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interviewC dans l'air· 13 juin 2022 64 min

Macron/Mélenchon : ça va être serré ! #cdanslair 09.06.2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il est entré en campagne dans la dernière ligne droite. Emmanuel Macron a choisi de se rendre sur des terres de gauche qui ont majoritairement voté Jean-Luc Mélenchon pour ses deux derniers déplacements. Il faut dire que les derniers sondages donnent l'union de la gauche en tête et l'hypothèse d'un revers pour le président réélu est désormais dans tous les esprits. La Macronie sonne donc la charge contre Jean-Luc Mélenchon, dénonçant un programme qui conduirait au chaos, au désordre, un programme d'interdiction et de taxes, a dit Emmanuel Macron.

Le patron de la France insoumise décrit, lui, une panique générale au sein de la majorité alors qu'une question se pose dans tous les états-majors. Comment mobiliser les électeurs à la veille de ces législatives, en tout cas dans ces dernières heures de campagne ? Ces législatives tournent au duel. Macron-Mélenchon, ça va être serré, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef au service politique de Paris Match. Votre chronique jeudi politique publiée aujourd'hui est intitulée Macron sous la menace d'une majorité ric-rac. Swazic Kemener est avec nous ce soir. Vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne.

Citons le dossier dans Marianne cette semaine, les élections les plus importantes depuis 40 ans. Pauline de Saint-Rémy, journaliste politique pour le site d'Information Politico Europe, est avec nous également. On peut retrouver votre newsletter quotidienne sur le site de votre journal. Enfin, Brice Tinturier, directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Selon votre enquête Ipsos-Soprasteria pour France Télévisions, l'ANUP arriverait en tête des intentions de vote au premier tour de ces législatives à 28% juste devant Ensemble, juste devant Ensemble à 27%. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct.

Et on va peut-être commencer avec vous justement, Brice Tinturier, avec ce sondage qui donne, et c'est d'ailleurs le propos de notre émission ce soir, ça va être serré entre, on a résumé entre Macron et Mélenchon, entre l'ANUP et la Macronie.

2:04
Jean-Luc Mélenchon

Oui, je crois que vous avez bien résumé. Maintenant, ce qu'on a sur qui va être en tête reste extraordinairement ténu. On a eu le sentiment d'un petit frémissement au cours des derniers jours, plutôt en faveur de l'ANUPES, lui permettant de coiffer éventuellement ensemble, donc 28-27, c'était l'inverse il y a quelques jours. Pour rien ne vous cacher, on traite encore des enquêtes aujourd'hui et demain, et dans ce que je voyais, ça ne semble pas forcément aussi net que cela. Donc on est dans quelque chose de très serré, je crois, entre l'ANUPES et Ensemble.

Après, les traductions en siège, avec toute la prudence qu'il faut avoir sur ces traductions, sur ces simulations, je pourrais expliquer pourquoi.

2:41
Présentateur

Allez-y peut-être, parce que c'est vrai que pour une présidentielle, on prend ces sondages comme des vrais indicateurs relativement fiables de ce qui pourrait se passer au premier et au second tour. Pour les législatives, c'est très singulier.

2:52
Jean-Luc Mélenchon

C'est très singulier parce qu'en réalité, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'on part de rapports de force mesurés en voie. Mais il faut, pour pouvoir faire une simulation en siège, qu'on ait des hypothèses sur les seconds tours. Donc on pose aussi des questions d'intention de vote de second tour avec différentes configurations pour avoir ce qu'on appelle des matrices de report premier et second. D'accord. Mais c'est là où c'est fragile. Parce que vous posez différentes configurations, les électeurs, les personnes que nous interrogeons, nous répondent, mais elles nous répondent sans avoir eu les résultats du premier tour.

Donc ça, c'est le premier point qui fait qu'ensuite, ces matrices qui reposent sur des sondages, elles peuvent considérablement varier. La deuxième chose à avoir à l'esprit, c'est qu'un point de plus d'abstention ou en faveur d'une autre liste, ça peut faire varier, mais 40, 50 sièges très, très vite. Donc quand on parle de majorité absolue, relative, etc., on le fait sur la base de simulation, je le redis, ils sont encore fragiles.

3:46
Présentateur

La vérité, c'est qu'on est dans le flou, quoi.

3:48
Jean-Luc Mélenchon

On est dans le flou sur les simulations en siège, sur les rapports de force en voie, je pense, j'espère, mais pas trop loin de la réalité, sur les simulations en siège, c'est une autre affaire. Il y a autre chose à avoir à l'esprit, je crois que c'est important de le dire aux téléspectateurs, c'est que vous avez un nombre encore plus important, cette fois-ci, qu'en 2017, de circonscriptions dans lesquelles les choses vont se jouer à deux points ou moins et même dans lesquelles le rapport de force peut se jouer à un point. Donc quand vous accumulez toutes ces variables, une trentaine de circonscriptions, ça va se jouer à moins d'un point potentiellement.

Plus de 100 circonscriptions, ça peut se jouer à deux points, vous vous rendez bien compte que les simulations en siège, il faut faire attention. Et vous avez 50 circonscriptions où a priori le troisième est à un point du deuxième. Donc la qualification pour le second tour, elle peut aussi bouger. C'est pour ça que j'essaye de calmer le jeu sur les simulations en siège. Je comprends que ce soit important parce que c'est le résultat des législatives, mais c'est quand même un outil à forcerie avant le premier tour.

4:42
Présentateur

Alors quel est l'indicateur que vous prenez au sérieux ? Est-ce que c'est la dynamique en faveur de la NUPES ces dernières semaines qui est au fond assez constante ? Vous allez me dire d'ailleurs si je me trompe, c'est ce qu'on a vu dans les enquêtes d'opinion. Ou est-ce que, quel est l'autre indicateur ? Vous vous dites, ça pour le coup, est-ce que c'est l'abstention, le risque d'abstention ? C'est quoi ?

5:03
Jean-Luc Mélenchon

Moi je crois qu'il y a trois dimensions qu'on peut retenir à date de ce scrutin. Première dimension, c'est un scrutin qui sera abstentionniste. Là-dessus, ça me paraît quand même assez...

5:10
Présentateur

Avec peut-être des records même.

5:12
Jean-Luc Mélenchon

Avec peut-être des records. On était à 51,3% d'abstention en 2017. On pourrait même être au-dessus ou en tous les cas dans cette zone-là. Premier point. Deuxième point, et il est important, c'est un scrutin nationalisé. Ça ne se joue absolument pas sur la prime au sortant. Ça, on a pu le mesurer avec de gros échantillons. Il y a une prime au sortant, évidemment, que dans les circonscriptions, le sortant est un LR. Ils font un peu mieux qu'en moyenne générale. Mais ça ne change pas la donne parce que même s'ils ont 17% dans ces circonscriptions-là plutôt que 11% en moyenne, ça les maintient en quatrième position. Et c'est la même chose pour les autres forces pour aller vite.

Donc pas d'élément local, un scrutin extrêmement nationalisé. Il n'y a pas non plus, ça fait l'objet de beaucoup d'interrogations, de différences majeures, suivant que le candidat de la NUPES c'est France Insoumise ou écologiste ou PS. Donc avec un gros échantillon, ça sont des choses que vous pouvez mesurer. Ça ne joue que marginalement. Donc c'est un scrutin très nationalisé, vous l'avez bien dit. C'est Mélenchon contre Macron. Et troisième point, c'est un scrutin incertain. Donc c'est le troisième élément.

Il est incertain parce qu'il y a ces rapports de force, parce que les bascules peuvent se faire ensuite au second tour avec des effets sur des sièges extrêmement lourds, extrêmement puissants. Donc il faut modérer les simulations en siège et bien travailler sur les rapports de force.

6:26
Présentateur

Merci beaucoup Brice Tinturier. En tout cas, on comprend mieux pourquoi il y a un vent de panique. C'est Jean-Luc Mélenchon qui le dit, parlant de la majorité. En tout cas, peut-être une petite fébrilité du côté du camp d'Emmanuel Macron sur le scénario de ces législatives. Une fébrilité, c'est incontestable. Une panique, non, n'exagérons rien. Parce qu'aucun, pour l'instant, aucun sondage, aucune projection, celle de Brice Tinturier ou d'autres instituts, ne donne la victoire, la majorité à la NUPES à ce jour. Il faut le redire à nos téléspectateurs.

Donc, en revanche, ce qui apparaît quand on regarde toutes les études, en tous les cas, moi c'est comme ça que je vois, c'est qu'on a le sentiment que les Français, un, ne sont pas très intéressés par ce scrutin, deux, qu'ils veulent, au fond, ils ne veulent pas donner la majorité à la NUPES, mais ils ne veulent pas non plus donner un blanc-seing à Emmanuel Macron. Il y a comme une espèce de... Ils n'ont pas envie de grand-chose dans la scène politique qu'ils auraient présenté aujourd'hui, ce qui est tout à fait inattendu. C'était le cas pour la présidentielle déjà ? Oui, c'est-à-dire que ces présidentielles ressemblent furieusement à...

Ces législatives ressemblent furieusement à la présidentielle. Rien n'accroche, ça ne démarre pas. Les extrêmes dominent la scène politique et Emmanuel Macron doit arriver dans la ligne droite, donner le coup de collier pour essayer d'avoir cette majorité absolue, peut-être pas pour son seul parti, mais au moins avec ses alliés du Modem et de Horizon, ce qui est déjà une surprise. Il y a à peu près 40 jours, nous avions fait une émission assez vite après ici, la NUPES était née, tout le monde se disait, oh là là, ils feront peut-être 50, 100 députés, et puis là, aujourd'hui, dans les projections de tous les instituts, on est quand même plutôt 190.

Donc c'est déjà en soi assez inattendu, c'est une surprise, et sans doute la première fois que le troisième à l'élection présidentielle fait le match avec le premier, éclipsant la seconde. Déjà, en soi, on est dans le hors norme pour ces législatives qui sont habituellement des élections un peu de confirmation de la présidentielle, depuis 2002, que les législatives se sont passées après la présidentielle,

8:35
Invité

au fond, à chaque fois, la majorité a été assez large, la campagne a été faite d'assez peu de suspense, c'est peut-être la première fois qu'il y a cette incertitude

8:45
Présentateur

à quelques jours du premier tour. Pauline de Saint-Rémy, incertitude, forcément, quand on veut avoir une majorité forte et claire, c'est ce qu'a demandé aujourd'hui Emmanuel Macron, ce n'est pas le scénario dont il rêvait. Non, exactement, mais sur la question de l'inquiétude qui se serait emparée d'Emmanuel Macron et de son entourage, il y a un petit peu de récit qui s'oppose entre ceux autour de lui qui, justement, s'impatientaient jusqu'à hier, où il est allé en Seine-Saint-Denis, aujourd'hui, où il était dans le Tarn, où il a prononcé son premier vrai discours de campagne, en fait.

Il y avait une sorte d'impatience chez ceux de son entourage qui estimaient qu'il aurait dû rentrer dans la campagne beaucoup plus tôt et qui, surtout, depuis six semaines, depuis la fin de l'élection présidentielle, auraient voulu qu'il s'activise... Et pourquoi il ne l'a pas fait ? Alors, justement, j'allais vous dire que la deuxième version qu'on entend, il y a ceux qui s'inquiètent un petit peu, qui s'assument de nous le dire, à nous, journalistes, notamment, c'est que, rien du tout, Emmanuel Macron n'est absolument pas inquiet, pas particulièrement, en tout cas, même s'il observe, effectivement, la dynamique de la NUP ou de la NUPES, selon la façon dont on le prononce.

On n'aura pas réussi à se mettre d'accord jusqu'à trois jours du premier tour.

9:45
Emmanuel Macron

Emmanuel Macron dit NUPES.

9:46
Présentateur

Que, en réalité, tout se passerait exactement comme le président de la République l'avait prévu, puisqu'il estime depuis le début que les Français ne s'intéressent pas à la campagne et ne s'y intéresseront que dans la toute dernière ligne droite. On y est, et ce serait la raison pour laquelle il s'est déplacé hier et aujourd'hui. Et uniquement ça, pas du tout une volonté d'accélérer chez lui, et donc une quelconque inquiétude.

– Et Jean-Luc Mélenchon qui a fait une conférence de presse à l'instant a expliqué que ce n'était pas au président de la République de mener la campagne législative et que c'est grave d'accuser ses opposants de fragilité, l'unité du pays, puisque c'est l'une des accusations d'Emmanuel Macron. Ce n'est pas au président de faire la campagne, il a raison, Jean-Luc Mélenchon ?

– Alors Jean-Luc Mélenchon voudrait que ce soit Elisabeth Borne, évidemment, qui mène la campagne, parce qu'il sait que c'est un tout autre adversaire, Emmanuel Macron, et il voit bien, d'ailleurs, dans la dernière ligne droite, il y a eu beaucoup de temps de parole qui a été accordé à la NUPES, et donc il y a beaucoup plus de temps de parole aujourd'hui pour la majorité. Donc ça aussi, ça a été calculé par la majorité, par les équipes d'Emmanuel Macron, donc on va beaucoup entendre Emmanuel Macron jusqu'à vendredi soir, la fin de la campagne. – Vous avez gardé du temps de réserve volontairement ?

– Alors, certains ont regardé, effectivement, comment ça se passait, parce que c'est un jeu qui se joue jusqu'au premier tour des législatives. Mais Jean-Luc Mélenchon, il voit bien ce qui est en train de se passer, c'est-à-dire que pour l'instant, il y avait un refus de jeu de la part de deux acteurs très importants de cette campagne, Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Marine Le Pen avait dit très tôt, finalement, que le président de la République aurait sa majorité, on l'entendait dire, si on a un groupe, ce sera bien, et puis elle a commencé à hausser le niveau de jeu en voyant que Jean-Luc Mélenchon était en train de lui prendre, ce que vous dites il y a l'instant, Bruno, sa place de première opposante à Emmanuel Macron.

Et puis de l'autre côté, on avait Emmanuel Macron qui était aussi dans le refus de jeu, il prenait son temps, il a pris des semaines à construire le gouvernement, du temps à rentrer en campagne, et donc il y a eu beaucoup de place pour Jean-Luc Mélenchon et finalement, Jean-Luc Mélenchon a croisé l'aspiration de toute une partie de la gauche qui disait, depuis des années, on le voyait dans les sondages, il voulait qu'il y ait une candidature unitaire. Alors ça n'a pas été le cas pour la présidentielle, mais il y avait une aspiration des jeunes.

Et donc, ils ont regardé un peu passer le train, Jean-Luc Mélenchon, et puis maintenant, il se réveille en fin de campagne et c'est effectivement Emmanuel Macron qui mène la campagne et pas Elisabeth Borne.

– Ce que je n'arrive pas à comprendre, pardon, c'est est-ce que c'est un scénario, au fond, qui a été pensé dès le début par le président de la République en disant, on va laisser partir Jean-Luc Mélenchon et de toute façon, dans la dernière ligne droite, c'est comme ça qu'on fait une campagne, désormais les gens se décident très tard et je rentre en campagne au moment que j'ai choisi, ou est-ce qu'il y a quelque chose qui est un peu précipité parce que les sondages étant ceux que viennent de décrire à l'instant Brice Tartier ?

– Je pense qu'il y a des deux, c'est-à-dire à la fois la volonté de garder la maîtrise du temps et donc d'être très présent dans la dernière ligne droite de la campagne en sachant qu'il y avait énormément de temps cette semaine entre la présidentielle et les législatives et que les Français allaient s'en désintéresser d'une campagne longue, mais en même temps, une petite inquiétude parce que finalement, la gauche, pour Emmanuel Macron, c'était de l'histoire ancienne, c'était réglé, on parlait beaucoup de la France qui avait basculé à droite, même si ce n'était pas tout à fait exact quand on regardait les items, mais c'est ce qu'on entendait beaucoup, que le danger ne devenait plus de là.

Et là, il y a un récit qui est en train de se construire à gauche sur la fiscalité, sur le programme économique, et là, il comprend qu'en particulier sur la retraite à 65 ans qu'il va y avoir une opposition très présente et il sait bien que même si Jean-Luc Mélenchon n'obtient pas la majorité absolue, la NUP sera très présente. – Et il sera obligé d'adapter ce qu'il a commencé à faire, son discours, y compris sur les retraites, on va en parler dans un instant. En tout cas, la Macronie sort l'artirée lourde dans la dernière semaine pour tenter d'enrayer la percée de l'union de la gauche derrière Jean-Luc Mélenchon.

Le président est donc entré en campagne, il cible les terres de gauche et tacle un programme, je cite, « d'interdiction et de taxation ». Il a appelé aujourd'hui les Français à lui donner une majorité forte et claire. Aubrey Perrault et Erwann Hélion. Comme un air de victoire à gauche, avant même d'avoir les résultats. À quelques jours du premier tour, Adrien Catenance, l'une des têtes d'affiches des Insoumis, pousse la chansonnette. Si les candidats NUPES s'y voient déjà à l'Assemblée, c'est que les derniers sondages sont bons. L'alliance de la gauche fait désormais la course en tête devant la majorité présidentielle.

Le chef de file, Jean-Luc Mélenchon, surfe sur la dynamique et en remet une couche dans la presse.

14:09
Invité

C'est la première fois que l'opposition est donnée en tête, nous allons gagner.

14:14
Présentateur

Quelques jours après la percée de la gauche dans les circonscriptions des Français de l'étranger, pour des députés de la NUP, appelle à la mobilisation générale ce dimanche.

14:24
Auditeur

On compte sur vous, c'est dimanche que ça se passe.

14:27
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, Emmanuel Macron va devoir se faire à l'idée, répète-t-il.

14:32
Auditeur

Ah bah si bonhomme, tu vas le nommer.

14:34
Présentateur

Pas si vite, répond Emmanuel Macron. Un mois et demi après sa réélection, le président en campagne, plus que jamais, hier en Seine-Saint-Denis. Et même là, duel continue. La Macronie commencerait-elle à s'inquiéter ? Cette semaine, ténors et ministres défilent sur le terrain pour aller défendre le parti présidentiel.

15:01
Invité

Ce qui compte pour moi, c'est d'abord le travail que je vais réaliser. Et pour réaliser ce travail, bien sûr, nous avons besoin d'une majorité solide à l'Assemblée nationale.

15:13
Présentateur

Une majorité à l'Assemblée pour appliquer le programme du président élu, mais aussi pour se protéger d'une régulation soviétique, préviennent-ils.

15:22
Emmanuel Macron

Il est clair que, vous savez, avec le droit de réquisition des entreprises, par exemple, qui a été posée sans aucun motif. Ça fait partie des propositions. Vous savez, de toute façon, il nous propose une société où soit tout est interdit, tout est organisé. On ne pourra même plus couper son bois dans sa propre propriété, selon Jean-Luc Mélenchon.

15:38
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, devenu la cible préférée des marcheurs.

15:42
Invité

Eux disent vouloir investir dans l'école et la santé, mais veulent le faire avec de l'argent qui n'existe pas. Le résultat, avec Jean-Luc Mélenchon, c'est la guillotine fiscale à tous les étages.

15:52
Présentateur

La gauche trop dépensière. La nouvelle première ministre promet-t-elle des aides ciblées sur le dossier épineux du moment, le pouvoir d'achat ?

16:00
Invité

On souhaite apporter une réponse aux Français les plus modestes, avec un chèque alimentation qui sera là aussi mis en place dans le cadre du projet de loi d'urgence pour le pouvoir d'achat.

16:13
Présentateur

Le pouvoir d'achat, elle en avait fait son argument pour la présidentielle, Marine Le Pen. Mais après le deuxième tour, quand Emmanuel Macron savoure sa victoire, que Jean-Luc Mélenchon prépare déjà le troisième tour, les législatives, en appelant à se faire élire Premier ministre, la candidate du Rassemblement national, elle, affiche moins d'ambition au début mai.

16:35
Invité

Vous voulez être Premier ministre, Marine Le Pen ? Mais encore une fois, ça c'est une escroquerie qui a été vendue par Jean-Luc Mélenchon. Il ne sera jamais Premier ministre. Voilà. Donc il faut arrêter cette fable.

16:47
Présentateur

Marine Le Pen espère 15 députés minimum à l'époque. C'est fiable, donne-moi un peu plus. Avant de revoir ce chiffre à la hausse, un mois plus tard.

16:56
Invité

60 députés, c'est la limite pour que l'opposition soit une opposition de plein pouvoir. C'est-à-dire qu'elle est l'intégralité des moyens qui sont accordés à l'opposition. Et l'idée, si vous voulez, qu'un mouvement qui a soutenu une candidate, qui est arrivé au second tour de l'élection présidentielle, à 42% des voix, ne puisse pas avoir une opposition de plein exercice, me paraît être un déni démocratique absolu.

17:22
Présentateur

Cet objectif est-il encore atteignable pour le Rassemblement national ? Pour l'instant, crédité de 20 à 60 sièges à l'Assemblée, largement distancé par l'alliance de gauche et le parti présidentiel. Nous étions déjà en plein débat en regardant ce reportage. Cette question qui nous est posée par Gérard en Haute-Vienne. Cette dynamique Mélenchon est-elle le signe d'un rejet de la politique de Macron ? Brice Saint-Huilly, c'est intéressant cette question.

17:47
Jean-Luc Mélenchon

Oui, tout à fait. Parce que ce qu'on voit dans cette élection et qui est un peu inédit par rapport à 2017, c'est qu'il n'y a aucun désir ni pour Ensemble et Emmanuel Macron, ni en réalité non plus pour la NUPES. Il ne faut pas là-dessus se faire d'illusions. Vous parlez de dynamique, pour l'instant, on a un mouvement quand même qui semble lent, progressif en faveur de la NUPES, mais ce n'est pas une dynamique comme on l'a vu dans les derniers jours. On verra dimanche pour Jean-Luc Mélenchon. Mais le point frappant, c'est qu'en 2017, les Français vis-à-vis d'Emmanuel Macron se disaient nouveau président, curiosité, approbation des premiers pas. Et donc là, il y avait une forme de dynamique.

Ce n'est plus du tout le cas. Quand vous testez les domaines d'action gouvernementale et que vous demandez aux Français s'ils font confiance ou pas au gouvernement, vous avez des taux qui en réalité sont très faibles. Quand vous demandez ensuite est-ce que la NUPES ferait mieux ou moins bien ou ni mieux ni moins bien, vous vous rendez compte qu'il n'y a pas non plus beaucoup d'espérance du côté de la NUPES. C'est ça qui fait que ce scrutin est un peu mis à distance parce que des deux côtés, il n'y a pas de dynamique puissante, de dynamique forte.

Et il y a un contraste saisissant entre le sentiment d'urgence des Français, notamment sur la question du pouvoir d'achat, et la lenteur perçue des décisions prises par le gouvernement. 65% nous disent que le rythme est trop lent. Le rythme de décision et d'action du gouvernement est trop lent. C'est ça qui, en revanche, je crois, structure une partie du...

19:03
Présentateur

Parmi les attentes des Français, Emmanuel Macron, lors de son déplacement, je crois que c'était hier, dit que les Français veulent de la stabilité. Est-ce que c'est ce qu'ils vous disent aussi ? Avec cette idée, et on va en parler dans un instant, des arguments qui sont déployés, notamment contre Jean-Luc Mélenchon et la NUPES, qui est de dire, en gros, ce sera le chaos et une forme d'instabilité.

19:21
Jean-Luc Mélenchon

D'une certaine façon, c'est vrai. Quand on pose des questions, est-ce que vous souhaitez plutôt des réformes ou plutôt qu'on travaille au rassemblement, que le président et le gouvernement cherchent à rassembler les Français ? Ce qui l'emporte, et assez clairement, c'est une volonté de tempérer, de rassemblement, beaucoup plus que de transformation. Et de la même manière, on n'a pas dans nos enquêtes un souhait majoritaire, qu'il y ait une bascule en faveur de Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon, Premier ministre, et une majorité pour la NUPES. On a plutôt deux logiques radicalement opposées, mais sans grande dynamique puissante derrière.

19:55
Présentateur

Quels sont les arguments utilisés par le camp d'Emmanuel Macron contre Jean-Luc Mélenchon ? Avec vous, Pauline de Saint-Rémy ? Évidemment, ils caricaturent un petit peu Jean-Luc Mélenchon, mais ils l'attaquent essentiellement sur son programme économique. Il y a plusieurs champs d'attaque. Je vais commencer par le programme économique, et notamment sur la question de la dépense publique. Il y a eu un débat qui s'est installé entre Terranova, notamment cette semaine, sur lequel le gouvernement s'est beaucoup appuyé, entre Terranova et la France Insoumise, qui ont débattu à coup de... Terranova, c'est un think tank, un groupe de réflexion ?

Qui prétend en gros que le programme économique de Jean-Luc Mélenchon, parce que le programme économique de la NUP est celui de LFI. D'ailleurs, pourra poser quelques problèmes politiques plus tard, mais on en parlera une autre fois. Terranova, donc, prétend en écho à Bruno Le Maire, notamment, que ce programme économique mènerait à la banqueroute, et notamment à cause de la dépense publique, qui est chiffrée à 250 milliards d'euros de dépenses nouvelles par an par LFI, que l'Institut Montaigne, un autre think tank plus à droite, estime à même bien au-delà, à 300 et quelques milliards d'euros de dépenses nouvelles par an. Donc ça, c'est évidemment un angle...

L'argument m'a su de la crédibilité économique du programme de la France Insoumise. Bien sûr. A contrario, on pourrait observer que la France Insoumise et la NUP, plus généralement, a développé un programme assez précis, assez parlant. Ils ont consacré une conférence de presse à ce sujet il y a deux jours, qui sont une des formations politiques qui, finalement, assume le plus son programme économique, le met le plus en avant et essaye de démontrer sa crédibilité. Avec des marqueurs très lisibles pour les gens, qui est retraite à 60 ans, blocage des prix, SMIC à 1 500 euros. Notamment. C'est ça.

Et moi, j'ajouterais dans les arguments qui sont déployés, on a entendu Emmanuel Macron le dire hier, faisant le tri au sein de l'ANUP, parce que c'est ce qu'il a essayé de faire, les sociodémocrates, les socialistes, en gros, ne peuvent pas accepter le programme économique, mais aussi la quasi-sortie de l'euro et de l'Union européenne. C'est en gros ce que disent aussi le camp macronique. Et l'alliance avec la Russie. L'alliance avec la Russie. Et la nouveauté, c'est aussi, Emmanuel Macron l'a dit aujourd'hui, le cadre était bucolique, mais le discours était au canon. Il a mis aussi, en même temps, les extrêmes dans le même panier, en quelque sorte.

Il parle des extrémistes, mettant au fond l'adversaire, le vote barrage qu'il avait mis en place dans l'entre-deux-tours contre Marine Le Pen. On voit que cette fois-ci, ils veulent faire contre Mélenchon. Mais aujourd'hui, il est réuni tous les deux dans un vote barrage contre les extrêmes. Même si aujourd'hui, selon les différents sondages, le Rassemblement national est moins menaçant qu'il ne pouvait l'être, puisque c'était l'adversaire du second tour. Mais Emmanuel Macron, sans doute pour mieux mobiliser, c'est la chasse aux modérés qu'il a lancée. D'accord. Hier, on l'a bien vu.

Ils ciblaient un peu l'électorat socialiste, l'électorat de gauche modérée, essayant de leur faire comprendre que le programme de Jean-Luc Mélenchon était fou. Et aujourd'hui, c'était peut-être plus l'électorat de droite modérée qui perdrait beaucoup à ce que la majorité macroniste ne l'ait pas... Le camp de la raison. Le camp de la raison. C'est le retour du camp de la raison. Et ils espèrent ajouter l'épouvantail Mélenchon pour ramener, refaire le coup du vote utile. Est-ce qu'il a tort ? Est-ce qu'il a tort, Bruno Jeudy, lorsqu'il dit qu'il y a une partie des socialistes qui ne peuvent pas voter pour la NUP ? Peut-être que je me tourne aussi vers Brice Ceinturier.

Qu'est-ce que vous voyez dans les enquêtes sur les reports de voix ? Est-ce qu'au fond, cette union de la gauche voulue par Mélenchon fonctionne ? Et est-ce que la gauche, comme un seul homme, votera pour la NUP ? Ou est-ce que la position développée à l'instant par Bruno Jeudy, reportée par Emmanuel Macron, qui est de dire, en gros, socialiste, vous ne pouvez pas voter pour Mélenchon ?

23:48
Jean-Luc Mélenchon

En réalité, ce que nous mesurons, c'est que vous avez une forte minorité de sympathisants PS qui ne sont pas d'accord avec cet accord. C'est de l'ordre de 39 à 40%. Mais ensuite, quand vous regardez électoralement, c'est ce que je disais tout à l'heure, si le fait que ce soit un candidat à France Insoumise ou pas restreint l'espace électoral de la NUPES, pas du tout. Ça a très peu d'effet. En revanche, sur qui cible, à mon avis, dans le débat et dans la diabolisation de la NUPES et de son programme économique, qui sont les électeurs ciblés ? Je pense que ce sont principalement les plus de 60 ans. Pourquoi ? Parce que ce sont eux qui vont aller voter et qu'eux ont une mémoire de 81-83.

Donc quand vous leur dites, évidemment, ça ne parle pas aux trentenaires ou au quadrat, mais quand le gouvernement dit que c'est quelque chose qui va reproduire puissance 10, 81-83 et le désastre qui a été celui de 83, ça parle à une petite partie de l'électorat, mais cette petite partie, c'est quand même celle qui va aller voter.

24:42
Présentateur

Cette phrase d'Emmanuel Macron, rien ne serait plus dangereux que d'ajouter au désordre mondial, un désordre français. On voit bien que c'est l'axe de ces derniers jours de campagne. Juste quand même un petit point sur la NUPES. Là où sans doute le camp Macron s'est trompé,

24:57
Invité

c'est qu'ils imaginaient que ça ne fonctionnerait pas cette alliance, cet attelage. Et c'est vrai que sur le papier, ça paraissait difficile. À l'arrivée, il n'y a pas tant de candidatures dissidentes. On nous avait dit qu'il y aurait des dizaines et des dizaines de candidatures dissidentes

25:09
Présentateur

à travers toute la France. hormis un peu la zone d'Occitanie, parce que Chantal Carole Delga a maintenu les candidatures, un peu en Bretagne. Finalement, il n'y a pas tellement de dissidence. Donc on va voir s'ils ont beaucoup d'élus. Mais en tous les cas, cette alliance fonctionne sur le terrain. Et même sur les divergences de vues entre parties qui composent la NUPES, on voit bien que pour l'instant, ils sont prêts à mettre un mouchoir, en tout cas au niveau des cadres, ils sont prêts à mettre un mouchoir sur ce qu'ils ne laissaient pas. Et on le verra notamment dans un instant sur les questions liées à la sécurité et aux propos de Jean-Luc Mélenchon sur la police.

Dans cette dernière ligne droite, il n'y a pas qu'Emmanuel Macron qui se mobilise, il y a aussi les ministres qu'on entend beaucoup et les ministres qui font des annonces, notamment Bruno Le Maire qui a annoncé une augmentation de 4% sur les pensions de retraite. Là aussi, ce sont des arguments de campagne. Enfin, ce sera fait, c'était une attente des retraités. Ça avait été annoncé, mais évidemment, la concrétisation en quelque sorte se fait à quelques jours du scrutin. Oui, vous avez remarqué, toutes les annonces se font dans la dernière ligne droite.

Donc effectivement, cette annonce de Bruno Le Maire, les précisions sur l'indemnité à inflation, puisqu'on ne parle plus de chèque alimentation, mais en même temps avec un petit problème, parce qu'on voit que les Français attendaient. C'était une promesse d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Et puis Bruno Le Maire l'a expliqué lui-même, ce chèque alimentation, il est très difficile à mettre en place, parce que l'idée, c'était que les Français puissent acheter des produits français, des produits bio. L'idée, c'était de leur proposer des produits de qualité. Et puis, ils n'arrivent pas à trouver de dispositif.

La porte-parole du gouvernement, hier, a bien expliqué que c'était encore sur l'établi. Donc l'idée, c'est de dire, tout ce qu'Emmanuel Macron a proposé sera mis en œuvre. Et on commence déjà à vous montrer un petit peu ce qui va se passer cet été. Autre exemple, Emmanuel Macron est revenu cet après-midi sur le dividende salarié. L'idée, c'est de, quand une entreprise va bien, que les salariés puissent en bénéficier directement. Il en parle depuis longtemps, il en a parlé pendant la campagne présidentielle. Et il dit, on mettra ça aussi sur l'établi cet été. Évidemment, on entend les adversaires de l'opposition crier à l'électoralisme, puisqu'on est juste avant les législatives.

Et c'est tout le paradoxe. C'est-à-dire, c'est le grand silence du gouvernement pendant des semaines, d'Emmanuel Macron, puis du gouvernement pendant des semaines. Et là, tout d'un coup, dans la dernière ligne droite, c'est une annonce par jour. C'est de l'habilité politique. C'est de l'habilité. Et on n'a pas parlé non plus de Brigitte Bourguignon, qui a fait des annonces pour les soignants hier, alors que tous les ministres sont censés être en période de réserve. Donc, c'est le moment où, normalement, on ne s'exprime pas trop. Et là, on a énormément d'annonces tous les jours.

Donc, effectivement, l'idée, c'est qu'au moment d'aller voter, les Français, dans l'oreille, les dernières annonces, alors ce que disent aussi certains, c'est que c'est le dernier moment de générosité du quinquennat. Et qu'ensuite, c'est d'ailleurs ce que développe Jean-Luc Mélenchon. Ensuite, une fois que les législatives sont passées, l'addition va être très salée. Sur la fameuse expression de l'Élysée, le sucré maintenant, et puis peut-être le salé à la rentrée. Est-ce qu'il y a une lisibilité ? Comment est-ce que vous résumeriez, au fond, ce positionnement du président de la République, de la majorité, des ministres, dans cet entre-deux-tours ?

Et plus généralement, quand vous projetez sur ce deuxième quinquennat, Bruno Jeudy, est-ce que c'est lisible ? Non, c'est un peu la surprise. C'est que Boris Tenturiel le disait à l'instant, c'est vrai qu'il y a eu à peu près 50 jours, une assez longue période, plus longue que d'habitude, entre la réélection du président et les élections législatives. Et d'abord, il ne s'est rien passé quasiment pendant 25 jours, côté Emmanuel Macron, côté majorité. Il a mis beaucoup de temps à choisir son premier ministre. Alors, on a compris qu'en fait, il voulait étirer le temps et ne pas brusquer le jeu. Ensuite, il nous a parlé beaucoup de sa nouvelle méthode.

Et ça a plutôt fait un flop, l'annonce de son Conseil national de la refondation. Je ne suis pas sûr que les Français aient compris exactement ce qu'ils voulaient faire. Ça paraît un peu un concept un peu fumeux, ce sera peut-être bien à l'arrivée. Mais pour l'instant, en gros, c'est un peu le Conseil économique et social réinventé avec du tirage de citoyens. C'est l'idée de la concertation plus que... C'est l'idée de la concertation et ne pas être... L'injonction. ...l'injonction, ne pas être celui qui veut tout décider, la promesse de remettre les corps intermédiaires dans le jeu.

Est-ce que c'est aujourd'hui ce que les Français attendent au moment où ils voient leur pouvoir d'achat se dégrader ?

29:14
Invité

En tous les cas, on leur dit que ça va leur coûter en moyenne 90 euros par mois. Toutes ces mesures, évidemment, ils sont coincés par le calendrier législatif. Et du coup, le président a été contraint de jouer avec le temps parce qu'il ne peut pas faire grand-chose, mine de rien.

29:28
Présentateur

Et là, il fait des annonces juste avant parce que je pense que c'est ça un peu aussi la fébrilité. C'est-à-dire qu'il faut quand même mettre des choses sur la table. Et puis, il y a le fait qu'il n'y a pas eu beaucoup d'idées.

29:41
Invité

Ce n'est pas très neuf, tout ça.

29:43
Présentateur

Il n'y a pas quelque chose qui crée un élan, qui crée... On se dit, les Français se disent... En 2017, c'était la promesse d'avoir des nouveaux députés. Vraiment des gens qui venaient de nouveaux horizons, pas des professionnels de la politique. On y croyait, on n'y croyait pas. Ça a marché. Cette fois-ci, en gros, on nous remet les mêmes. Mais on vous dit, il y a une nouvelle méthode. Et on nous dit, il y a une nouvelle méthode. On va associer tout le monde. Les Français n'ont pas l'air d'y croire. Ils se disent, Emmanuel Macron, il n'a pas changé. On l'a déjà vu cinq ans. La nouvelle méthode, pour l'instant, ils n'y croient pas trop.

Peut-être qu'ils ont tort, mais ils n'y croient pas trop. Du coup, on est dans cette espèce d'attentisme d'une scène politique figée où les Français n'ont envie de rien. Et le problème, c'est que ça, évidemment, ça met un peu en péril la question de la majorité. Et ça, ce n'est pas très important.

30:30
Invité

Parce que voter au législatif, il faut quand même le dire, c'est très important. Parce que le président, il a été réélu. Si les Français ne lui donnent pas la majorité, ça sera quand même un sacré bazar.

30:41
Présentateur

Notamment s'il doit composer avec des partenaires. Le scénario le plus facile, c'est avec ses alliés, Modem et Horizon. Le scénario un peu plus compliqué, c'est de se tourner vers ce qui restera de LR. Alors là, pour le coup, on basculerait dans ces 1988, François Mitterrand,

30:56
Invité

qui n'a pas la majorité absolue et doit tantôt gouverner avec l'UDF, tantôt gouverner avec une partie de la gauche pour faire voter.

31:03
Présentateur

Et c'est la garantie de l'immobilisme pendant cinq ans ou pas ? Ça garantit de l'immobilisme, en tous les cas, une action publique qui sera totalement illisible avec des textes. C'est la fin d'une en même temps.

31:16
Jean-Luc Mélenchon

Ce sera la fin d'une en même temps. Mais c'est pour ça qu'Emmanuel Macron réclame une majorité forte, contrairement à ce qu'avait fait Mitterrand en 1988. Et du coup, il avait eu une majorité étriquée et il en a payé le prix.

31:25
Présentateur

Ce n'est pas parce qu'il la réclame qu'il l'aura.

31:27
Jean-Luc Mélenchon

Tout à fait.

31:28
Présentateur

Mais en tout cas, il a bien compris que c'était un enjeu majeur, naturellement.

31:31
Jean-Luc Mélenchon

Je pense qu'il a compris aussi que toutes les formules qu'on utilise, la maître des horloges, etc., tout ça, c'est du vent. Il est dans un système contraint où il ne pouvait pas sortir de son chapeau d'autres mesures. Ça aurait été étonnant que ce qui avait été débattu à la présidentielle. Mais le résultat, c'est que vous avez un décalage phénoménal entre l'urgence des Français, le sentiment d'urgence des Français sur les questions de pouvoir d'achat, et puis un pouvoir qui, pendant 50 jours, n'a pas dit grand-chose et rien dit de nouveau.

31:54
Présentateur

Et qui annonce un projet de loi sur la question du pouvoir d'achat dès après, naturellement, les législatives. Il n'y a que ça dans le calendrier. Les retraites, par exemple, aujourd'hui, les Français, à mon avis... On va en parler dans un instant. Mais d'abord, je voudrais qu'on voit ce reportage, parce que c'est le sujet qui s'est invité, au fond, dans une campagne que vous avez décrit les uns et les autres comme assez atone. La sécurité, la polémique du Stade de France, a bousculé le gouvernement. Et la sortie de Jean-Luc Mélenchon sur la police qui tue a embarrassé, y compris dans son propre camp, dans la dernière ligne droite.

En tout cas, c'est sur ce thème qu'Emmanuel Macron a consacré son déplacement d'aujourd'hui dans le Tarn. Juliette Vallon et Michel Bouy. Cet après-midi, Emmanuel Macron était en déplacement dans le Tarn, avec un objectif, mettre l'accent sur la sécurité. À la rencontre de la gendarmerie locale, le président de la République écoute, prend son temps et s'intéresse aux nouveaux équipements. Ici, une caméra.

32:49
Invité

Vous avez été amené à l'utiliser dans des procédures ? Oui.

32:51
Présentateur

Après avoir annoncé la création de 200 nouvelles brigades de gendarmerie sur le territoire, le chef de l'État monte au créneau pour défendre les forces de l'ordre.

33:04
Invité

Il y a des choses que, de là où je suis, je ne peux pas accepter. C'est qu'on insulte celles et ceux qui risquent leur vie pour protéger la nôtre. Et donc, oui, pour qu'une nation soit unie et que la République debout, nous devons absolument défendre nos gendarmes comme nos policiers,

33:32
Présentateur

Une réponse très ferme à la polémique sécuritaire qui a occupé toute la classe politique cette semaine après la mort d'une jeune femme de 21 ans, tuée par des policiers le week-end dernier à Paris lors du contrôle d'une voiture qui a mal tourné. Mais une réponse cinglante surtout à Jean-Luc Mélenchon qui, quelques heures après le drame, dénonce une peine de mort pour refus d'obtempérer sur Twitter avant d'écrire ce nouveau message.

33:57
Invité

La police tue et le groupe factieux Alliance justifie les tirs et la mort. Pour refus d'obtempérer. La honte, c'est quand ?

34:05
Présentateur

Immédiatement, ces propos font scandale au sein de l'opposition. Une occasion presque trop belle pour la majorité d'attaquer le leader de la France insoumise à quelques jours du premier tour des législatives alors que l'alliance de gauche, la NUPES, est en tête des intentions de vote.

34:21
Invité

On ne peut pas avoir, comme M. Mélenchon, une présomption de culpabilité vis-à-vis de la police.

34:26
Emmanuel Macron

C'est insupportable et c'est particulièrement insupportable de la part d'un haut responsable politique et peut-être encore particulièrement dans cette période électorale.

34:38
Présentateur

À droite, on s'empare de la polémique pour critiquer le bilan sécuritaire d'Emmanuel Macron.

34:44
Invité

Il y a malheureusement une montée de la violence dans le pays contrairement à ce qu'on nous raconte aussi ces derniers mois. Il y a une augmentation de 32% des violences sur les personnes depuis 5 ans, sur ce quinquennat. Il y a une augmentation des homicides, une augmentation des violences contre les élus, contre les policiers. Donc il faut être capable de répliquer.

35:01
Présentateur

Le thème de la sécurité, décidément partout cette semaine, y compris autour du foot. Après l'audition du ministre de l'Intérieur sur le chaos autour de la finale de la Ligue des Champions au Stade de France, au tour du préfet de police de Paris, Didier Lallement, d'être convoqué par les sénateurs ce matin, le haut fonctionnaire fait son méa culpa.

35:21
Invité

C'est à l'évidence un échec, car des personnes ont été bousculées ou agressées alors que nous leur devions la sécurité. C'est un échec aussi, car l'image du pays, vous l'avez souligné, messieurs les présidents, a été ébranlée. C'est une blessure pour moi, car l'amour de la patrie et l'honneur du drapeau comptent plus que tout.

35:46
Présentateur

Cet après-midi dans le Tarn, Emmanuel Macron a réaffirmé vouloir doubler la présence des forces de l'ordre sur le terrain d'ici la fin de la décennie. La sécurité, qui reste toujours l'un des principaux sujets de préoccupation pour les Français. Et cette question de Bernard dans le Tarn, justement, où était aujourd'hui Emmanuel Macron ? Les propos de Jean-Luc Mélenchon sur la police ne feront-ils pas perdre des voix au candidat de la NUP ?

36:11
Jean-Luc Mélenchon

En tous les cas, ce qu'on peut dire, c'est que chez les Français, quand vous demandez ce que la NUP ou la NUPES ferait mieux...

36:17
Présentateur

Il va falloir arrêter avec ça, il va falloir choisir votre santé.

36:20
Jean-Luc Mélenchon

Il y a une moins bien connaissance, et que vous êtes sur la dimension de la délinquance, vous avez 14% des Français qui pensent qu'elle ferait mieux, et 44% qu'elle ferait moins bien. Donc clairement, ce n'est pas un point de crédibilité, le sujet de la sécurité, fort et en faveur de Jean-Luc Mélenchon ou de la NUPES. Mais ce que ça veut dire aussi, c'est que, du coup, sur ces thématiques d'ordre, il est, à mon avis, plutôt habile de la part du gouvernement de reprendre le drapeau de ceux qui défendraient l'ordre, et la police n'a pas une mauvaise image dans le pays.

Il y a des questions qui se posent de plus en plus sur l'usage de la violence dans la police, mais vous avez 70% des Français qui font confiance à la police. Donc là-dessus, je crois que ce que Jean-Luc Mélenchon cherche à faire, c'est à mobiliser un électorat, notamment un électorat des banlieues, qui considère, et là il est en phase avec une majorité de Français, qu'il y a du racisme dans la police, qu'il y a des actes de violence qui sont inexcusables, donc il essaye de mobiliser dans les réserves d'abstentionnistes en sa faveur, mais globalement, ce n'est pas sa zone de crédibilité.

37:21
Présentateur

Ça veut dire que ce n'est pas une sortie de route de la part de Jean-Luc Mélenchon, c'est une sortie calculée. C'est un dérapage tout à fait contrôlé, pour reprendre l'expression d'Éric Dupond-Moretti, je suis assez d'accord. Je pense que d'abord, Jean-Luc Mélenchon en a fait son fond de commerce depuis des années, ça fait à peu près 3-4 ans, presque tout le quinquennat,

37:39
Invité

où il a systématiquement critiqué, attaqué le gouvernement,

37:44
Présentateur

dès qu'il y avait des suspicions de violences policières, et d'ailleurs, c'est les Insoumis qui ont largement popularisé cette expression de violences policières, il a critiqué toutes les manifs aussi, au point d'ailleurs d'être en contradiction totale avec l'un de ses alliés d'aujourd'hui, Fabien Roussel, qui était allé à une manifestation pour la défense des policiers, là où les Insoumis ne voulaient pas s'y rendre. Donc c'est tout à fait... Mais il l'a assumé d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon, sur une radio, il a dit, j'ai fait un premier tweet qui n'a pas été relevé, j'en ai fait un deuxième, pour poser la question des violences policières, de la sécurité.

Les Insoumis remettent en cause la loi, on ne va pas rentrer dans la technique d'avril 2017, qui, en gros, met les policiers et les gendarmes, c'est une redéfinition de la notion de légitime défense, et met les policiers au même niveau que les gendarmes pour l'usage des armes.

Donc il pose ce débat, il y a des questions qui se posent, c'est vrai, la question de la formation de la police aujourd'hui est posée, elle est sans doute insuffisante, beaucoup de policiers n'ont pas les 90 cartouches tirées par an, comme l'exige normalement, c'est le Conseil d'État qui le dit, donc il y a des choses qui sont vraies, mais on ne peut pas dire que la police tue, c'est quelque chose qui, à mon avis, c'est une faute,

38:59
Invité

moi je pense que pour lui, ça peut lui coûter, et ça permet à Emmanuel Macron cette semaine de trouver un angle d'attaque,

39:05
Présentateur

là où la semaine dernière, la majorité était très en difficulté, avec les violences du Stade de France, qui ont, à mon avis, été catastrophiques, et à mon avis, les candidats sur le terrain devaient en beaucoup en vouloir au gouvernement, au préfet de police, qui d'ailleurs s'est excusé. Oui, il ne faut pas qu'on passe là-dessus rapidement, on va s'y arrêter, parce qu'effectivement, le préfet d'Allemand a dit que c'était un échec, il a assumé l'échec, et c'est pas rien. Pauline de Saint-Rémy, vous vouliez réagir sur...

Sur Jean-Luc Mélenchon, vous demandez si c'était une stratégie assumée, c'est-à-dire que je ne suis pas sûre à 100% que ça allait été dès le début, une fois que le tweet a été commis, si je puis me permettre, il a décidé d'assumer cet angle d'attaque. Mais si on écoute bien ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, il y a eu son passage sur France Interme, il a tenu un meeting aussi à Caen hier soir sur les terres d'Elisabeth Borne, évidemment, ce n'était pas un hasard, et en présence de son allié Olivier Faure du Parti Socialiste, dont on soupçonnait qu'il pouvait être un petit peu mal à l'aise sur ce sujet. Il a dit qu'il était mal à l'aise ?

Alors là, pour le coup, il a avalé son chapeau, comme on dit, mais il y avait eu, notamment hier, une réunion interne du Bureau National du Parti Socialiste, où il a été mis en cause par certains ténors du PS, ceux qui restent. On lui a reproché les propos de Jean-Luc Mélenchon, et Olivier Faure n'a pas tellement assumé, c'est ce qu'on m'a raconté en tout cas, a eu l'air de dire, non, non, ce n'est pas tout à fait ce qu'il a dit. Enfin, il a essayé de s'expliquer un petit peu maladroitement. Le soir même, à Caen, en meeting, il a été obligé d'avaler son chapeau et de faire mine d'être parfaitement en phase avec Jean-Luc Mélenchon. Il aura réussi ça, Jean-Luc Mélenchon ?

C'est-à-dire aller mettre tous le petit doigt sur la couture du pantalon ? Jusqu'à présent. On verra une fois les élections passées, comment se comportent les groupes les uns vis-à-vis des autres à l'Assemblée Nationale. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il mène deux batailles, Jean-Luc Mélenchon. Il y a la première, la plus visible, c'est « Élisez-moi Premier ministre », selon le slogan qu'il a développé depuis le début de cette campagne législative. Et puis, un autre combat un peu plus souterrain, c'est-à-dire devenir le chef de la gauche, mais le chef idéologique aussi.

C'est-à-dire que là, on est sur un rassemblement qui se rapproche de lui, de la gauche radicale, et notamment sur cette question du rapport à la police, qui est essentielle. C'est-à-dire qu'effectivement, on se souvient, vous en parliez tout à l'heure, Bruno, mais Fabien Roussel, Yannick Jadot, présents à la manifestation en 2021 auprès des policiers, ça avait organisé une polémique au sein de la gauche. Il y avait ceux qui soutenaient les policiers, ceux qui ne les soutenaient pas. C'était une ligne de fracture très nette. Et c'est là qu'effectivement, on voit que Jean-Luc Mélenchon a gagné son combat culturel, puisque maintenant, tous sont derrière lui.

Et finalement, on se dit que ça va être un peu pareil pour tout. C'est-à-dire qu'à partir du moment où ils se mettent sous son chapeau, sous son drapeau, pour cette question qui est très importante, qui est vraiment constitutive de l'identité politique des autres, il y aura la même question sur l'Europe, parce que les prochaines élections intermédiaires, c'est les européennes en 2024. Ils ont des positions assez différentes. Il est pour la désobéissance au traité. Alors les autres ont signé comme ça sur un coin de table. Qu'est-ce qu'il en sera vraiment ? Mais en tout cas, au moment de 2024, il ressortira ces dossiers-là sur le nucléaire.

Donc il est en train d'assurer sa suprématie, idéologique aussi, sur l'ensemble de la gauche. C'est en ça que ce qui est en train de se passer est très, très important. Vous le disiez tout à l'heure, il était sur les terres d'Elisabeth Borne. Et naturellement, ça n'est pas un hasard. Est-ce qu'elle fait une bonne campagne des législatives, Elisabeth Borne ? Dans sa circonscription, sans doute. J'ai vu passer un sondage. C'est une circonscription où, a priori, les candidats marcheurs ont plutôt de la marge, n'avancent. Donc, a priori, dans sa circonscription, ça a l'air de bien se passer. Après, elle va soutenir beaucoup de candidats. Mais c'est assez discret comme campagne.

Elle n'a pas imprimé beaucoup. Ses premières prises de parole ont sans doute été, à mon avis, peu de relief. On entend plus, on a vu l'interview de Gabriel Attal, aller au canon contre, il trouve des formules. La guillotine fiscale. Bruno Le Maire, également, qui n'est pas candidat, est très présent dans les médias, dans les matinales. De toute façon, on a l'habitude. Dans les campagnes de la Macronie, s'il n'y a pas Emmanuel Macron, en général, c'est plus difficile. Les émetteurs sont quand même moins puissants. Il y en a un qui fait beaucoup de campagnes, mais il fait une campagne, j'allais dire, un peu souterraine, mais très présente.

Puisque je crois qu'il a soutenu près de 200 candidats. Il a fait plus d'une trentaine de circonscriptions physiquement. C'est Édouard Philippe. Mais Édouard Philippe, il fait campagne pour la majorité, mais surtout pour Horizon. Mais c'est vrai qu'il y a un personnage qui est en train de se dessiner, le numéro 2 du gouvernement, Bruno Le Maire. Quand on l'écoute, on a l'impression qu'il est Premier ministre. C'est-à-dire que c'est lui qui annonce, avant même, Elisabeth Borne, les mesures contre l'inflation. Et on voit bien que dans les comptes rendus des réunions qu'on peut avoir, c'est quand même lui qui s'exprime. Et Elisabeth Borne, en ce moment, elle écoute beaucoup Bruno Le Maire.

Et donc, Bruno Le Maire, il n'était pas tellement partant pour Matinon. On dit toujours ça quand on n'est pas choisi. Qu'on n'ait pas choisi, mais il savait que ce n'était pas un rôle politique tel que l'envisageait Emmanuel Macron, en tout cas. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron, il voulait quelqu'un qui avait succédé à Jean Castex et qui allait répondre à ce que voulait l'Élysée. C'est vrai que Bruno Le Maire, il a une certaine liberté politique, parce qu'il a une longue histoire politique auparavant.

Et Elisabeth Borne, là, elle se présente aux législatives, elle ne s'est jamais présentée à une élection, quelle qu'elle soit auparavant, même si elle aurait bien voulu être candidate au régional la dernière fois. Emmanuel Macron lui avait dit, surtout pas, tu es au ministère du Travail. Elle est sur une situation qui n'est pas très compliquée ? Non, elle a face à elle, notamment, un étudiant de la NUP qui a 22 ans. Donc, on n'a pas l'impression que c'est lui qui pourrait le poser. Vous oubliez dire un mot, Président ?

44:28
Jean-Luc Mélenchon

Non, mais juste pour prolonger ce que vous venez de dire. Si, effectivement, vous aviez une majorité, par exemple, relative seulement pour Emmanuel Macron, il n'est pas du tout assuré qu'il n'y ait pas à nouveau un changement de Premier ministre. Et à ce moment-là, si Emmanuel Macron avait besoin de s'appuyer davantage sur la droite, Bruno Le Maire pourrait être une carte, éventuellement, à jouer.

44:48
Présentateur

C'est ça, peut-être, qui est en train de se dessiner.

44:50
Jean-Luc Mélenchon

En tout cas, en tout cas, il y a une carte d'incertitude.

44:53
Présentateur

Juste un mot, quand même, pardon, on n'en a pas beaucoup parlé depuis le début de l'émission, sur la finaliste, quand même, de cette présidentielle, sur Marine Le Pen. Jordan Bardella disait ce matin, si nos électeurs se déplacent dimanche, nous arrivons en tête. Il y a eu un recalibrage de la stratégie. C'est vraiment possible ? Ils ne sont pas si loin derrière ?

45:10
Jean-Luc Mélenchon

En voie, ils sont un petit peu en dessous depuis quelques temps de ce qu'ils avaient obtenu à la présidentielle, puisqu'on les mesure plutôt dans la zone des 20%, 19,5%, 20%. Maintenant, en siège, il y a eu un retournement complet dans la stratégie du Rassemblement national. Marine Le Pen avait expliqué que par souci de probité, de vérité, elle disait la vérité aux électeurs et que donc c'était plutôt 30 députés et pas plus. Et maintenant, on reparle de 150 députés et de la nécessité d'avoir beaucoup de députés du Rassemblement national pour pouvoir s'opposer efficacement à Emmanuel Macron.

Je pense qu'ils ont vraiment senti le danger de laisser totalement le rôle de premier opposant à Jean-Luc Mélenchon et à la NUPES.

45:44
Présentateur

Et avec une extrême droite divisée, et les quelques pourcents du parti d'Éric Zemmour reconquête pourraient lui coûter cher, notamment dans le Sud, où elle peut rater le deuxième... Ces candidats peuvent rater le second tour ou avoir des difficultés pour le deuxième tour. Et ça, ça peut lui coûter cher. Et comme elle n'a pas voulu, contrairement à Mélenchon, faire l'union de l'extrême droite... Juste pour boucler la boucle, il me reste une minute pour parler des LR. Est-ce qu'il y a un regain d'espoir parce qu'ils pourraient se dire qu'ils vont jouer sur des équations personnelles, au niveau local ? Qu'est-ce qu'on dit chez les LR ?

Il y a eu effectivement un regain d'espoir ces derniers jours, notamment à cause de ce à quoi vous faisiez allusion au tout début, en parlant des sondages qui ont tendance... C'est ce qu'ils disent, en tout cas eux, parce qu'ils ont commandé des sondages internes, mais vous allez nous le confirmer, ont tendance à montrer que là où ils ont des candidats sortants, rappelons qu'ils ont aujourd'hui 100 députés, là où ils ont des candidats sortants qui se représentent, ils sont plutôt solides et l'ancrage local fonctionne pour eux. Sauf que depuis, ce qui se passe justement entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron...

Oui, vous allez peut-être nuancer un peu, mais ce qui se passe entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron ne leur rend pas service et ils commencent à le sentir... Il y aurait un vote utile en faveur de Emmanuel Macron ? Parce qu'effectivement, cette stratégie de vouloir faire peur en agitant le chiffon rouge Mélenchon pourrait fonctionner notamment chez leurs électeurs.

47:01
Jean-Luc Mélenchon

Encore une fois, même quand ils sont sortants, ils restent souvent en troisième ou en quatrième position, donc ils reviendront affaiblis à l'Assemblée. Ça sera peut-être 50, peut-être 60, peut-être...

47:10
Invité

C'est-à-dire que c'était par rapport à la Bérésina qu'on annonçait ?

47:12
Jean-Luc Mélenchon

Est-ce qu'ils vont s'en sortir sauver les meubles finalement ? Passer de 100 à 50 ou à 40, ça commence à sentir quand même la Bérésina, si ça se confie.

47:19
Présentateur

En tout cas, il y a une autre question qui a émergé pendant cette campagne, c'est la question des services publics avec la crise de l'hôpital notamment. Cela a donné des arguments aux oppositions. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen s'en sont donnés à cœur joie, notamment sur l'organisation de job dating pour dénicher des professeurs. Reportage Barbara Steck, Théo Manval et Stéphane Lopez.

47:39
Invité

Après les speed dating pour rencontrer l'amour,

47:47
Présentateur

les job dating pour recruter les professeurs. Et il y avait foule la semaine dernière devant ce lycée de Palaiso. De nombreux candidats, CV en poche, prêts à épouser une carrière dans l'enseignement. Des profils différents, jeunes, moins jeunes, une deuxième vie pour certains.

48:04
Auditeur

Je suis en pré-retraite et donc je voudrais faire partager mon expérience de la vente puisque j'ai toujours travaillé dans la vente pendant 30 ans.

48:12
Présentateur

Vous venez pour quel poste aujourd'hui ?

48:14
Auditeur

Professeur de mathématiques en lycée ou collège, plutôt lycée.

48:18
Présentateur

Est-ce que vous avez déjà travaillé dans l'éducation nationale ?

48:20
Auditeur

Absolument pas.

48:21
Présentateur

Quel est votre parcours ?

48:22
Auditeur

J'ai fait 30 ans d'armée et ensuite 7 ans comme directeur de foyer pour personnes handicapées.

48:28
Présentateur

Ces candidats ont rendez-vous avec la plus grosse académie de France, Versailles, qui manque cruellement de professeurs. 1300 postes d'enseignants sont à pourvoir pour la rentrée 2022. Pour postuler, il faut au minimum un bac plus 3 et c'est parti pour 30 minutes d'entretien que nous ne pourrons pas filmer.

48:46
Invité

Mise en situation assez rapide. Vous avez 4 élèves qui ont des difficultés par rapport aux autres. Les autres sortent en cours de... enfin en récréation. Que faites-vous ? Comment vous organisez-vous ? Donc vous restez avec les 4. Comment vous emmenez les 20 autres en récréation ? Donc il y a du bon sens de l'organisation.

49:09
Présentateur

Et la méthode semble séduire ce membre du jury, inspecteur de l'éducation nationale.

49:14
Auditeur

Les gens qui viennent, viennent avec une nouvelle énergie dont on a besoin dans l'enseignement. C'est... ils n'ont pas une représentation un peu ancienne de l'enseignement, du professeur qui va être derrière son bureau et qui va faire cours. Non, non, ils viennent vraiment avec... j'ai envie de transmettre, j'ai envie de... ils partent de leur expérience personnelle, j'ai des enfants, j'aimerais bien voir ça à l'école.

49:44
Présentateur

Les candidats sont bien plus nombreux qu'espérés et ceux qui n'ont pas d'entretien ont quand même la possibilité de laisser leur dossier. Est-ce que vous avez, bon, une prédilection pour le collège, le lycée ? Plutôt pour le lycée. Les heureux élus seront recontactés d'ici la fin du mois de juin pour un second entretien avant une courte formation cet été. Samantha a 37 ans. Après 15 ans passés dans la banque, qu'elle a décidé de changer de vie et devenir professeure en lycée professionnel. Une quête de sens, un sacrifice financier aussi.

50:20
Invité

Je vais perdre à peu près 1700 euros par mois.

50:25
Présentateur

Pour compenser, j'avais déjà anticipé, j'ai arrêté de fumer. J'avais pris un appartement avec un loyer moins élevé. Je sais que ce ne sera pas forcément toujours facile, mais je sais pourquoi j'y vais. Il y a vraiment, comme je dirais, un but du but, un but au-delà, même que de se lever à aller bosser. Et là, en l'occurrence, dans la banque, je ne me retrouvais plus dans les valeurs que je peux porter. La seule appréhension pour Samantha sera l'accueil de ses futurs collègues, car la méthode fait polémique dans l'enseignement.

Il y a une déqualification du métier, c'est-à-dire qu'à partir du moment où on peut recruter n'importe qui pour ce métier, ça veut dire qu'on ne qualifie pas le métier et on n'a pas une bonne qualification de métier. Après, il y a une précarisation de notre métier, c'est-à-dire qu'on va avoir de plus en plus de contractuels, de gens qui ne sont pas titulaires, qui ne s'engagent pas dans le métier. Et puis, c'est inquiétant pour les élèves, évidemment, parce qu'effectivement, ils n'ont pas cette formation, donc ils n'auront pas les compétences pour faire passer les savoirs et les connaissances.

Une revalorisation des salaires, c'est la proposition des syndicats pour rendre le métier de professeur de nouveau attractif. C'est en tout cas une urgence, à trois mois de la rentrée. Alors, on ne sait pas comment ça peut infuser dans l'opinion, cette petite polémique autour de ce job dating dans l'éducation nationale. Les oppositions ont dénoncé le déclassement du service public et notamment de l'éducation nationale. Et ce reportage est intéressant, parce qu'on voit aussi l'enthousiasme de cette jeune femme qui veut absolument enseigner et qui a accepté de renier une partie de ses rémunérations.

Oui, mais même à l'Élysée, on n'est pas très à l'aise quand on les interroge sur ce type de recrutement. Bon, voilà, de toute façon, on sait bien qu'aujourd'hui, il y a un énorme problème de recrutement chez les enseignants. Il y a la question de la vocation de ce métier. Mais ils ne sont pas très à l'aise quand on leur en parle. Et c'est le grand chantier. Au fond, s'il y a quelque chose que Emmanuel Macron va vraiment suivre, et dans ce mandat, ça va être sans doute l'école. Il a déjà beaucoup discuté avec son ministre. On n'a pas beaucoup entendu. Bien avant sa nomination. On ne l'a pas beaucoup entendu. Je suis d'accord avec vous. Et puis, il s'est investi.

Il a mis des choses dans sa campagne. 12 milliards pendant 5 ans, dont 6 pour la revalorisation des enseignants. Une revalorisation qui a en face des contreparties. C'est-à-dire que ce n'est pas forcément pour tous les profs. C'est une sorte de travailler plus pour gagner plus. Il y a aussi la question de l'autonomie. Il y a beaucoup de choses qui ont été posées par le président dans quelque chose qui est encore un peu flou. Mais on voit bien qu'il veut avancer sur ce dossier. Et la question de la vocation des enseignants, la question du recrutement,

53:03
Invité

et peut-être pas en arriver à ces situations-là, c'est au centre aussi de ce grand chantier de l'école.

53:10
Présentateur

Soazie Kamenar, ça ferait partie des sujets qui sont amenés à être débattus dans ce Conseil national de la rénovation ? De la refondation. De la refondation. De la refondation. Non, je me disais, il y a un truc qui cloche. La refondation. On n'a pas les périmètres encore. Mais ce qu'on commence à entendre, en tout cas, c'est que ce sera pour les chantiers à long terme. Et c'est vrai que là, job dating, c'est pour répondre à une urgence. Il faut des profs pour la rentrée. Alors, j'ai découvert qu'il y avait déjà 20% de contractuels, 20% des profs qui sont contractuels aujourd'hui dans l'éducation nationale.

Alors là, on parle beaucoup parce que c'est très spectaculaire cette opération à Versailles. D'habitude, ça se fait à bas bruit. Après, c'est vrai que d'après ce qu'on sait, alors, Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement, a beaucoup insisté hier sur le pourquoi il y aurait un Conseil national de la refondation. Elle dit, mais je ne vous parle pas encore du comment. Donc, on n'a pas encore... C'est quand même très flou et très mystérieux pour l'instant. Mais on a compris en tout cas que c'était les grandes orientations françaises à long terme. Donc, effectivement, l'éducation, la santé, ça en fait partie.

On commence à voir d'ailleurs une stratégie, c'est-à-dire des mesures à court terme sur la santé comme sur l'éducation très rapide. Et puis ensuite, une vision à plus long terme. Alors, c'est ce qu'avait essayé de faire Emmanuel Macron sur l'économie avec la France Relance, France 2030, etc. Donc, l'idée, c'est de projeter le pays. Donc, effectivement, la question, c'est comment donner aux gens envie à nouveau d'être profs ? Comment susciter des vocations ? Et puis, comment sécuriser des parcours pour qu'il y ait des bons profs face aux enfants ? Ce n'est pas que les personnes qui soient là ne soient pas des bons profs.

Mais on ne peut pas dire que ce soit des profs formés comme les profs l'étaient à d'autres périodes. Sur la méthode, il y a une attente de la part des Français de changement de méthode. On l'a suffisamment dit lors de la présidentielle. Est-ce que ce Conseil national de la rénovation, même si on ne sait pas encore exactement comment il va se passer, il y a quand même...

54:49
Invité

Refondation. Refondation.

54:51
Présentateur

Pardon. Il y a quand même une attente là-dessus de la part des Français ou est-ce que vous diriez, comme disait tout à l'heure Bruno Jeudy, qu'il y a une forme de scepticisme sur ces affaires de méthode ?

55:04
Jean-Luc Mélenchon

Je crois que le scepticisme quand même l'emporte et qu'il y a une double angoisse pour les parents, pour les Français, mais plus précisément pour les parents. Parce que d'un côté, ils entendent qu'il peut y avoir une rentrée avec un nombre insuffisant d'enseignants. Et puis de l'autre côté, que les enseignants n'auront pas forcément les mêmes qualifications que ce qu'il y avait auparavant. C'est quand même deux schémas qui sont fondamentalement insatisfaisants. L'autre aspect aussi, c'est que nous sommes au moment du deuxième quinquennat. Donc ces sujets, ils ne datent pas d'hier, ils sont lourds, ils ne datent pas d'Emmanuel Macron.

Mais malgré tout, un peu comme dans le domaine de la santé, quand il y a une situation d'urgence et qu'Emmanuel Macron dit « je commande un rapport là dans le France ». Mission flash. Mission flash. On comprend pourquoi, quand on regarde le détail de ses déclarations, etc. Mais malgré tout, vous vous dites qu'il y a eu cinq années déjà. Donc le sentiment dominant, c'est que des problèmes lourds, et les Français comprennent que ce sont des problèmes lourds et complexes, malgré tout n'ont pas été traités alors que cinq années se sont déjà écoulées.

55:59
Présentateur

Et nous revenons maintenant à vos questions. Une question de Bruno dans le Val-de-Marne. Écoutez Macron, on a l'impression que lors du quinquennat précédent, ce n'est pas lui le président. C'est précisément ce que vous étiez en train de nous expliquer.

56:13
Jean-Luc Mélenchon

Oui, même s'il faut aussi souligner que la crise des vocations d'enseignement, ça ne date pas d'il y a cinq ans. C'est quelque chose qui a démarré il y a une quinzaine d'années, que ces problèmes-là, structurellement, n'ont pas été traités par les présidents précédents ou les majorités précédentes. Mais là, puisqu'il y a une réélection, je pense que ce n'est pas du tout la même configuration que quand vous arrivez au pouvoir.

Et c'est ce qui explique aussi ce scepticisme plus grand des Français, ce manque d'allant, à la fois, je l'ai dit, pour la NUPES, mais également pour la coalition gouvernementale, parce qu'il y a une forme de scepticisme, de désillusion, d'inquiétude et de défiance beaucoup plus importante.

56:48
Présentateur

Emmanuel Macron pensait-il gagner les législatives sans faire campagne ? Pauline de Saint-Henri. C'est un reproche que certains lui font. C'est difficile de l'affirmer comme ça, mais c'est un petit peu ce qu'on disait tout à l'heure avec Bruno, c'est qu'on peut vraisemblablement penser qu'il a au minimum sous-estimé l'effet, la dynamique qu'aurait cette union de la gauche, qu'a réussi, quoi qu'on en pense, à réaliser Jean-Luc Mélenchon. Et ça coûte combien, le programme du Premier ministre Mélenchon ? Vous avez donné quelques chiffres tout à l'heure. Oui, c'était les chiffres de dépenses nouvelles par an.

Lui, il dit 250 milliards, et certains estiment que ça serait bien au-delà de 300, avec des recettes fiscales qui, selon lui, seraient aussi plus importantes. C'est ça, parce qu'il dit que c'est un équilibre économique qui a été validé par le FMI, c'est aussi un des arguments qu'il donne. Oui, mais il y a un débat d'économistes.

57:36
Invité

Et surtout la mesure sur la retraite, c'est-à-dire le retour à 60 ans,

57:39
Présentateur

puisqu'aujourd'hui c'est 62 ans, c'est un coût très très élevé. Et là-dessus, il y a débat et polémique sur le chiffrage d'un tel retour, puisque ce serait un des aspects centraux de son programme économique, puisqu'il agite ça comme le retour à 60 ans, alors que Macron veut 65 ans. Un Macron sans majorité absolue à l'Assemblée, ce serait un Macron moins sûr de lui et plus à l'écoute. Est-ce qu'il peut y avoir cette tentation, de la part de certains électeurs, de dire, bon, on l'a élu président pour 50 plus, mais on va en gros faire un peu de politique et mettre en face de lui une majorité qui sera plus difficile à manier ?

Oui, on entend beaucoup d'ailleurs, c'est repris à la fois par Marine Le Pen et par des gens de la NUPES, c'est ne donner pas les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron. Enfin, les pleins pouvoirs, juste, c'est l'idée, pour d'ailleurs cette expression, ce n'est pas les pleins pouvoirs au sens de la Constitution, mais c'est l'idée de ne pas recommencer comme en 2017. Donc effectivement, ça peut infuser tout doucement dans le pays, mais tout simplement parce qu'il y a une espèce d'apolitisation du débat, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu vraiment de débat, il n'y a pas eu de choses vraiment saillantes dans cette élection, donc ça devient un des thèmes.

Après, ça veut dire que c'est du vote aussi, c'est du calcul, c'est-à-dire, je vote un peu pour lui, un peu pour lui au second tour. Enfin, on a déjà beaucoup vu ça au premier, au deuxième tour de la... Enfin, surtout au premier tour de la présidentielle. Donc effectivement, on peut entendre ça, on va voir dimanche si ça ne fonctionne pas. Nous n'avons pas droit à une campagne électorale, seulement à un combat de coq.

59:08
Jean-Luc Mélenchon

Alors ça, c'est...

59:09
Présentateur

C'est vrai.

59:09
Jean-Luc Mélenchon

C'est la résultante de l'hyper-personnalisation des élections législatives, nationalisées et personnalisées autour, quasi exclusivement, de Jean-Luc Mélenchon et d'Emmanuel Macron. Donc ça donne évidemment ce sentiment. Mais je crois, pour répondre à la question précédente, qu'il y a un désir dans le pays de donner plutôt une majorité peut-être à Emmanuel Macron, mais une majorité quand même modérée. Et ça, ça me rappelle, moi, furieusement, ce que j'entendais du côté des lecteurs de gauche avant le 21 avril. Oui, oui, on votera pour Lionel Jospin au second tour, mais au premier tour, il faut quand même lui donner une petite leçon. Il y a un peu de ça et on ne sait pas comment ça se termine.

59:43
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon a clairement établi son programme. Qu'en est-il de celui du parti d'Emmanuel Macron ?

59:49
Invité

Le programme d'Emmanuel Macron, c'est celui qui était,

59:52
Présentateur

pendant l'élection présidentielle, sa plateforme qu'il avait présentée dans cette conférence de presse de 4 heures. On connaît à peu près les grandes têtes de chapitre. Ce qui est un peu surprenant depuis qu'il a été réélu, c'est que nous n'avons pas eu d'éléments de calendrier. Président réélu, il pouvait commencer à poser des éléments de calendrier.

1:00:10
Invité

Mais à part la loi pouvoir d'achat, où là c'est précis, début juillet, ça a d'ailleurs été préparé par l'équipe précédente et là, le Conseil des ministres, et donc ce sera le premier texte examiné

1:00:22
Présentateur

par la nouvelle Assemblée. Pour le reste, sur les retraites, il dit « mise en œuvre en 2023 ». C'est un calendrier quand même. C'est un calendrier, mais bon, techniquement, ça démarque quand. Et surtout, au début, on avait plutôt imaginé que ce soit un des premiers textes pendant l'été 2022.

1:00:40
Invité

Il y a toujours un risque à faire les retraites, repousser un peu les retraites. On sait que c'est un texte très compliqué à faire passer sous toutes les majorités en France.

1:00:48
Présentateur

Richard Ferrand et d'autres plaidaient pour que ce soit dès la rentrée 2022. C'est déjà un texte qui est repoussé au milieu 2023. Une question de Michel dans les Côtes d'Armor. Comment Macron, qui a fait une politique très libérale pendant son premier mandat, peut-il demander à la gauche de voter pour lui ? Pauline de Saint-Rémy. Au culot ! Non, c'est difficile de... Il n'a pas d'autre stratégie que de le faire, évidemment. C'est le en même temps. C'est le en même temps de Macron. Il se place depuis quelques jours du côté de l'ordre, par opposition. Le débat s'est structuré, en fait, entre Mélenchon et lui.

Donc, il n'a pas d'autre choix que d'aller chercher ces fameux électeurs de gauche modérés dont on parlait qui pourraient ne pas se... Mais sur quoi peut-il aller chercher les électeurs de gauche modérés ? Sur les mesures sociales, pouvoir d'achat, par exemple, annoncées récemment ?

1:01:36
Jean-Luc Mélenchon

D'abord, peut-être en expliquant qu'une politique ultra-libérale de la part d'Emmanuel Macron, quand vous avez réinjecté autant d'argent durant la pandémie, ça peut se discuter. Et c'est ça qu'il cherche à mettre en avant aussi pour capter une partie de la sensibilité de gauche, de dire qu'il a protégé les plus précaires, qu'il est sur des mesures pour le pouvoir d'achat ciblées justement en faveur de ceux qui souffrent le plus de l'inflation. C'est un peu ce jeu-là qu'il essaye de conduire pour au moins atténuer cette critique d'un antilibéralisme qui aurait été sa marque de fabrique. Il est vrai jusqu'en, je crois, 2018, où on avait vraiment des mesures libérales.

Les premières mesures du quinquennal sont totalement libérales.

1:02:14
Présentateur

Et après la crise Covid, les choses...

1:02:15
Jean-Luc Mélenchon

Après, ça a quand même bougé.

1:02:17
Présentateur

D'ailleurs, on ne parle plus de finances publiques.

1:02:18
Jean-Luc Mélenchon

Même avant le Covid.

1:02:20
Présentateur

Il ne parle plus trop de...

1:02:21
Jean-Luc Mélenchon

des guerres budgétaires. Exactement. On n'est pas dans la start-up nation et les premières mesures du début du quinquennat.

1:02:28
Présentateur

Une question d'Éric. En Haute-Garonne, en cas de victoire de la NUP, y aurait-il une alliance entre ensemble et les Républicains pour constituer une majorité à l'Assemblée ? Alors, s'il vous parle ? C'est peu probable. Une partie de... D'abord, on ne sait pas combien de députés sortant LR retourneront à l'Assemblée. Une partie peut être tentée de trouver des majorités d'idées sur certains textes. Une chose est sûre, c'est que ça compliquera beaucoup le travail de reconstruction de la droite de se retrouver dans cette formule, même si, évidemment, l'hypothèse d'être groupe charnière mettra au centre du jeu politique LR.

Je ne suis pas sûr que ce soit une si bonne affaire pour LR et ce ne sera sûrement pas une bonne affaire pour Emmanuel Macron. Et pourquoi ferait-il

1:03:11
Jean-Luc Mélenchon

ce cadeau à Emmanuel Macron ? Tout simplement.

1:03:13
Présentateur

Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir aux alentours de minuit à 23h45. Il est l'heure de retrouver maintenant Anne-Élisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETAVOU. Bonsoir Anne-Élisabeth au programme ce soir. Bonsoir Caroline, heureuse de vous retrouver. On prolonge vos échanges sur la dynamique Mélenchon qui, selon le leader de la France Insoumise, sème la panique en Macronie. On vérifie immédiatement l'état d'esprit du numéro 2 du gouvernement Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie et des Finances et notre invitée. A tout de suite. Merci Anne-Élisabeth, bonne émission. Demain, vous retrouvez Axelle de Tarlet pour un nouveau C'est dans l'air.

Je vous rappelle que vous pouvez retrouver C'est dans l'air sur France 5.