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interviewSud Radio — L'invité politique· 14 mai 2026 20 min

L'invité politique Sud Radio - Avec Alexis Corbière, député écologiste de Seine Saint-Denis et co-fondateur de l'Après

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoz. Et cet invité politique, c'est vous Alexis Corbière, soyez le bienvenu dans le studio de Sud Radio, bonjour. Merci, bonjour, bonjour à tous ceux qui vous écoutent. Alors vous êtes, je le disais tout à l'heure, vous êtes rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur la sécurisation des musées. On va donc parler dans cette interview de plein de choses, vous êtes venu en plus avec de la documentation. Mais auparavant, permettez-moi deux petites questions d'actualité très rapidement.

Vous avez peut-être entendu à l'instant la chronique de Noémie Allioua sur à nouveau l'affaire Master Poulet, ou l'affaire des crouspies de ces poulets qui posent problème parce qu'on vient de découvrir qu'il y avait un certain nombre de viandes avariées dans cette affaire qui déchire la gauche. Je suis désolé de vous faire intervenir là-dessus. C'est un peu avec le sourire, mais c'est vrai qu'il y a une fracture de la gauche. Vous vous situez où ? Vous êtes du côté de Karim Bouhamran qui voulait intervenir.

0:56
Alexis Corbière

Vous me tendez la perche sur ce qui est fondamental aujourd'hui, dans mon engagement. Moi, je suis un unitaire, je suis pour que la gauche se rassemble pour l'élection présidentielle. Et il y a des sujets fondamentaux sur lesquels on peut discuter. Si on s'engueule sur le poulet, ça ne va pas. Ceci dit, plus sérieusement...

1:10
Présentateur

Oui, mais ça dit quelque chose, cette affaire.

1:12
Alexis Corbière

Sans faire le normand, je n'ai rien contre les normands, mais vous savez, la question de la malbouffe, c'est un vrai sujet.

1:18
Présentateur

Donc, il avait raison Karim Bouhamran ou pas ?

1:20
Alexis Corbière

Moi, j'ai des enfants, des jeunes qui me disent que ce n'est pas cher. Ok, mais on peut quand même avoir un point de vue qui dit, attention, on n'a pas non plus sous prétexte qu'il y a la crise de faire manger des produits qui sont de mauvaise qualité. Donc, on peut comprendre que le maire d'une commune dise, attention, moi, je préfère qu'il y ait quand même de la nature de qualité. Mais à l'inverse, je dois dire que M. Bouhamran se mettait en scène avec des vidéos, expliquant un petit peu de manière assez viriliste qu'on allait voir ce qu'on allait voir et qu'il allait, comment dire, interdire cet établissement, en a rajouté.

Ce que je veux dire, c'est qu'au-delà du fond, il y avait un côté un peu, comment dirais-je, les pleins pouvoirs du maire qui va interdire, qui a fait une caisse de résonance médiatique. Donc, voilà, surtout, franchement, comme vous l'avez dit, quoi, s'engueuler aujourd'hui, faire les gauches irréconciliables au nom du poulet, c'est pas très sérieux au vu des préoccupations des Français.

2:07
Présentateur

Alors, autre préoccupation des Français ce matin, même si ça va mieux depuis les déclarations de la ministre de la Santé hier, qui nous dit a priori, je parle de l'antavirus, a priori, pas question de porter des masques ce matin. Est-ce que vous, qui êtes dans les arcanes du pouvoir, une question, est-ce que la France est prête si on devait ressortir les masques, est-ce que ça vous inquiète ou pas ?

2:30
Alexis Corbière

Je l'espère, mais là encore, je suis un député d'opposition, je suis pas dans les arcanes du pouvoir. Ce que je vois, c'est que madame la ministre a vanté, notamment, le fait que, à l'hôpital Cochin, c'est un hôpital parisien, nous accueillons les gens qui sont actuellement sous surveillance. Et moi, j'ai envie de dire, au passage, parce que c'est un sujet, attention, l'hôpital Cochin, il est prévu prochainement qu'il soit fermé. On a fermé 5 000 lits.

Donc, ce que je veux dire, c'est qu'on ne peut pas à la fois applaudir et dire, aujourd'hui, bravo, nous dit la ministre de la Santé, elle a bien raison, notre système hospitalier est en train d'accueillir des gens et de nos concitoyens qui sont en difficulté, mais ne pas voir qu'il y a une réduction de notre service public de santé, alors que l'antavirus, sans être trop technique ce matin, c'est les zoonoses, c'est-à-dire des maladies transmises par des animaux, qui est un élément aussi de conséquence des phénomènes d'évolution climatique aujourd'hui. Donc, il faut avoir une réflexion d'ensemble.

Il y aura d'autres épidémies possibles ou d'autres circulations de ce type de virus dans les années qui viennent. Quelles réflexions on a à long terme, au niveau national ou international, pour faire face à ça ? Et là, j'ai l'impression qu'on n'a rien appris de la crise du Covid. Moi, je veux bien me rassurer sur le fait qu'au niveau des masques, on est prêt. Je connaissais beaucoup de petites entreprises qui s'étaient montées suite à la crise du Covid pour fabriquer des masques, qui, depuis, ont fermé parce qu'il n'y avait plus de commandes publiques. J'aimerais être sûr qu'on les fabrique en France. Bon, voilà où j'en suis.

Mais défendons notre hôpital public et comprenons que c'est aussi les dérèglements climatiques qui sont vecteurs d'accélération de ce type de virus.

3:50
Présentateur

Absolument. Point de vigilance sur cette question. Et vous avez raison. Les zoonoses vont se développer sur ce point. Les experts sont assez clairs. Alors, abordons l'un des nombreux sujets. On parlera politique, justement, et de la gauche juste après. Mais d'abord, vous êtes, je l'ai dit, rapporteur de cette commission sur la sécurisation des musées. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ce matin ? Quelle serait la première décision à prendre à la suite de votre enquête et de ce rapport ?

4:17
Alexis Corbière

Alors, indiscutablement, il faut des moyens. C'est peut-être facile de dire ça. Mais il y a eu des conséquences de politique publique qui ont amené à ce que les établissements, aujourd'hui, les musées, n'ont plus tellement de visibilité pour pouvoir investir, parfois, pour des éléments de sûreté, des établissements, des musées. Qu'est-ce que je suis en train de dire ? C'est qu'aujourd'hui, on a une évolution, notamment, des cambriolages. Ce n'est pas qu'il y a plus de vols dans les musées, mais ils se modifient. C'est souvent sous forme de braquage. Alors, évidemment, le point de départ de la commission, c'est le musée du Louvre. Mais vous savez, il y a eu le musée Jacques Chirac en Corrèze.

Il y a eu Paris-le-Mône. Il y a eu Cognac-Gé. Il y a eu beaucoup de cambriolages où les cambrioleurs ne volent plus tellement des œuvres d'art pour la beauté de l'œuvre, notamment, il y a de la porcelaine chinoise qui a aussi beaucoup de valeur sur le marché mondial. Bref, et nos établissements, ils n'ont pas toujours les moyens. Alors, priorité, donner des moyens. Nous, on propose, Rachida Dati avait dit, un fonds de sûreté de 30 millions sur 3 ans. Moi, je suis plutôt d'accord avec le président de la commission de culture qui dit 50 millions par an. Ça permettrait d'aider.

5:14
Présentateur

Mais d'aider comment ? Parce que là, ce sont des chiffres. Je ne suis pas sûr que les auditeurs comprennent. Mais ça veut dire quoi exactement, par exemple ?

5:19
Alexis Corbière

Notamment aujourd'hui, quand vous avez des cyberattaques de donner les moyens à ce que techniquement, il y ait au niveau des établissements des techniciens qui puissent faire face à ce que les sites ne se fassent pas voler des données, à ce que les plans de vidéosurveillance soient véritablement de qualité. Moi, on a découvert, c'est une des enquêtes du ministère de la Culture, que seulement 23% des musées, il y a 1218 musées de France, c'est de ça dont je parle, 616 avaient répondu à une enquête du ministère de la Culture, et seulement 23% ont un plan, on va dire, de sûreté des établissements.

Il y a des établissements, on n'y a pas vraiment réfléchi, il n'y a pas beaucoup de moyens qui sont donnés. Et puis, je voudrais insister sur les personnels, ils sont la clé de tout. Ça a été un problème concernant l'affaire du Louvre ? Je tiens à le rappeler, je vais terminer sur le Louvre, depuis 2012, de 3776 gardiens dans les musées à 3100, ça a réduit, alors que le Louvre, c'est 9 millions de visiteurs, ça ne cesse d'augmenter. Qu'est-ce qui s'est passé pour terminer sur le Louvre ? Le problème du Louvre, c'est qu'en plus, on avait un schéma directeur de sécurité proposé depuis 2021 par le prédécesseur Madame Descartes.

On a perdu 2 ans et 2 ans et demi, sans doute parce qu'il y avait la volonté d'avancer vers un autre grand projet qui s'appelle Louvre Renaissance, voulu par Emmanuel Macron, qui ferait passer le musée à 12, à 15 millions de visiteurs dans les années prochaines, que la présidente directrice Madame Descartes était plus obsédée par la volonté de plaire, complaire au président de la République qu'avancer sur la sécurité du musée. Elle avait prévenu, elle, en plus, sur les questions de sécurité. Oui, c'est ce qu'elle a dit devant les commissions, mais moi j'ai des éléments qu'on a perdus 20 à 27 mois sur des travaux qui étaient préparés, et je pense que...

Ce que vous nous dites ce matin, c'est quand même que les éléments étaient connus. Ah ben ça, il y a eu deux rapports, ça c'est la presse qui l'a dit, moi le célèbre rapport Van Cleef et Harpel, ça avait été demandé... Oui, mais je fais plus confiance à votre rapport. Non, non, mais c'est validé, vous savez, la presse travaille bien aussi, j'ai pas de problème avec ça. Qu'est-ce que c'est que je propose, notamment sur les grands établissements, et peut-être qu'on abordera un autre sujet, ce qui fera écho, c'est qu'on cesse les nominations par le président de la République, c'est l'article 13 de la Constitution... Ça c'est l'une de vos propositions fortes.

Oui, que ce soit les conseils d'administration qui nomment les présidents directeurs de ces musées, et pas le président de la République, parce que ça amène, si c'est le président de la République qui nomme tel ou tel président du Louvre, évidemment, le président du Louvre veut d'abord satisfaire aux grands gestes présidentiels de son quinquennat. Ça n'empêcherait pas forcément le directeur du Louvre de plaire au président de la République. Mais cher M. Cardoz, oui, ça n'empêcherait pas, mais si c'est le conseil d'administration, avec notamment des représentants du personnel qui sont là, le président est plus à l'écoute de son conseil d'administration.

Et moi j'ai vu pendant mes cinq mois d'enquête que ce sont des champs d'enregistrement aujourd'hui, ces conseils d'administration, que le président du Louvre rend directement des comptes au président de la République, et même le ministre de tutelle de la Culture, il voit passer les points, et c'est pas vraiment lui qui décide. Moi je considère qu'il y a là quelque chose qui est fondamental. Il faut re-républicaniser, j'ai envie de dire.

Je prends un exemple, ce qui m'a amusé, moi je suis un républicain jusqu'au bout des angles, en Espagne, en Grande-Bretagne, où c'est des monarchies constitutionnelles, eh bien le British Museum, le musée du Prado, c'est les conseils d'administration, c'est plus collectif que ce qu'en France, ça passe pas. Franchement le président de la République, il a autre chose à faire que nommer les directeurs d'Etat, et nommer les directeurs de musée. Donc ça aussi c'est une mesure qui crée un cercle vertueux d'écoute au niveau de nos établissements.

8:21
Présentateur

Alors également, dans ce que vous demandez, on a entendu vous demander beaucoup plus de moyens pour les 1200 musées de France, d'éviter aussi d'avoir recours aux contractuels, d'améliorer l'attractivité de ces métiers.

8:34
Alexis Corbière

31% dans les musées parisiens sont des contractuels, des personnels. Et les gens, on confise qu'on a de plus précieux à des travailleurs qui sont les plus mal payés, 1400, 1600 euros, avec des gens assez âgés aujourd'hui, plus de 50 ans, 50% à plus de 50 ans. Donc c'est des métiers qui sont fatigants, il faut travailler à la formation, il faut créer aussi du mouvement au cours de la profession. Si vous voulez, on est attaché au musée. Et puis c'est une richesse française.

Mais bien sûr, vous avez vu, quand le cambriolage du Louvre, on en a parlé dans le monde entier, Georges Clounet l'a commenté, les Français se sont sentis blessés par ça, parce qu'on est un pays très politique, où on aime l'histoire. Donc ce que vous nous dites, c'est qu'il faut savoir aussi protéger notre patrimoine,

9:08
Présentateur

c'est une façon de protéger notre patrimoine.

9:10
Alexis Corbière

Voilà, il faut savoir protéger nos patrimoines, il y a des nouvelles menaces aujourd'hui qui ont lieu, de nouveaux types d'attaques. Les directeurs des musées sont des gens formidables, si on ne leur donne pas les moyens de faire face, qu'est-ce que c'est que j'ai vu aussi ? C'est qu'ils ont retiré certaines œuvres, suite au cambriolage du Louvre, qui sont dans des coffres, parce qu'ils se disent, moi je n'ai pas les moyens d'assurer la sûreté, on m'a dit que c'était ça particulièrement explosé, je retire. Et ça, pour vous, pour moi, pour ceux qui visitent les musées, c'est vraiment dommage.

9:31
Présentateur

Et par capillarité, vous proposez également que les nominations des directeurs de théâtre nationaux ne soient plus à la main du président de la République, pour quelles raisons ?

9:37
Alexis Corbière

Des musées nationaux, je viens de le dire. Des musées nationaux. Parce que je veux ce cercle vertueux, ça n'est pas normal qu'il y ait une espèce de monarchie présidentielle qui fait que, pour quelles raisons, quand on vote pour quelqu'un, vous, moi, ceux qui nous écoutent, honnêtement, est-ce que le président a les compétences de nommer un directeur de musée ? Il a autre chose à faire. Et puis si c'est au niveau du conseil... Ça ne devrait pas être politique, en fait, c'est ce que vous nous dites, c'est que ça appartient... On vote qu'il y ait des candidats qui ont lieu sur la base d'un projet, et en fonction de ce qu'il y a de mieux, de la vision.

Je suis incapable de vous dire pour quelles raisons Mme Descartes, c'était l'ancienne directrice du groupe, a été remplacée, c'est le seul monsieur Léribot qui était à la direction des Château-Brasse, a été choisi. Je le connais, c'est un homme compétent, mais sur la base de quel projet ? Je n'en sais rien. Pourquoi ? Et ça, ce n'est pas transparent aujourd'hui, par exemple, parce qu'on pourrait imaginer que ce soit retransmis. Pourquoi pas ? Qu'il y ait plusieurs candidats, qu'il y ait des projets. Avec un vrai projet.

Moi, je propose que les commissions parlementaires soient sollicitées, je propose qu'il y ait deux parlementaires au sein des conseils d'administration, de la clarté pour qu'on dise, voilà, M. Cardoz est candidat, M. Corbière est candidat, moi j'ai tel projet, vous voyez celui-là, puis après on se dit, voilà, vous êtes choisi parce que vous avez une vision qui intègre en plus la question de la sûreté, parce qu'elle était très secondaire, cette question-là.

Souvent, c'était la fréquentation qui était jugée comme un critère, fréquentation avec souvent le projet, en plus on va augmenter le prix d'entrée pour pouvoir faire des recettes, notamment pour porter des projets comme l'Ouvre au Renaissance. Moi, je suis pour une vision beaucoup plus collégiale, collective, et qui intègre la défense de notre patrimoine.

10:55
Présentateur

Et ça doit vous amuser également lorsqu'on fait le parallèle avec la commission d'enquête sur l'audiovisuel public et les conflits d'intérêts, puisque l'une des propositions de Charles Aloncle, votre collègue rapporteur si je puis dire, eh bien, lui, il préconise la nomination des dirigeants de l'audiovisuel public par l'Elysée, mais avec contrôle du Parlement. C'est exactement ce que vous venez de nous dire sur les musées, finalement.

11:12
Alexis Corbière

Non, non, non, non, alors lui, il y a des accords sur le coup c'est piquant, c'est que lui va dans le sens inverse de ce que je propose. Lui propose de revenir avant 2013, je crois, et que ce soit en dernière analyse, ça n'est plus le cas aujourd'hui, que le président de la République nomme celui qui serait le PDG de France Télévisions. De France Télévisions.

11:29
Présentateur

Mais ça va dans le même sens, c'est l'idée d'une transparence avec un contrôle par le Parlement, quand même.

11:33
Alexis Corbière

Non, non, non, mais là, il y a de la transparence au niveau de l'ARCOM, c'est collectif, à l'heure actuelle, il y a un vote qui a lieu. Tout le monde voit bien qu'un service public, c'est pas la même chose qu'une télé publique, c'est pas la même chose qu'une télé d'État. Franchement, ceux qui nous écoutent ne sont pas des naïfs. Si c'est le président de la République qui nomme celui qui est le directeur de France Télévisions, il y aura un lien politique très fort et de dépendance possible. Faut pas jouer avec ça. Je pense que nous avons besoin, et par ailleurs les Français, puisqu'on parle de ça, plébiscitent malgré tout les médias publics, 30% de part d'audience.

Bon, qu'il y ait de la gap J là-dedans, je veux bien, mais il y en a partout aussi. Et des conflits d'intérêts. Des conflits d'intérêts, mais... C'est ce qui ressort du rapport. Enfin, des conflits d'intérêts. Vous savez, on a beaucoup glosé sur les salaires mirobolants qu'il y a au sein des services publics. C'est beaucoup plus important à TF1, à M6, etc. Mais c'est dans le privé. Je n'ai pas entendu M. Alloncle demander dans les entreprises qu'il n'y ait pas d'écart de salaire. Mais c'est dans le privé. Comme moi, je propose ça. Oui, mais alors, attendez, c'est dans le privé. Mais en quoi ? Alors, quand c'est dans le public, un des écarts...

12:24
Présentateur

Parce que le public, c'est l'argent des Français.

12:26
Alexis Corbière

Oui, mais il n'est pas particulièrement... Je vous signale que nombre de médias aussi perçoivent des aides publiques. Mais je ne vois pas où est le problème. Ça n'est pas vrai que le salaire de la présidente de France Télévisions, qu'il y a un écart de 1 à 7 par rapport au salaire moyen de l'entreprise. A TF1, c'est 1 à 28. Donc, ce n'est pas ça le problème.

12:42
Présentateur

Alors, on a beaucoup de questions et malheureusement... Après, si il y a du gaspillage, combattons-les. Oui, oui, bien sûr. Alors, à propos de gaspillage, justement, passons au carburant qui intéresse beaucoup les auditeurs. Depuis le début du conflit en Iran, les recettes fiscales de la vente de carburant sont en retrait de 105 millions d'euros, selon Matignon. Qu'est-ce que vous vous demandez ? Une mission flash ou une commission d'enquête également sur, plus généralement, la question des super-profits ?

13:06
Alexis Corbière

Oui, il y a un sujet qui est que le groupe Total a réalisé pour le premier semestre des super-profits de l'ordre de près de 5 milliards d'euros. Vous, moi, tous ceux qui nous écoutent et ce matin, on va aller à la pompe, il est hors de question qu'il y ait des profiteurs de guerre. C'est-à-dire qu'il y a un effet d'aubaine pour des grands groupes comme ça. Donc, le 17 juin, je crois qu'il sera auditionné par la commission des finances, M. Pouyanné, pour venir nous expliquer. Parce qu'en plus, M. Lecornu est monté au créneau, mais il paye des impôts en France. Mais vous pensez qu'il y a des profiteurs ? Mais oui, oui, du moins, il faut le savoir. Mais qui ?

Je vous ai dit, attendez, leur profit a augmenté par rapport... Total fait la plupart de son bénéfice et de son chiffre d'affaires à l'étranger.

13:41
Présentateur

Et pas forcément dans la distribution.

13:42
Alexis Corbière

Je ne veux pas vous piquer, mais là, vous récitez bien ce que dit Pouyanné. Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que vous avez vu le système ? Et ça, j'aimerais que M. Pouyanné, ça l'explique devant la commission des finances, si ce que je dis est vrai ou pas, parce que c'est ce que nous dit la presse. Il nous dit que c'est des profits à l'étranger. Qu'est-ce qu'ils font ? La Suisse, la filiale suisse de Total, achète notamment du carburant et le revend à la filiale française. Donc, vous dites qu'il fait des profits à l'étranger. C'est-à-dire qu'en fait, il y a un effet d'aubaine où c'est Total Suisse qui fait des profits.

Parce qu'évidemment, il revend beaucoup plus cher à sa filiale française. Bon, il fait des profits en Suisse où la fiscalité est moins importante. Donc, il y a des jeux de vente et d'achat entre différentes filiales pour éviter les impôts, monsieur ? Évidemment, vous croyez que Total, qui a 35 000 salariés en France, ne réalise aucun profit ? Que c'est des généraux donateurs ? Un milliard sur les 6 ou 5 qui sont annoncés depuis le début de l'année. Eh bien, ça n'est pas normal qu'ils ne payent pas assez d'impôts et qu'ils arrivent comme ça à éviter d'ailleurs les dispositifs aujourd'hui fiscaux qui devraient leur permettre de, en plus, participer à des impôts sur les surprofits.

Il y a là quelque chose qui est choquant pour les Français. Monsieur Lecornu, je le répète, je l'ai dit de manière rapide, mais il nous dit qu'il paye 2 milliards d'impôts en France. Non, ce que nous dit monsieur Lecornu, il reprend là le discours de monsieur Pouillet, le discours de Total, c'est qu'il paye des cotisations sur ses salariés. Mais c'est la moindre des choses. Ça, ce n'est pas des impôts de surprofit. Ici, à Sudradeau, vous payez aussi des cotisations. Et les impôts que vous payez, c'est encore autre chose. Donc là, ils sont en train de nous prendre pour des gogos. Et vous voulez en savoir plus avec une commission d'enquête ?

C'est la moindre des choses, pas de surprofit et taxer ces grands groupes. Non, mais là déjà, il y a le 17 juin une audition à l'Assemblée nationale, monsieur Pouillet, qui devra rendre des comptes à la représentation nationale et pour qu'on y voit clair.

15:17
Présentateur

Autre sujet, la primaire, est-ce qu'elle aura lieu cette primaire ? Je le souhaite, mais bien sûr. Attendez, vous avez fait une réunion il y a 10 jours et en fait, il n'en est rien sorti.

15:24
Alexis Corbière

Pourquoi vous dites ça ? Il y a eu un meeting qui a eu lieu à la Bellevilloise où il y avait du monde. Mais vous avez décidé une primaire ? Oui, on avance. Ce n'est pas parce que... Qu'est-ce que c'est qui est en train de se passer ? Vous avez un homme qui est aussi la primaire qui s'appelle François Hollande. Un homme dont, si je puis dire, son nom, son action est quand même voué à certains échecs de la gauche, qui a fait une déclaration il y a quelques jours en disant, suite au débat qui a eu lieu au sein du Parti Socialiste, à ce que dit M. Vallaud, M. Hollande a dit qu'il n'y aura plus de primaire. Ce n'est pas parce que M. Hollande a parlé qu'a fait les gros yeux que ça va s'arrêter.

Oui, mais tout le monde ne la soutient pas au sein du Parti Socialiste. Oui, mais vous savez, tout le monde n'écoute pas Sud Radio, tout le monde n'est pas d'accord avec moi.

15:55
Présentateur

Mais enfin, là, on a un peu l'impression que c'est une fracture incroyable au sein de la gauche, quand même.

15:59
Alexis Corbière

Mais revenons à l'essentiel, parce que les gens s'en fichent un peu de... Non, non, les gens ne s'en fichent pas. Non, non, mais la question de la méthode, elle est d'abord, quel est l'objectif ? Moi, ce que je crois, moi, je suis un homme de gauche. Je pense que, cette fois-ci, nous avons une possibilité, ce que je combats, d'une élection de l'extrême droite à l'occasion de la prochaine élection présidentielle. C'est un vrai danger. Si nous y allons diviser, nous risquons de perdre, nous risquons déjà de ne pas être au second tour. Et si nous sommes sur une stratégie qui n'est pas délibérée collectivement, on risque d'être en plus ceux qui permettent l'élection de l'extrême droite.

16:28
Présentateur

Quel est l'espace entre Jean-Luc Mélenchon, qui va forcément faire entre 10 et 15 %, François Hollande qui pourrait se lancer, Dominique de Villepin qui est quand même dans la place,

16:36
Alexis Corbière

dont on ne sait pas très bien... Je vous informe d'un truc, Dominique de Villepin, ce n'est pas la gauche. Oui, ah bon ? Non, Dominique de Villepin, je...

16:42
Présentateur

Il est difficile à identifier, à caractériser, non ?

16:45
Alexis Corbière

Certes, mais j'ai du respect pour M. de Villepin. Il ne peut pas prendre des voix de gauche ? On ne sait rien. Et Ruffin ?

16:50
Présentateur

Et Ruffin qui pourrait être candidat également ?

16:52
Alexis Corbière

Oui, alors organisons une possibilité collective de délibérer de sur quel programme on avance là-dessus. Et j'oubliais Glucksmann, bien sûr. Telle ou telle incarnation, qu'est-ce que c'est qu'on veut ? Créer les conditions, d'abord de répondre aux préoccupations des Français. Il faut que la gauche, elle parle sociale, elle parle salaire, qu'elle défend les services publics, que notamment elle soit plus démocratique sur des révisions institutionnelles. On finit avec, on vient d'en parler, cette monarchie présidentielle. Ce programme, on l'a fait en 2024, ça s'appelait le Nouveau Front Populaire, on a fait 9 millions de voix, on est arrivé en tête.

Ce qu'on a fait aux élections législatives, on doit pouvoir le refaire aux élections présidentielles. La seule méthode démocratique aujourd'hui que je vois, c'est cette primaire. Il y a actuellement des gens qui se sont déclarés candidats. On est au mois de mai. Vous verrez, quand on va s'approcher à la fin de l'année, la réalité. Peut-être que des gens qui sont candidats ne le seront plus. Je plaide pour l'unité, sinon nous risquons de perdre.

17:38
Présentateur

On arrive à la fin de cet entretien, mais juste une petite question, parce que c'est l'actualité. Pour finir, on a entendu cette hypothèse avancée par un journaliste de Paris Match, qui sort un bouquin sur l'explication de la fameuse baffe, l'affaire de la gifle, de Brigitte Macron à Emmanuel Macron. Ça s'était passé à Hanoi et tout le monde se souvient de cette image. Il avance l'hypothèse d'un échange de textos avec une actrice iranienne. Peu importe, je n'ai pas envie de vous poser la question sur ce sujet. Attendez, attendez, juste une chose. Est-ce qu'on doit tout savoir de la vie privée d'un président de la République ?

18:13
Alexis Corbière

Non, voilà, moi je suis d'accord avec Mme de Goix qui disait ça tout à l'heure. Regardez par le trou de la serrure, de la chambre du monarque, pour savoir qui couche avec qui, honnêtement, ça ne m'intéresse pas. Et je rêve d'une société politique où, pardon, de la vulgarité, on s'en fiche, on s'en fout. Je veux dire, pour moi, je n'en sais rien, tout ça, ça vende du papier. Fondamentalement, moi je m'intéresse à la politique, les idées, le programme, savoir quel type de relation, est-ce que Mme Macron, etc. Bon, franchement, en plus, on sait très bien qu'on n'en sait rien en réalité. Oui, pour le moment, on ne le sait pas.

18:44
Présentateur

Un dernier mot, Samuel Paty, ce film qui sort actuellement, vous, l'ancien prof d'histoire, est-ce que vous irez voir ce film dont on parle ? Bien sûr.

18:52
Alexis Corbière

Alors, j'irai le voir, moi j'ai été prof d'histoire pendant 22 ans, donc, je veux dire, je me sens, comme beaucoup les Français, mais particulièrement touché par cette tragédie. J'ai lu des critiques qui montrent que c'est une mécanique assez bien faite dans le film qui montre tout ça. Et je pense qu'il faut, là, même si on est un jour férié, penser à tous nos enseignants aujourd'hui, qui font un travail difficile, nécessaire, indispensable, l'expression, la liberté d'expression, l'enseignement qui est là, faire face parfois à des élèves, mais c'est ça qu'il y a de passionnant, qui sont traversés par beaucoup d'idées.

Et le rôle de l'école publique, c'est de convaincre que pour faire société, on doit pouvoir la liberté d'expression, la liberté de critique. Voilà. Et Samuel Paty est un de nos héros.

19:33
Présentateur

Merci infiniment, Alexis Corbiard, d'avoir été l'invité de cette matinale de Sud Radio ce matin. Je rappelle que vous êtes ex-membre de La France Insoumise et cofondateur du mouvement L'Après.

19:45
Alexis Corbière

Voilà, l'Alliance pour la République écologique et sociale, l'après, avec Clémentine Autain et d'autres amis.

19:50
Présentateur

Et vous reviendrez, bien entendu, pour commenter cette possible primaire au sein de la gauche que vous appelez de vos voeux. Dans un instant, ce sera l'heure du grand débrief. Et puis tout à l'heure, bien entendu, la vérité en face. On parlera de ces maires qui sont condamnées lorsqu'ils marient des personnes qui sont obligées, contraintes de quitter le territoire français. Un OQTF marié, l'ancien maire condamné. L'État français est-il impuissant ? Cela fait partie de nos questions ce matin sur Sud Radio. Mais dans un instant, surtout, c'est l'heure du grand débrief. Merci Alexis Corbiard.