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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 21 novembre 2019 36 minContradictoireActualité / polémiqueSantéSolidarités & familleRetraitesÉducation & recherche

Édouard Philippe, invité exceptionnel de la matinale : "L'hôpital est en phase de décrochage"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 59 %Attaque 13 %Défensif 28 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:13OuverteRéponse directe

    Diriez-vous que c'est un plan pour répondre à l'urgence ou pour sauver l'hôpital public de manière structurelle ?

  • 2:31RelanceRéponse partielle

    Pourquoi la prime de 800 euros ne concerne que Paris et sa banlieue ?

  • 2:54RelanceÉludée

    Il n'y a pas de problème en région ?

  • 5:30RelanceRéponse partielle

    Pourquoi ne pas avoir augmenté les salaires des infirmières alors qu'ils sont parmi les plus bas de l'OCDE ?

  • 6:48RelanceRéponse directe

    La reprise de la dette est quelque chose de virtuel, les salariés ne le sentent pas.

  • 8:03RelanceRéponse partielle

    Malgré vos annonces, les personnels soignants appellent à la grève le 30 novembre. C'est de l'ingratitude ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57Invité politiqueChiffre
    « Vous allez reprendre une partie de la dette hospitalière à hauteur de 10 milliards d'euros. »
  • 1:02PrésentateurChiffre
    « 1,5 milliard d'euros sur 3 ans destinés au budget de la sécu et des primes. »
  • 11:18PrésentateurChiffre
    « vous avez mis 17 milliards d'euros sur la table suite à la crise des gilets jaunes. »
  • 24:07Invité politiqueChiffre
    « en France, le système de bourse c'est 5,7 milliards d'euros. »
  • 24:21Invité politiqueChiffre
    « on a revalorisé ce système de bourse de 46 millions dans le dernier budget. »
  • 24:25Invité politiqueChiffre
    « on a supprimé la cotisation maladie de sécurité sociale des étudiants, c'est 217 euros par mois. »
  • 27:54Invité politiqueChiffre
    « La vérité c'est que nous dépensons plus d'un milliard d'euros par an. »
  • 28:11Invité politiqueChiffre
    « On est au-delà du milliard aujourd'hui en France. »
  • 28:18Invité politiqueChiffre
    « La vérité c'est qu'on dépense plus en France qu'en Espagne. »
  • 29:59Invité politiqueFait
    « Il n'est pas question de supprimer l'AME, on se bat même pour faire en sorte qu'elle continue à fonctionner. »
  • 30:07Invité politiqueFait
    « Il est simplement question de savoir comment est-ce qu'on l'organise. »
  • 33:16Invité politiqueFait
    « Parce que nous demandons à tous ceux qui gèrent de l'argent public de faire des économies. »
  • 33:42Invité politiqueFait
    « France Inter a d'excellents résultats. »

Temps de parole

  • Édouard Philippe78 %
  • Présentateur10 %
  • Présentateur 210 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Merci d'écouter France Inter, il est 8h21. France Inter, première matinale de France, Léa Salamé, Nicolas Demorand. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le Premier ministre Edouard Philippe dans un grand entretien spécial jusqu'à 8h55. La revue de presse de Claude Ascolovitch est d'ores et déjà disponible en ligne sur notre site internet. Vous aurez, amis auditeurs, la parole dans une vingtaine de minutes. Appelez-nous, le standard est ouvert, 0145 24 7000. Vous avez également les réseaux sociaux et l'application mobile d'Inter. Monsieur le Premier ministre Edouard Philippe, bonjour. Bonjour.

Après une journée de mobilisation, Edouard Philippe, sans précédent, de tous les personnels de l'hôpital public, après les urgences, la psychiatrie, après les EHPAD, après des tribunes alarmistes dans la presse dénonçant l'effondrement de notre système hospitalier, vous avez décidé de réagir et avez annoncé hier un plan d'ampleur pour l'hôpital. Vous allez reprendre une partie de la dette hospitalière à hauteur de 10 milliards d'euros, 1,5 milliard d'euros sur 3 ans destinés au budget de la sécu et des primes qu'on va détailler avec vous.

Mais d'abord, première question, diriez-vous que c'est un plan pour répondre à l'urgence telle qu'on la voit aujourd'hui ou un plan qui vise à sauver de manière structurelle l'hôpital public ?

1:19
Édouard Philippe

Si vous... Vous allez probablement trouver que je suis normand, je vous dirais volontiers un peu des deux. C'est un plan d'urgence pour aider l'hôpital, le monde hospitalier, les personnels hospitaliers à passer une période qui est une période très difficile et au fond assez dangereuse parce que c'est vrai, l'hôpital est en phase de décrochage, comme on dirait d'un avion, vous savez, qui ne se porte plus et qui pourrait décrocher. Mais nous voulons le faire, non pas simplement pour répondre à une urgence, mais bien dans le sens que nous avons indiqué d'une réorganisation complète du système de soins.

C'est ce que la ministre avait désigné sous le nom de Ma Santé 2022, c'est-à-dire un plan global qui permet des transformations et qui permet d'envisager le futur du système de soins. Et ce que nous voulons faire, c'est apporter des moyens considérables, simplifier le fonctionnement interne de l'hôpital, écarter toute une série de règles d'organisation ou de fonctionnement qui ne sont pas satisfaisantes, redonner de l'attractivité à l'hôpital public pour passer ce moment difficile et continuer à transformer le système pour qu'il fonctionne enfin mieux.

2:18
Présentateur

Alors on va reprendre point par point ce que vous avez annoncé hier. D'abord les primes. Vous annoncez une prime annuelle de 800 euros net pour les infirmières et les aides-soignantes qui vivent à Paris et en proche banlieue et qui gagnent moins de 1900 euros par mois. Pourquoi la capitale et sa banlieue seulement ? Pourquoi pas toute la France ? Le collectif Interurgence vous reproche de vouloir diviser Paris et les régions. Qu'est-ce que vous répondez ?

2:40
Édouard Philippe

Je ne veux diviser personne, je veux sauver l'hôpital public. Et quand on veut sauver l'hôpital public, on regarde là où sont les problèmes les plus criants et on consacre ces moyens aux problèmes les plus criants.

2:54
Présentateur

Il n'y a pas de problème en région ?

2:55
Édouard Philippe

Non, bien sûr que vous savez bien que je ne pense pas ça et d'ailleurs vous non plus. Il y a beaucoup de mesures dans le plan qui sont des mesures générales et qui s'appliqueront partout en France. Vous auriez pu commencer par là. Lorsqu'on crée une prime dite de service, qui sera à la main des chefs de service, c'est-à-dire de ceux qui connaissent la réalité médicale, le fonctionnement d'un service. Et elle sera applicable partout en France. Et donc tous ceux qui travaillent dans l'hôpital sont susceptibles de la toucher. Donc on essaie de donner des instruments aux managers pour répondre aux urgences les plus criantes et les plus graves. Il y a une spécificité de la région parisienne.

Pas parce que c'est Paris. Parce qu'il y a d'abord une très grande densité hospitalière. Parce que les conditions d'exercice sont un peu particulières, très décalées, très intenses. Parce que la cherté de la vie, mais ce n'est pas propre à Paris, il y a d'autres endroits en France où c'est vrai, est particulière et nous le savons tous.

Et parce qu'à Paris, on se heurte aujourd'hui à un tel cumul de ces phénomènes que partout dans l'assistance publique hôpitaux de Paris, on ferme des lits, non pas parce qu'il n'y a pas les budgets, non pas parce qu'on ne pourrait pas les payer, mais parce qu'on ne trouve pas les hommes et les femmes qui viennent travailler dans les services pour faire fonctionner ces lits. C'est 900 lits. Attendez, attendez. C'est 900 lits. C'est énorme. 900 lits qui ont été fermés à cause de cette incapacité de l'hôpital public aujourd'hui, pour des raisons qui sont anciennes et qui sont d'ailleurs très sérieuses, de recruter et de garder.

Et si on veut réouvrir des lits, si on veut améliorer la qualité du service, on doit traiter cette question spécifique. C'est la raison pour laquelle on a créé cette prime spécifique. Vous n'avez pas annoncé de grand plan de recrutement, pour autant ? Nous avons indiqué que nous voulions faire en sorte de redonner des marges de manœuvre à l'hôpital public. Il n'en a plus. Il n'en a plus parce que depuis 15 ans, on fait une régulation budgétaire terrible sur l'hôpital public. Songez, M. Demorand, qu'en 12 ans, l'investissement dans les hôpitaux publics a été diminué par deux, a été divisé par deux. Et la dette a augmenté de 40%.

On a, et je le dis de façon peut-être un peu dure pour les gouvernements précédents, on a asséché les capacités de l'hôpital public. On a contraint terriblement ses capacités à organiser son fonctionnement. Nous voulons redonner des marges de manœuvre. C'est pour ça que nous donnons des moyens, c'est pour ça que nous reprenons la dette. Et c'est grâce à cela qu'on va pouvoir recruter. Grâce à cela qu'on va pouvoir créer des lits, recréer des lits quand c'est nécessaire.

5:28
Présentateur

Alors, sur l'argent, pardon d'y revenir, les infirmières et les aides-soignantes demandent depuis des mois des hausses de salaire. Quand on sait que le salaire des infirmières françaises est au 26ème rang sur 29 des pays de l'OCDE, pourquoi ne pas avoir augmenté les salaires ? Elles demandent, ils demandent, 300 euros par mois. C'était vraiment impossible, 300 euros par mois pour les infirmières et les aides-soignantes ? Parce que nous avons

5:50
Édouard Philippe

considéré que si nous augmentions les salaires, l'impact sur chacun des personnels concernés, sur les femmes et les hommes concernés, aurait été très largement en deçà des espérances qui étaient formulées. Et que donc, notre choix, et c'est un choix, et je l'assume, ça a été de concentrer les moyens publics, ils sont considérables, ce qu'on met sur la table. Mais ils ne sont pas illimités de concentrer les moyens publics sur ce qui nous semble le plus urgent pour faire fonctionner l'hôpital. Lorsque nous augmentons très sensiblement les aides-soignants en gériatrie, nous le faisons parce que nous savons qu'il y a là un problème spécifique et très sérieux.

C'est d'ailleurs une des conclusions du rapport qui a été produit par Mme El Khomri qui nous dit que nous n'arrivons plus à recruter, nous n'arrivons plus à former, il faut donc revaloriser cette fonction. C'est la raison pour laquelle nous avons créé une prime qui n'est pas une petite prime, qui est une prime qui s'appliquera partout sur le territoire pour faire en sorte de répondre à cette urgence qui parmi toutes les urgences de l'hôpital est peut-être encore plus importante. Oui mais pour les salariés

6:48
Présentateur

la reprise de la dette c'est quelque chose de virtuel. Ils ne le sentent pas. Une augmentation de salaire ça veut dire quelque chose. Mais je comprends

6:54
Édouard Philippe

très bien que quand vous dites on va reprendre un tiers de la dette 10 milliards sur 30 milliards spontanément on ne se dit pas... Mais on peut l'expliquer Mme Salamé. On peut dire à l'ensemble de ceux qui font vivre l'hôpital public qu'en reprenant qu'en faisant en sorte que l'Etat reprenne un tiers de la dette, 10 milliards d'euros, sur les trois années qui viennent cela veut dire donner 800 millions 800 millions d'euros de marge de manœuvre aux établissements hospitaliers. Et hôpital par hôpital, vous savez que quand j'étais maire du Havre j'étais président du conseil de surveillance de l'hôpital du Havre.

Hôpital par hôpital on sait très bien que la reprise de dette la reprise de dette elle va permettre de faire passer l'hôpital qui est géré et qui est un peu en dessous de l'eau au dessus et donc lui redonner des perspectives. Et ça c'est excellent pour les personnels et ils le savent très bien. Quand... Je continue quand on dit 450 millions mis à disposition des hôpitaux pour faire repartir l'investissement, non pas l'investissement immobilier l'investissement dans le matériel médical et même parfois si j'ose dire et ça n'est pas dans le petit matériel ça tue un service de ne pas avoir accès au matériel médical pour bien faire le travail. Et c'est extrêmement important également.

Malgré tout ils appellent

8:03
Présentateur

à la grève le 30 novembre prochain malgré toutes vos annonces, vous dites les moyens considérables, ils seront encore dans la rue, c'est quoi ? C'est de l'ingratitude ?

8:11
Édouard Philippe

Mais pas du tout on a parlé prime, on a parlé argent je veux dire, la médecine c'est quand même avant tout des femmes et des hommes et des gens qui souffrent et des gens qui sont malades et des gens qui sont malades et qui sont parfois durs avec les médecins et les personnels médicaux, ils sont parfois très reconnaissants parfois c'est dur aussi les personnels soignants ils sont confrontés à ça et on le sait très bien donc moi mon objectif je n'ai pas annoncé le plan en me disant que le lendemain tout le monde allait crier danser la gigue en disant tout est réglé, bien sûr que non ce que j'essaie de faire c'est de mettre des moyens importants et on essaie de le faire avec la ministre et on a pensé ce plan d'urgence ensemble et avec beaucoup de professionnels on essaie de redonner des perspectives on essaie de redonner des marges de manœuvre et on essaie de traiter les urgences les plus criantes de façon à ce que l'hôpital vive et se développe et ce que j'observe c'est qu'un certain nombre d'acteurs institutionnels qui ont parfois la dent dure contre le gouvernement en général ou contre des mesures que nous avons prises on dit hier après la présentation du plan qu'il y avait des changements assez importants assez systématiques et qui étaient extraordinairement importants je termine par un exemple nous avons dit pour la première fois depuis 15 ans d'ailleurs en fait pour la première fois nous avons dit que nous allions donner de la visibilité pluriannuelle sur les recettes des hôpitaux sur la certitude qu'ils auront que leurs recettes ce qu'on appelle les tarifs hospitaliers ne vont pas baisser dans les trois années qui viennent et au contraire vont augmenter année après année c'est la première fois qu'un gouvernement fait ça et c'est exactement comme ça que l'hôpital récupère les marges de manœuvre dont il a cruellement besoin Edouard Philippe

9:44
Présentateur

vous avez mis 17 milliards d'euros sur la table suite à la crise des gilets jaunes là vous annoncez donc un plan pour l'hôpital depuis le début de cet entretien on parle de millions et de milliards les cordons de la bourse sont-ils désormais lâchés ? est-ce que vous avez décidé d'ouvrir les vannes ?

10:00
Édouard Philippe

non, il ne s'agit pas d'ouvrir les vannes il s'agit d'essayer de transformer notre pays quand il en a besoin de répondre à des urgences quand elles existent et Dieu sait qu'à l'hôpital elles existent en essayant de faire attention à l'argent public enfin non, en faisant attention à l'argent public ce n'est pas un gros mot de faire attention à l'argent public tout le monde comprend bien qu'il faut faire attention à l'argent public

10:19
Présentateur

tout le monde sauf la commission européenne qui vous dit que ce n'est pas assez elle a épinglé il y a la France sur les déficits structurels et la dette 40 pour savoir votre réponse

10:25
Édouard Philippe

ça fait 30 mois que je suis premier ministre ça fait 2 ans et demi et systématiquement il y a ceux qui me disent c'est trop et d'autres qui me disent c'est pas assez si vous voulez si mon gouvernail

10:35
Présentateur

c'est ça être premier ministre

10:36
Édouard Philippe

et j'assume ça très bien mais si mon gouvernail c'était de répondre à tout le monde en disant vous trouvez que c'est pas assez vous en en avez un petit peu plus vous trouvez que c'est trop on va en faire un petit peu moins honnêtement on gouvernerait plus donc nous faisons des choix nous faisons attention aux finances publiques parce qu'il faut y faire attention et nous considérons aussi que dépenser de l'argent dans l'hôpital c'est faire un investissement et donc nous assumons le fait de mettre beaucoup d'argent sur la table vous avez dit 1 milliard et demi d'euros dans le plan d'urgence c'est vrai si vous y ajoutez les 800 millions d'euros de marge de manœuvre qui seront acquises pour les hôpitaux dès lors qu'on aura repris un tiers de la dette ça fait 1 milliard 5 plus 800 millions et si vous y ajoutez les 450 millions d'investissements que j'ai évoqués vous commencez à avoir un paquet qui est un paquet sérieux et qui est un paquet qui permet de changer la donne

11:16
Présentateur

Allez avant de passer aux retraites une dernière question vous maintenez vos prévisions de déficit à 2,2% pour 2020 Oui

11:22
Édouard Philippe

Passons donc aux retraites Oui dans les conditions actuelles je ne sais pas tout ce qui se passe dans l'année 2020 je ne sais pas ce que l'Amérique et la Chine vont faire en matière de guerre commerciale

11:32
Présentateur

A l'heure où nous parlons vous maintenez Le Conseil d'orientation des retraites Le Cor a rendu son rapport il confirme que le déficit des régimes sera de 8 à 17 milliards c'est la fourchette en 2025 or vous aviez dit Edouard Philippe que votre grande réforme des retraites n'entrerait en vigueur que si le système est à l'équilibre alors vous allez faire quoi pour qu'il le soit ? D'abord je vais attendre

11:57
Édouard Philippe

le rapport du corps parce que tout le monde en parle moi aussi d'ailleurs sauf qu'il ne m'a pas été remis officiellement et il ne m'a pas été remis officiellement parce que je crois qu'il n'a pas encore à l'heure où nous parlons été adopté officiellement par le corps alors je sais qu'il est de bon ton en France d'accélérer la musique et de parler des choses avant qu'elles aient été faites je vais d'abord attendre que le corps me le transmette officiellement et le corps encore une fois c'est un organisme qui ne dépend pas de l'Etat dans lequel les partenaires sociaux sont rassemblés et qui siègent au conseil d'administration donc j'attends qu'on me donne le rapport je l'ai demandé moi-même

12:31
Présentateur

le corps n'a pas démenti tout ce qui a été publié

12:33
Édouard Philippe

je ne dis pas qu'il ne dit pas ça je dis juste je mets juste cet élément de précision vous êtes attaché au fait moi aussi et je le livre à l'appréciation de nos auditeurs ce matin ensuite c'est moi qui ai demandé ce rapport pour justement lever parce qu'il y avait un certain nombre d'incertitudes d'abord parce que les estimations ou les projections avaient évolué entre 2016 2017 2018 et parce qu'un certain nombre de gens nous disaient en fait il n'y a pas vraiment de déficit du système en fait ce serait juste l'épaisseur du trait en fait vous êtes en train de survaloriser la question de l'équilibre alors qu'elle ne se pose pas vraiment vous vous souvenez qu'il y a des interlocuteurs qui d'ailleurs je ne conteste pas leur bonne foi disaient cela donc moi j'ai demandé alors qu'on s'engage dans une réforme des retraites d'établir la vérité de poser les faits on ne va pas avoir peur de la vérité quand même et le corps semble dire et je dis bien semble dire qu'en effet à l'horizon actuel compte tenu des hypothèses les plus crédibles on est quelque part entre 8 et 12 milliards de déficit

13:25
Présentateur

17 ou 12 ?

13:26
Édouard Philippe

je n'en sais rien mais ça dépend des hypothèses mais grosso modo si on prend les hypothèses moyennes pas les plus optimistes pas les plus négatives on est de l'ordre de 10 à 12 milliards

13:34
Présentateur

qu'est-ce qu'on fait ? qu'est-ce qu'on fait ? il y a différentes options qui sont sur la table on va dire les mots clairement on a posé la question on va sortir des chiffres est-ce que vous baissez les pensions ? est-ce que vous augmentez le montant des cotisations ? est-ce que vous allongez la durée de cotisation ? est-ce que vous repoussez l'âge de départ ? vous faites quoi ?

13:48
Édouard Philippe

alors d'abord j'attends le rapport du corps ensuite je vais demander leur avis aux partenaires sociaux parce que dans le rapport du corps il y a en effet les pistes que vous évoquez on a demandé au corps de nous dire s'il y a déficit quelles sont les mesures susceptibles d'être prises et à quelle intensité pour régler le problème et moi j'ai indiqué que je recevrai lundi et mardi prochains les organisations syndicales et patronales et je vais leur demander très simplement ou très directement voilà il y a ça qu'est-ce que vous proposez de faire ?

est-ce que vous considérez que l'équilibre c'est pas grave on laissera plus tard nos enfants ils débrouilleront ou est-ce que vous considérez qu'il y a un vrai sujet et dans ce cas-là comment est-ce qu'on le règle ? il y a toute une série d'hypothèses qui sont ouvertes il me semble qu'un certain nombre d'entre elles ne sont pas acceptables

14:29
Présentateur

lesquelles ?

14:30
Édouard Philippe

je ne crois pas qu'il soit acceptable de dire qu'on va régler le problème en baissant les pensions et je ne crois pas qu'il soit acceptable de dire qu'on va régler le problème en augmentant les cotisations retraite des actifs d'aujourd'hui parce que ça voudrait dire une cotisation augmentée assez nettement et donc une diminution assez nette du pouvoir d'achat des actifs et je ne crois pas du tout d'abord c'est incompatible avec ce que nous voulons faire ce serait un mauvais coup pour la compétitivité et pour le pouvoir d'achat de notre pays et donc ce n'est pas exactement vers ça que j'ai envie d'aller

14:58
Présentateur

et donc il reste ?

14:59
Édouard Philippe

il reste des mesures qui au fond relèvent de la même logique c'est-à-dire de travailler plus longtemps dans la vie progressivement mais de travailler plus longtemps dans la vie soit par la durée de cotisation soit par une mesure d'âge ça m'intéresse d'entendre l'avis général mais en tout état de cause ce qu'on peut dire et que nous disions avec le président de la république très tôt c'est que si nous voulons équilibrer le système des retraites il faut dire aux français clairement tranquillement le faire progressivement que nous allons travailler plus longtemps et c'est ce que semblent dessiner c'est ce que semblent dessiner les solutions qui sont posées sur la table par le corps

15:36
Présentateur

est-ce que l'âge pivot qui avait été retiré de la table pourrait revenir sur la table

15:41
Édouard Philippe

il y a l'augmentation de la durée de cotisation il y a l'âge légal il y a l'âge pivot il y a l'âge d'équilibre il y a toute une série d'éléments moi je ne suis pas immédiatement très favorable à bouger l'âge légal pourquoi ?

parce que le président de la république l'a d'ailleurs très bien dit c'est une forme de garantie et c'est une forme de clarté de visibilité donc je ne suis pas sûr que ce soit qu'il faille bouger je suis convaincu que si à terme il devait y avoir des mesures liées à l'âge ou la durée de cotisation il faudrait préserver quelque chose auquel nous sommes très attachés c'est le système spécifique des carrières longues parce que je crois qu'il a toute sa place toute son opportunité si je vous lis

16:19
Présentateur

entre les lignes l'âge pivot revient sur la table monsieur le premier ministre l'âge pivot revient sur la table soyons honnêtes

16:24
Édouard Philippe

c'est ça qu'on entend c'est ça qui d'abord madame Salamé je vous remercie de dire soyons honnêtes parce que j'ai le sentiment de l'être et je dis des choses qui ne sont pas toujours simples ni toujours faciles enfin j'essaie de les dire honnêtement comme vous dites on va devoir travailler plus longtemps je crois d'ailleurs que les français le savent je ne dis pas que ça les réjouit mais je crois qu'ils le savent au fond d'eux-mêmes si on veut avoir un système solide solide de retraite il faut probablement que progressivement on travaille plus longtemps c'est d'ailleurs ce que font tous les autres pays d'Europe et du monde l'âge pivot est un élément de solution voyons avec les partenaires sociaux s'ils préfèrent des solutions sur la durée des solutions sur l'âge légal des solutions sur l'âge pivot sur l'âge d'équilibre tout ça c'est encore relativement ouvert encore une fois on a un petit peu de temps je voudrais entendre les partenaires sociaux avant de prendre des décis

17:05
Présentateur

Edouard Philippe est-ce que la clause du grand-père c'est-à-dire le fait que la réforme des retraites ne concernerait que les nouveaux entrants sur le marché du travail est-ce que cette clause du grand-père est sur la table pour les régimes spéciaux notamment ceux de la SNCF je l'ai dit

17:20
Édouard Philippe

tous les éléments de transition sont sur la table et M.

Demorand avant de parler des éléments de transition qui sont importants et qui sont sur la table oui c'est sur la table on peut en discuter on pourrait peut-être aussi évoquer les caractéristiques du système futur qui me semblent au moins aussi importantes en vérité d'ailleurs beaucoup plus que les conditions de transition nous ce que nous voulons c'est créer un régime universel un régime universel qui vient se substituer aux 42 régimes existants un régime universel dans lequel les cotisations de tous produisent les mêmes effets et payent les pensions de tous les pensionnés un régime beaucoup plus stable beaucoup plus solide beaucoup plus simple beaucoup plus lisible que les 42 systèmes existants c'est un progrès pour l'instant

18:07
Présentateur

ça ne l'est pas lisible c'est vrai qu'on entend tout

18:09
Édouard Philippe

mais non ce qui n'est pas lisible c'est le système actuel vous savez très bien madame Salamé que si vous changez trois ou quatre fois de métier et encore plus trois ou quatre fois de statut vous n'avez aucune idée de comment ces périodes vont être prises en compte au global dans votre retraite et vous ne savez pas aujourd'hui sauf si vous êtes extrêmement doué mais je ne pense que vous ne savez pas aujourd'hui combien vous allez avoir à la retraite et je ne suis pas sûr même qu'aujourd'hui vous soyez en mesure de dire quels sont vos droits quels ont été les droits acquis pendant toute votre carrière

18:32
Présentateur

mais ce qu'on ne sait pas aussi c'est ce que vous voulez faire c'est-à-dire qu'on entend close du grand-père on entend une réforme qui entre en vigueur en 2025 ou en 2040 ou plus tard en fait on voudrait que vous nous éclaircissiez un tout petit peu

18:46
Édouard Philippe

je vous remercie de me poser la question je vais essayer de le faire par exemple est-ce que c'est fini

18:49
Présentateur

les régimes spéciaux fini fini

18:50
Édouard Philippe

par définition si on crée un régime universel dans lequel tous les droits sont identiques dans lequel tous les cotisants payent de la même façon les pensions de tous les retraités les régimes spéciaux n'existent plus à quelle date ?

à la date où le système entrera en vigueur et nous avons dit que nous voulions bien discuter de cela les conditions de transition c'est important mais ce qui est important ce qui est encore plus important c'est le système que nous considérons et je voudrais insister là-dessus c'est un progrès un système plus juste plus lisible plus solide plus pratique c'est un immense progrès dans un système universel qui fonctionne par répartition et par points quelle que soit l'heure travaillée quel que soit le statut l'heure travaillée elle ouvre des points et quel que soit votre âge ou le moment où vous placez vous savez à tout moment combien de points vous avez accumulé et donc quelles sont vos perspectives en matière de retraite c'est un immense progrès par rapport à ce qui existe aujourd'hui ce que je veux dire c'est que le système actuel il est plein il est plein d'éléments insatisfaisants il est plein de complexités il est plein d'incertitudes et nous voulons le remplacer par un système beaucoup plus solide

19:58
Présentateur

Edouard Philippe est-ce que vous excluez totalement la possibilité s'il y a des grèves massives à partir du 5 décembre des grèves reconductibles et reconduites tous les jours est-ce que vous excluez totalement la possibilité de retirer cette réforme des retraites peut-elle ne pas se faire ?

20:16
Édouard Philippe

je crois qu'il faut la faire et encore une fois on ne s'embarque pas le président de la république ne s'est pas embarqué ne s'est pas engagé sur une réforme des retraites pour le plaisir on sait très bien que quand on parle des retraites c'est anxiogène et que c'est compliqué y compris quand on fait des petites réformes sur les retraites il y a du monde dans la rue donc on ne le fait pas par gaieté de coeur et croyez-moi on ne le fait pas pour être populaire on le fait parce que enfin le monde a changé il y a un certain nombre de régimes spéciaux qui sont totalement déséquilibrés il y a des transformations technologiques démographiques dans notre pays qui font que le système qui a été pensé en 1945 il n'est plus adapté quelle est la place du salariat demain comment est-ce que vous conjuguez des périodes de salariat et d'auto-entrepreneuriat il y a beaucoup de français qui sont dans cette situation donc ça sera quoi qu'il en soit

21:01
Présentateur

vous irez jusqu'au bout vous la ferez cette réforme

21:03
Édouard Philippe

mais moi je suis je ne fais pas cette réforme contre telle ou telle catégorie je ne fais pas cette réforme contre les français je fais cette réforme pour que le système de retraite de demain soit stable solide et juste et donc je crois et je suis convaincu qu'il faut faire cette réforme j'essaie d'expliquer les avantages du système futur j'essaie de travailler avec tous les partenaires sociaux qui veulent travailler avec nous pour essayer d'élaborer le meilleur système un mot quand même pour dire que ce n'est pas un truc qu'on fait dans mon bureau en cachette il y a des centaines de réunions qui ont été organisées avec les représentants syndicaux depuis janvier 2018 des centaines et ça va continuer pour essayer d'élaborer le bon système le bon compromis social le bon contrat social

21:42
Présentateur

Beaucoup de questions encore avant qu'on donne la parole aux auditeurs Rapidement François Bayrou le modem l'UDI vos alliés les centristes vous demandent d'organiser une conférence sociale et salariale avant la grève du 5 décembre oui ou non ?

21:54
Édouard Philippe

Je vous ai dit que j'allais recevoir l'ensemble des organisations syndicales le 25 et le 26 novembre c'est à dire la semaine prochaine je pense que ça s'inscrit dans cette logique ils ont parfaitement raison de souligner l'intérêt qu'il y a dans ce pays à avoir des contacts avec les partenaires sociaux mais ils ne disent pas que cela ils disent que le pays a tout à gagner à ce que le dialogue social entre organisations syndicales et patronales puisse être enrichi c'est pas nécessairement à l'état de l'encadrer ou à l'état de le susciter ils appellent au fond l'ensemble des partenaires de ce pays à se saisir de cette opportunité de ce moment pour se parler pour convenir ensemble d'un certain nombre de choses moi je me retrouve parfaitement dans cette idée je vais voir les organisations syndicales le haut commissaire verra en multilatéral les organisations syndicales et patronales

22:39
Présentateur

grand grenelle sur les salaires

22:40
Édouard Philippe

avant le 5 mais encore une fois si les organisations syndicales et patronales veulent s'en saisir elles sont les bienvenues vraiment les bienvenues

22:48
Présentateur

allez on ouvre le dialogue avec les auditeurs de France Inter extrêmement nombreux ce matin commençons avec Pierrick bonjour et bienvenue bonjour à toutes et tous

22:58
Auditeur

et merci de prendre ma question vous en prie je suis étudiant à la Sorbonne et la semaine dernière un étudiant s'est immolé pour protester contre la précarité étudiante la seule réponse de votre gouvernement a été la mise en place d'un numéro vert monsieur le premier ministre combien faudra-t-il d'étudiants immolés pour que vous agissiez enfin contre la souffrance et la précarité étudiante

23:15
Présentateur

merci Pierrick pour cette question Edouard Philippe vous répond

23:18
Édouard Philippe

bonjour monsieur en France on a un système on oublie parfois de le dire avant de vous répondre sur le système je voudrais quand même avoir une pensée pour l'étudiant que vous avez évoqué à Lyon qui est entre la vie et la mort

23:32
Présentateur

il est toujours entre la vie et la mort

23:33
Édouard Philippe

oui je veux dire il est enfin moi je n'ai pas évoqué son état médical ici et je n'ai pas d'information médicale mais je sais que son état se stabilise mais que par définition il est quand même dans un état assez critique et donc je pense à lui parce que c'est un geste désespéré évidemment et je pense à sa famille qui doit vivre un moment terrible on a déjà beaucoup d'éléments en France qui viennent au soutien de cette partie de la population française les étudiants qu'il faut mettre évidemment dans les meilleures conditions pour réussir leurs études pardon je vais répondre par un chiffre à une question qui est une question très humaine mais enfin il faut quand même dire les chiffres en France le système de bourse c'est 5,7 milliards d'euros c'est pas du tout négligeable c'est d'ailleurs un système qui est beaucoup plus puissant que dans beaucoup d'autres pays et tant mieux d'une certaine façon et c'est un système qu'on ne gèle pas qu'on revalorise on a revalorisé ce système de bourse de 46 millions dans le dernier budget on a supprimé la cotisation maladie de sécurité sociale des étudiants c'est 217 euros par mois c'est pas du tout négligeable sans rien enlever à la protection maladie des étudiants ce qu'on constate c'est vrai c'est qu'il y a beaucoup d'étudiants qui ne demandent pas à bénéficier de dispositifs dont ils pourraient bénéficier soit parce que c'est trop compliqué soit parce qu'ils ne savent pas que ces dispositifs existent et c'est pour ça qu'on a essayé d'améliorer la qualité de l'information alors évidemment on peut si on a envie d'être acide dire que la seule réponse que nous avons formulée ce serait un numéro vert mais vous voyez bien que ça n'est pas conforme à la réalité d'abord parce que beaucoup de moyens sont engagés et ensuite parce que tous les mécanismes qui permettent de mieux informer les étudiants des droits auxquels ils peuvent prétendre sont en réalité une réponse à cela donc nous allons continuer à travailler là-dessus notre objectif c'est de faire en sorte de placer les étudiants dans les meilleures conditions pour réussir ça passe aussi par un développement de place de logement notamment en Crousse nous avons un plan nous essayons de le déployer nous savons que ça n'est pas facile les grandes villes étudiantes sont souvent les villes dans lesquelles l'accès au foncier est compliqué mais je sais que Julien Denormandie le ministre du logement oeuvre en la matière et donc nous avons des éléments de réponse à donner aux étudiants et nous sommes parfaitement conscients de cette situation

25:34
Présentateur

Monsieur le Premier ministre une question sur les violences faites aux femmes une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les deux jours Nicole Belloubet a fait son mea culpa 80% des plaintes sont classées sans suite elle a dit que c'était inadmissible qu'il y avait des dysfonctionnements dans la justice parmi les pistes qu'elle évoque pour améliorer la situation c'est de demander aux médecins de lever le secret médical quand ils sont en présence d'une victime manifeste de violence même si celle-là celle-ci est la victime ne veut pas ça clive chez les médecins qui disent c'est pas à nous de faire ça est-ce qu'il faut est-ce que vous allez vers une levée

26:06
Édouard Philippe

je vois bien qu'elle essaie de répondre à une situation qui est parfois tragique et quasi désespérée mais qu'elle pose des difficultés qui sont tout à fait considérables parce que le secret médical c'est pas une petite chose je voudrais simplement dire que d'abord le gouvernement est à la fois très conscient et très mobilisé Marlène Schiappa a fait un boulot remarquable là-dessus pour faire en sorte que l'ensemble des administrations face j'allais dire pardon c'est presque un vocabulaire un peu curieux mais face leur introspection pourquoi est-ce que ces violences faites aux femmes passent trop souvent en France sous le radar alors qu'elles sont alors qu'elles sont parfois dites alors que les plaintes sont parfois déposées comment se fait-il que dans notre pays dans une grande démocratie comme la France on ne sache pas entendre et traiter administrativement ou judiciairement la situation des femmes qui sont confrontées à cela on a annoncé déjà un certain nombre de choses dans la première partie du Grenelle organisée par Marlène Schiappa je l'ai fait moi-même

27:07
Présentateur

vous allez annoncer dans quelques jours

27:08
Édouard Philippe

d'autres choses et on va en annoncer d'autres qui vont dans le sens d'un meilleur suivi des auteurs de violences parce qu'il ne faut pas les laisser tout seuls si j'ose dire qui vont alors on s'est posé la question vous l'avez dit du secret médical pour l'instant c'est une question que nous nous posons est-ce que dans certaines circonstances très strictement encadrées très strictement encadrées parce qu'encore une fois je vois bien l'attachement que chacun doit avoir au secret médical il est permis d'aller au-delà pour sauver des vies c'est une discussion qu'il faut avoir avec les juges avec les avocats avec les médecins

27:40
Présentateur

les associations de défense des droits des femmes Edouard Philippe demandent qu'un milliard d'euros soit consacré à cette cause et à ce combat est-ce que vous êtes prêt à agir aussi fortement et donc à débloquer

27:53
Édouard Philippe

une telle seule la vérité c'est que nous dépensons plus d'un milliard d'euros par an d'abord le fétichisme du milliard je trouve ça intéressant mais il y a énormément de choses que nous pouvons faire

28:02
Présentateur

c'est plus la symbolique que le fétichisme

28:04
Édouard Philippe

la symbolique vous avez raison utilisons le terme symbolique enfin la symbolique du milliard on est au-delà du milliard aujourd'hui en France on est au-delà du milliard moi on a souvent comparé l'effort budgétaire français et l'effort budgétaire espagnol la vérité c'est qu'on dépense la vérité c'est qu'on dépense plus en France qu'en Espagne est-ce qu'au-delà de ces masses d'argent dépensé il est bien utilisé et est-ce qu'on doit faire d'autres choses à l'évidence on doit faire d'autres choses c'est le sens de la deuxième étape du Grenelle qui sera évoquée lundi avec Marlène Schiappa

28:35
Présentateur

une petite question juste adjacente est-ce que vous avez vu ou vous allez voir j'accuse de Roman Polanski

28:40
Édouard Philippe

je ne l'ai pas encore vu mais je vais aller le voir je vais aller le voir avec mes enfants

28:46
Présentateur

certains de vos ministres disent qu'ils ne veulent pas

28:48
Édouard Philippe

aller le voir ils ont droit je vais vous dire et alors je ne vais pas dire aux membres du gouvernement vous allez voir ce film ou vous n'allez pas voir ce film enfin dans quel monde vit-on moi j'irai le voir parce que l'affaire Dreyfus est un sujet qui me passionne depuis très longtemps et parce que ceux qui l'ont vu m'ont dit que c'était un bon film

29:06
Présentateur

Zachary est au standard bonjour et bienvenue

29:09
Auditeur

bonjour Nicolas bonjour monsieur le premier ministre le 13 novembre dernier la députée en marche Jennifer de Temerman a annoncé quitter le groupe c'est la 11ème à prendre cette décision elle dénonce une perte de sens l'âme s'en serait allée la rupture en fait serait consommée tant sur des questions d'exemplarité avec l'affaire Serran que politiquement avec la suppression récente de l'AME et elle pointait du doigt la démission de Nicolas Hulot comme symptôme initial alors est-ce que vous vous assumez cette rupture ou est-ce que finalement c'est la simple confrontation à la réalité de l'exercice de l'état

29:38
Édouard Philippe

écoutez

29:38
Présentateur

merci Zachary pour cette question et le groupe c'est la république en marche

29:41
Édouard Philippe

cher monsieur j'ai aucun commentaire à faire sur la décision qui est parfaitement souveraine d'une députée en revanche j'ai beaucoup de commentaire à faire sur votre question parce que en énumérant et je comprends que vous avez dû aller vite vous avez dit la suppression de l'AME mais enfin monsieur jamais de l'avis et si j'ose dire pardon mais comment est-ce que vous osez dire ça il n'est pas question de supprimer l'AME on se bat même pour faire en sorte qu'elle continue à fonctionner alors que certains en réclament la suppression il est simplement question de savoir comment est-ce qu'on l'organise mais enfin jamais de l'avis on a décidé de supprimer l'AME et je pense que c'est important quand on parle de sujets qui sont compliqués et qui sont sensibles et qui suscitent parfois dans le débat public des positions qui sont très extrêmes les choses sont dites d'être précis dans le choix de ces mots il ne s'agit pas de supprimer l'AME il s'agit de faire en sorte qu'il n'y ait pas de dérapage il s'agit de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'abus ce qui me semble parfaitement légitime quand on parle d'argent public mais il ne s'agit évidemment pas de la supprimer

30:31
Présentateur

samedi place d'Italie à Paris Edouard Philippe un manifestant en gilet jaune a été gravement blessé à l'oeil l'IGPN est saisi ceux qui disent que le maintien de l'ordre est aujourd'hui excessif en France qu'il est de plus en plus difficile des libertés publiques je cite François Sureau par exemple ce sont des idéalistes des naïfs des gens hors sol ou est-ce que vous entendez tout de même la voix qu'il porte

30:58
Édouard Philippe

mais d'abord j'entends parfaitement la voix qu'il porte et dans une démocratie il n'est jamais inutile vous avez évoqué l'affaire Dreyfus tout à l'heure il n'est jamais inutile que des voix libres expriment leur conception de ce que doivent être les libertés publiques et le fonctionnement d'une démocratie donc non seulement je les entends mais ce sont des voix qui sont nécessaires après quand vous êtes dans la situation dans laquelle je me trouve moi c'est-à-dire chef d'un gouvernement et que vous êtes comptable du respect de la loi du respect de l'ordre public vous ne pouvez pas vous empêcher de constater et je crois que chacun le constate que nous vivons dans une société où la tension est parfois extrême et où les débordements violents sont désormais choses quasi acquises dans ces manifestations comme dans la vie j'allais dire de tous les jours on a une société qui est de plus en plus je le crois violente et je ne suis pas sûr que ce soit propre à la France je crois que c'est malheureusement le cas partout ailleurs dans le cas que vous évoquez d'abord j'ai vu une image de la blessure une vidéo de la blessure sa compagne dit

31:58
Présentateur

qu'il a perdu son oeil

31:59
Édouard Philippe

c'est ce que j'ai cru lire et comprendre donc évidemment il y a eu une enquête parce que quand on va manifester et qu'on est un manifestant pacifique on n'a pas vocation à se retrouver dans cet état ou à être l'objet de telle violence mais monsieur Demorand samedi il ne s'est pas passé que ça vous avez vu vous aussi j'en suis certain des images de gens qui sont venus exclusivement pour casser de gens qui sont venus et dès qu'ils ont vu des policiers leur enfoncer dessus vous avez vu les images de ces deux policiers traqués dans une laverie par des gens qui manifestement n'étaient pas là pour dialoguer c'était pas des gens qui étaient venus là pour manifester le respect des libertés publiques oui mais le respect des libertés publiques dans le respect aussi de l'ordre public et il est vrai qu'à l'occasion des manifestations dites des gilets jaunes un certain nombre de gens veulent venir découdre en découdre avec les forces de l'ordre

32:54
Présentateur

monsieur le premier ministre en général dans une entreprise quand on a de bons résultats on embauche n'est-ce pas ?

33:02
Édouard Philippe

quand on a des besoins de production quand on a une volonté de développement quand oui on peut embaucher

33:08
Présentateur

pourquoi ça ne marche pas dans le service public ? Radio France a fait une rentrée extrêmement puissante une rentrée historique et on lui demande de faire des économies pourquoi ?

33:16
Édouard Philippe

parce que nous demandons à tous ceux qui gèrent de l'argent public de faire des économies c'est vrai pour Radio France mais c'est vrai vous savez pour beaucoup d'autres services qui sont des services au moins aussi importants que l'audiovisuel public pas plus pas moins mais au moins aussi important bien gérer l'argent public c'est pas un gros mot s'inscrire dans des perspectives pluriannuelles où on demande en effet des transformations dans la façon de faire c'est pas un gros mot France Inter a d'excellents résultats Radio France en général France Inter a d'excellents résultats je m'en réjouis il se trouve que c'est la radio que j'écoute le matin et depuis toujours je m'en réjouis encore plus d'une certaine façon mais ça ne l'exonère pas de cet effort de maîtrise qui est d'ailleurs discuté avec la direction de Radio France et qui s'inscrit dans un plan pluriannuel qui ne remet pas en cause l'existence de l'audiovisuel public qui ne remet pas en cause ses façons de fonctionner mais qui c'est vrai lui impose de réfléchir à des meilleures façons d'organiser les choses je ne crois pas que ce soit choquant je ne crois pas que cet exercice qui a déjà commencé desserve la qualité de ce que vous faites

34:18
Présentateur

on est à mi-mandat ça fait deux ans et demi que vous êtes premier ministre Edouard Philippe vous êtes comment ? vous allez comment ? vous êtes motivé ? vous êtes heureux ? vous êtes fatigué ? est-ce que la malédiction de Matignon a frappé ?

34:30
Édouard Philippe

c'est gentil de me poser des questions très personnelles je ne suis pas sûr que ce soit dans ma nature d'y répondre j'essaie de faire mon d'accomplir la mission que le président de la république m'a confiée j'essaie de le faire du mieux que je peux alors je suis sûr que ça suscite des réactions diverses il y a des gens qui pensent que je ne le fais pas bien d'autres qui ont l'air de dire que ce n'est pas si mal voilà moi ce qui m'intéresse c'est de faire le d'accomplir la mission que le président de la république m'a confiée le reste n'a pas beaucoup d'importance

34:57
Présentateur

le reste par exemple le Havre

35:00
Édouard Philippe

le Havre c'est très important

35:01
Présentateur

la tentation du Havre monsieur le premier ministre ça ça approche on est à 4 mois des municipales vous y allez ou pas ?

35:09
Édouard Philippe

écoutez je ne vais pas masquer le fait que j'aime cette ville je ne vais pas masquer le fait que j'aime être chez moi je ne vais pas masquer le fait que j'ai aimé être maire c'est bon on a la réponse alors mais aujourd'hui je suis premier ministre et j'ai une mission à accomplir qui m'a été donnée par le président de la république et j'ai indiqué que je dirai en janvier si j'y vais si je n'y vais pas vous hésitez ?

non je n'hésite pas je vous ai dit que je me prendrai et que je ferai connaître ma décision en janvier et comme on est fin novembre on n'est pas en janvier et quand ce sera janvier je vous garantis je vous le dirai et si vous me réinvitez je pourrais même vous dire des choses ici même si s'agissant d'une décision qui concerne quand même à la fois Léa Vray et moi-même je le ferai d'abord plutôt à destination Léa Vray qu'ici

35:50
Présentateur

on nous reviendrait restez avec nous Edouard Philippe il est 8h57 on marque une pause rapide et

35:55
Locuteur

on le ous-titrage Société Radio-Canada