Attal/ Philippe : «La macronie doit faire son mea culpa», considère Robert Ménard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 75 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteÉludée
Qu'attendez-vous de lui ? Rien ou pas grand-chose
- 2:02OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est suffisant, est-ce que c'est audible dans une population qui est tellement en souffrance ?
- 3:34RelanceRéponse directe
La réponse qu'on entend systématiquement, c'est que ce n'est pas de ma faute la flambée des prix du carburant, ça se passe à l'extérieur, à l'international
- 5:36OuverteRéponse directe
Il a raison d'agiter en permanence cette menace ?
- 6:24OuverteRéponse partielle
Aide inconditionnelle à l'Ukraine ? Militaire, financière ? Jusqu'où est-ce qu'on va ?
- 8:32OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez que cette phrase était ainsi prononcée par le président de la République ? Est-ce que c'est une faute politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« 'est-ce que j'attends de lui ? D'abord qu'il ne raconte pas des cracks, ce serait déjà une bonne chose. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Il faut entendre, quand j'entends son mini, M. Lescure expliquer qu'avec 2000 euros par mois, on vit bien. »
- 1:26Invité politiqueFait
« un narcissisme absolu, au fond la seule chose qui l'intéresse, c'est lui. »
- 2:27Invité politiqueFait
« Vous les payez avec quoi madame ? Avec quoi ? »
- 2:44Invité politiqueFait
« les marins pêcheurs, le gazoil c'est tellement important dans leur budget, ils sont au bord de la catastrophe. »
- 3:07Invité politiqueFait
« on paye des intérêts tellement importants, demain les gens finiront par plus nous faire confiance en se disant on sera plus capable, on, la France, de leur rembourser ou de faire face à nos échéances. »
- 3:57Invité politiqueFait
« Mais nom de Dieu, qui c'est qui voulait fermer les centrales nucléaires ? »
- 4:18Invité politiqueFait
« ils ont prôné des choix absolument sidérants d'erreurs. »
- 4:32Invité politiqueFait
« Moi, j'ai armé ma police municipale. J'étais le facho de service. »
- 5:01Invité politiqueFait
« Ou alors, il faut vraiment faire la merculpa en expliquant je me suis trompé sur ça, ça, ça et ça. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Mais un certain nombre de choix qu'ils ont faits sont des choix désastreux. »
- 5:40Invité politiqueFait
« qu'elle existe. »
- 6:11Invité politiqueFait
« il y a un pays qui en a envahi un autre, qui est dirigé par un type qui rêve, je parle de M. Poutine, d'étendre son pays, quoi qu'il en dise. »
- 9:56Invité politiqueFait
« Le Hamas, il n'est pas présent. »
- 11:53Invité politiqueFait
« C'est ma ville qui lui a fourni tous les papiers pour se marier en Algérie. »
- 12:36Invité politiqueFait
« L'État n'est pas capable de les mettre en œuvre. »
- 15:35Invité politiqueChiffre
« 4 milliards, ça coûte et tout. »
- 16:58Invité politiqueFait
« À Marseille. »
Temps de parole
- Robert Ménard79 %
- Présentateur18 %
- ?3 %
≈ 16,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Europe 1.
La
grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
J'ai
invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Robert Ménard. Bonjour à vous.
Bonjour à vous.
Maire de Béziers, le Président de la République, Emmanuel Macron, va s'exprimer ce soir, vous le savez, à la télévision, alors que le mois d'octobre s'annonce tendu, les débats sur le budget, les appels à manifester le 17 octobre contre la vie chère. Qu'attendez-vous de lui ? Rien ou pas grand-chose
? Qu
'est-ce que j'attends de lui ? D'abord qu'il ne raconte pas des cracks, ce serait déjà une bonne chose. On a vu à l'Assemblée Nationale des Nations Unies ce qu'on peut comme mensonge, il peut répéter,
qu
'il dise la vérité aux gens. Moi je ne suis pas de ceux qui...
Il
n
'a
pas fait depuis 9 ans ? Non, il a une vérité changeante,
c
'est le moins qu'on puisse dire. Il faut dire aux gens, il ne
faut
pas leur faire des promesses, et il n'est pas le seul à le faire, que tout le monde sait qu'elles ne seront pas tenues, il faut entendre les gens.
Il
faut entendre, quand j'entends son mini, M. Lescure expliquer qu'avec 2000 euros par mois, on vit bien. Enfin, il vit où M. Lescure ? Il vit où ? Où ? Il a vu, il gagne 2000 euros,
il a gagné. C'est du mépris pour les
Français ? Ah mais attendez, un des reproches principaux, je ferai deux reproches au chef de l'État, un narcissisme absolu,
au
fond la seule chose qui l'intéresse, c'est lui. Et la deuxième chose, c'est au minimum une méconnaissance de la vie des gens, moi je les vois tous les jours, les gens je vois leurs difficultés, ou un mépris vis-à
-vis
des gens, et on passe vite de la méconnaissance au mépris. Écoutez-moi, tous les jours, je vous jure sur la tête de mes enfants, tous les jours j'ai des gens qui viennent me voir avec des histoires, tu te dis, et puis tu es impuissant, tu te dis, qu'est-ce que tu leur réponds ? Alors on ne
va
pas leur dire, on va tout augmenter, le SMIC, je ne
sais
pas quoi, parce que ce n
'est
pas vrai, mais au moins on essaye d'être attentif à
eux,
moi j'attends qu'ils soient attentifs et humbles, humbles.
D
'accord, il y a eu des aides annoncées cette semaine pour tenter de contenir la flambée des prix du carburant, aide aux gros rouleurs un peu étendus, aide aux pêcheurs, est-ce que c'est suffisant, est
-ce
que c'est audible dans une population qui est tellement en souffrance ?
Mais bien sûr
que ce n
'est
pas audible, bien sûr que si j'étais un démagogue, et si vous répondez comme un homme politique traditionnel, vous
savez
ce que je dirais, ah non, il faut donner plus à tout le monde. Il
faut
baisser les taxes. Vous les payez avec quoi madame ? Avec quoi ? Moi je vois, on a aidé les pêcheurs, l'agglomération que je préside, mais on aura donné, c'est des petites sommes, parce qu'on n'a pas plus d'argent que l'État. Et en même temps, les marins pêcheurs, le gazoil c'est tellement important dans leur budget, ils sont au bord de la catastrophe. Qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce que vous faites sérieusement ? Moi je crois que dire aujourd'hui, on va faire des aides généralisées, est une folie douce. Il faut choisir.
On n'a plus le
luxe de faire
ça.
Mais on n'a plus les moyens, on les a eus à un moment donné, mais la situation économique, elle est tellement désastreuse, on doit tellement d'argent à tout le monde, on paye, parce que c'est ça la réalité, on paye des intérêts tellement importants, demain les gens finiront par plus nous faire confiance en se disant on sera plus capable, on, la France, de leur rembourser ou de faire face à nos échéances. Tu ne peux pas tout promettre. Il faut choisir des choses ciblées. Quand tu es dans l'opposition, et tous les autres sont dans l'opposition, et on est en campagne électorale évidemment, tu peux promettre ce que tu veux, ça ne coûte rien.
Après, au mois de mai, si tu es élu, tu pourras toujours dire que tu ne savais pas que c'était si catastrophique que ça.
Mais là, la réponse qu'on entend systématiquement, et de la part du gouvernement et sans doute d'Emmanuel Macron,
c
'est que ce
n
'est pas de ma faute la flambée des prix du carburant, ça se passe à l'extérieur, à l'international, c'est la guerre en Ukraine, c'est la guerre en Iran, le blocage des trois normaux, nous n'y sommes pour rien.
Mais bien, attendez, bien sûr qu'ils y sont pour quelque chose. Je vais prendre un domaine, hier j'entendais des débats, parce que ce n
'est
pas lui qui dit ça, sur le prix de
l
'électricité. Mais nom de Dieu, qui c'est qui voulait fermer les centrales nucléaires ? Parce que ça, ils ont tout changé. Mais vous vous rappelez, on a un peu de mémoire. Vous, moi, ils étaient... Alors c'est fait ce nage, mais puis dans la foulée, on allait tout arrêter. Ils ont quand même, avec un délire d'écologie punitive, d'écologie tout court, folle, furieuse, qui se transforme en quelque chose contre les gens, ils ont prôné des choix absolument sidérants d'erreurs. Alors aujourd'hui, ils te disent... Mais enfin, c'est pareil, vous savez, on pourrait en parler. L'immigration,
ils
disent, c'est vrai que c'est un problème. Mais Coco, tu te faisais traiter de facho quand tu disais que l'immigration est un problème. Moi, j'ai armé ma police municipale. J'étais le facho de service. Alors maintenant, ils le font tous. Mais je ne
peux
accumuler pas que dans le domaine économique le nombre de choses où aujourd'hui, ils te disent exactement le contraire. Le problème, c'est que tu as des candidats aujourd'hui qui étaient responsables de ça et qui te font croire ou voudraient te faire croire...
Tous
ceux qui sont liés à la Macronie, c'est ça ?
Attendez, bien sûr, c'est un problème.
Vous
parlez d
'Edouard Philippe, Gabriel Attal.
Moi, je n'ai pas d'opposition aux gens, mais quand même, tu ne peux pas dire... Ou alors, il faut vraiment faire la merculpa en expliquant je me suis trompé sur ça, ça, ça et ça. Mais il faut le dire, que tu t'es trompé. Il ne
faut
pas faire une espèce de pirouette pour retomber sur tes pattes. Tu ne peux pas. Ils sont responsables. Pas qu'eux, il
y
a la situation internationale et tout. Mais un certain nombre de choix qu'ils ont faits sont des choix désastreux. J'ajoute la droite avant et la gauche avant sur les 40 dernières années. Je ne
sais
pas si c'est beaucoup mieux.
Emmanuel Macron va aussi s'exprimer sur ce qui se passe à l'international. Il va sans doute revenir sur la menace russe, la menace hybride qui nous vise, selon lui, ainsi que de nombreux pays alliés. Il a raison d'agiter en permanence cette menace ?
Elle
existe pour
vous faire la menace ? Mais bien sûr
qu'elle existe.
Vous
avez vu ce que je peux dire à l'instant de lui ? Sur les choix économiques, sur tout, vous voyez, les décisions financières et tout. Dieu sait que je peux être critique. Mais sur l'international,
il
a plus raison que les autres. Attendez, pardon, il y a une vraie menace. Vous ne voulez pas la voir ? Enfin, vous, ça ne
va
pas vous. Je vous
pose la question.
Oui, mais je sais bien, je ne
sais
pas, le « vous » est un « vous » général. En France, on ne veut pas le voir. Enfin, attendez, il y a un pays qui en a envahi un autre, qui est dirigé par un type qui rêve, je parle de M. Poutine, d'étendre son pays, quoi qu'il en dise. Et nous, on est en train de pinailler en disant, non, pas vraiment. Bien sûr que c'est...
Donc,
c'est
aide inconditionnelle à l'Ukraine ? Militaire, financière ? Jusqu'où est
-ce
qu'on va ?
Écoutez, jusqu'à les protéger. Mais vous croyez...
Jusqu
'à entrer en guerre
? Attendez, non, je ne
vais
pas dire les protéger. Ils ne nous demandent pas d'entrer en guerre à côté d'eux. Ils nous demandent de leur fournir des armes et de leur donner de l'argent qu'en particulier, il
y
a de
l
'argent russe qui est bloqué dans des banques qu'on n
'a
qu'à l'utiliser pour les aider. Mais attendez, vous croyez qu'ils se battent que pour eux
?
Enfin, attendez, moi, je connais les faiblesses du régime, le régime ukrainien. Je connais la corruption, parce que je suis allé, je ne
sais
pas, 15 fois ou 20 fois avant ça, la corruption endémique qui règne dans ce pays-là depuis très très longtemps. Je le sais, ça. Reste qu'entre eux, avec tous ces défauts-là, et un pays impérialiste dangereux qui ne rêve que d'en finir avec eux et demain avec d'autres. Je choisis, madame, vous choisissez
dans la vie. Les Français,
eux, ils vous disent, ok, très bien, vous nous parlez de la Russie, vous nous parlez de la fin du monde. Nous, on vous parle de la fin du mois.
On vous parle
de nos problèmes du quotidien. Mais parce
qu'il
faut dire les deux choses. Et l'argent, on en a besoin. Il faut dire les deux choses. C'est trop facile. C'est d'une démagogie absolue de raconter, ah, mais écoutez, on donne de l'argent aux Ukrainiens, on ferait mieux de vous
le donner à vous. Ce que font nombre
de candidats, d'ailleurs.
Plein de candidats, très à droite et très à gauche, qui vous disent ça aussi. C'est une saloperie de dire ça. Ils se font tuer pour nous. Tu ne peux pas faire des discours sans arrêt sur les droits de l'homme, la démocratie, je ne sais pas quoi encore, les libertés, et ne pas comprendre qu'aujourd'hui,
il
y a des gens qui, à 2000 km d'ici, se battent pour ça, madame, se battent pour ça. Pardon, vous êtes journaliste.
Le
débat qu'on a ici, vous ne l'auriez pas à Moscou. C'est ça, la réalité. C'est ce qu'il faut dire. Et quand j'entends certains de vos confrères avoir de la tendresse pour M. Poutine, mais Coco, tu ne ferais pas le débat, tu ne pourrais pas critiquer M. Poutine dans des télévisions publiques et privées à Moscou. C'est ça, la réalité. Mais comment on n'entend pas ça ? Mais c'est tellement facile de dire aujourd'hui, écoutez, on ne
va
pas donner de l'argent à ces gens dont on se contrefoue. Gardons-le pour nous. C'est cynique, c'est dégueulasse et c'est un mauvais calcul.
Emmanuel Macron a parlé hier avant-hier à l'Assemblée Générale des Nations Unies. Il a vivement critiqué Israël. Il s'est attiré d'ailleurs la colère d'Israël puisqu'il a dit que le Hamas ne sévissait pas sur le territoire de la Cisjordanie. Est-ce que vous comprenez que cette phrase était ainsi prononcée par le président de la République ? Est-ce que c'est une faute politique ?
Mais d'abord, c'est un mensonge.
Un
mensonge absolu.
Un
mensonge absolu. Il n'y a pas de discussion sur ça. Alors, vous avez vu, maintenant, M. Barrault, il a inventé que sévir, ça voulait dire gouverner. Je ne savais pas. Je crois que c'est votre métier quand vous dites gouverner à sens. Et sévir,
c
'est pas... D'abord, c'est un mensonge absolu. Depuis, sur le conflit israélo-palestinien, M. Macron, il a dit une chose et exactement son contraire. Vous pouvez critiquer M. Netanyahou, et je ne suis pas un ami de M. Netanyahou, sans mentir sur Israël. Pardon, c'est des truismes que je dis là.
Où
est la seule démocratie
dans
le Moyen-Orient ? Là. Où est la seule endroit où il y a une vraie liberté de la presse en dehors d'Israël ? Où il y a une opposition qui critique, dans des termes terrifiants, M. Netanyahou ? En Israël. Attendez. Et vous mentez comme ça. Le Hamas, il n'est pas présent. Qu'est-ce qu'il a envie de dire demain matin que le Hamas, c'est des saints qui
sont plus des victimes. Ces dizaines de morts
sont imputées au Hamas. Mais
bien sûr.
Attendez. Juste, c'est comme avec la Russie. Le 7 octobre, qui
tue
d'abord ? Qui tue d'abord ? Le Hamas ou Israël ? Oui, mais il faut redire ça. Redire, redire,
redire. Parce que le
négationnisme est à l'œuvre dans notre pays,
comme
dans le
monde entier. Mais oui, mais
c
'est exactement pareil qu'avec le... Vous vous rappelez, il y a l'intervention des Russes en Ukraine. Au début, quand même, tout le monde hurle quand même ces salauds de Russes et tout ça. Petit à petit, on dit le contraire. Mais sur Israël, c'est pareil. Le 7 octobre, tout le monde est du côté israélien, évidemment, en disant regardez ce qui s'est passé. Mais avec les années qui passent, avec,
c
'est vrai, des images terribles sur ce qu'il y
a
à Gaza, maintenant, on renverrait dos à dos. Il y aurait un pays, il y aurait au fond, le Hamas, ce serait terrible. Mais de l'autre côté,
il
y aurait des génocidaires avec un génocidaire en chef qui est M. Netanyahou.
Et on justifie
ainsi l'antisémitisme.
Mais
bien sûr, parce que ça nourrit l'antisémitisme. Vous savez, quand les gens, c'est pareil sur le complotisme.
Vous
savez, quand les gens vous disent, oui, il y a des gens qui tirent les ficelles derrière nous et tout, ça finit par être les juifs en cinq minutes. Bien sûr que ça se nourrit. Il n'y a pas de différence. Aujourd'hui, nier l'État d'Israël comme le font un certain nombre de choses, c'est être pas anti-sioniste, être anti-sémitique.
Robert Ménard,
autre sujet. Dans une semaine, vous serez jugé devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour avoir refusé de marier un Algérien sous OQTF. Vous risquez, je le rappelle, cinq ans de prison, 75 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité, c'est-à-dire de perdre votre siège de maire. Cet homme a officialisé hier son union en Algérie. Son mariage avec une ressortissante française a été transcrit dans les registres français de l'État civil. Quel est votre état d'esprit ce matin ? Qu'est
-ce
que ça change ?
Ça
ne change rien du tout. C'est ma ville qui lui a fourni tous les papiers pour se marier en Algérie. Moi, je ne me suis jamais prononcé sur l'histoire d'amour. Je n'en sais rien et ce n
'est
pas mon affaire. Moi, ce n
'est
pas un mariage blanc ou gris. Ce n
'est
pas ça qui me pose problème. Ça, c'est la justice qui a dit ça. Moi, j'ai juste dit, écoutez, madame,
vous
me recevez. Vous êtes mère et vous recevez quelqu'un dont l'État vous explique qu'il ne doit pas être en face de vous, qu'il doit être renvoyé dans son pays. Et on me demande à moi de le marier. Mais enfin, c'est à tomber sur la tête. Ce garçon, ce n
'est
pas moi qui ai décidé de délivrer une obligation de quitter le territoire français. Ça s'appelle obligation de quitter le territoire français. Ce n
'est
pas moi qui l'ai fait, c'est l'État. L'État n'est pas capable de les mettre en œuvre. Moi, je l'appelle le préfet, le sous-préfet, le ministre.
Ils
disent, attendez, vous n'allez pas me mettre dans une situation où ce monsieur que vous devez normalement renvoyer chez lui, il est en face de moi et moi, je vais le marier. Mais non, je ne le marie pas. Je vous précise que je ne l'aurais même jamais su. Il ne me l'avait pas dit lui-même. Je dis ça parce qu'il
y a
tout un tas de maires qui doivent le faire sans même le savoir. Et je vais être condamné, madame ? Bien sûr, je ne
vais
pas aller en prison. Non, il
n
'y
a
pas de bois ici. Mais c'est l'inéligibilité. Je viens d'être élu il
y
a six mois avec plus de 65% au premier taux. Ça ne court pas les rues quand même. Et je peux, la semaine prochaine, ne pas être là où vous pourriez me recevoir. Mais je ne pourrais plus dire que je suis le maire de Béziers parce que j'ai fait un truc de bon sens. Ce n
'est
pas à la gauche ni à droite. Il y a 80% des Français qui ne comprennent pas qu'un maire puisse être menacé comme je le suis pour avoir fait un truc évident. Si il doit quitter le territoire, qu'il le quitte. Mais moi, je ne vais pas le maire.
Votre avocat, je crois, a convoqué plusieurs personnes. Bruno Retailleau, David Lissnard, Stéphane Dominique, qui est le sénateur, auteur de la proposition de loi visant à interdire un mariage en France, si l'un des deux est sous OQTF. Qu'est
-ce
que ça peut faire ? Ça peut vous aider, ça ?
J'espère que ça m'a aidé. Mais j'avais fait la même chose avec le chef de l'État. Il ne m'a même pas répondu. Je pensais que l'espèce de politesse faisait que quand on vous écrit ou quand on vous saisit, vous répondez. Son directeur de cabinet m'a appelé pour me dire que non, il n'allait pas venir, il n'était pas obligé. Je sais bien qu'il n
'est
pas obligé. Je sais bien qu'il peut ne pas venir. Je le sais. Symboliquement, quand tu expliques à la télévision que le maire que je suis est dans une situation UBS, je dis, moi, je ne
vous
demande rien d'autre que de venir répéter ce que vous dites. C'est important.
Et il ne l'a pas fait.
Et il ne l'a pas fait. Vous savez,
si c'est Algérien qui s'est marié en Algérie, il va revenir en France ?
Je ne sais pas. Ce n
'est
pas moi qui délique des visas. Il faut demander. Vous connaissez le ministre de l'Intérieur ? Je vous propose de demander à M. Nunez s'il pense que c'est une bonne idée. Ou M. Barrault pour voir s'ils vont lui délivrer un visa. Je n'en sais rien. Moi, leur histoire d'amour encore, ce n
'est
pas mon affaire. Ce qui est mon affaire, c'est qu'aujourd'hui, on ne peut pas demander à quelqu'un, exiger de quelqu'un qui quitte le territoire et demander dans le même temps au maire de le marier. C'est ce qu'il dit en passant, avant que tu le mettes dehors parce qu'il est marié, tu les poulons pour les dents.
Robert Ménard, quelques questions courtes pour terminer. Charles Alonc n'en a pas fini avec l'audiovisuel public. Il sort la semaine prochaine, je jure de dire toute la VRC. C'est le récit des coulisses de la commission d'enquête dont il était le rapporteur. Est-ce que le service de l'audiovisuel public est à réformer, pour vous, à privatiser ? On a vu ce qui s'est passé avec Charles Sapin qui a été éjecté, même si on dit le contraire, de l
'antenne de
France Inter. Quand on voit les attaques contre notre chaîne, on demande à nous fermer tous les jours sur France Inter. Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui
? J
'ai toujours eu une position, quand j'étais le patron de Reporters Sportaires, là-même, on a un service public démesuré. 4 milliards, ça coûte et tout. Moi, je suis pour qu'il y
ait
une partie de service public, comme dans un certain nombre de démocratie où il sert à être la voix de la France à l'étranger. La BBC le fait très bien en partie et tout. Mais pour le reste,
il
faut préciser, bien sûr, ou supprimer. C'est obsolète, ça n'a aucun sens. En plus, ce qui vient de se passer avec Charles Sapin montre à quel point le service public est... Le service public, d'abord, n
'est
pas un service public. C'est un service au service d'un certain nombre d'idées précises. Attendez, je voulais qu'on parle ici de la rédaction de France Inter qui votent, qui votent à l'unanimité. Ils étaient à l'unanimité.
Il
n'y
en
a pas un qui est
arrivé. Les syndicats,
les
syndicats. Non,
non,
dans l'Assemblée Générale qu'ils ont convoqués, ils ont voté à l'unanimité le fait qu'on ne reçoive pas à l'antenne quelqu'un qui a le malheur de ne
pas
leur plaire. Mais je suppose que vous recevez, enfin, je sais, à longueur de temps, des gens avec qui ne partagez pas l'idée. Vous ne me demandez pas ce que je pense avant de me recevoir. Moi, je ne pense pas forcément comme vous. Comment tu peux être journaliste et te comporter comme ça ? Oui, il faut privatiser massivement une partie du service public en radio et en télévision.
Emmanuel Macron va accueillir le souverain pontife Léon XIV à l'aéroport d'Orly demain matin, avant un entretien avec les deux hommes, mais il refuse d'assister à la moindre messe célébrée sur le sol national. Au nom de la laïcité ou simple boudrie, selon vous ?
Il l'a déjà fait d'assister à des messes. À
Marseille.
À Marseille. Qu'est-ce que c'est cette histoire ? Rien. Mais c'est ce qu'on disait tout à l'heure. C'est un narcisse qui se dit comment le pape, ce n
'est
pas tout à fait rien d'ailleurs, le pape ne s'est pas prêté à tous mes caprices. Et non, le pape, il est ce qu'il est et il n'a pas envie de se transformer en espèce d'outil de propagande électorale. Et alors, ah, il m'a fait ça, je me venge sur lui. Puis le pape,
je
pense... Attendez, je vous dirai un
truc. C
'est
un
rapport avec la loi sur la fin
de pied et l'euthanasie. Attendez,
moi en plus, j'en ai parlé avec vous, je sais que dans un certain nombre de cas, il n
'y
a pas d'autre solution que d'aider quelqu'un à mourir. Donc je ne suis pas une caricature là-dessus. Mais vous n'allez quand même pas reprocher au pape de s'y opposer. Enfin, moi, si demain le pape disait « Oh mais moi, l'euthanasie,
ça
ne me poserait pas un problème. »
Même
si je n
'ai
pas les mêmes... Je me dirais, comme vous, j'imagine, mais il est tombé sur la tête. Qu'est-ce qu'il lui prend ? Il défend quelque chose. Si vous y croyez ou pas. Non, non, c'est une petite vengeance. Enfin, c'est une petite mesquinerie stupide. En plus, assister à la messe, je ne
sais
pas, il y a la messe dans les arènes à Béziers, le représentant de l'État, il vient parce que... Il n
'est
pas obligé de communier, effectivement. Mais tu
n'es
pas obligé. Comme le faisait le général de
Gaulle. Tu peux
aussi, ça. Là, ça aurait fait un choc, si c'était bien.
Robert Ménard, on est à 8 mois du second tour de la présidentielle. Les partis politiques rencontrent toujours beaucoup de difficultés à se financer. L'ERN, évidemment, mais pas seulement. D'autres partis. Est-ce que c'est normal ?
Non, ce n'est pas normal.
Et attendez, vous vous rappelez, il avait fait une promesse. Alors, on ne
va
pas faire la liste de toutes les promesses que M.
Macron n'a
pas tenues. Mais il avait dit, on va mettre en place, vous vous rappelez, une banque de la démocratie. L
'idée
de
François Bayrou.
Voilà. Mais comment vous pouvez... Il l'avait repris à son compte. On va le faire. On est quoi ? Dix ans plus tard, elle n'y est toujours pas. Ce n'est pas possible. On ne peut pas... Il y a deux choses qui me choquent. L'argent. L'argent ne doit pas être un obstacle insurmontable pour présenter un candidat. Et les signatures. Moi, je vous le dis, demain, si un candidat qui n'a pas à m'hésiter, demain, je n
'en
sais rien, le candidat du Parti communiste, Dieu sait, n'aurait pas ses signatures. Jean
-Luc Mélenchon, vous lui donneriez
? Mais bien sûr que je le ferai, madame. Enfin, moi, je veux combattre les idées de... Et Dieu sait que... Avec ce que je dis,
tout
le monde... Enfin, en tout cas, vous le savez, vous. Mais enfin, ce n'est pas un truc administratif qui doit l'empêcher de se présenter. C'est ça, la démocratie. Par rapport à France Inter, il faut leur expliquer à nos conférences de France Inter, c'est ça, la démocratie. C'est se battre pour que des gens qui n'aient pas tes idées puissent se présenter à une élection, et en l'occurrence, à France Inter, puissent s'exprimer.
Merci beaucoup, Robert Ménard, d'être venu ce matin sur nos antennes, sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.
Merci, Robert Ménard. Merci, Laurence Ferrari. Dans un instant, restent avec nous vos
signatures. Du jeudi, nous serons avec Julia De Funès, Eugénie Bastier et Nicolas Carreau. A tout de suite.
Robert Ménard