Déclaration du Président Emmanuel Macron, du Chancelier Olaf Scholz et du Président Andrzej Duda.
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- 0:15Chancelier Olaf ScholzFait
« Cette rencontre est historique, car c'est la première fois depuis onze ans que le Triangle de Weimar se réunit au sommet. »
- 0:30Chancelier Olaf ScholzFait
« Toute violation supplémentaire de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Ukraine est inacceptable et aurait des conséquences lourdes pour la Russie. »
- 1:30Président Andrzej DudaFait
« Nous avons un regroupement de troupes soviétiques sans précédent tout au long des frontières ukrainiennes. »
- 2:00Président Andrzej DudaFait
« Notre grande mission est d'assurer la paix à nos sociétés et à nos nations. »
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Messieurs, je me réjouis qu'Emmanuel Macron et le président de la République de Pologne, Andrzej Duda, aient accepté mon invitation à venir aujourd'hui à Berlin. Cette rencontre est historique, car c'est la première fois depuis onze ans que le Triangle de Weimar se réunit au sommet, donc, avec les chefs d'État et de gouvernement. Bienvenue !
La situation est très tendue actuellement en Europe, et donc le dialogue avec nos partenaires européens est particulièrement important, surtout dans le cadre du Triangle de Weimar. Notre objectif commun : éviter la guerre en Europe. L'avancée des troupes russes à la frontière avec l'Ukraine est extrêmement inquiétante et nous partageons, d'ailleurs, la même évaluation de la situation et les mêmes positions.
Toute violation supplémentaire de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de l'Ukraine est inacceptable et aurait des conséquences lourdes pour la Russie sur le plan politique, économique et sur le plan géostratégique. Je me suis entretenu longuement hier à Washington avec le président Biden et nous étions pleinement d'accord. Notre objectif, aujourd'hui, dans le cadre du Triangle de Weimar, est de parvenir à une désescalade de la situation qui est extrêmement tendue.
Nous avons besoin de négociations et d'une solution. Dans ce semestre, nous occuperons des responsabilités particulières, la France assure la présidence du Conseil de l'Union européenne, la Pologne, la présidence de l'OSCE, et l'Allemagne, la présidence du G7. Nous avons donc une responsabilité particulière pour tout ce qui touche aux questions de sécurité en Europe et à l'échelle globale.
Nous avons tous les trois beaucoup voyagé ces derniers jours, nous avons mené de nombreux entretiens, le président Macron était hier au Kremlin où il a rencontré le président russe et aujourd'hui à Kiev. Moi-même, je me rendrai la semaine prochaine à Kiev et ensuite à Moscou. Notre échange, aujourd'hui, est donc particulièrement utile, car nous avons un même objectif : maintenir la paix en Europe grâce à la diplomatie, grâce à des messages clairs et grâce à notre volonté commune d'agir de concert, si nécessaire.
Notre rencontre d'aujourd'hui sera une bonne occasion de nous entretenir sur nos intentions dans le cadre des présidences de l'Union européenne, de l'OSCE et du G7. Les programmes de ces trois présidences présentent beaucoup de points de convergence pour une action commune, par exemple, dans le domaine de la protection du climat, des droits de l'homme, et de l'économie durable. Je me réjouis de notre rencontre, de nos entretiens dans le cadre du Triangle de Weimar, véritable pont entre l'est et l'ouest de l'Europe.
Messieurs, Monsieur le Président, Monsieur le Chancelier, Mesdames et Messieurs. Tout d'abord, je tiens à vous remercier, Monsieur le Chancelier, de tout cœur, de nous avoir invités à Berlin et d'avoir convoqué cette réunion qui est historique, il est vrai, car cette rencontre du Triangle de Weimar, que l'on n'a pas célébré depuis longtemps et qui se tient justement au moment où, à mon avis, elle devrait se tenir. C'est pourquoi je suis reconnaissant.
Il est très important que nous nous revoyons, que nous échangions nos expériences, ne serait-ce que résultant des rencontres qui, ces derniers temps, se tiennent par les uns et par les autres et que nous cherchions des solutions difficiles par ces temps. Avant de venir à Varsovie, à mon avis, la situation la plus difficile est celle où se sont trouvés l'OTAN et l'Union européenne depuis 1980, c'est-à-dire la situation la plus difficile qu'il nous est donné de vivre en Europe du centre et de l'Est, ou en Europe. Nous avons un regroupement de troupes soviétiques sans précédent tout au long des frontières ukrainiennes.
Nous avons également un grand regroupement en Biélorussie de troupes russes où il y a des manœuvres qui doivent durer jusqu'au 20 février. Nous nous posons tous la question : qu'adviendra-t-il plus tard ? Quel sera l'effet de ces placements militaires que le monde et l'Europe n'ont pas vu depuis la deuxième Guerre mondiale ?
Notre grande mission est d'assurer la paix à nos sociétés et à nos nations. Notre grande mission est également de préserver le droit international, l'intégrité territoriale, y compris des États qui ne sont ni membres de l'Union européenne, ni membres de l'OTAN, mais qui sont nos alliés. Le pays où il y a un peuple qui veut et aspire à la liberté, à la souveraineté, à la démocratie, je pense ici à l'Ukraine, c'est notre mission la plus importante.
Nous nous voyons dernièrement assez souvent avec le président Volodymyr Zelensky, nous lisons les dépêches venant de différents endroits qui décrivent la situation qui est extrêmement difficile. Je vous remercie, Chancelier, d'avoir convoqué cette réunion car c'est en montrant que nous sommes tous ici en Europe, en Union européenne, entre chefs d'État et qu'il y a cette volonté qui nous anime de trouver des solutions, les meilleures possibles, pour assurer la paix et le développement pacifique pour plus tard, aussi bien au sein de l'Union européenne, que pour nos voisins. Nous allons également avoir l'occasion d'échanger nos expériences, d'échanger les informations que nous avons acquises les dernières années, et discuter de la tactique pour les temps à venir.
Monsieur le Président Macron a été à Moscou hier, Monsieur le Chancelier s'est entretenu avec le président Biden. Moi, hier, je suis revenu de Pékin où j'ai parlé avec le Président Xi Jinping, le président chinois. Puis hier, directement de Pékin, après une escale d'une heure à Varsovie, je me suis rendu à Bruxelles à la rencontre de la Présidente von der Leyen et de Monsieur le Président du Conseil européen, Charles Michel.
Mesdames et Messieurs, il nous faut trouver la solution. Il nous faut trouver une solution qui permette d'éviter la guerre. Comme je viens de vous le dire, c'est notre mission de base, j'espère et je crois que nous allons réussir.
Le plus important, aujourd'hui, c'est l'unité et la solidarité, que nous parlons d'une seule voix, que nous sommes une communauté, c'est ce que nous devons démontrer, que l'on est inébranlable. À mon avis également, que l'on ne recule pas, que ce n'est pas parce que nous allons reculer que nous allons laisser quelqu'un à bon compte. Rien que parce que nous allons craindre de ne pas réussir, je suis certain que nous allons réussir, nous avons besoin d'une attitude sage et décidée.
Et je pense que les instruments que nous sommes à même d'élaborer ensemble, vont nous permettre de réussir et c'est à cela que sert notre rencontre d'aujourd'hui. Monsieur le Chancelier, cher Olaf, Monsieur le Président, chez Andrzej, Mesdames et Messieurs. Je partage totalement ce que Monsieur le Chancelier et Monsieur le Président viennent de dire.
Je pense qu'il était très important dans ce moment que vit notre Europe, de nous réunir sous ce format, dit de Weimar, qui a fêté ses 30 ans l'année dernière, même si nous n'avons pas pu nous réunir pour marquer cet événement. Et je pense que nous réunir ici, aujourd'hui, à Berlin, dans ce moment très particulier que vit l'Europe, a un sens tout spécifique en ce que ce format, en effet, fait le lien entre trois grands pays européens et cette volonté d'unifier leurs stratégies, leurs destins. Ensuite, comme Monsieur le Chancelier l'a rappelé, il se trouve que cette année est marquée par trois présidences et donc la coordination de nos agendas, le G7, l'OSCE et le Conseil européen, ce qui nous donne encore plus de force pour relayer ces messages communs dans les différentes enceintes.
Avant les différents échanges diplomatiques que nous avons eus tous trois ces derniers jours, nous nous sommes étroitement concertés par voie téléphonique la semaine dernière et nous allons continuer d'agir dans les semaines qui viennent avec des objectifs simples. Le premier, cela a été dit, éviter la guerre, la paix et la stabilité du continent européen sont notre trésor et nous considérons que notre devoir est de tout faire pour le préserver. La deuxième chose, c'est consolider et défendre à chaque instant l'unité des Européens et des alliés.
C'est comme cela que nous avons préparé nos échéances et c'est comme ça que nous avançons sur ce chemin. La troisième, c'est défendre les principes qui ont fait notre Europe durant ces trente dernières années, et en particulier le respect de la souveraineté de tous les États, de l'intégrité territoriale, du respect de nos valeurs telles que nos chartes l'ont prévu. Et enfin, c'est de trouver les voies et moyens d'engager ce dialogue exigeant, important avec la Russie sous différents formats.
À ce titre, nous aurons à poursuivre dans les prochains jours et les prochaines semaines, dans le cadre du format Normandie, des échanges qui sont le cadre politique du règlement de la crise russo-ukrainienne. Je me suis longuement entretenu hier avec le Président Poutine, aujourd'hui avec le Président Zelensky sur ce sujet, le Chancelier, ira la semaine prochaine à Kiev, puis à Moscou. Entre-temps, nos conseillers auront eu l'occasion de tenir des réunions importantes et l'OSCE aura pu continuer son travail puisque c'est dans ce cadre-là que le groupe tripartite avance.
Le réengagement de ce dialogue et la prise de responsabilités de tous les partenaires, tel que cela a été confirmé est le seul chemin qui rendra possible la paix en Ukraine. Et à ce titre, ce réengagement est une étape importante pour que nous puissions poursuivre nos travaux. Et de l'autre côté, il y a un travail qui est mené par l'OTAN, par les États-Unis d'Amérique, par nous aussi en tant qu'alliés et en tant qu'Européens, pour bâtir les éléments de garantie de sécurité.
Les derniers jours ont permis de faire émerger des pistes nouvelles. Nous allons ensemble y travailler et là aussi, notre volonté est ensemble de poursuivre ce dialogue exigeant, fidèles à nos principes, aux objectifs et valeurs que j'ai rappelés, mais tout en restant unis à engager avec la Russie ce dialogue pour limiter, aujourd'hui, tout risque d'escalade, enclencher une désescalade nécessaire et bâtir la paix et la stabilité dans la durée. Je vous remercie.
Je vous remercie.
Emmanuel Macron