Faible niveau du Rhin : "le transit international est fortement impacté et les prévisions ne sont pas bonnes"
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Est-ce qu'on peut la qualifier d'historique, la situation sur le Rhin, aujourd'hui ?
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Est-ce que vous pouvez nous expliquer ça ? Les barges naviguent à seulement 10% de leur capacité.
- 1:55OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez déjà vu une situation pareille ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous faites au quotidien pour quand même faire en sorte que ça passe ?
- 3:56OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut imaginer à l'avenir des bateaux plus plats ?
- 4:45OuverteRéponse directe
Il y a une coordination avec la Suisse et l'Allemagne qui dépendent, comme nous, de la navigation sur le Rhin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La dernière grosse sécheresse datée de 2018, qui était déjà exceptionnelle, cette année, elle a commencé très très tôt. »
- 0:45InvitéFait
« Donc dans l'année, on a commencé dès juillet à avoir des niveaux d'eau très très bas. »
- 1:40InvitéChiffre
« Donc une barge qui a d'habitude aller entre 1500 et 2000 tonnes, peut remonter des fois avec moins de 500 tonnes. »
- 1:59InvitéFait
« Aussi longue, non. »
- 2:40InvitéChiffre
« Donc on a un niveau d'échelle à 10 centimètres. »
- 2:45InvitéFait
« il y a très très peu de bateaux qui sont en capacité de passer à cet endroit-là. »
- 5:22InvitéChiffre
« Au niveau de Gomsheim, on a à peu près 17 millions de tonnes qui passent chaque année. »
- 5:32InvitéChiffre
« Mais sur le Rhin, de manière générale, de Rotterdam à Bâle, on a 300 millions de tonnes qui sont transportées chaque année sur le Rhin. »
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Ici Alsace, jusqu'à 9h, ici matin, 7h46 précisément. On parle ce matin, Sophie, avec votre invitée, de l'impact de la sécheresse sur la navigation sur le Rhin. On en parle ce matin car la situation dure, elle ne s'améliore pas, faute de précipitation. Bonjour Bertrand Neu.
Bonjour.
Vous êtes le responsable du service territorial Strasbourg-Rhin à Voie Navigable de France, les VNF. Est-ce qu'on peut la qualifier d'historique, la situation sur le Rhin, aujourd'hui ?
Jusqu'ici, oui, il
y a
l'historique. On a eu des crues et des étiages, des périodes de basaux fréquemment. Parce que le Rhin, ça dépend essentiellement de la pluie et de la neige. La dernière grosse sécheresse datée de 2018, qui était déjà exceptionnelle, cette année, elle a commencé très très tôt. Donc dans l'année, on a commencé dès juillet à avoir des niveaux d'eau très très bas. Et les prévisions de précipitation qu'on a ne
sont
pas très bonnes. Donc on est assez attentifs au niveau du Rhin.
Ça fait déjà près de deux mois que la navigation et l'activité, par exemple, du port autonome de Strasbourg, tourne au ralenti. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ça ? Les barges naviguent à seulement 10% de leur capacité. Ça veut dire que c'est vraiment limité ?
C'est ça. Donc en fait, le bateau pour passer dépend du passage en hauteur sous les ponts. Et actuellement,
c
'est plutôt l'inverse.
C
'est plutôt du passage et du niveau d
'eau.
Donc on parle de mouillage. Donc le transport n'est pas arrêté. Le fret, la navigation ne sont pas arrêtés. Mais c'est vrai que certains points bloquants en Allemagne font que le transit international, donc le fret international qui remonte des Pays-Bas jusqu'en Suisse, est fortement impacté avec des chargements qui descendent sous les 20%. Donc une barge qui a d'habitude aller entre 1500 et 2000 tonnes, peut remonter des fois avec moins de 500 tonnes.
Vous l'avez dit, il y
a
des problèmes en Allemagne sur ce qu'on appelle le rein moyen. En fait, par exemple, l'embarcadère de Coblan, c'est indisponible depuis début août. Est-ce que vous avez déjà vu une situation pareille ?
Aussi longue, non. C'est vrai qu'on a de mémoire d'enregistrement. Il y
a
sûrement eu des périodes très basses dans les années 1900, mais on n
'a
pas forcément les relevés qu'on a actuellement et le suivi qu'on a des échelles actuellement. Et on avait d'autres bateaux à l'époque aussi. Mais depuis l'ère moderne, on va dire, avec des bateaux adaptés à la navigation sur le rein canalisé, c'est la première fois qu'on a ce genre de choses. Donc effectivement, on parlait de Kaub. C'est un charmant petit village en Allemagne qui est coincé dans la vallée du rein moyen, sur une dalle rocheuse. Donc le rein s'étale sur 200-250 mètres de large. Donc à débit constant, il s'étale sur 250 mètres. Et on a des niveaux d'eau très très bas. Donc on a un niveau d'échelle à 10 centimètres. Ça veut dire qu'on a un chenal navigable
d
'environ 1,20
m. Quand
on sait qu'un bateau à vide fait 90 à 1,20 m, il y a très très peu de bateaux qui sont en capacité de passer à cet endroit-là. Mais le fret continue. Le transport n'est pas arrêté. On a des échanges régionaux essentiellement.
Évidemment, vous ne pouvez rien faire à VNF contre le manque d'eau, contre le manque de pluie. Mais qu'est-ce que vous faites au quotidien pour quand même faire en sorte que ça passe
? Donc là, dans l'urgence, enfin dans l'urgence, dans la situation actuelle, comme vous le disiez, on ne peut pas faire grand-chose. On suit évidemment les niveaux. On a des relations régulières avec les partenaires, les transporteurs et avec le port dont on parlait tout à l'heure. Pour le moment, on avait surtout assisté à un report dans le temps. C'est-à-dire que les bateaux, ce que vous transportez par bateau, vous ne pouvez pas forcément les mettre directement sur camion ou sur train parce qu
'il
n
'y a
pas forcément de train disponible non plus dans l'immédiat. Les filières ne sont pas forcément adaptées. Donc, il y avait un report dans le temps. Quand vous avez besoin de 10, 15, 1 000 tonnes de gravier, vous n'en avez pas besoin pour le lendemain. Donc, ce n
'est
pas Amazon ou du transport immédiat. Là, on arrive un petit peu aux limites.
C
'est-à-dire que, passé quelques semaines, le report dans le temps est compliqué et on voit qu
'il
y
a
un impact sur les entreprises qui ont besoin de transports lourds.
Est-ce qu'il faut imaginer à l'avenir des bateaux plus plats
? Alors,
il y a des réflexions sur la forme des bateaux. Il y a également tout un travail sur les propulsions. Quand vous propulsez un bateau, il a tendance à s'enfoncer un petit peu. Donc, il
y a
un travail, c'est de la recherche actuellement, sur les systèmes de propulsion pour éviter que le bateau s'enfonce ou avec des systèmes de bouées, de ballast pour passer les endroits un petit peu les moins profonds. Mais pour le moment, ce n
'est
que des réflexions. Donc, c'est piloté au niveau international. On s'adapte. La navigation, c'est toujours adapté à trop d'eau ou pas assez d'eau. On sait qu'on peut avoir, sur une année classique, on n'a pas 100% de navigation tous les jours pour tous les bateaux. Les navigants sont adaptés. Ils sont au courant de la situation. Et ça fait des dizaines et des centaines d'années qu'on navigue sur le Rhin et ça ne s'arrêtera pas.
Il y
a
une coordination avec la Suisse et l'Allemagne qui dépendent, comme nous, de la navigation sur le Rhin ?
C'est vrai que la Suisse est attentive aussi.
Il
y a un quart du pétrole suisse qui remonte par le Rhin. L'Alsace,
c
'est toute la partie entre la forêt noire et les Vosges, exporte du gravier de bonne qualité pour la construction. On attend évidemment du pétrole. On a également des échanges sur les pondéreux, les grands éléments, comme les pales d'éoliennes qui remontent souvent par le Rhin. C'est impactant sur notre économie. Au niveau de Gomsheim,
on
a à peu près 17 millions de tonnes qui passent chaque année. Mais sur le Rhin, de manière générale, de Rotterdam à Bâle, on a 300 millions de tonnes qui sont transportées chaque année sur le Rhin. C'est une autoroute, c'est une artère économique importante.
On voit l'ampleur de ce que ça représente. Merci Bertrand Neu d'être venu dans le studio d'ici Alsace ce matin pour parler de la situation, la navigation sur le Rhin. Je rappelle que vous êtes le responsable du service territorial Strasbourg-Rhin à Voie Navigable de France, les VNF. Merci beaucoup.
La pluie qui se fait attendre, je regarde les prévisions pour les prochains jours, mais toute évidence jusqu'à début octobre.