J.-L. Mélenchon au 20 h de TF1 (4 février 2012)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
On parlait de l'entreprise Lejaby. Le gouvernement s'est félicité de la reprise par un grand groupe du luxe. Vous vous en félicitez ?
- 1:59FerméeRéponse directe
Réquisitionner les logements vides ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Marine Le Pen n'a peut-être pas ses 500 signatures. C'est un déni de démocratie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:50Jean-Luc MélenchonPromesse
« il faudrait qu'aucun Français ne mette plus de 20% de son revenu dans son loyer »
- 5:40Jean-Luc MélenchonChiffre
« dans les dix prochaines années 700 000 entrepreneurs vont partir à la retraite et vendre leur entreprise »
- 7:30Jean-Luc MélenchonFait
« Je ne suis pas partisan de la Ve République, je suis pour convoquer une constituante et passer à une VIe République »
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Nous revenons à des sujets plus concrets pour les Français qui nous écoutent, avec l'un des candidats à la présidentielle celui du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon. - Bonsoir. - Merci d'être sur ce plateau.
On parlait tout à l'heure de l'entreprise Lejaby. On a vu qu'un repreneur avait été trouvé, un grand groupe du luxe. Le gouvernement n'est pas resté absent dans cette affaire, vous vous en félicitez ?
Les emplois sauvés, on ne peut que s'en féliciter car l'angoisse était immense. Cependant, je veux me joindre aux ouvrières qui ont rappelé qu'il y en avait encore 350 à tirer d'affaire. Je dirais cette chose : épargnons-nous les petits numéros de campagne électorale qui consistent à tâcher de faire fructifier son fonds sur la détresse des gens.
Essayons de voir comment régler les problèmes dans la durée. - C'est une opération politique ? - Ça y ressemble, mais si ça sauve des emplois, on prend.
D'abord, on s'épargnerait bien des angoisses si on était capables, quand il le faut, de réquisitionner pour pouvoir choisir la solution conforme à l'intérêt social et environnemental. Je pense qu'on devrait le faire à Pétroplus, à M-Real, à une papeterie, à une raffinerie, car la France...
Au grand capital, en fait. Vous appelez à l'aide de grands groupes capitalistes...
Oui mais peu importe. Dans le projet du Front de Gauche, notre thèse n'est pas de collectiviser l'ensemble des moyens de production en cinq ans. Il y a une économie et à l'intérieur de celle-ci, l'Etat doit être présent la collectivité et surtout, les travailleurs eux-mêmes.
C'est pour cela qu'il faut interdire les licenciements boursiers, et quand il y en a, réquisitionner. Deuxièmement, il faut une loi de préemption. Lorsque l'usine est abandonnée par le propriétaire et mise en vente, les premiers qui devraient pouvoir se prononcer ce seraient les travailleurs.
Ils pourraient proposer de former une coopérative. Et cette loi, je pense que...
Cela a été tenté dans certains cas, dans un passé tout récent. Certains sont demandeurs, comme le Thé Eléphant Unilever. A d'autres endroits, l'affaire a été moins bien engagée mais on voit que c'est une solution que cette économie sociale dirigée par les travailleurs eux-mêmes.
Et je voudrais faire valoir que dans les dix prochaines années 700 000 entrepreneurs vont partir à la retraite et vendre leur entreprise. Donc, dans l'intérêt du pays, il serait bon que dans ces 700 000 entreprises, les travailleurs puissent les premiers dire : on est capables de la faire tourner. Car je vous le rappelle, les patrons ne peuvent pas faire le travail sans les ouvriers.
Mais les ouvriers peuvent le faire sans le patron. On a beaucoup parlé du froid et des problèmes de logement qui sont cruciaux en ce moment. Il y a eu beaucoup de propositions à droite et à gauche par Nicolas Sarkozy et François Hollande, que proposez-vous à votre tour ?
D'abord considérons la chose comme elle est : il y a eu une pénurie qui a été fabriquée de toutes pièces, de manière à ce qu'en rendant rare le logement, une bonne partie du logement disponible devient très chère et on a inventé le mythe de la France des propriétaires. Naturellement, personne ne l'est, la plupart des gens sont locataires des banques qui leur prêtent de l'argent. Il nous faut d'abord élargir l'offre de logement pour que le marché se stabilise, il faut donc...
Réquisitionner les logements vides ? Oui, et une loi existe pour ça. - Vous êtes d'accord avec F.
Hollande. - Tout à fait. Deuxièmement, construire beaucoup.
Ce n'est pas si compliqué de construire un immeuble et de faire du logement de qualité ! Donc comme le dit Nicolas Sarkozy, augmenter la capacité de construction d'un immeuble en hauteur...
C'est ce qu'il propose. Oui, mais ça ne va faire qu'une chose : faciliter le marché de ceux qui peuvent déjà construire et vous savez qu'en dernière analyse, la décision revient aux maires. Il ne faut pas prendre le problème ainsi.
Il faut rapatrier tout l'argent éparpillé dans différentes banques pour le Livret A, et le ramener au même endroit, de manière à pouvoir construire massivement du logement social, car c'est ce dont nous manquons dans notre pays. Ensuite, rapatrier tout le 1% patronal, aujourd'hui dispersé, pour que ça serve au logement. Et je le redis : il faut qu'il y ait un accès possible pour ceux qui ont les revenus les plus modestes.
Je fixerais même un objectif : il faudrait qu'aucun Français ne mette plus de 20% de son revenu dans son loyer. Et 20%, c'est beaucoup. Nathalie Arthaud hier soir lors d'un meeting disait être la seule à représenter les thèses communistes.
Elle a le droit de le dire. Je suis le candidat commun d'un ensemble d'organisations politiques dont le Parti communiste français, même si, moi-même, je ne suis pas communiste. Marine Le Pen n'a peut-être pas ses 500 signatures.
C'est un déni de démocratie alors qu'elle approche 20% dans les sondages ? Que s'en débrouillent ceux qui ont inventé ce système. Je ne suis pas partisan de la Ve République, je suis pour convoquer une constituante et passer à une VIe République, qui serait parlementaire, stable et tranquille comme d'autres démocraties du vieux continent.
Je trouve aberrant ce système où 500 notables ont le pouvoir de donner la capacité à quelqu'un de se présenter devant les Français. Mais que s'en débrouillent ceux qui ont inventé ça. Quant à Mme Le Pen, ça ne me fait ni chaud ni froid.
Merci beaucoup, Jean-Luc Mélenchon, d'être venu sur ce plateau. C'est la fin de ce journal dominé par le froid dont Louis Bodin vous reparlera, avant "Les Enfants de la télé". Je vous retrouve demain à 13 h et 20 h, très bonne soirée. 119 -->
Jean-Luc Mélenchon