Macron, sa dernière année...
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On va passer au débat du club. Elisabeth Martichou, Frédéric Dhabi vont nous rejoindre. Dans un an aura donc lieu l'élection présidentielle.
Comment Emmanuel Macron peut-il imprimer sa marque durant cette dernière année du quinquennat ? Le chef de l'Etat qui, en tout cas, mise beaucoup, notamment sur l'international. Il était, notamment hier, en Arménie.
Il participait au huitième sommet de la communauté Politique Européenne. On va l'écouter. ...
Monsieur le Président, Monsieur le Président, c'était votre idée. Je pense que l'Europe est un moment de vérité qui suppose plus d'unité et plus d'ambition. Cette réunion était importante.
Pour moi, on doit encore accélérer et aller plus loin. On a besoin d'une Europe forte qui réduise ses dépendances excessives, qui bâtisse ces solutions de paix et de sécurité pour elle-même et qui agit comme un continent vraiment unis par une communauté de destin. C'est ça en quoi nous croyons.
Et on va débattre justement de ce bilan d'Emmanuel Macron et de la manière dont il peut imprimer sa marque dans cette dernière année de quinquennat. Bonjour Elisabeth Martichoux, merci beaucoup d'être avec nous, editorialiste politique, Bonjour Frédéric Dhabi. Merci également d'être là, directeur général opinion de l'Institut de sondage IFOP.
On a entendu Frédéric Emmanuel Macron qui était donc hier en Arménie. Emmanuel Macron qui continue d'imprimer sa marque sur l internationale, c'est ce qu'il maintient aujourd'hui sur le devant de la scène ? Clairement oui.
Clairement oui en termes de popularité. C'est un président impopulaire, structurellement impopulaire, pas le plus impopulaire de la Ve République. Quand je prends l'historique du baromètre, il ne faut pas un rixe pour l opinion, mais c'est un président en difficulté avec un second mandat qui est très compliqué.
Mais l'international le sauve. Le sauve dans le sens où son socle de popularité entre 25 et 30 %, ce qui est faible, mais ce qui n'est pas non plus ridicule, Ça correspond à son score de l'élection présidentielle du premier tour. Il avait fait quasiment 28%.
C'est l'international qui lui permet d'enclencher ce que j'appelle une logique de distinction. C'est les Français qui nous disent, bon, on ne l'aime plus trop, mais c'est le seul qui peut parler à Poutine, c'est le seul qui peut agir international. Il est à sa place.
La fameuse phrase « for sure », ce qu'il a fait, s'opposer à Trump, ça a énormément marqué les Français, et plutôt positivement, et ça s'inscrit dans un contexte particulier. Il n'a rien à voir avec un François Mitterrand ou un Jacques Chirac en fin de mandat, fatigué, usé, qui était très silencieux dans leurs dernières mois ou semaines de mandat. Ils laissaient la campagne présidentielle se dérouler.
Est-ce qu On peut imaginer un président Emmanuel Macron complètement silencieux pendant la campagne. Je n'y crois pas. Il sera à mon avis actif, pas au cœur de la campagne, mais il sera présent, un peu comme la statue du commandeur.
Et puis l'international désormais intéresse beaucoup plus les Français que par le passé. Parce que les Français ont compris que ce qui se passe, et ils ont vu, ils ont même payé pour voir, que ce qui se passe en Iran, ce qui se passe en Ukraine, ce qui se passe n'importe où dans le monde pourrait avoir un jour un impact sur leur vie. Je pense à la crise du carburant, je pense à l'énergie, et donc le président, il n'y a pas ce phénomène de démonétisation et de « on tourne la page de Macron ».
Par international, il est toujours présent dans l'esprit des Français, même si je le répète, c'est un président qui finit son mandat dans une certaine difficulté, avec des propos, des inquiets qualitatifs plutôt très durs sur son bilan, notamment sur la dette et sur la réforme des retraites, tout ce qu'on peut dire. Il y a vraiment une dissociation saine intérieure, saine extérieure sur lui. L'international, il est à mettre au crédit d'Emmanuel Macron.
Est-ce qu'il restera comme celui qui a défendu la place de la France dans le monde, qui a aussi poussé pour une Europe puissance face notamment aux Etats-Unis de Donald Trump ? Dans son bilan, qu'il va tenter maintenant dans la dernière année qui reste, nous sommes le 5 mai. Dans un an et quelques jours, une dizaine de jours, il quittera l'Elysée.
Après 10 ans, et d'ailleurs Frédéric le laissait entendre, il avait fait une entrée complètement inédite à l'Elysée. Son âge, sa campagne, le paysage politique...
Il essaye de faire une sortie inédite mais elle l'est du fait de son âge. Il aura 49 ans, n'a rien à voir avec effectivement les et deux autres présidents, après le général de Gaulle, qui ont fait deux mandats consécutifs, c'est-à-dire Jacques Chirac et Mitterrand, parce qu'il a 49 ans. Il n'est pas atteint physiquement, comme l'étaient ses deux prédécesseurs.
Donc il a 49 ans, il va défendre son bilan parce qu'il peut éventuellement imaginer de revenir. C'est ça qui fait le caractère inédit d'Emmanuel Macron quand il quittera l'Elysée dans un an et c'est vrai que sur son bilan, il va maintenant s'attacher à le réhabiliter, à le défendre et même à l'améliorer, il l'a dit il y a quelques jours. Il me reste un an.
Ce serait quand même stupide, pas exactement les mots, mais c'était l'intention, de ne pas essayer de rectifier ce que je n'ai pas réussi à dans la dernière année et il y a une chose quand même qu'on peut lui porter à son crédit, c'est évidemment son leadership européen, même s'il a eu des problèmes avec Angela Merkel, avec d'autres leaders européens, il a eu des problèmes avec Angela Merkel, avec d'autres leaders européens, il aura tenté vraiment de construire cette Europe. Ce n'est pas complètement réussi, il y a encore beaucoup de boulot, mais il a été, je crois, de ce point de vue-là, vraiment dans le droit à chemin de ce qui peut nous apporter nécessaire souveraineté, indépendance, plus indispensable que jamais. Donc oui, sur le leadership européen, il aura marqué les esprits.
On va regarder une petite séquence. C'était hier en Arménie, Emmanuel Macron, qui pousse la chansonnette. Il chante La Bohème de Charles Aznavour.
Dans les cafés voisins, les chouques voisins Qui attendent pour l'amour Sous-titrage Société Radio Très belle voix d'Emmanuel Macron, il a peut-être un avenir effectivement à The White, blague à part Frédéric. Qu'est-ce que ça dit ça d'Emmanuel Macron du style Emmanuel Macron C'est un style, bien sûr, en rupture avec ses prédécesseurs. Là, on n'est pas dans l'apparat, l'étiquette des voyages du diplomatique.
Je ne sais pas si c'est un voyage d'État, mais c'est quand même un déplacement. Peu de – C'est un déplacement officiel, oui. – Un déplacement officiel, aussi pour commémorer le terrible tremblement de terre de la fin de l'année 88 en Arménie.
Bon là c'est le clin d en chanson à l'arménien le plus illustre et aux Français d'origine arménienne le plus connu, à savoir Charles Aznavour. C'est vrai que c'est un président plutôt décontracté. Mais est-ce que ça restera pour les Français ?
Est-ce que c'est quelque chose qui marque, qui imprime chez les Français du côté d'Emmanuel Macron ? Alors il y a eu les lunettes de soleil, il y a Emmanuel Macron qui pousse la chansonnette. Est-ce qu'il y a un style Emmanuel Macron qui restera dans l'esprit des Français ?
Je ne pense pas autant que ça. Il y a eu à une époque un style Sarkozy, c'est-à-dire la rupture avec le prédécesseur Jacques Chirac, qui avait parfois agacé une partie de son électorat, un président trop décontracté. On se souvient du footing avec le t-shirt police de New York quelques heures après son entrée à l Elysée, des images qu'on a tous en tête lors de déplacements internationaux.
Je pense que les Français se sont habitués à une forme de désacralisation de la fonction présidentielle. Il y avait le fameux chapeau, une grande chaplière qu'avait porté François Hollande lors d lors d'un déplacement qui avait apparu à certains un petit peu ridicule. Je pense qu'on est toujours dans cette forme de désacralisation de la fonction présidentielle.
Je pense que les Français restent un peuple éminemment politique. Leur mécontentement global à l'égard des Belles-Macrons n'est absolument pas lié à des gestes, à des moments qui sont un peu en décalage avec ce qu'on attend d'un président c'est vraiment sur l'absence de résultats sur la dette, sur la situation intérieure mais je le répète sur l'international son bilan est relativement préservé alors que dans l'écosystème politico-médiatique il y a quand même des propos très durs sur le recul de la France en Afrique, sur la relation avec l'Algérie. C'était la une du dimanche avec Bruno Rotaillot la semaine dernière.
Les Français ne sont pas sur cet aspect qui est plutôt anecdotique et même assez Il était accompagné par le Premier ministre arménien. Donc c'était un duo, c'était hors presse et ça a été effectivement capté. Mais vous dites qu'il n'y a pas de style.
Alors, au plan Au plan national, il y a eu quand même des petites phrases qui ont énormément choqué les Français. Donc c'était quand même un style qu'a voulu imprimer Emmanuel Macron au début de son sur les gens qui ne sont rien, sur traverser la rue pour trouver un emploi. Sur le pot d'or dingue.
Il a pensé pouvoir avoir un exercice du pouvoir de cette façon très familière, très directe. Alors ça lui a réussi quand il a fait le grand débat, mais quand il a fait ses petites phrases à l'emporte-pièce, ça lui a beaucoup coûter parce que ça marque. Maintenant, là, il va entamer une tournée en France et vous allez voir, il va multiplier les selfies.
Qu'est-ce qu'il peut faire justement pendant cette dernière année ? Est-ce que la dissolution finalement a été une erreur qu'il condamne à l'immobilisme durant cette dernière année de quinquennat ou est-ce qu'il a encore des marges de manœuvre ? Alors lui, il n'a jamais pensé qu'il était condamné à l'immobilisme.
Il a à peine pensé que c'était une erreur, la dissolution. En tout cas, il ne l'a pas dit franchement. D'autres le disent pour lui.
Ça, oui, c'est moi qu'on puisse dire. Et les Français en particulier, Frédéric le dirait mieux que moi. Gabriel Attal qui le martèle encore ces jours Non, maintenant, il va s'attacher, vous savez, c'est classique, c'est la tournée des adieux.
Donc, il n'y aura que des dernières qui vont s'enchaîner et lui pense qu'il a, parce qu'il le pense profondément, il pense qu'il peut rattraper et qu'il peut avoir du crédit parce que, naturellement, il a le sentiment que le regard des Français est très injuste sur lui et qu'il a un bilan à défendre. Mais ça veut dire qu'Elisabeth, pour vous, cette dernière année, elle va être consacrée uniquement à la défense du bilan ou est-ce qu'il y a encore des réformes qu'il veut, qu'il peut imprimer ? Il y a notamment la loi sur la fin de vie, il y a l'interdiction des réseaux sociaux aux milliers de moins de 15 ans.
Est-ce que ça, il veut que ça reste quand même une marque ces réformes ? Alors la fin de vie, ça c'est son...
Effectivement, il veut absolument que ce soit fait avant son départ, il en a fait une promesse. Mais à cause de sa dissolution, il ne fait pas ce qu'il veut avec le Parlement. C'est le parlement qui décide.
Et on voit bien que le président, en fait, est-ce qu'il a vraiment un pouvoir ? C'est intéressant, mais il en fait l'expérience. Il a peu de pouvoir pour imposer des réformes.
Il y a des pages d'ailleurs très intéressantes de Bruno Le Maire, dans son livre « Le temps d'une décision » chez Gallimard, où il explique bien à quel point la répartition des pouvoirs aujourd'hui sous la Ve République...
Bon, lui n'est pas pour une affaire de la Constitution, mais...
Et le poids de l'administration fait qu'un président peut peu. Et que le couple, finalement, administration-matignon-président, finalement condamne à une forme d Je laisse la parole à Frédéric, parce qu'il est allé vous rebondir. Ah non, c'est très intéressant ce qu'a dit Elisabeth sur les petites phrases.
Je rappellerai que ces petites phrases n'ont pas commencé lors de son arrivée à l'Elysée. C'est la marque de fabrique de l'homme politique Emmanuel Macron. Son premier média, après avoir été nommé ministre de l'économie par François Hollande et Emmanuelle Valls en août 2014, il va sur Europe 1 et il parle des ouvrières de Gade comme des illettrés, et ceux qui ne sont rien c'était avant son mandat présidentiel donc ces petites phrases ça a donné une impression de parler vrai, de parler cash parfois ça a été soutenu par les français le fameux traverser la rue pour trouver un emploi ça a bien marché ça a bien emmerder les non-vaccinés un petit peu moins, ça a pour autant fait que, par rapport à ses prédécesseurs, c'est un des présidents qui a été jugé le plus déconnecté de la réalité des Français.
Il y a une triple phrase que beaucoup de Français nous ont dit, il ne nous connaît Il y a très récemment une phrase un peu sibylline, je faisais de la politique avant, j'en ferai pas après. On va y venir mais juste Frédéric, qu'est-ce qu'attendent les Français de cette dernière année d'Emmanuel Macron ? Est-ce qu'ils attendent encore des choses concrètes, des réformes de sa part ?
Ou est-ce qu'ils ont déjà, eux, tourné la page ? Non, ils ont plutôt tourné la page. Ils attendent qu'en cas de crise, ce qui a été une de ses forces, le président des crises qui a quand même géré, Gilets jaunes, Covid, Ukraine, crise de l'inflation, etc., même si c'est une crise politique qui lui a fait énormément mal.
Vous en parliez, Elisabeth, cette fameuse dissolution qui a été vraiment un acte, c'est peut-être l'acte le moins bien compris par les Français, tout président de la Ve République compris c'est quelque chose qui a été très fort mais je pense qu'il y a des éléments exogènes qui peuvent s'imposer à lui qui fait qu'il ne pourra pas seulement être sur la défense de son bilan pour une forme de postérité. C'est l'international les éléments exogènes bien sûr mais les français sont maintenant dans une logique un petit peu avec une sorte d'énergie du désespoir, d'espérance d'avoir, ils nous le disent dans nos enquêtes, une belle campagne présidentielle qui permet de faire une sorte de switch, c'est-à-dire de reset, de passer à autre chose, de sortir de la crise politique et parlementaire. C'est plutôt mal parti quand on voit ce début de pré-campagne qui est surtout polarisé sur une offre électorale qui est extrêmement Il n'y a pas de majorité pour faire des grandes réformes, il n'y aura pas de réforme de structure, il peut y avoir deux réformes de société auxquelles il est très attaché, c'est-à-dire la fin de vie et l'interdiction du téléphone en dessous de 15 ans, des téléphones intelligents, smartphones.
Mais en revanche, et puis parallèlement, les Français veulent tourner la page, n'attendant plus rien d'Emmanuel Macron, ils sont plutôt dans une logique de dégagisme. Vous n'avez pas réussi, il y a une dette abyssale, il y a une forme d'immobilisme, le système social craque, l'immigration n'est pas contrôlée, vous n'avez pas réussi, dégagez ! C'est quand même un peu ça, et on va voir dans quelle mesure ils voteront en faveur d'une rupture radicale ou pas.
Mais Emmanuel Macron, au milieu de ça, oui, lui, il va être encore une fois dans la volonté de partir pas avec le goudron et les plumes. Les dernières années de François Mitterrand et Jacques Chirac, celle de François Mitterrand c'était crépusculaire. Le bouquin de péan qui avait créé une polémique énorme.
Il y avait eu l'affaire Mazarine, il y avait eu des tas d'affaires, c'était plus son cancer. Quant à Jacques Chirac, il était confié politiquement dans une forme d d'immobilisme, d'ailleurs que rappelait en permanence Nicolas Sarkozy qui voulait lui succéder. Ça sera un peu différent quand même parce qu'on a un président qui a de l'énergie et qui veut lui revenir malgré le fait qu'il avait dit...
Et il y aura aussi des événements. Il y a des événements qui concernent la vie quotidienne des Français. On parle d'un grand plan d'électrification qui sera annoncé fin mai.
Il y a aussi des événements plus symboliques à portée politique symbolique le 23 juin la panthéonisation de Marc Bloch un 14 juillet qu'on annonce XXL le plus grand jamais organisé pour montrer la force de l'armée française avec également des dizaines de chefs d'état européens ça ça va aussi passer par là la dernière année d'Emmanuel Macron oui c'est un président ça a été dit qui va être président jusqu'au bout qui est très attaché à l'étiquette de la fonction présidentielle à ce côté à cette forme de puissance qui est une arme anti-déclin parce que n'oublions pas la petite musique sur le déclin est réel dans le pays mais l'armée la puissance militaire y échappe complètement dans toutes les enquêtes que l'IFOP peut réaliser quand on demande j'ai en tête une enquête faite pour la Fondation Repère de Sorbonne sur l'attachement à la République. On demande qui est la plus à même de défendre la République. Les valeurs, ce n'est pas le président qui arrive en tête.
Loin de là, c'est l'armée. Donc c'est vrai qu'il va pouvoir s'appuyer là-dessus. Il va présider jusqu'au bout et c'est C'est vrai que même si, comme Elisabeth a rappelé l'épisode Sarkozy, la rupture face au roi feignant, face à l'immobilisme s'agissant de Jacques Chirac, Chirac et Mitterrand ne pouvaient pas répondre.
Ils ont été complètement absents de la campagne présidentielle et quand même beaucoup de...
Ce ne sera pas le cas d'Emmanuel ? Absolument pas. Je n'y crois pas une seconde qu'on ait un président silencieux.
Il ne sera pas dans la joute politicienne de la compétition entre les différents prétendants, mais il sera là pour répondre d'éventuelles attaques il pourra imaginons qu'un événement terrible fondateur par exemple une crise à taïwan avec la chine se produisent et gèle la campagne il va être extrêmement présent ce ne sera pas le président sortant Bitterrand 95 Chirac 2007 extrêmement silencieux et étant spectateur de la campagne il sera peut-être pas un acteur à part entière mais il sera quelqu'un il sera un témoin extrêmement actif alors je ne dis pas qu'il va soutenir tel ou tel candidat ça serait ridicule de le dire et personne ne peut le dire ici aujourd'hui alors il sera peut-être là je ne vois pas comme un sniper je le vois comme quelqu'un qui va montrer qu'il peut être président jusqu'à la dernière heure jusqu'au dernier quart d'heure jusqu'à la dernière seconde je pense que quand même Emmanuel Macron il se mêle de tout c'est le problème de la présidence Macron c'est qu'il a voulu tout faire une tentation une il n'est pas le premier à l'avoir vu il va pas du tout être absent de cette campagne il fera pas de meeting il fera pas de déplacement mais on peut pas imaginer une seule seconde qu'il se tienne complètement en retrait dans une neutralité absolue je n'y crois pas du tout et on va écouter ce qu'il disait justement il y a quelques jours de son avenir d'abord j'ai conseillé d'autres présidents après j'étais même ministre et après j'ai voulu changer je me suis dit on peut changer les choses plus fort plus vite et donc j'ai lancé un mouvement politique et puis je suis allé à la présidence voilà mais c'était pour et c'est toujours pour faire des choses que je crois pas simplement utile mais c'est me battre pour que, voilà, mon pays et puis notre Europe avancent et puis défendre des valeurs auxquelles je crois. Donc c'est une affaire de passion. C'est pas tellement un plan de car je n'ai pas fait de politique avant et j'en ferai pas après, tu vois.
Il en fera pas ? Oui, alors pour une fois il a pas esquivé la question. On rappelle qu'il était pas en France, hein, il était en visite officielle, c'est des lycéens qui lui parlaient.
Et oui, il dit « Je ne ferai pas de politique ». Mon œil. Non mais, moi je n'y crois pas, vous savez c'est un virus quand même très puissant, on n'a pas trouvé...
Oui puis vous parliez de la marque qui l'a imprimée au niveau européen, est-ce que à défaut de la politique ? Alors déjà qu'au niveau national, il y a des postes. Il peut très bien...
On s'est posé la question est-ce qu'Emmanuel Macron va aller gagner de l'argent, prendre la tête d'une grande entreprise privée, après tout c'est tout à fait noble, ou s'occuper d'affaires public, je pense qu'il sera plus tenté de prolonger cette forme d'influence et volonté de peser sur le cours des choses à une échelle internationale européenne. Effectivement, ça peut être ça. Et puis, vous savez, il y a un goût d'inachevé quand même.
Il ne se retire pas de lui-même. Ce sont les institutions, la Constitution qui l'oblige, qui le contraint mais lui, il n'est pas rassasié, Emmanuel Macron. On a toujours la tentation de revenir pour prolonger ce qu'on a fait quand on a été président de la République.
Ce n'est pas du tout à l'anglo-saxonne. Vous savez, ils s'en vont, ils font autre chose. On n'est pas du tout dans cette logique en France.
Donc Emmanuel Macron, je pense qu'il aura à cœur de revenir, encore une fois, avec la certitude d'avoir l'expérience qui lui permet maintenant de faire mieux que ce qu'il leur a fait. Mais on ne verra peut-être pas tout de suite. 49 ans, vous vous rendez compte ?
Aujourd'hui, il y a deux jours, il y a un candidat qui a 74 ans qui a dit qu'il voulait bien être candidat pour la quatrième fois. Il s'appelle Jean-Luc Mélenchon. Donc oui, il a de la marge Emmanuel Macron.
Il y a un peu de marge. Pour les Français, Frédéric, qu'est-ce que c'est le macronisme ? Qu'est-ce qu'il va rester et est-ce que le macronisme va survivre à Emmanuel Macron ?
Il va y avoir des thèses entières. Déjà, le macronisme, c'est d d'abord un moment où, pour la première fois, ce que la Ve République, les deux partis fondateurs et majeurs ont été éliminés. Ils ont connu ce que j'avais appelé un 42 avril, un double 21 avril, connu en 2017 par Benoît Ah bah il y a quelques années, en 2017. 42 avril puisque ça s'est reproduit en 2022.
C'est vrai que c'est d'abord la, comment dire, la chute de partis nationaux qui prospèrent à l'échelle locale, on a vu aux élections municipales, mais qui sont en grande difficulté quand on voit les enquêtes, de pouvoir revenir sur la scène nationale. Je Je dirais que le matronisme, au début, pour les Français, c'était quelque chose, c'était une forme de pragmatisme, du concret, du souffle, du dynamisme. Et ça a glissé.
Et notamment avec ce fameux terme en même Au début, en même temps, c'était très jugé positivement par les Français. C'était vu comme une forme de pragmatisme. On prend les meilleures solutions.
Ça répondait à un imaginaire. On prend les meilleurs à gauche et les meilleurs à droite, on va prendre un médecin à la santé, un DRH à l'emploi, une sportive au sport. C'était vraiment la composition des gouvernements en 2017 et puis maintenant ça a été vu comme une sorte d'hésitation, comme une sorte de tergiversation.
Et, c'est terrible pour Emmanuel Macron, la grille de lecture, mais il l'a, si je puis dire, cherchée avec cette dissolution du macronisme. C'est une forme d'inaction, de léthargie. Je le répète sur la scène intérieure, pas sur la scène extérieure.
Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on voit les héritiers du Macronisme, c'est-à-dire les représentants du bloc central, Modem, Renaissance, Horizons, personne ne se réclame véritablement d'Emmanuel Macron. Gabriel a été récemment de parler de respect à son égard. Celle qui a également d'Edouard Philippe, mais aujourd'hui...
Alors il dirige le parti présidentiel, entre guillemets, Gabriel Attal. On est bien d'accord. Il marque la rupture avec Emmanuel Macron.
Qui est passé de 300 députés en 2017 à moins de 90-91 aujourd Aujourd'hui, personne ne relève le flambeau du macronisme. Mais soyons honnêtes, en 2007, qui a relevé le flambeau du chiraquisme ? En 1995, Lionel Jospin parlait de droit d'inventaire par rapport aux années Mitterrand, c'est toujours compliqué pour un président en fin de vie politique mais Isabelle a bien dit le saut générationnel le fait qu'il soit si jeune le fait qu'il soit à mon avis quelqu'un qui va être très actif pendant la campagne présidentielle, pas au cœur de la campagne mais en surplomb fait que lui-même on est toujours bien servi Mais la rupture c'est pas nouveau c'est-à-dire c'est pas lié à Emmanuel Macron Emmanuel Macron il avait théorisé Elisabeth pardon la fin du clivage roi de gauche gouverner au centre en même temps l'a rappelé frédéric et dans le même temps il avait pris un engagement c'est à dire à la fin de mois au pouvoir le rn aura baissé est-ce que cette fin du clivage roi de gauche au contraire il a abouti à la montée des extrêmes et particulièrement du rassemblement national c'est un ensemble c'est une combinaison d'inefficacité sur le plan politique et effectivement de de de ce nouveau paysage bloc à trois il va rester et emmanuel macron il avait promis de faire en sorte de faire baisser le rassemblement national il est plus haut que jamais mais qu'est-ce que le macronisme il y avait aussi une promesse sur le fond d'efficacité rappelez-vous ce qui avait séduit les français c'était la promesse que plus personne ne serait assigné à résidence vous vous rappelez et c'est vrai que ça avait raisonné très fort à défaut d'être une vision c'était là du certaine façon une promesse de liberté et d'efficacité et la fin des fractures territoriales et oui mais c'était vous habitez en banlieue vous trouvez un boulot grâce au vtc rappelez-vous le chômage pour les personnes qui démissionnaient.
Il y avait une forme d'innovation dans des dispositifs qui, en fait, se sont heurtés à la mise en oeuvre. Et c'est là où, effectivement, il y a un problème avec l'administration, un président, quand il lance une idée, elle ne débouche pas forcément. Ensuite, vous revenez un an après et finalement, ce que vous aviez promis à l'individu qui était en face de vous, ça n'a pas été mis en oeuvre, mais c'était mal le préparer.
La politique de l'offre quand même restera, parce qu'elle a eu des résultats. La réindustrialisation, oui mais l'accélération. La réindustrialisation, il y a eu une amorce, puis il y a eu le Covid.
Et puis, il y a eu effectivement la baisse du chômage amorcée par Emmanuel Macron. Emmanuel Macron à l'Elysée n'y était pas non plus complètement pour rien. En tout cas, c'était complètement sa conception de l économie.
Et donc, il restera quand même ça. Mais en revanche, sur le plan politique, c'est un désastre si on considère qu'il avait prédit qu'il allait faire baisser le Rassemblement national. Il n'a jamais été aussi fort.
Et c'est une lame de fond très puissante que Frédéric documente, sondage après sondage. Ça vient de très loin. Et aujourd'hui, c'est le premier parti de France qui est promis dans tous les sondages à se qualifier et éventuellement son choix.
Il y a un sondage qu'il a donné, battu par Édouard Philippe au second tour. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, le RN apparaît comme l'alternative. Ceux qui n'ont jamais été essayé.
Et c'est vrai que cette promesse d'efficacité par rapport au clivage par rapport au vieux schéma, le fait de déréglementer des professions. Ça séduit beaucoup de Français, le fait de libérer les choses sur le code du travail. Mais ça s'est heurté aussi aux crises.
Ça a été un président qui est resté président des – Mais tout le président des crises. – C'est vrai, mais lui, elles ont été quand même très successives. Je dirais aussi que son second mandat a été terrible parce qu'il n'a jamais pu montrer d'inflexion, d'élan nouveau entre le premier et le second mandat.
Beaucoup de Français se sont dit qu'il a fait un mandat de 10 Merci beaucoup. Merci, Elisabeth Martichoux, Frédéric Naby d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis.
On se retrouve demain. Très bonne journée.
Emmanuel Macron