Marine Le Pen peut-elle faire campagne sous bracelet électronique ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Notre édition spéciale continue Marine Le Pen, dix autres membres du Rassemblement national condamnés définitivement par la Cour d'appel de Paris pour détournement d'argent public dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front National qui mènera campagne avant d'examiner les différentes hypothèses et la stratégie des autres candidats. Ils sont tous à attendre de savoir qui sera le candidat RN. On fait le tour des réactions.
Flora Saurage. Flora Saurage sera-t-elle candidate à la présidentielle ? La chef de file du RN avait conditionné sa candidature à l'absence de port de bracelets électroniques.
Ses proches déplorent la décision de juste. A gauche, on estime que Marine Le Pen ne peut pas se présenté à l'élection présidentielle après cette condamnation. C'est une délinquante qui se présenterait, elle est coupable de détournement de fonds publics et le Rassemblement National a été condamné pour détournement de fonds publics, voilà un parti, je ne vais pas aller à rien, je dis juste qu'elle est une délinquante et elle est coupable.
Dans un tweet sur X, l'écologiste Marine Tondelier juge que les restrictions du bracelet électronique paraissent peu compatibles avec une campagne présidentielle. Pour Jean-Luc Mélenchon, cette décision ne change rien, quelle que soit la candidature au RN. A droite, la condamnation de Marine Le Pen fait aussi réagir.
Le Front national puis le Rassemblement national a largement prospéré en disant « « Nous sommes irréprochables, ils sont tous pourris ». Sur les emplois fictifs, par exemple sur la ville de Paris, Mme Le Pen demandait l'inégibilité à vie. Donc excusez-moi, moi je constate que le Rassemblement national a beaucoup évolué sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres et que maintenant qu'il est pris dans la tourmente, il a oublié tout ce qu'il a dit.
En visite en Syrie, Emmanuel Macron a refusé de commenter la condamnation de Marine Le Pen. Au sein du Bloc central, on s'interroge sur la décision qu'elle va prendre mais on va voir comment elle se positionne mais comment elle se positionne pas au regard de ce que moi je pourrais dire mais au regard de ce qu'elle pouvait dire il ya maintenant de cela quelques années elle même disait que les français en avait assez de parler des affaires On avait assez des affaires qui touchaient les politiques. Donc la question, j'ai envie de vous dire, elle est toute retournée vis-à-vis d'elle.
Est-elle capable de se contredire, de se dédire ? Que va-t-elle dire ? C'est la grande question que tout le monde se pose ?
Un dilemme à trancher pour Marine Le Pen après la décision de la cour d'appel de Paris. Et on se demande si Marine Le Pen peut faire campagne sous bracelet électronique. Je vous présente nos invités pour cette édition spéciale qui continue.
Laure Salvin, bonsoir, bienvenue. Vous êtes directrice générale de l'institut de sondage Vérien. Hubert Coudurier, bonsoir et bienvenue.
Bonsoir. Directeur de l'information du Télégramme et vous publiez le mystère Marine Le Pen qui est aux éditions Plon. Lucille Schmitt, bonsoir.
Bienvenue Lucille. Vous êtes présidente du cercle de réflexion de la fabrique écologique et vous publiez Urgence politique, nécessité écologique. C'est aux presses universitaires de France.
Mickaël Darmon évidemment est resté à mes côtés. Il y a elle-même avait souffert du premier jugement en termes d'image. Il y avait eu une petite baisse effectivement dans l'opinion, y compris auprès des électeurs du Rassemblement national.
Ça avait impacté son image notamment sur l'honnêteté et la confiance. Évidemment, même si les traits d'image de Marine Le Pen restaient positifs auprès de ses sympathisants, il y avait eu quand même un petit effet. En revanche, sur le parti, aucun.
Aucun effet. Alors que c'est le parti, en tout cas l'héritier du Front National qui est condamné également comme personne morale ? Absolument.
Sur le parti, on fait le baromètre, vous savez, depuis plus de 40 ans de l'image du Rassemblement National et avant du Front National pour le monde, après la décision de justice, l'image du parti n'avait pas bougé. C'est plutôt au contraire consolidé. Et c'est aujourd'hui le premier parti de France qui a la meilleure opinion dans l'ensemble de la population quand on le compare aux autres partis.
Donc en fait, ça a un peu écorné la personnalité. Je crois que Marine Le Pen a beaucoup pris sur elle et finalement, le parti est resté assez intact. Et c'est aussi pour ça ce qui explique les intentions de vote, je pense, aujourd'hui, qui reste quand même très forte à la fois pour Jordan Bardella et Marine Le Pen.
C'est qu'il y a aussi le parti derrière qui les soutient et qui est très fort. Alors Hubert Coulurier, vous avez donc écrit et enquêté sur ce mystère Marine Le Pen. Vous n'êtes pas dans son cerveau en ce moment alors qu'elle doit peser le pour et le contre.
Mais est-ce que c'est plutôt quelqu'un, vous dites, elle a envie d'aller à la bagarre, même avec un bracelet électronique ? Comment vous analysez ça ? Alors je pense que on pouvait se poser des questions sur sa véritable envie d'y aller parce qu'à force de mettre en selle Jordan Bardella dont la code de popularité a explosé depuis 4 ans, c'était devenu presque plus qu'un plan B puisqu'elle n'était pratiquement plus sondée et elle était quasiment enterrée par la classe politico-médiatique.
Et je pense que ça finissait par peser sur son moral, même si elle ne le montrait pas, même s'il se flattait d'avoir bien préparé son dauphin et que le parti survivrait à cette épreuve. Je pense que de se dire tout ça pour ça, 15 ans d'efforts pour dédiaboliser le parti, pour changer de nom, pour imposer une discipline, même si les brevilles galeuses remontent régulièrement à la surface parce qu'on n'efface pas l'histoire d'un parti. d'un demi-siècle comme ça.
Je pense que ça lui pesait et je pense que ce soir, à mon avis, c'est le soulagement. Alors en réalité, faire campagne avec un bracelet électronique, ce n'est pas vraiment un problème, d'abord parce que ça va être aménagé. Oui, alors on va en reparler parce qu'il y a encore pas mal de points d'interrogation, mais effectivement...
Je pense qu'il y a une question morale qui va se poser, c'est-à-dire qu'elle va se dédire non seulement de ce qu'elle a dit il n'y a qu'un jour, mais enfin il y a quand même un passif en l'occurrence qu'il va falloir solder. Avec oui, vous parliez de la moralité. Je ne vois pas comment elle ne pourrait pas y aller.
Oui, c'est la question que je vais vous poser. Vous pouvez préparer votre réponse Je donne la parole à Nicolas qui nous écrit de Bessine après DSK, François Fillon, Nicolas Sarkozy, maintenant Marine Le Pen. Avons-nous en France des candidats à l'élection présidentielle les moins capables d'exemplarité ?
Bon voilà un point de vue de téléspectateur. Est-ce que vous me dites c'est sûr qu'elle va y aller Ou alors, je peux poser la question différemment. Elle ne peut pas ne pas se présenter ?
La question que je me suis posée, c'était intéressant ce que vous disiez sur le parti politique et sur refont la façon dont ce parti politique aujourd'hui représente le changement politique. Je me suis dit, est-ce qu'elle va se poser la question de, est-ce que c'est moi la meilleure candidate pour que le Rassemblement national gagne en 2027 ? C'est-à-dire, est-ce qu'elle sera capable d'une forme de laisser la liberté aux électeurs ?
C'est donner, comme vous le disiez, sa liberté à Marine Le Pen, liberté de choix, liberté de conscience, etc. Et donc dans ce choix de conscience, il y a quelque chose sur qui est le meilleur candidat ? Est-ce que c'est moi, meilleur candidate ?
Ou est-ce que c'est Jordan Bardella, meilleur candidat ? Et je pense que cette question ne peut que se poser à la veille d'une possibilité historique que le Rassemblement national l'emporte. Mais il y a aussi, peut-être, parce qu'on va continuer dans ce débat, pardon de nous interrompre, mais de peser un peu les deux hypothèses, les deux candidatures et peut-être aussi les deux équipes.
Il y a sans doute quelques tiraillements. Mais je reste un peu sur la personnalité de Marine Le Pen. Là, maintenant, on voit tous depuis le début de l'après -midi que ce jugement est tombé.
Tout le monde se place quand même dans la perspective qu'elle puisse y aller, qu'elle fasse campagne malgré le bracelet électronique, etc. Elle donnerait peut-être le sentiment de se dérober. Oui, il y a la question de la lâcheté face à l'épreuve suprême et c'est pour ça que beaucoup de commentaires qu'on voit sont à mon avis complètement défasés, c'est-à-dire expliquer que parce qu'elle a été condamnée et que si elle veut se présenter, elle doit reconnaître sa condamnation et sa culpabilité, c'est quelque chose qui l'empêche de se présenter, c'est absurde.
Parce qu'au fond, elle a déjà été trois fois candidate et que l'élection suprême, qui est une élection, on le dit beaucoup, une sorte de dialogue direct avec le peuple français, si on n'y va pas, c'est vraiment se dérober dans la tradition politique française. Et c'est pour cela d'ailleurs que ce jugement est intéressant, parce qu'il dit ça en fait, il reconnaît l'exceptionnalité, me semble tille de l'élection présidentielle française compte tenu de nos institutions donc moi je ne pense pas qu'on puisse se dérober mais je pense qu'il ya quand même un cas de conscience sur est ce que je suis la meilleure candidate effectivement et ça on va continuer d'en parler mais quand même Dans ce débat, il faut, si vous nous rejoignez à l'instant, et peut-être que vous n'avez pas lu en détail le jugement de la Cour d'appel de Paris, il y a quand même, et on va rejoindre Stéphane Duguay avec Céline Schmitt qui est au Palais de Justice, dans la La motivation du jugement, Stéphane, la présidente de la cour d'appel, elle a utilisé des mots qui sont des mots très forts. Oui, avant d'énoncer la peine des 12 prévenus, Michel Agis, la présidente de la cour d'appel, est revenue sur les raisons qui ont guidé la décision des juges.
Il y a bien eu un détournement de fonds publics par le Front National, ancêtre du Rassemblement National. La cour confirme que non, un assistant parlementaire ne peut pas exercer une activité militante pendant ses heures de travail pour le député qui l'emploie, les faits qui étaient donc reprochés aux prévenus. Des faits d'autant plus graves à rappeler la magistrate qu'ils ont duré 11 ans, 3 mandatures au Parlement européen, elle a décrit un véritable mode de fonctionnement pour s'accaparer je cite des fonds publics au bénéfice du Front National.
Une organisation créée sous l'impulsion de Jean-Marie Le Pen décrit la Cour avant que sa fille Marine Le Pen prenne la La suite avec la complicité des députés européens condamnés, des élus pourtant chargés de l'intérêt général et dont on attend une exemplarité et une probité totale a rappelé la présidente de la Cour d'appel concernant Marine Le Pen spécifiquement. La magistrate a indiqué qu'il appartient aux responsables politiques plus qu'aux autres, de faire respecter les règles et de ne pas y déroger. Mais dans sa décision, la Cour a également pris en compte le contexte politique et l'élection aux présidentielles de 2027.
La nouvelle condamnation en appel de Marine Le Pen s'est faite au regard du respect de la liberté des candidatures et de la liberté de choix de l'électeur. Selon les mots de la présidente de la Cour, deux conditions essentielles à une Une expression authentiquement démocratique du suffrage universel. Merci à Stéphane Duguay et Céline Schmitt qui étaient pour Public Sénat au palais de justice de Paris.
Votre avis, Hubert, que vous diriez sur les mots justement ? La gravité des faits les attendus de ce jugement. – J'ai un peu tendance à dire, mais enfin, la voisine sait ça beaucoup mieux que moi, c'est que pour son socle électoral, ça n'a pas beaucoup d d'importance.
D'abord parce que c'est quand même assez complexe. L'avocat Rodolphe Bossu a plaidé l'idée que ce n'était pas de la compétence de la Cour d'appel de juger sur des fonds qui étaient distribués par le Parlement, d'ailleurs. Et je ne pense pas que, dès lors que la Cour a précisé qu'il n'y avait pas d'enrichissement personnel, il considère qu'il y a une quelconque corruption.
Puis de toute façon, on a vu souvent de la part des régimes illibéraux à quel point les candidats, sans même remonter à Silvio Berlusconi, ou même M. Balkany, tout ça n'avait pas d'importance. Mais en réalité, je pense que si la campagne est lancée, et aujourd'hui, la bagarre, c'est sur le bloc central.
Est-ce qu'elle va aspirer le bloc central ? Est-ce qu'on va avoir une vague conservatrice ? Ou est-ce qu'on reste à la française dans des campagnes où c'est le centre qui garde la clé ?
Je vais peut-être trop vite. Tout va bien, tous les autres partis politiques et candidats vont se positionner en fonction de cette stratégie-là. Vous êtes d'accord avec Lucie sur l'idée qu'au-delà du soulagement et du fait qu'à titre personnel, même si elle a semblé être une victime expiatoire et prête à assumer ce rôle, ce serait un soulagement Je pense qu'elle doit réfléchir en termes tactiques, de savoir qui est le meilleur pour l'emporter.
Et à mon avis, compte tenu des débats qu'il y a sur le plan idéologique entre eux, je pense qu'elle pense qu'il est un peu jeune et que c'est elle qui a le meilleur sens de l'électorat. – Effectivement, on va écouter Marc Ferracci, député Renaissance, ancien ministre de l'Industrie et de l'Énergie pour ouvrir un chapitre sur les axes d'attaque finalement des autres candidats ou des opposants à Marine Le Pen. Écoutez.
C'est à elle de prendre la décision. Il me semble qu'être condamnée pour détournement de fonds publics devrait quand même faire réfléchir à deux fois avant de se lancer vers la candidature à l'élection suprême. Il y a derrière une question morale.
Ce qui sépare Marine Le Pen d'une candidature à l'élection présidentielle, ce n'est pas simplement un bracelet électronique, c'est son sens moral et l'intégrité dont elle fait preuve vis-à-vis de cette condamnation qui est encore une fois extrêmement grave. On écoutait dans la première partie de l'émission François Ruffin, le député de la Somme qui disait marqueur, cette histoire c'est un marqueur du degré de corruption de la nation. Cette valeur-là, comment elle apparaît dans les études que vous pouvez faire, est-ce que les Français ont le sentiment d'une banalisation de la corruption ?
Est-ce qu'ils acceptent parce que c'est vrai que ça fait des décennies, on pourrait monter à l'affaire Urba du PS dans les années 80, qu'il y a des affaires de détournement de fonds publics ou des affaires politiques. Comment c'est perçu par l'opinion ? C'est vrai que vous avez une très large majorité, plus de 60 % des Français qui considèrent que le monde politique dans son ensemble est corrompu.
Et ça, depuis de nombreuses années, c 'est pas nouveau dans nos enquêtes, on le voit depuis une vingtaine d'années. Pour autant, on a le sentiment qu'il y a une certaine résignation de la part des Français, parce que ça n'empêche pas de voter pour un candidat qui a été condamné, on l'a déjà dit. Il y a une forme de hiérarchie aussi, ou de concurrence des indignations.
Et surtout aujourd'hui. On est quand même dans un contexte très particulier où la justice a été fragilisée, a été un peu bousculée ces derniers mois ces dernières semaines par l'affaire notamment Liana. Et je crois que cette décision de justice, elle est absolument révolutionnaire dans le sens où, effectivement, elle elle accepte de prendre en considération le contexte actuel et le contexte de l'élection présidentielle.
Et ça, alors il faudrait en parler à des constitutionnalistes, mais j'ai quand même le sentiment que c'est vraiment nouveau. Je pense aussi que c'est une façon pour la justice de dire en fait on est capable de s'adapter aussi à la situation actuelle, on est capable de prendre en compte un contexte politique. Voilà donc sur la corruption effectivement malgré tout je pense que les français sont contents, satisfaits effectivement qu'il y ait des condamnations.
Vous pouvez aussi dire ça en disant que la justice fonctionne et fait son – Exactement, et d'ailleurs c'est ce qu'ils nous disent, ils nous disent lors de la première condamnation, ils considéraient effectivement que la justice fonctionnait bien, ça montrait bien qu'effectivement la justice fonctionnait bien. Donc il y a quand même une certaine satisfaction à voir ça, et pour autant ça ne se traduit pas dans un comportement électoral. – Alors pas mal de réactions, on va ouvrir un chapitre dans un instant sur le calendrier électoral, parce que dans les hypothèses d'une Marine Le Pen qui se prouve en en cassation, qui attend la décision du juge d'application des peines.
Est-ce que ça ne va pas retarder le début de campagne du RN et des autres ? D'une certaine façon, ça c'est notre prochain chapitre. Mais il y a une question que je trouve intéressante, c'est Adrien qui nous écrit de longs jumeaux, qui rappelle le Précédent, François Bayrou, même fait, sanctions médiocres, Marine Le Pen, sanctions tirées vers le haut, deux mêmes faits de sanctions quand on ne parle pas de justice.
Peut-être que Lucille Schmitt, on peut rappeler qu'effectivement, François Bayrou, son parti, sont mis en cause pour des faits similaires au Parlement européen, avec peut-être une ampleur financière moins importante. Oui, ce qui est intéressant, et ça a été rappelé, c'est que là il y a un système aussi organisé depuis des années, mis en place par Jean et que d'une certaine manière, Marine Le Pen va porter en termes d'organisation à une sorte de perfectionnisme. Et puis il y a des choses qui sont importantes, c'est les éléments de preuve.
C'est-à-dire qu'on a cet échange de mails entre, comment il s'appelle ? Valorant de Saint-Just, excusez-moi, c'est un si beau nom. Et un nouveau député, un eurodéputé Rassemblement National qui dit « mais est-ce que ce n'est pas une manière de faire des emplois fictifs ? » Il répond « Marine Le Pen le sait ».
Donc il y a des éléments de preuve qui sont différents. Je crois que Marine Le Pen le sait. Voilà la phrase.
Donc il y a cet élément-là qui me semble important. Et puis je voudrais rappeler une chose en termes de contexte budgétaire aussi par rapport à cette question. C'est qu'on est dans une situation où les Français ont découvert du jour au lendemain qu'on avait un déficit budgétaire extrêmement important, ce qui n'avait jamais été discuté dans les campagnes électorales.
Et donc le sentiment, peut-être pas d'un détournement d'argent public, mais en tout cas le sentiment que les finances publiques en France sont mal gérées, y compris par des personnes qui vous donnent des leçons de bonne gestion, il est très répandu aujourd'hui. Et d'ailleurs, y compris par un certain nombre de fonctionnaires, en fait. Il y a un sujet où je... brusquement, brutalement, il faut faire des économies alors qu'auparavant on supprimait les impôts.
Et donc ceux qui se disent bons gestionnaires, au fond, étaient peut-être les pires gestionnaires en termes de finances publiques depuis quelques années. Et ça, ça contribue certainement, par rapport à ce thème de la corruption, à alimenter l'idée qu'au fond, personne n'est irréprochable et personne n'est si efficace que ça en termes de gestion des finances publiques. Effectivement, François Bayrou, par ailleurs, a été Premier ministre.
Donc, il y a aussi peut-être, alors je m'avance, mais le sentiment que dans les deux cas, qu'il s'agisse du Modem ou du Rassemblement national, il s'agissait de petits partis et qu'il y avait un système qui a été mis en place qui, au fond, permettaient d'abord de favoriser ceux qui étaient déjà en place. Donc, il y a confusément le sentiment que parfois, lorsqu'on veut, on est anti-système, on est obligé de combattre le système avec des choses qui seront jugées illégales, et ça a été clairement dit. Comme vous l'avez rappelé, il faut que justice passe.
Mais il y a aussi la réalité qui est la réalité de constater la relation du faible au puissant. Et en ce sens, le côté, comment dirais-je, anti-institutionnel du Rassemblement National lui bénéficie dans ce cas principe ? J'entends l'argument Rassemblement National puisque c'est l'émanation du Front National, effectivement les faits d'attent du Front National, condamnés à 2 millions d'euros d'amende dont 1 million d'euros assortis du sursis.
Là j'ai les attendus précis de la Cour d'appel de Paris et je lis ça parce qu'il y a une question d'un de nos téléspectateurs qui écrit de Lyon. Abel, l'amende du parti ne va-t-elle pas mettre en danger le RN financièrement Hubert Coudurier ? Aujourd'hui le parti de Marine Le Pen est un parti qui est sorti de sa spirale de dettes et qui va quand même plutôt mieux financièrement qu'est ce qu'on peut en dire ?
Oui incontestablement avec 126 députés je crois et 143 au niveau de l'ensemble si on ajoute l'UDR ils sont sortis des moments difficiles où ils avaient dû vendre leur siège et je pense que c'est d'ailleurs ce qu'ils avaient invoqué pour dire au-delà du fait que c'est un parti qui était totalement désorganisé ou personne ne travaillait ou presque ou en tout cas ils ne savaient pas très bien gérer les factures, ils avaient invoqué leurs problèmes financiers pour justifier ces trafics d'influence entre l'Europe et la France. – Un mot du calendrier, Laure Salvin, est-ce que ce 7 juillet avait été intégré, alors peut-être par les états-majors des partis politiques, mais peut-être aussi par le français comme le vrai coup le départ, le coup d'envoi de la campagne présidentielle ? – Tout à fait, et je pense que les français s'attendent encore ce soir jusqu'à 20h, 20h30, mais c'est pas sûr C'est pas sûr que le top départ soit vraiment lancé ce soir, alors qu'il y a tellement d'incertitudes pour cette élection présidentielle et qu'on commence quelque part, la pré-campagne a commencé très tôt, en fait.
Le risque, c'est effectivement que d'épuiser les candidats, déjà, le risque, c'est effectivement d'épuiser aussi les Français, de lasser les Français sur ce type d'enjeux, parce qu'effectivement, le casting de l'élection présidentielle est loin d'être définitif. Et tout le monde pensait que le 7 juillet, en tout cas que le 8, on pourrait partir en vacances avec un nom au Rassemblement national. Avec une clarification.
Avec une clarification. Avec une de la distribution. Et ce n'est pas du tout évident, effectivement, que ce soir on sache qui sera candidat.
Cette question de la temporalité, elle est au cœur de ce que Franck, qui nous écrit de Nice, nous demande. Alors d'abord, il pose la question des 500 signatures. Je pense que ce n'est plus vraiment un souci pour le RN.
Mais premier tour d'élection présidentielle, 18 avril. Combien de temps avant le premier tour faut -il pour déposer les 500 signatures ? Ce n'est pas cet aspect de la question qui m'intéresse.
C'est plutôt le Rassemblement national peut -il attendre Jean pour commencer sa campagne. Là on est dans la stratégie qui est en train de se décider. Est-ce que Marine Le Pen se pourvoit en cassation ?
Qu'est-ce qu'il se passe si elle se pourvoit en cassation ? Est-ce qu'elle espère du juge d'application des peines un aménagement de son bracelet électronique ? Tout ça peut potentiellement retarder le vrai démarrage de la campagne présidentielle.
Je crois qu'il n'y a aucun intérêt pour l'ERN à retarder le démarrage. Après comme vous le disiez, ça va être l'été donc on peut attendre septembre pour faire vraiment campagne. Mais par rapport à ce qu'on disait aussi sur le fait que peut-être ce soir elle ne va pas annoncer ce qu'elle va faire, elle prend un risque à jouer la montre.
Moi si j'étais elle, j'annoncerais tout de suite ce que je veux faire en tout cas parce que je pense qu'elle aura eu tout l'après-midi pour réfléchir et que c'est important d'y aller parce que au fond on choisit une ligne comme on le disait tout à l'heure et elle a très bien soutenu Jordan Bardella, ça a été rappelé, elle l'a rendu, en quelque sorte...
Elle a fait Jordan Bardella, je pense qu'on peut le dire. Elle l'a rendu crédible. On peut même imaginer que quelqu'un de 30 ans en France puisse devenir président de la République.
Moi, ça me laisse assez sceptique. Mais elle a rendu crédible vis-à-vis des patrons. Ça éclaire aussi beaucoup de choses.
Mais à partir de là, moi je pense que gérer le temps est important pour elle et qu'il faut qu'elle le gère dès ce soir. – Vous nous faites le comparatif Bardella-Le Pen dans un instant, notamment des équipes qui met un mot sur le terrain. – Non mais je suis tout de même l'accord.
L'élève a dépassé le et ça commençait à se fissurer de tous les côtés. Bardella donnait des interviews à la Frankfurter Allgemeine pour démentir sa patronne, Bardella disait qu'il était plus sur une ligne Mélonie...
Alors qu'avant, il y avait eu des débats là Il commençait à s'affirmer de plus en plus. Donc si on veut que la rivière retrouve son lit et que la patronne redevienne pleinement la patronne, il faut qu'elle dise qu'elle y va. Maintenant, ils ont intérêt et ils vont sûrement essayer de financer sur le programme, sur l'économie.
Et d'ailleurs, ils le font tous. On a bien vu Edouard Philippe. Il lâche un peu.
Mais les problèmes sont tellement immenses qu'ils ne veulent pas à mettre carte sur tape trop vite. – Ils ne l'offraient pas constitués. – Voilà, ils ne veulent pas être accusés de ne promettre que du sang et des larmes. – Alors, je me tourne vers vous, Mickaël, pour savoir comment le Rassemblement national a préparé cette campagne, avec les deux hypothèses, quel que soit le candidat. – D'abord avec une devise interne, l'union est un combat, ça c'est certain au RN, entre les marinistes et les bardellistes, parce que c'est comme ça aussi, qui s'appelle officiellement on le sait, rien ne sépare les deux protagonistes, les deux, voilà, Marine Le Pen et Jean de Bardella multiplient les savants de fidélité, d'amitié dans les caméras, tout ça, on le voit, on le connaît, mais en coulisses, c'est beaucoup plus abrasif.
Il y a ces petites phrases qui en disent long. Souvenez-vous, quand Marine Le Pen avait dit que Jordan Bardella ne connaissait pas très bien les dossiers d'Outre-mer et qu'il l'avait ensuite répliqué ou encore récemment sur France Culture, quand Marine Le Pen dit que Nicolas Sarkozy est plutôt un contre-modèle alors qu'on sait très bien à quel point pour Jordan Bardella, c'est un point d'admiration. Nicolas Sarkozy s'en parlait des divergences de vues sur le dossier ultra-sensible des retraites.
Marine Le Pen et Jordan Bardella n'ont pas les mêmes approches. L'une veut rester sur l'âge de départ à 62 ans, l'autre se rend beaucoup plus sensible aux arguments du patronat. Donc il fallait un directeur de campagne diplomate connaissant bien les deux vedettes Julien Sanchez, vice-président eurodéputé et donc chargé de coordonner la campagne.
Alors la campagne ou les campagnes parce que celui ou celle qui ne sera pas candidat va pas rester sans rien faire à priori. Alors ça c'est encore un nouveau dilemme pour l'ERN effectivement si par exemple Marine Le Pen n'est pas candidate, doit-elle faire une campagne quand même pour assurer une partie de cet électorat populaire qui pourrait être en désaccord ou désorienté par les options beaucoup plus libérales de Jean-Denis Bardella d'autant plus que du côté des communistes et des insoumis on reste en embuscade et on continue à parler de plus en plus et à pouvoir parler par définition à cet électorat populaire. On sait que Marine Le Pen est plus social-étatiste versus Jean-Denis Bardella beaucoup plus libéral.
Donc Thierry Sanchez est chargé de lisser les agendas, les prises de parole et les initiatives de manière à sauver, à sauvegarder l'unité et également les entourages des deux côtés sont invités à mettre une sourdine à leur rivalité. Mais une campagne présidentielle, c'est pas uniquement de l'organisation, on le sait, c'est évidemment de l'incarnation. Et là, bien sûr, les deux personnes, bien entendu, ne sont pas différentes, on n'arrive pas à l'entendre au RN, ce ne sont pas des clones, les campagnes ne seront pas les mêmes, par définition.
Et c'est pour ça qu'il y a deux slogans qui sont choisis pour l'instant en secret, mais un qui serait plus du côté de Bardella, l'autre plutôt du côté de Marine Le Pen. Et Marine Le Pen aussi, en petit comité, elle explique régulièrement qu'elle a un lien avec les Français et qu'en fait, elle ne sera pas vraiment en campagne pour les convaincre. Elle considère qu'ils sont déjà convaincus, qu'il faut qu'ils lui donnent les quelques points nécessaires, mais elle se prépare, dit-elle depuis très longtemps, à comment bat-t-elle exercer le le pouvoir en cas d'élection.
Jordan Bardera est en pôle position, mais lui, il va devoir quand même convaincre, montrer qui il est, fendre l'armure et surtout agir sur un terrain miné, une présidentielle, c'est tous les jours des des campagnes, des questions non préparées, des questions surprises. Et les surprises, ils n'aiment pas ça du tout, Jordan Bardella. C'est effectivement l'une des critiques exprimées, notamment en interne.
Est-ce qu'ils sont interchangeables pour leurs électeurs Marine Le Pen et Jordanne Bardella. Alors, en tout cas, il n'y a pas de match de crédibilité aujourd'hui pour les électeurs du Rassemblement national. en termes de...
Pour les électeurs du Rassemblement national. Les mêmes cases en termes de compétences, de vision, de proximité, de courage politique, effectivement, ils sont à peu près à égalité. Là où il y a des petites différence quand même malgré tout, c'est sur la capacité à rassembler et là les électeurs RN considèrent effectivement que Jordan Bardella serait plus fort pour rassembler au delà de son camp.
Et sur l l'honnêteté, aussi, malgré tout. Est-ce que c'est une personnalité qui inspire confiance quand on interroge les Français ? Effectivement, ils nous disent un petit peu moins pour Marine Le Pen que pour Jordan Bardella. dire c'est assez proche quand même et sur le courage politique également, c'est Marine Le Pen qui emporte le match.
Mais sinon sur le reste, en tout cas sur la crédibilité sur la légitimité, il n'y a pas de sujet. Là où il y a des sujets c'est chez les sympathisants LR et c'est eux vraiment qui font la différence quand on regarde les données d'opinion aujourd'hui parce qu'effectivement ils ont une légère préférence, voire nette préférence sur un certain nombre d'items pour Jordan Bardella et et effectivement c'est le grand avantage et le grand succès de Jordan Bardella ces derniers mois et ces dernières années, c'est d'avoir réussi à ouvrir quelque part le jeu et d'ouvrir le jeu notamment aux sympathisant les Républicains. Jusqu'à présent, il y avait peu de porosité finalement entre les deux et Marine Le Pen était plutôt perçu comme un repoussoir pour les électeurs les Républicains.
Aujourd'hui, et ça a été très rapide, de la même façon que l'ascension de Jordan Badela et la progression dans l'opinion de Jordan Bardella était très rapide, vous avez 63 % des sympathisants à LR qui nous disent que le RN est capable de gouverner aujourd'hui la France. Ils étaient 10 % de moins il y a ne serait-ce qu'un Il y a vraiment une bascule qui a été faite avec Jordan Bardella sur les sympathisants LR et les cadres plus largement, mais aussi. – Cri de Lectour, peuvent-ils demander à leurs partisans de choisir entre Bardella ou Le Pen ?
Hubert Coudurier, ce n'est pas exactement comme ça que ça se passe au Rassemblement National. Le choix du candidat ou de la candidate, ce n'est pas une primaire interne. – Non, c'est plutôt caporalisé, mais en fait, j'ai l'impression, quand on lit les sondages et qu'on écoute les électeurs du RN, c'est qu'il y a un tel mouvement dégagiste qui est en train de se préparer que quoi qu'ils disent et quoi qu'ils fassent, de toute façon les gens sont assez conscients des limites des uns et des autres de ces limites à lui, de sa jeunesse de son inexpérience mais quand Sarkozy disait c'est leur tour, on a l difficile de résister à ce puissant mouvement de renouvellement qui s'incarne à travers eux.
Et je pense, on va bien voir ce qu'elle va dire tout à l'heure, mais qu'elle va garder cet aspect couple jusqu'au... le plus tard possible, en fait.
Oui, alors...
C'est-à-dire que certains disent...
Il y a quand même, il y aura quand même, mais on peut se mettre à la place de Gérald Mardella et de ses soutiens et de ses plus proches qui se voyaient à la tête de la campagne et peut-être mettre un peu plus de côté les marinistes historiques. Là, d'un seul coup, on va leur dire « Non, vous retournez dans le tiroir ». – Non. – Vous ne pensez pas qu'il y aura des tiraillements ? – Si, il y a des tiraillements, mais elle va imposer son d'autorité et puis de toute façon les marinistes historiques sont beaucoup plus nombreux que les bardellistes, c'est un petit noyau en fait les bardellistes, elle, elle tient le groupe elle tient les députés, ce qui compte pour les députés c'est qu'ils soient réélus, Et lui, il s'appuie sur qui ?
Alexandre Loubet, en directeur de cabinet. Il va attendre son tour. Il va faire ce qu'il fait très bien, c'est qu'il va lui coller. laissé la vague aspirante continue à monter.
En réalité, il n'y a pas de duel entre deux parties du RN. D'accord, ok. C'était une question qui méritait de poser l'or, et ensuite je reviens vers Lucie de Chemin.
Oui, juste un point, effectivement, c C'est la force de la candidature du candidat Ehrens, c'est justement un attelage à trois jambes en fait. C'est vraiment Jordan Bardella, Marine Le Pen et le parti derrière. Et c'est ça qui est puissant aujourd'hui, c'est cette force-là qui vient de trois puissances différentes, donc je pense effectivement que si c'est Marine Le Pen qui se présente finalement et qui est candidate, il va rester là et je pense que le Rassemblement national a tout à fait compris qu'il faut effectivement que ces trois jambes restent bien présentes jusqu'à la fin. – Lucille Schmitt, le cas de figure où Marine Le Pen est candidate et Jordan Bardella rentre entre guillemets dans le rang, vous semble plus simple que l'inverse C'est-à-dire Jordan Benela candidat et une Marine Le Pen qui, comme vous dites, qu'est-ce qu'on en fait ?
Est-ce qu'elle est omniprésente ou est-ce qu'au contraire elle s'efface ? Non, je ne vois pas ça comme ça. Je pense qu'elle est assez unique en son genre aujourd'hui au sens où comme ça a été rappelé, la caporalisation fonctionne dans ce parti alors qu'elle ne fonctionne nulle part ailleurs.
C'est-à-dire que dans tous les autres partis… – Peut-être à LFI quand même, même si c'est pas un parti politique. – Il y a eu quand même des fuites, il y a François Ruffin, en tout Donc là, il y a quelque chose qui se passe au RN, qui ne se passe pas ailleurs, qui ne se passe pas au Parti Socialiste, qui ne se passe pas chez les Républicains, qui ne se passe pas du tout ensemble. C'est qu'elle est la chef, et si elle décide de ne pas y aller, à mon sens, elle soutiendra Bardella avec toutes ses forces, parce que ce qui compte, c'est au fond aussi l'héritage.
C'est-à-dire, pour le coup, il y a quelque chose qui se joue dans l'histoire de ce parti qui a été un parti rejeté par tous et brusquement qui arriverait à la présidentielle et qui pourrait gagner la présidentielle. Donc moi, je ne vois pas ça comme ça. Je voulais juste rappeler une chose par rapport à tous nos plans sur la comète, sur la campagne.
C'est que les campagnes présidentielles se passent de manière totalement incongrue, avec beaucoup d prévu on se rappelle de ce qui est arrivé à françois fillon on voit qu'aujourd'hui la géopédie s'en est un pardon d'interrompre le ce qu'on vit aujourd'hui c'est une forme d'imprévu on n'avait pas imaginé une décision de justice aussi bien calibrée finalement marine le pen choisir exactement ce que je voulais dire c'est qu'il faut envisager ce couple aussi en interaction avec l'ensemble du jeu politique le jeu d'acteurs qui sont les autres candidats vous l'avez rappelé michael que au fond on ne sait pas qui ils seront et donc il y a cette interaction avec les autres et il y a cette interaction avec le monde il me semble un point sur lequel le rassemblement national les deux candidats sont pour l'instant très mauvais en termes de relation à la géopolitique à ce qui peut se passer en termes d'énergie à la question écologique qui me tire à coeur donc il y a beaucoup de progrès que ce couple qui doit faire aussi pour pouvoir être crédible je rappelle que le président de la république c'est celui qui est face au monde que c'est là dessus qu'Emmanuel Macron a préservé son rôle d'influence alors qu'il perdait tout sur le plan intérieur et donc il y a un truc qui peut se jouer là et je voudrais quand même rappeler le débat piteux qu'elle avait fait en 2017 face à Emmanuel Macron. Et lui, je le trouve aussi assez piteux en débat. Donc, cette question de comment est-ce qu'ils sont de bons candidats, certes, vous l'avez rappelé, tout ce que vous avez dit, c'est par rapport à leurs électeurs ou aux électeurs LR, c'est pas par rapport à l'ensemble des Français et par rapport au contexte dans lequel on évolue.
On a un dernier chapitre à ouvrir dans un instant, on va écouter Raphaël Glucksmann qui vient de réagir sur la stratégie des autres partis politiques. Est-ce qu'ils ont une préférence ou pas mais je veux bien vous entendre là-dessus, Laure Salvin, sur la question du rayonnement international ou des épaules d'un candidat ou d'une candidate pour porter la voix de la France. Est-ce que ça rentre tellement dans le choix des électeurs français ?
Ce n'est pas la première préoccupation des électeurs. La première préoccupation, c'est est-ce que ce candidat comprend ce que je vis et comprend l'état de la France, du monde aujourd'hui. C'est vraiment ce qui est important.
Et je pense qu'il y a de tels problèmes en France aussi. Aujourd'hui, certes, il y a l'international qui compte beaucoup et qui pourrait compter de plus en plus d'ailleurs parce qu'encore une fois, quasiment un an c'est longs et il peut se passer des chances. Ce n'est pas ce que sera l'actualité des mois de mars et avril prochain.
Exactement, c'est peut-être l'actualité internationale qui prendra le pas sur le national. Aujourd'hui, en tout cas quand on sonde les Français, c'est vraiment d'abord la situation de la France, enfin leur propre situation et la situation de la France. Donc effectivement, ça reste quand même en seconde.
Quand c'est un candidat âgé de 30 ans, il aura 30 ans au moment...
Ça peut rentrer en ligne de compte. Il y a une perception aujourd – Il y a Israël-Palestine qui aujourd'hui est un sujet de politique intérieure sur lequel Jean-Luc Mélenchon a totalement capitalisé avec l'électorat français. Donc qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça ?
Il y a des sujets qui sont à la fois internationaux et de politique intérieure. – Oui, puis il y a une perception des Français et que la politique internationale, la mondialisation, puisqu'on a traversé toutes les crises de la mondialisation depuis 10 ans. Ça commence avec la crise financière de 2008, puis la crise sanitaire, puis la guerre.
Et sur tous ces sujet, elle est un peu faiblarde. Parce qu'effectivement, je...
Là vous dites Marine Le Pen un peu faiblarde. Oui, mais enfin les deux, parce que sur la Russie, on leur a fait un procès sur la Russie qui était parfois un peu exagéré à propos des banques, lui semblant, disons même, j'ai cette phrase un peu l'emporte-pièce, j'en ai rien à foutre de la Russie, je ne suis jamais allé à Moscou. En même temps il se retrouve quand même sur le refus du prêt de l'aide à l'Ukraine des 90 milliards qui, là-dessus il n'y a pas de divergence entre eux, et donc il y a un coup de poignard dans le dos des Ukrainiens au moment où les Américains les abandonnent.
Bon sur l'Italie elle, elle a elle n'a pas été aussi finote que Georgia Mélanie et elle n'a pas su s'en rapprocher au bon moment. Et quant à Israël, elle a fait un choix extrêmement clivant d'alignement sur Israël qui effectivement ne correspond pas du tout à la diplomatie françaises traditionnelles. Tout dernier mot sur ce chapitre.
Très rapidement, en 2022, elle a su traduire en termes français, intérieur, une crise internationale, puisqu'elle a été la première à dire au moment où il y a eu l'invasion sur l'Ukraine, attention, il y aura un problème de pouvoir d'achat. Et c'est ce qui lui a permis de créer les conditions de ce qu'on a appelé la remontada par rapport à Zemmour, qui à l'époque était, on s'en souvient, en bonne position. Et donc, il y a eu cette capacité de pouvoir traduire immédiatement une situation internationale au niveau des Français. – Allez, comme promis, on écoute la réaction de Raphaël Glucksmann qui n'est pas officiellement candidat, mais quand même ça y ressemble.
Une fois que la justice a parlé, les conclusions politiques doivent être tirées et la première des conclusions politiques c'est que le rassemblement national qui nous explique toute la journée sans discontinuer qu'il est du côté du peuple le rassemblement national est en fait un rassemblement de coquins et de copains c'est un rassemblement national qui a un rapport à l'argent public qui pose problème c'est pas le premier cas qui vise le RN. En réalité, depuis l'affaire Jeanne ou l'affaire du prêt russe, ce qu'on constate, c'est que les dirigeants de l'extrême droite française ont un rapport à l'argent public qui laisse augurer d'un traitement corrompu des affaires publiques si jamais le Rassemblement national arrivait au pouvoir. Raphaël Glucksmann qui est dans la ligne des réactions qu'on a pu avoir de François Ruffin, Boris Vallot en passant par Olivier Faure, Marc Ferracci enfin bon voilà des différents camps à qui on a pu donner la parole pardon c'est un angle d'attaque oui c'est un vrai angle d'attaque et qui sera d'autant plus fort, si c'est Marine Le Pen évidemment, qui se présente.
Si on continue de comparer une candidateur Bardella ou une candidature Le Pen, est-ce que ça fait jouer un peu la la tectonique des plaques politiques en France, en fonction que ce soit l'un ou l'autre ? Un petit peu effectivement à droite, en effet. Aujourd'hui, ils ont à peu près, ça dépend des hypothèses, mais On a à peu près 2 points, 2 ,5 points d'écart.
Jordane Bardella et Marine Le Pen. Ils sont tous les deux au-dessus de 30 % et quasiment tous les deux au-dessus d'Edouard Philippe de 20 points. 16 ou 20 points, ça dépend d'oeuvres mais quand même un écart énorme entre le premier et le deuxième là vous nous parlez de popularité ou d'intention intention de votre attention intention de votre entre les deux qu'est ce que ça fait bouger effectivement si c'est marine Le Pen qui se présente et bien il y a quelques voix supplémentaires qui vont à Éric Zemmour alors que Jordan Barderella l'est capté un peu et quelques voix également qui vont chez Edouard Philippe qui file chez Edouard Philippe alors que Jordan Barderella captait aussi voilà donc effectivement il y a un petit avantage aujourd'hui à Jordan Barderella parce que encore une fois il élargit son camp et donc ça fait un petit peu bouger la tectonique des plaques comme vous dites mais pas tant ça c'est à des demi-fois en fait c'est pas révolutionnaire c'est pas massif avec quand même et Mickaël l'évoquait tout à l'heure Lucille Schmitt la je sais pas quel terme employer la machine à laver, la lessiveuse gigantesque et une campagne électorale Marine Le Pen ce sera sa quatriane Jordan Bardella c'est un c'est un bisu en campagne avec je suis assez d'accord avec vous il est très bon sauf quand il est surpris et une campagne électorale c'est quand même une machine à créer des surprises quasi quotidiennes mais c'est clair qu'aujourd'hui quand Jordan Bardella plaide pour l'union des droite et quand ils rencontrent les patrons, il y a du côté de la droite, du côté des ciotistes mais au-delà ou des patrons qui le rencontrent, il y a quand même l'idée que Jordan Bardella sera plus malléable, pourra être davantage manipulé que Marie Le Pen.
Donc Jordan Bardella est d'autant plus populaire dans les milieux économiques qu'on pense qu'au fond on pourra lui dicter ce qu'il va avoir comme politique. De la même manière, je voulais quand même rappeler une chose, c'est que Emmanuel Macron en 2017 fait campagne en n'élant pas de moyens d'un parti politique derrière lui, et qui trouve avec des donateurs qui souvent venaient du sarkozyisme, enfin du côté de la droite, des gens qui parient sur lui. Donc il y a toujours des paris de milieux économiques sur tel ou tel candidat.
Et il me semble que Jordan Bardella peut être le candidat sur lequel parient certains milieux économiques. Ça suscite, ceci dit, de vrais débats au sein du milieu entrepreneurial et certains patrons ont dit qu'ils n'en voulaient pas. Donc je voulais aussi dire ça pour certains entrepreneurs mais donc oui c'est pas un bloc monolithique le sujet sur Jordan Bardella moi qui aime la vie politique c'est que je pense que c'est comme s'il y avait une sorte de possibilité de bascule de la vie politique c'est à dire qu'aujourd'hui on fait du média training on sait ce qu'il faut dire on connaît les sujets qui vont être traités et je pense que dans cette campagne au fond si certains journalistes si les journalistes politiques se disent il faut pas le jouer comme ça et au fond il faut aller sur l'effet de surprise la déstabilisation de Jordan Bardella je la prévoit beaucoup plus facile que celle de Marine Le Pen dont je voulais assister sur le fait moi qui aime la politique et qui n'aime pas ses idées qu'il y a une sorte de profondeur de charpente à travers les épreuves que n'a pas Bardella oui c'est le le cuir qui s'épaissit campagne après camp mais aussi la question de l'histoire personnelle au fond chaque campagne présidentielle est aussi la capacité à mettre en scène son histoire personnelle je voudrais insister là dessus c'est pour ça que Valérie Pécresse rate sa campagne, c'est pour ça qu'Anne Hidalgo rate sa campagne.
Et donc il y a aussi quelque chose sur au-delà du média training et du fait qu'on sait répondre, comment est-ce qu'on peut être candidat devant les Français ? Peut-être ce qu'Édouard Philippe a réussi dans son meeting dimanche. Effectivement, il est clair que par rapport aux candidats qui sont arrivés dès la première fois, Sarkozy, Hollande, Macron.
Avec Marine Le Pen, c'est les candidats, on revient un peu à un étiage à l'ancienne. Mitterrand-Chirac, il faut se mouper un certain nombre de fois. Il faut se tromper, il faut perdre, il faut avoir beaucoup de raconter aux Français son histoire pour pouvoir ensuite se présenter. – On termine là-dessus, merci beaucoup d'avoir participé, il est passé vite encore une fois ce débat, je vais rappeler les titres de vos livres, Lucie Schmitt, urgence politique des cécités écologiques.
C'est aux presses universitaires de France et Hubert Coudurier, le mystère. Marine Le Pen aux éditions plonge. Je vous dis à bientôt sur Public Sénat.
Merci à toutes et à tous de votre fidélité. Nos débats, vous les retrouvez sur publicsénat à réécouter ou à écouter en podcast également et notez que demain dans la matinale de notre chaîne, c'est Alexander Nicolique, porte-parole du Rassemblement National Député Européen qui sera notre invité. Belle fin de
Marine Le Pen