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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 27 avril 2025 10 minAutoproduit

L’islamophobie menace l’unité du pays - Hommage à Aboubakar place de la République

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Nous sommes venus pour nous associer au rassemblement et à la minute de silence qui va avoir lieu sur la place de la République à 18h. En tout premier lieu, nous ici, les insoumis et ceux qui auparavant l'ont fait déjà là-bas dans le gare. Ensuite, ce sera ce soir dans plusieurs villes de France.

Nous voulons d'abord dire notre compassion. présenter nos condoléances à la famille de la victime, mais aussi plus largement à tous les croyants qui aujourd'hui sont frappés de sidération et d'horreur comme nous-mêmes. Devant non seulement le caractère horrible du meurtre, s'en rendons vraiment compte.

Un homme croit qu'il est en train d'apprendre à l'autre comment prier et celui à qui il l'enseigne est en réalité quelqu'un qui a organisé de longues mains un crime lâche qui va consister à le frapper jusqu'à le tuer. Nous sommes tous pénétrés de la violence que tout cela exprime et comme souvent nous savons qu'elle ne surgit pas de rien dans notre pays. une ambiance, un climat islamophobe a été entretenu, cultivé des mois durant et chacun jusqu'au plus officiel s'est senti autorisé à faire des déclarations dont sans doute peut-être il ne mesurait pas toute la portée et toute la violence pour ceux qui avaient à la subir.

Lorsque par exemple quand le ministre de l'intérieur dans une réunion dit "Ah le voile, imagine-on que quelqu'un a crié abas les crucifix ? que quelqu'un a crié je ne sais quoi contre je ne sais quelle religion et ces paroles ont produit comme des semailles vénéneuses les fruits qui ne pouvaient immancablement qu'en résulter. Je dis bien immanquablement car lorsqu'on entretient une telle ambiance, on ne doit pas s'attendre à autre chose que les esprits les plus dérangés y trouvent une justification pour leurs actes.

Mais voyez-vous, il est temps de dire à tous ceux qui de bonne foi hésitent parfois sur les mots que ce qui s'est passé est qualifié par nous d'islamophobes parce que c'est au-delà de la haine de l'islam, c'est au-delà d'une critique de la religion. C'est un acte qui par définition déshumanise celui contre lequel il est mené. L'islamophobie déshumanise ce qu'elle vise et dès lors, elle est une incitation, une invitation à tous les débordements, toutes les violences jusqu'au meurtre.

Les mots construisent l'univers mental d'une nation, d'un peuple. Et nous croyons-nous depuis le début après avoir comme d'autres hésité, réfléchi que le mot islamophobie répond à un besoin dont la lutte est conditionnée. Pourquoi ?

Parce que les grands périls, les grands défis s'affaiblissent quand ils sont correctement reconnus. Ce n'est donc pas une bataille pour des mots, c'est une invitation à la réflexion la plus profonde, la plus sérieuse que chacun, queles que soient ses opinions politiques ou religieuses, doit mener. Pourquoi ?

Parce qu'au bout du compte, il s'agit de l'unité du peuple français. Il s'agit de la possibilité de vivre tous ensemble, quelle que soit sa nationalité, quelle que soit sa religion, quel que soit son genre et de faire en sorte que chacun puisse accéder à la part de bonheur qu'il peut attendre de la vie. Rien d'autre.

Si bien que notre message est adressé en fraternité à tous les croyants, nous serons nous les insoumis leur part contre tous les racismes, toutes les formes de violence contre la liberté du culte, la liberté de la conscience, ni plus ni moins. Mais que la raison politique, pas un seul instant, ne fasse oublier l'horreur du meurtre. Ah non, maintenant ça suffit.

Une mosquée qui brûle la veille du Ramadan, des gens brutalisés dans la rue et maintenant nous voici à un assassinat dans une mosquée. Il est temps de se ressaisir français. Il est temps de se ressaisir.

Faites cesser ça. Tendez la main. Aimez.

Apprenez à respecter les musulmans qui ne vous ont fait aucun mal et nous vous en ferons jamais. Apprenez à respecter la foi d'un autre si elle n'est pas la vôtre ou si vous n'en avez pas. La France n'est possible qu'à ce prix.

Nous avons déjà connu sous l'ancien régime trois siècles de guerre religieuse. Aucune guerre religieuse ne débouche sur autre chose que de la peine, de la misère et de la haine. Toute sans exception.

Il faut se ressaisir, il faut nommer les choses avec précision et engager le combat sans faux semblant, sans faux fuyant. Voilà ce moment. Nous allons demander à l'Assemblée nationale par la voix des députés insoumis et partout où nous sommes, qu'on marque la gravité de cet instant.

Non, qu'un seuil ne soit pas vraiment franchi où que ce soit dans toutes les assemblées et partout où nous nous réunissons, il faut marquer le temps de la minute de silence qui est une minute de fraternité républicaine et d'amour humain. Le le recteur de la grande mosquée le recteur de la grande mosquéant depuis vendredi matin. Pardon ?

Qu'est-ce que vous dites du silence retentissant qu'il y a ? dans la classe politique depuis vendredi matin. Il me désole, c'est peut-être le fait d'une insuffisante conscience des enjeux, [Musique] voyez-vous, il arrive que des dirigeants soient incapables de comprendre une situation et sa gravité.

Et je crois que c'est ce qui est en train de se passer. Que le ministre de l'intérieur ne se soit pas précipité sur place est incompréhensible. qu'il faille que les heures passent et que les gens se regardent entre eux en se disant "On nous a abandonné, on peut donc tout nous faire." C'est terrible comme ressentiment.

Et nous tous qui sommes mêlés, que ce soit comme journaliste ou comme militant politique à la chose publique, il ne faut pas que nous oublions ça, cette vérité humaine. Comme ce serait terrible que quiconque dans ce pays pense qu'il est abandonné et qu'on peut le tuer ou qu'on peut lui le faire misérer sans que il y ait de de réponse. Alors, je ne veux pas ajouter à leur désarrois, mais vous devinez à quel point cela nous trouble et nous choque tous autant que nous sommes.

C'est pourquoi j'ai un peu élevé la voix en concluant mon intervention pour dire que ça suffit. Maintenant, il faut s'engager, mettre un pied en avant et dire ce qui doit être dit. Quelque chose d'autre ?

Oui. Le recteur de la Grande Mosquée de Lyon dit, il disait hier, "La vie des musulmans est en danger partout en France." Vous êtes d'accord avec ses propos ?

Je pense qu'il a de bons outils pour l'apprécier. Nous-même, nous en avons. Nous sommes en effet saisis d'une certaine forme de d'aggravation du niveau de violence contre les musulmans.

Et le fait est que c'est bien ce qu'on vient de voir. Je pense que le recteur a voulu adresser une mise en garde pas aux musulmans mais aux autres. leur dire "Écoutez, faites quelque chose, c'est votre devoir, c'est votre pays et ils font donc entendre son message." Oui.

Est-ce que vous regretz l'absence aujourd'hui de représentant de la droite ou du bloc central au rassemblement ? Je je veux pas faire, écoutez-moi, aujourd'hui, il y a ceux qui ont pas compris ce qui se passait, qui l'ont pas vu. Laissez-leur le temps de comprendre.

N'allons pas d'une manière ou d'une autre permettre à qui que ce soit d'échapper à sa responsabilité sous le prétexte d'une parole qui aurait été prononcée qui ne leur agré. Je ne ferai pas ça. Tout le monde est au pied du mur de droite, de gauche, croyant, incroyant.

Tout le monde est au pied du mur. Chaque personne individuellement peut avoir une action. La première frontière contre l'islamophobie, contre le racisme, contre la haine des autres, c'est soi-même.

Si l'on n'accepte pas de relayer les mauvaises plaisanteries, si l'on n'accepte pas de relayer les mauvaises paroles qui font du mal et qui incitent les plus dérangés à aller au bout de leur dérangement, tout le monde est au pied du mur. Ce dont il est question, c'est de l'unité de ceux qui vivent dans ce pays. Il faut que tout le monde le comprenne.

La France a déjà traversé des épreuves terribles dans ce domaine. Au moins tiren la leçon. La meilleure des gardes, la meilleure des garanties que nous avons, c'est nous-mêmes.

Et si nous ne faisons rien, ceux qui regardent ailleurs sont nécessairement des complices, même s'ils ne le veulent

L’islamophobie menace l’unité du pays - Hommage à Aboubakar place de la République — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote