Fête de LO 2025 : discours de Nathalie Arthaud sur la situation internationale
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 85 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Invité politiqueChiffre
« L'Égypte, où la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, a commandé 24 rafales supplémentaires. »
- 3:07Invité politiqueChiffre
« L'Inde, pays où meurt à cause de la malnutrition, un million d'enfants par an, vient de commander 26 chasseurs rafales pour sa marine. »
- 3:14Invité politiqueChiffre
« La Colombie a confirmé une commande pour 16, la Grèce a posé une option pour 6. »
- 3:33Invité politiqueChiffre
« Le record des dépenses d'armement appartient aux États-Unis, avec près de 1 000 milliards de dollars par an, un tiers des dépenses mondiales pour assurer sa domination impérialiste. »
- 3:47Invité politiqueFait
« Trump coupe dans les dépenses de recherche sur le cancer, le VIH, sur toutes les recherches autour du climat, et il a gelé 80% de son aide humanitaire internationale. »
- 9:57Invité politiqueFait
« C'est Biden, avec son air de curé désolé, qui a donné sa bénédiction à Netanyahou. Et c'est Biden qui lui a fourni de quoi lancer plus de 45 000 bombes sur Gaza. »
- 10:31Invité politiqueFait
« De son côté, Macron se dit prêt à reconnaître un État palestinien. Au moment même où la possibilité physique de l'existence d'un État palestinien disparaît sous nos yeux. »
- 10:55Invité politiqueFait
« Cela fait plus de 77 ans que les dirigeants occidentaux couvrent les exactions israéliennes, la colonisation et la violation de toutes les résolutions de l'ONU. »
Temps de parole
- Nathalie Arthaud100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je donne la parole à Nathalie Arthaud.
Chers amis, chers camarades, travailleuses, travailleurs, ce meeting est traditionnellement consacré à la situation internationale et j'en profite pour rappeler que cette fête est celle de l'Union communiste internationaliste qui regroupe des camarades des États-Unis, des Antilles, d'Haïti, de Côte d'Ivoire, de Turquie, de La Réunion, les camarades voisins de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique, d'Espagne, d'Italie et du Maghreb. Nous avons en commun de nous revendiquer des idées internationalistes et dans cette période de montée du nationalisme, du racisme et de multiplication des guerres, ce n'est pas anecdotique.
Alors je les salue chaleureusement ainsi que tous les autres groupes et les militants venus d'autres pays, du Brésil ou encore de Corée du Sud. Aujourd'hui, camarades, nous sommes confrontés à une évolution de plus en plus réactionnaire et barbare de la société. Chaque jour, nous nous demandons combien il y aura de morts supplémentaires à Gaza, combien de morts à Kiev en Ukraine, combien de disparus au milieu de la Méditerranée, combien de morts et de déplacés dans l'Est du Congo, combien de cadavres laissés par les gangs armés dans les rues de Port-au-Prince en Haïti. L'humanité bafouée est aussi à nos portes, sous nos porches, dans nos quartiers.
Ce sont des femmes et des hommes brisés par la vie qui vivent et dorment à la rue, qui parfois meurent de froid aux pieds d'immeubles vides. Ce sont des femmes et des hommes qui ont fui la misère ou les guerres et qui ont affronté la mort pour rallier les pays riches, avec l'espoir d'apporter une vie meilleure à leur famille. Arrivés ici, ils sont exploités sur des chantiers et traités comme des indésirables, forcés de vivre sous les ponts ou entre deux bretelles d'autoroutes. Hier, les maîtres du monde prétendaient sonner la mobilisation générale contre les réchauffements climatiques.
Aujourd'hui, ils préparent tous la guerre, la guerre des étoiles même, si l'on en croit le bouffon de la Maison Blanche. Au lieu d'éradiquer la malnutrition, le sida ou le paludisme, au lieu de construire des routes et des dispensaires, ils mettent des milliards dans la production d'obus, de chars d'assaut, de drones, d'avions de chasse. L'Égypte, où la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, a commandé 24 rafales supplémentaires. L'Inde, pays où meurt à cause de la malnutrition, un million d'enfants par an, vient de commander 26 chasseurs rafales pour sa marine, qui s'ajoutent aux 36 de son armée de l'air.
La Colombie a confirmé une commande pour 16, la Grèce a posé une option pour 6. Mais, à tout seigneur, tout honneur, le record des dépenses d'armement appartient aux États-Unis, avec près de 1 000 milliards de dollars par an, un tiers des dépenses mondiales pour assurer sa domination impérialiste. Et aujourd'hui, Trump coupe dans les dépenses de recherche sur le cancer, le VIH, sur toutes les recherches autour du climat, et il a gelé 80% de son aide humanitaire internationale. La classe capitaliste a bâti sa prospérité et son pouvoir sur l'injustice, l'oppression et sur la disparition de peuples entiers, et elle continue aujourd'hui, au XXIe siècle.
Et s'il n'y a pas des femmes et des hommes pour combattre son pouvoir, eh bien, nous sombrerons. Alors, il faut se lever, militer, nous battre pour une nouvelle révolution, pour un nouvel ordre social. Il n'y a rien à attendre de la classe dirigeante. En Ukraine, les dirigeants occidentaux, et en premier lieu, les États-Unis, ont expliqué qu'ils défendaient le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Ils allaient sauver les Ukrainiens, les libérer, nous disaient-ils. Ils les ont soutenus comme la corde soutient le pendu. Des centaines de milliers d'Ukrainiens et de Russes ont été blessés, mutilés ou tués. Toute une jeunesse mobilisée ou poussée à l'exil a été sacrifiée.
L'Est et le sud de l'Ukraine ont été ravagés. Des villes et des villages transformés en cités fantômes. Les destructions d'immeubles, de ponts, de routes et de bien d'autres infrastructures ont ramené le pays des années en arrière. Et une haine fratricide oppose désormais les Russes aux Ukrainiens. Tout ça pour que les Etats-Unis et la Russie qui se disputaient leur influence sur l'Ukraine finissent par dépecer le pays ensemble pour que Trump et Poutine se partagent l'Ukraine. Trump vient de faire signer à Zelensky un accord attribuant aux Etats-Unis des droits exorbitants dans l'exploitation des minerais ukrainiens dont les fameuses terres rares. Et puis d'autres marchandages sont en cours.
Et si les dirigeants de l'Union européenne continuent de grenouiller avec Macron au premier rang, c'est qu'ils veulent eux aussi leur part de gâteau. Eux aussi veulent leur part des terres rares. Eux aussi veulent pouvoir racheter des banques et des terres fertiles et accéder au marché de la reconstruction évalué à plus de 400 milliards. Alors aujourd'hui, les Ukrainiens font l'amère expérience de ce qu'avait dénoncé Anatole France après la Première Guerre mondiale. On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels et en l'occurrence, les Ukrainiens sont morts pour les industriels et les financiers américains qui sont les grands gagnants de cette guerre.
Alors, il est où le camp du bien et il est où le camp du mal ? La vérité, c'est que les prétendus démocrates américains et européens ne valent pas mieux que le dictateur Poutine ou Xi Jinping. Après la guerre en Irak et en Afghanistan, après la multitude d'opérations militaires françaises en Afrique, c'est une énième leçon. Quand nos dirigeants impérialistes prétendent sauver tel ou tel peuple, quand ils parlent de démocratie ou de liberté des femmes, ce sont des alibis pour défendre les intérêts de leurs capitalistes. Quand ils parlent de défendre les Ukrainiens, les Nigériens ou les Ouïghours, ils pensent à Total, à Orano, à LVMH.
Alors, contre l'oppression des peuples et pour défendre nos propres intérêts de travailleurs, il ne faut compter que sur nous-mêmes. Et regardez ce qui se passe en Palestine. Les Palestiniens de Gaza vivent d'un enfer depuis 20 mois. 20 mois de souffrance, de deuil, de lutte pour la survie. Aujourd'hui, Gaza n'est plus qu'une vaste étendue de gravats et un charnier à ciel ouvert. Des milliers d'enfants n'ont plus que la peau sur les os. Des dizaines de milliers d'autres doivent se battre tous les jours pour avoir quelque chose à manger. Netanyahou prétend faire la guerre au Hamas. Mais il fait la guerre à tous les Palestiniens.
Il est en train de procéder à une épuration ethnique, à un génocide. Ses soutiens d'extrême droite et suprémaciste sioniste le revendiquent d'ailleurs à haute voix. Depuis le 7 octobre 2023, ils rivalisent d'idées pour exterminer les Palestiniens de Gaza. Les uns évoquant la solution de la bombe atomique, les autres un virus mortel. Et aujourd'hui, ils sont tous d'accord pour affamer les habitants de Gaza et pour leur tirer dessus quand il y a de la distribution de la nourriture. Et Israël n'est pas mise au banc des nations. C'est une prétendue démocratie à qui toutes les grandes puissances continuent de fournir des armes et qui agit avec la bénédiction des États-Unis.
Eh bien, le massacre des Palestiniens juge non seulement les dirigeants israéliens, mais aussi tous les dirigeants occidentaux. Nous avons tous été sidérés, révoltés, par la proposition de Trump de déporter les habitants de Gaza pour y construire une rivière. Un tel projet ne peut germer que dans la cervelle atrofiée d'un milliardaire qui a passé sa vie à exploiter et à écrabouiller tous ceux qu'il pouvait. Mais les 50 000 morts recensés dans les 15 premiers mois de bombardements israéliens ne sont pas à mettre sur le dos de Trump, mais sur celui de Biden. C'est avec Biden, pardon, c'est Biden, avec son air de curé désolé, qui a donné sa bénédiction à Netanyahou.
Et c'est Biden qui lui a fourni de quoi lancer plus de 45 000 bombes sur Gaza. Et qu'ont fait les dirigeants européens, qui se prétendent toujours les leaders du monde libre et progressiste ? Ils ont bien sûr été complices. Et ils ne sont pas restés seulement muets. Aujourd'hui, certains dirigeants européens font semblant de s'opposer au gouvernement israélien. Alors que l'Union européenne a pris un 17e train de sanctions contre la Russie, elle est en train d'étudier s'il y aurait une possible violation des droits humains par Israël. C'est d'un cynisme sans borne. De son côté, Macron se dit prêt à reconnaître un État palestinien.
Au moment même où la possibilité physique de l'existence d'un État palestinien disparaît sous nos yeux, alors tout cela ressemble à une très mauvaise farce. Cela fait plus de 77 ans que les dirigeants occidentaux couvrent les exactions israéliennes, la colonisation et la violation de toutes les résolutions de l'ONU. Et aujourd'hui, ils continuent de soutenir Israël dans sa prétendue guerre contre le Hamas. Tout cela au nom de la défense du droit d'Israël à exister et la protection du peuple juif. Mais ils n'ont jamais défendu le peuple juif. Ils l'ont utilisé !
Ils ont encouragé l'installation des juifs en Palestine, non pas pour les mettre à l'abri de l'antisémitisme et des progrommes, mais pour s'en servir contre les velléités d'indépendance arabe. En 1947, ils ont accepté un plan de partage qui faisait la part belle à Israël et qui n'a même pas été appliquée pour la Palestine. À partir de 1967, ils ont enterriné l'occupation et la colonisation de nombreux territoires palestiniens. Pas pour protéger Israël, mais parce qu'ils en avaient fait leur allié privilégié dans la région et parce qu'ils lui ont reconnu le droit de faire ce qu'ils voulaient.
Les puissances impérialistes n'ont pas agi par humanité ni en réparation du génocide nazi, mais par amour du pétrole et du commerce. Et ce faisant, elles ont laissé les dirigeants israéliens devenir des bourreaux et les geôliers des Palestiniens. Alors tout ça, c'est bien sûr criminel vis-à-vis des Palestiniens, mais c'est aussi suicidaire pour les Israéliens. Les jeunes générations qui vivent aujourd'hui l'enfer de Gaza ne peuvent grandir que dans la haine et le désir de vengeance vis-à-vis des Israéliens. Et ils grossiront les rangs des futurs combattants. Si ce n'est pas à Gaza, ce sera au Liban, au Yémen ou en Syrie. Et Israël n'a pas fini de faire la guerre.
Alors non, ce n'est pas en remplissant les cimetières et en déportant des centaines de milliers de personnes que l'on construit la paix, c'est en cessant toute oppression, en démantelant les colonies, en mettant un terme à la politique d'apartheid, c'est en reconnaissant l'égalité des droits de tous les peuples. Contrairement à ce que veulent faire croire les organisations sionistes d'extrême droite d'un côté et les organisations islamistes réactionnaires de l'autre, comme le Hamas, la coexistence fraternelle entre le peuple israélien et le peuple palestinien, ainsi que les peuples voisins, serait possible.
Ce sont les grandes puissances qui ont tracé des frontières artificielles entre le Liban, la Syrie, la Palestine, l'Irak, la Jordanie. Ce sont elles qui ont dressé les peuples les uns contre les autres, israéliens contre palestiniens, arabes contre kurdes, majorités sunnites ou chiites contre minorités chrétiennes, druses, halawites. Pour sortir de cette guerre permanente, il n'y a qu'une seule voie, celle d'une fédération des peuples du Moyen-Orient, au sein de laquelle tous seraient égaux et auraient les mêmes droits.
Alors bien sûr, tout cela ne peut pas s'imaginer sans un soulèvement des peuples de la région contre leurs dirigeants, à commencer par celui du peuple israélien, contre les bourreaux qui dirigent aujourd'hui Israël, par un soulèvement capable de s'étendre à tous les opprimés du Moyen-Orient et qui, tel un tremblement de terre, ébranlerait y compris les forteresses impérialistes. Alors ce combat dépend aussi de nous, ici, de notre capacité à dénoncer et à combattre la bourgeoisie et son ordre impérialiste. Il dépend de notre capacité à ouvrir la voie pour des relations fraternelles entre peuples égaux et conscients de faire partie d'une humanité une et indivisibles.
Et ne croyons pas que les bombes soient réservées aux Ukrainiens ou aux Palestiniens. Depuis que Trump est revenu à la Maison-Blanche, qui peut encore croire en un développement harmonieux et pacifique du monde ? Les États-Unis, le pays le plus riche de la planète, qui pourrait, rien que par ses propres moyens, régler une bonne partie des problèmes, a à sa tête un homme qui se comporte en chef mafieux, prêt à braquer le monde entier pour ses intérêts. Trump montre les muscles, fanfaronne, méprise et piétine ceux qui se montrent faibles. Il menace et répudie, comme il vient de le faire en rompant avec son compère Musk, dans une dispute digne de la cour de récréation.
Mais surtout, il glorifie le droit d'exploiter, de forer, de piller, quitte à détruire l'environnement et en faire crever les hommes. Il l'assume et le revendique que le plus fort gagne. Alors, non, Trump n'est pas fou. Il est sûr de lui et de sa puissance parce qu'il connaît le pouvoir de l'argent. En fait, Trump est le pur produit du capitalisme. Il est le vrai visage du capitalisme, le visage cynique et belliqueux de l'impérialisme. Mais il n'a rien inventé. Il est l'héritier, comme toute la grande bourgeoisie européenne des massacres perpétrés par les conquistadors, de la destruction des peuples amérindiens, de la traite esclavagiste, du pillage colonial généralisé.
Le capitalisme est né dans l'oppression, la boue et le sang. Il s'est développé dans le pillage et les guerres et il vieillit en plongeant l'humanité dans la barbarie. Oui, plus le capitalisme vieillit, plus les moyens de production s'accumulent et se développent, plus les capitalistes marchent sur les pieds et intensifient leurs guerres économiques. Et c'est la guerre pour tout, pour les marchés, pour les débouchés. C'est la guerre pour les matières premières, pour les minerais, pour les terres rares, pour l'énergie, l'intelligence artificielle, pour les satellites. Pas un seul kilomètre carré de terre, pas un seul fleuve, pas un seul océan n'échappent à ces rivalités.
Même Mars et les abysses sont convoités. Et si Trump va au bout des annonces qu'il a faites concernant le Dôme d'Or, un bouclier anti-missile qui protégerait les États-Unis, eh bien l'espace, qui est lui-même un terrain d'affrontement depuis longtemps, va peut-être devenir le plus grand arsenal du monde avec des milliers de missiles en orbite. Mais encore une fois, il ne s'agit pas de la lubie de tel ou tel dirigeant frappé par la folie des grandeurs. C'est la loi du capitalisme. Tous les États de la planète se réarment à marche forcée parce que tout pays qui veut tenir sa place dans ce système se doit de montrer les dents et de se préparer à faire la guerre.
Alors la seule façon d'en finir vraiment avec toutes ces guerres, c'est de mettre fin à l'impérialisme, c'est-à-dire de renverser le capitalisme à l'échelle du monde. Alors si nous voulons un monde de paix, eh bien il nous faut préparer la révolution. Tous les dirigeants du monde poussent au repli national. Chacun d'entre nous est censé se rallier au drapeau national, faire corps avec son hymne national. Nous sommes censés nous extasier devant les défilés militaires et nous prosterner devant les prétendus exploits de l'armée, c'est-à-dire devant son état-major anti-ouvrier et ses généraux réactionnaires qui sont dans bien des pays corrompus jusqu'à la moelle.
Nos dirigeants ne perdent jamais une occasion d'agiter le nationalisme. La musique, le sport, des rencontres de ballons ronds aux longueurs de crôles, l'origine du pape même, tout est prétexte à un cocorico. Nos sentiments, l'attachement que l'on peut avoir à notre origine, à notre famille, à notre ville, à la culture et à la langue dans lesquelles nous avons grandi, tout est utilisé pour nous enrôler dans un nationalisme de plus en plus identitaire et raciste, un nationalisme de plus en plus agressif contre tous les autres.
Les travailleurs français sont censés faire bloc derrière Macron et la bourgeoisie française, les Arnaud, Peugeot, Misselin, Muliez, les travailleurs algériens derrière Téboune, les travailleurs marocains derrière leur roi, les travailleurs américains derrière le milliardaire de la Maison-Blanche. Le nationalisme est la corde que tous les dirigeants cherchent à mettre au coup des travailleurs pour qu'ils se rangent derrière leurs propres exploiteurs contre leurs sœurs et leurs frères d'exploitation qui ont une autre origine.
Alors marcher dans cette politique de repli national et de rejet de l'immigration, défendue ici par Le Pen, Bardella, Retailleau et compagnie, c'est se tromper d'ennemis. Il n'y a pas un seul travailleur de trop dans la société. Ceux qui sont de trop, ce sont les exploiteurs, les parasites qui contrôlent des milliards et qui sèment la misère dans les pays riches aussi bien que dans les pays pauvres. Tous ceux qui nous saoulent d'identité nationale et présentent le mouvement migratoire, le brassage des hommes et des peuples comme une menace sont nos pires ennemis. Notre classe sociale est constituée quasiment dans tous les pays de femmes et d'hommes venus des cinq continents.
Ce n'est pas une faiblesse, c'est une force. Alors il faut dire bienvenue au nouveau bataillon ouvrier arrivés du Soudan, de Guinée, du Pakistan ou d'Afghanistan. Et il faut les recruter pour mener ensemble le combat de notre classe, avec leur expérience de l'exploitation, avec leur vécu dans deux, trois, quatre pays, avec le courage qui leur a permis de survivre à leur périple. Ils seront des recrues irremplaçables et des relais essentiels pour étendre le combat à la classe ouvrière des autres pays et débarrasser la planète du capitalisme.
Alors que le monde entier va vers plus de militarisme et d'autoritarisme, alors que certains osent se revendiquer ouvertement du fascisme ou du nazisme, nous sommes de moins en moins nombreux à dire « abat les frontières » ou « liberté de circulation et d'installation ». Et ce sera sans doute plus difficile encore demain. Mais ce qui est certain, camarades, c'est qu'il n'y a pas d'avenir en dehors de l'internationalisme. Tous ceux qui veulent remettre les frontières à la mode, nous enfermer derrière des barbelés et des murs et transformer l'économie mondialisée en économie nationale sont voués à échouer. Ils ne peuvent pas faire tourner la roue en arrière.
Même Trump, qui a cru pouvoir freiner les importations à coups de taxes douanières, vu la taille et la puissance de l'économie américaine, est forcé de reculer. Et Trump n'a pas le monopole du protectionnisme. Nous avons ici nos propres protectionnistes, qui se prétendent très différents du caïd de la Maison-Blanche, mais qui nous expliquent eux aussi qu'il faudrait protéger nos emplois contre les Chinois, contre les travailleurs indiens ou contre je ne sais qui. Les moyens techniques modernes permettent de faire circuler des informations de façon quasi instantanée d'un bout à l'autre de la planète.
Un avion de ligne permet à un touriste, qui en a les moyens, d'atteindre n'importe quel pays de la planète en moins de 24 heures. Chacun d'entre nous a des liens avec 2, 3, 4 pays différents. L'économie et l'humanité sont devenus un seul et même ensemble. Et tous ceux qui veulent changer cette réalité ne peuvent que nous plonger dans une barbarie sans nom. Certains commentateurs parlent d'internationales réactionnaires pour désigner la proximité idéologique de Trump avec l'argentin Milley, le hongrois Orban, l'italienne Meloni et l'israélien Netanyahou.
Et en matière de racisme, de sexisme, de bêtises crasses, de cynisme et d'autoritarisme, ils en tiennent tous une couche, il n'y a pas de doute. Mais on pourrait allonger cette liste en rajoutant ici les noms de Le Pen, Bardella et Retailleau. Et puis d'autres encore. En Inde, maudit, le président indien joue de la pire démagogie nationaliste en ciblant les musulmans. Et il est prêt à faire la guerre au Pakistan voisin. En Afghanistan, les femmes sont emprisonnées à deux mœurs, réduites à de simples machines reproductives.
Et sur le continent africain, combien y a-t-il de démagogues prêts à faire ressurgir d'anciens conflits, prêts à s'appuyer sur les préjugés et à alimenter les replis ethniques ou religieux que la misère et la faim ravivent ? Eh bien, face à cet international réactionnaire et face à tous les autres larbins des capitalistes qui leur ouvrent un boulevard, les Macron, Merz, Starmer, il faut construire l'unité des travailleurs révolutionnaires. Il faut œuvrer à la construction d'une nouvelle internationale de travailleurs communistes, une internationale révolutionnaire.
Aujourd'hui, la bourgeoisie et ses politiciens réactionnaires mènent la danse à l'échelle internationale parce que nulle part, les travailleurs ne se battent vraiment en pesant sur la vie politique. Mais ils en ont la capacité. En arrachant les grands moyens de production des mains des capitalistes, les travailleurs peuvent faire en sorte qu'enfin l'humanité maîtrise son économie, la planifie consciemment pour répondre aux besoins de toute l'humanité et pour assurer l'avenir de la planète. Un objectif aussi vaste peut sembler inatteignable à une époque où même s'organiser à l'échelle d'un pays, et même parfois d'une entreprise, est compliqué.
Mais je le répète, notre classe sociale est déjà organisée. Elle est même déjà organisée à l'échelle internationale par les capitalistes eux-mêmes. Et partout, il y a des prolétaires qui se battent en Chine, en Iran, en Côte d'Ivoire, en Argentine, aux États-Unis, où depuis deux jours, des travailleurs se battent à Los Angeles contre les rafles et la police de l'immigration. Eh bien, quand la révolte d'un peuple tonnera contre ses dirigeants, que ce soit aux États-Unis, en Israël, en Iran ou en Inde, elle parlera à bien des opprimés. Quand une grève victorieuse dans une entreprise donnera de la force aux travailleurs de l'usine voisine d'engager le combat.
Et le jour où la classe ouvrière se lèvera à l'échelle du pays tout entier, elle trouvera l'oreille et le soutien d'autres travailleurs du monde. Et alors, ce ne sera plus l'élection d'un clown comme Trump qui ébranlera le monde, mais le soulèvement des travailleurs, comme les révolutions de 1848 et la révolution russe de 1917, embrasèrent tout le continent européen et comme toutes les révoltes des opprimés l'ont fait, que ce soit pendant les révoltes coloniales ou plus récemment lors des printemps arabes. Alors, camarades, il faut tenir bon sur nos convictions.
Même si le monde du travail reste aujourd'hui spectateur, il n'est pas voué à compter les points entre Poutine, Trump, Macron ou Xi Jinping. Il peut agir par lui-même, il peut se révolter et s'il a conscience d'avoir à prendre le pouvoir, eh bien, il fera la prochaine révolution qui passera les frontières, qui se déploiera, relayée par tous ceux qui sont conscients qu'il y a un nouveau monde à construire ensemble. Alors, vive le communisme et vive l'internationalisme ! Et bon courage, bien sûr, les camarades qui sont peut-être sur le départ de cette fête pour continuer le combat et pour nous redonner encore plus de courage, de motivation. On va chanter ensemble l'international !
Sous-titrage Société Radio-Canada
Nathalie Arthaud