des viols. Georges Tron, jugé aux assises, accusé par deux anciennes employées de la mairie. Des affabulatrices pour l'ancien secrétaire d'État de François Fillon, toujours maire de Draveil dans l'Essonne. Il risque 20 ans de prison. Verdict le 22 décembre. L'idée d'une taxe européenne sur les transactions financières relancée.

Pour financer la lutte contre le réchauffement climatique, Emmanuel Macron demande des solutions concrètes. Il réunit aujourd'hui une cinquantaine de dirigeants près de Paris. Un sommet organisé après la décision de Donald Trump de se retirer de l'accord de Paris. La piste d'un deuxième homme dans l'enquête sur l'assassinat d'un couple de policiers à Magnanville en 2016. Un proche du tueur mis en examen hier soir. Son ADN a été retrouvé sur la scène du crime. Les juges vont maintenant devoir déterminer s'il était présent le soir de l'attentat.

19:02
Présentateur

Éric Wörth, député Les Républicains de l'Oise, ancien ministre et l'invité de France Info, Jean-Michel Apathy.

19:11
Invité

Vous avez siégé il y a un peu plus de 10 ans peut-être avec Georges Tron dans le même gouvernement ?

19:15
Invité politique

Oui.

19:15
Invité

C'était le gouvernement de Dominique de Villepin, je pense ?

19:18
Invité politique

Non, c'était le gouvernement de François Fillon. François Fillon, oui.

19:21
Invité

François Fillon, oui. Il est aujourd'hui aux assises. Quels commentaires cela peut-il vous suggérer, Éric Wörth ?

19:29
Invité politique

Je ne connais pas le fond de cette affaire. Tout ça est très... Écoute, il y a un procès qui commence aujourd'hui, donc je ne vais pas commenter cette affaire.

19:39
Présentateur

C'est la première fois qu'un ancien membre du gouvernement se retrouve devant les assises. Devant les assises, oui, c'est spectaculaire.

19:44
Invité politique

Il est justement judiciaire, mais aussi un peu politique. Un procès d'assises, évidemment très très lourd, je pense très lourd pour lui. Il dit qu'il est innocent, et je crois que la présomption d'innocence vaut beaucoup. Voilà, je ne vais pas commenter un procès qui commence aujourd'hui.

19:59
Invité

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, était l'invité des 4 vérités ce matin sur France 2. Et il a opposé une fin de non-recevoir aux nationalistes corse qui ont triomphé dimanche à propos de la co-officialité de la langue corse. On écoute Benjamin Griveaux.

20:15
Locuteur 6

Il y a une particularité en Corse, nul ne le nie. Les discussions vont s'engager. Une fois que l'exécutif sera installé, ce sera le cas après le mois de janvier.

20:23
Xavier Bertrand

Donc j'entends bien que la co-officialité de la langue corse, c'est non ?

20:27
Locuteur 6

La langue de la République, c'est le français.

20:29
Invité politique

La langue de la République, c'est le français ? Bien sûr, il n'y a pas de co-officialité, c'est comme le statut de résident, comme... Le statut de résident non plus ?

20:37
Invité

En fait, il ne faut rien changer en Corse.

20:38
Invité politique

Il y a beaucoup de choses qui sont différentes sur le continent. L'amnistie ? Non, mais il n'y a pas d'amnistie possible. Enfin, les personnes qui sont en prison, ce n'est pas des prisonniers politiques, c'est des prisonniers de droit commun. C'est des prisonniers de droit commun, c'est des gens qui ont commis des crimes, qui ont commis des délits, des... Enfin, il faut arrêter de jouer avec tout ça.

20:57
Invité

Il n'y a pas des gestes à faire en fonction des résultats enregistrés dimanche ?

21:00
Invité politique

Écoutez, il faut aider la Corse à se développer, comme on doit aider toutes les régions à se développer. Elle a de merveilleux talents. Enfin, la Corse, c'est la France. C'est d'abord la France. Mais 56% pour le... Il n'y a qu'un seul gouvernement, il n'y a qu'une seule France, il n'y a pas plusieurs Frances, mais une France des régions avait forte de ses diversités. Mais enfin, il y a surtout un gouvernement français et une cohérence française, enfin. D'ailleurs, je ne suis pas sûr que... Je ne sais pas pourquoi les gens ont voté comme ça. Moi, je ne suis pas Corse. Mais il ne faut pas respecter ce vote, justement, et l'entendre.

21:28
Invité

C'est aussi parce qu'il faut y répondre.

21:29
Invité politique

Oui, d'abord ce gouvernement d'y répondre. Et puis, il y a déjà un statut très particulier pour la Corse. Sur le plan fiscal, les successions, les droits de tabac, enfin, beaucoup de sujets sont assez différents. Il y a déjà une particularité Corse qui est prise en compte. Dans les débats à l'Assemblée nationale, on parle très très souvent de la Corse. Donc la Corse, elle a un grand avenir à l'intérieur de la République française et dans la cohérence de la République française.

21:51
Invité

C'est un fait de société. Les téléphones portables envahissent nos vies. La vôtre, peut-être, Rick Vart. Aussi, l'avis des collégiens. Et le ministre de l'Éducation a dit ceci dimanche sur RTL.

22:02
Locuteur 7

Est-ce qu'on va interdire les téléphones portables à l'école et au collège ? Réponse, oui. Ensuite, à la rentrée 2018, nous sommes en train de travailler sur cette question pour les modalités. Est-ce que vous trouvez que c'est un bon ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer ?

22:16
Invité politique

Écoutez, il ne lance pas de réforme particulière de l'éducation, mais pas à pas, il essaie de régler des sujets. Et en cela, oui, quelqu'un qui connaît bien l'éducation nationale, il en a fait partie pendant très longtemps. Donc il est plutôt, semble-t-il, efficace. En tout cas, l'éducation nationale doit faire des progrès, enfin, tous ensemble. C'est rare qu'un ministre de l'Éducation,

22:38
Invité

c'est tellement difficile qu'un poste reçoive autant d'avis favorables.

22:43
Invité politique

Parce qu'il n'y a pas de grande réforme. C'est pour ça, c'est ça la clé. Je pense que la grande réforme, elle crée vraiment plein de problèmes. Il faut des séries de petites réformes efficaces. Mais il faut avancer. Une grande réforme du bac est annoncée. Oui, enfin, entre ce qui est annoncé... Ça va être une révolution, normalement. Oui, oui, bien sûr. Non, mais c'est un examen, c'est pas en soi. Voilà, il faut que l'éducation nationale, elle soit au niveau des autres éducations nationales, et on est plutôt en train de décrocher. Donc ça, il faut évidemment réagir.

23:10
Invité

Il y a d'autres ministres qui font une bonne impression au gouvernement, actuellement ?

23:13
Invité politique

Non, mais il y a des ministres techniques. Les ministres politiques sont sous influence politique, où ils sont trop âgés, où ils sont, au contraire, venant d'autres progrès.

23:21
Invité

Gérald Darmanin, au budget, vous avez été ministre du budget. Gérald Darmanin, au budget, un bon ministre ?

23:24
Invité politique

Non, mais moi, je ne distribue pas des bons points ou des mauvais points. Je regarde ce qui se passe. Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? J'imaginais bien que vous n'aviez pas joué ce jeu. Je n'ai pas joué ce jeu.

23:31
Invité

Non, mais il y a des gens qui disent, y compris chez vous, finalement, Emmanuel Macron, il fait une politique qu'on aurait bien aimé faire.

23:36
Invité politique

Oui, Emmanuel Macron, il fait une politique avec 2% de croissance dont il a hérité. C'est tellement plus simple. Vous savez, moi, je suis alpiniste, c'est plus simple de faire une voie en haute montagne par beau temps que de la faire par moins 20 sous une tempête de neige. C'est ce qui n'est arrivé à Nicolas Sarkozy entre nous. Une récession puissante, une crise internationale, c'est ça qu'il faut régler. Donc, évidemment qu'il faut réformer le pays. Emmanuel Macron tente de le faire. Est-ce qu'il va suffisamment loin ? Je ne le crois pas. Je pense qu'au contraire, il faut aller beaucoup plus loin. Je pense qu'il est en train de gâcher une partie de la croissance. On a ce débat.

Mais enfin, c'est tellement plus simple aujourd'hui avec de la croissance, des rentrées fiscales et des carnets de commandes pour nos entreprises. Tant mieux qu'ils sont pas.

24:14
Invité

Ce qui dit que c'est plutôt une politique de droite qu'une politique de gauche, vous l'a redit, ils se trompent ?

24:17
Invité politique

Il y a des éléments qui étaient dans nos propres projets.

24:20
Invité

C'est ça, vos difficultés, en fait.

24:21
Invité politique

C'est exact. Non, ce n'est pas une difficulté. Je pense qu'on ferait autrement, l'ISF, on aurait réformé évidemment autrement, etc. Mais comme on a trois minutes, j'aurais du mal à vous l'expliquer. Il faut donc que les Républicains reprennent leur haine d'une opposition crédible et d'une opposition visible. Et il faut prendre ce pari. Moi, je suis optimiste. Et l'optimiste, ce n'est pas de s'en aller. L'optimiste, c'est au contraire de rester et à l'intérieur des Républicains, de faire vivre une ligne politique qui soit une ligne moderne.

24:46
Invité

Et en tout cas, la phrase du jour, c'est on ne peut pas dire que Laurent Wauquiez n'en fait pas assez.

24:50
Invité politique

Oui, il y a aussi un décryptage qui est chez nos propres amis qui sont à la bordure. C'est de se dire qu'il y a des lignes politiques, mais aussi des trajectoires individuelles. Et il faut beaucoup regarder en fonction des trajectoires individuelles, la façon dont on veut conserver sa région ou la manière dont on se dit qu'on sera peut-être un jour président de la République. Moi, je pense que c'est étape après étape. C'est parce que les Républicains auront réussi à reformer une opposition qu'à ce moment-là, chacun pourra, pourquoi pas, jouer sa carte personnelle. Jouons d'abord, collectif. Ce serait merveilleux.

25:21
Présentateur

Merci beaucoup, Eric Wurt. Bonne journée à vous.