GRAND REPORTAGE - Dissuasion nucléaire : le pouvoir de la peur|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] La disposition nucléaire, ça repose sur la promesse d'un châtiment. On ditadversaire, si vraiment tu veux nous attaquer, on va te tuer. C'est le chef d'état qui décide.
La dissuasion nucléaire est pour nous l'assurance vie de la nation. [Musique] Il sait parfaitement Vladimir Poutine quelles sont les règles de la dissuasion. La Russie conduit sa guerre en Ukraine vraiment sous l'ombre de la dissuasion.
Sans nos équipements militaires, vous auriez perdu la guerre en de semaines. Bref, Trump change tout. C'est très violent pour les pays européens.
Vous allez encore nous protéger ? J'ai dit bien sûr que non, ils en revenaient pas. Le monde dans lequel nous évoluons est de plus en plus dangereux, de plus en plus incertain. [Musique] Pour l'Europe, c'est l'heure de vérité et nous sommes prêts. [Applaudissements] Longtemps, les Européens ont dormi sur leurs deux oreilles, persuadés que les Américains seraient toujours là pour les défendre.
Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump organise le chaos. Il s'est mis sur 131 aujourd'hui. Revirement sur l'Ukraine, rapprochement avec la Russie.
Avec moi, la Russie n'aurait jamais attaqué l'Ukraine. Poutine et moi, on s'entend super bien et c'est une bonne chose. C'est pas une nouvelle chose.
Humiliation, chantage, rien n'est trop violent pour soumettre ses alliés d'hier désormais traité en concurrent. L'Union européenne est vraiment très méchante ou brutalement rappeler à la réalité comme lors de la conférence de [Musique] Munique. On dirait que vous avez jamais entendu parler du partage du fardeau.
Pour nous, c'est vraiment important qu'au sein de notre alliance, les Européens prennent leur responsabilité tandis que l'Amérique s'occupe d'autres endroits du monde qui sont en grand [Musique] danger. Vous vous êtes servi de l'Amérique, maintenant vous devez payer davantage avec la menace implicite et parfois explicite de se retirer de ses engagements de sécurité envers l'Europe. Ce sont des paroles qui sont fortes parce qu'elles remettent en question la garantie qui était donnée sur le plan sécuritaire depuis les origines de l'Alliance atlantique.
On peut effectivement se poser des questions sur la réelle volonté de Trump à venir potentiellement utiliser des armes nucléaires pour pour défendre l'Europe. Sidéré par ces mauvaises manières, les Européens cherchent la parade. Si les Américains se retirent, qui les protègera ?
Des appétits de revanche d'un Vladimir Poutine et ses rodomontades nucléaires ? J'ordonne au ministre de la défense et au chef d'état-major de mettre les forces de dissuasion de l'armée russe en régime spécial d'alerte au combat. C'est la fébrilité des des populations démocratiques qui n'ont pas l'habitude qu'on leur mette l'arme nucléaire sur la table et qui a raison ont peur.
Et c'est ce qui veut mettre en place dans les populations, c'est la peur. La peur de l'escalade nucléaire, elle joue un rôle. L'une des raisons principales pour lesquelles l'administration Biden n'a pas voulu aller plus vite, plus loin, plus fort dans son soutien à l'Ukraine, c'est que Joe Biden avait peur de l'escalade nucléaire.
Les Européens se retrouvent devant un nouveau désordre mondial où la force supplante le droit et où le protecteur d'hier se transforme en prédateur. Dans ces conditions, que doivent-ils faire pour assurer leur sécurité ? Tous les Européens réfléchissent à euh changer l'équation qui avait équilibré la sécurité du continent européen depuis en fait la fin de la de la Seconde Guerre mondiale.
Face aux menaces, la France dispose de son propre bouclier. C'est la dissuasion nucléaire. [Musique] avec ces deux composantes sous-marines et aériennes.
Immersion périscopique à la crédibilité régulièrement éprouvée par des exercices. Se disposer pour un lancement simulé de 16 missiles cet avantage stratégique peut-il se partager ? La France puissance atomique indépendante peut-elle remplacer l'Amérique et tendre sa protection au reste de l'Europe [Musique] ?
Tout a commencé le 6 août [Musique] 1945 quand la première bombe atomique américaine a explosé au-dessus de la ville japonaise [Musique] d'Hiroshima, tuant 80000 personnes d'un coup. Ce jour-là, le monde est entré dans l'air nucléaire. 80 ans plus tard, il n'en est toujours pas sorti.
On a vu les dégâts Hiroshima Nagasaki et ensuite, on s'est demandé qu'est-ce qu'on fait de ça ? Est-ce que c'est une bombe plus puissante que les autres ou bien est-ce qu'on est en face de quelque chose qui fait changer la nature même de la stratégie ? Le monde de l'après-gerre est dominé par la rivalité entre les deux grands, États-Unis et URSS.
Deux puissances nucléaires qui se tiennent par la barbichette, chacune ayant les moyens de détruire l'autre. C'est la guerre froide résumée en une formule l'équilibre de la terreur. Avant la deuxième guerre mondiale, les savants français tels que le couple Jolio Curry étaient en pointe de la recherche sur l'atome. pour assurer sa sécurité, garantir son indépendance, tenir son rang de membre permanent des Nations- Unies, la France décide elle aussi de se doter de l'arme [Musique] atomique.
L'affaire de Suède où français et britanniques étaient intervenus en soutien à Israël avant d'être forcé de se retirer sous la pression conjointe des Soviétiques et des Américains, les avait convaincu que les intérêts de Washington et Paris ne coïncidaient pas toujours. Et là, on se rend compte évidemment qu'on n'est pas dans la Cour des grands. Surtout que les soviétiques à l'époque pour la première fois nous avaient menacé explicitement d'une frappe sur nos territoires français et britanniques.
La France dit "On ne se retrouvera plus jamais dans une opération de cette ampleur en étant dépendant totalement des Américains et que pour être pris au sérieux, il fallait la bombe. plus ou moins clandestinement sous la 4e République puis plus ouvertement après le retour de Gaulos affaires en 58, la France avec ses moyens et sans outreidence a cru devoir entrer dans la voie qui lui procurera l'armement, il faut bien le dire nécessaire pour être elle-même. l'esprit du général de Gaulle qui a achevé le programme nucléaire français qui était déjà commencé avant et surtout qui lui a donné corps, qui l'a opérationnalisé comme on dit, euh c'était de manifester son indépendance vis-à-vis des États-Unis.
On dit au protecteurs de l'Europe, l'Amérique que on n' pas besoin d'elle en toute circonstan. Les recherches aboutissent au début des années 60 aux premiers essais dans le Sahara algérien. La France intègre alors le club très fermé des pays détenteurs de l'arme atomique.
Le début des années 60, c'est aussi le moment où les soviétiques développent des missiles capables de frapper le territoire américain. Il ne dépend que de Moscou ou de Washington qu'une grande partie de l'humanité ne soit écrasé en quelques heures. C'est le signe que les Américains ne risqueront pas la destruction de New York pour sauver Bonne ou Hambourg ou ou Paris.
D'ailleurs, certains vont dire "On veut continuer à croire à ça." La France va dire "Mais nous on n'y croit pas". La première bombe française est portée par un tout nouveau chasseur, le Mirage 4, lui aussi 100 % français.
L'autre vecteur de la force nucléaire française, ce sont les sous-marins atomiques lanceur d'engins. Est le redoutable, le premier sous-marin atomique français qui pourra rester 3 mois sans refaire surface, dont les premiers entrent en service à la fin des années 60. Le général de Gaulle a tenu à présider lui-même le baptême du redoutable à Cherbou.
En appuyant sur la commande de Misalo, le chef de l'État donnait les sort à la troisème génération de la force atomique française qui comprend déjà les Mirages 4. On a une doctrine à deux étages. on fait un avertissement nucléaire en cas de menace extrêmement grave et si l'adversaire n'a pas compris qu'il franchissait le seuil de l'inacceptable ou qu'il s'apprêtait à le faire et puis si ça n'a pas marché et bien théoriquement l'adversaire s'expose à des dommages inacceptables parce que la France n'a pas les moyens de rivaliser avec les deux grands et leurs arsenaux de plusieurs milliers de têtes nucléaires, les concepteurs de la dissuasion à la France française invente la notion de stricte suffisance et la doctrine dite du faible au fort.
Dans la dissuasion nucléaire, toujours une question qui est posée, c'est celle de la taille de l'arsenal. Est-ce qu'il faut être au niveau de la taille de l'arsenal américain ou de l'arsenal russe qui sont les deux plus grands arsenaux au monde ? Aujourd'hui, dès le le programme des années 60, l'idée c'est de pouvoir infliger aux soviétiques des pertes comparables au potentiel français.
Autrement dit, il faut pouvoir tuer 50 millions de soviétiques par une seule frappe en fait. Aujourd'hui, les Russes et les Américains disposent de 1700 têtes nucléaires chacun. La France, elle en compte moins de 300.
Les militaires et les politiques français considèrent que 290 têtes nucléaires, c'est ce qui est suffisant pour dissuader un adversaire étatique, la Russie, la Chine, potentiellement d'autres adversaires. Et cette frappe, il revient au président de la République d'en décider. [Musique] En France, le président de la République est élu au suffrage universel, notamment parce qu'il a la responsabilité du feu nucléaire.
C'est une verticalité totale et il y a au-dessus quelqu'un qui appuie sur le bouton. Tous les présidents de la 5e République assume cet héritage et la responsabilité qu'il implique. C'est la solitude qui commande, la tragique mais nécessaire solitude de ceux qui ont le pouvoir de décider. 12 mai 2012, passation de pouvoir dans la cour de l'Élysée.
François Hollande succède à Nicolas Sarkozi. Dans quelques minutes, le nouveau président élu deviendra dépositaire du feu nucléaire. Il y a beaucoup de fantasmes au moment de la transition.
Est-ce que le président sortant transmet un code au président qui vient d'être élu ? Non. Est-ce que ça se fait à travers une mallette qui serait finalement transmise ? pas davantage.
Il peut y avoir une discussion entre le président qui a terminé son mandat et le président qui vient d'être élu sur le contexte international et ce que peut être l'évolution de la doctrine française. Mais ça ne va pas plus loin. En réalité, c'est au chef d'étatmajor particulier du président de la République qu'il revient de transmettre les clés de la dissuasion au nouveau chef de l'État.
Une charge à laquelle le candidat Hollande s'était préparé. Vous incarnez la France après l'élection. Le président va être immédiatement en charge de cette responsabilité.
Tous les présidents successifs depuis le général de Gaulle jusqu'à Emmanuel Macron ont repris à leur compte. Certes avec quelques ajustements, mais les éléments fondamentaux de la dissuasion nucléaire telle qu'elle a été conçue par de Gaul, les fondamentaux de la dissuasion sont immuables de président à président. Après de Gaulle, chacun des sep chefs d'état qui se sont succédés a prononcé son discours sur la dissuasion.
Ceux qui envisageraient d'utiliser d'une manière ou d'une autre des armes de destruction massive doivent comprendre qu'il s'expose à une réponse ferme et adaptée. Exercice imposé pour afficher la détermination de la France à protéger ses intérêts vitaux. Tous ceux qui menaceront ou qui menaeraient de s'en prendre à nos intérêts vitaux s'exposeraiit à une riposte sévère de la France.
En France, en fait, il n'y a pas de version écrite de la doctrine de dissuasion. Tout passe par des discours du président de la République. Il s'adresse au aux forces armées, il s'adresse à la nation toute entière et il s'adresse aussi à nos adversaires potentiels.
Si d'aventure un dirigeant d'État venait à méser l'attachement viscéral de la France à sa liberté et envisager de s'en prendre à nos intérêts vitaux quel qu'il soit. Il doit savoir que nos forces nucléaires sont capables d'infliger des dommages absolument inacceptable sur ces centres de pouvoir, des intérêts vitaux qui ne sont jamais précisément définis. Il est très important en fait de ne pas clairement signifier à votre adversaire comment vous allez répliquer et qu'est-ce qui est vraiment important pour vous.
On maintient volontairement une ambiguïté, un flou justement pour ne pas indiquer à adversaire à partir de quel moment on va faire quelque chose et notamment on va déclencher une frappe. Comme disait De Gaulle, il faut maintenir un silence effrayant. La dissuasion, c'est aussi de la communication.
Ainsi, en pleine guerre froide, le président Giscard destin avait autorisé les caméras de la télévision à le suivre dans le PC Jupiter, le bunker situé sous l'Élysée. Général de la Valle, quel est à l'heure actuelle le l'état de nos moyens nucléaires tactiques ? Monsieur le président, les régiments d'artillerie nucléaire sont en cours de mise en place dans les zones de déploiement correspondant au plan de frappe proposé.
Il y a pas de bonne dissuasion sans bonne communication. La situation est un bâtiment. Cette communication, elle peut-être très publique, solennelle, officielle.
Bien, bonjour à tous et à toutes. C'est le président de la République qui vous parle. Elle peut-être plus discrète.
Faire passage en alerte renforcé. Par exemple les exercices des forces aériennes stratégiques françaises et bien ils se font parfois au vu et au su des satellite russes délibérément pour montrer à la Russie vous voyez regardez tout ce qu'on sait faire et on le fait bien. C'est une menace de type Fox 3 particulièrement résistante.
Ces exercices appelés poker ont lieu plusieurs fois par an. Les rafales et les pilotes des forces aériennes stratégiques s'entraînent à mener des raides dans la profondeur comme pour procéder à des frappes atomiques. L'objectif, c'est de démontrer notre savoir-faire.
Montre ta force pour ne pas avoir l'utiliser. Ces exercices évidemment, ils sont scrutés à la fois par nos alliés et par les adversaires de la France. C'est un jeu en fait de semi-transparence qui est totalement qui est totalement assumé, accepté.
Ces manœuvres visent donc à faire et refaire la démonstration de la fiabilité opérationnelle de l'arme atomique française. La dissuasion nucléaire d'abord pour que cela fonctionne et globalement ça a fonctionné jusqu'à maintenant ça repose sur une crédibilité. Voilà, on ne peut pas dissuader si on n'est pas crédible. de ce qu'on peut voir de des réactions russes après des exercices, elle est considérée comme crédible.
Les forces aériennes stratégiques sont aujourd'hui composées de deux escadres équipés de missile hypersonique. Certains de ces rafales peuvent également décoller depuis le porte-avion Charles de Gaulle. Le porte Charles de Gaul peut embarquer de l'ordre d'une dizaine de têtes nucléaires.
C'est la même arme que pour l'armée de l'air, sauf qu'elle est remportée par rafale marine au lieu d'être remporté par les rafales de l'armée. Ces têtes nucléaires portées par des avions constituent la première composante de la dissuasion atomique [Musique] française. C'est une composante aussi de gesticulation, on dit ça, dans le monde nucléaire.
C'est-à-dire que le président aujourd'hui peut décider de faire décoller avec l'armement atomique qui est un un système d'arme, un missile extrêmement performant qui est là pour euh dissuader, pour avoir cette première démonstration. C'est le premier niveau de la dissuasion nucléaire. C'est ce qu'on appelle l'ultime avertissement.
C'est le dernier signal donné avant l'apocalypse. [Musique] Les cavaliers de l'apocalypse, ce sont les sous-marins nucléaires lanceur d'engins, les SNLE. Quatre squales d'acier de 138 m de long, tapis dans leur repère de l'île longue en Bretagne.
À quelques encablures est entreposé ce qui les rend létal. Alors ici on est dans l'atelier de stockage où on vient ici stocker donc les les étages des fusées des missiles et donc ici on est devant trois étages assemblés qui forment qui forment une partie du missile. Les missiles balistiques M51 des mini fusées arianes hautes comme un immeuble de quatre étages.
Une fois terminé, ces missiles mesurent 12 m de haut et il faut bien se rendre compte qu'il y en a 16 comme ceci. à l'intérieur de chaque sous-marin lanceur d'engins. Le rôle des SNLE est d'assurer la permanence de la dissuasion nucléaire française.
C'est-à-dire que l'un des quatre sous-marins est toujours en patrouille et parfois jusqu'à trois en fonction des circonstances. Escorter et surveillé quand il quitte son port d'attache, le bâtiment disparaît pendant 2 mois. On s'en va.
C'est-à-dire que les on roule le contact, les escorteurs, les avions, le sous-marin ne nous trouvent plus et on est parti dans l'océan. Les flans chargés d'une force de frappe équivalent à 1000 fois Hiroshima, le sous-marin s'évanouit [Musique] invisible. L'océan est imperméable au si j'ose dire aux ondes électromagnétiques.
Donc c'est pas possible de nous détecter quand on est en plongé avec un radar. Il y a que les zes acoustiques qui se propagent dans l'eau. Tout l'utilisation des sonards.
Vous savez ces ping qu'on entend parfois au cinéma. La propagation du son dans l'eau fait que on a quand même des zones d'ombre et le but du sous-marin, c'est de venir chercher ces zones d'ombre. Sont des zones où en fait le le sous-marin est assez invisible. la la les forces de surface ne peuvent pas nous voir.
Alors nous on n pas le droit de parler mais on écoute en permanence puisque notre mission c'est d'être le vecteur principal de la dissuasion nucléaire française. Par conséquent il faut qu'on soit informé en permanence d'abord de l'environnement autour pour rester caché. C'estàd où sont les menaces ?
Qui est-ce qui nous chercherait ou pas ? On a un D3 qui est délimité par des zones de terre nord-sud. Notre objectif c'est de franchir le D3. puis également les informations sur la situation politique, sur la situation de sécurité en France.
La France est-elle menacée ? Et donc ces information là nous parviennent aussi pour qu'on puisse sentir la l'escalade ou la désescalade au niveau du commandement. Je passe un lancement, j'affiche lancement simulé.
Je sélectionne 16 missiles. Un sous-marin nucléaire lancin, c'est à la fois une centrale nucléaire de propulsion. Ce sont tout un tas d'équipements de détection à bord.
Et et puis c'est surtout une base de lancement de missile. Ici, c'est tout simplement la raison d'être du sous-marin. Regardez, dans chacun de ces énormes tubes, il y a un missile nucléaire, 50 tonnes chacun.
L'idée c'est que vous déplacez la base et à partir du moment où vous déplacez la base de lancement, vous comprenez que on peut aussi bien toucher la Chine que la Russie que les États-Unis Amériques que la Patagonie. MQ une portée supérieure à 6000 km avec un chargement de tête multiple qui va nous permettre d'atteindre différents objectifs juste avec le départ d'un seul missile. Les missiles M51 sont un concentré de technologie spatiale. depuis le fond des océans, ils vont crever la surface puis s'élever jusqu'à 2000 km d'altitude, bien au-delà de l'orbite terrestre, avant de rentrer dans l'atmosphère à la vitesse de Macvin et de larguer leurs 6 ou 10 têtes nucléaires destinées à une frappe en second.
Une raison essentielle de la présence en permanence de sous-marin à la mer français, c'est justement de pouvoir dire à l'adversaire, même si vous détruisez la boîtié du pays, nous aurions encore la capacité de riposter contre vous. Les garanté de la France, ce sont donc ces 110 marins confinés aux abisses durant de longues semaines. Sous-marin c'est c'est un peu un aventurier.
C'est une personne qui va partir pour protéger son pays dans un milieu qui est assez restreint, fermé. Tous les 10 jours, on a un message de 40 mots qui est écrit par notre famille. Vous par contre, c'est zéro.
On doit pas répondre. On is doucement. Ce qui plaît dans la vie à bord, c'est d'avoir des responsabilités.
C'est la cohésion, c'est les moments de vie commune, c'est le soutien qu'on a les uns des autres, c'est toute cette ambiance autour du bateau et de nous qui est un peu important. Je rends hommage à ces militaires qui partent plusieurs semaines sous les mers pour nous assurer la crédibilité de la force. Et s'il y avait un relâchement, nous perdrions toute efficacité pour la dissuasion nucléaire.
Centrale de PC radio, réception d'un message flash réservé corlant. Chaque semaine, on a un exercice de dissuion nucléaire et on reçoit l'ordre de tirer. Commandant, qu'est-ce qui se passe ?
J'ai reçu un message d'exercice pour faire un lancement simulé de missile balistique. Ça se passe exactement comme ça se passerait dans la réalité d'un tir réel. Au poste de combat.
Au poste de combat. C'est bon. Tu viens avec quoi ?
Multifonction. Et à ce moment-là, on doit démarrer la procédure de tir qui se fait en deux endroits séparés du sous-marin. À un pont de distance.
On est même pas sur le même pont, on n pas dans la même pièce et chacun doit rentrer le bon code au bon moment dans la séquence de tir pour que ça parte. Là, je vais ouvrir les codes d'engagement nucléaire et avec mon second, on va aller les [Musique] déchiffrer. Fait d'abord les deux tours, on fera la rase après jusqu'au moment quand on entre le code, bah c'est c'est un exercice, il se passe rien.
Exercice patrouille, état d'alerte permanent. Mais pour être crédible, les armes de la dissuasion ont aussi besoin d'être régulièrement modernisé, remise à niveau. 3 2 Entre 1960 et 1996, la France a procédé à 210 essais dans le Sahara algérien d'abord, puis dans le Pacifique. avant d'y renoncer définitivement en 1997.
Depuis, un vaste programme de simulation a été mise en place. Près de Bordeaux, ce gigantesque bâtiment abrite le laser méga joule. C'est un site unique en Europe et il y en a deux dans le monde, un ici et un aux États-Unis.
Des dizaines de lasers servent à reproduire les conditions d'une explosion atomique. Ça passe là. Dans chaque tube, il y a des lasers qui passent, des impulsions laser qui se propagent dans toute la longueur de de la chaîne laser pour s'amplifier, se doper en énergie.
En un milliardième de seconde, ces lasers délivrent plus que toute la puissance électrique du monde afin de frapper leur cible à l'intérieur de cette sphère placée au centre du bâtiment. Alors cette sphère, elle est composée en 10 cm d'épaisseur d'aluminium et à peu près 30 cm de béton supplémentaire pour compléter sa protection. L'effet conjugué des lasers provoque la fusion des atomes comme lors d'une explosion nucléaire.
Vous voyez cette petite capsule comme elle est minuscule he comparé une pièce de monnaie. Elle va être soumise à rue d'épreuve chauffée à plus de 100 millions degrés. Une pression extrême proche des conditions qu'on retrouve en fait à l'intérieur du soleil. [Musique] Des tests réalisés plusieurs fois par an. [Musique] Tandis que dans les sonnes près de Paris, les super calculateur du programme Exa 1 simulent des tirs de missile dans toutes les conditions d'utilisation avec une puissance de calcul de 180 millions de milliards d'opérations par seconde.
Ça permet de faire tous les calculs de simulation qui nous permettent d'être absolument certain que la sécurité, la fiabilité et les performances des têtes nucléaires de la dissuasion fonctionne quand le président en aura besoin comme elles doivent fonctionner. Aujourd'hui, la France n'a pas besoin de conduire de nouveaux essais nucléaires pour rester crédible. Euh au contraire, en fait, c'est même un signe euh de responsabilité et de de d'excellence scientifique supplémentaire que de réussir à maintenir un très haut standard euh quand il s'agit de créer de nouvelles têtes nucléaires sans avoir besoin de faire d'essai.
Après, on finalise alignement. Ouais. Tout un écosystème technologique et industriel que la France est la seule à posséder en Europe, mais qui a un coût 6 milliards d'euros par an.
La France a les moyens de sasion. Nous y avons consacré beaucoup d'argent public et et les Français doivent en être conscients. C'est c'est finalement un investissement qu'ils ont fait pour leur propre sécurité.
La France a cette chance inouie d'avoir une dissuasion, elle l'a payé cher hein, mais elle a cette chance inouie d'avoir une dissuasion qui est totalement autonome. C'est-à-dire que on a rien demandé à personne. On a des équipements qu'on a mis au point, ce sont les nôtres. et de A jusqu'à Z, la bombe elle est française.
Le prix de l'indépendance, même si le nucléaire ne suffit pas. C'est très important d'avoir en tête que ce n'est pas une raison pour je pas investir aussi dans la défense conventionnelle parce qu'aujourd'hui, on le voit, euh il y a de plus en plus de menaces qui sont sous le seuil des armes des armes nucléaires et donc c'est important de pouvoir dissuader sur l'ensemble du spectre. OK. grenade.
De l'avevis de tous les experts, les armées françaises ont besoin de retrouver du volume parce que si à la moindre vous agitez le spectre nucléaire, ben ce cas-là, vous êtes vous n'êtes plus crédible. Tout le temps qu'a duré la guerre froide, la défense de l'Europe était assurée par l'OTAN, l'organisation du traité de l'Atlantique Nord. Les États-Unis, avec leur arsenal nucléaire, leurs troupes et leurs missiles stationnés en Europe, en étaient les plus gros contributeurs.
C'est à l'abri de leur parapluie que les Européens ont construit leur communauté, développé leur économie et financé leur modèle social. La plupart de ces pays ont été conformés en fonction de cette garantie de sécurité américaine. On sait que quelqu'un en dernier ressort, si on va dans une crise très profonde avec un adversaire prêt à tout, y compris à l'invasion du territoire européen, on sait qu'en dernier ressort, l'Amérique viendra, l'Amérique agira.
L'alliance n'a pas été dissoute après la disparition de l'ennemi soviétique. Au contraire, elle s'est même élargie aux anciens pays du pacte de Varsovie. Eux aussi comptent sur l'Amérique pour les [Musique] protéger.
Mais dans le même temps, les Européens, pressés de toucher les fameux dividendes de la paix se sont désarmés. L'équilibre de la terreur avait laissé la place à la mondialisation heureuse. Au lendemain de la guerre froide, une vision idéaliste a accrédité l'idée que le monde était devenu moins dangereux.
Cette réorganisation des priorités budgétaires pouvait sembler justifié alors que des arsenaux considérables avaient été accumulés de part et d'autre du rideau de fer. En France, suppression du service militaire, fermeture de casernes, disparition de régiment. Même l'arsenal nucléaire a été réduit passant de 500 têtes à moins de 300. [Musique] On avait taillé un peu nos nos stocks en la matière.
Bon ben voilà, ben ces stocks bah ils sont faibles, ils ont en plus était réduit depuis l'époque de la guerre froide parce qu'on a désinvesti de dans nos appareils de défense pendant 25 ans. C'est-à-dire qu'on a tiré des traites sur l'avenir alors que la défense n'est pas n'est pas un investissement de temps d'urgence ou de situation exceptionnelle. L'illusion va durer le temps d'une génération. jusqu'à ce jour de février 2022, [Musique] quand Vladimir Poutine choisit d'envahir l'Ukraine, la guerre en Ukraine nous rappelle que les conflits de haute intensité que l'on croyait avoir disparu avec la fin de la guerre froide sont bien présents.
C'est à nos portes maintenant. Contre toute attente, l'Ukraine ne s'effondre pas malgré des destructions effroyable. Dès le début des opérations, frustré d'une victoire éclaire, Poutine agite la menace nucléaire.
Je veux vous rappeler que notre pays possède plusieurs moyens de destruction et certains sont plus modernes que ceux de l'OTAN. Si l'intégrité de notre territoire est menacée, alors pour protéger la Russie et son peuple, nous utiliserons tous les moyens dont nous disposons. Pour la première fois en Europe, un pays nucléaire se sert implicitement de son arme nucléaire pour non seulement envahir l'Union soviétique l'avait déjà fait, mais pour annexer une partie du territoire d'un voisin européen avec ce qu'on appelle cette sanctuarisation agressive, c'està-dire qu'il attaque avec cette menace nucléaire derrière un territoire qui n'est pas lui doté de l'arme nucléaire.
Le réveil est brutal mais passé le choc initial, les occidentaux s'organisent pour venir en aide à l'Ukraine. L'armée russe vient de lancer un assaut brutal contre les Ukrainiens. Les Étatsmembres peuvent renforcer massivement leur soutien à l'Ukraine par l'envoi immédiat de matériel militaire. [Musique] Pendant 3 ans, Américains et européens vont dépenser des dizaines de milliards, allant jusqu'à puis dans leur propre stock pour armer les Ukrainiens.
Un soutien brutalement remis en question par le retour de Trump à la Maison Blanche et son renversement d'alliance. J'ai eu de très bonnes discussions avec la Russie, nettement moins bonne avec les Ukrainiens. Ils ont pas les cartes en main et ils veulent jouer au dur.
La variable Trump, c'est que il va tellement loin qu'on ouvre une autre période stratégique, une période faite d'imprévisibilité, délibérément entretenue par l'Américain. Il a toujours eu une approche de la dissuasion en général qui consiste à dire "Retenez-moi où je fais un malheur, vous savez, je suis peut-être complètement fou." C'est exactement ce que disait Richard Nixon pendant la guerre du Vietnam.
Il appelait ça littéralement la théorie du fou. Il voulait que ses adversaires soient persuadés qu'il pourrait faire à peu près n'importe quoi. Dans ce contexte, certains pays européens se résolve déjà à se passer du bouclier américain.
Est-ce que le pact qu'on a tous signé après 45 est valable aujourd'hui ? Est-ce qu'on plutôt C'est tout contraire, le monde d'avant est définitivement enterré ? Il va falloir établir des priorités, réfléchir à nouveau à ce qu'est la guerre éventuellement sans les Américains.
La réflexion va jusqu'à envisager l'impensable il y a encore quelques années, se doter de l'arme atomique. Les Polonais ont expliqué qu'ils pourraient être intéressés par le fait de se doter de leur propre arsenal. Certains ils songent ou en tout cas quand vous êtes la Pologne ou les pays baltes, l'adversaire vous l'avez directement et vous le regardez dans les yeux.
Aujourd'hui, seul neuf pays au monde possèdent la bombe atomique et en principe toute prolifération est désormais interdite. La plupart des pays européens, à l'exception de la France et de la Grande-Bretagne, ne peuvent pas disposer de leur armement nucléaires nationaux à cause grâce à un traité qui s'appelle le traité de nonprolifération nucléaire qu'ils ont signé. partir du principe que parce qu'il y a des doutes sur la garantie nucléaire américaine, et bien euh la Pologne va faire en 2030 ce qu'a fait la France en 1960.
C'est à mon avis un raisonnement qui ne tient pas compte du fait que euh bah si les Américains ne sont plus là, les Britanniques et les Français sont encore là. La France pourrait-elle étendre la protection de sa dissuasion nucléaire à ses partenaires européens ? L'idée n'est pas nouvelle.
Dès le début, la dimension européenne des intérêts vitaux de la France a été affirmée. Il y a toujours eu une dimension européenne en fait des intérêts vitaux français. Pour une bonne raison, la France est ancrée pour l'éternité, je dirais géographiquement en Europe.
C'est déjà dans le livre blanc de 1972 écrit par un gaul historique qui s'appelait Michel de Bray. L'ombre portée, c'est un joli mot, l'ombre portée de la dissuasion nucléaire française à une dimension européenne. Une attaque sur la Pologne, la Roumanie, la Suède et bien ça aurait potentiellement des conséquences sur les interrravitaux de la France étant donné la construction de l'Union européenne, les liens économiques, politiques, stratégique entre ces pays.
Dès 2020, Emmanuel Macron proposait aux Européens de s'intéresser à la dissuasion française. Je souhaite que se développe un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective. Quand même, le discours avait été prononcé en février 2020.
Un mois plus tard, il y avait le début du Covid et on pouvait pas trop parler de ça sur Zoom. Le contexte politique et géopolitique était très différent. Il n'y avait pas eu la guerre en Ukraine.
Le premier mandat de Trump s'était pas si mal passé que ça. La proposition était donc prématurée, mais depuis tout a changé et Emmanuel Macron a remis l'hypothèse sur la table lors d'une allocution solennelle depuis l'Élysée en mars 2025. J'ai décidé d'ouvrir le débat stratégique sur la protection par notre dissuasion de nos alliés du continent européen.
Avant d'y revenir sur TF1 lors de l'émission du 13 mai, ceux qui disent Macron, compte tenu du moment que nous vivons, j'ai souhaité qu'on puisse engager avec tous les partenaires qui le souhaitent un exercice pour regarder si on pouvait aller plus loin. L'idée intéresse des pays comme la Pologne avec laquelle la France a d'ailleurs signé un accord de défense. Et l'Allemagne dont le chancelier MERS a réservé à Paris sa première visite [Musique] officielle.
Il faut absolument, c'est fondamental que nous discutions avec la France de la manière dont nous pourrions à l'avenir apporter ensemble une telle réponse dissuasive. La clé c'est l'Allemagne. Elle entraînera, elle peut entraîner une partie des des pays européens dans 15 ans, 20 ans, parce que ça mettrait du temps et ça coûterait cher, on pourrait imaginer des missiles français emportés par des avions allemands.
On peut pas exclure des réflexions communes sur des scénarios d'emploi et sur une concertation en tout cas autour de la prise de décision. Certains y voi le risque pour la France de perdre une partie de son indépendance et de son autonomie stratégique. Ce que certains de nos partenaires disent bah finalement mettons tout en commun.
Non, ça ne veut pas dire que on va transférer la décision d'utiliser l'arme nucléaire à la présidente de la Commission européenne. Non, ça ça n'a pas de sens. Et la deuxième chose qu'à mon sens on ne partagera jamais, c'est le budget.
Tout simplement parce que un président français ne voudra jamais que le crédit les crédits nucléaires français dépendent d'un vote du Bundestag allemand ou de la diète polonaise. On ne partage ni la décision, ni la conception, ni la composition, ni le financement. Le 9 mai, la Russie célébrait tout en puissance le 80e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazi.
Sur la place rouge, entourée de ses alliés dont le chinois Shizing Ping, Vladimir Poutine défiait l'Occident. 6 mois plus tôt, fin 2024, Serge Caraganov, l'un des stratèges du Kremelin, parlait de la nécessité de réinstaurer la [Applaudissements] [Musique] peur chez ces mêmes occidentaux. Entre 2021 et 2025, l'arsenal nucléaire chinois, il a plus que doublé et certaines estimations considèrent qu'en 2030, il pourra atteindre 1000 têtes nucléaires stratégiques avec potentiellement une évolution non pas vers un monde nucléaire bipolaire mais plutôt vers un monde nucléaire multipolaire.
Est-il pour autant minuit mo- ? Comme l'affiche l'horloge de l'apocalypse, cet indicateur inventé par des scientifiques après Hiroshima et qui varie en fonction des tensions [Musique] internationales. La manière dont Vladimir Poutine joue de l'atou nucléaire reste finalement assez conforme au canon de la dissuasion.
Contrairement à ce que disent beaucoup de commentateurs, je ne crois pas du tout qu'il soit en permanence dans la menace nucléaire. Il sait que tout usage, même sur une frappe euh limitée géographiquement, aurait des conséquences euh considérables. Les règles de la disuation d'une certaine façon ne limitent pas les les autocrates ou les dictateurs quant à certaines opérations conventionnelles, mais en réalité les les les mettre dans une obligation d'en respecter les principes. [Musique] [Applaudissements]
Mathieu Lefèvre