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InterviewFrance Culture — Sens politique (sur Site radio)· 27 janvier 2024 44 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsTravail & emploi

Jean-Baptiste Moreau : "La comparaison de la colère des agriculteurs avec les Gilets jaunes ne tient pas"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 62 %Attaque 21 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:14OuverteRéponse directe

    Que pense-t-il de la crise en cours dans le monde agricole ?

  • 4:01RelanceRéponse partielle

    Est-ce que le pouvoir en place a été sourd et aveugle aux revendications qui montaient ?

  • 5:06OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il vous répond Emmanuel Macron quand vous l'alertez sur ce sujet-là ?

  • 6:44RelanceRéponse directe

    Jean-Baptiste Moreau, sept ans plus tard, qu'ont-ils apporté ?

  • 8:33OuverteRéponse directe

    On peut se demander si ce modèle est viable.

  • 10:33OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous du Green Deal européen ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:59Invité politiqueFait
    « force est de constater qu'aujourd'hui, ça ne fonctionne pas, ou pas suffisamment, ou pas dans toutes les filières. »
  • 4:16Invité politiqueFait
    « Non, il n'a pas été sourd et aveugle, puisqu'il y a eu quand même au moins trois lois agricoles depuis 2017. »
  • 8:19Invité politiqueChiffre
    « aujourd'hui, on importe 25% de la viande bovine, on importe 50% des fruits et légumes, la souveraineté alimentaire. »
  • 11:06Invité politiqueChiffre
    « toutes les études d'impact qui ont été faites en parallèle prouvent que ça va diminuer la production agricole de 25 à 30% globalement »
  • 11:51Invité politiqueFait
    « Le CETA, il est bénéficiaire à la plupart des productions agricoles quasiment toutes et néfaste à aucune. »
  • 12:20Invité politiqueFait
    « la signature du Mercosur c'est la fin de l'élevage français et européen »
  • 13:35Invité politiquePromesse
    « Il faut absolument s'y opposer. »
  • 24:38PrésentateurChiffre
    « un tiers des agriculteurs seront à la retraite dans 10 ans »
  • 24:51Invité politiqueFait
    « il y avait l'accès à l'eau, il y avait des mesures de compétitivité »
  • 24:40Invité politiqueFait
    « Oui il a bien fait parce que la loi elle a été réduite à 9 articles alors qu'elle est partie de 24 articles »
  • 24:51Invité politiqueFait
    « il y avait l'accès à l'eau, il y avait des mesures de compétitivité »
  • 25:14Invité politiqueFait
    « aucune banque ne le suit pour s'installer, aucune banque ne va lui prêter de l'argent pour s'installer »
  • 25:27Invité politiqueChiffre
    « on a 50% des agriculteurs qui vont prendre la retraite dans les 10 ans au niveau européen »
  • 26:03Invité politiqueFait
    « quand on arrive à se prendre 1000, 1100 euros, 1200 euros c'est le bout du monde par mois »
  • 26:45Invité politiqueFait
    « tout ça pour un salaire effectivement plus que modique »
  • 28:16Invité politiqueFait
    « on a un gros problème aussi en agriculture c'est la transmission c'est le coût de la transmission »
  • 28:23Invité politiqueFait
    « des agriculteurs s'endettent mais de façon monumentale jusqu'à leur retraite pour arriver à reprendre des exploitations »
  • 38:23Invité politiquePromesse
    « il y a un essai qui s'est mis en place qui a été pérennisé j'espère que ça va même se généraliser beaucoup plus »
  • 38:33Invité politiqueFait
    « on n'en produit toujours pas en France »
  • 39:10Invité politiqueFait
    « le gouvernement Castex à l'époque avait publié un décret qui interdisait la vente de la fleur »
  • 39:55Invité politiqueChiffre
    « la prohibition quand vous avez un million de français qui avouent fumer quotidiennement du cannabis »
  • 40:05Invité politiqueFait
    « on n'a pas de vraie politique de prévention »
  • 40:47Invité politiqueFait
    « Sans doute pas assez de présence de terrain »

Temps de parole

  • Jacques P. Moreau77 %
  • Présentateur19 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Un député paysan, ce n'est pas si fréquent. Notre invité vient de la Creuse, au centre de la France. Il a été élu député de la circonscription unique du département en 2017, Bagnère Emmanuel Macron. Avant, il était éleveur d'une centaine de vaches limousines et président d'une coopérative agricole de 900 exploitants. Il est né à Guéret en 1977, père agriculteur, mère, prof d'allemand. C'est au Salon de l'agriculture en 2017 qu'il noue le contact avec le candidat qui deviendra président, ton banquier, comme le surnomme son père, 40 ans de carte au Parti Socialiste.

Il produit des notes, participe de près à la loi EGalim censée équilibrer les revenus des productions agricoles avec la grande distribution. Six ans plus tard, il reconnaît qu'elle n'a pas porté ses fruits. Que pense-t-il de la crise en cours dans le monde agricole ? Comment perd ce ton en politique quand on n'en a jamais fait ? Aujourd'hui, lobbyiste et toujours élu renaissance du village de Montaigu-le-Blanc, près de Guéret, il n'a pas sa langue dans sa poche, au point, parfois, de regretter d'avoir parlé trop vite. Ça tombe bien, on a du temps dans cette émission. Bonjour Jean-Baptiste Moreau. Bonjour Astrid. Merci d'être l'invité de Sens Politique. Je rappelle le principe de l'émission.

Un invité et trois archives pour retracer son parcours, son engagement et sa personnalité. Et merci à vous de nous écouter. Vous êtes sur France Culture. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Vous, ministre de l'Agriculture, que feriez-vous pour apaiser les colères sur le court et le long terme ?

1:59
Jacques P. Moreau

Alors là, ça, c'est une bonne question, proche de la colle. De toute façon, il faut déjà écouter ces colères. Et elles remontent à loin. Elles ne remontent pas juste à il y a 7 ou 8 ans. C'est des colères qui sont ruminées sur les exploitations, parfois depuis 30 ou 40 ans. Et je vois bien, sur la Creuse, il y a eu une mobilisation sans précédent qui s'est déroulée mercredi dernier, avec un nombre d'agriculteurs qu'on n'a pas vu depuis très très longtemps. Donc c'est vraiment... Et dans ces zones d'élevage, on voit dans le sud-ouest, c'est là où c'est particulièrement frappant.

Donc il faut reprendre à la base de notre engagement de 2017, parce que la première chose que demandent ces agriculteurs, c'est que c'est des métiers de passion, où ils ne comptent pas leurs heures, et ils vont continuer à ne pas compter leurs heures. Ça, ce n'est pas le problème. Mais le problème, c'est qu'ils veulent un minimum en vivre décemment, de leur métier quand même. Parce qu'aujourd'hui, c'est sûr que les salaires ne sont pas du tout à la hauteur de ce qu'il faudrait qu'ils soient. Donc c'était tout l'objectif de la loi EGalim.

C'était justement de prendre en compte leurs coûts de production pour qu'ils arrivent à vendre au-dessus de leurs coûts de production et qu'ils vivent de leur métier. On en a fait EGalim 1, on a fait EGalim 2, et force est de constater qu'aujourd'hui, ça ne fonctionne pas, ou pas suffisamment, ou pas dans toutes les filières. Donc il faut aller plus loin là-dessus et faire appliquer la loi déjà. Il y a un certain nombre d'articles qui ont été votés en 2018. Je pense à l'article 44 qui interdit la vente de produits qui ne correspondent pas aux normes européennes en Europe. Mais ça, il faut mettre des moyens financiers derrière.

Il faut aller contrôler dans les pays d'origine la façon dont les produits agricoles sont produits. Et voilà, donc ça, c'est une première chose. Et après, effectivement, c'est essayer de faire en sorte qu'on comprenne. Le monde agricole, il ne se sent plus compris, plus entendu. En fait, il y a ne serait-ce qu'une vingtaine d'années, on avait tous un cousin, un oncle, un frère agriculteur. Tout le monde était un peu concerné, comprenait un peu les enjeux. Aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas. Et on a l'impression d'une scission entre, on va dire, le monde médiatico-politique et l'agriculture, et la base de l'agriculture, où les gens ne se comprennent plus et ne s'entendent plus.

Et on parle d'agriculture à longueur d'années sur les chaînes d'info en continu et autres, avec une méconnaissance totale des sujets, en racontant absolument tout et n'importe quoi.

4:01
Présentateur

Est-ce que le pouvoir en place a été sourd et aveugle aux revendications qui montaient ? Il y a plusieurs mois déjà que des panneaux de communes sont inversés, pour faire entendre le fameux mot d'ordre, on marche sur la tête, il y a deux suicides par jour d'agriculteurs, 20% qui vivent sous le seuil de pauvreté.

4:16
Jacques P. Moreau

Non, il n'a pas été sourd et aveugle, puisqu'il y a eu quand même au moins trois lois agricoles depuis 2017. Donc, il ne faut pas dire que rien n'a été fait. Que ça n'a pas suffi, oui, évidemment. Enfin, je veux dire, il faudrait être totalement aveugle et sourd pour penser le contraire. Mais dire que rien n'a été fait et qu'on n'a pas écouté, c'est faux, les panneaux à l'envers. Moi, j'ai des échanges très réguliers avec le Président de la République. Dès les premiers panneaux retournés, j'ai commencé à dire, ça ne sent pas très bon. Parce que c'était vraiment la base et c'était vraiment généralisé.

Moi, dans mon département, il n'y a pas un village en Creuse où les panneaux ne sont pas à l'envers. Donc, c'est vraiment quelque chose d'hyper généralisé et parti de la base. Ce n'est pas le syndicat au niveau national ou les syndicats au niveau national qui ont lancé l'appel à mobilisation. Mais c'est l'ensemble de la base qui s'est lancé dans ces manifestations.

5:06
Présentateur

Et qu'est-ce qu'il vous répond Emmanuel Macron quand vous l'alertez sur ce sujet-là ?

5:09
Jacques P. Moreau

Non, mais il écoute. Alors après, je continue à lui envoyer des notes sur la situation économique de l'agriculture et sur la façon dont ça se passe sur le terrain. Et voilà, ce n'est pas pour rien qu'en conférence de presse, il a eu un mot sur l'agriculture quasiment dès le début, qu'au premier conseil des ministres, c'est aussi venu... Voilà, on échange très régulièrement. Et il a conscience. Il connaît ses dossiers. Il connaît les sujets. Après, vous dire que l'action est toujours en cohérence et va toujours aussi loin qu'il faudrait. Non, évidemment. Sens politique.

5:41
Invité

Il n'est plus possible aujourd'hui qu'en France, un tiers des agriculteurs gagnent moins de 350 euros par an. Et je le redis très clairement, nous devons permettre aux agriculteurs de ne plus dépendre des aides et pour cela, nous assurer qu'ils soient rémunérés au juste prix de leur travail. Ce que demande le monde agricole. Et je l'ai, jour après jour, heure après heure, entendu. Moi, je n'ai jamais vu un agriculteur, un paysan, parce que moi, je revendique ce mot que j'aime, demander des aides. Je n'ai vu que des femmes et des hommes qui ne comptaient pas leurs heures, mais qui demandaient à vivre dignement des heures travaillées.

C'est pourquoi le juste prix payé doit être un objectif et doit accompagner nos décisions.

6:35
Présentateur

La voix d'Emmanuel Macron, le 11 octobre 2017, a Rungis à l'occasion des états généraux de l'alimentation. Jean-Baptiste Moreau, sept ans plus tard, qu'ont-ils apporté ? On a l'impression d'être toujours au même point.

6:45
Jacques P. Moreau

Non, il y a eu des progrès quand même sur la prise en compte des coûts de production. Déjà, on en parle des coûts de production. Avant 2017, on n'en parlait quasiment jamais et ce n'était même pas d'actualité. Le consommateur payait un prix, la grande distribution prenait sa marge, l'industriel prenait sa marge et ce qui restait, on le donnait à l'agriculteur et ce qui restait, c'était peau de chagrin, c'était trois fois rien et ça ne couvrait pas les coûts de production. Donc depuis 2017 et les lois Egalim, on parle de coûts de production, il y a une contractualisation qui doit se faire entre l'agriculteur et son premier acheteur pour prendre en compte ces coûts de production.

Et le discours de 2017, je m'en souviens très bien puisque à l'époque, avec Audrey Bourrello, qui était la conseillère agricole du Président de la République, on l'a écrit ensemble et en interaction avec le Président de la République. Donc voilà, il est tristement d'actualité ce discours parce que c'est exactement ce qu'on entend aujourd'hui sur les barrages d'agriculteurs, c'est exactement ce qu'ils demandent. Ils ne demandent pas des primes, ils demandent des prix. C'est-à-dire, ils demandent à vivre de leur métier, ils ne demandent pas s'il pouvait se passer la PAC demain, ils s'en passeraient.

Déjà, ça ferait des dossiers en moins à remplir et s'ils pouvaient vivre dignement de leur production, ils n'auraient pas besoin des aides. Parce que ce qu'il faut savoir, c'est que les aides, la PAC, c'est politique agricole, mais c'est des aides compensatrices. C'est-à-dire que c'est tout un schéma qu'on a adopté depuis les années 80, à savoir que pour que les consommateurs ne payent pas trop cher leur alimentation, on a accepté que les agriculteurs vendent en dessous de leur prix de revient pour mettre à disposition de l'alimentation pas chère.

Et ces aides compensatrices, elles sont censées compenser la différence entre le prix de vente qui est en dessous du prix de revient et ce prix de revient. Sauf que maintenant, elles ne compensent même pas. c'est-à-dire que l'agriculteur souvent il produit à perte et donc souvent il arrête de produire et on a compensé, on a diminué nos productions. Aujourd'hui, on importe 25% de la viande bovine, on importe 50% des fruits et légumes, la souveraineté alimentaire. C'est pour ça que dans les médias, on entend parfois la surproduction. La surproduction, ça n'existe plus. Les citernes de lait déversées dans les caniveaux, c'était dans les années 80, mais ça n'existe plus.

8:33
Présentateur

Mais c'est vrai qu'on exporte beaucoup et à l'heure du dérèglement climatique, on peut se demander si ce modèle est viable. Vous ne croyez pas du tout au localisme, vous ne pensez pas que le modèle productiviste soit arrivé à son terme.

8:47
Jacques P. Moreau

Non, c'est très schématique ça parce que le localisme est une solution et la vente directe et tout ça, ça doit pouvoir se développer, il n'y a pas de soucis. Fin fond de la creuse, il va falloir que chaque habitant mange 4 vaches chacun pour arriver à manger local. Donc ça va quand même être compliqué. Et à Paris, à moins de remettre des vaches sur les invalides, on va avoir du mal à faire du localisme.

9:05
Présentateur

Après, on peut sortir des départements.

9:07
Jacques P. Moreau

Non mais je suis d'accord mais globalement dans un contexte géopolitique aussi tendu qu'il est aujourd'hui, avec des pays avec le changement climatique justement qui ne vont plus être en aptitude de produire suffisamment d'alimentation pour nourrir leur propre population, expliquer que l'Europe demain va abandonner toute exportation de céréales vers les pays notamment du Maghreb et du pourtour de la Méditerranée qui n'arrivent plus à produire suffisamment pour se nourrir, c'est irresponsable, c'est dangereux et c'est criminel. C'est de l'anti-humanisme.

Je veux dire, aujourd'hui, l'Europe a encore les conditions climatiques qui lui permettent de produire suffisamment pour se nourrir elle-même et pour nourrir une partie de ses voisins qui ne seront plus en aptitude de le faire. Donc je veux dire, il y a une responsabilité géopolitique, il y a une responsabilité économique de l'agriculture française et européenne pour exporter, ce qui ne veut pas dire qu'il faut noyer sous de la production européenne tous les pays. Mais ça, c'est le passé aussi. C'est pareil, dire qu'on a déstabilisé l'Afrique avec des prix bas sur nos produits agricoles. Oui, ça existait, c'est vrai, ça existait dans les années 80.

C'était notamment par les prix minimums, à cause des prix minimums dont aujourd'hui nous rabattent les oreilles l'extrême gauche. Ces prix minimums, ça s'appelait le prix d'intervention et ça a constitué les plus grosses fortunes agro-industrielles, à savoir Bigard, Lactalis, sont constituées là-dessus. Ça n'a pas enrichi un seul agriculteur, mais alors pas du tout. Et par contre, ça a clairement permis d'inonder de poulets bas prix l'Afrique et détruit l'agriculture en Afrique. Mais ça, c'était les années 80, ce n'est plus aujourd'hui. Aujourd'hui, on n'est plus du tout dans cette situation-là.

10:32
Présentateur

Que pensez-vous du Green Deal européen, le pacte vert qui propose un plan de la ferme à la fourchette, farm to fork en anglais et un autre par exemple pour préserver la biodiversité ?

10:42
Jacques P. Moreau

Alors, qu'il faille aller vers la transition agro-écologique, oui, évidemment. Évidemment que les agriculteurs sont les premiers exposés au changement climatique et évidemment qu'aujourd'hui, ça serait ridicule de dire qu'ils s'en foutent de l'environnement. Ce n'est pas du tout le cas. Le seul problème du Green Deal et de farm to fork, c'est que ces orientations ont été décidées sans réelle étude d'impact.

Or, toutes les études d'impact qui ont été faites en parallèle prouvent que ça va diminuer la production agricole de 25 à 30% globalement et que donc, ça, ça veut dire qu'on n'est déjà pas souverain sur un certain nombre de productions donc on va amplifier cette non-souveraineté donc on va apporter ou alors on va choisir qui mange et qui ne mange pas.

Donc, si on veut suffisamment si on accepte que notre production agricole diminue encore de 25 ou 30%, ça veut dire qu'on va importer davantage d'autres pays d'Amérique du Sud ou d'Amérique du Nord qui ne respectent absolument pas les mêmes normes qui utilisent des produits phytosanitaires qui sont interdits depuis 10 ou 20 ans en France et en Europe. Donc voilà, c'est...

11:39
Présentateur

Pourtant, vous, vous êtes favorable au traité de libre-échange en tout cas le CETA et on a une question de Rémi dans le lot. Pourquoi ne pas vous être opposé au traité de libre-échange comme le CETA par exemple quand vous étiez député alors qu'ils écrasent les prix et étranglent les revenus des agriculteurs ?

11:51
Jacques P. Moreau

C'est faux. Le CETA, il est bénéficiaire à la plupart des productions agricoles quasiment toutes et néfaste à aucune. Je ne suis pas pour ou contre... Vous êtes contre en revanche celui avec le Mercosur ? Je me suis même opposé au Président de la République quand il avait... En 2019. En 2019.

12:05
Présentateur

Vous prenez position contre cet accord de libre-échange et vous vous dites je me suis pris une soufflante.

12:09
Jacques P. Moreau

Oui, oui, oui, je me suis pris une soufflante par le Président parce que je l'ai fait sur une matinale de grande écoute mais j'assume et j'avais prévenu avant que j'allais m'opposer parce que la signature du Mercosur c'est la fin de l'élevage français et européen vu les tonnages concernés vu les volumes qui vont nous inonder avec de la viande à prix, hormonés avec des antibiotiques à gogo et tout ça évidemment qu'on ne peut pas signer un accord avec le Mercosur qui comprendrait l'agriculture et l'élevage. Par contre, avec le CETA c'est complètement différent.

On a exporté davantage de fromage davantage de produits laitiers ça a désengorgé un certain nombre de filières aujourd'hui en Europe et ça a amélioré les prix de vente des agriculteurs globalement.

12:46
Présentateur

Mais ce n'est pas bon pour le dérèglement.

12:48
Jacques P. Moreau

Oui, mais je veux dire ce n'est pas parce que vous n'avez pas d'accord de libre-échange que vous n'échangez pas avec ces pays-là. Juste, ils ont des droits de douane supérieurs. Mais leur différentiel de coût de production est tel que même avec ces droits de douane de toute façon ils arrivent moins cher en Europe. Je veux dire il ne faut pas faire des totems et des tabous ce qui ne mérite pas de l'être. Et surtout, il faut arrêter la démagogie. Les accords de libre-échange ça peut être un mal ou ça peut être un bien.

Ça dépend comment ils sont signés, comment ils sont faits et surtout les clauses miroir il faut qu'elles soient réellement rédigées comme il faut et qu'on impose les mêmes normes et qu'on aille vérifier surtout que ces normes sont respectées parce que si c'est que du déclaratif c'est du pipeau, c'est du vent.

13:20
Présentateur

Un dernier mot sur cet accord de libre-échange avec le Mercosur. Le Sénat vient d'adopter une résolution contre ce projet d'accord commercial. L'Union européenne, elle au contraire, la Commission européenne annonce qu'une échéance a été fixée. Le président de la République ne semble plus favorable. Qu'est-ce qu'il va advenir ?

13:35
Jacques P. Moreau

Il faut absolument s'y opposer. Je le dis et je le répète, l'accord avec le Mercosur c'est la fin de l'élevage français-européen avec nos fermes familiales. Enfin je veux dire, les fermes au Brésil c'est à peu près 100 fois la taille des fermes françaises.

13:46
Présentateur

La France va pouvoir s'y opposer vous pensez ?

13:48
Jacques P. Moreau

Il faut qu'elle le puisse sinon c'est un déni démocratique très grave.

13:57
Présentateur

Alors il y a une loi qui concentre toutes les critiques et que vous connaissez bien Jean-Baptiste Moreau, c'est la loi EGalim.

14:03
Invité

C'est une bonne loi la loi EGalim. Je ne vais pas être d'accord monsieur Moreau. Je vais vous lire ce qu'est la loi EGalim. Vous savez, on parle de la technocratie bruxelloise mais vous allez entendre la technocratie macronienne. Les accords cadres dans la détermination des prix devront prendre en compte un ou plusieurs indicateurs relatifs aux coûts pertinents de production en agriculture ou à l'évolution de ces coûts et un ou plusieurs indicateurs relatifs aux prix des produits agricoles et alimentaires charge ensuite à un médiateur de modifier ou supprimer des accords cadres qu'il estime abusifs ou déséquilibrés.

Si sa mission de médiation n'aboutit pas dans un délai d'un mois sera alors saisie un juge plus fort arbitrage etc. Vous voyez, l'usine à gaz qu'on nous construit plutôt que nous dit prix minimum. Regardez l'actalis. Vous m'avez cité l'actalis. L'actalis pèse aujourd'hui son lit de l'étoile 40 centimes. C'est ce qu'on réclamait à l'époque. 40 centimes. Entre temps, les intrants agricoles ont bondi de 50%. Le diesel est compagnie.

14:54
Présentateur

François Ruffin, député de la Somme le 24 janvier dernier au micro de Sud Radio. Elle est mal écrite cette loi ?

15:00
Jacques P. Moreau

Non, faire la loi ce n'est pas faire du yac à faucon. Ça, ça ne marche pas. Peut-être dans l'esprit de M. Ruffin mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Donc effectivement, la rédaction est sans doute complexe et sans doute elle est perfectible. Mais je le dis et je le répète, la solution de M. François Ruffin c'est les prix minimums. Ça a existé dans les années 80. Ça a conduit à jeter les citernes de lait dans les caniveaux et à former les puissances agro-industrielles et ça n'a pas enrichi un agriculteur et ça a continué à faire décliner le nombre d'agriculteurs. Donc ça ne fonctionne pas.

Ce mécanisme-là n'a jamais fonctionné nulle part et a juste fait crever de faim les agriculteurs. C'est tout ce que ça ne finit pas.

15:33
Présentateur

Alors c'est quoi la solution ? Est-ce que c'est de plus contraindre la grande distribution ? On a une question de flot sur Instagram. Qu'attendez-vous de Michel-Edouard Leclerc ? On voit que les magasins Leclerc sont aussi pris pour cible par les agriculteurs en colère en ce moment.

15:45
Jacques P. Moreau

Moi je n'attends rien de Michel-Edouard Leclerc parce que le seul pouvoir d'achat qu'il a jamais su préserver c'est le sien propre et absolument pas ni celui des consommateurs ni celui des agriculteurs.

Donc effectivement il faut contraindre davantage sur les négociations commerciales ne pas faire du agri-washing en faisant en sorte de mettre 2% de son rayon en vente directe des agriculteurs avec des prix décents et à côté sur 98% du rayon serrer le kiki jusqu'à plus soif à tous les industriels et à tous les agriculteurs parce que contrairement à ce qui est dit parfois alors je ne dis pas qu'il y a certains industriels qui ne s'en mettent pas plein les poches mais la plupart des PME en agroalimentaire honnêtement ce n'est pas elles qui aujourd'hui se font des marges mirobolantes et ce n'est pas elles qui vivent super bien de leur production non plus.

Donc il faut mieux équilibrer les marges il faut davantage de transparence des marges c'est évident.

16:34
Présentateur

Mais ce n'est pas un peu il y a qu'à Faucon ça ?

16:36
Jacques P. Moreau

Non, on l'a écrit dans la loi Egalim il y a un certain nombre de choses dans la loi Egalim la contractualisation entre l'agriculteur et son premier acheteur il y a certains secteurs d'activité certaines filières où on est à 2% on devrait être à 100% aujourd'hui. Donc elle n'est pas appliquée cette loi ?

Elle n'est pas appliquée non, elle n'est pas appliquée parce que la sacralisation des matières premières agricoles ça passe par la contractualisation de l'agriculteur parce que c'est lui c'est lui seul qui peut déterminer quel est son coût de production et qui peut dire à quel prix il faut acheter par rapport à son coût de production donc il y a un certain nombre de choses qui ne sont pas suffisamment appliquées il faut aider les agriculteurs à mettre en place cette contractualisation on ne les a sans doute pas suffisamment accompagnés dans cette chose-là pour que ce soit aussi mal mis en place donc il faut tirer les conclusions de ce qui n'a pas marché il faut faire un vrai bilan de cette loi voir ce qui a fonctionné ce qui n'a pas fonctionné et la mettre en place moi je crois en cette loi je crois toujours en cette loi sauf qu'il faut peut-être être même plus contraignant sur certains aspects et la renforcer sur certains aspects

17:26
Présentateur

Alors face aux dégradations qu'on voit depuis plusieurs jours le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a demandé aux forces de l'ordre une grande modération Comment expliquez-vous cette attitude qui n'est pas la même pour d'autres mouvements sociaux ?

17:38
Jacques P. Moreau

Les autres mouvements sociaux enfin déjà la différence des autres mouvements sociaux les agriculteurs ne s'attaquent pas directement aux forces de l'ordre et aux personnes déjà pour commencer c'est canalisé c'est contrôlé alors oui il y a des images de violence oui il y a des gens qui sont dans des espérances totales parce que c'est des gens qui ne vivent plus de leur métier et qui n'arrivent plus à faire vivre leur famille de leur métier donc effectivement quand vous êtes dans ces situations-là vous avez besoin d'exprimer une colère et la colère parfois elle s'exprime de façon un peu vélemente et un peu violente oui mais ça reste toujours encadré et surtout ça ne va jamais vers l'atteinte aux personnes alors oui il y a des pneus brûlés oui mais moi j'en ai été aussi l'objet quand j'ai été député j'ai été aussi dans les manifs avant d'être député et de l'autre côté de la barrière mais ça reste quand même mesuré, contrôlé et encadré ça ne vire pas au tout et n'importe quoi on ne s'attaque pas à la propriété privée déjà à la différence d'un certain nombre d'ONG et on reste dans des revendications vis-à-vis de l'État

18:30
Présentateur

enfin on bloque des routes on s'attaque à des supermarchés à des préfectures enfin les biens sont quand même attaqués en ce moment

18:38
Jacques P. Moreau

il n'y a pas de dégradation majeure je ne dis pas qu'il n'y a pas des excès et qu'il n'y a pas des choses qu'il faut éviter de faire en plus parce que ça décrit des milices au mouvement et alors que le mouvement est très soutenu s'il y a trop de violence le soutien va s'affaisser donc y compris pour la cause ce n'est pas bénéfique d'aller dans des excès et effectivement des dégradations ça ne sert à rien si c'est juste brûler faire un feu devant une grille ça ce n'est pas gênant si c'est défoncer la grille oui effectivement et ça ne sert absolument pas la cause selon moi

19:06
Présentateur

Est-ce que vous pensez vous qui avez bien connu la période des gilets jaunes qu'on va vers un mouvement du même type sans forcément filer la métaphore ou la comparaison certains parlent maintenant des gilets verts ou des bonnets jaunes est-ce que c'est ce même type de colère selon vous des populations qui se sentent oubliées du pouvoir central

19:23
Jacques P. Moreau

Alors oui ils se sentent oubliés mais la façon de manifester est différente déjà il faut qu'ils aillent s'occuper de leurs fermes et de leurs animaux de toute façon donc ils ne vont pas pouvoir rester des mois autour sur les routes parce qu'un agriculteur il n'est pas là pour enfin sa vocation ce n'est pas manifester c'est s'occuper de ses animaux s'occuper de sa ferme et produire de l'alimentation pour tous les citoyens et tous les citoyens donc moi je ne crois pas du tout en cette version gilet jaune je ne pense pas voilà il faut des réponses concrètes parce que s'il n'y a pas de réponses concrètes ça va dégénérer en colère et ça peut effectivement arriver à des excès de violences assez importants il faut des réponses concrètes et pragmatiques et pas juste des paroles ça c'est clair mais je ne crois pas en ce qu'on appelle les gilet jaunisations ou ces choses là parce que ce ne sont pas les mêmes revendications et ce sont des gens qui ne sont pas dans les mêmes situations et qui sont là pour défendre leur métier qu'ils aiment par dessus tout et donc moi je ne crois pas du tout en un enquistement des choses voilà si les réponses sont satisfaisantes et à la hauteur les agriculteurs retourneront dans leur ferme parce que c'est là où ils sont heureux et pas sur les routes à bloquer

20:29
Présentateur

France Culture Sens politique Astrid De Villene alors on va parler de votre expérience à l'Assemblée Nationale et de l'actualité aussi au Palais Bourbon cette semaine les groupes politiques n'ont pas réussi à se mettre d'accord pour observer une minute de silence après la mort d'une agricultrice en Ariège depuis sa fille aussi est décédée qu'est-ce que ça dit de l'Assemblée Nationale actuelle que vous avez quittée je rappelle en 2022 après votre défaite

20:56
Jacques P. Moreau

oui et ça me donne encore moins de regrets de ne plus y être honnêtement quand je vois le triste spectacle proposé par l'Assemblée depuis deux ans maintenant franchement tout le monde après les élections disait l'Assemblée va être renforcée au moins les représentatifs du peuple français en fait l'Assemblée elle n'a jamais été aussi faible en vérité parce qu'elle est hyper divisée c'est un terrain de clivage et de caricature et c'est pas du tout je regarde les débats de temps en temps parce que ça continue à m'intéresser à me passionner la politique comme ça me passionnait avant de m'y engager mais franchement le niveau la faiblesse du niveau des débats la faiblesse des arguments de fond qui sont développés les postures caricaturales et idéologiques des uns et des autres franchement c'est un peu minable et c'est pas du tout à la hauteur des enjeux du pays enfin je veux dire aujourd'hui c'est plus l'intérêt général on a affaire à des boutiquiers qui chacun défend les intérêts de sa boutique mais on n'a pas l'impression qu'il y ait quiconque qui soit vraiment intéressé par l'avenir du pays et l'avenir de nos concitoyens

21:52
Présentateur

est-ce que cette assemblée elle n'est pas tout simplement représentative d'une société française qui se radicalise ?

21:58
Jacques P. Moreau

qui se radicalise et peut-être aussi qui est dans l'égocentrisme c'est-à-dire que chacun ne regarde que ses problèmes à soi et est incapable de dépasser sa situation personnelle pour essayer de voir qu'est-ce qui va dans le sens de l'intérêt général parce que moi ce que j'ai aimé à l'Assemblée nationale c'est justement d'être capable de prendre de la hauteur et de défendre l'intérêt général et qui n'est jamais la somme des intérêts particuliers donc c'est des fois prendre des décisions qu'il faut expliquer parce que ça va dans le sens de l'intérêt général mais c'est pas instinctif dès le début que c'est cette décision-là qu'il fallait prendre et ça c'est intéressant d'arriver à essayer d'expliquer pourquoi on prend ces décisions-là et pour quelles raisons et que sur du long terme l'évolution des choses nous donne raison mais là on a l'impression un peu c'est piloté au jour le jour il n'y a plus de vision à moyen et long terme on a passé le discours du président tout à l'heure il y avait une vraie vision à moyen et à long terme sur l'agriculture notamment mais sur d'autres choses et aujourd'hui on voit plus de politique capable de faire on a du court-termisme des mesures on va dire court-termiste avec des chèques avec des choses comme ça mais pas de vision à moyen et long terme et c'est un peu ce qui manque je pense aux français pour se réintéresser à la politique parce que si la France a été un pays politique je pense qu'elle n'est plus un pays politique et aujourd'hui elle a été dégoûtée par ses politiques de la politique

23:14
Présentateur

c'est Emmanuel Macron qui n'a plus de cap ?

23:16
Jacques P. Moreau

non non non je ne pense pas que c'est Emmanuel Macron qui n'a plus de cap mais effectivement il n'a plus de majorité ce qui complique beaucoup les choses pour mettre en place et concrètement faire des transformations qui seraient nécessaires et du coup on se contente de demi-mesure pour essayer de réunir un peu les différents partis à l'Assemblée mais du coup on ne peut plus avoir de mesures fortes de transformation parce qu'il faut faire des compromis avec les uns avec les autres alors le compromis n'est pas mal en soi sauf si ça confine à l'immobilisme parce qu'aujourd'hui on ne peut plus se permettre le président l'a rappelé lors de ses voeux l'immobilisme c'est ce qui tue notre pays depuis 20 ou 30 ans où on se neutralise où les majorités successives défoncent ce que les autres avant ont fait enfin je veux dire et on arrive à une situation totalement sclérosée avec des transformations qui n'ont pas été faites et qui peinent à se faire je pense que la vision du président dans son livre évolution était la bonne je pense que les orientations de 2017 étaient les bonnes qu'on ait tout réussi non on a réussi certaines choses quand même les premières lois du dernier quinquennat sur Egalim sur la loi Pacte sur la simplification sur tout ça c'était des choses qui allaient dans le bon sens maintenant le problème c'est qu'aujourd'hui on est un peu sclérosé un peu bloqué par un certain nombre d'attitudes totalement partisanes et boutiquaires

24:24
Présentateur

Marc Fainot le ministre de l'agriculture a décalé une nouvelle fois son projet de loi qui devait être présenté cette semaine en conseil des ministres pour faciliter l'installation de nouveaux agriculteurs alors qu'on sait qu'un tiers des agriculteurs seront à la retraite dans 10 ans est-ce qu'il a bien fait ?

24:40
Jacques P. Moreau

Oui il a bien fait parce que la loi elle a été réduite à 9 articles alors qu'elle est partie de 24 articles elle ne concernait plus que quelques détails très techniques de l'installation alors qu'au départ il y avait l'accès à l'eau il y avait des mesures de compétitivité et elle a été détricotée au fur et à mesure des arbitrages interministériels donc oui il faut une loi d'ampleur sur l'installation moi j'y suis confronté aujourd'hui je suis en train de passer la main à mon ancien salarié qui est devenu mon associé et c'est moi qui vais faire la banque parce que étant un jeune hors cadre agricole c'est-à-dire que ses parents n'avaient pas une ferme à disposition aujourd'hui aucune banque ne le suit pour s'installer aucune banque ne va lui prêter de l'argent pour s'installer et donc si moi je ne lui transfère pas l'exploitation de façon parce que ce soit moi qui fasse la banque globalement il ne pourra pas reprendre et c'est mon cas mais c'est le cas de tous les jeunes hors cadre or comme vous l'avez dit on a 50% des agriculteurs qui vont prendre la retraite dans les 10 ans au niveau européen si on n'arrive pas à installer des gens en dehors du cadre de l'agriculture c'est-à-dire des gens qui viennent d'autres univers c'est foutu les fils et filles d'agriculteurs ça ne suffira pas à maintenir le niveau des fermes telles qu'on a aujourd'hui ça veut dire que ça va continuer à s'agrandir et que le nombre d'agriculteurs va continuer à diminuer

25:48
Présentateur

Combien vous gagnez par mois quand vous étiez agriculteur Jean-Baptiste Moreau ?

25:52
Jacques P. Moreau

Alors là c'est une bonne question mais heureusement j'avais une femme qui travaillait à l'extérieur donc ça aide bien parce que c'est très variable d'un mois à l'autre ça dépend de la trésorerie qu'on a sur l'exploitation et globalement voilà quand on arrive à se prendre 1000, 1100 euros 1200 euros c'est le bout du monde par mois

26:07
Présentateur

Le fait de ne pas partir en vacances parce qu'on n'est pas remplacé est-ce que c'est quelque chose que vous avez vécu vous dans votre exploitation ?

26:13
Jacques P. Moreau

Oui c'est pesant mais sachant que moi à l'époque on était quand même il y avait mon père au début quand j'ai repris après j'avais des salariés donc on se débrouillait quand même pour partir une semaine l'été globalement et 4-5 jours l'hiver donc oui c'est pas beaucoup et pour la famille effectivement c'est un peu dur surtout que les week-ends c'est pas de week-end enfin je veux dire quand vous avez un dimanche après-midi déjà ou avec votre famille c'est déjà bien donc mais oui mais on accepte parce que c'est des métiers de passion mais effectivement ça sacrifie une bonne partie de la vie personnelle et de la vie privée et effectivement c'est compliqué tout ça pour un salaire effectivement plus que modique quoi donc oui c'est difficile mais justement il faut trouver les moyens de mieux rémunérer parce qu'on accepte ces conditions-là quand même quand je me suis installé en 2006 je savais que j'allais pas gagner 3000 euros par mois et que voilà mais il y a des c'est vraiment un métier de passion et qu'on vit au fond des tripes et si je l'arrête aujourd'hui c'est pas parce que je suis démotivé pas du tout parce que je suis plus motivé que jamais mais c'est que je pense que je peux être plus utile à ce métier-là ici enfin tout du moins à faire les allers-retours et apporter un certain nombre de messages au niveau médiatique et au niveau politique que à rester dans ma ferme en creuse mais sinon je préférerais rester dans ma ferme en creuse je suis beaucoup plus à l'aise au milieu de mes vaches qu'ici sur les plateaux

27:26
Présentateur

mais est-ce que c'est aussi ces conditions de vie qui font en sorte qu'on ne trouve plus forcément de candidats à ces postes-là et est-ce que le politique peut faire quelque chose pour les transformer tout simplement ces conditions ?

27:39
Jacques P. Moreau

sur l'organisation du travail il faut faciliter effectivement les possibilités de remplacement parce que c'est ça aussi le problème c'est que non seulement on ne trouve plus d'agriculteurs pour s'installer mais on ne trouve plus d'ouvriers non plus pour aller travailler sur les exploitations agricoles notamment sur les exploitations d'élevage parce qu'encore en grande culture pour conduire des tracteurs des machines c'est quand même plus simple mais pour aller s'occuper des vaches dans le froid la pluie c'est beaucoup plus compliqué trouver des quand on est éleveur trouver des salariés c'est hyper compliqué ça c'est un sujet

28:08
Présentateur

qui passe sous les radars politiques

28:09
Jacques P. Moreau

mais complètement et sur l'organisation du travail il faut qu'on envisage d'autres formes de société parce qu'on a un gros problème aussi en agriculture c'est la transmission c'est le coût de la transmission et des agriculteurs s'endettent mais de façon monumentale jusqu'à leur retraite pour arriver à reprendre des exploitations parce qu'il faut payer les frères les sœurs de l'équivalent de l'exploitation on est dans des situations totalement ubuesques aujourd'hui dans les successions qui vont rendre toutes les fermes les plus viables aujourd'hui vont finir par ne plus être transmissibles à la génération suivante donc c'est complètement ubuesque comme situation

28:39
Présentateur

Avez-vous vu de près la déconnexion du monde politique avec le monde paysan quand vous étiez député ?

28:45
Jacques P. Moreau

Oui bien sûr bien sûr qu'aujourd'hui c'est ce que je disais tout à l'heure on a de moins en moins de gens qui ont de la famille en agriculture ou des proches en agriculteur et évidemment qu'en plus il y a de moins en moins d'agriculteurs donc le pouvoir politique et le pouvoir on va dire du bulletin de vote des agriculteurs il est beaucoup plus faible qu'il a été à un moment et c'est pour ça que c'est ce que j'expliquais aux organisations professionnelles et c'est la raison pour laquelle je veux pousser un peu plus loin mon engagement c'est que les organisations professionnelles agricoles elles ont eu l'habitude de parler à des députés à des maires à des élus qui connaissaient déjà un peu un minimum leur secteur donc ils leur parlent voilà avec un certain niveau le problème c'est qu'aujourd'hui ils n'y connaissent plus rien du tout et donc il faut reprendre à la base il ne faut plus du tout parler de la même façon et déverser des bennes de fumier devant les permanences de députés honnêtement aujourd'hui c'est plus contre-productif qui vont critiquer l'agriculture que vraiment leur faire écouter les préoccupations des agriculteurs il faut changer les méthodes de revendication et changer les méthodes pour parler aux élus

29:43
Présentateur

Vous a-t-on déjà fait sentir à l'Assemblée nationale quand vous y étiez de 2017 à 2022 que vous n'étiez pas à votre place Jean-Baptiste Moreau ?

29:52
Jacques P. Moreau

Alors je dirais non mais pas parce que je suis différent d'un autre ou quoi que ce soit mais ma proximité avec le président de la République depuis la campagne de 2017 a fait que globalement les gens m'ont assez peu affronté en frontal sur ces choses-là mais effectivement on se retrouve parfois un peu décalé dans sa façon de faire et de dire les choses et bon alors après j'ai été porte-parole du parti présidentiel c'est bien qu'ils y trouvaient pas tant à redire que ça mais effectivement je ne ressemble pas vraiment à la plupart des députés de la République en marche de l'époque monsieur le ministre ce matin les salariés de l'entreprise GMES de la souterraine sous traitant de Renault et de PSA se sont rendus sur un site de production de PSA à Don Pierre dans l'Allier ils s'inquiètent pour l'avenir du site et de leurs emplois en effet l'entreprise GMES a été placée en liquidation judiciaire avec poursuite de l'activité par le tribunal de commerce de Poitiers qui doit rendre une décision définitive le 21 juillet prochain est statué sur la reprise de GMES par le groupe GMD également sous traitant de la filière automobile monsieur le ministre nous connaissons les efforts que vous avez déployés avec Benjamin Griveaux depuis votre prise de fonction sur ce dossier laissé non traité par le précédent gouvernement nous savons que vous avez mobilisé les services de l'Etat les collectivités territoriales et la région Nouvelle-Aquitaine mais aussi renouer le dialogue avec d'une part les organisations syndicales et d'autre part les constructeurs Renault et PSA qui sous votre impulsion ont annoncé de nouveaux investissements et garantis des commandes

31:27
Présentateur

le 5 juillet 2017 première séance de questions au gouvernement pour la nouvelle majorité d'Emmanuel Macron et c'est vous qui posez la première question pour le groupe La République En Marche ça vous émeut on dirait d'entendre cette archive

31:40
Jacques P. Moreau

c'était hyper émouvant et puis c'était hyper stressant surtout la première fois que je suis rentré dans l'hémicycle déjà je veux dire six mois avant je n'imaginais pas une seule seconde mettre les pieds dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale donc effectivement poser la première question au gouvernement et en plus dans une situation hyper compliquée parce que GMS c'était pendant ils ont menacé de faire sauter leur usine pendant la campagne présidentielle et la campagne législative c'était des salariés qui étaient vraiment dans un état très compliqué c'était vraiment une entreprise historique du département qui était menacée de fermer ses portes donc c'était voilà j'avais été rencontrer quelques jours avant c'était vraiment une situation très compliquée et prendre la parole oui premier député de la majorité à poser la première question au gouvernement c'était un peu stressant je n'étais pas franchement préparé à ça

32:28
Présentateur

racontez-nous comment vous intégrez finalement l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron on raconte que c'est au salon de l'agriculture de 2017 que vous vous rencontrez par l'intermédiaire de quelqu'un qu'on a reçu ici à votre place en septembre François Patria sénateur de la Côte d'Or

32:44
Jacques P. Moreau

oui tout à fait François je le connaissais puisque j'avais travaillé en Côte d'Or moi pendant un an dans le conseil aux éleveurs et donc j'avais croisé François à l'époque président du conseil régional de Bourgogne sur les différents commis et autres et puis j'étais proche du PS même si je n'ai jamais été encarté jamais signé d'engagement voilà donc François on se connaissait depuis l'époque et on s'était revu dès fin 2016 effectivement en Creuse quand il était venu animer une réunion publique et puis effectivement c'est revu on était sur le stand Interbev qui est fermé aux journalistes et fermé aux caméras où il y a un restaurant et où on déjeune régulièrement quand on est au salon d'agriculture et donc il se trouve par hasard que je me retrouve à peu près en même temps qu'Emmanuel Macron et donc François me voit à l'autre bout du stand et me dit viens je vais te présenter parce que moi je l'avais vu uniquement en réunion publique mais j'étais dans le public bien sagement assis comme tout le monde et donc voilà et de là on a discuté pendant un bon quart d'heure avant d'entrer dans le restaurant et voilà et il a posé les bonnes questions alors je ne m'attendais pas à ce qu'il connaisse vraiment le sujet et pourtant malgré tout sur ce que je lui ai dit il posait les bonnes questions au bon endroit on a déjeuné ensemble finalement et puis à la fin du repas il m'a dit mais est-ce que tu as présenté ta candidature aux législatives j'ai dit non mais je suis président de coopérative je suis éleveur j'ai déjà largement là j'en ai plein j'ai vraiment autre chose à faire et il m'a dit bah tu devrais quand même y réfléchir sérieusement et voilà et en fait si je ne l'avais pas rencontré ce jour-là je ne pense pas que j'aurais été un jour candidat aux législatives parce que enfin c'était pas du tout dans mes moi j'avais des remarches dès 2016 mais plus pour contribuer j'avais envoyé des notes à l'époque à Audrey Bourrello à Julien de Normandie mais c'était vraiment pas dans l'optique de moi-même être candidat ou député un jour

34:27
Présentateur

et qu'est-ce qui vous décide d'aller ?

34:29
Jacques P. Moreau

c'est l'homme c'est la personne et depuis il s'est vraiment construit aussi étonnant que cela puisse paraître une amitié forte puisque encore aujourd'hui on communique très régulièrement et on s'appelle régulièrement aussi voilà c'est tout de suite passé parce que c'est quelqu'un de très humain contrairement à la façon dont on le décrit la plupart du temps c'est quelqu'un qui est enfin voilà et qui est hyper pertinent je n'ai jamais vu une machine intellectuelle comme lui la capacité à réfléchir y compris sur des sujets qu'il ne connaît pas et à détecter les points de faille les problématiques de façon aussi rapide enfin franchement c'est une puissance intellectuelle que je n'ai jamais rencontrée nulle part ailleurs une capacité de mémorisation des problématiques enfin je peux vous dire pour l'avoir accompagné plusieurs années au centre d'agriculture et pour avoir vu d'autres présidents j'ai vu le président Hollande j'ai vu le président Chirac parce que je suivais le centre d'agriculture depuis 1996 donc autant vous dire que ce n'était pas mes premiers avec le président Macron et je peux vous dire que pour entrer dans l'intimité des dossiers je n'ai jamais vu un président de la République rentrer dans l'intimité des dossiers comme lui le fait les autres oui Chirac il tâtait le tue des vaches mais il ne connaissait que dalle enfin je veux dire beaucoup ont la nostalgie de Chirac sur l'agriculture c'était un super bon politique il était adoré enfin d'un point de vue humain il était très sympa mais sur le fond des dossiers il ne connaissait rien enfin je veux dire et voilà mais pour le coup Emmanuel Macron c'est quelqu'un qui s'approprie rapidement l'ensemble des dossiers quel que soit le secteur et puis après d'un point de vue plus humain voilà c'est quelqu'un qui est très attachant qui a été là et avec Brigitte aussi après ma défaite qui ont continué à m'appeler

35:58
Présentateur

est-ce que vous diriez qu'il a changé Emmanuel Macron par rapport au trentenaire que vous avez soutenu il y a 8 ans ?

36:04
Jacques P. Moreau

forcément mais on a tous changé enfin je veux dire on a été confronté à des années difficiles aux gilets jaunes à un certain nombre de crises l'Ukraine et autres donc forcément qu'il change un peu mais sur le fond il n'a pas changé il est toujours lui-même il a toujours la même puissance intellectuelle il a toujours l'envie de faire et de modifier les choses mais après oui évidemment qu'il y a un peu de fatigue certainement il y a un peu de lassitude aussi qui s'est installé mais qui ne le connaîtrait pas au poste où il est avec l'exposition qu'il a eu pendant 7 ans mais la volonté de faire elle est toujours là ça j'en suis certain mais c'est pas simple

36:36
Présentateur

le prochain salon international de l'agriculture va ouvrir ses portes le 24 février il fête ses 60 ans dans ce contexte est-ce qu'il aurait à votre avis une saveur particulière ?

36:46
Jacques P. Moreau

ça va être compliqué si c'est pas apaisé d'ici le salon ça risque d'être assez mouvementé on a connu des salons d'agriculture un peu raides et avec des manifestations très dures envers les politiques c'est pas impossible si jamais la crise n'est pas désamorcée d'ici là que ce soit très compliqué c'est dommage ça serait dommage qu'il y ait un boycott pur et simple parce que le salon d'agriculture c'est quand même justement un bon moyen de reconnexion de l'ensemble de la population aux thématiques agricoles au moins pendant une semaine on parle d'agriculture et on fait parler d'agriculture à des agriculteurs parce que beaucoup de gens s'expriment au nom des agriculteurs mais c'est peu souvent les agriculteurs et eux-mêmes qui s'expriment et c'est sans doute un dommage vous pensez qu'il pourrait y avoir un boycott ?

oui c'est possible oui c'est toujours possible effectivement ça va dépendre de comment la crise se dénoue dans les semaines qui viennent mais c'est pas du tout impossible que la base boycotte ou manifeste

37:31
Présentateur

vous les encouragez vous ?

37:33
Jacques P. Moreau

non j'encourage pas parce que je préfère toujours le dialogue au boycott la politique d'HS vide où il vaut mieux dialoguer toujours pour trouver des solutions plutôt que de boycotter

37:41
Présentateur

et vous conseillez à Emmanuel Macron d'y aller ?

37:43
Jacques P. Moreau

oui oui je pense que ça serait malvenu qu'il n'y aille pas enfin je veux dire il y est toujours allé depuis 2017 et honnêtement voilà il n'a jamais fui non plus la confrontation voire il aime ça globalement la confrontation donc je ne l'imagine pas reculer non

37:56
Présentateur

alors Jean-Baptiste Moreau vous êtes aussi quand vous êtes député l'auteur d'un rapport parlementaire sur les usages et la réglementation du cannabis vous vouliez même faire de la creuse une terre de production pour le cannabis récréatif là dessus vous n'avez pas non plus été suivi Emmanuel Macron

38:15
Jacques P. Moreau

non hélas je n'ai pas été suivi par Emmanuel Macron et Gérald Darmanin alors on a avancé sur le CBD on a avancé sur un certain nombre de choses sur le cannabis thérapeutique qui était la première priorité il y a un essai qui s'est mis en place qui a été pérennisé j'espère que ça va même se généraliser beaucoup plus ce que ça et beaucoup plus vite sur le cannabis thérapeutique le problème c'est qu'aujourd'hui on n'en produit toujours pas en France parce qu'il y a un certain nombre de décrets qui manquent et il y a un certain nombre de clarifications dont il y aurait besoin pour pouvoir en produire en France mais déjà on soigne un certain nombre de patients qui étaient dans des situations d'impasse thérapeutique avec du cannabis thérapeutique donc c'est déjà mieux que précédemment sur le cannabis bien-être ou CBD aussi on a avancé moi j'ai des producteurs en creuse qui font de la vente directe et qui commercialisent des tisanes des tas de produits à base de CBD et déjà ça on a avancé parce que désormais

39:02
Présentateur

on a le droit le conseil du cannabis

39:03
Jacques P. Moreau

on a le droit parce que on a le droit ça a été de haute lutte parce que le gouvernement Castex à l'époque avait publié un décret qui interdisait la vente de la fleur je leur avais dit avant qu'ils publient le décret j'ai dit votre truc il tient pas parce qu'en fait ils avaient été obligés de rédiger un décret parce qu'au niveau de l'Europe la France avait été condamnée parce que sa législation n'était pas conforme au droit européen sur le cannabis donc ils avaient publié un décret avec l'interdiction de vente de la fleur je l'ai dit avant qu'ils ne soient publiés le décret j'ai dit votre truc il tient pas la route j'ai dit le premier recours votre truc il tombe et effectivement premier recours c'est tombé donc le CBD est autorisé mais le problème c'est que c'est un vide juridique c'est-à-dire qu'il y a une partie du décret qui a sauté mais il n'y a pas vraiment d'autorisation très claire donc ça limite quand même les investissements dans le secteur

39:44
Présentateur

Pourquoi êtes-vous favorable à l'ouverture d'un débat sur la légalisation du cannabis ?

39:47
Jacques P. Moreau

Mais parce qu'on est dans une politique de prohibition depuis toujours sur le cannabis et qu'on a fait que renforcer la consommation de toute façon la prohibition quand vous avez un million de français qui avouent fumer quotidiennement du cannabis c'est-à-dire c'est totalement illusoire de penser que la prohibition va résoudre le problème on l'a vu avec l'alcool dans les années 30 aux USA ça ne fait que stimuler les trafics que augmenter la consommation et on n'a pas de vraie politique de prévention donc moi je préfère une politique de prévention une interdiction pour les mineurs mais une légalisation encadrée qui permet de contrôler la qualité des produits à la façon dont la CETA travaillait sur la cigarette notamment pour contrôler la qualité des produits qui sont vendus en France pour essayer de mettre en place une vraie logique de prévention pour essayer de dissuader nos enfants et les mineurs de s'adonner à cette addiction qui est particulièrement néfaste au niveau du cerveau donc voilà c'est pour toutes ces raisons-là qu'il faut faire ça

40:38
Présentateur

En 2022 vous avez été battu aux élections législatives dans la Creuse par la candidate de la NUPES comment expliquez-vous cette défaite ?

40:47
Jacques P. Moreau

Sans doute pas assez de présence de terrain sans doute il faut faire sans mes coups j'ai beaucoup été à Paris Oui j'étais beaucoup sur le plateau télé pas seulement j'ai aussi beaucoup travaillé à l'Assemblée nationale c'est-à-dire que j'étais rapporteur d'une loi de la loi Egalims ce qui n'est pas fréquent pour son premier mandat j'ai fait beaucoup de rapports parlementaires vous avez cité le cannabis j'en ai fait un sur le glyphosate aussi j'en ai sur la sortie du glyphosate j'ai fait beaucoup beaucoup de travail à l'Assemblée nationale et sauf que ce travail il n'est pas forcément visible par le citoyen de base et que donc du coup forcément j'ai été moins présent sans doute sur le terrain puis j'avais ma ferme en plus qui tournait pendant ce temps-là donc moi quand je rentrais chez moi le vendredi c'était pour aller sur la ferme et le samedi dimanche donc le matin il fallait que je travaille sur la ferme je n'étais pas toujours présent aux manifestations comme il aurait fallu l'être donc sans doute ça plus un certain nombre de haines recuites d'un certain nombre de gens dont le candidat qui arrivait troisième qui voulait à tout prix me faire perdre voilà parce que pour des raisons peu importe ça ne m'intéresse pas mais voilà donc ça c'est effectivement on était quasiment à égalité au premier tour et au deuxième tour il y a un report de voix qui est absolument pas classique dans ce qui se fait d'habitude dont acte et puis j'étais le visage de Macron sur le département puisque un seul député et puis ma proximité avec le président qui est venu deux fois en creuse quand j'étais député donc voilà c'était tout sauf Macron tout sauf Moreau c'était le slogan du deuxième tour

42:07
Présentateur

Merci Jean-Baptiste Moreau d'avoir été l'invité de Sens Politique et merci à toute l'équipe à la préparation Anne-Claire Bazin à la réalisation Pérez-le-Gras à la technique Florent Bujon à la vidéo Vincent Ronnet Vous pouvez réécouter cette émission sur l'application Radio France et sur franceculture.fr Merci de nous avoir suivis et à la semaine prochaine Sous-titrage Société Radio-Canada

Jean-Baptiste Moreau : "La comparaison de la colère des agriculteurs avec les Gilets jaunes ne tient pas" — Jacques P. Moreau · Pourquijevote