Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
videoyoutube.com· 10 juillet 2026

Michel Fournier (AMRF): Santé et mobilité, deux sujets majeurs dans les petites communes

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

BFM Business. Toute l'info éco et business à la mi-journée. 60 minutes business.

Erwan Maurice. François Baroin, président de l'Association des maires de France, va rendre son siège. Les élus locaux votent de manière électronique aujourd'hui et demain à l'occasion du 103e congrès des maires.

On va faire un petit focus ce midi plus particulièrement sur la ruralité, les villages, les petites villes. Nous sommes avec Michel Fournier. Bonjour.

Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le président de l'Association des maires ruraux de France, par ailleurs maire des Voivres. On est dans les Vosges.

Vous réunissez près de 10 000 maires ruraux qui représentent les communes de moins de 3 500 habitants. La période est difficile pour tout le monde, peut-être plus particulièrement d'ailleurs pour les villages, les petites villes, notamment sur les questions de santé. Ça va être d'ailleurs le premier point que vous allez vouloir aborder.

Alors la question de santé, effectivement, ça c'est quelque chose qui semble devenir dramatique dans certains endroits parce qu'il y a vraiment une impossibilité simplement d'avoir un médecin localement installé, un généraliste à 10, 15, des fois 30 minutes du lieu d'un patient potentiel. Donc c'est quand même...

C'est le premier...

On parle souvent de la sécurité d'une façon globale. La première sécurité, c'est la sécurité médicale. Et aujourd'hui, on n'est plus dans ce cadre-là.

Il n'y a plus de sécurité médicale dans des territoires ruraux. C'est un problème qui est devenu encore plus fort avec la crise sanitaire. Ça a accentué cette question que vous soulignez maintenant de manière assez forte ?

Pas vraiment. On ne peut pas dire...

La crise sanitaire, c'est souvent un accélérateur dans beaucoup de domaines. Mais en fait, c'était déjà prégnant auparavant. Ça fait maintenant des années que, gentiment, incidemment, on s'est aperçu qu'effectivement, les médecins vieillissaient, comme tout un chacun.

Et puis, ils n'étaient pas remplacés. Et on sait qu'elle en est la cause. Et on sait aujourd'hui que s'il n'y a pas des mesures spécifiques par rapport à ces territoires, là, on va dans le mur.

Bon, qu'est-ce qu'il faut faire ? Quelles sont les mesures que vous attendez ? De quoi vous avez besoin pour résoudre ce problème qui est en train de s'aggraver ?

Oui. On a besoin simplement que le patient ait les mêmes droits et les mêmes libertés que le praticien. C'est-à-dire que si on ne prend pas de mesures spécifiques, un peu plus draconiennes, que de vouloir inciter, etc., etc., eh bien, on n'aura pas de résultats.

Donc, un jour, il faut être clair, quoi. Voilà. Ça veut dire qu'il faudra dire, eh bien, effectivement, ces territoires ne sont pas couverts.

Eh bien, nous devons effectivement faire quelque chose. C'était déjà prévu dans le cadre d'un agenda rural que nous avons mis en place, qui incitait, pas seulement, mais qui obligeait à simplement, à la fin des études, que le dernier stage puisse se faire dans les six derniers mois dans les territoires, justement, non couverts. Mais comment on fait, Michel Fournier, très concrètement, pour attirer les médecins, pour leur donner envie de rester, et puis pour attirer aussi les jeunes médecins dans les campagnes ?

Non, non, mais je crois que ce n'est pas la bonne formulation. On fait en sorte que chaque Français, quel que soit son lieu d'habitation, ait le droit. C'est un droit régalien, la santé.

Et le droit à trouver une réponse vis-à-vis de la santé. Donc, on oblige à...

Point. On oblige les médecins à venir travailler ? On oblige à...

Dans certaines mesures. Point. Bon, ça, ça fait partie de ce que vous allez demander.

Et oui, c'est ce que nous demandons. Parce qu'effectivement, c'est...

Qui rémunère les médecins ? C'est la sécurité sociale. Ça veut dire tout un chacun d'entre nous.

Comment est-ce qu'on va obliger un médecin à aller à un endroit où il n'a pas forcément envie d'aller ? Vous pensez que c'est la bonne solution ? Ah, mais je pense qu'à un moment donné, dans d'autres corporations, il n'y a pas le choix.

Les études sont prises en charge par tout un chacun. Eh bien, à un moment donné, il faut savoir aussi rendre l'appareil. On ne parle pas pour...

À vie, on n'est pas dans un système...

On est dans un système dit libéral. Mais à un moment donné, ça a ses limites. Ça a ses limites et surtout, surtout, ou alors on décide tout simplement que dans le milieu rural, les gens n'ont plus le droit à se soigner.

Il y a déjà une étude qui...

Justement, du professeur Vigneron à l'heure actuelle, qui vient de déterminer que l'espérance de vie, l'espérance de vie en milieu rural est déjà de deux ans de moins qu'en milieu urbain. C'est pas acceptable, ce genre de choses. Une autre question qui est au centre de vos préoccupations, c'est celle de la transition énergétique.

Vous avez envie de dire que là-dessus, vous avez aussi votre part à prendre. La transition énergétique, bien entendu. On est confronté, comme tout un chacun, à la réalité par rapport au réchauffement climatique, par rapport, etc.

Donc voilà. Ce qu'il y a, c'est que si vous voulez me parler de mobilité, là aussi, si c'est sur ce volet que l'on doit intervenir, il faudra un jour prendre en compte le fait que l'économie, on a centralisé l'économie, on a tout centralisé. On centralise encore et on continue à le faire.

Eh bien, les gens qui ne sont pas dans ces centralités doivent pouvoir avoir une approche différente. Il n'y a aucune raison qu'aujourd'hui, on va parler simple, carburant. On sait ce que ça a donné, mouvement des gilets jaunes, etc.

Eh bien, le carburant, aujourd'hui, comment se fait-il que ce carburant, on a le même prix du carburant en territoire rural qu'en territoire urbain ? Par contre, je peux vous dire, vous habitez Paris, vous prenez le métro, 70% de votre ticket de métro, c'est l'ensemble de la communauté nationale qui le prend en charge. Donc, on est capable de pouvoir aider spécifiquement pour un mode de transport que l'on ne remet pas en cause, pas du tout, mais qui est important.

Mais on n'est pas capable d'avoir un regard qui pourrait être comparable par rapport à l'obligation que l'on a, nous, parce qu'absence de transport, et puis, à vrai dire, s'il y avait des transports communs partout, je crois qu'il y aurait un coût qui ne serait pas très très logique. Donc, essayons d'avoir un regard spécifique sur ces territoires et la réponse du 100 euros n'est pas la bonne, forcément, réponse. On est dans Paris, vous parlez du carburant, parfois à quasiment 2 euros le litre.

Je ne sais pas si c'est le cas dans certaines campagnes. Vous savez, il n'y a pas trop de différences. Il faut plus de moyens.

C'est quoi l'état des lieux, aujourd'hui, de la situation financière des villes rurales ? Parce qu'il y a aussi la question du financement des petites collectivités avec la taxe d'habitation qui va bientôt totalement disparaître, la taxe professionnelle qui a déjà disparu. Dans quoi vous allez vous retrouver, là, dans quelque chose ?

Ce qui est assez surprenant, c'est qu'on est resté très très jacobins. Et en fait, on est en train de, avec la taxe d'habitation, puisque vous l'évoquez, on sera compensé. On doit être compensé.

On ne pourra plus la maîtriser. On ne pourra plus jouer sur cette progression ou diminution. On ne pourra plus non plus agir et puis surtout avoir un contact avec réel.

On fait des services, la population les constate et finalement, les choses sont liées. Mais c'est pire que cela. Cela veut dire qu'on est en train, de nouveau, de centraliser, de centraliser la décentralisation que tout le monde évoque.

C'est aussi simple que cela. Les messages sont passés. Merci beaucoup, Michel Fournier, président de l'association des maires euro de France, d'avoir été avec nous.

Merci. Merci. Merci.

Merci. Merci.

Michel Fournier (AMRF): Santé et mobilité, deux sujets majeurs dans les petites communes — Michel Fournier · Pourquijevote