Médias en ligne : Blast, Basta ! et StreetPress
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Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 53 %Attaque 36 %Défensif 11 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Quelle est votre caractérisation de votre média et comment assurez-vous son indépendance ?
- 4:00RelanceRéponse directe
Comment concilier engagement et rigueur journalistique ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Quels dispositifs garantissent la fiabilité de vos contenus ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Quels sont vos liens avec les grandes plateformes et leurs algorithmes ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Comment rendre l'espace numérique plus sûr sans restreindre la liberté d'expression ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Avez-vous observé une évolution dans le monde des médias en ligne ces dernières années ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Denis Robert (Blast)Fait
« Blast bénéficie de l'agrément de la commission paritaire des publications et agences de presse. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bon, je vous propose qu'on commence. On attendait Agè Sverren, mais elle va avoir quelques minutes de retard. Donc, sans pénaliser tout le monde, nous allons débuter notre audition de ce jour dans le cadre des travaux de notre mission d'information sur ce que nous avons qualifié des zones grises de l'information.
On aura peut-être l'occasion de revenir autour de cette terminologie. Après avoir notamment entendu des acteurs mélant divertissement, information et publicité, des médias d'investigation et d'enquête ou encore la semaine dernière des créateurs de contenu d'information [raclement de gorge] diffusé sur sur les plateformes, nous recevons aujourd'hui les représentants de de trois structures qui revendiquent une identité forte, souvent en rupture avec les grands médias traditionnels strip press, blast et basta. Bien que vos styles divergent, vos trois médias partagent une même colonne vertébrale idéologique, le le refus d'un journalisme qui contribuerait à maintenir le statut co et votre modèle repose ainsi sur trois piliers fondamentaux.
On aura bien sûr l'occasion d'y revenir à travers vos propos liminaires et et nos échanges qui suivront. une une volonté d'indépendance économique forte avec des des ressources qui dépendent surtout des lecteurs et qui vous tiennent éloigné des grands groupes industriel. Cette liberté financière est pour vous la condition sinéquonome de votre liberté éditoriale.
Deuxème pilier, l'engagement est un positionnement clair à gauche et écologiste avec une posture de contrepouvoir notamment contre les pouvoirs économiques et financiers. Vous vous voyez euh également comme des contrefeu face à la concentration euh des médias. Vous avez un tropisme pour les quartiers populaires, les luttes syndicales ou encore les mobilisations contre les violences policières.
Vous entendez également décrypter l'information diffusée par les chaînes d'opinion en continu pour manifester euh les biais que que vous leur attribuez. Bien entendu, nous aimerions d'abord vous entendre vous-même sur sur la façon dont vous caractérisez votre média, sur celle de dont vous assurez son indépendance et sur la manière dont vous définissez vos sujets d'investigation. Par ailleurs, nous souhaiterions plus particulièrement évaluer la compatibilité entre la recherche de l'engagement et et la rigueur journalistique.
La publication de contenu à la limite parfois du militantisme ne peut-elle pas parfois porter atteinte à cette rigueur ? Avez-vous des questionnements à cet égard ? Et comment vous les abordez ?
Vous vous les avez résolu ? Ainsi, quels sont les dispositifs que vous mettez concrètement en place pour garantir la fiabilité de de vos contenus. Pratiquez-vous le recoupement systématique et le respect du contradictoire et comment gérez-vous la séparation entre l'exposé des faits et leurs commentaires ?
Nous nous interrogeons également comme pour tous les médias numériques actuels sur vos liens éventuels avec les les grandes plateformes puisque vous êtes diffusé sur les plateforme et les éventuelles contraintes que font peser sur vous la nécessité d'être entre guillemets [raclement de gorge] bien traité, je dirais plus simplement d'être visible avec leurs algorithmes. Enfin, notre mission a également pour objectif de trouver des pistes pour renforcer la fiabilité de l'information dans l'espace numérique. Comment selon vous rendre cet espace numérique plus sûr sans sans pour autant restrein de la liberté d'expression ou le droit à l'enquête ?
Est-il nécessaire de faire évoluer un cadre législatif qui n'est plus forcément adapté à la réalité de de vos métiers et en tout cas des des sites sur le enfin des plateformes sur lequelles vous êtes diffusé ? Avant de vous donner la parole pour un propos liminaire, je vous rappelle que un faux témoignage puisque nous sommes en en statut commission d'enquête qu'un faux témoignage devant notre mission d'information dotée des pouvoirs de commission d'enquête est passible des peines prévues aux articles 434- 13 14 et 15 du code pénal. Je vais vous inviter successivement à à prêter serment en levant la main droite et en disant prétendement de dire pardon toute la vérité. rien que la vérité en en levant la main droite et en disant je le jure.
Je vais commencer par vous monsieur Robert. Merci monsieur du roi. Merci monsieur V.
Merci. Je vous remercie par ailleurs de de nous faire part de vos éventuels liens d'intérêt s'il y en a avec le le en relation avec l'objet de notre mission d'information. Il y en a pas.
Merci. Et je rappelle enfin que cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat. Je vais donc vous laisser la parole pour un proposinaire de 5 à 7 minutes et puis après on on échangera très librement avec d'abord nos rapporteurs Sylvie Robert Agnene et et moi-même et puis bien sûr tout toutes les sénatrices et sénateurs qui souhaitent intervenir qui commence parmi vous trois parce que vous êtes très monsieur Robert apparemment vous êtes désigné pour Oui pour oui vous appuyez sur le bouton quand là c'est bon là OK, super.
Euh [raclement de gorge][toux] j'ai préparé une petite note, on m'a on m'a un peu aidé mais je vais je vais la lire et pas trop la lire en même temps. Donc euh c'est important et je suis très content d'être là. C'est la première chose.
Monsieur le président, mesdames et messieurs les sénateurs, donc je vous remercie de de nous recevoir et de me recevoir. Donc je me présente, je m'appelle Denis Robert, donc je suis écrivain, documentariste et surtout journaliste. Et je représente ici Blast, le souffle de l'info en tant que que président directeur général et cirecteur de la rédaction.
Donc c'est une je suis cfondateur enfin j'ai lancé Blast mais je suis pas tout seul enfin on est un groupe d'une dizaine au départ à l'avoir lancer. Je reviendrai la sur les les le lancement les détails et tout parce que je pense qu'on est quel on est très très original dans le paysage à tous les niveaux et on a aussi sans doute un besoin d'explication. Donc Blast est un média qu'on a créé en 2001 avec une idée simple, je dirais presque une nécessité refaire du journalisme libre. dans un paysage médiatique où cette liberté est devenue de plus en plus fragile et contestée.
Nous avons créé blast parce que nous avons constater comme beaucoup de citoyens une défiance croissante à l'égard des médias. Et cette défiance n'est pas un fantasme. Elle est liée à la concentration des médias entre les mains de quelques acteurs économiques, à des logiques industrielles qui ne sont pas celles de l'information et aussi à des formes de plus en plus élaborées d'autocensure.
Euh je je vais d'abord faire une une remarque et une présentation un peu personnelle. Si un type comme moi, euh j'ai 67 ans, j'ai été journaliste pendant presque 15 ans à Libération. Euh j'ai quitté Libération pour écrire des livres euh dont les plus connus enfin pas les les plus vendus mais les plus connus sont ceux qui concernent l'affaire Clearstream où j'ai subi pendant 10 années une procédure judiciaire que j'ai fini par gagner tous mes procès puisque la Cour de cassation a dit que mon enquête bien que descri était sérieuse de bonne foi et servait l'intérêt général.
Il y a une il y a une jurisprudence de la cour de casse qui porte mon nom et le nom de Clearstream et qui qui accorde une plus grande liberté aujourd'hui au aux journalistes. Donc les les ennuis judiciaires sont terminés pour moi en 2011 et j'ai et je me suis consacré à l'écriture de livres. Donc j'ai écrit une trentaine de bouquins, des essais, des romans, à la réalisation de documentaires.
J'étais plutôt dans un confort à la fois humain, matériel. J'étais heureux d'être sorti de ces galères et euh c'est pas c'est c'est assez étrange pour un pour quelqu'un de aux abords de la soixantaine de se dire euh je me lance dans le combat journalistique, je reviens euh au journalisme au quotidien alors que j'avais décidé d'arrêter. Et si je l'ai fait, c'est euh c'est parce que la situation politique et médiatique du pays m'était personnellement insupportable.
C'est-à-dire je ne pouvais plus dîner avec des amis ou rencontrer des gens en plein mouvement des gilets jaunes alors que les les les le le la la police et le le le gouvernement était aux abois. Il y avait toute une ce que je considère comme des mensonges médiatiques écrits autour de ces gilets jaunés. C'est ça qui m'a qui m'a motivé pour refaire du journalisme.
Donc je l'ai fait dans un premier temps. On a fait appel à moi pour relever les les finances d'un média qui s'appelle le média. Et puis ensuite j'ai donc avec avec des une dizaine d'amis lancer blast.
Je fais ce préambule parce que voilà quoi, c'est pas c'est pas Odin pour quelqu'un dans une vie de de choisir de se remettre au combat, de on m'a proposé de faire de la politique, d'entrer dans des partis, de j'ai toujours refusé parce que je pense que je suis le plus utile à faire ce que je fais en ce moment, mais je trouve aussi très utile que vous fassiez ce que vous faites en ce moment. C'est-à-dire qu'on a besoin nous, médias indépendants et médias tout courts, d'être compris et entendu par par les politiques quoi. Donc je reprends mes notes.
Donc Blast a été lancé donc on a donc voulu construire un média qui ne dépend ni d'un milliardaire, ni d'un annonceur, ni d'aucun pouvoir politique, ni d'aucun syndicat. Blast a été lancé grâce à une campagne de financement participatif. Dès le départ, ce sont les citoyens qui ont rendu possible son existence.
Blast est une société coopérative à intérêt collectif. On appelle ça une skip et une ESPI, une entreprise solidaire de presse indépendante. Son indépendance est garantie par ses statuts et l'articulation de sa gouvernance en cinq collèges.
Blast n'offre aucune rémunération à ses socies. Toute est réinvestie dans l'outil de travail. Depuis son lancement, Blast bénéficie de l'agrément de la commission paritaire des publications et agences de presse.
Ce qui éteste que nous répondons au critères d'un service de presse en proposant un contenu d'intérêt général, un travail journalistique et une régularité de publication. Aujourd'hui, Blast, c'est 6118 sociétaires. Ça c'était au moment de l'assemblée générale de juin dernier.
Aujourd'hui, on a dépassé les 7000. blast, c'est à ce jour 33625 abonnés. Nos abonnés sont un peu notre faire de lance quoi.
Euh c'est 4500 dons en moyenne par mois. Et après, si on rentre dans les dans les chiffres des abonnés, c'est en en donc en l'espace de presque 5 ans, c'est 1640000 abonnés individuels sur YouTube. Blast, c'est 2212 vidéos disponibles en accès gratuit sur YouTube et sur notre site [raclement de gorge][toux] qui ont généré 456 336364 vues.
Donc je répète 456 millions de vues depuis la création de Blast. C'est aussi 700000 followers sur Instagram. C'est une application gratuite qu'on a qu'on a créé et financé et qui a et qui a aujourd'hui plus de 30000 téléchargements.
C'est également un site un site d'information et on a publié depuis notre création 1764 articles et enquêtes et euh combien de brèves ? à peu près 600 brèves parce qu'on fait des brèves, des des qui sont des des des trucs de moins d'un feuillet inédit tous les jours et qui qui qu'on diffuse sur les réseaux sociaux. Et c'est également parce qu'on nous on oublie souvent 435 podcasts originaux depuis la création.
Donc aujourd'hui, en terme de en terme de de de personnes qui travaillent, il y a plus de 40 euh équivalent temps plein et je crois que le mois dernier, on a fait 102 fiches de salaire. Donc quand il y a les équivalents de temps plein donc et également des chroniqueurs qui sont payés en droit d'auteur, il y a beaucoup d'intermittents et il y a des des des pigistes occasionnels. Euh nos contenus sont accessibles à toutes et tous parce que nous considérons que l'accès à une information libre, indépendante, sérieuse et rigoureuse ne doit pas être réservée à celles et ceux qui peuvent payer.
Et cette idée qui génère une économie du don est souvent compliqué à comprendre pour les gens qui sont pas à l'intérieur de la machine comme moi. Par ailleurs, nous assumons un modèle de responsabilité collective. Ceux qui veulent que cette information existe s'abonne ou font des dons pour permettre précisément qu'elle reste accessible à tout le monde.
C'estàd les gens qui adhèrent à Blast et où ils font des dons, ils le font justement pour ça. Donc c'est un acte un acte généreux. Euh quand je suis allé euh après la le crowdfunding euh voir un banquier pour obtenir un prêt que je n'ai jamais obtenu, on a obtenu zéro prêt de personne.
Le banquier ne ne n'arrivait même pas à imaginer que ça puisse exister et tout le monde nous prévoyait qu'on se plante au bout de au bout de de de quelques mois. et et même moi aujourd'hui, je suis surpris de notre succès qui est assez fulgurant et qui fait que on reste fragile mais quand même cette économie fonctionne et je pourrais m'en expliquer par ailleurs avec des chiffres. Nous avons donc pu euh je donc oui, par ailleurs, nous assumons un modèle de responsabilité collective comme je vous l'ai dit et nous avons pu bénéficier au démarrage du du dispositif d'aide CNC talent en 2022 et 2023 qui nous a bien aidé.
Euh mais depuis 3 ans, aucune de nos demandes euh n'a été acceptée. Euh ça reste enfin c'est ce qu'on peut noter mais ça reste assez inexplicable parce qu' il y a pas eu d'explication sur tout ça, mais on sent bien qu'il y a une sorte de de bouillonnement politique derrière tout ça. En tout cas, on est plus aidé.
Concernant l'aide au pluralisme, nous en bénéficions depuis 4 ans. En 2025, elle a représenté moins de 10 % de notre produit d'exploitation. moins de 10 % parce que j'ai vu qu'on était parfois attaqué dans sur le mode oui vous vous touchez des subventions d'état donc vous êtes pas indépendant c'est 10 % c'est 300000 balles sur sur 4 millions de de chiffres ces aides publiques ont été et sont toujours très précieuses pour nous-mêmes et aujourd'hui notre modèle repose mais notre modèle aujourd'hui repose très largement sur nos abonnés nos donateurs et nos sociétaires.
Nous faisons du journalisme rigoureux et exigeant dans le respect de la loi de 1881, c'est-à-dire des vérifications, des recoupement, une documentation, le respect strict du contradictoire. Moi souvent quand il y a des jeunes journalistes ou des gens qui débarquent, je dis la première chose qu'on fait quand on va une enquête, on va voir la personne qu'on met en cause. On est on est mu par aucune haine, aucune volonté d'en découdre et cetera et surtout on on leur demande ce qu'ils pensent de de ce qu'on fait.
Après, ils répondent ou pas, quoi. Mais c'est c'est sans doute la première des règles, quoi. C'est le respect du contradictoire.
Et donc, on a une une responsabilité juridique pleine et entière. Je dois dire à ce propos, mais je pourrais y revenir et détailler si vous le souhaitez, que que on est l'objet de de de aujourd'hui, il faudrait que je notre avocat euh il y a 14 procédures judiciaires en diffamation contre nous. Euh à ce jour, on nen a pas perdu.
On en a même gagné contre Bernard Henry Lévi par exemple qu'on avait accusé dans un article très documenté d'avoir été le le réceptionnaire d'une subvention de 9 millions d'euros du Qatar. Il a il a hurlé au mensonge, à la calomnie. Il nous a attaqué en première instance.
Il a perdu appelle, il a perdu en cassation. Euh, il a promis qu'il y allait. Il y est pas allé.
Il s'est dégonflé. Et cette information, une parmi d'autres en fait a été très peu reprise et même pas du tout reprise par les médias. même l'AFP n'en a pas fait une dépêche et pourtant euh euh c'est des combats qu'on mène au quotidien contre ces procédures bayons.
Euh donc Blast est né dans le numérique. YouTube et les réseaux sont indispensables à notre développement, à notre visibilité et à la viralité de nos contenus. Ils jouent un rôle de vitrine et nous permettent d'aller chercher des publics très larges et de les amener vers notre site de presse en ligne et donc vers l'abonnement.
Nos contenus ne sont pas monétisés sur ces plateformes. On touche pas centime de YouTube. Aucune publicité non plus.
On n' pas de régie même si un jour peut-être on y viendra mais pour l'instant on a on n pas touché un centime de publicité. Cette dimension numérique crée une dépendance au gars femmes qu'il faut appréhender avec lucidité. Pour y répondre, nous avons fait des choix.
Tous nos contenus sont accessibles gratuitement sur notre site de presse blast-info.fr. Ils sont disponibles sur [raclement de gorge] notre application gratuite et diffusé aussi sur des plateformes indépendantes comme Mastodon et Pierre.
N'ayant pas de paywall sur notre site de presse en ligne, nous devons créer de l'engagement auprès de notre audience. Nous travaillons activement à cet engagement via des newsletters, via des partenariats avec d'autres médias, l' street press qui est ici via des festivals, des projections, des débats. Notre public est transgénérationnel.
Ceux qui s'abonnent ont aujourd'hui entre 35 et 65 ans. Mais il est essentiel de parler aussi aux plus jeunes et nous devons nous adapter à leur comportement et aller là où ils sont. Il y a plusieurs journalistes à Blas qui ont moins de 25 ans et nous adoptons [raclement de gorge] et on a un public très jeune aussi qui nous qui nous écrit mais qui nous nous finance assez peu mais ils sont fauchés, c'est assez normal.
Et nous adaptons nos formats pour les réseaux sociaux sans jamais renoncer à notre exigence. Il y a là un enjeu majeur d'éducation dans l'information pour le public plus jeune. La zone grise, puisque c'est le terme de votre commission d'enquête, on pourra en parler tout à l'heure, elle est pas elle est elle est pas le faite de blast ou des médias indépendants parce que nous on respecte les règles du journalisme.
On fait d'abord du journalisme. Donc on est on est des combattants des des zones grises. Cette zone grise, elle est plutôt dans la désinformation, dans des contenus non vérifiés, dans des productions automatisées et dans certains dispositifs d'influence, d'influenceurs et de militants politiques.
Je pourrais m'en expliquer assez facilement. Et c'est là qu'il y a un vrai danger démocratique. Le sujet n'est pas seulement dééruler, c'est de restaurer la confiance.
Et cette confiance passe par l'indépendance réelle des médias, la transparence et un lien direct avec le public. Aujourd'hui, c'est un combat que nous menons à Blast au quotidien. Je vous remercie de m'avoir écouté.
J'ai peut-être été un peu long, j'en suis désolé. Merci monsieur Duoi pour Basta. Oui, bonjour.
On a presque plus rien à dire maintenant. Voilà. Euh bah merci de votre alors je sais pas si on peut dire invitation ou convocation mais et puis de votre de votre introduction qui résume bien les débats.
Alors rapidement enfin donc moi je suis Yvon Duois, je suis cfondateur et rédacteur en chef du média en ligne Basta. Je suis journaliste depuis une trentaine d'années maintenant et pour faire rapidement le la petite histoire, Basta s'est créé donc fin 2008. Donc c'est un des premiers pur players comme on appelle les médias en lig qui se sont créés exclusivement en ligne.
Et tout de suite on a adopté le modèle de ce qu'on enfin de ce qu'on appelle un média prix libre. C'estàd qu'il est en accès libre, donc il est pas il est pas sur sur abonnement, enfin il est pas fermé euh sans publicité et donc du coup qui dépend principalement des dons de des lecteurs. Donc en fait les leseurs sont invités à participer à des campagnes de dons régulièrement si ça leur et puis de financer le média si ça si s'il leur plaît.
Donc nous en terme de de l'éditoriale, on s'est créé fin 2008 parce qu'à l'époque donc cit une quinzaine d'années, on était un groupe de journalistes qui travaillons beaucoup sur les questions environnementales, écologiques, sur les questions de l'eau, sur les questions des des activités, des impacts des des multinationales, y compris des sur les conditions de travail et on on a fait le constat en tant que journaliste que ces ces sujets-là étaient assez peu traités, voir pour certains pas du tout. Enfin, je rappelle le contexte de l'époque où on parlait encore assez peu d'écologie, assez peu de climat, où ces ces sujets-là étaient tout à fait cloisonné dans la dans les médias existants de de l'époque. Donc voilà, l'idée c'était de d'en parler davantage et de décloisonner ces ces thématiques là puisque il nous on estimait que c'était des thématiques d'intérêt général et qui ce qui est c'est ce qui s'est avéré par la suite vu le la place qu'elles ont prise dans le débat public.
Euh donc j'imagine que sur enfin sur l'histoire de nos médias et sur les questions que vous posiez sur militant ou pas, on y reviendra dans le dans le débat. Moi, je voulais faire un petit une petite comment dire une petite introduction sur la l'intitulé de la la commission sur la question des la des zones grises parce que effectivement je pense qu'il y a une peut-être il y a une confusion parce que comme le leadonis nous en tant que nous on est des médias en ligne. Alors certes on est en ligne, on a pas de de publication papier mais on est comme n'importe quel support de presse soumis au même régime au régime de la presse donc à la loi sur la liberté de la presse de de 1881.
On a l'agrément CPPAP qui répond quand même enfin à certaines exigences et qui a un organe indépendant euh et qui va reconnaître tel ou tel média ses PPAP en fonction de certains critères. Euh en terme de régulation, bah on a notre déontologie professionnelle, notre éthique de travail également, nos nos différentes procédures de contrôle pour éditer un article, vérifier les informations et cetera. Et puis en dépend au dernier recours aussi, enfin on relève du régime général de la presse.
Donc s'il y a des gros problèmes qui se posent, c'est la justice qui en en dernière instance tranche puisque on est soumis aux règles qui encadrent le droit de réponse le cas éfant. On peut être attaqué en diffamation et se défendre aussi. Euh et puis enfin donc voilà.
Donc on de mon point de vue pour nous il y a pas de zone grise parce qu'on est de fait rul régulé, encadré et et contrôlé avec par par la justice le le casant. Euh pour moi, c'est la zone grise, c'est après plus du côté de des diffuseurs de de l'information, c'est-à-dire principalement les ce qu'on appelle les plateformes, les grandes plateformes, donc à la fois les réseaux sociaux, mais aussi les moteurs de recherche qui c'est en gros que ce soit pour je pense pour nos trois médias y compris les autres, c'est par ce biais là que la majorité de l'audience va arriver ou pas sur un article ou sur une enquête, sur une vidéo et cetera. Et c'est là où effectivement c'est euh c'est c'est clairement nébuleux le fonctionnement de ces plateformes.
Et c'est là qu'il y a zone grise sur qu'est-ce qui est considéré par Google, Meta et cetera comme une information sérieuse, rigoureuse, vérifiée, enfin dont le producteur de contenu a été est crédible et et ce qui est du toutvenant y compris de la fausse information ou de l'intoxication manifeste. Et c'est de ce côté-là qu'il y a un problème où tout est mis quasiment égalité. voir pire parce que souvent nous on a on constat on y reviendra j'imagine dans le débat mais depuis 2020 et surtout 2022 que en fait les contenus postés par les médias sur les réseaux sociaux ou référencés sur les moteurs de recherche sont souvent dégradés en terme de de visibilité par les plateformes et leurs algorithmes par rapport à d'autres contenus qui vont être plus polarisants, plus qui vont susciter plus d'indignation, plus d'émotion et et retenir l'attention.
Donc, il y a peut-être un quelque chose dans les propositions, on y reviendra, j'imagine, à à développer, à réfléchir de ce point de vue-là. Euh donc là, je crois j'essaie de faire court et puis j'imagine qu'il y a plein de questions qui vont être abordées ensuite. Merci monsieur Bis pour monsieur le président, mesdames les rapporteurs.
Est-ce que comme ça c'est mieux ? C'est l'autre. Ah !
Ah ! C'est mieux. Super.
Euh monsieur le président, mesdames les rapporteurs, messieurs dames les députés, je voulais d'abord vous remercier Ah, les sénateurs, pardon, [rires] je voulais vous remercier d'abord pour pour l'accueil pour l'accueil et qu'on est temps de de dialogue. Euh c'est important de savoir ce qui se passe sous le capot des médias. C'est un exercice que euh auquel on se plie assez régulièrement à Street Press en allant dans les lycées, dans les collèges, dans les fac pour expliquer en fait comment on fait un un journal.
Euh je trouve ça chouette que vous nous invitiez, vous connaissez cette conversation aussi. Euh pour me présenter, je suis Joe Vice. Je suis le fondateur de Street Press.
Street Press, c'est un média d'investigation, un média de reportage qui a 16 ans maintenant euh qui chaque mois élu par 10 à 15 millions de d'internautes français. La tranche d'âge principale sur street press, c'est des Françaises et des Français qui ont entre 20 et 35 ans. Et on fait tout ça grâce au financement de lectrice et de lecteur qui financent le média avec un modèle du coup en accès libre.
Euh vous avez votre bac en poche, vous pouvez lire Street Press, même si euh votre compte en banque est pas bien fourni. Ça nous permet de de pousser nos contenus euh et de pousser nos enquêtes, nos informations, là où parfois il peut y avoir aussi des fake news. Et on pense que les trous news, les vraies informations vérifiées minutieusement par des journalistes, des rédacteurs en chef, des secrétaires de rédaction, elles doivent être accessibles par tout le monde.
Euh c'est pour ça qu'il y a ce modèle et et comme je le disais qui est financé par aujourd'hui 15500 donatrices et donateurs de de Street Press. Donc avec un modèle en accès libre, prix libre finalement vous n'avez pas de moyens. Vous pouvez lire les contenus, regarder les vidéos, consulter les les les publications, vous abonner aux newslets qui sont aussi gratuites et c'est une partie des lecteurs qui ont les moyens ou la possibilité de le faire qui qui financent le le média.
Euh je profite du titre de de la commission de travail euh qui est les zones grises. Bah peut-être pour vous rassurer, il y a pas vraiment de zone grises à street press. D'abord parce que ben on fait ce travail de transparence comme je disais toute l'année dans les événements qu'on organise avec nos lectrices et nos lecteurs.
Quand on fait ce travail aussi, qu'on est invité à intervenir auprès de public jeune ou moins jeune d'expliquer comment on travaille, comment on gagne de l'argent, comment on le dépense, qui fait quoi dans la rédaction, comment on choisit un sujet, comment on va le traiter aussi toute l'histoire des sujets sur lesquels on travaille qui sortent pas parce que bah voilà, on n pas toutes les informations nécessaires à la publication. C'est quelque chose qui qui revient souvent à Street Press. Et puis aussi, on publie chaque année un rapport annuel qui est une œuvre de transparence.
On pense que être transparent sur comment le média fonctionne, comment il est financé, à qui il appartient, comment les décisions sont prises, bah c'est une manière aussi de gagner la confiance des des lecteurs. Donc ce boulot-là, on le fait toute l'année pour éviter justement les zones grises. Dans tous les cas, je pense qu'une rédaction, ça reste quand même une boîte noire.
On a du mal à comprendre comment on va choisir des sujets, choisir de pas traiter des sujets. Euh mais voilà, on essaie de les rendre les plus transparentes possibles ces ces rédactions en expliquant comment on travaille. L'autre raison qui fait qu'il y a pas de zone grise à street press, c'est que en tant que directeur de de publication du média, bah je suis responsable de chaque ligne qu'on écrit dans le journal, de chaque minute de vidéo qu'on publie sur YouTube, de chaque extrait qu'on publie sur les réseaux, de chaque newsletter qu'on envoie.
Euh et les citoyens peuvent s'en saisir. Vous savez qu'en France la mise en examen pour les affaires de presse est automatique. Donc si vous décidez par exemple que vous voulez attaquer telle ou telle publication pour des par exemple des motifs de diffamation, vous pouvez le faire.
Le juge sera obligé de procéder à la mise en exen et donc il y aura une procédure. Pour ce qui concerne Street Press, on est aujourd'hui à 18 procès qui sont en cours actuellement. Euh plus d'une cinquantaine depuis la création de de Street Press.
Euh sur ces procès, la règle, elle est assez simple. Même quand on gagne les procès, ce qui est le cas dans 95 % des cas, etth et ben on perd. On perd parce que ben les frais de défense sont rarement très rarement remboursés euh au aux rédactions, tout simplement parce que les citoyens doivent pouvoir attaquer.
C'est c'est une bonne chose. Et du coup, par exle si on prend 2024 et 2025, c'est un peu plus de 100000 € de frais de dépense pour notre rédaction. Mais je pense là encore de c'est important de rappeler euh un que c'est le droit de la presse qui s'applique à un média comme Street Press et c'est une bonne chose.
Et deuxièmement, on parlera peut-être après de ce que nous on appelle des procès billons euh parce qu'effectivement il y a quand même un pattern sur qui attaque Street Press. On est souvent sur des édiles qui profitent de la protection fonctionnelle et qui ont des budgets assez illimités par rapport à des petites rédactions comme la nôtre. Dans le temps que j'ai, je voulais vous raconter un petit peu l'histoire de de Street Press par rapport aux questions que vous vous posiez [grognement] en introduction, monsieur le président. euh bah dire comment ça a démarré, pourquoi on fait ça, pourquoi est-ce qu'on a créé un média indépendant, qu'est-ce qu'on met dans cette logique de média engagé ?
Qu'est-ce qui fait qu'on est un média engagé ? Qu'est-ce que c'est un média engagé concrètement ? Euh l'histoire, elle est dure euh et elle est belle.
Pourquoi est-ce qu'elle est dure l'histoire de street press ? Elle est dure parce qu'il y a eu toujours des grosses difficultés à se financer. Quand Street Press démarre, on va voir des banques euh et on leur explique que bah voilà, on a un projet, on a on a déployé ça, comment on va le déployer.
Aucune banque nous fait un prê. Alors, on a trouvé une petite astuce assez simple que je partage aux gens qui nous suivent en direct. J'ai été voir ma banque et je leur ai dit "Voilà, je veux faire des travaux dans ma salle de bain, s'il vous plaît, accordez-moi un crédit à la consommation." Et j'ai obtenu 5000 € et c'est comme ça que le street press démarre.
Je pense qu'il y a un petit sujet sur la sous-capitalisation de médias indépendants, de médias libre. Je donne ce conseil si des gens nous suivent parce que euh bah ça nous a permis de démarrer et c'est beau. Euh mais il y a un vrai sujet de financement.
Euh il y a le sujet des procès, j'en parlais. Il y a il y a le sujet de la pression sur les journalistes. On est une rédaction de 23 journalistes euh qui au quotidien reçoivent des menaces de manière quotidienne qui on reçoit peut-être tous les deux tr mois des menaces d'attentat contre la rédaction de street press. ce qui nous a poussé à déménager, à mettre en place des mesures de protection d'un niveau que j'imaginais pas quand on a démarré le média, des tentatives de docing, donc de divulgation de données personnelles de membres de la rédaction ou de partenaires ou encore récemment des ingérences russes en l'occurrence où on a des hackurs russes qui ont cloné les profils de nos journalistes pour créer de faux médias, pour diffuser de fausses informations qui nous mobilisent et qui mobilise nos avocats.
L'histoire, je disais, elle est dure mais elle est aussi belle. Comme je vous disais, c'est 10 à 15 millions de de gens qui nous lisent chaque mois. Euh une tranche d'âge qui qui renouvelle aussi euh euh la tranche d'âge des des des gens qui s'intéressent auprès de médias d'information politique et générale.
Concrètement, c'est 23 journalistes et vidéas qui sont salariés à temps plein au sein du média et chaque année des des centaines de pigistes, donc de journalistes indépendants, de photographes, d'illustrateurs, d'illustratrices qui travaillent avec nous. Euh je trouve que c'est beau. Euh on a de l'autre côté euh Boloré qui va racheter plein de médias, les mettre à sac, les vider vider ses rédactions de ces journalistes.
Parfois certains euh employeurs qui remplacent les journalistes par des intelligences artificielles avec les résultats qu'on connaît. Je trouve que c'est important aussi de dire qu'on est sur une belle histoire, une histoire de presse où c'est des journalistes et des vidéas qui qui fabriquent cette information. Euh le fait que ce soit en accès libre est accessible à tous, je pense que c'est c'est euh c'est un point qu'il faut noter.
Euh et le financement par la communauté euh de lectrice et de lecteur comme comme on dit aujourd'hui, c'est c'est pas anecdotique. Euh c'est un quelque chose qu'on a mis en place. Nous, on a 16 ans, euh le financement participatif existait pas vraiment fin 2009 quand Street Press démarre où c'était balbuciant, on l'avait pas vu.
C'est quelque chose qu'on a mis en place en 2019 le financement par l'électrice et l'électeur. Donc c'est le combat des des 7 dernières années à Street Press. Euh on on se disait vraiment que qu'un média pour être indépendant et ben en fait la logique c'était qu'il devait être financée par euh euh les gens qui servaient qu'on est au service des citoyens euh dans un média.
Donc c'était important d'aller chercher le financement des citoyens pour financer une rédaction. On s'interdit pas de temps en temps parce qu'il faut aussi boucler le budget d'aller chercher de la publicité qui arrive par exemple sur YouTube et on pourra en parler mais voilà le cœur du financement de strip press ce qui fait vivre les journalistes c'est le les dons des lecteurs qui qui financent le média. Alors, de quoi on parle sur Street Press ?
Qu'est-ce qui fait qu'on ait un média engagé ? Euh, quand on lance le média, on se dit que on n' pas envie d'être un un un un média comme on les voyait beaucoup en 2019, des chaînes d'info qui sont un peu des canards sans tête de l'information qui vont pour certains journaux sortir jusqu'à 300 articles par jour, niêre un média qui va compter les points. On va interviewer les parties prenantes sans forcément aller chercher un regard particulier.
Euh non, ce qu'on voulait c'était créer un média qui change les choses. Alors, on a tout de suite dit, on veut être un média d'impact. C'est quoi un média d'impact ?
Euh on travaille, on fait un travail journalistique et on veut que les chens choses sur le terrain dans la vie des gens. Euh je vous donne trois exemples. Euh les RC dans les quartiers populaires, les guerres entre jeunes comme on l'appelle aussi dans les médias, c'est un sujet qui est traité dans les médias que sous la forme des faits divers.
Or, dans la vraie vie des gens, c'est plusieurs morts par an. C'est des dizaines et des dizaines de familles qui sont dévastées par des gens qui sont pas forcément morts mais qui peuvent être blessés, invalides. C'est des familles qui sont séparées en prison.
Vous avez c cette logique aussi de revanche et de vengeance. Et on n pas de politique publique en France sur ce sujet. On a une micro une gestion microlocale de ces sujets et et même sur les territoires, les gens ont pas d'outil de prévention.
La 2020, on a sorti une série avec le service public qui s'appelle Rick. La première saison on l'a ressorti en 2022 autofinancé par Street Press. C'est là on travaille à l'écriture de la 3e saison de cette série.
Quand on fait ce travail-là, c'est une série qui fait plus de 100 millions de vues euh sur YouTube et les réseaux, mais c'est aussi des centaines de projections dans les collèges, dans les PJJ, dans les établissements pénistentires, dans les maisons de quartier. C'est des outils pour les travailleurs sociaux qui ont un contenu journalistique qui leur permet de faire de la prévention et peut-être si c'est possible de changer les choses. Quand on fait de l'enquête à Street Press, si on prend deux trois exemples, quand on travaille sur par exemple les violences policières et le racisme dans les sous-sols du tribunal de Paris, c'est un sujet d'intérêt majeur.
Notre but c'est d'abord de sortir l'information, d'aller chercher le lanceur d'alerte, de raconter l'histoire mais mais après ce qu'on attend, c'est que la justice se saisisse de ce sujet. Bah pour que ces violences, ce racisme, ces agressions dans les sous-sols du tribunal de la capitale de la France s'arrêtent et cessent. Quand on travaille sur un harcèlement raciste euh à la ville de Paris, ben on fait ce travail là d'enquête, on le met sur la table et on attend que la justice saisisse là encore du sujet, que l'employeur fasse aussi son travail.
Quand on travaille sur le sexisme par exemple dans les maisons de disque ou dans l'industrie du rap ou dans la restauration rapide, et ben on va attendre des changements concrets et je termine sur ça. Par exemple que bah McDonald's quand on sort notre enquête sur cette chaîne de de de restauration rapide, bah que l'obligation du port de la jupe pour les femmes, on parle de 2022, l'obligation du port de la jupe pour les femmes, bah soit retiré par cette structure. Donc le but à chaque fois c'est enquêter, délivrer des informations, le faire avec minuci et rigueur mais que dans la réalité des gens les choses changent.
Donc un média engagé bah c'est se faire ce travail là de raconter. Alors pour conclure, on n'est pas des politiques, on n'est pas des activistes, on est des journalistes et on fait ce travail là vraiment le plus humblement possible avec toute la chaîne de fabrication d'un d'un journal que qu'on connaît ici. Euh mais voilà, juste pour dire qu'on va choisir nos sujets et contrairement à d'autres chaînes, on va expliquer ce choix de sujet à notre communauté. et faire ce travail là quotidiennement pour que les choses changent.
Merci Sylvie Robert pour le premier question. Merci beaucoup messieurs pour vos présentations. J'aurais d'abord une question un peu générale.
Est-ce que ces dernières années même assez récentes, vous avez observé une évolution dans le monde des médias en ligne numérique ? Est-ce que vous liez ça à une évolution des usages à une autre façon ? de recevoir l'information, de la lire.
Euh en en en résumé, est-ce que euh vous qui êtes journaliste depuis longtemps, vous avez travaillé dans des médias, on va dire entre guillemets traditionnels pour certains d'entre vous, vous avez effectivement euh un travail de journaliste euh engagé. Est-ce que vous trouvez que notre société aujourd'hui dans cet écosystème des médias en ligne évolue et évolue-t-elle dans le bon sens ? Ça c'est ma première question.
Ma deuxième question, elle sera rapide mais en même temps elle est importante parce que je pense qu'elle va entraîner d'autres. Vous êtes tous les trois des services de presse en ligne agréés par la CPPAP. Donc vous êtes, vous l'avez dit très justement euh lié euh à aux lois à la loi de 1881, toutes les respects des règles qui s'appliquent aux journalistes.
Est-ce que vous pensez que le cadre actuel de régulation de l'information dans on va dire dans l'espace numérique devrait évoluer ? Et je le dis d'autant plus que un moment et j'arrête là parce que je pense que ma collègue Agnès va enchaîner. Vous avez dit "Nous, on n'est pas une zone grise.
Évidemment, vous l'avez vraiment justifié, on le savait. Et à un moment, on arrive à l'algorithme, on arrive aux plateformes, on arrive à cet endroit qui pour nous pose problème puisque on va pousser une information, on ne sait pas pourquoi, on va peut-être modifier l'information, on ne sait pas pourquoi. Et c'est à cet endroit-là que peut-être aussi la déontologie que des journalistes que vous êtes peut être questionné, non pas par rapport à vous-même bien sûr, mais par rapport à la réception de ce que de ce que vous faites en matière de production d'information.
Peut-être juste comme j'ai le micro pour pour rebondir sur sur ce qui a changé, je pense qu'on a une une chance et une force aujourd'hui, c'est que on a une palette de une galaxie de médias indépendants avec leur pluralité qui qui sont des médias qui ont réussi à créer un lien direct avec les lecteurs. On est plus sur le modèle des médias mainstream euh qui sont très de haut en bas et on est sur une une horizontalité, une transvertalité qui va qui va recréer de la confiance entre les lectrice, les lecteurs et les médias. Et Dieu sait que dans la démocratie, on a besoin de sources d'information auxquelles on accorde leur confiance.
Donc ça, c'est vraiment pour répondre à la question. Je pense que par rapport à cet écosystème de médias indépendants, euh il faut les protéger. Euh ce sont des petites rédactions, il faut les soutenir et je pense qu'il faut leur apporter cette équité.
Et et je pense que la deuxième question qui est la question des plateformes, c'est moins mon sujet, mais concrètement si on prend les cinq dernières années de Street Press, euh compte TikTok fermé du jour au lendemain sur YouTube, dès qu'un sujet va traiter par exemple euh de violence policière, le sujet va être automatiquement démonétisé. Mais à un moment donné, on est un média et si on doit montrer une violence, elle doit apparaître. Alors, il y a du floutage, il faut pas que ça heurte le lecteur, mais on doit apporter cette information là.
Donc, c'est des sujets qui vont être démonétisés. le fait qu'il soit démonétisé par un sujet mais la conséquence c'est que ces sujets du coup c ces formats vidéos vont plus être suggérés à l'internaute. Donc ils vont être proposé uniquement aux abonnés et en général sur une vidéo la moitié des gens qui vont le regarder sont pas des gens qui sont abonnés à votre chaîne.
Donc si l'algorithme décide que votre format vidéo est démonétisé, à partir du moment où la démonétisation est actée, on va toucher de moins en moins de de de d'internautes. Et du coup, il y a un vrai sujet de toucher l'audience sur des sujets informationnels importants. Quand TikTok décide de fermer le compte de Street Press qui, je vous rassure, a été rouvert quelques jours après, on travaillait sur les mouvements radicaux d'extrême droite qui est un gros sujet d'enquête street press.
On fait attention à flouter tout ce qui peut être symbole d'extrême droite qu'ils vont utiliser dans leur dans dans leur imagerie. Malgré un floutage raté et ben ça va être un un média qui va être bloqué là-dessus. Et pour donner un dernier exemple, notre précédent hébergeur suite à un signalement d'un internaute pour qui un article ne convenait pas a décidé du jour au lendemain de couper l'accès à l'intégralité du site.
Donc on est sur cette logique de plateforme où vous l'hébergeur ou l'internaute ? l'hébergeur. Non, la c'était un grand un grand hébergeur français euh classique euh de de chez qui on est parti.
Mais mais euh mais je pense que le le le sujet c'est euh on a le droit de la presse qui arrive et c'est nécessaire que ce droit de la presse s'applique à nos médias. Et on a aussi toute la logique des plateformes et des hébergeurs qui a sa logique plus anglo-saxonne qui va couper l'accès au contenu au moindre signalement ce qui pourrait un média indépendant d'information est problématique. [gémissement] [raclement de gorge] Oui, pour compléter et répondre déjà à votre première question euh effectivement nous enfin côté basta quand on s'est créé fin 2008 on était une poignée de de pur players et aujourd'hui il y en a des dizaines voir des centaines.
D'ailleurs, je vous invite si vous le connaissez pas à aller découvrir. Nous, on a créé en octobre un une plateforme, un portail qui s'appelle le portail des médias indépendants qui on qui est une une sorte de revue de presse, une sélection d'actualité quotidienne effectuée par un journaliste, pas par de l'IA ni des algorithmes et qui va donner à voir un peu de ce que de toutes les les productions que ce soit de l'actualité, des reportages, des enquêtes, des vidéos et cetera, des podcasts que produisent les médias indépendants euh en France, en en français, euh au niveau francophone aussi et aussi international puisque c'est un mouvement aussi qui se passe dans beaucoup dans plein d'autres pays, l'émergence de ces médias indépendants depuis une vingtaine d'années. Et donc pour répondre à votre question, je pense que c'est c'est signe de de vivacité, de richesse démocratique d'avoir ces médias qui se créent.
Alors, il y en a qui se créent, il y en a qui qui vont vivre 2 3 ans, qui vont pas arriver à s'installer, qui vont mourir. Voilà, il y en a qui qui restent et qui qui grossissent petit à petit. Et euh et après bon, on pourrait analyser les raisons de cette de cette augmentation et amplification de de l'écosystème des médias indépendants.
Je pense que c'est d'abord lié par peut-être initialement [grognement] une enfin moi c'est mon point de vue une crise de journalisme. Ça veut dire que euh parce que c'est par là que j'y suis arrivé, c'est le fait que un un centre de grands médias de part euh comment dire un certain confort, le fait de pas s'intéresser à certains sujets et cetera, voilà commencez à vous enfin ne traiter plus de de certains sujets d'intérêt général. Donc donc je pense que ces médias indépendants là en émergant on ont on ont comblé ce un vide qui qui existait dans le dans le débat public.
Enfin, je pense aux questions policières notamment, je pense aux questions écologiques aussi euh aux questions de vivence policière. Et après, effectivement le le l'essort du numérique a fait que bah c'était euh c'est un c'est devenu un médium enfin le un support comme un autre he comme le comme comme le papier, la radio ou la ou la télévision pour pour produire de de l'information. Et sur votre deuxème question euh sur la la question de la régulation euh sur la côté média, enfin moi je vous dis franchement je par rapport au système existant du régime de la presse, je vois pas trop ce qu'on peut ajouter ou pas pour nous réguler nous par rapport à la à l'information qu'on produit.
Après, il y a un vrai sujet, enfin pour nous, c'est soit voilà, vous avez si un média fait mal fait mal son boulot, il va il va il va accumuler les plintes en diffamation et les il perdent ses procès éventuellement avoir des amendes, devoir publier des des des inserts pour pour corriger les informations et qui les mauvaises informations qui aurait produit. Donc tout ça tout ça peut être fait euh aujourd'hui. Donc on est responsable vis-à-vis de ça et on est aussi responsable vis-à-vis de notre lectorat. c'est si à un moment donné vous produisez une information de de faible qualité, pas sérieuse, pas rigoureuse, qui est démentie par les faits, bah à un moment donné euh enfin les lecteurs et les vont vont vous lâcher quoi.
Et et par contre sur la côté de la diffusion, c'est que nous on est on est responsable de nos moyens de diffusion, c'est sur les notre site internet, les gens qui vont accéder directement au site internet aller aller lire les articles ou regarder les vidéos via nos sites nour qu'on envoie à nos abonnés mail. Mais après, on n'est pas responsable de ce que va mettre en avant ou la manière dont on vont mettre en avant les plateformes type enfin MTA, Google et ce qu'ils vont sélectionner comme comme type de contenu. Voilà.
Et et ça effectivement c'est totalement nébuleux et c'est une vraie zone grise. Donc je vais je vais enchaîner d'ailleurs avec un je vais démarrer avec un désaccord avec toi Yvan, parce que je je pense que les les médias qui diffusent des mauvaises informations, des fake news et cetera, loin de de disparaître augmente et et pulle et c'est un vrai problème. Donc pour répondre à votre première question qui concerne l'évolution des des médias ces derniers temps, moi je vois un désastre en cours qui est complètement lié à aux oligarques et au au types qui possèdent ces médias et évidemment commencer par Vincent Boloré et puis et puis ce terrain derrière.
C'est-à-dire, on a deux euh deux patrons milliardaires d'extrême droite qui sont vraiment là pour pour amener euh l'extrême droite au pouvoir, quoi. Et c'est d'autant plus glaçant quand on connaît l'histoire et grâce d'ailleurs à un certain nombre de contenu qu'on a diffusé sur Blas que je vous invite à voir parce que c'est assez passionnant. de là, je viens de finir un abécédaire avec Johann Chaputo et Johann Chaputo qui est un historien qui a écrit les irresponsables et sans doute celui qui décrit le mieux la manière dont dont Hitler a été a été amené au pouvoir.
Alors évidemment, dès qu'on rentre sur ce terrainlà, on nous on nous on objecte le fait que oui, mais vous pouvez pas comparer Bardella à le enfin Hitler ou le RN au nazi et cetera. C'est pas du tout ça le le problème. Le problème c'est de rentrer à l'intérieur du moteur et de la mécanique et de voir comment dans ces années 30 de la de la même manière exactement aujourd'hui on laisse faire Boloresterrain et puis qui infuse d'ailleurs sur d'autres.
On on on a vu dans ces années-là que pourquoi le parti nazi est arrivé au pouvoir, c'est parce que un type qui s'appelait Hugenberg, qui était le patron de groupe et qui était un milliardaire de l'époque a petit à petit acheté 1600 journaux en Allemagne, a acheté des des la la société UFA qui était une société de production de cinéma et qui a propagé la propagande nazi faisant des officiers allemands, des héros et cetera. euh à acheter les maisons d'édition et cetera. Et donc on a aujourd'hui pour répondre à votre question parce que c'est une question qui est vraiment d'intérêt général et qui était et qui est très importante parce que euh moi je fais pas le même métier que euh que les gens qui travaillent à CS, qui travaillent au JDD, qui travaillent euh qui travaillent dans dans ces médias là.
Vous allez recevoir Frontière. Pour moi, Frontière devrait devrait pas être autorisé. Je sais pas s'ils ont le s'ils ont une commission mais c'est juste impossible.
Je c'est juste impossible. Non pas parce que euh il diffamment il diffamment. Ils en ont rien à de diffamer parce qu'ils ont derrière un type qui aligne d'échec et qui et qui en a rien à C'estàd que ils peuvent aller raconter sur les plateaux de télé que Bali Bagayoko est un grand primate et cetera enfin caricature.
Ils seront ils seront pas emmerdés puisque derrière Boloré assure et et Vous voulez me poser une question ? Non et revenez bien à votre travail à vous parce que c'est c'est ça qui nous intéresse. On reçoit comme vous l'avez noté de la frontière, on leur posera les questions.
Sylvie Robert disait dit nous interroger sur l'évolution, c'est si vous voulez nous on d'ailleurs plus il y aura de boloré, plus il y aura de fake news de gens comme ça, plus blaste et et et comment dire agglomère des des gens qui se disent "Heureusement que vous êtes là pour lutter contre contre contre ces ces ces gens-là quoi." Donc c'est c'est terrible d'avoir à à à lutter contre ça. J'ai on publie le hasard fait que en venant ici, j'ai je lisais un article qu'on va publier dans les jours qui viennent.
Euh je vais pas vous le lire parce que ça va ça va être trop long, mais ça ça pose bien le problème. Cet article s'appelle 100 % politique sur ces news, une fake news toutes les 4 minutes. C'est-à-dire qu'on a pris une émission d'une heure et de3. ce que ce que fait pas l'arrcom d'ailleurs, ce que fait personne et on on je pourrais si vous voulez je vous je peux développer mais la la chaque 4 minutes, il y a une fake news et pas n'importe quelle fake news hein.
C'est chaque fois des des des mensonges et hontés mais ça passe crème et et et ces gens-là continuent. Alors, il y a des il y a il y a des après on n'attaque pas tout le temps diffamation et cetera, donc il y a une zone la zone grise et la zone brune, elle est elle est elle est vraiment là quoi. On est complètement envahi par ça.
Et et le le l'autre problème, c'est que ces gens-là, je pense à Boloré et à tous ces pseudo journalistes qui méritent pas d'avoir des cartes de presse, infusent dans le service public, infusent aussi parce qu'il y a d'autres milliardaires comme Kretinski, comme Saadé, comme et et puis le service public d'information. On voit bien que aujourd'hui quand France info par exemple a a beaucoup évolué dans le mauvais sens, c'est-à-dire que ils embauchent des gens de CC News et cetera et on a une une on a un glissement vers l'extrême droite et ça ça fonctionne. Donc dans les années 30 et je retombe sur mes pieds quand même, c'est-à-dire que on l'a pas vu venir.
Il faut relire Victor Clemperer, il faut relire tout ça, cette manière dont les les médias, et c'est pour ça que votre commission est importante, les médias rentrent dans le le le cerveau des gens, changent les consciences et cetera. Et alors, je veux bien la question de la régulation, elle est très importante parce que on peut dire parce que moi la la position euh idéal pour pour moi et la plus confortable serait de dire "Écoutez, c'est vrai que il y a les lois de il y a la diffamation, il y a tout ça, euh on est suffisamment protégé et puis moi j'accepte même si les procédures Bayon, on peut en parler mais quand même il y a un réel problème parce que si on laisse faire, on peut se retrouver. Euh alors je dis pas que que le le RN fera ce que ce que ce que les nazis ont fait, mais quand même la mécanique à l'intérieur est la même.
Et quand je lis je lis dans le New York Times un portrait de terrain aujourd'hui qui dit que euh il faut plus qu'il y ait d'avortement que qui lutera enfin je vais pas énumérer toutes les conneries qui dit mais toutes ces histoires de l'islam qui nous pourrit et cetera. quand vous allez, moi j'habite hein, je vais souvent dans un village au bistro, ben c'est ces gens-là c'est ça passe. Voilà.
Et c'est pour ça que le RN il y a il y a des des on est face à des militants, chose que nous on n'est pas moi je suis tout sauf un militant. C'est-à-dire je suis on fait un journaliste un journalisme engagé mais on n'est pas un militant. Et dernier point sur les point sur les algorithmes sur les algorithmes, le problème il est moins sur les algorithmes de de ces de ces de de des gars femmes et cetera que sur la manière dont les les les plateformes euh régulent ou parfois nous censurent avec des attaques de troll avec la moi je j'ai été souvent à blast et des victimes si vous voulez il y a des des moments où vous savez pas pourquoi le le le le la vidéo va être lancée et elle peut faire 500 600000 vues et puis tout à coup ça ça s'arrête mais parce que il y a une une attaque concertée de trolls qui vont nous attaquer sur l'idée de incitation àine à la violence ou alors on va se retrouver soudain interdit au moins de 18 ans.
Donc le programme qu'on a fait sur lequel on a travaillé est censuré. Il y a une vraie censure et un problème qui est pas un problème sur Est-ce que vous pouvez nous dire sur quelle plateforme là en l'occurrence ? Sur YouTube sur YouTube c'était YouTube pardon essentiellement sur Facebook aussi.
Non, on est partout. On est sur Instagram, on est sur euh sur Twitter enfin et cetera. Mais c'est pas le même modèle que vous relatiez là.
C'était sur YouTube nous notre business model entre guillemets, même si on fait pas de business mais quand même c'est la vitrine, c'est YouTube, c'est là où on a 1700000 abonnés. C'estàd que dès qu'on appuie sur le bouton et qu'on envoie un programme, on on touche, c'est des gens qui volontairement se sont abonnés à nous. Et donc on a on a un YouTube, c'est très important.
Alors, on sait qu'on est on est gafam dépendant, mais c'est pour ça qu'à côté, on est sur Mastodon ou sur Pirtube et quand on va sur notre site ou sur notre application, on ne dépend plus de de de YouTube. Mais si YouTube nous censure comme ils l'ont déjà fait, euh on on on est mal, quoi. Donc c'est pour ça qu'on est aussi fragile et qu'il y a une bataille à mener.
C'est pour ça qu'on a on élabore chez nous des des vignettes avec des c'estàd les vignettes c'est c'est c'est les les quand on quand on va sur sur YouTube, il y a une il y a un titre avec une photo et cetera et les gens cliquent. Donc on on travaille beaucoup ces choses-là quoi. Mais je pourrais je veux pas accaparer la parole hein mais je Oui.
C'est vrai prolonger parce que vous avez déjà répondu. Mais c'est vrai que ce qui est intéressant c'est d'essayer de comprendre comment concrètement en fait les algorithmes ont une influence sur la visibilité et la diffusion de vos contenus et euh est-ce que des changements d'algorithmes ont pénalisé ou affecté en fait votre audience ou vos revenus tout simplement. Et deuxièmement, une fois que vous avez choisi vos sujets, est-ce qu'il y a ensuite un processus de validation interne ?
Voilà, je veux pas non plus. Tu veux dire un mot ? On va tourner euh ou là deux questions très différentes euh sur le [grognement] les procédures de validation interne.
Enfin, c'est comme un fonctionnement comme toute rédaction, quel que soit le support papier ou pas, c'est que on se réunit en conférence de rédaction, les différents journalistes, on on discute de nos sujets, que ce soit lié à des à des choses qui se passent dans l'actualité sur lesquelles on a envie de creuser des angles complémentaires, que ce soit des alertes lancées par nos sources ou des contacts et puis et ensuite une fois que le sujet est décidé puis réalisé, alors nous côté basta, il y a différentes étapes, c'est que il y a une édition une première lecture et édition du sujet qui va être faite par la la les corrédacteurs en chef qui sont moi-même et une journaliste qui s'appelle Rachel Knebel. Et ensuite, il y a une relecture par ce qu'on appelle une secrétaire de rédaction qui va qui va qui va relire et aussi rechecker, revérifier un certain nombre d'informations et voilà et pour que ensuite le papier sera publié. Donc il y a quand même un regard collectif et une vérification de les stations si les personnes qui parlent et cetera et voilà et puis on travaille avec des journalistes qui font soit partie de l'équipe soit les pigistes avec qui on travaille régulièrement donc avec qui on est en confiance aussi.
On sait que c'est pas des gens enfin on va pas travailler comme ça sur une enquête avec quelqu'un qu'on connaît pas qui va nous amener des éléments qui ne sortent d'on ne sait où. Donc on vérifie tout ça euh sur la question des algorithmes. Alors euh oui, il y a eu de en 5 ans, il y a eu des des gros grosses des grosses évolutions.
Nous par exemple sur euh enfin sur euh nous aujourd'hui nos nos sources d'audience enfin pour essayer de faire cours, c'est en gros un peu plus de 50 % les moteurs de recherche donc pour arriver sur le site. Euh et les réseaux sociaux aujourd'hui c'est moins tout confondu. Tout réseau social confondu, c'est entre 6 et 7 %.
Il y a il y a 4 ans, c'était 30 % enfin plus d'un tiers de de sources de visite qui étaient lié aux réseaux sociaux principalement Facebook parce que c'est là où on a la plus gros la plus grosse communauté. Donc il y a clairement eu enfin les différentes évolutions des algorithmes ont euh ont rendu nos contenus invisibles. Sur le cas de Facebook, on a par exemple 250000 abonnés à notre à notre page donc qui sont censés euh voir les contenus publiés par Basta.
Si aujourd'hui euh c'est vu par enfin chaque contenu est vu par 5000 personnes, c'est on est content. Donc on est clairement invisibilisé. Et pour reprendre aller dans la continuité de ce que racontait Denis sur la la question des vidéos, nous on a on fait beaucoup moins de vidéo de que Blast ou Street Press, mais depuis un an, on en fait quelques-unes et on a fait un petit une petite vidéo sur raconter l'histoire d'une multinationale de l'armement, enfin en l'occurrence Beretta parce que c'est une entreprise créée au 16e siècle et puis aujourd'hui qui impliqué dans le la question des du marché du marché libre de des armes à feu aux États-Unis notamment.
Et le fait de parler de Berar euh c'est un nous pour le coup c'était sur TikTok ça. La vidéo a totalement été censurée par TikTok alors que c'était un contenu journalistique qui racontait l'histoire de cette multinationale. Donc euh donc voilà donc il y a des choses qui sont totalement incompréhensibles ou nébuleuses sur la la manière dont ces algorithmes fonctionnent.
Sur votre question madame Éverene. Euh comment est-ce qu'on fabrique l'information à street press ? En gros, comme dans une rédaction traditionnelle avec deux différences majeures, on va publier que des informations exclusives.
Si d'autres médias, confrères, consœursœurs ont sorti l'information, on va s'abstenir. On a des moyens qui sont limités et donc on va essayer de concentrer notre temps de travail sur des informations qui sont pas encore dans le débat public, qui sont pas à la connaissance des citoyens. C'est c'est euh ce qu'on se doit comme petite rédaction en terme de nombre. 23 journalistes et vidéastes à Street Press.
Donc on va faire ce travail-là de publier de l'information qui va être exclusive. Et la deuxième différence, ça va être aussi un dialogue avec les lecteurs d'expliquer comment on crée notre hiérarchie de l'information. Qu'est-ce qui va faire qu'un sujet va sortir sur street press ou ne va pas sortir dans tous les sujets qu'on peut être amené à traiter, on va essayer souvent de chercher le regard qui va pas être traité par d'autres médias.
Typiquement, on met un point d'honneur à quand on parle d'assistana dans tous les médias, aller chercher bah quelqu'un qui vit avec le RSA, passer 24 heures dans la vie de cette personne, comprendre, donner la parole aux gens qui ont pas forcément la la parole dans les médias classiques. Et c'est comme ça qu'on va construire notre grille éditoriale. Après sur la vérification de l'information, en général, un sujet ça va être proposé en conférence de services.
Il y a trois services à street press, enquête, société et vidéo. Ça va être rediscuté en conférence de rédaction globale. Il va y avoir un travail en général entre les rédacteurs en chef, les rédactrices en chef, les rédacteurs en chef adjoint et les journalistes qui travaillent.
Vous avez parfois des pigistes qui sont associés à ce travail- là et on va passer du temps avec eux. Et après, vous avez différents métiers qui interviennent, des secrétaires de rédaction qui interviennent une fois que la première copie est préparée et qui vont faire du fact checking sur les papiers avant de les éditer. Mais il faut aussi penser aux iconographes qui vont faire les visuels de l'article, qui vont retravailler les photos, les photographes qui vont travailler.
C'est à chaque fois un article, c'est une création artisanale en réalité. Et c'est ce qui fait le euh le sens pour moi du métier. C'est-à-dire que quand on fait un article, c'est une œuvre concrée, une œuvre journalistique et c'est un un temps de travail qui est minutieux sur la question des algorithmes.
Il y a eu des changements d'algorithmes sur beaucoup de plateformes ces dernières années. Meta l'a fait beaucoup pour Facebook, Xwitter l'a fait aussi. Typiquement, nous notre règle finalement à Street Press, qu'est-ce que ça va être ?
Ça va être de dire on ne peut pas mettre tous les œufs dans le même panier. On ne peut pas être concentré sur une plateforme. On a besoin pour notre souveraineté éditoriale d'avoir un site internet qui est qui est qui nous est propre et sur lequel on maîtrise l'accès.
Et on a aussi les emails, les newsletters qui nous permettent aujourd'hui d'envoyer les articles qui nous semblent importants à notre lectorat à environ 150000 personnes. Ça nous permet de de de passer au-delà de ces changements d'algorithme puisque aussi bien Facebook X ont ces dernières années réduit en fait la portée qui donnait au contenu de média. Et du coup voilà, la règle ça va être d'être sur toutes les plateformes et quand une baisse espérer que l'autre remonte et aussi de travailler en direct avec nos lectrices et nos lecteurs pour qu'ils puissent nous lire euh même si la plateforme change son algorithme.
Michel Logier. Merci monsieur le président. Alors quelques questions très rapides et très directes comme d'habitude.
Déjà je vouis connaître le pourcentage de journalistes d'édaction qui ont leur cadre de presse. Ça c'est la première chose. La deuxième vous dépendez bien sûr des plateformes pour votre diffusion.
Est-ce que vous avez négocié des droits voisins ? Ensuite on a parlé de l'absence de publicité. Alors je voulais savoir si c'est une volonté de votre part ou est-ce que ce sont les annonceurs qui ne veulent pas venir vers votre type de média.
Euh en terme d'audience, vous avez parlé des derniers chiffres, mais j'aimerais savoir par rapport à vos années de exploitation, puisque c'est une exploitation encore même, est-ce que les chiffres sont en évolution, en stagnation, en diminution ? On a parlé aussi de de l'IA. Est-ce que vous êtes tenté par l'IA ou est-ce que vous faites une grande croix dessus pour le moment ?
Ensuite, j'ai deux questions pour Denis Robert. Vous avez dit que vous étiez journaliste à Libération. J'avais savoir si quand vous étiez à Libération, est-ce que vous étiez un journaliste libre ou un journaliste sous-fluence ?
Ça c'est ma question. Et la deuxième, vous avez dit aussi que vous avez hésité peut-être entrer dans la vie politique, que vous étiez très sollicité par des partis politiques. Ben, dites-nous lequel puisque vous êtes ici, vous êtes dans une commission, on aimerait un petit peu tout savoir et puis je terminer par une question un peu plus légère pour monsieur Ve est-ce que vous avez quand même fait vos travaux dans la salle de bain ?
Oui, tout à fait, mais bien plus tard. Allez, on va commencer par les les premières peut-être et on laissera la dernière monsieur. [raclement de gorge] Ouais.
Rapidement sur les journalistes, droit voisin et publicité là sur les les cartes de presse. Euh de notre côté nous on est donc 11 11 équivalents temp plein à Basta. tout le monde a sa carte de presse, sachant que j' enfin tout tout le monde les les ceux qui produisent des contenus journalistiques, donc la la grande majorité de la rédaction, les person enfin une personne qui qui travaille à la au développement, à la communication qui qui ne l'a pas.
Euh mais par contre le la carte de presse c'est pas le sésame de tout journaliste. On peut être journaliste sans avoir de carte de presse et il y a des il y a beaucoup de journalistes qui ont commencé à écrire des articles, à faire des enquêtes sans forcément avoir la la carte de presse et être reconnue comme telle par la la commission de la carte. Donc c'est bien de l'avoir mais c'est pas obligatoire.
Donc il faut pas, je pense c'est un élément sur lequel il faut pas rester non plus complètement fixé pour définir un travail de ce qui pourrait être un travail de qualité journalistique ou pas euh sur les droits voisins de la presse. Alors nous on a on a donc c'est une société publique qui s'en occupe pour le DVP et de de fait nous bah comme chacun ici on reçoit du coup depuis si je ne m'abuse 2022 ou 2023 chaque année un calcul Meta et Google vont calculer ce que ce qu'ils vont devoir à Basta en terme de droit voisin de la presse et on et chaque année on a du coup un petit chèque qui arrive et ça représente moins de 5 % de nos de nos revenus. Donc ça reste assez assez marginal.
Et euh pour la publicité euh c'est un choix euh de ne de ne pas de ne pas en dépendre parce que enfin le problème de la publicité sur internet c'est que nous enfin c'est un truc important aussi vis-àis vis-à-vis de nos lecteurs, c'est qu'on a pas envie de les que quand ils viennent sur le site qui soi qui doivent que leur présenter 137 enfin 137 cookies et partenaires commerciaux. Enfin, que ce soit, comment dire, un pillage des de leur de leur de leurs données privées du fait qu' qu'ils arrivent un sur un site avec plein de cookies qui vont s'activer, qui qui vont ensuite suivre votre parcours internet et puis du coup euh orienter les annonces publicitaires qui vont vous être faites. Nous, il y a aucun cookie publicitaire, il y a pas il y a pas d'annonceur, rien du tout.
Le le la vie privée de des lecteurs est respectée. Euh donc déjà, c'est un premier choix. Et ensuite par mon travail de de journaliste auparavant, j'ai trop souvent vu des remarques par rapport aux gros annonceurs qui existe enfin dans d'autres médias.
Le fait de dire "Ah non, on va pas faire cette enquête sur telle telle industrie de l'automobile parce que l'automobile pour le coup est un des plus gros annonceurs de la presse française et il fallait pas fâcher la les annonceurs. Donc donc ne pas aller enquêter de de ce côté-là. Donc c'est euh comme quoi la publicité enfin la dépendance à la publicité peut être aussi un enfin peut faire perdre l'indépendance éditoriale à à certains titres.
Euh je crois que c'est tout. Ah non, il y a Lia aussi. Euh Lia, nous on s'en sert pas sur le enfin sur le site en tant que tel.
Euh on va chaque journaliste va y recourir potentiellement pour analyser des documents ou euh ou voilà pour peut-être faire faire un premier résumé d'un rapport de 400 pages et cetera. Mais euh mais sinon on enfin on on recour enfin on va recourir pour certains travaux euh journalistiques d'enquête potentiellement mais c'est pas des outils qu'on utilise en tout cas pour le site ou vis-à-vis des lecteurs quoi. Monsieur V les mêmes question journaliste carte de presse euh droit voisin pub euh ouais je vais Oui.
Euh sur les cartes de presse ben 100 % des journalistes de blast ont des cartes de presse. Il y a il y a c'est voilà quoi. puisque une carte de presse, c'est il faut que plus de la moitié de nos revenus dépendent d'une entreprise de presse.
Donc on est une entreprise de presse et même les les les pigistes qui travaillent pour nous et les pigistes réguliers ont une carte de presse après certains producteurs de contenu chez nous et qui font même de grosses audiences n'ont pas forcément tous une carte de presse. Je pense par en particulier à l'un d'eux qui s'appelle pas comtiellement qui fait une série de d'exégèse historique où il a c'est une série qui qui est très connue enfin qui est pas cool mais très connue aussi mais lui il est il est payé en droit d'auteur même si les contenus qu'il fait sont ont un rapport avec le journalisme. Après la carte de presse c'est un vaste sujet sur lequel on pourrait on pourrait parler mais là on n pas le on n pas le temps.
C'est c'est compliqué cette histoire de carte de presse que moi je me souviens de de de type qui était directeur de com ou ou et qui avait une carte de presse alors qu'il faisait de la com mais comme ils sont payés par une entreprise de presse euh on considère qu'ils sont journalistes quoi. Donc ce qui ce qui est il y a des anormalités mais c'est le moins mauvais système pour l'instant la commission de la carte et je remercie d'ailleurs tous ces journalistes bénévoles qui y travaillent et qui nous permettent à nous à nous d'exister. Après, si on commence à mettre le nez dans la carte de presse, à essayer de de la changer, c'est du boulot.
Mais mais mais je pense pas que ce soit en ce moment une une priorité. Euh le le les droits voisins, on on va en toucher cette année pour la première fois parce que si vous voulez Blast, c'est une une sorte de on travaille énormément, c'est-à-dire que et et le le le on invente en permanence quoi. Et il y a plein de choses qu'on sait pas et et les droits voisins, c'est des choses assez nouvelles et on on on y travaille et c'est important.
La publicité, les annonceurs, c'est No way. On n' pas envie d'avoir de la publicité. On nous l'a proposé par contre, mais on s'est dit bon euh d'abord on a pas envie d'être sponsorisé par Coca-Cola ou par BNP Pariba.
Et puis euh le problème qu'on a d'ailleurs sur YouTube, c'est que souvent sans nous le demander, on devrait nous balancer avant un contenu, paf, une publicité. Euh mais c'est pas nous nous on préfère ne ne pour l'instant en tout cas. Après, on réfléchit des fois à se dire "Bah, peut-être qu'on pourrait on fait partie des licornes par exemple ou de ou de sociétés coopératives, peut-être qu'on pourrait s'associer et créer une une régie éthique pour pour être solidaire entre avec des coopératives comme Energic COP ou comme d'autres.
Pourquoi pas dans l'avenir ? Ça peut être aussi un facteur de développement chez nous. D'autant que ces gens-là, ces coopératives ont des ont des millions de de de coopérateurs et que et que moi j'ai envie qu'il connaissent Blast et eux ont peut-être envie que que de de qu'on les aide à faire de la publicité, des choses comme ça.
Sur sur l'évolution de notre chiffre, euh je peux vous dire que donc j'ai de 2021 à 2024 en en en total de produits d'exploitation, c'est pas le chiffre d'affaires parce que le chiffre d'affaires pour nous c'est l'abonnement. Je peux la la je peux je peux vous dire par exemple pour le d'abonnement en 2021 on avait 693556 € d'abonnement et en 2024 on avait 2109110 de de de d'abonnements. Mais pour euh après, il y a les dons.
Donc les dons, c'est important. En 2021, il y avait 600000 € de don. En 2024, on a 90 € de dons.
Après, il y a des subventions. En 2021, il y avait 60000 € de subvention. En 2024, on a 436000 € de subvention.
Mais ce qui veut dire que si je vous fais l'évolution sur le le produit d'exploitation à Blast, en 2021, il était d' 1364000 €. En 2022, il était de 2258000 €. En 2023, il était de 3710000 € et en 2024, il est de il était de de 482000 €.
Euh donc c'est une une augmentation constante et en en 2025, on va dépasser ce chiffre. Et comme là, on vient par exemple d'investir 200000 € pour investir dans un nouveau studio automatisé, des nouvelles caméras et cetera, on a embauché cinq personnes cette année et on est sur un surtout au niveau des enquêtes et des journalistes, on est sur un un programme d'embauche assez soutenu puisque voilà quoi. Mais après, c'est un problème de de de structuration tout ça et euh on peut pas embaucher, enfin c'est compliqué quoi.
C'est pour ça qu'on travaille avec des pigistes. C'est pour ça que comment dire c'est le management d'une boîte comme comme Blast. Moi, je je m'improvise un tout petit peu manager, c'est pas ma nature, mais en même temps, j'apprends.
Il y a une sorte de de à la fois, il faut être rigoureux, mais il y a une humanité à trouver. Et ce qui ce qui moi me me motive, c'est le journalisme. C'est-à-dire que j'ai un un un une envie d'en faire.
Et aujourd'hui, ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est un un tel désastre à ce niveau-là dans les chaînes et dans le y compris dans les journaux que je me dis que qu'on a qu'on a du travail euh sur l'IA. Euh euh on n'utilise pas l'IA ou très peu. Moi je regarde des fois je suis sur chat GPT mais surtout on essaie de pas se faire avoir par les IA.
Et récemment dans mon dernier édito, il y avait une vidéo d'un d'un je sais pas, vous les avez peut-être vu parce qu'elles sont virales. On a un gamin euh dans les dans les années 60 qui qui dit des trucs absolument géniaux et on se dit "Putain, il a ce ce gamin est génial et j'intègre la" et au dernier moment, on a un doute et en fait c'est de l'IA, quoi. C'est-à-dire que on fait croire au même si ça apporte pas gros préjudice, mais c'est d'une d'une grande complexité de pas se faire avoir par l'IA et ça va le devenir de plus en plus quoi.
Donc on on on vérifie un petit peu tout ça et à Blast on a on a on est donc on est à la fois nombreux. On a une confusion de rédaction toutes les semaines. On a deux secrétaires de rédaction, on a un avocat.
Dès qu'il y a un truc qui va pas là il y a trois grosses enquêtes qu'on prépare. Je le montre à l'avocat. On revoit ça ensemble.
On retravaille avec le journaliste. Donc c'est un travail au quotidien. Je suis directeur de la publication donc c'est moi qui me cogne les procès.
J'ai envie de les éviter mais en même temps on est parfois je me dis et je suis comme je vous sil y a un domaine que je connais bien c'est la diffamation puisque Clairstream les banques et tout m'ont m'ont pourri la vie pendant 10 ans. Donc j'ai une bonne expérience de tout ça et je suis un assez bon lecteur et je vois euh des fois la il y a des diffamations qui sont utiles mais enfin et et ça me dérange pas d'aller quand quand je sais qu'on a raison. Euh et avoir raison, ça veut pas toujours dire euh comment dire, ça veut dire qu'on a bien fait notre travail, qu'on a vérifié et cetera.
Mais il y a des il y a des choses sur lesquelles on a on a on peut pas avoir une absolue certitude, mais comme on est de bonne foi, on y va. Et mon rôle à moi de de de directeur de publication, c'est d'encourager ce ce type d'enquête. Et sur la la politique, je je peux vous répondre, ça me gêne pas du tout.
Mais d'ailleurs ce que je peux vous dire c'est que effectivement Blast est un média on va dire qui est une ligne auditoriale à gauche qui est progressiste et cetera et on est évidemment classé à gauche pas à l'extrême gauche parce qu'aujourd'hui il y a des glissements sémantiques qui font que des des parties de je pense à la France insoumise en fait on regarde le programme de la France insoumise c'est c'est moins costaud que le programme commun de de Mitteran et de marché hein. Donc je veux dire le le rapport à le rapport à la gauche à l'extrême gauche, on peut en discuter. En tout cas, moi à titre personnel quand je travaille et j'ai pas un regard idéologique sur le monde dans le dans le village où j'habite qui a 3000 habitants, la mère qui est ma copine, elle est de droite, on s'engueule et cetera, je vote pour elle.
Après euh vous m'avez demandé sur les partis politiques, j'ai été vraiment sollicité par tous les partis de gauche, c'est-à-dire que les écolos m'ont sollicité pour les Européenne. La France insoumise m'a sollicité aussi le PS, j'ai très bons copains au PS de moins en moins d'ailleurs, mais ça dépend où. et et on me on me demande euh on me demande souvent euh de mais j'ai pas un moment c'est vrai qu'à un moment de ma vie quand quand je suis sorti de Clearstream et que j'ai vu l'importance qu' avait l'Europe, je me suis dit je serais peut-être plus utile à aller à aller euh à aller à Bruxelles et et je je dis pas que j'étais sûr d'être élu, mais j'aurais pu puisque mes bouquins avaient du succès, j'étais un peu connu, j'avais gagné mes procès, mais ça a été un cas de conscience pendant pendant quelques jours, je me suis dit j'y vais, j'y vais pas, j'y vais pas et puis finalement j'ai dit non, je vais pas, excusez-moi, me faire chier à m'en prendre.
Enfin, j'ai je trouve qu'il y avait plus de pouvoir à continuer à faire ce que je faisais qu'à aller me battre à Bruxelles. Mais j'ai peut-être fait une erreur. Tu aurais pu rapidement parce qu'il faut qu'on accélère sur quelqu'un j'aimerais voir la réponse à ma question quand vous étiez journaliste à Libé.
Est-ce que vous y étiez libre ou est-ce que vous étiez sous influence ? Micro micro monsieur Robert. Le micro ouais pardon.
Euh j'étais à Libération, je suis rentré comme pigiste en 1982. et j'ai démissionné enfin j'ai quand chargeur est arrivé donc ça c'était en 95 ou en 80 en 96 j'étais [raclement de gorge] super libre mon chef c'était Serge Julie on s'engueulait et cetera euh alors et pourquoi j'ai arrêté ça a été je l'ai écrit dans un livre d'ailleurs qui s'appelle pendant les affaires les affaires continu j'ai expliqué personne comprenait pourquoi alors que j'avais un bon salaire et cetera je quitte l'é c'était moins pour un problème de de de de liberté ou de censure qui un problème personnel. C'est-à-dire que j'ai pensé à un moment donné que les livres, l'écriture, la littérature était plus importante que le journalisme.
Et j'ai décidé d'arrêter parce que les pages d'un journal ne suffisaient plus ne me suffisaient plus. Mais à Libération de cette époque-là, j'ai j'étais vraiment bien quoi. J'ai je voilà quoi, j'étais correspondant dans l'Est un moment, après je suis venu à Paris.
J'avais euh après j'étais pas fait pour le pour le journal au quotidien avec plein de monde tout ça. C'était pas mon truc. C'était vraiment un choix personnel.
Monsieur Veille sur nombre de journalistes avec la carte de presse euh publicité ou pas, je crois que vous l'avez évoqué d'ailleurs un moment dans votre propos et et puis les droits voisins. Euh pour répondre rapidement, sur les 23 salariés de street press, vous avez 20 journalistes et vidéastes. À partir du moment où la majorité de leurs revenus sont touchés en salaire versé par une entreprise de presse, la carte de presse, c'est automatique.
Donc oui, tous les journalistes à Street Press disposent de de la carte de presse. Ça peut être utile pour des journalistes sur le terrain, sur des terrains de reportage compliqués. Euh par contre, dans la vraie vie, c'est pas une garantie de votre pratique journalistique ou de l'éthique dans laquelle vous allez réaliser votre métier.
C'est la traduction dans une carte du fait que vous touchez plus de la moitié de vos revenus en salaire d'un travail de journaliste attribué par une rédaction et et et un journal. C'est c'est ça qui va attribuer la carte de presse euh à nos journalistes qui l'ont tous du coup à Street Press sur les droits voisins. Euh Street Press fait partie comme beaucoup de médias indépendants de DVP qui va négocier avec les gars femmes sur les droits voisins.
Donc on a la chance depuis peu de temps de pouvoir les les recevoir. Le point là-dessus, c'est que certains gros titres français ou anglo-saxon ont fait des deals, on va dire seul avec certains gars femmes ou avec les les acteurs de l'intelligence artificielle et ont eu des deals qui sont non divulgués mais qui a priori seraient avec 100 par rapport à ce que le reste des médias touche. Donc il y a il y a un vrai sujet d'équité là encore sur ces droits voisins sur la Mais vous-même vous donnez les chiffres sur vos droits voisins.
Je je les ai je les ai peu je les ai pas en tête précisément, mais je vous les enverrai. On parle de de quelques dizaines de milliers d'euros sur un budget qui va être entre 1 et 1 million et 1 million et dei d'euros sur sur la dernière année. Euh la publicité aujourd'hui pour Street Press, c'est infinitésimal en terme de de revenu.
On a automatiquement des écrans de publicité qui arrivent sur notre compte YouTube. Pour que vous ayez une idée de de l'échelle de revenu là encore, Street Press, c'est 4500 abonnés sur YouTube et ça va être en euros sonnant et trébuchant entre 800 et 1500 € par mois de revenu. C'est pas ce qui fait vivre une rédaction.
Euh c'est c'est pas ce sur quoi on peut appuyer l'indépendance et le financement d'une rédaction aujourd'hui. Donc pour répondre à votre question, c'est pas la priorité, c'est pas aussi notre moteur. Euh aujourd'hui, on a besoin d'argent, donc on ferme pas YouTube comme revenu, on le prend.
Mais euh réellement dans un modèle économique pour un média indépendant, un média libre en ligne, c'est pas une solution. et on sait qu'on peut pas aller la chercher là et on sait qu'on doit aller chercher l'indépendance de nos lecteurs. Dernier point sur l'IA, on a un enjeu de où vont les données qui vont dans les intelligences artificielles pour un média d'enquête et d'investigation, c'est compliqué de mettre des données qui parfois sont confiées par des sources que dans notre déontologie, on doit protéger dans des I.
Donc ce qu'on peut développer sont des I qui sont là encore souveraines sur nos serveurs euh qui partent pas sur des des serveurs de euh d'entreprise internationales hébergé à l'étranger. On peut utiliser des intelligences artificielles quand elles sont hébergées sur nos serveurs de manière locale, mais on pourrait pas donner par exemple euh ou divulguer ali des contenus sur lesquels on doit assurer à nos sources la confidentialité parce que ça fait partie de notre métier comme journaliste. Je vais donner la parole à Jean-Gérard Premier, mais avant j'avais une question.
On a compris que votre économie pour chacun des trois c'était principalement sur les sur les dons fait par vos lecteurs. Est-ce qu'il y a des personnes morales qui font des dons à vos médias ou est-ce que c'est que des personnes physiques ? Euh, il y a des il y a des messes.
Il peut arriver que une ou deux enfin des des patrons d'entreprise qui font des dons défiscalisés mais très peu quoi. J'ai pas les chiffres en tête. Je viens de me faire engueuler par ma par ma DAF euh qui m'écrit un SMS parce que en fait des droits voisins, on en touche on touche 2 % de droits voisin et on a on a eu 80000 € en 2024.
Donc je suis désolé, c'était c'était j'ai pas intégré ça quoi. Excusez-moi. Et euh ouais non on n pas de Oui, mais c'est possible.
C'est-à-dire que les patron il y a une vois enfin je pense à une personne où il y a des fois des par exemple des avocat peut-être qui qui nous financ il nous file 5000 balles ils peuvent défiscaliser hauteur de de la moitié des choses comme ça quoi des dons mais c'est c'est très peu nous là c'est beaucoup de gens il y a 7 il y a plus de 7000 sociétaires aujourd'hui donc c'est des la part sociale est à 10 € vous voyez donc c'est pas monsieur du roi euh oui alors les dons c'est principalement des personnes physiques, il peut y avoir des personnes morales type association, on euh euh et cetera qui peuvent faire des dons euh [gémissement] de de 50 ou 100 €. Après, il faut séparer ce qui est du don et après nous, on peut avoir de temps en temps sur des projets des financements de fondation qui vont qui vont financer un projet, mais là c'est différent, c'est pas c'est pas un don en soi, ça va être une convention qui va être signée sur un projet en particulier et cetera. Mais sinon voilà, la grande majorité des dons, c'est les particuliers.
Il peut y avoir ici ou là une personne morale qui fait un don. Street Press, c'est un média en ligne indépendant qui est financé par plus de 15500 donatrices et donateurs en 2025. Euh je pense que c'est important d'encourager les gens qui nous suivent à soutenir la presse indépendante et les titres dans lesquels ils se retrouvent.
Euh parce que c'est comme ça que ces médias vivent aujourd'hui. Euh on on a aussi la chance d'avoir parfois des fonds de dotation ou du mécenac qui arrive en en don et et on s'en félicite et on encourage les gens à à soutenir la presse indépendante euh qui soient des particuliers ou qui soient euh des acteurs euh plus grands. Est-ce que le souci de transparence que vous avez pourrait aller jusqu'à donner la liste de vos plus grands donateurs ?
Tout à fait. On le fait chaque année dans notre rapport annuel qui est qui est en ligne. On va lister en fait tous les toutes les touses les structures qui vont nous financer si ce sont pas des des particuliers.
Donc c'est fait c'est fait chaque année au mois de septembre. C'est important parce que euh en fait je pense qu'aujourd'hui on est sur des médias qui ont des petites économies et malgré ça on se doit donner la transparence à nos lectrices, à nos lecteurs. Il y a que comme ça qu'on peut aussi gagner la confiance.
Et je pense que la force des médias indépendants, c'est qu'ils ont su gagner la confiance de millions de personnes qui nous suivent chaque jour et on ne doit en aucun cas trahir cette confiance et on se doit de faire cet exercice de transparence et de pédagogie. C'estd que à chaque fois qu'on va publier nos chiffres principaux issus de nos comptes annuels, on va faire œuvre de pédagogie pour expliquer comment chaque euro est dépensé. Aujourd'hui, tous les jours à Street Press, on reçoit des dons en ligne, mais on reçoit aussi des chèqus parfois de personnes pour qui c'est des montants importants dans leur salaire mensuel ou leur retraite mensuelle.
Et on se doit de faire en sorte que chaque euro qu'on reçoit soit dépensé de la manière la plus euh logique et responsable possible. Donc on a ce devoir de transparence. D'accord.
Monsieur du roi ou de euh oui enfin nous nos budgets sont enfin une synthèse de nos budgets sont mis en ligne aussi à ch enfin en fait nous on nous on est en en modèle associatif on est c'est une association qui édite basta et donc une fois que le les comptes sont clôturés qu'ils ont été certifiés par les commissaires au compte et validés par l'assemblée générale en général à la fin du printemps ou au début de l'été du coup ensuite les chiffres sont mis en ligne sur le sur le site donc accessible et pour les et donc pour dès qu'il s'agit de de fondation sur des projets particuliers, c'est bien c'est bien sûr notifié que telle fondation nous a soutenu dans le type de projet. Ouais. Sur des projets mais les plus gros donateurs, est-ce que vous iriez jusqu'à donner ?
Si c'est des donateur particulier, c'est compliqué. Il faudra avoir le si vous avez un Messen qui vous fait un chèque de 100000 € parce qu'il a mis à votre média, il faut qu'il soit d'accord pour être pour être révélé. S'il est pas d'accord, on peut pas le révéler.
Mais ça enfin ce que je veux dire c'est qu'après il y a aucune influence de de quoi que ce so quelle sorte que ce soit sur l'indépendance éditoriale. Ça do ça ne pèse pas quoi. Monsieur B nous [raclement de gorge] je crois qu'il y a 37 mes et mess au-dessus de de 5000 €.
Les partenaires c'est 3000 € de don. Donc on a aucun je crois que le don le plus le plus important doit être de 30 30000 €. Donc euh et je suis comme comme ce que vous dites, c'est-à-dire ça dépend de si la personne est d'accord ou pas, mais moi j'ai zéro problèmes.
À en tout cas nos nos comptes sont publics. Chaque année, il y a une assemblée générale. Les sociétaires, les 7000 ont accès à à tous nos bilans et cetera.
Donc il voit bien que on se verse pas de dividende, que qu'il y a pas de compte caché. Enfin, tout est tout est transparent dans ce dans ce sens-là quoi. Jean-Gérard Pomier.
Oui, merci monsieur le président. Moi, je vous écoutais avec beaucoup d'intérêt parce que je ne vous connaissais pas. Alors, c'est peut-être un côté générationnel mais je dois dire franchement que je ne vous connaissais pas.
On connaît quelques médias d'investigation non classique mais je ne vous connaissais pas. Vous avez vous nous avez présenté effectivement le côté générationnel de votre lectorat et c'est important puisque si je fais allusion récente à l'actualité, on voit bien qu'onge, les jeunes qui semblent avoir pris une part importante à la victoire de Peter Magia utilisaient des des médias non classiques puisque les médias classiques étaient muselés. Donc est-ce qui pour vous au plan démocratique, il y a pas une leçon un petit peu à en à en tirer ?
Mais moi, c'est sur le côté territorial. Est-ce que votre lectorat est un lectorat à peu près également reparti sur le territoire français ? Est-ce que c'est plutôt un électorat plutôt francilien ?
Je n'en sais absolument rien car j'ai vu que dans le panorama dans comment dire de tout ce qui est numérique non classique toutes les régions sont pas représentées. Moi dans ma région centre vol de Loire, j'ai rien vu. Par exemple dans dans ce que j'ai vu.
L'autre sujet que je voulais vous demander, c'est dans la communication numérique non classique notamment d'investigation comme la vôtre. Est-ce qu'elle est en développement encore à l'heure actuelle et est-ce que je dirais il y aura de la place pour tout tout le monde ? Parce que c'est un c'est un système quand même qui reste fragile, même s'il est performant, il reste un peu fragile.
Voilà, merci réponse. Qui veut commencer à répondre, monsieur ? Je je sais pas si je pourrais répondre à toutes ces ces questions.
Je pense qu'il y a sur la question de la Hongrie pour pour bosser avec des des partenaires hongrois et un média qui s'appelle 444 en Hongrie et et et comprendre comment le pouvoir illibéral a essayé autant qu'il pouvait de de de racheter des des médias classiques ou des médias qui étaient en désaccord avec lui et qui a laissé très peu d'espace à de la presse indépendante. Je pense qu'il y a un vrai sujet. La chance qu'on a et ce que je veux vous dire aujourd'hui, c'est que vous avez en France des médias comme nous et d'autres qui qui tissent aujourd'ui un système qui a une énergie.
On est sur des médias qui sont en croissance, qui recrutent chaque mois des journalistes qui sont des journalistes qui sont pas là pour faire des copiers collés de dépêche, qui sont des journalistes qui font un travail d'enquête ou de reportage sur le terrain. Dans Street Press, il y a un mot en anglais qui est street. On l'a pas choisi par hasard.
C'était pour dire que les journalistes de Street Press, ils devaient pas rester sur leur chaise. Ils devaient aller sur le terrain au contact des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes et et et de raconter la société à hauteur d'hommes. Donc de faire un travail journalistique concret, réel, ancré dans le territoire.
Ça ça donne une énergie de la même manière que quand un média comme Street Press va organiser 60 événements avec des lectrices et des lecteurs partout en France sur cette année, et ben on est au contact des gens qui nous lisent. Donc il y a un lien, ça nous rappelle aussi pourquoi on fait ce travail. Ça nous rappelle le sens de notre métier de journaliste.
Cette galaxie de médias indépendants qui font ce travail là sur le terrain, sur les réseaux, par newsletter et cetera, c'est effectivement des médias qui peuvent se mobiliser quand il y a des enjeux démocratiques de protection de la République, de protection des droits qui ont été acquis ces ces toutes ces années. Donc je pense qu'il y a il y a un vrai sujet de médias qui qui ont cet engagement là et qui vont aller chercher ces sujets, qui vont porter ces histoires. On se garde bien nous de rentrer dans compter les points dans le débat politique.
On est des journalistes et on est en position de de raconter la réalité de la société, donner les clés aux citoyens pour qu'après ils puissent arbitrer et faire leur vote en fonction de leur choix et de ce qu'ils ont lu chez nous parce qu'on a fait ce travail là d'être leurs yeux et leurs oreilles. Et cet écosystème-là, cet écosystème là des médias indépendants, euh au moins il a une force et qui ronronne pas, euh qui se construit, qu'il est en développement et et une fois qu'on a ça, c'est un signe d'une démocratie qui qui vit. Et je pense que c'est un vrai point.
Ces médias, les médias libres et indépendants aujourd'hui, c'est eux qui font vivre la démocratie. sur les localisations de nos lectrices lecteurs. Quand vous avez 10 à 15 millions de gens qui qui vous lisent chaque mois, ils sont partout concernant Street Press, on va avoir des des des bulles encore plus importantes dans les villes qui sont des villes étudiantes parce que bah voilà, on va avoir un bassin de lectorat plus important mais en réalité aujourd'hui, on n pas de on n pas de sujet que soit des villes de petites moyenne taille ou ou des ou des grandes villes françaises où on a des lecteurs qui sont partout et dès qu'on va va je pense qu'il y a il y a un vrai besoin aussi de rencontrer les journalistes, de rencontrer les médias dès qu'on va par exemple annoncer un événement dans une ville quelque part en France tout de suite le lieu va être complet tout simplement parce que les gens ont envie de parler de ce qui se passe.
Ils ont besoin d'espace de médiation d'endroit où le débat public va se faire et je pense qu'on est vraiment ces facilitateur là du débat public aujourd'hui. Oui. Pour la la répartition territoriale.
Donc nous nous on est un média avec des informations nationales. Effectivement ça ça vient de on est lu de partout euh y compris que ce soit la les visites sur le site où y compris les donateurs, on voit d'où viennent les chèqus, les petits dons et ça vient de de petites villes, de village, de villes moyenne et et bien sûr d'agglomération. Donc c'est c'est il y a c'est assez égal de ce point de vue-là. euh sur centre Valle- de Loire, mais je sais pas, il peut-être un petit médien indépendant à tour, mais il faudra que je vérifie, je suis pas sûr.
Donc comme ça vous pourrez pourrez voir en terme parce qu'il y a ce qui est intéressant aussi, c'est qu'il y a quand même dans les médias indépendants, il y en a plusieurs qui ont émergé en région et qui font un vrai travail de de d'investigation locale. Tout ça, je pense à aux différents rues 89, il y a à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, je pense au média cité à également à Lyon, à Lille et cetera. Il y a le poulpe en Nor enfin sur Normandie, c'est ça.
Oui. H voilà. Donc il y a plein de médias indépendants locaux qui qui sont nés et qui font qui font un travail formidable également sur la question de enfin ce qui s'est passé en Hongrie, je pense que c'est ça montre l'importance que il y a une pluralité de de médias alors que vous avez des gros médias qui appartiennent à des gros groupes de presse euh propriétaires ou non de de milliard de milliardaires ou d'industriel et à côté une galaxie de de médias indépendants plus ou moins importants ou plus ou moins petit mais qui font le qui font leur boulot qui apportent chacun chacun leur spécificité et c'est d'autant plus important de quand on sait enfin ça fait un peu aussi écode au débat qu'il y a actuellement dans une autre commission d'enquête celle de l'Assemblée nationale sur ce qui s'est passé en Hongrie vis-à-vis de l'audiovisuel public qui a été dépessé par Orban et vendu à ses en gros à ses amis oligarques.
Voilà donc il y a un vrai enjeu aussi d'avoir un une audiovisuel publique qui soit soit la garantie de une certaine enfin de pluralité de neutralité et cetera. Euh voilà et la troisème question j'avais pas trop bien compris c'est laquelle déjà ? Si comment dire si c'est en développement votre est-ce que est-ce qu'il y aura suffisamment de place pour tout le monde compte tenu comment dire d'un d'un système qui reste un peu fragile dans dans son fonctionnement parce que les dons sont pas illimités.
Euh bah c'est pas ça je sais pas je pense pas que ça soit un le gâteau soit fermé et que une fois qu'on a une part que ça s'arrête là. Euh il se trouve que nos nos trois médias comme comme les autres que vous avez reçu il me semble sont en croissance. Nous nos donateurs ça croisse de 10 à 15 % chaque année.
Donc ça ça veut dire que ça ça continue de monter que que notre travail plaît. Et euh mais je pense qu'il y a la place pour tout le monde. Après euh en matière de d'enquête, de reportage, de de recueillir des témoignages, de faire du du travail journalistique de terrain, je pense qu'il y a il y a encore il y a plein de choses à faire.
Il y a il y a déjà plein de médias locaux qui ont émergés, qui commenc à s'installer et et je pense que c'est pas un voilà, c'est pas un un cadre fermé où chacun aura sa part de marché et puis à un moment donné c'est c'est terminé. [raclement de gorge] Je pense qu'il y a de la place pour tout le monde. Il y a il y a des médias qui ont qui vont évoluer.
Il y a des médias qui ve qui préfèrent rester sur certaines spécificités, certains types d'enquête et voilà, ça crée une palité quoi. Je vais répondre rapidement sur Orban, ben je c'est-à-dire que il a essayé lui son rêve c'était effectivement de museler la presse. C'est ce que font tous les dictateurs ou les apprentis dictateurs.
Et c'est effectivement grâce à l'internet, à la jeunesse et aussi au pays extérieur que que qu'il a qu'une qu'une puissance a réussi à le dégager quoi. Et c'est une des meilleures nouvelles qu'on a eu depuis depuis quelques temps. Mais c'est grâce à l'information.
C'est l'information qui motrice là-dedans et qui a pu empêcher cette dictature de de perdurer. Dictatures qui était pas vraiment une d'ailleurs puisque c'était un vrai dictateur, il aurait il serait resté au pouvoir quoi. Euh concernant Blas, nous on est on est véritablement une plateforme et un service public d'information.
Donc on est on est généraliste. On on fait des on est présent sur évidemment toute la France mais aussi en Belgique mais aussi en Suisse. On publie donc une ou deux vidéos par jour. 7 jours sur 7, 12 mois par an.
Euh et sur les chiffres, on a entre 10 et 15 millions de vues sur YouTube tous les mois, ça je l'ai pas dit. 10 parce que les mois d'été, il y a moins de monde et 15 quand il y a beaucoup d'actualité et cetera. Et si on on agglomère euh euh t tous les réseaux sociaux, on est entre 30 et 50 millions de vues de vues par mois pour vous donner une une idée.
Et ce qui est la clé de tout ça, en fait, c'est assez simple, c'est que si vous faites des programmes que les gens aiment, bah ils vous financent. Il y a une sorte de mécanique qui fait que quand on s'abonne sur YouTube gratuitement, à force d'aimer les programmes qu'on fait, il voit qu'on fait des trucs qui voient pas ailleurs, les gens nous nous aiment et et nous aident et ça et ça génère cette économie. Et ce qui est très important pour nous, c'est cette notion de service public et de chaîne généraliste.
Donc, on est on est une rédaction écrite, on publie deux papiers par jour. Le papiers font entre 5000 et 150000 vues en fonction de leur de leur de leur intérêt et on publie autant de vidéos. Donc il y a une il y a une rédaction audiovisuelle et il y a une qui s'interpénètre et on on a on a inventé 38 concepts d'émission en 5 ans.
Ça va d'une émission sur la science-fiction qui s'appelle planète B qui va essayer d'imaginer les futurs en passant par l'émission de Pacom dont je parlais qui est un gros carton sur internet qui revisite l'histoire depuis Jules César à aujourd'hui. En passant, on est très très pointu sur l'écologie. On a une journaliste qui s'appelle Paloma Moritz qui est qui qui qui même si on fait peu d'audience d'ailleurs en sur l'écologie, mais on est on est très précurseur là-dedans.
D'ailleurs, elle est invitée elle-même dans tous les médias mainstream maintenant on fait appel à elle comme étant une spécialiste de l'économie. on on de l'écologie, on fait aussi beaucoup d'économie, beaucoup de politique et beaucoup d'enquête, quoi. Donc on est à une sorte de médiia hybride et c'est et c'est et c'est cette variété, cette créativité qui fait que que que ça marche quoi.
Enfin, que ça marche. Un jour, ça s'arrêtera peut-être mais pour l'instant on est emporté par cette espèce de mouvement et sur alors là justement comme on est un médiat de service public il y a de la place pour tout le monde quoi. simplement il y a pas de même les mess n'ont pas de pouvoir.
Si un type qui file 30000 balles ou un type qui file 10 balles, il a le même pouvoir à l'assemblée générale, son vote et cetera. Moi, j'ai voilà, il y a un conseil d'administration, il y a on fonctionne, on est très très structuré et c'est parce qu'on est structuré qu'on qu'on arrive à à à avancer comme on avance. Je voudrais qu'on revienne sur la la frontière qui est parfois tenue entre l'information et l'opinion. vous l'avez évoqué dans votre proposiminaire puisque vous êtes les uns et les autres des médias engagés.
Je crois que vous avez utilisé ce terme. J'ai peut-être à travers deux illustrations vous interroger plus spécifiquement monsieur V sur Street Press. Je suis allé voir sur votre site et il y a deux choses que je me suis dit où où est la limite justement ?
Je je je vais je vais vous dire. Bon, vous avez fondé un un club pour vos donateurs, ce qui ce qu'on ce qu'on peut très bien comprendre, une forme de fidélisation et et dans ce club, il y a ce qu'on ce qu'on appelle une académie, je crois, hein. Et dans vous expliquer que c'est un espace et je je vous lis comme ça, ça sera plus précis.
C'est un espace pour se former sur des thèm éthiques. Vous dites se former, pas s'informer. Et en quoi un journal forme ?
Oui, c'est on on a on a créé à Street Press un club d'électeurs euh qui rassemble les gens qui donnent euh et qui financent Street Press. Donc c'est c'est un espace qui est réservé au au aux gens qui soutiennent le média. Et donc on est dans un espace qui est distinct de l'espace d'information.
On est dans un espace où on va travailler sur des questions de manière plus précise. On pour vous donner un exemple très concret, Street Press travaille beaucoup sur la question de des groupes violents haineux d'extrême droite extraparlementaires. En France, on va documenter par exemple leurs violences, les menaces qu' peuvent faire contre des secteurs associatifs, des secteurs culturels, des plannings familiaux.
Euh on est du coup sur un sujet où on a en région beaucoup de lectrices et de lecteurs qui viennent s'informer euh sur ce que c'est se former, c'est pas la même chose que Mais d'abord, il faut d'abord, il faut s'informer. Donc des lectrices et des lecteurs qui viennent s'informer sur qui ils ont en face d'eux, qui est venu perturber par exemple une projection de cinéma, qui est venu empêcher un travail d'aide aux réfugiés dans le nord ou dans le le sud de la France. Et donc ils viennent sur Street Press parce qu'ils cherchent de l'information sur ces groupes violents et donc nous on leur apporte cette information.
Vous avez par exemple sur Street Press euh toute une carte qui répertorie les 128 groupes radicaux qu'on a identifié et 320 sections locales donc ancré dans le territoire et après en fait on dialogue avec nos lectrices et nos lecteurs et donc on a parfois beaucoup de questions qui arrivent et du coup il y a un an et demi on s'était dit que par rapport à tout le courrier des lecteurs qu'on recevait où il y avait énormément de questions de besoin d'informations sur les sujets qu'on délivrait de prendre les sujets les plus saillants de street press que ce soit les sujets de violence policière les sujets de monter de l'extrême droite extraparlementaire violente en France, d'aller chercher des spécialistes, des chercheurs, des acteurs de terrain pour qu'ils puissent dialoguer avec l'électrices et les lecteurs. Et c'est important qu'il y ait ce dialogue-là, c'est des moments qui sont euh euh réservés au aux financent Street Press, qui peuvent du coup bah poser des questions à un chercheur au CNRS spécialiste d'un sujet, à quelqu'un qui a déjà dû euh sur le terrain euh affronter ses violences de militants radicaux pour expliquer comment il a pu continuer son travail associatif et le gérer. Et donc, on a essayé de prendre des gens qui parfois interviennent dans nos articles pour qu'ils puissent dialoguer.
Et donc on a un espace qui est encore là de dialogue où les gens peuvent bah aller chercher un spécialiste euh un activiste et lui poser des questions en direct. C'est des gens que vous pourriez trouver dans des articles de street press qui vont sortir de l'article arriver en webcam avec du coup l'électrices et les lecteurs. Je comprends.
Est-ce que alors pour pour nous aider à définir la on est un peu sur le téléphone son de France inter mais à l'heure d'Internet. D'accord. Est-ce que pour nous aider à définir la limite entre l'information et l'opinion, est-ce que vous pourriez nous dire, vous qui êtes des médias engagés, euh à quelle limite vous vous fixez vous-même dans euh dans cette euh à quel moment vous passez de l'information à l'opinion ou jusqu'où vous êtes prêt à aller dans l'expression de votre opinion sans que tout en étant toujours dans un travail journalistique.
C'est je vous pose ça parce que notre réflexion sur les zones grises, c'est aussi ça. Donc moi je vais je vais être très très clair et direct. Street press c'est un média qui fait vraiment un travail journalistique et où les journalistes on leur demande de l'humilité.
C'est que mon avis à moi, directeur de publication du journal, très honnêtement, je pense même pas que les lectrices et les lecteurs lui donnent plus d'importance. ce que les lectrices et les lecteurs attendent de street press, c'est qu'on aille être leurs yeux et leurs oreilles et leur rapporter ce qu'on a vu. Dans un article de Street Press, vous aurez pas l'avis ou l'opinion du journaliste.
On a une ligne éditoriale à Street Press comme toutes les rédactions de France et de Navar. Euh la différence avec une rédaction classique, c'est qu'on va plus expliquer cette hiérarchie de l'information et ce choix des sujets. Euh que vous alliez allumer votre télévision, acheter un journal en kiosque, vous aurez toujours une éditoriale.
On va faire ce travail encore plus de le formaliser et comme on va être sur des sujets qui sont les plus saillants possibles, ça va être très matériel et très concret pour les lecteurs. Je pense que c'est une bonne chose. Les lectrices et les lecteurs aujourd'hui, ils veulent pas avoir en face des ectoplasmes un petit peu mou.
Ce qu'ils veulent avoir, c'est des rédactions qui vont assumer un regard. Et assumer un regard, ça veut dire quel sujet on va chercher et quel angle journalistique on va aller chercher sur un sujet. Mais c'est pas donner son opinion.
Il y a une vraie différence là-dessus. Donc l'éditorial de Johan V, honnêtement, j'en écris pas et les lecteurs, ils sont en contrefiche. Mais par contre, ce qu'ils attendent de Johan Weis et des 23 journalistes de la rédaction, c'est qu'on soit leurs yeux et leurs oreilles sur les territoires où les autres médias ne vont pas aller poser des questions que bah peut-être paresse, les autres médias vont pas chercher.
Donc, on va faire ce travail-là. Et c'est comme ça qu'on crée de la confiance entre les lecteurs et un média. Ils ont un média qui va assumer un regard mais qui a qui qui derrière délivre un travail journalistique.
Et très honnêtement, prenez un article de street press, on vous dira vous pourrez pas savoir ce que le journaliste pense. En tout cas, il ne dira pas ce qu'il pense de telle ou telle citation de personnes interviewé. C'est c'est important juste de formaliser Voltin Litoral pour dire bah voilà en fait sur ce sujet-là l'angle de la rédaction c'est ça.
Et donc et ben voilà on parle des assistés à la télévision et ben street press he avec une perte quelqu'un qui vit avec les minimas sociaux. On parle de rénovation des logements et ben Street Press va passer 24 heures avec Didio qui vit dans qui qui Didio par on va parler de personne à la rue, on va passer 24 heures avec Didio qui élève sa fille sous une tente dans Paris. On va parler de rénovation énergétique.
On va passer 24 heures avec Angélique qui élève deux enfants dans un logement insalubre. On va raconter cette histoire-là. C'est que du travail journalistique, mais le média engagé va choisir un regard et un angle.
Et c'est important d'avoir cette diversité en France aujourd'hui. Oui. Et et dans le travail journalistique que vous faites, vous faites un certain nombre de reportages sur les violences policières.
Ça fait partie de C'est un point très intéressant. Ouais, je je j'entends bien, mais euh quand vous allez interviewer des des personnes qui ont été victimes de violence policière, est-ce que vous allez interviewer aussi les responsables de la police ? Alors, bien sûr, évidemment, il y a il y a c'est pas c'est impossible de travailler sur un sujet sans aller chercher les versions de toutes les parties prenantes.
C'est notre travail. Mais c'est intéressant de poser cette question. Street press commence à travailler sur les violences policières en 2010 ou 2011.
À l'époque, on appelle ça des bavures policières. Et à l'époque, ces sujets-l sont traités comme des faits divers dans la presse classique. Et vous avez une presse classique qui à l'époque travaille essentiellement avec des sources policières.
Donc on est sur un sujet qui est un sujet qui monte et qui bouillonne dans la réalité de la vie. Et vous avez des médias classiques qui ont pour principales sources à l'époque, au début des années 2010, ben des sources qui sont des sources de la police et c'est normal, c'est des gens qui sont des des gens qui travaillent sur les faits divers. Donc ils ont besoin de ces sources-là pour faire les sujets.
Et donc on a un traitement qui est justement à cette époque-là pas à 360°R d'aller chercher toutes les parties prenantes d'un sujet. Le travail que fait Street Press au départ, c'est d'abord d'aller chercher les sources auprès des victimes de ces violences et après évidemment d'aller faire le contradictoire avec les policiers, avec la préfecture, avec toutes les personnes qu'on doit aller chercher sur ces sujets. Euh c'est important d'avoir cette pluralité de points de vue.
Donc à l'époque, vous ouvriez tel journal du matin, vous aviez en premier dans le chapeau les sources policières, vous ouvriez Street Press, vous aviez en premier les victimes et après dans chacun des journaux en général, vous aviez la suite. Mais je pense que l'histoire, elle était pas racontée de la même manière, mais c'est la même histoire et c'est le même travail qui est fait. Donc on est à chaque fois avec un regard qui peut être différent, mais l'important c'est que et dans le journal du matin et sur Street Press, vous essayez ce travail de pluralité et de contradictoire.
Ça permettait aussi quand même d'aller chercher d'autres sources qui n'étaient pas que policières en faisant ce travail-là. Bah ça faisait remonter d'autres histoires. Ça montrait que parfois sur certaines unités de police, le commissariat du 19e arrondissement de Paris, certaines bacs en scène Saint-Denis, il y a qui avait un vrai sujet de violence répétée ou on pourrait dire systémique.
Et ce travail d'enquête, par exemple, il a abouti à un documentaire qu'on a sorti en 2002 qui s'appelle violence policière, le combat des familles qui s'intéresse à l'histoire de la famille Chouvia qui meurt en criant "Getouff." Ce ce travail documentaire, c'est l'aboutissement de 10 ans d'enquête sur le terrain et à chaque fois le travail c'est d'aller chercher les victimes, les sources sur le terrain et évidemment les sources policières. C'est c'est notre travail de de faire ce boulot de contradictoire.
Si on le faisait pas, on serait pas des journalistes. Ouais. On va s'arrêter dans quelques minutes.
Donc rapidement, il y a une question de Sylvie Robert. Non, mais juste pour entendre monsieur Duoi et monsieur Robert reçon entre information et opinion. Oui, formation, formation, opinion, c'est enfin c'est quasiment un débat philosophique qu'on peut avoir, mais je pense qu'on aura pas trop le temps maintenant.
Euh bah nous dès qu'il s'agit d'une opinion, enfin on peut en publier quelquesunes, mais c'est sous la forme de tribune ou de ou d'idées, enfin un peu comme les pages idées du monde et cetera. Donc c'est c'est clairement identifié. Après le travail journalistique une fois défini certes on a notre ligne éditoriale une fois définis nos angles, c'est la différence entre c'est pas l'opinion du du journalist on va s'appuyer sur les faits sur les témoignages de terrain qu'on va les vérifier ou contrebalancer ou nuancer s besoin et euh et puis donner la parole à des des gens soit des gens qui sont directement concernés par par les faits soit des experts et pas n'importe qui qu'on va inviter sous prétexte qui va aller dans notre sens comme ce qui peut se faire massivement sur certains plateaux télé.
Euh donc voilà, c'est et en fait on enfin on on ne va pas tordre les fait en fonction de l'idée ou du préjugé qu'on se ferait en fonction de tel ou tel ou tel sujet. C'est je pense la différence entre euh un travail, on va choisir nos nos angles et certes on va nos engagements en disant bah voilà la question des pesticides nous tient à cœur. On va du coup faire faire des articles documentés ce sujet-là mais on va pas le faire avec en racontant tout et n'importe quoi. aller voir des scientifiques, des experts, des des associations qui ou des élus qui se mobilisent sur le sujet et cetera et puis quit aller faire le contre-point avec des avec d'autres acteurs qui qui qui ont un autre point de vue parce que pour nous le contradictoire est est important.
Moi je pense que ce qui est important c'est davantage c'est l'honnêteté, la rigueur dans le travail journalistique, l'éthique professionnelle euh et puis voilà vérifier prendre en compte la la diversité des points de vue et cetera. C'est un et c'est et c'est malheureusement un travail qui de mon point de vue pour le coup est enfin peut être assez peu fait sur certains dans certains médias notamment audiovisuel. Sylvie Robert.
Oui, vraiment rapidement. Vous répondez rapidement. Euh est-ce que vous êtes pour une forme de labellisation, certification de l'information euh qui permettrait justement puisquon a parlé de pas de votre travail mais la zone grise qui commence à à la plateforme, à l'algorithme et à ce qui va à un moment apparaître qui peut être déformé, qui peut être est-ce que vous seriez ou vous êtes plutôt favorable ou pas à une un peu à la GTI de RSF quoi Mais je le dis comme c'est pas le modèle mais en tout cas une forme de certification pour permettre que la confiance dans dans celles et ceux qui vous regardent, qui vous écoutent soient garanti.
Voilà. Rapidement. Alors moi je pense que enfin pour nous il y a déjà la CPPAP.
Je rentrerai pas dans le débat sur quel type de de médias en fonction de son ses idées de sa ligne éditoriale peut peut exister ou pas. Enfin, c'est pas à moi de juger, c'est à euh il y a la CPPAP qui nous qui un agrément et ça existe déjà pour nous. Après et et euh par contre pour le vis-à-vis des diffuseurs des plateformes, ce soit moteur de recherche ou réseaux sociaux que il y a une obligation de leur part de valoriser les contenus issus des médias CPPAP, quelle que soit leur ligne éditoriale euh pour dire voilà bah le le travail de du Figaro ou le travail de du monde ou le travail de de Basta, c'est pas pareil que n'importe qui qui s'exprime sur n'importe quoi sur une vidéo sur les réseaux sociaux.
C'est un travail journalistique. Donc de les obliger à valoriser euh ces contenusl qui sont déjà agréés enfin avec un agrément CPPAP, ça me paraît euh important. Pour nous, il y a pas besoin de créer un label supplémentaire.
Enfin, un label pour qui, pourquoi, sur quel critère, euh par qui. La CPPAP c'est paritaire, c'est indépendant, enfin fait elle fait déjà son travail de ce point de vue-là. Euh il y a pour moi il y a pas besoin de plus nous concernant par contre que voilà que les médias CPPAP soient davantage val enfin qui a d'obligation de MTA Google et compagnie de les valoriser euh leur contenu sur leur plateforme.
Ça, il y a il y a des choses à faire. Je pense qu'il faut pas rajouter de de label et que la confiance ça se gagne. Donc je suis à titre personnel plutôt plutôt contre. [gémissement] Euh si vous me permettez, je parce que je suis un peu frustré de pas avoir répondu à mais je peux répondre rapidement sur laisation, j'y suis opposé.
Ou alors il faut vraiment qu'on en qu'on en discute quoi parce que vous vous entrez sur un terrain miné quoi. Je voudrais dire une chose sur la l'histoire de l'opinion et de l'information et cetera parce que j'ai j'y pense beaucoup et que à Blast on a une ligne éditoriale très rigoureuse et cetera. Mais est-ce que vous pensez par exemple que ce qui s'est passé à Gaza c'est une opinion ?
Est-ce qu'on peut avoir une opinion sur le génocide ou pas ? Quoi ? Pour moi, c'est un fait.
C'est-à-dire et la bataille qu'on a mené à à Blast de depuis le début, c'est cette bataille-elà. Moi, je suis je suis ni proélien ni pro palestinien. Je regarde les événements, je lis les rapports, je m'informe et à un moment donné je je me bagarre seul.
à Blast, on était les premiers les seuls à dire à Gaza il y a un génocide et il y a pas de a il y a pas de discussion, il y a pas de débat, on va pas C'est terrible ce qui s'est passé en France autour de ça. terrible et de voir que les politiques se sont autant compromis dans ce dans cette espèce de pseudo débat qui n'a pas lieu d'être et l'histoire, on le voit aujourd'hui, il nous donnera raison, l'ONU, les les différents rapports et cetera et avec ce qui se passe au Moyen-Orient, c'est encore beaucoup plus important d'être d'être journaliste jusqu'au bout des ongles et d'être et de et de revendiquer une rationalité quoi et pas une opinion. Après quand je fais un édito, quand je suis énervé par exemple par rapport à ce qui se passe à Gaza ou quand je regarde à la télévision que je vois un certain nombre de choses, je donne mon opinion.
Mais c'est souvent une critique des médias ou une critique des politiques qui est virulente. Mais bon et c'est pour ça d'ailleurs que on est attaqué, qu'on est parfois censuré et cetera. Mais je veux dire c'est pas aujourd'hui que je vais échanger et je ne me sens absolument pas militant.
Je me sens engagé même je fais du journalisme. Et voilà. Et c'est mon dernier point parce que je c'est vraiment important la il y a 15 jours de ça, on a été les premiers à faire l'interview de Raphaël Arnaud le type de la jeune garde et on a contre-enquêté, on a vu les fake news qui étaient sortis autour de la mort de Der.
Je pensais jamais en tant que que patron d'un média suite à cet entretien qui dure une heure, enfin c'est un entretien, on pose des questions et cetera. être autant l'objet d'un d'un retour de haine et de violence qui nous a obligé nous un média à payer un vigile qui garde la porte de Blast, à installer des caméras de surveillance et à aller au au commissariat du 10e pour pour porter plainte pour violence réitérée. D'ailleurs, on a été très bien accueilli par les les policiers.
Pourquoi ? parce que notre adresse a été divulguée sur internet alors qu'on est très discret sur l'adresse de Blast et puis parce qu'on reçoit des messages de haine et de violence, moi je me suis fait agresser, on m'a poussé dans la rue parce que j'étais blaste. Je pensais pas en en France euh euh en arriv à ce à ce à ce stade ultime qui montre bien qu'il y a une violence et qui a une euh en France qui est une violence d'extrême droite et et il y a des aujourd'hui un certain nombre de d'organes de presse qui font la promotion de ça et vous votre rôle de de politique si vous parlez de régulation c'est de nous protéger aussi parce que c'est absolument anormal par exemple que que que vous vous rendez compte que pour faire de l'information on paye un vigile.
Ça veut dire quoi en France aujourd'hui ? Comment on en est arrivé à cette à cette dérive totale ? Simplement parce qu'on fait de l'information et c'est pas une opinion parce que ces gens là en face, ces pseudo journalistes d'extrême droite, eux expriment des opinions.
Eux sont des militants promus sur toutes ces chaînes et cetera. Nous pas, nous nous trois on fait du journalisme. On on s'intéresse au fait alors on nous caricature, on dit "Oui, vous êtes des l'ultra gauche et cetera." Tout ça, c'est des conneries. on on est simplement euh solide sur nos arrières, on dit un certain nombre de choses.
J'ai parlé de Gaza, je pourrais en dire d'autres et cetera, mais Gaza c'est vraiment un point de un point de de un point terrible sur sur le l'état de de la vie politique française et l'état des médias. Donc voilà, je ce que je je voulais dire sur cette question de de l'opinion et et de l'information. En tout cas, merci de nous avoir permis de ça ça nous arrive assez rarement voir jamais de de parler de ce qu'on fait quoi.
Moi, j'ai juste une dernière question puis on va s'arrêter. On a déjà un quart d'heure de retard donc une réponse courte. Si un homme politique choisit ses journalistes et invite les journalistes qu'il veut à une conférence de presse, vous y allez ou vous n'y allez pas ?
Vous vous pensez à à Mélenchon dis Non, mais allez je je pense à Mélenchon. Vous y allez ou vous y allez pas ? Évidemment qu'on y va.
Oui, j'ai aucun problème. Même si c'est pas ça pourrait être quelqu'un d'autre que Mélenchon mais si il fait ça, c'est pour ça que j'avais une question générale, c'est parce que on sait que Mélchon le fait mais d'autres peuvent le faire. Est-ce que vous y allez ?
Vous allez pas. Il se fait tellement, peut-être qu'il cherche les coups, mais il se fait tellement agresser, on déforme tellement ce qu'il dit un type qu'on accuse d'antisémitisme tous les jours alors qu'il est pas plus antisémite que moi. Ça aussi c'est une énorme fake news.
On peut il y a pas une les il y a pas une donc mais c'est pour ça à un moment donné dans ces médias là qu' ne l'accueillent pas, on le traite d'antisémite. mo un type qui c'était pas pour lancer ce débat là c'était juste autour de du travail de la presse et du fait que un homme politique puisse choisir ses Non mais parce que vous avez une manière de poser monsieur vous avez une manière de poser cette cette question si je puis me permettre qui est un petit peu insidieuse parce que ça voudrait dire qu'on cautionne quelque chose de l'ordre de cet homme politique et qu'on ne réfléchit pas à l'histoire de de cette histoire. Si Mélenchon fait ça c'est parce qu'on le traite d'antisémite dans ces médias là.
Et moi, si j'étais un homme politique et qu'on me traitait d'antisémite ou de ou de violeur d'enfants ou je sais pas quoi, j'aurais pas envie de de d'inviter les gens les C'est pas une obligation pour un homme politique d'accueillir tous les journalistes qu'il a envie d'accueillir. Après, je suis pas homme politique mais je pense c'est pour ça que c'est normal qu'on y soit allé. Oui, monsieur B. les journalistes de Street Press ont été à de multiples reprises euh bloquées ou rejetées de conférences de presse du Rassemblement national parce qu'on avait souligné euh leur lien avec des groupes violents, parce qu'on avait euh souligné les les les racines systémiques antisémites et xénophobes de de ce parti.
Euh je pense que on a ce devoir de euh de de préserver l'équité de tous les titres de presse en France. Euh il est pas possible aujourd'hui de refuser l'entrée à une de journalistes à une conférence de presse pour ces motifs. On l'a pas toujours signalé parce que nous on fait notre travail mais c'est sorti plusieurs fois dans la presse des journalistes de street press ou d'autres titres ont été ont été interdits d'accès à des meetings ou à des conférences de presse du Rassemblement national.
Je pense que c'est des points de vigilance majeur. Euh et et en aucun cas la manière dont on va traiter euh d'un sujet euh ou de parti politique dans nos colonnes doit nous interdire l'accès à une conférence de presse. [gémissement] Euh oui, pour ce qui est de enfin si nous on apprend que à une conférence de presse euh quel que soient des des journalistes ou des médias sont exclus euh à a priori euh alors qu'il y a sans pas de motif, enfin je pense en tout cas des médias qui n'ont pas été condamnés à provocation à la haine raciale ou à la discrimination.
Euh effectivement, je pense qu'on le on le dénoncera. Mais mais ça c'est valable pour les conférences de presse de Mélenchon puisqu'on en parle jusqu'à l'Élysée qui choisissent les journalistes qui vont interview qui vont interviewer quand il y a des entretiens présidentiels et cetera. Donc c'est ou des des premiers ministres qui vont dire je veux bien être interviewé par tel journaliste de votre rédaction mais pas par pas par celui-ci ou celle ou celle-ci.
Donc je pense que c'est un problème au niveau politique qui se pose à tous les niveaux. c'est à la rédaction média à partir du moment où il a décroché l'interview de de dire bah c'est ce journaliste ou ces journalistes qui t'interview et pas et pas quelqu'un d'autre. Merci beaucoup messieurs.
Merci retard.
Agnès Evren