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Podcast / conversationFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 14 août 2026 43 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieCulture, médias & sportÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Festivals d’été : la nécessaire adaptation au changement climatique ?

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 67 %Attaque 10 %Défensif 23 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:06OuverteRéponse directe

    Ce festival Rock en Scène, tout va bien jusqu'ici ?

  • 5:52OuverteRéponse partielle

    Combien de festivals ont été annulés cet été ?

  • 9:56OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui pourrait vous conduire à annuler le festival ?

  • 14:02OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des lieux ou types de lieux inadaptés aux festivals l'été ?

  • 15:38OuverteRéponse directe

    Faut-il envisager Rock en Seine en octobre ?

  • 23:34OuverteRéponse directe

    Comment s'est passé le Hellfest en pleine canicule ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15InvitéFait
    « Avec plus de 7000 événements chaque année, dont près de la moitié en été, la France est une terre de festival. »
  • 32:36InvitéFait
    « On a avancé sur le tri des déchets, sur la consommation d'eau, on fonctionne avec des toilettes sèches. »
  • 32:33InvitéFait
    « on a avancé sur le tri des déchets, sur la consommation d'eau, on fonctionne avec des toilettes sèches »
  • 32:44InvitéFait
    « on a une sobriété énergétique qui fonctionne, qui fonctionne bien et qui progresse fortement »
  • 35:15Locuteur 2Fait
    « ces moments de communion, ce que disait Mathieu Ducos, c'est vraiment comme un des derniers refuges émotionnels »
  • 36:01Locuteur 2Fait
    « c'est le seul lieu de découvrabilité des artistes »
  • 37:21InvitéFait
    « sur les risques climatiques nous sommes couverts »
  • 38:33Locuteur 2Fait
    « ça va entamer l'assurabilité de ces événements pour demain »
  • 39:41Locuteur 2Promesse
    « mettre en place un fonds de garantie comme ça a pu être le cas dans le secteur du cinéma durant la crise Covid »
  • 41:36Locuteur 2Chiffre
    « il fait facilement plus de 40 pendant trois semaines »

Temps de parole

  • Locuteur 229 %
  • Invité22 %
  • Invité 222 %
  • Présentateur9 %
  • Invité 35 %
  • Auditeur4 %
  • Invité 43 %
  • Invité 53 %
  • Invité 62 %

≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, France Inter, le téléphone sonne, Cécile Bideau.

0:11
Invité

Festival, ça rime bien souvent avec estival. Avec plus de 7000 événements chaque année, dont près de la moitié en été, la France est une terre de festival. De la grosse machine financée par des multinationales qui attirent des centaines de milliers de personnes, au rendez-vous tenu à bout de bras par une poignée de bénévoles passionnés. Ils ont tous un point commun, ils sont vulnérables. Vulnérables aux éléments extérieurs, puisque le plus souvent c'est dehors que se passent ces instants de communion artistique, particulièrement exposés donc aux changements climatiques. On l'a vu dès la deuxième canicule cette année, fin juin, des communes qui renoncent à la fête de la musique.

L'annulation, le jour de l'ouverture du festival Solid Days à Paris, puis de Chambord Live dans le Loir-et-Cher, de Garroch à Marmande, cette fois à cause d'un orage de grêle. Et aussi désormais, on en parlera dans cette émission, des organisateurs doivent abandonner face au risque d'incendie. Ces interdictions, elles sont prononcées localement par les pouvoirs publics, qui craignent qu'un rassemblement de population dans un tel contexte ne vienne alourdir la charge des secours et des hôpitaux. Alors au-delà de la déception des festivaliers, ces décisions ont des conséquences pour les artistes, les techniciens, les équipes, et elles fragilisent les festivals eux-mêmes.

Comme tout le monde, les festivals doivent donc aujourd'hui se réinventer pour faire face au changement climatique. Comment se passe cette nécessaire adaptation ? Les festivals anticipent-ils ces aléas avec des brumisateurs, des pauses fraîcheurs ? Ces mesures sont-elles une goutte d'eau dans un océan de chaleur ? Faut-il regarder la réalité en face et se dire qu'un festival au cœur de l'été n'est plus possible ? Vous êtes des habitués des festivals, organisateurs, bénévoles, venez discuter avec nous. 01 45 24 7000, un appel, un message WhatsApp, vous pouvez aussi nous écrire sur l'application Radio France.

2:11
Auditeur

Le téléphone seul, 01 45 24 7000.

2:15
Invité

Laissez-moi vous présenter nos invités de ce soir. En studio avec nous, Mathieu Ducot, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes le directeur du festival Rock en Scène qui est programmé du 26 au 30 août prochain au domaine national de Saint-Cloud près de Paris. Alors je vais citer que quelques-unes de vos têtes d'affiches cette année parce qu'il y en a pas mal. The Cure, Nick Cave, Bertrand Belin, France Ferdinand, je pourrais continuer comme ça assez longtemps. Nous sommes également en ligne avec Malika Séguineau. Bonsoir. Bonsoir. Directrice générale d'Ecoscène, premier syndicat du secteur du spectacle vivant qui regroupe 500 structures dont 140 festivals. Et depuis Aurillac, Patrick Casagrande.

Bonsoir. Bonsoir Madame Bideau. Vous êtes le maire de cette commune du Cantal où débute mercredi prochain la 39e édition du Festival international de théâtre de rue. On attend 200 000 spectateurs. Mathieu Ducot, on va commencer avec vous. Ce festival Rock en Scène, tout va bien. Jusqu'ici, tout va bien, comme on dit, pas de menace d'annulation ? Jusqu'ici, on tient. Le festival démarre, vous l'avez dit, le 26 août dans 12 jours exactement. Donc on ne présage pas forcément de ce qui se passera dans 12 jours. C'est toujours un peu difficile. Et la météo, comme on le sait, est changeante et parfois capricieuse.

Mais en tout cas, on mène le chantier du montage du festival du mieux qu'on peut avec les alias dont on parlera sûrement tout à l'heure. Mais comment ça se passe ? Vous avez un monsieur, une madame météo, vous avez des applications hyper précises, peut-être un petit peu plus détaillées que ce qu'on peut avoir nous comme un des mortels ? Oui, effectivement, on a des services météo un peu plus précis. On fait appel éventuellement aussi à des experts prévisionnistes qui peuvent nous accompagner. En tout cas, c'est le cas de notre côté.

Tout le long du chantier, du début du démontage à la fin du démontage, qui nous permet de prévoir effectivement les épisodes météo qui pourraient poser problème, d'essayer de s'y préparer au mieux, y compris au moment même où ils se produisent, ou dans les heures ou minutes avant qu'ils se produisent, d'arriver à savoir exactement où ils vont frapper et si effectivement le festival et les lieux du festival sera impactés ou pas. Oui, c'est ça, parce que dans le cas de Solid Days, ça a été annulé vraiment quasiment au dernier moment. Donc, ça veut dire que tout le travail en amont, en fait, il faut le défaire. On ne l'a fait pour rien.

On travaille tout au long de l'année à évaluer les risques. Et les risques météo, climatiques sont des risques, évidemment, vous l'avez rappelé, prépondérants pour nous, organisateurs d'événements de plein air. Notre travail pendant l'année, c'est justement, en fonction de ces différents risques, de trouver les parades, les mesures qui nous permettent de lutter efficacement pour que les épisodes, qu'ils soient de chaleur, de risque de feu, la pluie, l'orage, la grêle, puissent être pris en compte et essayer de faire en sorte qu'ils n'empêchent pas la poursuite et la continuité de l'activité du festival.

C'est effectivement notre rôle premier, c'est d'essayer d'assurer la continuité de l'événement en toute sécurité. Et s'il faut l'interrompre, évidemment, on l'interrompt puisque la priorité est avant tout la sécurité de nos publics. Ça vous est déjà arrivé depuis que vous êtes directeur de Rockenselle ? Non, on n'a jamais fait face à de violents orages ou de faux violents épisodes climatiques qui nous ont poussé à annuler tout ou partie du festival. On a beaucoup de chance. Je touche du bois pour qu'elle reste avec nous. On a interrompu parfois des concerts pendant quelques minutes, quelques dizaines de minutes, mais rien de plus.

Malika Séguineau, vous qui êtes la directrice d'Ecoscène, on va dézoomer un petit peu. Combien festivals, vous le savez, ont été annulés cet été ?

5:56
Locuteur 2

Je n'ai pas de chiffres précis. En tout cas, ce qu'on sait, et c'est bien ce que dit Mathieu Ducot, c'est que ce qui se passe, c'est la contrainte des aléas naturels. C'est ce que vivent les festivals en plein air depuis toujours. Alors là, il y a un focus très particulier et très exceptionnel depuis le mois de juin avec des conditions climatiques extrêmes, de fortes périodes de chaleur sur des temps très très longs. Mais on a toujours connu pour les festivals de plein air la gestion des températures extrêmes, des orages, des pluies importantes.

Sur le dernier bilan qui a été publié l'année dernière par le ministère de la Culture, c'est déjà près de 50% des festivals de plein air qui se sont dit concernés par des aléas naturels extrêmes qui les ont obligés à annuler une soirée, voire l'intégralité de l'édition. Donc ce sont des éléments pris en compte en permanence par ces organisateurs de festivals qui sont effectivement soumis plus que les autres à ces événements climatiques extrêmes.

6:48
Invité

Mais on sait que ça n'est plus exceptionnel. On sait que ça va se poursuivre et arriver tous les étés.

6:53
Locuteur 2

Complètement d'accord. Ce n'est plus exceptionnel. Ça fait donc désormais partie des réflexions inhérentes et structurelles à tous les organisateurs de festivals. Et Mathieu Ducot l'a expliqué. Ça fait vraiment partie de l'étude même initiale des festivals dans l'appréhension de la vulnérabilité de ces festivals pour adapter au mieux les sites, les horaires à des événements qui peuvent effectivement arriver désormais tous les ans. Donc c'est complètement intégré. Ça fait partie des risques structurels comme le sont d'autres risques sécuritaires. Ce sont des professionnels de l'accueil du public et donc ils prennent également désormais cette donnée en compte.

C'est pour ça que les festivals de plein air s'organisent, s'adaptent de plus en plus pour pouvoir continuer à pouvoir accueillir les festivaliers alors même que ces conditions climatiques deviennent de plus en plus exceptionnellement difficiles.

7:48
Invité

Donc l'annulation, c'est vraiment le dernier recours ?

7:51
Locuteur 2

L'annulation, c'est effectivement le dernier recours. Ce qui s'est passé durant le dernier week-end de juin a été effectivement difficile. Il pourrait même être dramatique s'il était appelé à être renouvelé les années futures parce que ce sont des événements qui se produisent une seule fois et qui sont non reportables.

Donc l'annulation d'une soirée et pour ces festivals dont on parle, ce n'était pas une seule soirée, c'était les trois soirs qui ont été annulés au dernier moment puisque ça s'est produit durant la journée d'ouverture au public est absolument exceptionnel en conséquence puisque vous annulez ce que vous avez monté pendant un an, vous avez travaillé dans des conditions importantes puisque les montages des festivals dont on parle dans ce dernier week-end de juin se sont déroulés dans des conditions de chaleur importantes pour les équipes et vous vous retrouvez à être annulés.

Ce qui a été le plus difficile pour ces festivals et pour Ecoscen puisqu'on s'est pas mal mobilisés à cette possibilité-là, c'est parce qu'il n'y a pas de politique nationale très claire, il n'y a pas de protocole national très clair, ce qui fait qu'effectivement vous vous retrouvez à la merci d'une décision qui tombe dans la journée à quelques heures de l'ouverture des portes.

9:01
Invité

Et en général, c'est la préfecture qui la donne, cette décision qui la prend. C'est en général la préfecture qui la donne. Voir la ville.

9:08
Locuteur 2

Voir la ville, mais pour autant, ces organisateurs de festivals travaillent main dans la main avec les services des villes, les services des préfectures pour organiser au mieux et mettre en place des protocoles de prévention adaptés à l'évolution de ces conditions. Ce qui a été difficile à comprendre, c'est l'absence d'un protocole national clair, d'un cadre national clair. Pourquoi ces festivals et pourquoi le reste des activités de plein air en France a pu se tenir durant cette période-là ? C'est ce que nous, nous ne souhaitons plus voir reproduire.

On est conscients des risques, on est pleinement responsables en tant que professionnels accueillants du public, mais nous souhaitons avoir de la lisibilité, de la visibilité pour nous donner une possibilité de continuer à accueillir ce public sur ces sites.

9:53
Invité

Patrick Casagrande, en tant que maire de Rillac, qu'est-ce qui pourrait, vous, vous conduire à prendre un arrêté municipal d'annulation ou de modification du festival ? Alors, pour ce qui nous concerne, la question de l'annulation ne s'est jamais posée. On n'y a jamais été confrontés. Vous parliez de la météo. C'est un festival qui a 40 ans et qui a connu à peu près tous les aléas climatiques possibles, si ce n'est la neige. On n'a pas eu la neige en août encore à Rillac.

10:22
Présentateur

On espère que ça n'arrivera pas.

10:22
Invité

Cependant, pour vous répondre plus largement, le festival de Rillac, il est déjà en mode canicule aujourd'hui. La semaine prochaine, d'après les bulletins météo de Radio France, dans lesquels on a une grande confiance, on devrait échapper à la canicule. Pour autant, tout le dispositif est déjà programmé, prévu, pour faire face à des vagues de chaleur. Par exemple, la prévention est beaucoup plus poussée sur la nécessité de bien s'hydrater, de se protéger du soleil, chapeau, crème solaire, etc. Puisque c'est un festival d'art de la rue, donc l'immense majorité des spectateurs sont dans la rue. Et on a, par exemple, mis en place des... On a augmenté le nombre de points d'eau.

On a, pour boire et pour se rafraîchir, de l'eau potable et non potable, on a posé des brumisateurs à certains endroits stratégiques de la ville sous lesquels les gens peuvent passer autant que de besoin. Ensuite, c'est des arts de la rue. Donc, vous savez, les artistes ont une grande inventivité, y compris pour adapter le spectacle si nécessaire. Par exemple, en aspergeant le public d'eau, c'est arrivé et ça arrivera sans doute encore. On ouvre des lieux qui sont rafraîchis, soit des bâtiments municipaux, soit, par exemple, les édifices religieux. Et on décale certains horaires de spectacle qui sont programmés, notamment en début d'après-midi.

On va dire 13h, 16h, c'est les horaires où on va conseiller aux personnes vulnérables, notamment, de ne pas se déplacer dans l'espace public par forte chaleur. Michel a appelé le standard de France Inter. Bonsoir.

12:01
Auditeur

Bonsoir.

12:01
Invité

Vous nous appelez de l'Hérault, soyez le bienvenu.

12:03
Auditeur

Oui, je voulais juste faire partager une expérience. Au mois de juillet, je suis allé voir un festival. Le revêtement, c'était du goudron et c'était intenable le soir. Et pour la première fois de ma vie, j'ai 66 ans, donc j'ai fait beaucoup, beaucoup de festivals. Et quelques jours après, il y avait un autre festival. J'ai téléphoné pour savoir comment était le revêtement de ce festival où je voulais aller. Les gens, les organisateurs, ils ne comprenaient pas ce que je voulais demander, en fait. Je leur ai dit, je veux savoir si c'est du goudron ou si c'est de la terre battue. Et ils m'ont dit, oui, c'est de la terre battue, il y aura de l'ombre et tout.

Donc du coup, je suis allé au festival. Et c'est la première fois, en 50 ans que je vais voir des festivals, que je fais cette demande.

12:58
Invité

Et vous qui êtes adepte des festivals, vous avez vu au fur et à mesure des étés, les températures augmenter. Et finalement, vous vous dites, un jour, ça ne va plus être possible ?

13:09
Auditeur

Ah ben là, j'ai annulé. Moi, vu mon âge, il y a des endroits où j'allais d'habitude, je ne suis pas allé.

13:17
Invité

Donc vous renoncez ?

13:19
Auditeur

Oui, j'ai renoncé. Et après, dans un taux plus large, moi, je pars en vacances en juin. Je fais beaucoup de randonnées. Mais maintenant, je regarde la météo, pas pour la pluie, mais pour les chaleurs. C'est-à-dire que je décide là où je vais par rapport aux chaleurs, par rapport aux canicules. Ce qu'avant, je ne faisais jamais. Je partais fin mai, début juin, et je partais un peu à droite, à gauche, en camping. Mais maintenant, je regarde la météo, en mai, juin, pour savoir si ça va être possible de faire des randonnées ou quoi que ce soit.

13:57
Invité

Merci beaucoup, Michel, pour votre appel. Manika Seguineau d'Ecosène, qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il y a des endroits, des types de lieux qui ne sont plus adaptés aux festivals l'été ?

14:08
Locuteur 2

En tout cas, ces questions se posent de manière importante pour les festivals de plein air, mais également pour les concerts qui se trouvent dans des salles ou dans des théâtres. C'est effectivement l'adaptation de ces lieux. J'entendais l'auditeur effectivement parler du revêtement des sols. Ce sont des questions qui sont en réflexion au sein de nombreux festivals. Quand ils s'interrogent justement sur la localisation du festival, sur une possible adaptation des sols, un travail sur les matériaux ou alors un déplacement du site même du festival pour pouvoir prendre en considération ces changements climatiques, toutes ces réflexions sont à l'œuvre.

En tout cas, nous, ce que nous souhaitons véritablement pouvoir continuer de proposer, c'est des festivals qui auront lieu au printemps et à l'été. Parce que, comme monsieur également l'a indiqué, tout cela est aussi lié à une période où les Français, même les Européens, ont le temps de prendre des congés et de venir dans les régions de France. Et les festivals font partie pleinement de l'animation territoriale locale. Donc, c'est extrêmement important de pouvoir continuer de donner une chance à ces festivals en plein air, de continuer d'exister.

et c'est pour ça qu'on tient impérativement à avancer avec le ministère de la Culture sur une politique nationale d'adaptation des festivals pour que nous puissions continuer dans de bonnes conditions à accueillir les festivaliers sur les festivals qui se déroulent chaque été en France.

15:33
Invité

Oui, donc, comme vous soulevez la question, on va poursuivre là-dessus. Ça vous semble inenvisageable, Mathieu Ducot, de faire Rock en Seine en octobre, par exemple ? Alors, on est un festival de centre-ville, même si on est dans un parc boisé. Donc, on a peut-être, et au sein de la région la plus peuplée de France, avec un bassin de population très nombreux et là, toute l'année, des touristes qui d'ailleurs aussi sont là toute l'année. Donc, on est peut-être un tout petit peu plus, on va dire, armés de ce point de vue-là si on devait changer d'espace-temps.

Néanmoins, le festival reste vraiment un moment de partage estival, vous l'avez dit en introduction, et je pense que ça reste en tout cas dans l'esprit des festivaliers quelque chose de très fort. Donc, ce n'est pas inenvisageable, mais ce n'est évidemment pas la priorité pour nous. Pour nous, c'est effectivement de trouver les moyens de s'adapter. On parlait du revêtement, du lieu d'accueil des festivals. Ils ont évidemment un rôle prépondérant dans la manière dont ils sont en capacité d'accueillir le public en fonction de leurs contraintes et de leur typologie. On a la chance d'être un lieu, un espace arboré avec des arbres avec beaucoup d'espaces d'ombre.

Le risque incendie n'est pas neutre quand on voit Fontainebleau. On va pouvoir effectivement en parler. C'est un vrai sujet pour nous qui se pose de manière très concrète cette année. On a la chance d'avoir des arbres de l'ombre et de la pelouse, mais effectivement, les risques incendies en cette période de très grande sécheresse sont importants. Pour la première fois, nous sommes dans un contexte pendant le temps du festival de vigilance orange feu, forêt et bois et nous avons été contraints de discuter avec la préfecture comme on l'aurait pu le faire pour des problématiques de canicule au moment même du festival.

En tout cas, des discussions avec la préfecture pour être en capacité et avoir l'autorisation de continuer, de démarrer et de continuer le chantier du festival. Le montage du festival démarrait début août. À ce moment-là, un arrêté a été pris par la préfecture des Hauts-de-Seine interdisant un certain nombre d'activités dans les bois et les forêts. Nous étions pleinement dans le champ de cette arrêté et de cette interdiction d'un certain nombre d'activités, ne serait-ce que roulées sur des surfaces non bitumées. L'ensemble du site n'est pas bitumé.

Évidemment, ça posait énormément de problèmes pour nous pour imaginer mettre en œuvre le festival et donc des actions pour compenser effectivement et amoindrir les risques de feu ont été présentés à la préfecture de manière à obtenir une dérogation vis-à-vis de cet arrêté et donc nous avons pu jusqu'à maintenant procéder au montage du festival mais ce n'est pas anodin, c'est effectivement une réflexion sur les moyens à mettre en œuvre humains, techniques pour venir se confronter à cette réalité des risques de feu et y répondre de manière à ne prendre évidemment aucun risque.

nous prenons maintenant la direction de la Gironde à Uzeste nous attend Louis Loubats bonsoir bonsoir vous êtes l'un des organisateurs du festival Uzeste Musical c'est un festival de jazz de poésie de théâtre qui existe depuis près d'un demi-siècle alors on parlait d'incendie il y a un instant la Gironde a été très très touchée et vous avez donc appris par arrêté préfectoral et municipal que votre festival qui devait commencer lundi était annulé d'abord est-ce que vous avez trouvé un plan B ?

19:07
Présentateur

oui merci de votre accueil je voulais juste dire que c'est pas fini les incendies on a une pensée pour les habitants de Luglon une petite commune dans les Landes et les pompiers qui se battent contre un incendie alors qu'on se parle là en ce moment pour dire que c'est pas terminé malheureusement ensuite pour répondre à votre question oui nous on a on a subi une interdiction préfectorale et municipale et on a décidé de ne pas annuler le festival mais il y a des communes qui ont spontanément proposé de nous accueillir et notamment des communes qui ne sont pas dans des zones forestières donc on a réussi à délocaliser 4 jours du festival mais qui sont très réduits par rapport à ce qui était prévu donc qui auront lieu le 19, 20, 21 et 22 août à Bazas et Saint-Maker voilà qui sont des communes qui ne sont pas directement concernées par les les arrêtés préfectoraux

19:55
Invité

mais alors quand vous avez reçu cet ordre d'annulation c'est-à-dire ben voilà ça peut pas se produire comme vous l'aviez prévu et comme vous le faites depuis des années comment vous avez réagi ?

20:05
Présentateur

ben pour nous c'est un problème que ça se passe comme ça juste pour resituer peut-être pour dire que nous ne sommes pas pour pas apparaître pour des irresponsables je veux dire c'est un festival festival c'est un mot polysémique donc juste pour dire nous c'est un festival qui existe depuis 49 ans et qui est organisé par des gens qui habitent dans le village et qui accueille entre 500 et 1000 personnes par jour je veux dire c'est des enjeux tout à fait différents sans doute que Roc-en-Seine enfin vous voyez c'est des échelles qui à notre avis permettent des adaptations je veux dire responsables et notamment des adaptations on pourrait dire de se poser la question démocratiquement avec les habitants du village de quel risque on est prêt à prendre ensemble parce que ce qui est intéressant avec le feu c'est que ce n'est jamais un risque privé enfin vous voyez ce que je veux dire un feu ça se déclenche et puis ça va chez le voisin donc nous ce qui nous embête là-dedans c'est de se dire que c'est c'est quand l'interaction vient d'en haut et qu'il n'y a pas une collaboration une réflexion une manière de se mettre ensemble autour de la table pour trouver une solution pour pouvoir tout simplement pratiquer des activités culturelles sur ce territoire l'été et puisqu'on sait que maintenant le climat va être ça tous les étés nous on défend l'idée là on se déplace on a trouvé une solution on en est ravis et on remercie beaucoup les mairies qui nous accueillent mais ce n'est pas une solution pérenne cette situation va se reproduire chaque été en Gironde il y a entre 500 000 et 600 000 habitants de communes forestières en fait on ne peut pas les priver de vie culturelle de juin à octobre ce n'est pas possible il va falloir trouver des solutions

21:32
Invité

donc la nécessaire adaptation comme on a intitulé cette émission vous êtes en plein dedans

21:37
Présentateur

tout à fait nous on se débat avec ça et on doit dire qu'on se pose des questions puisque pour nous ce feu si vous voulez ce n'est pas une catastrophe naturelle ce n'est pas un tsunami ou un météore qui se crache sur la terre ça a des causes humaines je veux dire ces feux les raisons c'est le dérèglement climatique global et puis plus localement nous on vit dans une forêt privée de monoculture de pain donc ça ça pose question vous voyez et puis aussi c'est vraiment la question et nous on l'a subie nous on est un festival on pourrait dire de services publics on est un festival qui n'est pas marchand qui ne fait pas de bénéfices qui a pour objet la création et la recherche artistique et l'éducation populaire d'ailleurs j'en profite pour dire que ça se passe toute l'année pour dire qu'on pratique le territoire et donc ce qu'on voit c'est une crise des services publics enfin nous on vit là c'est qu'il n'y a pas assez de pompiers qu'il n'y a pas assez de personnel de l'ONF pour en fait permettre je ne sais pas comment le dire là on a le droit de vivre dans ces communes mais on a le droit d'aller au travail et de rentrer chez soi et je pense que la plupart des habitants de ce territoire aspirent à plus que cela enfin vous voyez donc c'est vraiment une question qui va se poser de comment on fait pour organiser notre vie avec cette nouvelle donne qui pour être honnête n'est pas vraiment de notre fait

22:45
Invité

Merci beaucoup Louis Lubat le festival du Zest ce sera donc en partie à Basas et Saint-Maker la semaine prochaine merci d'avoir été en direct avec nous depuis la Gironde il est 19h40 sur France Inter au téléphone sonne nous discutons de l'adaptation des festivals d'été au changement climatique continuez à nous appeler nous sommes en direct jusqu'à 20h 01 45 24 7000

23:07
Présentateur

France Inter

23:09
Invité

nos invités sont toujours là pour vous répondre Malika Séguineau directrice du syndicat des acteurs du spectacle vivant Ecocène Patrick Casagrande maire d'Auriac et Mathieu Ducot directeur du festival Rock en scène et nous poursuivons la discussion avec Aliénor bonsoir bonsoir vous vous êtes allée faire un petit tour en Vendée pour un festival bien connu je crois oui le Hellfest le dernier week-end du mois de juin alors ça s'est passé comment parce que vous étiez en pleine canicule oui là c'était vraiment le premier enfin la première vague de canicule ils ont ils faisaient 40 quoi donc ils ont failli annuler le dimanche mais finalement ils ont réussi à maintenir mais moi j'appréhendais beaucoup parce que bon bah moi je suis normande donc la chaleur c'est pas trop mon truc et et vraiment c'est difficile et et en fait j'étais hyper surprise que que ça s'est super bien passé parce que ils ont des brumisateurs partout ils ont des douches où on peut aller se tremper en permanence donc c'est vraiment agréable et et on fait pas la queue pour aussi les les files d'attente pour boire l'eau est gratuite et puis et puis c'est bien organisé quoi et alors j'ai vu un autre message sur whatsapp de quelqu'un qui était également à vos côtés et qui nous disait également la bière est bien fraîche je le dis comme une boutade mais la question de l'alcool elle peut se poser aussi Mathieu Ducot lors d'une d'une canicule la consommation d'alcool dans un festival oui ça fait partie des éléments qui peuvent être considérés dans nos échanges avec les autorités pour savoir si dans la manière dont on permet l'accès à l'alcool il y a des modifications à apporter lors d'une journée sur ce point moi je m'interroge je suis absolument pas contre dire que on peut retarder éventuellement la distribution d'alcool dans le temps on a aussi quand même des expériences qui ont montré que parfois le fait de restreindre les gens les poussaient une fois qu'ils y avaient accès à surconsommer voilà et donc il faut être prudent je pense et pas voilà prendre cette cette question comme une question simple et avec évidence dans les réponses Merci beaucoup Aliénor d'avoir appelé le standard de France Inter Malika Séguineau d'Ecosen quand vous entendez le témoignage d'Aliénor vous vous dites c'est l'une des solutions brumisateurs de l'eau à foison elle pose aussi en parallèle la question de la consommation d'eau ces dispositifs-là

25:50
Locuteur 2

Oui je pense que il n'y a pas une seule solution il va y avoir multiples solutions et ce que commence à faire surtout l'ensemble des festivals en France c'est étudier leur vulnérabilité pour pouvoir mettre en place le plan d'adaptation justement le mieux adapté à leur situation donc sur le site du Hellfest qui est un site assez impressionnant en termes de volume il y a effectivement le choix de ces brumisateurs j'ai entendu aussi un travail qui a été fait sur la réduction des temps d'attente l'adaptation des flux pour éviter effectivement que le public soit trop exposé au soleil de manière continue vraiment ces plans d'adaptation ils sont de multiples facettes parce que tout dépend du site sur lequel vous êtes le site du Hellfest le site du Hellfest n'est pas le site de Rock-en-Seine comme ce n'est pas le site de Chambord Live qui a connu une annulation fin juin comme ce n'est pas le site des francopholies et ce n'est pas non plus les mêmes régions donc chacun étudie la vulnérabilité de son site pour mettre en place ce plan d'adaptation j'ai aussi suivi ce qui s'était passé sur Fourvière qui est donc le festival qui a lieu à Lyon qui dure deux mois ils ont fait cette année une étude de vulnérabilité pour mettre en place un plan d'adaptation qui prenait en compte les résultats et ils ont testé cette année le fait de repeindre des scènes en gris plutôt qu'en noir pour limiter l'accumulation de chaleur ils ont également déplacé le montage des décors à la tombée de la nuit ils testent des choses pour voir effectivement comment tout cela a un impact sur une meilleure adaptation à la situation alors quand vous bougez un curseur ça peut être effectivement bénéfique mais ça peut engendrer d'autres difficultés parce que si vous commencez à déplacer les heures de montage des décors ou des scènes à la tombée de la nuit vous pouvez aussi vous heurter à des problématiques de réglementation sonore avec des nuisances sonores donc il faut effectivement prendre en considération un certain nombre de paramètres quand on bouge quelque chose c'est presque systémique donc la question des brumisateurs n'est qu'un point parmi énormément de paramètres c'est pour cela qu'il faut effectivement avoir en tête qu'un plan d'adaptation globalement il sera spécifique à chaque festival et à chaque région

28:00
Invité

retour au standard de France Inter où nous attend Hervé bonsoir bonsoir vous nous appelez de quelle région Hervé ?

de L'Anjou le Ménéloir nous vous écoutons alors je pense que nous vivons pour une grande part d'entre nous des difficultés dû aux problèmes environnementaux donc dans notre chair on en souffre terriblement et pour certains ce sera même leurs revenus qui sont en cause à cause de tous ces dérèglements climatiques qu'on a occasionnés par toutes nos consommations et je me pose vraiment la question de savoir si les organisateurs de tous ces festivals ces dizaines de milliers de festivals et certains sont énormes est-ce qu'ils ont conscience de cette consommation qu'ils enchaînent en fait qu'ils entraînent sachant que cette consommation dont on a vécu depuis des dizaines d'années nous conduit là où on en est et là c'est encore on ajoute on ajoute encore des consommations que ce soit pour la logistique de la préparation du festival et également pour les déplacements des centaines de milliers de personnes qui vont à gauche et à droite participer à ces festivals moi je suis vraiment dépité de voir cette consommation à outrance ça me rappelle un slogan qui était donné du temps des Romains du pain et des jeux et je pense que nous sommes dans cette société sachant que du temps des Romains il n'y avait pas trop de désordres environnementaux alors que là on est au coeur et on ne vit pas le pire donc est-ce que vraiment ils ont conscience de cette consommation à outrance où on consomme on consomme le plaisir et quelles sont les conséquences pour nous-mêmes et nos enfants petits-enfants etc.

Merci beaucoup Hervé pour votre question il y a pas mal de remarques en ce sens notamment Aurélie qui nous a écrit il sera intéressant de parler dans cette émission sur les festivals et le réchauffement climatique de l'empreinte carbone que peut avoir un festival Mathieu Ducot j'imagine que vous l'avez en tête au festival Rock en Seine oui il y a les déplacements il y a l'électricité tout ça ça génère du dioxyde de carbone il y a parfois des artistes et souvent même qui viennent de loin qui peuvent prendre l'avion enfin toutes ces questions vous les êtes posées ou pas ?

bien sûr oui la question de l'impact des événements que nous organisons est une question qui doit être évidemment posée et qui l'est depuis de nombreuses années déjà nous nous sommes dans un domaine classé un domaine national classé donc ne serait-ce que par notre proximité avec notre lieu d'accueil qui a des contraintes et doit être protégé on s'est toujours posé la question de quel était notre impact alors notre impact direct d'abord mais notre impact ensuite beaucoup plus global après quelques années de festival nous avons fait plusieurs bilans carbone à plusieurs moments ces dernières années pour justement juger de notre impact et des réponses que nous avions pu trouver des actions que nous avons pu commencer à mener et de pouvoir en mesurer leurs efficacités c'est un travail qui est encore en cours évidemment que il y a beaucoup de travail à faire que beaucoup de choses sont en place mais que des solutions seront encore à trouver nous avons cette année 90% du festival qui est alimenté directement sur le courant électrique donc plus de groupes électrogènes ou quasiment plus de groupes électrogènes c'est un changement pour nous majeur qui s'est opéré en deux années donc voilà c'est des choses qui qui avancent ça veut dire qu'il y a deux ans vous aviez encore des groupes électrogènes qui fonctionnent au foule, au gasoil alors pas par plaisir mais parce que le site du festival n'était pas équipé et n'avait pas d'accès électrique haute tension qui est évidemment nécessaire aux activités qui se déroulent sur le festival les scènes mais aussi l'accueil du public les restaurants etc.

voilà mais donc la gestion des déchets la gestion de l'énergie le revêtement des sols on a parlé effectivement enfin Malika Seguineau a parlé de comment les festivals et les sites des festivals pouvaient également aussi s'adapter sur la perméabilité à l'eau par exemple voilà c'est un sujet qu'on a travaillé nous le revêtement de sol du festival à la fois pour l'accessibilité et faire en sorte que le domaine puisse absorber l'eau et participer ainsi à une meilleure on va dire perméabilité des sols Patrick Casagrande à Aurillac votre festival il est international c'est inscrit dans son nom est-ce que vous songez à tirer le bilan carbone ?

écoutez oui de toute façon ça s'inscrit dans toutes les politiques publiques qui sont menées par l'immense majorité des collectivités maintenant sur notre festival on a avancé sur le tri des déchets sur la consommation d'eau on fonctionne avec des toilettes sèches c'est pas très sexy mais quand on accueille 200 000 personnes il faut le prendre en compte on a une sobriété énergétique qui fonctionne qui fonctionne bien et qui progresse fortement et je pense que la technologie nous y aide tout comme l'évolution des consciences sur le sujet bien sûr nous allons au standard de France Inter Xavier nous attend à Marseille bonsoir bonsoir merci pour ma question oui en fait c'était par rapport déjà à votre introduction vous disiez qu'en fait les festivals en France étaient vraiment très concentrés sur la période estivale ça pose une vraie question aussi en même temps au niveau des modèles économiques des festivals du nombre de personnes aussi en même temps donc il y a beaucoup de festivals qui sont avec un nombre réduit de participants mais les gros festivals à 50 000 150 000 personnes forcément en fait c'est pas la même chose en fait de traiter des problématiques environnementales de pouvoir s'adapter facilement de toute façon c'est un impact environnemental qui est délétère quel que soit enfin l'endroit où on le fait moi je suis président d'une salle de concert à Marseille le cabaret aléatoire où justement on avait un festival qu'on avait organisé au début en début d'été qu'on a fait basculer plutôt en septembre fin septembre octobre pour ces raisons-là et aussi en même temps avec des jauges qui sont beaucoup plus donc à 5-6 000 personnes alors bien sûr c'est pas les mêmes modèles économiques mais ça pose une vraie réflexion en tout cas sur ces festivals qu'est-ce qu'on va en faire et comment est-ce qu'on prend en compte d'une manière générale en fait le modèle économique et la culture pour que ça puisse en tout cas s'adapter et respecter l'environnement d'une manière plus large Malika Séguineau vous qui représentez les structures organisatrices que répondez-vous à Xavier ?

34:25
Locuteur 2

Que ces questions sont effectivement au cœur de toutes les réflexions on a beaucoup parlé d'adaptation et là j'entends la question de l'atténuation les deux sont vraiment des orientations complémentaires entre une qui est plus à court terme et une plus sur le temps long ça fait partie bien évidemment des évolutions mais en tout cas à Écosène il y a une ligne rouge c'est que nous on souhaite continuer à pouvoir proposer une offre culturelle diversifiée et sur l'intégralité du territoire français et pas seulement dans les grandes métropoles où il y aurait des transports collectifs qui permettraient un accès facilité à certaines scènes ou à certains sites de festivals parce que pour nous ce qui est important c'est aussi de ne pas oublier l'impact positif de ces manifestations culturelles dans toutes nos dernières études qu'on a pu mener auprès des publics quels qu'ils soient n'oublions pas que ces moments de communion ce que disait Mathieu Ducos c'est vraiment comme un des derniers refuges émotionnels un moment de respiration un moment de plaisir un moment de reconnexion avec le vivant et je crois qu'effectivement sans discuter des questions des impacts de ces événements puisque de toute façon si on veut réduire l'impact il faut simplement supprimer toute activité et pas simplement l'activité culturelle mais de nombreuses autres activités pour nous il est également très important de mettre en face l'impact extrêmement positif de ces événements qui rassemblent des personnes sur tous les territoires des personnes d'horizons très différents et je pense que le fait festivalier fait vraiment partie de ces derniers moments de communion d'un public où les familles viennent ensemble où les amis viennent ensemble et n'oublions pas aussi que c'est le seul lieu de découvrabilité des artistes vous venez au festival parce que vous êtes attiré par effectivement une tête d'affiche ou un artiste pas tête d'affiche mais que vous connaissez que vous avez envie de voir sur scène et vous allez découvrir d'autres artistes ce qui va générer chez vous l'envie d'aller le voir en concert lorsqu'il se produira en tournée en dehors de la période des festivals parce que n'oublions pas comment fonctionne le circuit en France il y a des artistes qui partent en tournée des tournées dans des salles de spectacle qui sont donc des lieux fermés et au travers de ces tournées durant le printemps et l'été ils vont aussi à la rencontre d'un public qui n'est pas nécessairement le leur dans des festivals et ça leur permet aussi d'aller se faire découvrir auprès d'autres publics donc quand on parle de l'impact des festivals prenons l'intégralité de l'impact et également cet impact aussi en termes de lien social et de lien de cohésion de cohésion sociale que génèrent ces événements

36:54
Invité

Xavier parlait du modèle économique des festivals il y a une question qu'on n'a pas soulevée quand on parlait des annulations tout à l'heure c'est celle des assurances comment ça se passe Mathieu Ducot si jamais ça vous arrivait à Rocancen ce que je ne vous souhaite pas en cas d'annulation vous êtes couvert alors les organisateurs effectivement choisissent ou pas de s'assurer auprès de compagnies d'assurance et déterminent les risques pour lesquels ils se couvrent nous effectivement sur les risques climatiques nous sommes couverts c'est une habitude que nous avons prise donc ça veut dire qu'en cas d'annulation ils vous remboursent le cachet des artistes la billetterie si l'annulation se fait pour des causes qui sont prises en compte dans ce contrat notamment les aléas climatiques de manière assez large ça peut être effectivement la pluie ça peut être l'orage mais ça peut être également la canicule oui nous avons des garanties sur la prise en charge d'un certain nombre de coûts et donc minimisent grandement le risque que nous prenons face à cette aléa Manika Séguino il y a des festivals qui peuvent être menacés en cas d'annulation totale ou partielle

37:58
Locuteur 2

bien sûr bien sûr en fait je reviens toujours à ce qui s'est passé sur ce week-end de juin où il y a eu des annulations au dernier moment de festival qui bien sûr étaient couverts mais ça ne préjuge pas de ce qui se passera demain parce que ça signifie que là le risque va être pris en charge par l'assurance mais avant cela il faut quand même que l'organisateur de festival avant d'être indemnisé paye l'intégralité de ce qu'il doit donc il doit verser les salaires il doit payer les prestataires il doit assumer l'intégralité des coûts avant même de pouvoir être indemnisé donc déjà il faut pouvoir être en capacité de le faire et surtout ça va entamer l'assurabilité de ces événements pour demain à partir du moment où vous avez des annulations et c'est pour ça que nous on s'est beaucoup mobilisés sur ce qui s'est passé en juin non pas parce que nous sommes des irresponsables mais parce que justement on a besoin d'avoir un cadre national précis pour éviter que demain nos événements ne soient plus assurables face à ce risque qui ne serait plus un risque aléatoire donc il est évidemment très important qu'on ait ce protocole national pour ne pas entamer l'assurabilité de ces événements soit que ce ne soit plus tout possible de trouver des assureurs qui soient en capacité d'assurer ce risque soit que la prime à payer ne soit absolument plus assumable par un grand nombre de festivals en France

39:12
Invité

Mathéo nous a écrit sur Whatsapp il a une petite idée pour vous ne serait-il pas intéressant que les festivals constituent un fonds solidaire pour bypasser dit-il donc contourner les assureurs classiques en cas d'annulation Malika Seguino

39:26
Locuteur 2

alors les questions de fonds sont déjà à l'étude puisque quand on a rencontré le ministère de la culture début juillet il y a eu cet échange fait avec le centre national de la musique pour mettre en place en tout cas pour discuter de la possibilité de mettre en place un fonds de garantie comme ça a pu être le cas dans le secteur du cinéma durant la crise Covid pour justement pouvoir avoir quelque chose qui soit plus mutualisable donc ce sont effectivement des réflexions qui sont bien à l'oeuvre et sur lesquelles on va reprendre les échanges à partir de la rentrée

39:57
Invité

Alors il y a quelques messages qui reprennent ce que j'ai dit en effet un petit mea culpa j'ai dit que le Hellfest c'était en Vendée pas du tout c'était à Clisson en Loire-Atlantique voilà la correction est faite Mathieu du coup est-ce que vous j'imagine que vous voyez j'ai pas mal aussi pour voir des concerts ailleurs à l'étranger ça se passe comment chez nos voisins puisque la canicule n'est pas que en France Alors j'ai été en Espagne justement courant juillet à Madrid à un moment où il faisait très chaud un peu plus de 41 degrés je crois le jour où j'y étais j'ai objectivement par rapport à ce que les festivals français mettent en oeuvre pour lutter contre ces fortes chaleurs j'ai trouvé c'est pas pour nous tresser des couronnes de lauriers mais j'ai trouvé que les choses étaient beaucoup plus modestes de leur côté alors ils ont sûrement l'habitude davantage surtout à Madrid l'été je crois de 40-41 degrés c'est pas extrêmement exceptionnel mais néanmoins voilà pas spécialement de zones d'ombrage pas spécialement d'accès à de l'eau à des brumisateurs comme on en a parlé voilà donc les gens ont peut-être plus l'habitude mais c'est vrai que j'ai trouvé qu'il faisait très chaud et Malika Séguino vous savez s'il y a des annulations également autant que chez nous

41:15
Locuteur 2

non pas du tout entendu parler cette année d'annulation parce que comme l'a dit Mathieu Ducot c'est un pays qui connaît depuis de nombreuses années les fortes chaleurs mais c'est la même chose dans une certaine ville de France où il y a un très grand festival de théâtre qui s'est achevé fin juillet et qui s'appelle le festival d'Avignon moi j'y étais de nouveau cette année où effectivement il fait facilement plus de 40 pendant trois semaines et où les horaires ont été décalés

41:40
Invité

d'ailleurs

41:41
Locuteur 2

alors pour certaines pour certaines représentations seulement mais dans le festival dans le festival du Hof les représentations en journée ont continué à se tenir et le public se déplace dans la ville où il n'y a pas effectivement de brumisateur ni d'accès à l'eau donc voilà

41:59
Invité

on va conclure merci beaucoup Malika Séguino directrice d'Ecoscène merci Mathieu Ducot Rock en scène c'est donc du 26 au 30 août il reste assez peu de place mais il en reste Patrick Casagrand de Merderiac où le festival international de théâtre de rue a lieu la semaine prochaine l'été des festivals continue sur France Inter nous serons ce soir en direct de la route du rock à Saint-Malo merci à l'équipe du Téléphone Son Mathias Dubois Benjamin Ducy Baptiste Piqué Johanna Houssin merci à Oscar et Emma Ostandard à la technique ce soir Loïc Frapsos et Achille Acnin ce fut un plaisir de vous accompagner pendant ces deux semaines lundi vous retrouvez Fleur Catala à la technique ce soir

42:40
Locuteur

à la technique ce soir